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Vendredi 13 janvier 2012 > N o 88 JAA CH–1006 Lausanne PP/Journal 3 VENDREDIS 13 EN 2012 VIVEMENT LA SEMAINE DES 4 JEUDIS ! VALAIS Prof condamné en vin Page 2 GENÈVE Attention au Rochat noir Page 4 VAUD Une taxe boulimique Page 5 SSR ô RH, ô désespoir Page 14 SOLDES Nos meilleurs articles Page 17 www.vigousse.ch CHF. 3.– / Abonnement annuel CHF. 140.– La superstition est l’art de se mettre en règle avec les coïncidences. Jean Cocteau

3 vendredis 13 en 2012 vivement la semaine des 4 jeudis · JAA CH–1006 Lausanne PP/Journal 3 vendredis 13 en 2012 vivement la semaine des 4 jeudis ! VALAIS Prof condamné en vin

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  • Vendredi 13 janvier 2012 > No 88

    JAA CH–1006 Lausanne PP/Journal

    3 vendredis 13 en 2012 vivement la semaine des 4 jeudis !

    VALAISProf condamné en vin Page 2

    GENÈVEAttention au Rochat noir Page 4VAUDUne taxe boulimique Page 5SSRô RH, ô désespoir Page 14SOLDESNos meilleurs articles Page 17

    www.vigousse.ch CHF. 3.– / Abonnement annuel CHF. 140.–

    La superstition est l’art de se mettre

    en règle avec les coïncidences.

    Jean Cocteau

  • Vigousse vendredi 13 janvier 2012

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    Vigousse vendredi 13 janvier 2012

    2 RubriqueC’est pas pour dire ! 3Meurtres de chrétiens au Moyen-Orient. Les coupables ne sont pas ceux qu’on croix.

    Jugement dénié Selon le Tribunal cantonal du Valais, un prof n’a pas droit à trois semaines de congé.

    Fin du round Beau cadeau de Nouvel-An pour François Légeret* : le 30 décembre, le Tribunal fédéral a rejeté son recours. Le voici donc condamné à vie pour des crimes qu’il n’a peut-être pas commis. Raison de plus pour insister dans la quête de la vérité vraie.

    En ce 26 août 2006, cet en-seignant valaisan n’a pas bu qu’aux sources du savoir. A 17 h 55, avec 1,93 pour mille d’al-cool dans les veines, il se paie les glissières de sécurité d’un pont aux alentours d’Eu-seigne. Il laisse sur place son pare-chocs avant, plaque minéra-logique en prime : pas de chance. S’étant em-pressé de planquer sa voiture dans le garage de ses pa-rents, il emprunte le véhicule de son père et revient sur les lieux de l’accident pour enlever les preuves matérielles. Pas de bol derechef : les flics sont déjà là. Notre prof

    Avec une désinvolture qui fait plaisir à voir, le Tribu-nal fédéral a décidé que la justice vaudoise avait bien tra-vaillé. Pour les juges suprêmes, François Légeret a donc tué tout seul sa mère, l’amie de celle-ci et sa sœur Marie-José, disparue par enchantement. Les questions légi-times que tout le monde se pose ? Il n’y a pas de questions ! La pré-somption d’innocence ? Pas dans ce cas-là ! Le manque de preuves formelles ? Ça n’enlève rien à la culpabilité de l’accusé ! Les pistes non explorées ? On ne peut pas tout faire ! Un corps non retrouvé après sept ans ? Ma foi, il a dû le planquer soigneusement !

    de toutes ces lacunes et de tous ces mystères, le Tribunal fédéral, dans son jargon juridique, se lave les mains. Ce vénérable cénacle est pourtant tenu à un peu de curiosité et de courage. Dans son article 105 alinéa 2, la LTF stipule en effet que « le  Tribunal  fédéral peut rectifier ou compléter d’office les constatations de  l’autorité pré-cédente  (en l’occurrence la Cour de cassation du canton de Vaud) si les faits ont été établis de façon manifestement inexacte ou en vio-lation du droit au sens de l’art. 95 ». Et si, dans l’affaire Légeret, il n’y a pas de « faits manifestement

    inexacts », on se demande bien où il peut y en avoir !Notre Haute Justice n’a donc pas fait son travail jusqu’au bout. On ne peut que s’en désoler et craindre le pire pour les droits des citoyens de ce pays. Mais il faut aussi revenir à l’origine de cet incroyable gâchis hu-main : ce sont la police et la justice du canton de Vaud qui sont les premiers acteurs de la farce légale. Et notam-ment le procureur général du canton, le désormais célèbre Eric Cottier, Monsieur « je  suis  sûr à 100% de  la culpabilité de F.L. ». On peut tourner et retourner en tous sens les éléments divers de cette histoire, on en revient toujours à lui et à son acharnement. Lequel, sur la longueur du temps, pourrait même paraître suspect.

    Circonstances exténuantes

    Légeret reste dedans, Cottier aussi !

    Vigousse Sàrl, rue du Simplon 34, CP 1499, CH-1001 Lausanne > www.vigousse.ch > [email protected], Tél. +41 21 612 02 50 > Directeur rédacteur en chef : Barrigue > Rédacteurs en chef adjoints : Laurent Flutsch & Patrick Nordmann > Chef d’édition : Roger Jaunin > Secrétaire de rédaction : Monique Reboh > Abonnements : [email protected] > Tél. +41 21 612 02 56 > Publicité : REGIPUB SA, av. de Longemalle 9, CP 137, 1020 Renens 1, Tél. 021 317 51 51, [email protected] – MEDIALIVE SA, 101 Ruchligweg, CP 52 4125, Riehen-Bâle, Tél. 061 561 52 80, [email protected] > Layout et production : www.unigraf.com > Impression : CIR, Sierre > Tirage : 15 000 ex.

    Au non de la LoiPatrick Nordmann

    La Justice suisse serait-elle à la Justice

    ce que la Musique militaire est à la

    Musique ? Poser la question, c’est y

    répondre. A plusieurs égards et à

    travers plusieurs affaires, le système

    judiciaire helvétique se retrouve au banc des

    accusés. Liste des charges à son encontre :

    incompétence, déni, collusions inavouables,

    juridisme abscons, mépris pour les justiciables.

    Des policiers aux experts et des procureurs aux

    juges, on a de plus en plus l’impression qu’il

    n’y en a pas un pour sauver l’autre. Et tous

    sont payés par le contribuable. On en arrive

    aujourd’hui à ce que des pays tiers, pourtant pas

    si connus pour leurs vertus juridiques, viennent

    nous faire la leçon ! L’Italie s’est émue des

    incohérences volontaires des juges valaisans dans

    l’affaire du petit Luca. Tout le monde à Veysonnaz

    savait très bien que ce sont des fils de notables

    sédunois qui ont battu le malheureux gamin.

    Et que son chien, coupable désigné d’emblée,

    n’y était pour rien. Il aura fallu que les médias,

    puis les autorités transalpines s’en mêlent pour

    inquiéter la souveraine immobilité de nos juges !

    Pour l’affaire Ségalat, c’est la justice française

    qui ne ménage pas ses critiques. Et pour

    l’affaire Légeret ? Et pour les petites jumelles de

    Saint-Sulpice ? Et pour tant d’autres histoires

    qui traînent dans les tréfonds de la veulerie

    judiciaire, que faudra-t-il ? Que l’Europe, l’Inde

    ou le Guatemala viennent demander des comptes

    à nos enquêteurs et à nos magistrats ?

    Décidément, il y a quelque chose de pourri à

    la Cour pénale d’Helvétie. Etre ou ne pas être

    juste, telle est la question. Et la réponse, pour les

    victimes, est loin d’être juste à tous les coups.

