A la recherche de l’intérêt général - Peuple & ?· personne ayant de l’intérêt pour une éducation…

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  • Universit dt 2012 page 1

    A la recherche de lintrt gnralLducation populaire pour la (re)conqute des biens communs

    50e Universit dt de Peuple et Culture du 30 aot au 2 septembre 2012 Ste

    Ou bien la population prend sa destine en mainet se proccupe de lintrt gnral,guide en cela par des valeurs de solidarit,ou bien cen sera fait de sa destine tout court.Noam Chomsky, Edward Herman,La Fabrique du consentement, 1988

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    sommaire

    Quelques mots sur lorganisation 3Prsentation du thme 4Les Universits de Peuple & Culture 4Les plnires 5Les ateliers dduc pop 14 Les soires et activits culturelles 18Le point de vue des participants 19

    FONDATION MONDESOLIDAIRE

    Avec le soutien des partenaires suivants :

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    Le mouvement Peuple et Culture a organis, du 30 aot au 2 septembre 2012 sa cinquantime Universit dt, sur le thme de lintrt gnral et des biens communs. Un rendez-vous qui a runi les acteurs et sympathisants du rseau Peuple et Culture ainsi que plusieurs personnes extrieures, pour quatre jours de rflexions et productions collectives, dactivits culturelles et de dtente sous le soleil stois !

    Le comit de pilotageLa conception du programme a t mise au point par un comit de pilotage qui sest runi rgulirement entre dcembre 2011 et aot 2012 qui en a assur la coordination en lien troit avec les associations I.PEICC et Boutique dcriture & Co.

    Constitu dune dizaine de membres actifs, salaris et bnvoles, le comit de pilotage avait pour mission de : dbattre des problmatiques aborder et du thme choisi, en prciser les contours et en imaginer les diffrents angles dapproche construire le droulement complet de lUniversit : choix des intervenants, sances plnires et ateliers, soires thmatiques, activits culturelles et de dtente... valider les documents de communication impliquer les associations membres et des partenaires choisis pour une appropriation et une dmultiplication des actions.

    Le lieuCette 50me Universit sest droule au centre du Lazaret, Ste, o nous organisons chaque anne un sminaire de coopration internationale. Ce lieu agrable dispose dune grande salle pour les plnires, de petites salles pour le travail en groupes, dun espace extrieur convivial, et dun accs direct la mer. Dexcellentes conditions pour le travail, lhbergement et la restauration des 140 participants.

    Jaitrouvquilyavaitpasmaldejeunescontrairementlimagequejemefaisaisdumouvement.

    CtaitmapremireuniversitPeupleCulture,jaibeaucoupapprcilensemble.Lecadrequiasonimportanceetlaccueildelastructure:super!

    Q u e l q u e s m o t s s u r l o r g a n i s a t i o n

    LaparticipationdacteursneprovenantpasduchampdelEducationPopulairedonnaituneouverturelarflexion.

    DcouvertedelafamillePeupleetCulture:unegrandepremirepourmoi.Desparcoursdevieontttransmis,dautrescroiss!

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    La notion dintrt gnral est invoque aussi bien au niveau des ins-titutions publiques quau sein des entreprises prives, tant pour jus-tifier laction des associations que celle des pouvoirs publics, la pri-vatisation dun service ou encore la libre concurrence des marchs. Parmi ces propos contradictoires, on ne sait plus vraiment de quoi il sagit rel-lement : que signifient ces brouillages ? A quoi renvoie lintrt gnral ? Qui le produit ? Qui limpose ? Qui le garantit ? Cens tre le fondement de nos institutions et de notre dmocratie, lintrt gnral nest pourtant dfini nulle part.

    On sait en revanche ce quil advient de nos biens communs, dont lintrt gnral est garant. Nous assistons incrdules une privatisation du vi-vant, du savoir et de la culture, la progressive mise en concurrence de tous contre tous. Les biens communs que sont les services et droits fondamentaux comme lducation, la culture ou la sant, mais aussi les ressources naturelles, les rseaux et lnergie, sont mis sous la coupe dintrts particuliers. Le modle actuel rend possible lenrichissement de quelques-uns au prix dun accroissement des ingalits, de lpuisement des ressources naturelles, dune pollution irrversible de notre plante...

    Quelles rsistances pour faire face cette dynamique barbare ? Quelles alternatives pour fonder une relle dynamique de prservation, de par-tage, de construction, de dveloppement des biens communs ? Comment contribuer ce quadviennent de nouvelles rgles qui soutiennent cette dynamique du mieux-vivre ensemble ?

    Ces questions concernent chacun dentre nous et reprsentent par cons-quent un thme de travail et dintervention pour lducation populaire. Il nous semble urgent de prendre le temps dinterroger les conditions dans lesquelles lintrt gnral est dfini, de mettre en lumire les mutations et attaques auxquelles il est soumis, et de raffirmer certains principes fondamentaux susceptibles de fonder durablement une socit plus juste.

