Sommeil et maladies neuro dégénératives

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Sommeil et maladies neuro dégénératives

Smaranda Leu Pathologies du sommeil Hôpital Pitié- Salpetrière

Plainte des patients •  « Je dors mal »

–  Insomnies •  «  Je m’endors dans la journée »

–  Somnolence diurne excessive •  « Il veille la nuit et dort le jour »

–  Troubles du rythme veille-sommeil •  « Il a des mouvements violents, des

confusions nocturnes ± hallucinations » –  Parasomnies

Plainte des patients

•  Les mauvaises nuits s’annoncent d’avance •  Syndrome crépusculaire (sundowning) • Hallucinations •  Syndrome de jambes sans repos

Syndrome crépusculaire

•  Agitation vespérale verbale, motrice non expliquée par les besoins ou la confusion (Cohen-Mansfield, 1986)

•  ½ des patients une forme sévère de maladie d’Alzheimer (MA) (Hope, 1999)

•  Retentissement majeur sur la qualité de vie du patient et de son conjoint

•  Cause fréquente d’institutionnalisation (Bliwise, 1993)

Syndrome crépusculaire

•  Facteur favorisant la pénombre (Cameron, 1941)

•  Plus sévère en hiver (Bliwise, 1989)

•  Souvent associé à une dysautonomie

Syndrome crépusculaire

•  Mécanisme? –  Perte du rythme activité/repos=perte de

rythme circadien? –  Études des autres marqueurs du rythme

circadien ont donné des résultats divergents

•  °t (Harper, 2001; Satlin, 1995; Touitou, 1986) • Mélatonine (Mishima, 1999; Touitou, 1981) •  Cortisol (Hatfield, 2004)

Syndrome crépusculaire

•  En clinique

•  Amélioré par un cadre de vie calme, bonne hygiène de sommeil (Livingston, 2005)

•  Amélioré par la mélatonine (Cohen-Mansfield, 2000; Mahlberg, 2004)

Syndrome des jambes sans repos (SJSR)

•  Sensation désagréable, besoin de bouger les jambes au repos immobile, le soir/nuit

•  Améliorée par le mouvement/marche •  Associée à des mouvements périodiques

des jambes (MPJ)

Prévalence du syndrome des jambes sans repos en France

Tison et al, Neurology 2005 N = 10 263

Q: "Souffre ≥ une fois/an"

Syndrome des jambes sans repos

•  Prévalence 8,5% (Tison, 2005) •  1,6% présentent des symptômes toutes les nuits •  2 formes:

•  SJSR idiopathique, lié au dysfonctionnement dopaminergique (Allen, 2004; Stiasny, 2002), facteur familial

•  SJSR secondaire: polyneuropathies, diabète, insuffisance rénale, carence martiale, grossesse

•  SJSR iatrogène: antidépresseurs, neuroleptiques, antihistaminiques, bêta- bloquants, inhibiteurs calciques

•  SJSR associé à la maladie de Parkinson •  SJSR et MA?

–  Métabolisme Fe intracérébral semble perturbé dans la MA (Thompson, 2001)

Retentissement du syndrome des jambes sans repos

•  Sommeil •  Insomnie, fragmentation, fatigue, somnolence diurne

•  Altération légère des fonctions exécutives •  Performances cognitives meilleures par rapport au

groupe privation sommeil (adaptation à la privation) Gamaldo, 2007

•  Humeur •  Qualité de vie

•  comparable à celle des patients dépressifs chroniques •  Et plus détérioré que celle des patients diabétiques (type 2)

–  Allen, 2005; Kushida, 2007

•  Risque de maladies cardio-vasculaires et coronariennes

–  Winkelman, 2008

Le SJSR précède-t-il la maladie de Parkinson ?