    Faits divers et variés

    fait demi-tour et part aussitôt se planquer chez son frère où la ma-réchaussée viendra le cueillir. En juin 2008, le juge des districts d’Hérens-Conthey lui colle pour 6750 balles d’amendes diverses et un délai d’épreuve de trois ans. Le condamné demande alors à ce que sa peine pécuniaire soit commuée en travail d’intérêt général, ce qui représenterait trois semaines au

    service d’œuvres d’utilité publique ou sociale. Mais, en janvier 2010, le Tribunal cantonal valaisan re-jette son appel. Argument cinglant du juge : « La mesure serait difficile à aménager », car un travail d’inté-

    rêt général n’est « guère envisageable » vu la profession du recou-rant. Un prof, voyez-vous, doit « se consacrer à ses élèves même en de-hors des heures d’ensei-

    gnement  (corrections  des  devoirs, préparation des cours, etc.) ». Ce n’est pas tout : « La  construc-tion  de  sa  future  villa  allait  aussi l’accaparer durant son temps libre. » Indignés par ce verdict, le prof et

    son avocat recourent jusqu’au Tribunal fé-déral. Lequel, en mai 2010, récuse verte-ment le jugement va-laisan en rappelant, ô surprise, un truc tout bête : « Un  professeur du  cycle  d’orienta-tion (…) bénéficie en principe aussi  de  va-cances scolaires d’une durée certaine. » Sans compter, pourrait-on ajouter, qu’un enseignant doit par-fois s’absenter trois semaines pour de nobles motifs mi-litaires. On doute que la justice valai-sanne s’y oppose. Bref : le recours ad-mis, l’affaire est re-tournée au Tribunal cantonal. On attend

    une « nouvelle déci-sion » en 2012. D’ici là, grâce au Tribunal fédéral, notre prof aura au moins prouvé qu’il a droit à des congés. Une lapalissade qui lui a coûté la modique somme de 3000 balles en frais judiciaires !

    Pierre-Pascal Chanel

    Faut payer en liquide

    Lorsque François Légeret s’est rétracté et a nié avoir été présent sur les lieux des crimes, avez-vous envisagé de

    reprendre l’affaire sous un autre œil et de diligenter de nouvelles enquêtes ?

    Comme de nombreuses autres pistes n’ont pas été suivies sérieusement, pensez-vous que la faiblesse des preuves

    formelles contre François Légeret n’aurait pas dû vous conduire à renoncer à vos réquisitions, au nom du doute

    légitime et de la présomption d’innocence ?

    Pensez-vous que si la nouvelle procédure pénale avait été en vigueur lors des faits, cette affaire aurait

    connu le même sort ?

    Le journal Vigousse traite de ce dossier dans son édition du vendredi 13 janvier 2012 en faisant mention de cette

    lettre ouverte et par la suite nous ne manquerons pas de publier vos réponses.

    Croyez, Monsieur le Procureur général a notre plus haute considération.

    Monsieur le Procureur général,

    Lettre ouverte : affaire François Légeret

    Suite au rejet du recours de Monsieur François Légeret auprès du Tribunal fédéral et à la confirmation de sa peine

    à la prison à perpétuité, nous nous permettons de vous soumettre quelques questions en rapport avec cette affaire :

    Avez-vous eu des relations personnelles ou professionnelles avec un ou des membres de la famille Légeret

    avant les faits,

    soit lors de votre cursus scolaire et universitaire,

    soit dans le cadre d’amicales, de sociétés ou autres, telles que : club sportif, société d’étudiants, cercles

    professionnels (Rotary, Lions, loges maçonniques ou autres), églises ou organisations religieuses,

    soit dans votre carrière professionnelle, notamment en tant que Président du Tribunal de Vevey ?

    Si la réponse est positive, pouvez-vous nous expliquer pourquoi ne pas vous être récusé pour conflit d’intérêt lors

    de l’instruction et des procès qui ont suivis ?

    Connaissiez-vous le professeur Laurent Moreillon, premier défenseur de François Légeret lors de

    l’instruction des faits ?

    Durant cette période, avez-vous travaillé avec lui au sein de commissions de mise en place du nouveau droit

    de procédure pénale ?

    Savez-vous que Maître Moreillon a encouragé François Légeret à aller dans le sens du juge d’instruction dans le

    but d’avoir enfin accès au dossier et qu’il lui a conseillé de ne pas varier de version lors de la reconstitution, sous

    prétexte que « la vérité éclaterait au cours du procès ? »

    RecommandéMonsieur le Procureur général

    Eric CottierMinistère public central1, avenue de Longemalle1020 Renens

    Lausanne, le13 janvier 2012

    Pour le journal VigoussePatrick NordmannRédacteur en chef adjoint

    Car, si eric Cottier s’était montré plus rigoureux à tous les stades de l’instruction, un probable innocent ne croupirait pas en prison. C’est la raison pour laquelle Vigousse a dé-cidé d’envoyer une lettre ouverte au procureur général du canton de Vaud (voir fac-similé). Nous lui posons, en substance et en résumé, les questions suivantes : aviez-vous des liens quelconques avec la famille Légeret avant les faits et si oui, pourquoi ne pas vous être récusé ? Connaissiez-vous person-nellement Maître Laurent Moreillon, premier avo-cat de François Légeret ? Saviez-vous que Maître Moreillon a pressé son client d’aller dans le sens du juge d’instruction, dans l’unique but tactique d’obte-nir enfin l’accès au dossier ? Et si oui, pourquoi n’avoir tenu aucun compte des ré-tractations de François Lé-geret, qui dans un second temps a formellement nié sa présence sur les lieux du crime le 24 décembre 2005 ? Ces questions, la hiérarchie du procureur Cottier aurait

    Coupable  [kupabl] n. m/f. Personne qui a commis une faute, un délit ou un crime. Je suis convaincu au fin fond de ma foi que ces infâmes sont coupables ! Ils ont fait allégeance à Satan,  ils ont  forniqué avec  lui et ont mangé de  la chair humaine. Des témoins d’une grande crédibilité les ont vus ! Seul le bûcher peut les laver de leurs crimes abjects. (Ulrich de Torrenté, Grand Inquisiteur). ♦ Syn. Innocent.

    le petit Vigousse de la langue française

    dû les lui poser depuis longtemps. Il n’y a plus qu’à attendre les ré-ponses, à moins que l’intéressé préfère le silence. Dans les deux cas, Vigousse ne manquera pas d’en faire part.

    Patrick Nordmann

    * nom connu de la rédaction

    Vigousse SàrlRue du Simplon 34, CP 1499, 1001 LausanneTél. +41 21 612 02 50Fax +41 21 601 11 [email protected]

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    Vigousse vendredi 13 janvier 2012

    5Rubrique Citation - citation - citation - citation.

    Vigousse vendredi 13 janvier 2012

    5Trop de lapins vivants offerts à Noël. Bouffez-les à Pâques !

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    Justice valaisanne : Luca n'est toujours pas réglé.Faits divers et variés

    « Le divorce est consommé entre  Rochat  et  la  po-lice », titrait en une la Tribune  de  Genève (29.12.11). Diable : le torchon brûle comme un cocktail Molotov, semble-t-il. « Isabel  Rochat  veut  la  peau  du syndicat  des  gendarmes ! » tempête Christian An-tonietti, président de l’UPCP (Union du per-sonnel du corps de police). « Le  syndi-cat est-il là pour dé-fendre ses troupes ou pour déconstruire le travail  magnifique des  collaborateurs de  la  police  sur  le terrain ? » contrat-taque perfidement la cheffe de la sé-curité sur Léman Bleu.Il faut dire que la réforme adminis-trative de la police genevoise tient à la fois du mikado, du Monopoly et, surtout, du jeu d’échecs. Horaires, heures supplémentaires, congés, vacances, formation, tout a fait l’ob-jet d’âpres négociations qui, après obtention d’accords, sont en train de se mettre en place sans trop de ratés. Alors pourquoi cette nouvelle guéguerre ? D’après des gendarmes interrogés par nos soins, les seuls

    Mû par de nobles et gé-néreux sentiments, le Théâtre Boulimie de Lau-sanne a voulu, à l’occasion de sa représentation du 31 décembre, faire un don à l’association Sen-tinelles, qui œuvre pour les en-fants meurtris dans le monde. En bon citoyen respectueux des lois,

    Aussi hollywoodienne que verte, la pub Volkswagen déploie un univers à la Tim Burton, poétique et mystérieux : sur une bande-son signée Danny Elfman (Mars attacks), on voit des hérissons rendre un culte au logo de VW. C’est que les véhicules de la marque (du moins quelques mo-dèles) seraient équipés d’une tech-nologie permettant d’éviter les obs-tacles. Et notamment ces pauvres érinacéidés, trop souvent aplatis sur la route. Avec ce spot de fin 2011, le premier constructeur européen a concocté un joli conte de fées qui, à l’instar de plusieurs de ses annonces, insiste lourdement sur l’esprit pré-tendument écolo de la marque.

    en réalité, Volkswagen est plus efficace pour véhiculer de l’émo-tion gentillette que pour limiter les émissions de CO2. Le constructeur en a pourtant les moyens tech-niques puisqu’il propose des mo-dèles économes (« BlueMotion »). Mais ceux-ci sont vendus bien trop cher : dès lors, ils ne représentent que 6% des ventes ! Et en coulisses, VW a été un moteur très puissant du lobbying contre l’adoption, par l’Union européenne, de normes d’efficacité énergétique. Tant d’hypocrisie publicitaire a hérissé Greenpeace, qui a lancé en juin 2011 une vaste campagne, pour « détourner  la marque VW de son  côté  obscur ». Depuis, 479 000 sympathisants ont rejoint la ré-bellion pour faire pression sur le constructeur. Greenpeace a ainsi obtenu un rendez-vous avec VW. Mais les dirigeants de l’entreprise ont annulé en adoptant la tactique du hérisson : se mettre en boule et espérer qu’on les oublie. Pour une marque qui s’affirme si préoccupée d’écologie, ça ne manque pas de pi-quant !

