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 ÉTUDES ROMANES DE BRNO 32, 2011, 2 £ 2011 MASARYKOVA UNIVERZITA

Actualisation-Virtualisation ERB_32_2011_2

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Actualisation / Virtualisation

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ÉTUDES ROMANES DE BRNO

32, 2011, 2

£2011

MASARYKOVA UNIVERZITA

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© 2011 Masarykova univerzitaCitace: Études romanes de Brno 32, 2011, 2

ISSN 1803-7399

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ÉTUDES ROMANES DE BRNO32, 2011, 2

Dossier thématique

sous la direction de Christophe Cusimano

 

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ÉTUDES ROMANES DE BRNO32, 2011, 2

avant-propos

La dichotomie actualisation/virtualisation traverse les sciences naturellescomme les sciences humaines. En linguistique, les notions d’actuel et de virtuel  dnt elle décule n’nt pa vraiment reçu de dénitin, malgré une fréquence

d’empli élevée. Tutefi, une tendance e dégage en émantique, diciplinequi a le plus souvent abordé la question : il s’agit de penser le virtuel comme unesimple réserve de possibles et de voir l’actuel comme ce qui, parmi ces possibles,

 se réalise.En ce en, n peut dire que le linguite e fnt an dute une cnceptin

trop claire de la virtualisation, comme en attestent les virtuèmes de B. Pottier. Sil’on prend aussi le cas de la Sémantique Interprétative de F. Rastier par eemple,n vit bien que lui-même dénit cette dernière de manière en apparence trplimpide : « neutraliatin d’un ème, en cntexte », tandi que l’actualiatin e-rait l’« pératin interprétative permettant d’identier u de cntruire un ème

en cntexte ». Pluieur che nt à retenir ici : la première et que c’et bienle contexte qui détermine tut. Enuite, il faut nter – et c’et an dute le pluintéreant – que eln l’auteur, la virtualiatin agit ur le possible déjà existant ,comme le prouve le terme de neutralisation: en effet, n ne aurait neutralier du virtuel pur . H. Nølke (1989)1 a fait remarquer avec beaucup de nee l’unede difculté majeure de cette dichtmie chez F. Ratier, remarque qui n’a

 purtant pa eu d’éch, ce qui et an dute dû à l’enguement mérité prvqué par les travau de l’auteur :

Dan la phrae uivante : « Guillaume était la femme dan le ménage, l’être faible qui béit,qui ubit le inuence de chair et d’eprit » (Zla: Madeleine Férat, p. 287), le ème afférent /faiblee/ et dit actualié (dan ce cntexte), parce que « la cmpétence interprétative recnnaîta pertinence » (p. 81), tandi que le ème inhérent /exe féminin/ et dit virtualié. Il et évidentqu’il n’et pa actualié (pernne ne cmprend que Guillaume it ici le nm d’une femme), r il demeure, dit Rastier, dans la mémoire associative […]. Ne pourrait-on se contenter de parler,i le bein ’en faiait entir, de l’actualiatin et de la nn-actualiatin de ème ?

Cmme le lecteur l’aura cmpri, H. Nølke nu amène à admettre une cheeentielle à partir de cet exemple : la virtualiatin de F. Ratier ne traite pavraiment du virtuel, qui et en fait implement vu cmme une mise en latence

1

Recension de Sémantique Interprétative de F. Rastier parue dans Revue Romane.

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6 AVANT-PROPOS

de certains éléments de l’univers du possible déjà réalisé , mai, en fait, établit plutôt une dichotomie actualisation/non-actualisation, ce qui et bien différent.C’et d’ailleur la cnceptin que le linguite e fnt en général du virtuel : du

 potentiel déjà réalisé non-actualisé en contexte. P. Cadiot et Y.-M. Visetti, bienqu’auteurs de la tripartition retentissante motif-prol-thème, ne fnt pa excep-tin lrqu’il afrment (2001 : 21) :

Le lexique et cmme un tème cmplexe, qui fnctinne parce qu’il et uceptible d’établir et d’enregitrer immédiatement dan e frmat prpre de ditinctin juque là inédite – cequi implique par contrecoup d’atténuer, ou de virtualiser, d’autres distinctions qui ne se perdent pas pour autant.

A ntre cnnaiance, le eul linguite qui ait réellement enviagé le prblème(u plutôt qui en ait vu l’intérêt) et E. Ceriu (2001 : 246), en redéniant la

ditinctin nrme/tème :

La nrme et un enemble frmalié de réaliatin traditinnelle ; elle cmprend ce qui« exite » déjà, ce qui e truve réalié dan la traditin linguitique ; le tème, par cntre, etun enemble de pibilité de réaliatin ; il cmprend aui ce qui n’a pa été réalié, mai quiet virtuellement exitant, ce qui et « pible ».

