1870-1871 EN ALSACE-MOSELLE : ANNEXION OU LIBERATION de ce conflit qui opposa, du 19 juillet 1870 au
1870-1871 EN ALSACE-MOSELLE : ANNEXION OU LIBERATION de ce conflit qui opposa, du 19 juillet 1870 au

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  • HEB’DI N°112 P 18

    Les éphémérides - Unsri Gschicht

    UNSRI GSCHÌCHT - ÉPHÉMÉRIDE DE JANVIER 2020

    1870-1871 EN ALSACE-MOSELLE : ANNEXION OU LIBERATION ?

    En Alsace et en Moselle, la guerre de 1870 constitue l’acte fondateur du mythe des provinces perdues qui raconte non pas notre histoire mais celle à laquelle l’Etat jacobin veut nous faire croire ! Pour rétablir la vérité sur cet évènement et ses conséquences en Alsace et en Moselle, Unsri Gschìcht orga- nise un colloque, samedi 7 mars 2020 à Colmar.

    POUR CESSER DE COLPORTER DES SOTTISES De 2014 à 2018, on se souvient des innombrables manifestations commémorant la Première Guerre mondiale qui, en Alsace et en Moselle, consti- tuaient autant d’opportunités de propagation d’inepties allant jusqu’à remplacer nos Feldgrauen par d’authentiques poilus quand ils n’étaient pas tout simplement qualifiés de Malgré-nous. Ce sont d’ailleurs ces manipulations intolérables qui justifièrent l’organisation d’un colloque au foyer de l’étudiant catholique (Fec) de Strasbourg, samedi 10 novembre 2018 par Unsri Gschìcht. A peine créée, la toute jeune association pour une histoire sincère et véritable de l’Alsace et de la Mo- selle éditait son 1er ouvrage, intitulé « 1914-1918 en Alsace-Moselle ». Il y a, hélas, fort à parier que le 150e anniversaire de la guerre de 1870 offrira, là encore, l’occasion de propager, volontairement ou par ignorance, de monstrueuses contre-vérités sur les conséquences de ce conflit qui opposa, du 19 juillet 1870 au 28 janvier 1871, la France à la coalition des Etats alle- mands au terme de laquelle l’Alsace et une partie de la Lorraine seront cédées à l’empereur Guillaume 1er. Dans les manuels scolaires, l’histoire des Alsaciens et des Mosellans ne correspond en rien à celle réel- lement vécue par nos aïeux. L’histoire qui nous est enseignée est celle à laquelle la République une et indivisible nous somme de croire, quitte à la mani- puler sans vergogne, passant sous silence les faits contraires à son idéologie et gommant des pans entiers de la réalité. La falsification atteint des som- mets lorsqu’elle place, dans la bouche même d’Alsa- ciens ou de Mosellans imaginaires, d’absurdes pro- pos servant les intérêts de l’Etat français, au mépris de l’histoire vécue par le peuple. Aujourd’hui encore, élu(e)s et journalistes colportent ces lieux-communs. Peut-on leur en vouloir de répéter ce qu’ils ont appris à l’école de la République ? Certes, non ! En revanche, nous les invitons à s’intéresser à l’his- toire des Alsaciens et des Mosellans pour cesser de colporter des sottises. En voici quelques-unes des plus grossières…

    L’ANNEXION DE L’ALSACE ET DE LA MOSELLE Le 10 mai 1871, la France et l’Allemagne signent, à Francfort/Frankfurt am Main, le traité éponyme qui met fin à la guerre, déclarée par la France le 19 juillet 1870. Le transfert territorial devient ef- fectif le 3 juin 1871. L’historiographie officielle, les manuels scolaires et… Wikipédia qualifient d’« an- nexion » le rattachement de l’Alsace et d’une par- tie du territoire lorrain, l’actuel département de la Moselle. Or, juridiquement, il ne s’agit en rien d’une an- nexion - acte unilatéral d’appropriation d’un ter- ritoire - mais d’une cession, formalisée par une convention, validée par le Parlement français. La préférence volontaire donnée au terme « an- nexion», pourtant contraire à la réalité, est évidem-

    ment destinée à transformer un accord bilatéral en un acte illégitime d’appropriation d’une Alsace française de toute éternité. Ou au moins depuis 1648. C’est oublier que 1648 - date des traités de West- phalie - ne correspondant qu’à la cession, par les Habsbourg, de leurs possessions du Sundgau à Louis XIV et qu’au moment où la France déclare la guerre à la Prusse, Mulhouse n’est française que depuis… 73 ans ! C’est oublier aussi qu’hormis une petite élite admi- nistrative, militaire, industrielle et commerciale bi- lingue, le peuple ne parle que l’allemand et ses dia- lectiques alémaniques et franciques. C’est oublier enfin que Napoléon III, s’il avait gagné la guerre de 1870, se serait accaparer une large part de la rive droite du Rhin et, probablement, du Luxembourg. Malheur au vaincu…