    Sophie Reymondin

    coupables sont les deux intéressés qui, à coups de déclarations aussi fantaisistes que dommageables, ne font que créer des problèmes alors qu’en réalité tout le monde est à peu près d’accord.

    sur le manque d’effectifs, par exemple, la magistrate et le syndi-caliste se livrent à un duel hors de propos en racontant des conneries à qui mieux mieux. D’un côté, Isa-

    Thèse, entité, synthèse Un chasseur de fantômes traque les « entités » pour le canton de Fribourg et un quotidien en recueille docilement les savantes observations. Vite un peu d’antigivre.

    bel Rochat a promis 200 policiers supplémentaires en 2013 alors que les prochaines fournées des écoles de police ne compenseront pas les 38 départs à la retraite pré-vus. De l’autre, le syndicaliste An-

    tonietti a débarqué en octobre avec un dossier de 40 pages

    « démontrant » que 800 gen-darmes étaient au bord

    du burn-out : une étude tellement farfelue que

    plusieurs de ses col-lègues, cités à tour de bras dans le do-cument, ont exigé que leur nom en soit retiré ! Qu’il faille plus de

    policiers et que ceux-ci aient des

    horaires de tra-vail supportables, c’est une évidence

    pour tout le monde. Mais de là à raconter n’importe quoi pour se faire mousser, il y a un pas que nos deux guignols n’hésitent pas à franchir. Du coup, la seule chose qui progresse dans cette histoire, c’est la polémique imbé-cile. Contre ces deux fauteurs de troubles, que fait la police ?

    Patrick Nordmann

    Combat de coqs chez les poulets genevois

    Les raisons de la collecte

    VW se met en boule

    La main occulte

    Gamineries La conseillère d’Etat Isabel Rochat et le président du syndicat des policiers se livrent à un duel sanglant, sans fin et sans raison.

    Bénédicte

    Le Matin Dimanche (08.01.12) rap-porte, sans le moindre recul critique évidem-ment, qu’une salle de classe de Châtel-Saint-Denis (FR) aurait « abrité des «entités »» dans un contexte de « troubles électromagnétiques » (une institutrice ayant des pro-blèmes avec la connexion wi-fi). Ça peut faire sou-rire, mais l’affaire était sans doute de la plus haute gravité puisque « les  autorités  commu-nales,  puis  cantonales » ont dépê-ché 5 (cinq) experts sur les lieux afin de la tirer au clair. Parmi ces doctes savants, Nicolas Bertherin, « géobiologue » à Bulle. A ne pas confondre avec la géobiologie, branche de la paléontologie, qui est une vraie science. Ici, il s’agit du genre de frappadingue qui ex-plique comment orienter votre lit pour bien dormir. Du haut de son « expertise » donc, ce grand sensitif a cru déceler des « entités », c’est-à-dire une « empreinte énergétique qui agit sur la mémoire des murs », qui demandaient instamment « qu’on les aide à partir ». Tout prend sens quand on apprend qu’il y avait jadis « un cimetière à proximité ». 

    Lova Golovtchiner, directeur du théâtre, a donc déposé à cet effet une demande de majoration des billets d’entrée auprès de la police cantonale du commerce. Laquelle a rendu un avis favorable, ce qui est tout à son honneur.Mais comme charité bien ordon-née commence par soi-même, l’administration souligne au bas de sa lettre : « En vertu de la loi du 31 mai 2005 sur l’exercice des acti-vités économiques, la délivrance de la présente autorisation entraîne la perception  d’un  émolument  admi-nistratif  de 100  fr.,  dont  la  facture vous parviendra prochainement. »Payer 100 balles à l’Etat pour avoir le droit d’offrir la moitié de sa re-cette à une bonne œuvre, voilà qui vaut son pesant de flan ! Ironie, le spectacle de Boulimie s’intitule « Vous  pouvez  pas  mettre  le  Franc fort moins fort ? ». Et tant qu’à faire, rendre l’administration cantonale moins mesquine ?

    Vigousse

    Vous ne pouvez pas mettre le Franc fort moins fort ? Théâtre Boulimie, Lausanne, 12 supplémentaires du 20 janvier au 4 février. Mardi, mercredi et jeudi (19 h 30), vendredi et samedi (20 h 30), relâches di-manche et lundi. Réservations : 021 312 97 00.

    Comment notre habile chasseur de fantômes a-t-il fait ces incroyables découvertes ? Simple : « Je me suis mis de côté, j’ai allumé une bougie, avec de l’encens, et j’ai fait une prière et  une  incantation. » Implacable. Le problème est donc résolu et l’on ne peut que féliciter le canton de Fribourg pour ses judicieuses attributions de mandat : une bou-gie, de l’encens et une prière, après tout, ça n’a pas dû coûter très cher au contribuable. Et un joli article bien complaisant dans Le  Matin pour vanter ses superpouvoirs, ça n’est sans doute pas pour déplaire à M. Bertherimpinpin.

    Sebastian Dieguez

    En parlant des macarons Ladurée et de leurs imitations hors de prix, Vigousse (23.12.11) évoquait en passant le « Luxemburgerli de Lindt & Sprüngli ». Un lecteur s’en est étranglé d’horreur, le Luxemburgerli étant signé Sprüngli tout court. Rendons donc à Sprüngli ce qui n’appartient pas à Lindt !

    VIG...OUPS !

    Conso & consorts

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    Vigousse vendredi 13 janvier 2012

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    Vigousse vendredi 13 janvier 2012

    260 000 enfants pauvres en Suisse. « Prendre un enfant par la faim... » Les gangs de Lyonnais débarquent en Suisse. Petits bouchons à la frontière.

    tumeurs malinesAprès avoir appris que la présidente argentine Cristina Kirchner était victime d’un cancer, son homologue vénézuélien Hugo Chavez, opéré d’une tumeur en 2011, s’interroge sur le rôle joué par les Etats-Unis dans cet enchaînement de maladies. Il se demande si ceux-ci n’ont pas « une technologie pour inoculer le cancer sans que personne le sache ». Et si c’était une technologie pour inoculer la parano ?

    Cacao et basLe Centre international d’agriculture tropicale (CIAT) a établi que le réchauffement climatique menace la culture du cacao. La hausse des températures engendrant un rendement plus faible pour des coûts plus élevés, de nombreux planteurs se rabattent sur des productions plus rentables, comme celle du palmier à huile. Ainsi, en 2050, le chocolat sera-t-il probablement un produit de grand luxe. Alors qu’aujourd’hui, c’est bien connu, tous les petits Africains s’envoient un bol de chocolat au petit déjeuner.

    Les rèves

    Pour les snobs qui rechignent à dépenser des fortunes pour des articles griffés, il existe un moyen de faire comme si. Il suffit de se promener avec des ca-bas en papier des grandes marques de luxe. On peut s’en procurer sur les plateformes de vente en ligne ebay.com, anibis.ch, ricardo.ch ou autres. Là, les victimes de la mode qui ont acheté des chiffons, du par-fum ou du cuir au prix du troupeau de vache en revendent les embal-lages. Il n’y a pas de petits profits.Ainsi l’internaute genevois CHAM-PEL01 revend-il des sacs en pa-pier Chanel pour quelques francs suisses. De quoi frimer à bon compte en cachant ses emplettes Denner dans un digne écrin. Le phénomène atteint des sommets puisqu’il y a deux semaines, en France, un sachet noir estampillé Chanel a atteint les 160 euros en 12 jours d’enchères !