L’idée d’un virtuel plus complee est donc en linguistique depuis 1964, date del’article « Ver l’étude de tructure lexicale » (inclu dan l’uvrage de 2001)mai n’a pa fait d’émule. Ce vlume et dnc l’ccain de repener de manièrethéorique la question du virtuel, de l’actuel et du réalisé, en linguistique et en

littérature.K. Włwka e prpe tut d’abrd de revenir ur la ntin de virtualisa-

tion en émantique textuelle : pur ce faire, l’auteure rapprche cette ntin denotions couramment employées dans un sens proche et qui entrent en concur-rence avec celle-ci. Aini, elle enviage tur à tur la non-actualisation, la délé-

tion et la suspension. J. Dupui, dan une réexin trè thérique, eaie quantà lui de repener la émantique dan le vate enemble de cience du langage.D’un pint de vue épitémlgique, il ’engage à mntrer que le pitivimequi les animent depuis leurs balbutiements originels a conditionné la vision duvirtuel en vigueur à l’heure actuelle dan cette dicipline. Il tente alr de rep -

er le prblème jutement en repenant la ntin de virtuel. C. Cuiman eaie pur a part de mntrer cmment, à prp d’empli nethéique de certainadjectif, l’étendue du  possible déjà réalisé qu’il nomme l’actuel  impose unecntrainte frte au virtuel qu’il peroit comme le  possible jamais réalisé . Dansun rainnement à cheval entre émantique lexicale et ntaxe, C. Turatier ’at-tache à dégager le acceptin polysémiques et les homonymes du verbe ‘ler’ etrappelle alr cmment le chix cntextuel d’une acceptin dnnée amène à e

 prjeter dan une érie de virtualité. G. Civilleri cnvque le urce thériqueles plus récentes en morphologie pour montrer que la notion de racine morpho-logique est au prises avec deu conceptions, l’une actuelle et l’autre virtuelle.Elle eaie alr d’appliquer le deux dénitin dan l’anale de certain nm

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7AVANT-PROPOS

déverbaux du grec. Enn, dan le eul article littéraire de ce dier, P. Vurmdresse un tableau complet de ce qu’il convient d’appeler la littérature virtuelle.Dan cet article illutré, il inite ntamment ur le mdicatin eentielleque cette révlutin fait peer tant ur l’auteur que ur le lecteur, et l’écriture demanière plu générale.

Cmme n le devine, le prblème avancé dan ce vlume n’ truvernt pa leur épilgue. Mai celui-ci a le mérite de remettre au gût du jur une pr - blématique enfuie u de décennie d’empli plu u min bien explicité.

Bbl d

CADIOT, Pierre; VISETTI, Yves-Marie.  Pour une théorie des formes sémantiques : motifs, prols,

thèmes. Paris: P.U.F. 2001.COSERIU, Eugenio. Sistema, norma y habla. In Teoría del lenguaje y lingüística general, cinco

estudios. Madrid: Gredos, 1973 [1952].COSERIU, Eugenio. L’homme et son langage. Louvain, Paris: Peeters, 2001.GUILLAUME, Gustave. Leçons de linguistique de Gustave Guillaume. Québec: Presses de l’Uni-

versité Laval & Lille: Presses Universitaires de Lille, 1987.MAHMOUDIAN, Mortéza. Le contexte en sémantique. Louvain-la-Neuve: Peeters, 1997.MARTIN, Robert. Pour une logique du sens. Paris: P.U.F., 1983.PEIRCE, Charles Sanders. Ecrits sur le signe. Paris: Seuil, 1978.POTTIER , Bernard. Linguistique générale, Théorie et description. Paris: Hachette, 1974.RASTIER , Franois. Sémantique interprétative. Pari: P.U.F., éd. « Frme émitique », 1987.SAUSSURE, Ferdinand de. Cours de linguistique générale. Paris: Payot, 1916.

TOURATIER , Christian. La sémantique. Paris: Armand Colin, 2000.

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8 AVANT-PROPOS

remerciements

Pur la préparatin de ce dier thématique, de nmbreux cllègue nt ffertleur indipenable cllabratin. Nu réervn dnc cette page à remercier, tant

 pour leurs conseils avisés au auteurs que pour leur amabilité :

• Jean-Franois Chassay (Université de Montréal)• Petr Kyloušek (Université de Brno)• Marco Mazzone (Université de Catane)• Michael Metzeltin (Université de Vienne)• Jaroslav Štichauer (Université de Prague)• Grażna Vetulani (Univerité de Pznan)

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ÉTUDES ROMANES DE BRNO32, 2011, 2

KATARZyNA WoŁoWsKA

La virtuaLisation contextueLLe De traitssémantiques : non-actuaLisation, DéLétion

ou suspension ?

1. vl, è l

La virtualité de trait émantique, cnidérée tantôt cmme un critère tp-lgique (ème déntatif vs virtuels, cf . Pottier 1974), tantôt comme une sorted’effet dicurif (réultat d’une neutraliatin de ème en cntexte, cf . p. e.Ec 1985, Ratier 1987), ne ucite pa de dute quant à a pertinence danl’anale émantique, même i a decriptin n’et ni univque ni, à plu frteraison, ehaustive. Ce que nous entendons eaminer dans le cadre du présentarticle, situé dans la perspective interprétative de l’analyse du sens, c’est cetteecnde acceptin du v i r t u e l , liée à l’pératin de v i r t u a l i a t i ncntextuelle, et ntamment la manière dnt un trait émantique e virtualie dancertain cntexte pécique.