•  NON

•  Imagerie fonctionnelle •  Anatomopathologiques •  Exploration de la fonction olfactive

Les hallucinations par états dissociés du sommeil paradoxal

(SP) •  SP=activité cérébrale intense qui contraste

avec l’atonie musculaire •  Les états dissociés du SP=éléments

•  SP lors d’autres stades de sommeil/veille •  Veille en SP

•  =>hallucinations hypnagogiques et hypnopompiques : images de rêves lors de la transition veille/sommeil

Hallucinations et maladie de Parkinson

•  >1/2 des patients (bénignes) •  Illusions •  Hallucinations •  Mineures: présence/passage •  Visuelles bénignes (Fenelon, 2000)

•  <5% des patients: psychose parkinsonienne •  Complexes, récurrentes, associées à un délire, ou

confusion (Barbone, 1998) •  Premier motif de placement en institution (Goetz, 1993)

Hallucinations et maladie de Parkinson

•  Apparition initiale des hallucinations la nuit •  (Nausieda, 1982)

•  Associées au sommeil de nuit fragmenté, aux rêves bizarres et marquants

•  (Pappert, 1999) •  Associées à la somnolence diurne

•  (Fenelon, 2000)

•  Associées à l’endormissement en SP /l’éveil après le SP=>rêves éveilles liés à un état dissocié

•  (Arnulf, 2000)

Hallucinations et maladie d’Alzheimer

•  12% des patients ayant une MA présentent des hallucinations

•  Facteurs de risque (comme dans la MP): •  rêves marquants, comportements oniriques, survenue à

proximité du sommeil (Sinforiani, 2007)

•  Mécanisme inconnu: •  Atteinte du SP secondaire aux lésions du système

cholinergique (exécutif du SP)? •  Arguments contradictoires (Dykierek, 1998;Bliwise, 1990;

Gagnon, 2006)

Insomnie et maladies neurodégénératives

Insomnie et MP •  60%des patients parkinsoniens •  Symptôme non spécifique •  Maintien du sommeil ++ et réveil précoce

•  Douleurs multiples –  Dystonie –  Syndrome des jambes sans repos(SJSR)

•  Akinésie •  Tremblement •  Dysurie

•  2-5 éveils par nuit (Factor, 1990; Van Hilten, 1994) •  Durée des éveils : 30-40 % de la nuit (Lees, 1998) •  Angoisse, dépression •  Traitement dopaminergique

Impatiences des membres

inférieurs

Vidéo akinésie

Agitation nocturne violente •  2, 1% dans la population générale •  8, 4% des patients après 50 ans selon une

enquête de 2010 (INSV/BVA/MGEN) •  les parasomnies=états dissociés

•  Du SP: trouble comportemental du SP (TCSP) •  Du sommeil lent profond (SLP): •  somnambulisme, •  terreurs nocturnes •  éveils confusionnels •  trouble alimentaire du sommeil •  DU SP +SLP: parasomnie du recouvrement

Troubles du comportement en SP

1. Activité motrice importante, souvent violente et élaborée, associée à un rêve

2. Augmentation activité musculaire tonique du menton ou phasique des membres

3. Absence d’activité épileptique en SP

Parasomnie: 0,5% dans la population générale Schenck, 1986 Critères ICSD 1990

Comportements moteurs en sommeil paradoxal SP normal SP sans atonie

TCSP: marqueur de maladie neurodégénérative

•  Associés à d’autres marqueurs précoces: trouble de –  discrimination olfactive

•  Fantini, 2005; Postuma, 2006; Stiasny-Kolster, 2007 –  visuo-constructif

•  Fantini, 2003; Ferini-Strambi, 2004 –  végétatifs

•  Ferini-Strambi,1996 –  ralentissement EEG

•  Gagnon, 2004

TCSP: marqueur de maladie neurodégénérative

•  Peuvent précéder de plusieurs années les premiers signes d’une maladie neuro- dégénérative

•  Boeve, 1998 •  Iranzo,2005 • Orson, 2000: 3 ans avant la MP chez 50% des

patients •  Schenck, 1996

Somnambulisme •  2, 4-4% •  Patient calme, assis au bord du lit, ou qui

déambule dans la maison, •  Utilise de façon adéquate le milieu •  Risque de blessure

•  Survenue en première partie de la nuit •  Pas de souvenir de rêve •  Prise de Zolpidem •  Terreurs nocturne

•  Réveil en sursaut, cri, signes végétatifs associés

Éveils confusionnels •  2,9-4,2% •  comportement confus prolongé du sujet que l’on vient

de réveiller

•  quelques minutes à plusieurs heures

•  L’individu peut sembler éveillé mais sa réactivité aux stimulations extérieures est diminuée

sa vigilance est réduite cognition modifiée. Des comportements très agressifs, violences, voire

homicide, des comportements sexuels et viol sont décrits lors d’éveils confusionnels.