    Dans l’impénétrable et sur-peuplée jungle où s’agitent les distributeurs de poudre de perlimpinpin et autres dispen-sateurs de baratin hautement tari-fé, on a souvent tendance à oublier la bestiole qui peut se vanter d’être à la fois la plus ridicule et la plus surestimée : la psychanalyse.A force d’être confondue avec la psychologie, la psychothérapie et la psychiatrie, son caractère pure-ment sectaire et pseudo scientifique est longtemps passé inaperçu avant que son éphémère popularité ne finisse par s’éteindre lamentable-ment sur l’ensemble de la planète. Sauf évidemment dans quelques bastions de résistance qui refusent de renoncer à la mirifique pompe à fric qu’est le rejeton de Sigmund Freud : Paris, Manhattan, et l’arc lémanique. C’est-à-dire exacte-ment là où se concentrent les faux intellos qui n’ont ni talent, ni com-pétences, mais qui apprécient tout de même un certain train de vie.

    ne reculant devant aucune bas-sesse pour perpétuer leur fraude, une poignée d’entre eux s’attaque aujourd’hui à un film documen-taire qui dévoile leur approche cynique et charlatanesque de l’autisme infantile. Dans Le  Mur, la réalisatrice Sophie Robert a en effet interviewé un certain nombre de psychanalystes sur leur pra-tique et leurs théories concernant ce syndrome. Là où ces enfants si particuliers auraient besoin d’une aide ciblée sur leurs besoins et orientée vers le contact social, ces guignols, totalement imper-méables aux 30 dernières années

    Cette année, nouveauté, des Ja-ponais ont créé des contrefaçons d’emballages vides. Pour l’ins-tant, les papes du luxe n’ont pas encore trouvé le moyen de reconnaître et de tracer ces faux, mais ils annon-cent avoir mis une armée d’avocats sur le coup. En attendant, les apprentis faussaires pourront se procurer sur le site alle-mand d’eBay des timbres Gucci, Dior, Hugo Boss et Chanel. Ensuite, il n’y a qu’à en estampiller des emballages blancs et les revendre jusqu’à 20 balles pièce. L’es-sentiel est de rester discret pour ne pas se faire prendre la main dans le sac.

    Jonas Schneiter

    de progrès scientifiques en la ma-tière, persistent à maintenir leur folklore jargonnesque et à pointer du doigt les parents comme seuls coupables de l’état de leur enfant. On y entend donc des conneries su-rannées sur les méfaits de la « mère crocodile », la « forclusion du nom du père », les désirs incestueux de la « mère morte » et autres jeux de mots débiles qui passent pour des vérités profondes.

    en termes d’efficacité, ces pom-peux personnages, imbus de leur supériorité intellectuelle et de leurs divagations cliniques dignes de l’astrologie, ne se démontent pas et déclarent tout de go ne rien pouvoir offrir à ces gosses, ce d’autant plus qu’ils semblent s’en foutre ouvertement. C’est ce qu’il y a de bien avec les charlatans : il n’y a même pas besoin de les pié-

    ger, il suffit de les laisser parler. Le documentaire, évidemment, n’a pas plu à cette minuscule mafia en voie d’extinction – dont l’inu-tilité n’a d’égale que la puissance de nuire dont elle dispose via son réseau d’influence – et il ne risque donc pas de passer sur les écrans de sitôt. Pas d’inquiétude, on peut se bidonner en le visionnant sur le site www.autistessansfrontières.com.

    Sebastian Dieguez

    P-S : Au passage, on pourra lire Les Patients de Freud, de Mikkel Borch-Jacobsen, Ed. Sciences humaines, qui dévoile la vérité sur les prétendus succès thérapeutiques dont se gargarisait l’imposteur viennois. 

    L’affaire est dans le sac Autant en rapporte l’autismeFrime à rien Après Noël, les sacs en papier de marques prestigieuses se revendent sur la Toile, en vrai ou non.

    Le ça, le moi et le truand Comme tous les charlatans, les psychanalystes n’aiment pas que l’on parle trop clairement de leur petit business. Un documentaire sur l’autisme en fait les frais.

    « Ce centre commercial vous est formellement interdit ! »

    Audience en correctionnelle dans un Tribunal d’arrondissement. Noms fictifs mais personnages réels et dialogues authentiques.

    Monsieur Meyer est accusé de violation de domicile et d’infraction à la loi fédérale sur les stupéfiants.– Vous avez été arrêté à l’intérieur de la Migros alors que vous n’aviez pas le droit d’y être. Pourquoi diable être entré dans ce bâtiment ? demande le juge.– Je me souvenais plus que je devais pas y aller.– Arrêtez votre char ! Vous avez été viré de ce magasin de nombreuses fois, pour toutes sortes de comporte-ments douteux. Jusqu’à ce qu’il vous soit finalement interdit  de  pénétrer  dans  leurs  locaux,  TOUS  leurs locaux.– Ouais,  mais  j’avais  pas  compris  que  c’était  ça  que m’avait dit mon avocat commis d’office…– Cessez de nous prendre pour des truffes ! J’ai  là  le dossier de la Migros qui résume tout ce que vous avez fait et… Oh ben super ! Ils ont réussi à nous l’envoyer en suisse allemand, qu’est-ce qu’ils sont doués... En-fin bon, pourquoi être allé dans ce centre commercial alors que cela vous était formellement interdit ?– Parce  que  je  croyais  que  j’avais  le  droit  de  traîner dans les corridors tant que j’entrais pas dans les ma-gasins, bredouille l’accusé.– Sacrée excuse, sourit le juge. Bon, pour régler cette première  accusation  qui  est  loin  d’être  l’affaire  du siècle,  est-ce  que  vous  avez  cette  fois  compris  que 

    vous ne devez plus vous approcher d’une succursale Migros ?– Ah ouais, en plus ils ont été superagressifs ! Sûr que je vais jamais y remettre les pieds. Je le promets ! dé-clare-t-il, solennel.– Il  nous  reste  la  seconde  accusation :  lors  de  votre interpellation  dans  votre  magasin  de  prédilection, la police a trouvé dans vos poches deux boulettes de cocaïne.– Mon client reconnaît les faits, intervient son avocat. Mais c’était pour sa consommation personnelle, voici d’ailleurs  les  rapports  médicaux  prouvant  sa  forte dépendance. Il essaie maintenant de se faire soigner.– Parfait,  constate le juge en épluchant les dossiers. Comme tout cela va vite, on pourrait aussi parler de la révocation du sursis de son dernier jugement au-jourd’hui, qu’en pensez-vous, Maître ?– Avec plaisir, comme ça on n’aura pas besoin de re-venir. Je vous propose un nouveau sursis de 2 à 3 ans parce que 5 ans, c’est quand même un peu sévère !Pourtant le juge établit un nouveau sursis de 5 ans « sous surveillance », mais il ne prononce aucune autre sanction, histoire de laisser à Monsieur Meyer « encore une chance de s’en sortir ».

    Lily

    Faits divers et variés

    l’émule du papeDans une ville de province française, une ex-employée de banque est soupçonnée d’avoir escroqué ses clients de plus de 3 millions d’euros. La presse a très vite surnommé l’arnaqueuse « la Madoff de Touraine ». A la place de l’escroc new-yorkais, qui a détourné dans les 65 milliards de dollars, on serait mortellement vexé.

    Über allesLe bilan de l’année 2011 est très positif pour l’Allemagne : 41 millions d’emplois (chiffre record) occupés et une hausse de la consommation des ménages de 1,2%. Pendant qu’Angela Merkel jubile, ses petits camarades européens se font de la bile : Berlin leur fout les boules.