Dan a cnceptin de la tructure du émème, i.e. du faiceau émique telqu’il ’actualie en dicur, Pttier (1974 : 29–30) a intrduit une clae éman-tique ingulière, appelée virtuème. Cette catégorie de traits sémantiques virtuels cmplète la ditinctin antérieure (cf . Pottier 19641) entre le sémantème, classede ème pécique (ditinctif dan le cadre d’un enemble lexical dnné), etle classème incluant le trait générique (cmmun à tu le élément de l’en-

emble). si le émantème et le claème repréentent la tructure du émème ducôté de ème d é n t a t i f , dénitire, cdié dan le lexique, il en vatout autrement des traits virtuels qui, selon la terminologie de Pottier, corres-

 pndent à la dimenin c n n t a t i v e de la langue, englbant aui bien leassociations habituelles, stables, devenues en quelque sorte systémiques (comme/italianité/ pur le émème ‘pizza’) que le cnntatin purement dicurive,

1  Cf . aui Greima (1966) qui, dan a decriptin de la tructure du émème, prpe de di-tinguer entre le noyau sémique (trait émantique table, dénitire) et le classème (ème

« cntextuel », repnable de l’établiement d’une itpie dicurive).

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10 KATARZyNA WoŁoWsKA

qui crrepndent à l’actualiatin de trait émantique dan un cntexte parti-culier.

Dan la thérie de Ratier, dévelppant d’une manière créative le acqui dePttier, la ditinctin cnntatif / déntatif e truve dépaée (cf . 1987 : 42).Grâce à l’élabratin d’une nuvelle cnceptin du émème et de e unitécntitutive, utre l’ppitin fnctinnelle générique / pécique, Ratier introduit la distinction inhérent / afférent pur déigner le ème relativementtable (dénitire) et ceux qui relèvent de nrme cialement attetée u quiapparaient uniquement en cntexte. or, le ème afférent ne crrepndent

 pa frcément aux trait traditinnellement cnidéré cmme cnntatif, étantdnné que ce dernier fnt parfi partie de la ignicatin table de lexème,même ’il ne préentent pa un caractère dénitire. Quant à la ntin de v i r -t u e l , Ratier l’emplie pur déigner « tu le cmpant nn ditinctif,

qu’il ient bligatire u nn » (ibid . : 44) ; aini, « une partie de trait ditcnntatif nt bien de cmpant virtuel (ce qui n’entraîne d’ailleur pa quetu le cmpant virtuel puient être dit cnntatif)» (ibid. : 42). Rastier souligne ainsi que, malgré les apparences, il n’y a pas d’équivalence entre lesacceptin de terme d’ a f f é r e n t , de c n n t a t i f et de v i r t u e l :« Nu préférn ne pa lier la ntin de virtualité à un tpe de trait. Elle peutuciter quelque cnfuin, car tu le tpe de trait nt uceptible d’êtreactualié u virtualié » (ibid . : 44).

Là, nu arrivn à la ntin de v i r t u a l i a t i n qui e dénit de lamanière la plu générale cmme « neutraliatin d’un ème, en cntexte » (ibid . :

276). Il ’agit d’une pératin interprétative qui cnite à faire diparaître, ul’effet du cntexte, certain trait d’une cnguratin émique et, ce qui et trèimportant du point de vue terminologique, elle peut impliquer aussi bien lesème inhérent que le trait afférent. Cependant, même i tu le tpe deème peuvent être umi à cette pératin interprétative, « le critère cntextuell’emprte ur celui qui relève du tème fnctinnel de la langue » (ibid . : 82),cnfrmément à qui même un trait afférent cialement nrmé (p. ex. /faible/

 pur le émème ‘femme’) peut être virtualié dan un cntexte apprprié (p. ex.une forte femme).

or, ce mdèle trè éduiant, uceptible d’expliquer en terme relativement

imple et clair le mécanime émantique de phénmène dicurif le plu di-ver, peut ’avérer quelque peu dangereux en ce qui cncerne la dénitin du ta-tut de ème. Cmme l’afrme Cuiman, « l’incnvénient d’une telle cncep-tin et qu’elle fait ptentiellement de tu le ème de virtuèmes, tujur pré-ent en latence » (2009 : 41). Cmme le trait virtuel, étant dnné n intabilitédénitire2, ne saurait être pourvu de capacité distinctive, Touratier (2000) va

2 Le cmprtement dicurif de trait virtuel fait pener, tute prprtin gardée, à celuidu e muet en phnlgie : le fnctinnement trè pécique de cette velle admet a « vir -tualiatin » régulière dan la prnnciatin. Purtant, la préence latente du e muet supposela possibilité incontestable de son rétablissement dans n’importe quel contete, ce qui sans

doute n’est pas vrai dans le cas de traits sémantiques.