    Pourquoi lintrt gnral et les biens communs ? Luniversitjoupourmoiunrledecatalyseur,amapermisdapprofondirmarflexionetderemettreenquestiondeschosesquejeprenaispourvidentes,amaouvertdenouvellesperspectivesetapportunregardnouveausurlintrtgnral.

    Nossocitssontcartelesentrelesdynamiquesdecomptition,dexclusionetdedsintgrationsociales,etlesdynamiquesinversesdecooprationetdemutualisationfocalisessurlaprservationdesbienscommuns.Rechercherlintrtgnral,cestfavorisercesdernires.

    Les Universits de Peuple & CultureLieu de formation et de dbat, les Universits dt de Peuple et Culture proposent un temps de rflexion collective et dapprofondissement mthodologique autour dune question de socit, et sadressent toute personne ayant de lintrt pour une ducation populaire daujourdhui : permanente, cratrice, transformatrice par lintelligence collective et la culture partage, pour tous et tout au long de la vie.Les Universits dt ouvrent des espaces dans lesquels saffinent et se confrontent des analyses, par une rflexion collective exigeante, trs largement ouverte la confrontation de points de vue, dexprimentations, de pratiques.Organises depuis la cration de Peuple et Culture, chaque anne ou tous les deux ans, elles font converger experts et autodidactes, thoriciens et oprationnels, pour vivre la culture, dbattre et sexprimer.Le projet repose sur la prparation collective du thme, des contenus et de leur construction pdagogique par des acteurs du rseau (lus, salaris, bnvoles et partenaires).Invitation confronter des expertises, travaux de recherches, analyses et rcits dexpriences mens lint-rieur et au-del du mouvement Peuple et Culture, les Universits sont un endroit privilgi de production de sens et de repres communs, ncessaires llaboration dactions collectives futures. Elles constituent des moments cls du mouvement.

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    Les plenieres

    Cettepremireinterventionapermisdclaireretdecernerleconcept. Jaibeaucoupapprcilinterventionsurladfinitiondelintrtgnral.YannickBlancasitusespropos,entreautres,danslechampdelducationpopulaire,avoqulesncessitetcontraintesdelvaluation.

    LaprestationdeYannickBlanctaitlahauteurdesattentes.Lhumilitdecettepersonnelhonoreenregarddesescomptencesetdesesresponsabilitsdhieretdaujourdhui.

    Cetteuniversitdtmapermisdemieuxcomprendrecequtaitlintrtgnralgrceauxdiffrentsintervenants:lespointsdevuedunconomiste,dunavocat,dunsociologue...Celanouspermetdelapprhendersurdiffrentspointsdevuemaisaussiavecdesexemplesconcrets.

    Peut-on dfinir lintrt gnral ?Yannick Blanc, Prsident de la FondaChacun sait, mme si cest pour sen plaindre, quil nexiste pas de dfi-nition de lintrt gnral. On peut cependant clairer le sens de la notion en la mettant en regard de notions voisines qui se heurtent la mme difficult : lutilit publique, lutilit sociale, le bien commun. La question nest alors plus de rvler un sens cach mais de mettre en perspective les questions auxquelles lusage de ces notions tente de rpondre. Le pro-fesseur de droit public Vedel affirmait que lintrt gnral est une notion la fois indfinissable et irremplaable tout en la considrait comme lpine dorsale du droit public franais. Il voyait dans la ncessit de sa vrifica-tion permanente par le lgislateur et par le juge administratif le gage de sa vitalit.

    Deux conceptions opposes de lintrt gnral

    La tradition veut que lon oppose deux conceptions de lintrt gnral : la conception librale, qui le considre comme la rsultante du jeu des intrts particuliers, et la conception rousseauiste, qui y voit le fruit de lex-pression de la volont gnrale. Or, lusage que fait le juge administratif ou le juge constitutionnel de lintrt gnral ne se rattache aucune de ces deux conceptions. Le juge nvoque pas lintrt gnral lorsque cela napporterait rien sa dcision ou son argumentation ; il sappuie en revanche sur lui lorsquil manque dlments juridiques pour rendre, et sans doute plus encore, pour motiver sa dcision (D.Truchet, lintrt gnral dans la jurisprudence du Conseil dEtat : retour aux sources et quilibre in Conseil dEtat, rapport public 1999, La Documentation Fran-aise) . Ainsi, lintrt gnral se prsente comme un rgulateur au sens littral du terme, cest--dire comme un instrument permettant de faire va-rier lintensit avec laquelle on applique la norme.

    On peut imaginer lintrt gnral, lutilit publique et lutilit sociale comme les trois cts dun triangle qui sagrandissent mesure que reculent les trois frontires mobiles qui dlimitent respectivement la tutelle de lEtat sur la socit civile, la prvalence du collectif sur lindividu, lhgmonie du march concurrentiel. Mais alors, quel nom donner lespace ainsi gran-dissant dlimit par ce triangle ? Le bien commun, peut-tre...

    En raison de ses origines thologiques, la notion de bien commun a t carte depuis bien longtemps du vocabulaire juridique et politique. Gas-ton Fessard, philosophe jsuite, fondateur de la revue Tmoignage chr-tien, tente quant lui une dfinition ternaire du bien commun, dans la-q