    Les rèves

    Info lecteurs

    Il y a 15 ans, la multinationale Monsanto (dont le siège euro-péen est à Morges), soutenue par le Fonds monétaire international, a fait miroiter ronds et merveilles aux agriculteurs indiens en van-tant sa nouvelle semence de coton OGM. Ces graines sont dix fois plus chères que les autres, d’accord, mais elles résistent aux parasites et leur rendement est colossal !Ainsi appâtés, les Indiens ont foncé tête baissée : le marché s’est ouvert aux OGM (les variétés tradition-nelles ayant même été interdites dans certaines régions) et les pay-sans se sont endettés pour acqué-rir les graines miraculeuses. Mais quelques mois plus tard, désastre : les plantations ont été bouffées par des vers. Car Monsanto n’avait pas vérifié l’immunité de sa semence aux maladies locales. Oups !Pour tenter d’enrayer la débâcle, il faut verser des tonnes de pesticide coûteux. Par ailleurs, cette variété de coton réclame deux fois plus d’irrigation et dégrade fortement le sol. Et il faut acheter chaque an-née un nouveau stock de graines, car elles ne se replantent pas.Les petits producteurs indiens sont donc ruinés, harcelés par les usuriers et désespérés par les mau-vaises récoltes. Résultat : plus de 150 000 fermiers se sont donné la mort depuis 1993. Actuellement, un paysan se suicide toutes les 30 minutes. L’agriculture repré-sente un quart du PIB indien, mais avec Monsanto elle file vraiment du mauvais coton.

    Alinda Dufey

    Grain de folie En 2011, environ 12 000 paysans ont mis fin à leurs jours. En Inde, la terre est lasse.

    Coton d’Inde

    Quand Monsieur Jean-Robert Yersin de Froideville, ci-devant président du Grand Conseil vaudois, parque sa voiture aux abords de la Grande Salle, il est parfois un peu distrait. De là à penser que c’est un handicap !

  • Vigousse vendredi 13 janvier 2012 Vigousse vendredi 13 janvier 2012

    98 Payez-vous un dessinateur : [email protected] percutants Matchs truqués : la FIFA met en branle Interpopol.

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    Vigousse vendredi 13 janvier 2012

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    Guantanamo a 10 ans. Et tous dedans ! Sarkozy veut gagner les élections avec la taxe sur les transactions : « Tobin or not to be ! »

    Huit ans après la chute de Saddam Hussein, la po-lice irakienne a présenté ses excuses à la population pour « les pratiques qui ont eu lieu sous l’ancien  régime ». Cela paraîtra dérisoire à certains, mais c’est tout de même une démarche importante. En montrant qu’ils sont rongés par le remords, les policiers irakiens indiquent par-là même qu’ils ont un cœur, une âme, qu’ils sont humains. Et c’est rassurant.Face à l’oppression froide et inhu-maine, le citoyen est désemparé. Mais s’il sait que l’oppresseur est un homme comme lui, il peut s’identifier à lui et se dire que dans la même situation il agirait peut-être de façon identique. Il est plus terrifiant de ne pas savoir pour-quoi on souffre que de souffrir en toute connaissance de cause.

    « Désolé de vous avoir tué. Tout de bon ! »

    La vie selon le professeur Junge Cette semaine : pourquoi il est bénéfique de s’excuser de temps en temps.

    Pitch

    Bien profond dans l’actu !

    Monseigneur,

    C’est le lendemain de Noël seulement, en préparant du papier mâché avec mes petits neveux pour façonner des dinosaures, que j’ai lu votre mise en garde. La veille, alors que je distribuais des cadeaux et découpais la dinde aux marrons, je ne me doutais pas que j’acceptais ipso facto qu’une nuit un homme a pu être Dieu. Je croyais simplement fêter Noël, sans pour autant croire à une his-toire encore plus invraisemblable que celle de Cendrillon. Afin d’épargner à vos plus sérieux fidèles de pénibles rétractations, vous serait-il possible à l’ave-nir de publier vos avertissements au moins une semaine à l’avance ? Pour ma part, je crains qu’en achetant des lapins en chocolat à mes petits neveux je sois soupçonné d’admettre qu’un type suppli-cié et laissé pour mort a pu se relever deux jours plus tard en pleine forme, comme dans une série américaine. De même, j’aimerais éviter, en organisant un pique-nique un jeudi férié, de rejoindre ceux qui sont persuadés qu’un homme a été enlevé dans les airs par une puissance surnaturelle, comme dans un film de science-fiction. Si nécessaire, je suis prêt à suivre vos conseils et à sacrifier certaines fêtes de famille pour lutter contre la crédulité, ennemie de la vraie foi. Je vous félicite de vos efforts pour une spiritualité respectueuse des réalités de la vie terrestre et vous prie d’agréer, Monseigneur, mes salutations périphériscopiques les plus.

    Schüp

    Courrier V

    A l’évêque de Lausanne, Genève, Fribourg et Neuchâtel

    Le Matin Dimanche du 25 décembre 2011 Le 8e conseiller fédéral

    Depuis son bunker sous le Palais fédéral, il dirige dans le plus grand secret le Gouvernement helvétique.

    02

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    combien vous alliez nous manquer.

    Laissez-moi vous faire une confidence.

    je trouve que vous étiez la seule à savoir vous habiller.

    Je tenais absolument à vous dire,

    Micheline,

    De tous ces bras cassés du Conseil fédéral,

    Mais si les journalistes avaient du goût,

    Je sais que cela n’a pas toujours été facile pour vous avec toutes ces controverses dans la presse sur votre look.

    Votre départ du gouvernement est une grande perte.

    ça se saurait…

    Ballon rondsAlourdi d’une bonne vingtaine de kilos, Ronaldo a remis lundi soir à Zurich le Ballon d’or 2011 à Lionel Messi. Interrogé par quelques journalistes présents dans le hall de son hôtel (L’Equipe, 10.01.12), le Brésilien s’est fendu d’une déclaration pour le moins surprenante : « L’heure de Neymar (un jeune espoir du football carioca) va arriver très vite (…) Madrid ou Barcelone, il a les moyens de s’imposer partout. Et il sera meilleur que Messi. » Quand on sait que par l’intermédiaire de sa propre agence de marketing Ronaldo est « propriétaire » d’une partie des droits d’image de Neymar, on comprend mieux le sens à peine caché de cette prophétie.

    Quitte ou doubleVous cherchez un appartement à un prix raisonnable ? Rendez-vous auprès de la gérance Bernard Nicod, à Lausanne, où l’on vous remettra un feuillet sur lequel figure – ô miracle ! – l’objet de votre choix. Adresse, nombre de pièces et de m2, étage, tout y est inscrit, y compris le nom de la personne responsable du bail. Loyer mensuel ? 847.– auxquels il s’agit d’ajouter 168.– pour les charges. Heureux comme pas permis, vous vous dites prêt à signer lorsque – ô surprise ! – on vous annonce que, tous comptes faits, et « parce que nous devons effectuer quelques travaux », il vous en coûtera 1700.–, charges non comprises. Double ou quitte !

    Les rèves

    Cela dit, si la démarche est louable, on peut se demander pourquoi avoir attendu si long-temps. Plus on s’excuse rapide-ment, plus on aide les victimes à tourner la page. Pourquoi ne pas s’excuser juste après avoir torturé quelqu’un ? Ça ne coûte rien et ça fait toujours plaisir. Ou mieux : s’excuser pendant qu’on commet une exaction. « Tu vas parler, chien ? Paf ! Désolé. Avoue tout ! Paf ! Désolé. » Certes, ça ral-longe un peu les interrogatoires, mais les suppliciés en ressortent avec une meilleur estime d’eux-mêmes.

    la contrition permet de changer radicalement son image publique. Ainsi, sans doute que l’His-toire garderait un meilleur souvenir de Hitler s’il avait lais-sé un petit mot d’excuse traîner sur

    son bureau avant son suicide. « Dé-solé pour les millions de morts. Je ne sais pas ce qui m’a pris. Je

    ne le ferai plus. Bonne conti-nuation. »

    et le plus intéressant avec les excuses, c’est qu’il n’y a même pas be-

    soin d’être sincère pour que ça fonctionne. Moi,

    par exemple, j’avais pré-vu pour la rentrée d’écrire

    une chronique désopilante. Mais elle est finalement un peu ratée. Je m’en excuse. Mais en réalité je m’en fiche

    pas mal. Je serai payé quand même. Et puis je n’ai jamais été

    tellement humain. Je ne vais pas commencer maintenant.