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11LA VIRTUALISATION CONTExTUELLE DE TRAITS SÉMANTIQUES

 juqu’à duter qu’un tel trait mérite de ’appeler ème. Pour sortir de cette im- passe, Cusimano (cf . 2009 : 41–42, 48) prpe de ditinguer entre le è m e ,élément table du cntenu émantique, nn umi à la virtualiatin, et let r a i t s s é m i q u e s , susceptibles de subir une variation contetuelle3. Ildéveloppe ensuite, dans le cadre de son intéressant travail sur la polysémie, laconception du composant sémantique appelé trait sémique d’application ou TSA (ibid . : 84–89) dnt la particularité cnite en ce qu’il ne relève ni de la langue, nide la parle, mai de la « parle ptentielle » (infrmatin émantique préétablieen vue de l’uage en cntexte). Cette cnceptin emble trè puiante ntam-ment dan l’explicatin du phénmène de la pluralité émantique, et, même inu ne la reprenn pa ici, elle nu emble digne d’être apprfndie aui dantute recherche prtant ur de phénmène émantique autre que la plémie.

Qui qu’il en it, vu tute le difculté qu’n rencntre à dénir la nature

du ème « virtuel », il et ûr que cette réalité émantique préente un caractèrecmplexe, impible à cerner avec une dénitin imple, facile et cmmde. Demême, la dénitin précie de pératin d’actualiatin et de virtualiatin deème devrait peut-être dépaer n cadre trè général et englber une tplgiede leur différente manifetatin, du min en ce qui cncerne la virtualiatinqui fait ici l’bjet central de ntre attentin. En fait, ce n’et pa tujur de lamême manière qu’un ème « diparaît » et – ce que nu entendn démntrer ici – ce n’et pa tujur qu’il diparaît ttalement, même i l’interprétatin,qui repecte différente precriptin cntextuelle, tend à l’éliminer. on purraitdire, en suggérant une dissimilation sémantique originale, qu’il y a virtualisation

et virtualisation.

2. sè- è -

Pur décrire le phénmène de la virtualiatin, il et avantageux de ditinguer entre le é m è m e - t p e , grupement relativement table de ème, attetédan la plupart de cntexte, et le é m è m e - c c u r r e n c e , actualiéen cntexte, étant dnné qu’« un mrphème ne véhicule pa le même cntenu entut cntexte, ni à l’invere, un cntenu différent dan chaque cntexte » (Ratier 

1987 : 71). La fnctin dicurive de pératin interprétative d’actualiatinet de virtualiatin peut e traduire aini en terme de mdicatin apprtée auémème-ccurrence par rapprt au émème-tpe.

Entre la repréentatin du émème-tpe (en langue) et celle du émème-ccurrence (en cntexte)interviennent tri tpe de tranfrmatin :(i) La cnervatin : le émème et identique à lui-même en langue et en cntexte.

3 Pour éviter toute complication terminologique qui ne nous semble pas utile dans le cas duujet que nu traitn ici, nu gardern l’empli de terme trait sémique et trait séman-

tique comme synonymes de sème.

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12 KATARZyNA WoŁoWsKA

(ii) La délétin : un trait inhérent en langue et virtualié en cntexte u l’effet de nrmesociales ou idiolectales.(iii) L’inertin : un trait afférent et actualié en cntexte u l’effet de même nrme. Bien

entendu, l’insertion et la délétion peuvent être combinées (ibid . : 83).

Il est clair que seuls les points (ii) et (iii) correspondent au opérations dynami-que du prceu interprétatif (actualiatin et virtualiatin de trait) permettantde prcéder à une tranfrmatin de cnguratin émique, qu’il ’agie d’unetranfrmatin du émème-tpe en émème-ccurrence u du ca invere. Ce quinu paraît eentiel, c’et la pibilité d’une cmbinain de deux pératindiscursives signalée dans le point (iii), vu qu’elle suscite un doute qu’il serait

 peut-être cntructif de lever. Quelle nt en fait le relatin réciprque entrele deux pératin interprétative ? si elle peuvent intervenir dan la cngura-tin d’un même émème, peuvent-elle aui cncerner le même ème ? Plu

 préciément, un ème peut-il être actualié et virtualié dan un même cntexte ?Ce quetin, bien qu’elle puient paraître quelque peu ieue, nu em-

 blent uceptible de cntituer un pint de départ pertinent pur une réexin plu apprfndie ur la nature de l’pératin interprétative appelée virtualia-tin. Bien entendu, vu la prtée et la cmplexité d’une telle réexin, celle-cine aurait être dévelppée dan le cadre du préent article ; aui alln-nuignaler eulement de manière uccincte et peut-être inufamment rdnnée,quelque pint qui nu emblent particulièrement intéreant. Le analeque nu prpn dan la dernière partie de ntre texte nt pur but d’illutrer le phénmène, lié au cncept de virtualiatin émantique, que nu cnidérn

cmme le plu frappant, à avir la u p e n i n é m i q u e .

3. n-l, dl

Qu’et-ce que « virtualier » veut-il dnc dire au jute ? Cmment dénir lecncept de virtualiatin (et de virtualité cmme nature de ème virtuel) d’unemanière ufamment précie ? En vue d’une tématiatin paablement h-mgène, ean de paer en revue et d’analer un peu plu en détail quelquetermes utilisés en relation avec cette notion par Rastier :

non-actualisation « le cntexte peut aui déterminer la nn-actualiatin d’un trait »(1987 : 81).

neutralisation « virtualiatin : neutraliatin d’un ème, en cntexte » (ibid . : 276).

annulation « quel et alr le tatut de /exe féminin/ ? Plutôt que neutraliéou annulé, nous dirons qu’il est virtualisé . Il demeure dans ce quesauure appelait la mémire aciative » (ibid . : 81).

délétion « La délétion : un trait inhérent en langue est virtualisé en conteteu l’effet de nrme ciale u idilectale » (ibid . : 83).