Maladie de Parkinson Maladie d’Alzheimer

Heure du comportement agité Matin 21% 20% Après-midi 21% 10% Soirée 29% 25% Nuit 33%* 15% Type de comportement agité

Combat 22%* 9% Déambulation 17% 13% Paroles incohérentes 35%* 12% Hallucinations 35%* 7% Confusion 50% 52% Désorientation 41% 37%

Bliwise, 1995

Fréquence et type de comportements agités anormaux selon l’heure, rapportés par les conjoints chez 60 patients avec maladie d’Alzheimer et 48 patients avec maladie de Parkinson

Syndrome d’apnées du sommeil (SAS)

•  Fermeture du pharynx =>pauses respiratoires

•  SAOS=IA>5/h associé à une SDE sans autre cause

SAS et MA •  Prévalence: 33-70% des patients MA ont un SAS

•  Peu d’études •  Dans les études sont inclus les patients ayant une détérioration légère ou

modérée •  Mécanismes

•  Hypoxémie, stress oxydatif: rat en condition d’hypoxie, apoptose hippocampique, synthèse d’acétylcholine sensible à l’hypoxie

•  APOE4: risque de SAS : RR 2.1(une allèle) •  RR: 3.9( 2 allèles)

»  Kadotani, JAMA, 2001

•  Effet sur la structure du sommeil •  diminution du REM

»  Cooke, 2006 •  Le donepezil améliore le SAS

•  Améliore l’IAH et la sat O2 •  Augmente le REM •  Améliore ADAS-cog, sans corrélation avec le REM ou IAH

»  Moraes, 2008

Paramètres du déclin cognitif

•  SaO2 à l’éveil (pas l’IAH, ni la sat min) •  Facteur prédictif de l’atteinte exécutive dans la MA

» Ancoli- Israel, 2004

•  Somnolence diurne •  Échelle d’Epworth non- validée chez les personnes

âgées, ayant ou pas, une atteinte cognitive

• 

•  Prévalence SAOS dans la Maladie de Parkinson : 20-50%, sans groupe de contrôle

•  En pratique, il est rare qu’un SAOS explique à lui seul une SDE

Cochen De Cock, 2009

SAS et maladie de Parkinson

•  « Il veille la nuit et dort le jour »

–  Fréquent dans la maladie d’Alzheimer et les démences multilacunaires

» Anconi-Israel, 1984

Trouble du rythme veille sommeil

Aharon J, Neurology 1991

D. Alzheimer 58 ans

Somnolence diurne excessive (SDE)

Syndrome d’apnée du sommeil •  Alzheimer : 33 % •  Parkinson : 20 %

•  Narcolepsie secondaire •  Endormissements en sommeil paradoxal

diurnes •  ± hallucinations hypnagogiques (rêves éveillés) •  Attaques de sommeil

•  Sédation médicamenteuse

Prise en charge •  Commence par l’interrogatoire du malade

et de son entourage • Heure de coucher et lever •  Fragmentation du sommeil •  Signes moteurs et non-moteurs la nuit •  Ronflements et pauses respiratoires • Mouvements des jambes et impatiences •  Changements thérapeutiques récents • Hallucinations •  Somnolence diurne, voire attaques de sommeil

•  Violences et confusion nocturne : si doute diagnostique avec épilepsie, videopolysomnographie

•  Somnolence diurne : polysomnographie nocturne + Tests itératifs de latence d’endormissement quasi-indispensables (après sevrage des médicaments sédatifs)

•  Insomnie, jambes sans repos : pas de nécessité d’enregistrer, la cause se détermine par l’interrogatoire

•  Trouble du rythme veille-sommeil : un agenda de sommeil (ou une actimétrie sur 15 j) suffit

Quand faire un enregistrement du sommeil ?

Traitements •  Mesures non médicamenteuses

•  Sécuriser le milieu •  Hygiène sommeil, sieste •  photothérapie

•  Mesures médicamenteuses •  Revoir la liste de médicaments •  Supplémentation ferrique •  Mélatonine, Rivotril •  CPAP •  Traitement psychostimulant

Prise en charge complexe •  Clonazepam

•  Traite les comportements moteurs •  Aggrave un SAS ou une somnolence diurne

•  Antidépresseurs sédatifs •  Traitent l’insomnie •  Aggravent le SJSR ou les TCSP

•  Traitements dopaminergique •  Améliorent l’état moteur •  « éveillent » la nuit •  Les agonistes dopaminergiques « endorment » la journée

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