    Professeur Junge,  phare de la pensée contemporaine

    Il y a plus de 500 000 ans (à quelques minutes près), une espèce d’hominidé assez préten-tieux qui se faisait appeler Homo erectus est parvenu à maîtriser une nouvelle technologie : faire du feu. Grâce à quoi il a pu déménager à La Brévine, ou un peu partout en Eu-rasie. Il a constaté aussi, non sans un certain soulagement, que face à un tigre à dents de sabre affamé, brandir un bout de bois enflammé s’avérait plus dissuasif que de faire des grimaces. Et il a pu goûter des recettes jusqu’alors inconnues comme le rhinocéros à la braise ou la farandole de limaces grillées sur son lit de mouches aux myrtilles. Mais au bout d’un certain temps (plus ou moins 10%) et quoi qu’il ait pu s’imaginer, Homo  erectus a fini par disparaître totalement.

    ses successeurs ont toutefois conservé l’usage du feu. Parmi eux, un certain Homo sapiens, en-core plus vaniteux, a considérable-ment perfectionné le truc : en 200 millénaires à peine (compte non tenu des variations saisonnières), ce petit génie a mis au point la bougie, la fonte du bronze, la femme au foyer et le missile. Le feu lui a par ailleurs procuré, au cours de l’histoire, un moyen très

    commode de confondre les indi-vidus malfaisants. Il suffisait de s’emparer de quelqu’un, de l’en-traver solidement, de lui rôtir la plante des pieds sur un brasero ou de lui tisonner les oreilles au fer rouge pour qu’il avoue volontiers toutes les turpitudes et tous les forfaits qu’on voulait. Suite à quoi, on le brûlait vif. D’une indéniable efficacité, la mé-thode offrait en corollaire l’avantage de favoriser et de légitimer la déla-tion. N’importe qui, en effet, pou-vait dénoncer n’importe qui d’autre sans scrupules ni crainte d’avoir tort : de toute façon, la vérité serait faite en soumettant tout ou partie de la personne visée à des tempéra-tures idoines. On saurait alors, offi-ciellement, si les reproches portés contre elle étaient justifiés ou non. Et grâce aux aveux, ils l’étaient à tous les coups. C’était le bon temps.

    Hélas, des esprits exagérément ta-tillons critiquèrent ce genre de pratique sous prétexte qu’elle présentait un léger vice de forme propre à biaiser la réalité des faits. Au début, ces protestataires furent

    eux-mêmes confrontés au verdict du feu et ils reconnurent leurs torts. Nonobstant, la contestation s’amplifia au point qu’il fallut bien finir par en tenir compte. D’au-tant que le bois des bûchers, s’il pousse sur les arbres, ne se débite pas tout seul. Bref, face au nombre croissant de gens à questionner et à brûler vifs, on dut renoncer à une méthode pourtant éprouvée depuis des siècles (heure locale).

    Heureusement, elle revient au goût du jour, sous une forme certes un peu édulcorée, mais tou-jours aussi efficiente. Le dernier à qui elle fut appliquée s’appelle Hildebrand : un nom formé sur le radical germanique  Hild,  qui veut dire « combat », et sur le mot Brand, « feu ».

    Laurent Flutsch

    Les preuves du feu

    LE FI

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    L’HISTOIRE

    Procès d’une volaille (pyrogravure).

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    Vigousse vendredi 13 janvier 2012

    12 13

    Vigousse vendredi 13 janvier 2012

    Anniversaire : 60 ans pour en a Rivella !

    Brouillon de culture

    Un film

    Dans cinq ans, fin de la chasse aux vieux nazis. On attend la relève.

    Le 17 décembre 2010 à Sidi Bou-zid, Mohamed Bouazizi, à bout de dèche, de colère et de désespoir, s’est immolé par le feu devant la préfec-ture. Il a du même coup mis le feu aux poudres dans toute la Tunisie : après des semaines de revendica-tions, de manifestations et de ré-pression, les insurgés tunisiens sont parvenus à renverser le pouvoir en place depuis plus de 23 ans.Plusieurs photographes, profes-sionnels ou non, ont vécu ces événements de l’intérieur. Ils en ont capté l’effervescence, la vio-lence, la fièvre, la puissance. Leurs images sont réunies dans Dégage !, un recueil divisé en trois chapitres chronologiques : la fin d’un règne (14-20 janvier 2011), la voix du

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    L’Esprit frappeur Villa Mégroz – 1095 Lutry (VD)www.livestream.com/espritfrappeur

    Vendredi 13 janvier (20 h 30)Samedi 14 janvier (20 h)

    Dimanche 15 janvier (17 h)

    Bruno Brel« neveu de » et tellement

    plus encore

    Samedi 14 janvier – 1re partie

    Pierrot le foudes maux

    et des mots

    1 2 3 4 5 6 7 8 9 10

    1 L E P E N I S T E S

    2 I T I N E R A I R E

    3 B A A D E R T O R

    4 E L N E I R I S E

    5 R E S T A T L I

    6 A R L E B L O N

    7 L I A N E E Z E

    8 I O N E S C O O

    9 S N O B E R I O N S

    10 E S S O R I L L E S

    Gare aux grilles par égésolution du numéro précédent

    Un brin anar, Florent Brancucci? Lui corrige : « Libertaire ! » Ferré, son préféré, Brassens ou Brel sont pourtant passés par là. Delémon-tain pur sucre, notre homme s’est toujours bien gardé de mêler sa soupe à celle parfaitement indi-geste de la bande FM. Lui fait « de la chanson », point barre. Ses au-teurs, il les choisit de préférence parmi ses amis, à l’exemple de Thierry Meury et plus récem-ment du poète jurassien Georges Pélégry. L’opus comporte 17 titres, il fait partie d’un projet global regrou-pant 32 poèmes de l’auteur de Los Angeles Songs et 25 œuvres origi-nales du peintre Stéphane Monta-von, Jurassien lui aussi. Brancucci a mis l’ensemble en musique,

    Le cinéma des antipodes tient rarement le devant de la scène en Europe, et c’est foutrement dommage. Car, globalement, les productions australiennes sont des films indépendants qui ont par bonheur été préservés des nombreuses, bien que quelconques, voire grotesques, influences hollywoodiennes. Au contraire, diverses facettes de l’histoire particulière de ce continent du bout du monde sont souvent intégrées avec finesse aux scénarios.Racontant la vie d’un adolescent pris en tenaille entre une famille criminelle et un flic voulant le sortir de ce merdier, Animal Kingdom est un petit bijou de retenue, dominé par une atmosphère calme et austère avant l’inéluctable explosion de violence finale. Un film noir qui surfe habilement sur les vagues du glauque et du désespoir, et qui réchauffe l’ambiance par quelques éclatantes éclaircies qui rappellent le soleil d’été à Alice Springs. Entre kangourous, loubards et flicaille, quel zoo !

    Michael Frei Karloff, films cultes, rares et classiques, Lausanne

    Animal Kingdom, David Michôd, 2010, ARP, VOST et VF, DVD et BLU-RAY, 108 min.

    Des védés

    Un bouquin

    Photos de troubles

    Maux et animaux

    GLOUSSER Une fausse manipulation avec un téléphone et tout ce que vos amis pensent vraiment de vous vous est dévoilé… L’amitié, y a que ça de vrai . J’aime beaucoup ce que vous faites, par la Compagnie du Poulailler, Salle des spectacles, Savagnier, les vendredis, samedis et dimanches du 13 au 22.01.

    POUFFER La naissance du théâtre et son évolution jusqu’à nos jours revues, corrigées et agrémentée par une bande de joyeux comiques. Une sacrée histoire. Histrions !, par le Ka-Têt, Teatro Comico, Sion, les jeudis, vendredis et samedis du 12 au 21.01.

    MATER Le travail d’un sculpteur qui mixe pierres et pinces suivi à chaque étape par un photographe qui mitraille. Un duo artistique. Pince-Pierre, exposition de Luc Tiercy et Laurent Barlier, Musée de Carouge, jusqu’au 25.02.

    RÊVER Plus de 200 œuvres exceptionnelles nous replongent dans l’univers mythique de l’inoubliable Charles Spencer Chaplin. Quel Charlot ! Charlie Chaplin, image d’un mythe, Palais Lumière, Evian, jusqu’au 20.05.

    peuple (22-28 janvier 2011), un peuple souverain (13-27 février 2011). La révolution tunisienne y est présentée sous un angle réa-liste et humain. Les photographies ne dévoilent ni actes barbares, ni moments-clés, ni célébrités se mê-lant à la foule en colère. Ce sont les images simples et belles des ac-teurs anonymes de l’Histoire. Les portraits de gens engagés, grâce à qui Ben Ali a dégagé.