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13LA VIRTUALISATION CONTExTUELLE DE TRAITS SÉMANTIQUES

Déjà au premier cup d’œil, certaine différence e prlent, différence qui peuvent e révéler fndamentale. En fait, i le terme annulation et délétion veulent dire à peu prè la même che, le lexème délétion, non-actualisation etneutralisation préentent chacun de ntable nuance de ignicatin. Certe, il’n cnidère ce appellatin d’une manière vague, n peut le aimiler aezfacilement et traiter cmme nnme de virtualisation. Cependant, si l’on lesumet à une anale plu apprfndie, n en vient à ditinguer entre tri phé-nmène émantique qui nn eulement crrepndent ptentiellement aux triterme (u grupe de terme), mai qui emblent aui fnctinner dan la pra-tique du discours.

Arrêtn-nu aini un curt intant ur le dénitin lexicgraphique(source : Le Grand Robert ) des termes susceptibles d’entrer en ligne de comptedans l’eplication de la notion de virtualisation :

annulation : (cour .) action d’annuler, de supprimer en rendant nul.délétion : (biol .) double rupture d’un chromosome avec perte d’un élément, consti-

tuant une caue de mutatin ; perte (de cet élément).neutralisation : fait de neutralier : 1. (cour .) empêcher d’agir, par une action contraire qui

tend à annuler le effrt u le effet ; rendre inffenif. 2. (cour . en par-lant d’une culeur) annuler, amrtir l’effet de (une autre culeur). 3. (ling .) prvquer la diparitin de (une ppitin entre deux phnème).

non-actualisation: négation + actualisation : 1. ( philos.) paage de la puiance à l’acte, pa-age de l’état virtuel à l’état réel. 2. ling. (angl. actualization, de actual  « réel ») pératin prpre au dicur, par laquelle une unité de la langue(code) est insérée dans un discours (message) particulier.

si l’n tranpe le élément pertinent de ce dénitin ur le terrain é-mantique, n en viendrait à relever de nuance frt imprtante, pur ne padire capitale. L’annulatin d’un ème cniterait aini en n annihilatin, ena upprein ttale en cntexte dan le émème-ccurrence par rapprt au é-mème-tpe. Quant à la délétin, dan n acceptin émantique, ce terme plupécialié emprunté au dmaine de la bilgie garde de a dénitin lexicgra-

 phique eulement le trait /perte/ : n vit facilement l’analgie entre le phén-mène bilgique de délétin et le émème-tpe qui perd certain de e trait aumment d’être dicurivement actualié cmme émème-ccurrence. L’idée et

dnc identique à celle d’annulatin, ce qui, dan le cntexte de la virtualiatin deème, nu permet de cnidérer ce deux terme cmme de parfait nnme.Ce qu’il importe de souligner, c’est que, logiquement, on ne peut annuler que

ce qui exite ; uivant cette idée, le trait appartenant au émème-tpe, aui bieninhérent qu’afférent, préenteraient aini, du pint de vue de l’interprétatin,un caractère a c t u e l , nn eulement p t e n t i e l . Cela veut dire quel’annulatin (la délétin) cntextuelle de certain ème devrait inclure, du minà un certain degré, la référence au tème en tant que « cde » plu u mintable, lequel tranparaîtrait purtant dan le prceu interprétatif u la frmedu émème-tpe, régi par le nrme d i c u r i v e et cnidéré cmme

une rte de mdèle pur la cnguratin émique du émème-ccurrence. on

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  purrait ituer aini le ème virtuel annulé dan l’epace de la p a r l e p t e n t i e l l e dnt parle Cuiman en déniant e TsA (2008 : 83–84).Qui qu’il en it, admettn pur l’intant, en impliant le che et en rete-nant pour les raisons de commodité la terminologie plus traditionnelle, que ladélétin cncerne le ème qui ’afrment dan l’uage nrmatif d’un lexème(émème-tpe) et d i p a r a i e n t dan le émème-ccurrence.

Par qui la délétin différerait-elle alr de la nn-actualiatin ? La déni-tin de l’actualiatin (« pératin interprétative permettant d’identier un èmeen cntexte », Ratier 1987 : 273) indique qu’il ’agit là d’un phénmène biendécrit en linguistique depuis Saussure (1916) et Jakobson (1963) : passage dutème à l’uage, de la langue à la parle, du cde au meage, de l’état paif à l’état actif, du ptentiel au réel, du virtuel à l’actuel... on admet généralementque l’pératin invere et la virtualiatin. or cette ditinctin ’avère trp peu

claire du moment où l’on se pose la question de savoir si la virtualisation de traitssémantiques consiste en leur non-actualisation (non-apparition) ou plutôt en leur diparitin en cntexte. De même, il faudrait établir d’une manière univque ceque veut dire au jute l’exprein « diparitin en cntexte » du mment ù ellee truve utiliée par rapprt aux ème dit virtualié, et par qui elle ’ppe,’il a là une différence quelcnque, à la « nn-apparitin » de ceux-ci en dicur.Il nu emble en fait que la nn-actualiatin, terme qu’il et jutié d’entendrespontanément comme n é g a t i o n de l’actualisation, ne doit pas être considéréecomme l’équivalent (terme synonymique) de la virtualisation. On pourrait mêmealler plus loin : elle ne doit pas être considérée comme une opération interprétative,