    Tour Mémorial bataille 1870 Elsasshausen en Alsace

  • HEB’DI N°112 P 19HEB’DI N°112 P 19

    LA PROTESTATION DE L’AL- SACE ET DE LA MOSELLE Là encore, l’historiographie officielle, les manuels scolaires et Wikipédia font croire à une réaction massive et unanime des Alsaciens et des Mosellans contre leur droit à disposer d’eux-mêmes. C’est vouloir attribuer à la protestation des députés locaux - des notables coupés du peuple - l’expres- sion des masses. En réalité, le Parlement français se lassera très vite des envolées patriotiques des représentants alsaciens et mosellans, préférant abandonner ces provinces pour faire cesser une guerre que le pays n’avait plus les moyens de poursuivre. Quant au peuple, de culture et de langue germaniques, il s’accommodera assez rapidement de sa nouvelle situation. .. Après 1870, il s’agissait cependant de faire naître puis de nourrir, en vieille France, une profonde germanophobie. Inconnue en Alsace et en Mo- selle, elle sera portée par d’innombrables chansons plus revanchardes les unes que les autres, écrites et composées par des artistes francophones qui ignorent tout de la réalité d’une Alsace-Lorraine fantasmée, où ils n’ont jamais mis les pieds. Il en résultera une représentation d’une Alsace fa- rouchement francophile, à l’origine de tant de ma- lentendus qui perdurent encore de nos jours. Nous y reviendrons dans une prochaine éphéméride.

    LE PLEBISCITE PAR LES PIEDS L’article 2 du traité de Francfort du 10 mai 1871 prévoit expressément la possibilité, pour les Al- saciens-Mosellans désireux de conserver leur na- tionalité française, d’opter pour elle. A cela, deux conditions : avoir déclaré officiellement ce choix et avoir quitté les territoires cédés avant le 1er octobre 1872. La propagande française, affirmant qu’un tiers de la population formait ainsi des cohortes d’optants quittant les territoires cédés pour rejoindre leur mère patrie, n’a pas hésité à qualifier cette migra- tion patriotique de « plébiscite par les pieds ».

    Là encore, une croyance fortement ancrée alors qu’en réalité, les optants furent moins de 50 000 à quitter réellement l’Alsace et la Moselle, soit… 3,2% de la population. D’ailleurs, l’historiographie officielle, les manuels scolaires et Wikipédia passent sous silence les réelles motivations de ce petit pourcentage d’op- tants, moins mû par un pseudo patriotisme que par la nécessité de la survie - c’est le cas des ouvriers obligés de suivre leurs employeurs optants, comme de Dietrich - quand ce n’est pas tout simplement l’opportunité de se voir offrir, gratuitement par l’Etat français, de bonnes terres dans cette Algérie récemment conquise par la famine, l’enfumage et les massacres… Enfin, sans oublier que ce petit pourcentage intègre également le personnel administratif et militaire français, évidemment contraint d’opter. A l’inverse, ils furent près de 3 000 Alsaciens et Mosellans, présents sur le territoire français lors de la signature du traité de Francfort, à opter pour la nationalité allemande recouvrée. Bref, il n’y a pas eu de plébiscite par les pieds. Il s’agit au mieux d’une pure invention, au pire, d’une grotesque propagande. Ce petit pourcentage d’op- tants nourrira cependant une haine farouche à l’égard des Allemands qui s’épanouira dans une cruelle créativité au lendemain de la Première Guerre mondiale.

    LE JOUG BOCHE Une Alsace-Moselle annexée, faisant entendre outre-Vosges la plainte unanime de ses enfants ar- rachés à la mère patrie, subissant le joug effroyable du nouveau maître honni : tel était - et tel est en- core, dans l’esprit de nombre de nos compatriotes de vieille France - la principale conséquence de la guerre de 1870.

    Ni l’historiographie officielle, ni les manuels sco- laires, ni Wikipédia n’évoquent la réalité, telle qu’elle fut vécue par les Alsaciens-Mosellans du- rant cette période, grâce un fort développement tant sur le plan économique (les infrastructures, la Neustadt de Strasbourg), politique (la constitu- tion de 1911 accordant au Reischsland Elsass-Lo- thringen une large autonomie) que social (protec- tion sociale) et culturel (université de Strasbourg, théâtre alsacien). La négation même de la réalité de cette période formera le socle d’une sémantique falsificatrice qui perdure encore aujourd’hui - les fameuses provinces recouvrées - jusqu’à la volon- té avouée du Gouvernement d’Edouard Philippe d’effacer, lors des cérémonies du 11 novembre, les Feldgrauen alsaciens et mosellans de la mémoire collective…

    1870-1871 EN ALSCE-MOSELLE :

    ANNEXION OU LIBERATION ?

    C’est le titre du colloque qu’organise Unsri Gschìcht, samedi 7 mars 2020 à Colmar au Cercle saint-Martin - 13, avenue Joffre - participation libre et gratuite sur simple inscription - de 8h00 à 18h30. Pas moins de 8 historiens se succèderont à la tri- bune, chacun sur une thématique spécifique : La guerre de 1870 : une faillite française (Jean- Claude Streicher) ; Les sièges des villes d'Al- sace-Moselle vus par les témoins et les historiens de l'époque (François Waag) ; La bourgeoisie et le peuple