    Alinda Dufey

    Dégage ! Une Révolution, Editions Phébus, 178 pages.

    assuré les arrangements et, guitare en pognes, a prêté sa voix à la fois tendre et ferme aux textes du poète de Saint-Ursanne. Le résultat? Un disque d’une exceptionnelle densité, empli (forcément) de poésie et que l’on classera sans peine parmi les indis-pensables du genre.

    Roger Jaunin

    Des cédés

    Les Anges déploient leurs zèles

    Chants des Anges, Florent Brancucci. CD à commander chez l’auteur, rue de Fer 12, 28 000 Delémont, 032 422 78 13.Los Angeles Songs, Georges Pélégry. 32 poèmes de Georges Pélégry, 25 peintures originales de Stéphane Montavon. Commande auprès de l’auteur, Vaicle 11, 2882 Saint-Ursanne, ou par mail à jopelbluewin.ch.

    Vous en avez marre de la neige et du nez qui coule ? Vous seriez plutôt émoustillé à l’idée d’échanger votre bonnet et votre écharpe contre un maillot de bain? Alors, deux se-maines de vacances dans un camping en Toscane à entendre chanter les cigales et à boire du pro-secco, ça devrait vous aller comme... un moufle!Au bord de la mer, on retrouve une bande de bam-bini en proie à des sentiments contradictoires, à des émois révélateurs, entre innocence de l’enfance et tumultes adultes. Pour Marie, préadolescente plu-tôt équilibrée habitant Genève, et Nic le Romain, plus instable psychologiquement, c’est l’heure de dire adieu à un père qu’on n’a jamais connu et à un géniteur qu’on ne connaît que trop bien, un macho qui ne sait parler qu’avec les mains et qui cause fort. Je suis brutal et je le reste (air connu)...

    Filmant ses personnages souvent de dos, toujours à fleur de peau, utilisant à merveille la lumière tos-cane, Rolando Colla, cinéaste qui s’est inspiré, pour écrire Jeux d’Eté, « d’une expérience de vie person-nelle », signe une chronique non dénuée de charme et d’une sensibilité certaine. Un récit initiatique qui joue sa petite musique jusqu’à un final symbolique et magnifique. Pas si mineur que ça, donc...

    Bertrand Lesarmes

    Jeux d’Eté, de Rolando Colla, avec des cigales et des bambini. Durée : 1 h 41. Sortie le 18 janvier.

    Houle sentimentaleJetons-nous à l’eau En Toscane, au bord de la mer, les adultes se déchirent, les enfants se rapprochent. C’est Jeux d’Eté du réalisateur italo-suisse Rolando Colla.

    Culture et déconfiture

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    Vendredi 13 : l’UDC propose de renvoyer les chats noirs. Trois fois Ballon d’or : « Je vous dis Messi ! »Rebuts de presse

    vent de boueUne erreur de navigation, ça peut vous changer un destin. Ainsi est-il permis de se demander si Leonardo DiCarpaccio aurait fait une aussi fructueuse carrière si d’aventure, un fameux 14 avril 1912 à 23 h 30 précises, le Titanic ne s’était pas mangé un iceberg au large de Terre-Neuve. Et l’ami Stève Ravussin, aurait-il tant de renommée si, sur la Route du Rhum 2002, alors qu’à deux jours de l’arrivée il avait course gagnée, il n’avait pas mis son esquif sur toit ? Du coup, il décida de laisser à d’autres le soin de s’en aller seuls sillonner les océans.

    mais une erreur de navigation, ça peut aussi vous faire passer pour le dernier des cons. La preuve pas plus tard que lundi dernier sur le parcours du « Dakar » lorsque, la tête un brin dans la dune, Cyril Despres s’est retrouvé embourbé, selon ses calculs, dans 80 bons centimètres de vase. « Je n’y voyais plus rien et, de toute manière, je n’aurais pas reconnu ma moto», a déclaré le pilote français... avant que la direction de course le repêche, au propre (si l’on peut dire) comme au figuré.On imagine sans peine la scène et non sans délice : machin et sa machine barbotant piteusement dans la boue, quel régal ! Et on cède volontiers la parole à Renaud :

    « Cinq cents connards Sur la ligne de départCinq cent blaireauxSur leurs motosça fait un max de blairsAux portes du désert Un paquet d’enfoirés Au vent du Ténéré »

    Et ce sera tout pour cette semaine.

    Roger Jaunin

    Le cahier des sports

    Pour Monsieur Daniel Steiner, chef adjoint de la communi-cation SRG SSR, le décompte des heures de travail des collabo-rateurs de nos radios et télévisions nationales est « facile à  calculer ». Selon ses dires, « les employés sont informés et formés lors de leur en-trée en service dans toutes les unités d’entreprise de la SSR ». Une forma-tion bigrement nécessaire et poin-tue si l’on en juge par l’exemple authentique suivant : «Si en fin de l’année un employé doit fournir en-core 8,4 jours de travail de 8 heures pour  atteindre  sa  garantie  et  qu’il lui reste également 2,5 jours de va-cances et jours fériés, 10 jours de re-pos, 9,65 jours de prime fidélité qu’il peut  convertir  en  temps,  ainsi  que 4,25  jours  de  travail  supplémen-taire à  compenser,  il  aura au  total 36,05  jours  pour  un  mois  qui  en compte 31. Donc, si le collaborateur fournit  les  8,4  jours  de  travail  de 8  heures  manquants  et  qu’il  prend les 10 jours de repos, il restera 12,6 

    jours  qui  seront  utilisés  pour  des congés  payés.  Le  solde,  soit  5,05 jours,  sera  soit  payé  soit  reporté sur  l’année suivante (ça dépend du genre de jours restants). Si l’employé travaille  plus  que  8,4  jours  de  8 heures en décembre, le dépassement sera payé +35%, mais il ne lui  restera  plus  que  5,05 jours  qui  seront  reportés ou payés. »

    C’est pourtant simple. On se demande bien pourquoi les employés de la SSR, toujours prêts à râler pour un oui ou pour non, di-sent renoncer à essayer de comprendre leur fiche de paie. D’autant, ajoute le chef adjoint de la communication, que « les RH ou les responsables directs peuvent apporter des explications si nécessaire ». Du reste, le décompte est couplé au système HFLEX, qui est parfaitement limpide. Expli-cation garantie authentique : « Un 

    SSR : décomptes à dormir debout

    Mass merdia

    Une adresse d’exception pour gentlemen.Sensualité et discrétion de rigueur.

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    Le sexe masculin estce qu’il y a de plus léger au monde, une simple pensée

    le soulève. Frédéric Dard

    Le Pensionnat“ „

    nies  =  totalité  des  heures  tra-vaillées. Heures HFLEX = totalité des  heures  imputées,  excepté  les heures de travail supplémentaire. (HFLEX  =  0  signifie  que  toutes les vacances et fériés ont été pris et que la garantie a été exactement travaillée.  HFLEX  =  0  et  travail supplémentaire = +10 signifie que toutes les vacances et congés ont 

    été pris, mais que 10 heures en  plus  ont  été  travaillées. Ces 10 heures en plus dans ce  cas  apparaissent  égale-

    ment  dans  le  nombre d’heures  annuelles effectuées  en  plus  du volume garanti.)

    Tout est donc parfaite-ment réglé. Et une fois qu’ils ont fini de calculer leurs heures, cer-tains salariés trouvent même un peu de temps pour travailler à la préparation d’émissions.

    Vigousse

    Que Le Matin, 20 minutes et autres feuilles de chou ré-chauffent jusqu’à la nausée la daube sur la fin du monde le 21 décembre 2012 ne surprend guère : il est plus facile d’exploi-ter grossièrement le filon des superstitions imbéciles que d’en expliquer les origines et les dessous. De toute façon, toutes ces calembredaines seront ca-duques le 22 décembre, le ri-dicule ne tuera personne et on passera à autre chose.Cependant, au fil des titres et des articles fumeux, les jour-naux en question ressassent doctement, noir sur blanc, une pure ineptie historique : les Mayas ont prévu, ou même an-noncé, la fin du monde pour le 21 décembre 2012. Une énormité digne de Sarah Palin. Mais qui, à force d’être répétée, finit par res-sembler à un fait établi.