mai plutôt cmme une abence d’pératin là ù l’actualiatin et thériquement pible. Cntrairement à la délétin, qui cnite à pérer a c t i v e m e n t unediparitin cntextuelle de certain trait du émème-ccurrence par rapprt auémème-tpe, la nn-actualiatin apparaît cmme un phénmène p a i f quine dépae pa la limite du p t e n t i e l en tème4. Si l’on suit cette logique,un ème nn-actualié ne erait ni un élément du émème-tpe, puique ce dernier n’et même pa déni et rete ptentiel, ni a fortiori un élément du émème-ccur -rence, mais un trait sémantique seulement possible, dont la pertinence éventuelle,même au niveau du émème-tpe, rete à vérier.

Une remarque ’impe ici au ujet du émème-tpe et de n tatut. Le terme de

é m è m e préuppe une rte d’ a c t u a l i a t i n d e trait, même i,dan le ca du émème-tpe, il ’agit d’une actualiatin tpique, abtraite. Celui-làe dénit à partir de l’anale de pluieur émème-ccurrence umi à l’pératind’abtractin de leur cntituant cmmun pur déterminer une cnguratinémique mdèle. Cette abtractin peut être entendue cmme « virtualiatin » auen prpre, cnitant à remnter du dicur en acte (cmmunicatin prduitedans un ego-hic-nunc unique et préci) au dicur en puiance (qui crrepnd à

4 Cela vudrait dire qu’il n’entre pa dan l’epace du ptentiel de la parle, ne crrepnd àaucune nrme d’uage, mai fait partie d’une cnguratin émique h p t h é t i q u edu lexème, cnguratin qui peut-être ne era jamai réaliée, tut en retant thériquement

 possible.

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15LA VIRTUALISATION CONTExTUELLE DE TRAITS SÉMANTIQUES

de nrme d’uage, au « ptentiel de la parle »). Qui qu’il en it, ulignn-le,il ’agit tujur de la dimenin dicurive. Le émème-tpe n’et pa en effet unlexème, mai il cntitue une cnguratin émique reétant une nrme d’uagedu lexème, c’et-à-dire n état actuel, réel, et nn pa eulement ptentiel (entème). Bien entendu, « rien ne peut être repréenté en langue qui n’ait auparavantété décrit en cntexte. La cmpétence linguitique et une évidence empirique »(Ratier 1987 : 62), et le lexème lui-même réulte d’une rte d’abtractin (« ceque les linguistes appellent la langue n’est qu’une reconstruction abstraite, unmdèle hpthétique », ibid.), mai c’et là une abtractin plu avancée, pluglbale, allant juqu’à l’effacement de n rigine dicurive. Le lexème apparaîtainsi comme une reconstruction des occurrences d’usage devenue passive, alorsque le émème-tpe erait une recntructin retée active, qui ne dépae pa lelimites du discours. Si « ce sont principalement des normes socialisées qui clô-

turent le pibilité uverte par le tème fnctinnel de la langue, cmprile cnventin référentielle » (ibid.), le émème-tpe qui réulte de la mie enœuvre de ce nrme, emble en quelque en une réalité linguitique eentielle,située entre le potentiel de la langue (leique), trop abstrait et trop hypothétique,et l’actuel de l’uage (émème-ccurrence), trp cncret et trp pécique5.

Aini, à la lumière de ce qui a été dit, la différence entre la délétin et la nn-actualisation, dans les acceptions que nous proposons pour ces concepts, devientdè lr relativement facile à aiir.

Le ème n n - a c t u a l i é relève du tème fnctinnel de la langue :il apparaît cmme un cntituant du cntenu émantique d’un lexème et n’exite

qu’à l’état p t e n t i e l e n t è m e . Cela veut dire que n actualia-tin et thériquement pible, mai ne e truve pa cnrmée par de nrmed’uage (la rain de cette nn-cnrmatin retera à expliquer). Par cnéquent,ce tpe de ème n ’ a p p a r a î t p a en cntexte, qu’il ’agie d’un cntextetpique u cncret, c’et-à-dire il ne e manifete aucunement en dicur, nicmme partie d’une cnguratin émique attetée u frme de émème-tpe,ni cmme élément d’un émème-ccurrence. Par exemple, le lexème mariage 

 peut intégrer thériquement le ème /tempraire/ : vu qu’il ’agit là d’une rtede cntrat, ce trait émantique dit être cnidéré cmme tut à fait lgique à côtédu ème alternatif /à vie/. Cependant, dan la plupart de cntexte, ce ème ne

s’actualise pas (bien qu’il reste potentiel), le mariage s’associant normalementà une unin durable, par principe indiciable. Bien entendu, cmme tut traitémantique, il a la capacité de ’actualier dan un émème-ccurrence cncretu frme de ème afférent, mai dan la plupart de ca, il retera « hiberné » entème en tant que ème nn-actualié, purement ptentiel pur mariage, et nesortira pas de son état statique. La non-actualisation, répétons-le, n’est donc pasà cnidérer cmme une pératin interprétative, mai ce terme crrepndrait

 plutôt à l’abence de tute pératin, quique le cnditin de l’actualiatinsoient théoriquement remplies.

5

  Cf . Cuiman (2009 : 83–84) ur la parle ptentielle.

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16 KATARZyNA WoŁoWsKA

Le ème a n n u l é (umi à la délétin cntextuelle) relèverait en revanchede la dimenin dicurive : préent dan le émème-tpe, c’et-à-dire atteté danla plupart de cntexte ù le lexème dnné e truve emplé, il d i p a r a î tdan le émème-ccurrence, mai n abence, du fait que la délétin ’pèrean qu’n rte du cadre dicurif, et une abence « qui brille », une abence

 perue et reconnue comme telle dans l’interprétation. Un eemple typique de cemécanime émantic-dicurif réide dan le parcur trpique dnt le pluemblématique est celui de la métaphore. Ainsi, dans l’énoncé de type  Jean est 

un lion, le ujet interprétant, uivant le prémie cntextuelle, recurra d’unemanière pntanée à l’pératin de délétin pur upprimer, dan le émème-c-currence ‘lin’, entre autre le trait /animal/ (préent dan le émème-tpe), en leremplaçant par le ème /humain/ impé par le cntexte6.

La différence entre la nn-actualiatin et la délétin émique e laierait ex-

 pliquer ainsi, per analogiam, en termes de la distinction entre le p o t e n t i e le n t è m e , qui et purement thérique et ne renvie pa à la pratiquedicurive, et le p t e n t i e l e n d i c u r qui uppe un renvi àl’uage, repréenté par la cnguratin tpique (émème-tpe)7. Aussi bien dansle ca de la nn-actualiatin que dan celui de la délétin, l’effet nal, c’etl’abence d’un trait, mai le façn dnt cette abence ’afrme diffèrent de ma-nière imprtante : i la délétin d’un ème et une rte d’pératin interprétative(annulatin de ce ème dan le émème-ccurrence par rapprt au émème-tpe),la nn-actualiatin cntitue tut au plu un phénmène paif et nn pa unepératin, elle et dnc perceptible eulement au cur d’une réexin appr-

fndie ur la langue cnidérée cmme « une recntructin abtraite, un mdèlehpthétique »8.Le dernier terme qui nu rete à analer, eentiel pur la decriptin de la

virtualiatin émique puiqu’il fait partie de a dénitin, c’et la neutralisation.A cnidérer différente acceptin de ce terme, qu’elle ient curante u pé-cialiée, n en vient à cntater qu’il ’agit là tujur d’une p é r a t i n ,c’et-à-dire d’un prceu a c t i f et c n c i e n t , cnitant à faire dipa-raître quelque che u, du min, à l’affaiblir, à en amrtir l’effet. En fait, c’etcette dernière nuance qui nu paraît particulièrement pertinente dan le cntexte

6 Bien entendu, la délétin ne fait qu’une partie du parcur trpique : elle dit ’accmpa-gner de l’actualiatin d’au min un ème afférent (cf . Rastier 1994). Normalement, dans lamétaphre, la délétin père ur la plupart de ème inhérent, même i, thériquement, ladiparitin d’un eul uft déjà pur réalier le trpe.

7 Ce ptentiel en dicur, n purrait le qualier de r é e l , vu qu’il e truve abtrait à par -tir d’une uite de réaliatin effective du lexème dnné. Cependant, ce terme étant à ntreen trp vague et trp ambigu, nu préférn ditinguer entre le ptentiel en tème (u enlangue), repréenté par le lexème, et le ptentiel en dicur, repréenté par le émème-tpe.

8 on peut meurer i l’interprétatin de certain fait de langue (telle catachrèe u cll-catin qui, vu leur caractère gé vire cléré, e ituent entre le tème de la langue etle dicur), ’appuie ur la délétin de ème u plutôt ur la nn-actualiatin de ceux-cien cntexte. san dute ’agit-il là d’une rte de cntinuum qu’il erait trè intéreant de

tématier à traver de anale d’exemple nuancée.

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17LA VIRTUALISATION CONTExTUELLE DE TRAITS SÉMANTIQUES

de la virtualiatin de trait émantique, vu que la diparitin d’un ème dan leémème-ccurrence (uite à l’pératin interprétative de délétin) ne aurait cr -repndre parfaitement à la prtée émantique du lexème neutralisation, celui-ci

 pouvant désigner une démarche beaucoup moins radicale. Or, comme le termeen quetin rique de paraître trp vague et ambigu dan le cntexte linguitique,nu lui préférern ici celui de suspension qui, à ntre avi, rend mieux l’idéeque nu vuln lui attribuer, celle de neutralier un ème au en d’ a f f a i -

 b l i r n effet u, en adptant – au guré – l’acceptin militaire, de le rendre« i n f f e n i f » en cntexte. Qu’et-ce à dire ? La upenin d’un èmeconsisterait, le plus généralement, en son a n n u l a t i o n p a r t i e l l e , im-