    Conte à reboursLa cata Les médias de caniveau tiennent, avec la fin du monde, de quoi tartiner sans fin.

    par définition, prend fin une fois ou l’autre. Du reste, des spécia-listes affirment qu’il y a comme une erreur de calcul et que ladite période s’achève plutôt en 2220. Et, quoi qu’il en soit, prétendre que la fin d’un cycle annonce la fin des temps est aussi risible

    que de fixer l’Apocalypse au 31 décembre parce que le calen-drier des CFF ne va pas plus loin.Rappelons par ailleurs que les Mayas, bien que fins astro-

    nomes, croyaient dur comme fer que la Terre est plate et car-rée, tout comme le ciel. Qu’ils raflaient les mômes illégitimes pour les sacrifier au dieu de la

    pluie (ou au dieu de ci ou ça), du moins quand les incessantes guerres entre cités n’avaient pas fourni assez de captifs à cet effet. Qu’ils étaient obnubilés par le sang et que pour le faire gicler leurs

    reines se lacéraient la langue avec des ficelles à épines, leurs rois pré-férant s’entailler le pénis. Que leur civilisation s’est effondrée d’elle-même, notamment à force de car-nages et de saccages des ressources naturelles. Que leur propre fin, ils n’ont pas su la prévoir ni l’enrayer. C’est dire leur compétence quant à la date exacte de la fin du monde, plus de 1000 ans plus tard.

    Plutôt que des âneries obscuran-tistes sur le calendrier maya et l’Apocalypse dans la presse bêti-fiante, lisons donc l’ouvrage crous-tillant de Luc Mary, qui a recensé pas moins de 183 fins des temps annoncées au cours des quinze derniers siècles. Et avec tout adepte convaincu du cataclysme ultime, parions une forte somme, le 20 décembre, qu’il ne se passera rien le lendemain : gains rapides assurés !

    Laurent Flutsch

    Le Mythe de la Fin du Monde – De l’Antiquité à 2012, de Luc Mary, Editions Trajectoires, 2009, 174 pages.

    Gare à l’erreurLe tout-ménage LausanneCités (05.01.12) arrive à faire mieux que La Télé, la chaîne qui réu-nit les cantons de Vaud et de Fribourg. A propos de l’éven-tuelle fusion des communes vaudoises de Cugy, Bretigny, Froideville et Morrens, ce journal publie une photo de Cugy, où l’on peut admirer sa gare et ses voies de chemin de fer. Léger problème : il n’y a ni ligne ferroviaire ni gare dans le village de Cugy (Vaud). La photo montre la gare de Cugy (Fribourg). Bah ! Quand on est un grand journal de la ca-pitale, on ne s’embarrasse pas de ces détails de bouseux.

    Bouton passionQuand Le Matin (05.01.12), dans sa rubrique sportive, consacre un article à Roger Federer, c’est toujours pour de bonnes raisons. Ainsi, sur trois colonnes et sous le titre « Un bouton, plusieurs pistes », le lecteur fasciné a-t-il pu se passionner pour un vilain bouton ornant la tempe droite du tennisman national et mondial. Avec l’avis d’un spécialiste, s’il vous plaît, car le professeur de dermatologie du CHUV, Daniel Hohl, y va de son diagnostic : il pourrait s’agir soit d’une piqûre d’insecte, soit d’un kyste, soit d’un hématome suite à une blessure. Devant ce choix multiple, il n’y a qu’à appuyer sur le bon bouton !

    Balet diplomatiqueSemaine après semaine, L’Hebdo (05.01.12) nous gratifie d’une rubrique intitulée « Réseau ». Il s’agit, comme son nom l’indique, de décortiquer les divers réseaux qui entourent une personnalité. Pour son premier numéro de l’année, l’hebdomadaire nous présente ainsi « Un homme de vision : Eric Balet ».Vieille connaissance de Vigousse, dans les pages duquel il a été plu-sieurs fois sèchement égratigné, le tyrannique patron de Téléverbier s’en sort avec les honneurs dans L’Hebdo. A part quelques petites remarques sur son caractère difficile, tous ses amis le couvrent de louanges. Et skient à l’œil à Verbier ?

    Pauvres fillesSous le titre « Chanel embarque pour Bombay », un article en ligne du

    magazine féminin Edelweiss (12.2011) vante avec poésie le défilé que la marque française a tenu dans la ville indienne : « Au Grand Palais, sous des lustres de cristal, des mannequins habillés de saris, coiffés de turbans 

    et parés de bijoux-bindi ont défilé sur un catwalk jonché de pétales de roses et couvert de sable. Un décor fastueux, composé autour d’une immense 

    table de banquet chargée de coupes de fruits et de bouquets de jasmin, sur laquelle circulait un train en argent qui distillait des liqueurs et des vapeurs 

    d’encens. » A l’évidence, Edelweiss ne s’adresse aucunement à des pouffes décérébrées vautrées dans le luxe et le superficiel.

    chiffre  HFLEX  positif  correspond au  nombre  d’heures  travaillées  en plus de la garantie moins le nombre d’heures  de  travail  supplémentaire pas encore compensé (HFLEX posi-tif  +  travail  supplémentaire  positif =  totalité  des  heures  travaillées  en plus  de  la  garantie).  Heures  four-

    les mayas n’ont évidemment rien prévu du tout. Si le cycle long de leur calendrier prend fin le 21 décembre 2012, c’est qu’un cycle,

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  • 16 BNS : Hildebrand la porte !La suite au prochain numéro

    meilleurs aveux mme Hildebrand, un accouchement sans dollars

    vent d’etat Blocher part contre en revanche

    Candidat candideCantona que l’amour

    Criblé de dècheXamax agressé à coups de points

    C’est arrivé la semaine prochaine(ou du moins ça se pourrait bien)

    C’est vrai, « l’effet Obama » a fait pschitt depuis bien longtemps. Mais si le monde entier semble aujourd’hui ignorer superbement le président du « yes we can », c’est peut-être parce qu’il est à peu près sain d’es-prit. Or, à voir la brochette de cin-glés qui se profilent dans le camp républicain à l’approche des élec-tions, l’empire du cheeseburger ne manquera pas de revenir sur le devant de la scène, comme à la grande époque du fils Bush.

    le favori actuel s’appelle Mitt Romney. Et si son succès indique qu’il est le moins dérangé du lot, ça ne rassure guère. Quoi qu’il en soit, Mitt est à coup sûr le plus riche, avec une fortune de 250 millions de dollars bâtie dans le business du capital-investisse-ment. Une noble activité qui consiste à racheter des boîtes pourries, à les presser comme des

    citrons et à recracher ce qui reste dans le vide-ordures. Romney est connu pour ses réponses évasives et contradictoires, et pour sa trouille colossale à devoir se prononcer franchement sur quoi que ce soit. Ce qui explique sa popularité. Il re-fuse aussi de présenter le détail de ses contributions fiscales, ce qui est effectivement sage de sa part. Il était moins malin, en revanche, de proposer un pari de 10 000 dollars à

    l’un de ses contradicteurs lors d’un débat télévisé : ça la fout mal pour quelqu’un qui se prétend proche du peuple. Par ailleurs, on lui reproche d’être naguère parti en vacances avec le chien de la famille sanglé sur le toit de la voiture. Mais il y a pire : Mitt Romney fut le responsable des Jeux Olympiques d’hiver de 2002 à Salt Lake City, une vaste et gro-tesque opération de promotion pour l’Eglise de Jésus-Christ des saints des derniers jours, alias la secte des Mormons, sa religion.

    le prophète de Romney est donc Joseph Smith, gourou fondateur et repris de justice notoire, condamné pour escroquerie parce qu’il dé-pouillait des naïfs en leur promet-tant de trouver des trésors grâce à une pierre magique… En politicien avisé, Mitt Romney a retenu la leçon : les Etats-Uniens avaleront à peu près n’importe quoi. Même sans pierre magique.

    Sebastian Dieguez

    Mitt Romney, candidat à la Mormon le nœud

    BéBERT DE PLONK & REPLONK

    Vigousse vendredi 13 janvier 2012