 pliquant une actualisation préalable pour un laps de temps etrêmement court,ufant néanmin pur atteter ce ème en cntexte. Le ème upendu, préentdan le émème-tpe, ’actualie dan le émème-ccurrence dan un premier 

muvement de l’interprétatin qui e fnde ur certaine prémie cntextuelle(p. ex. de nature grammaticale), mai, face à de btacle de nature émantique,frçant à abandnner cette première verin de l’interprétatin et à la rectier de sorte qu’elle devienne contetuellement correcte, il se trouve supprimé dela cnguratin dénitive du émème-ccurrence. Cette upprein ne aurait

 purtant être ttale : étant dnné ce premier intervalle interprétatif ù le èmednné ’et actualié (même i c’et d’une façn perçue enuite cmme errnée),a diparitin dan la verin rectiée de l’interprétatin garde une trace ineffa-çable de a préence. or, cette préence implicite, « virtuelle », du ème upendun’et pa uperue u aléatire, mai elle fait partie intégrante de l’interprétatin,

l’effet de n actualiatin-upenin étant prévu, en quelque rte « prgram-mé ».Le mécanisme de la suspension trouve une illustration claire dans l’interpré-

tatin de certaine gure dicurive, fndée ur l’actualiatin d’une ppi-tin émantique frte, telle que le paradxe u a frme plu cndenée appeléetraditinnellement xmre. Par exemple, dan le célèbre ver de Crneille cette

obscure clarté qui tombe des étoiles, comportant la structure paradoale obscure

clarté , le ème inhérent /nn-clair/, fndamental dan le émème-tpe ‘bcure’,’actualie bel et bien pur un mment avant de diparaître u l’inuence duémème ‘clarté’ qui apprte au cntexte le trait émantique cntraire /clair/. Ce-

 pendant, la diparitin du ème /nn-clair/ n’et que partielle, cntrairement àcelle qui résulte de la délétion sémique dans un parcours métaphorique. Bien quele ème upendu dan la tructure de l’xmre it umi à une virtualiatincntextuelle au ein de la cnguratin dénitive du émème-ccurrence, n« abence » n’et qu’apparente. Il ’agit là plutôt d’une préence marginaliée,mie entre parenthèe, qui, d’un côté, utient dan l’énncé la tenin éman-tique prpre aux paradxe (irréductible à zér quel que ient le effrt inter -

 prétatif engagé), et de l’autre, cntamine légèrement le émème viin ‘clarté’ pur l’aimiler et, par là, faciliter l’interprétatin (clarté discrète, éclipsée). Or cette contamination nous semble résulter d’une sorte de c o n s e n s u s entre

l’actualiatin et la virtualiatin du ème /nn-clair/, cnenu qui paraît en

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18 KATARZyNA WoŁoWsKA

fait cntitutif de ce tpe cmplexe de gure du dicur : d’une part, cmme leème en quetin fait partie de l’ppitin émantique fndatrice de l’xmre,il serait impossible de percevoir ce dernier sans l’actualisation (temporaire) de cetrait ; d’autre part purtant, vu la tendance naturelle de l’eprit humain à dnner une explicatin plauible à tute cntradictin, le ème /nn-clair/ dit e virtua-liser dans l’interprétation. Comme ce procédé ne consiste pas en une annulationdu ème, mai en a n e u t r a l i a t i n p a r t i e l l e (ce qui l’empêchede diparaître an trace), nu cnidérn purtant la upenin émiquecomme un type particulier de l’opération interprétative de virtualisation, mêmei, en fait, il ’agirait là plutôt d’une cmbinain particulière a c t u a l i a -t i o n - v i r t u a l i s a t i o n . Ce qu’il est important de souligner, c’est quecette opération se trouve organisée suivant un ordre logico-temporel de nature

 bien pécique, qui, d’un côté, admet thériquement une ucceivité (étape 1 :

actualisation, étape 2 : virtualisation), mais, de l’autre, la met en cause et basculevers la simultanéité, étant donné que ni l’actualisation, ni la virtualisation ne sontici ttale, mai ’interpénètrent et e cntrebalancent en dicur pur prduirel’effet ecmpté.

4. L : l l

En ce qui cncerne le manifetatin dicurive de la upenin émique,telle qu’elle vient d’être dénie, ce nt ntamment le phénmène baé ur 

de ppitin dicurive frte (paradxe, xmre, cntradictin, etc.) qui,comme nous l’avons signalé, constituent le noyau de cette catégorie. Peut-être purrait-n inclure aui d’autre tpe de « gure », fndée cette fi-ci ur des tensions (oppositions) entre le discours et le contete etralinguistique, tellesque l’ironie situationnelle et l’hypocorisme9, mais cela appellerait des analyses

 plu apprfndie qui dépaent largement le cadre de cette étude. Aini, pur il-lustrer ce type particulier de virtualisation sémique qu’est la suspension sémique,nu nu brnern à l’anale de quelque exemple d’énncé « cntradic-tire », paradxaux, ù, tut cmme dan le ver de Crneille cité ci-deu,l’ppitin émantique, renfrcée dicurivement par la jnctin de élément

ppé au niveau de relatin mrphntaxique, fait btacle à l’interpré-tatin par le fait de garder un équilibre délicat entre, pur le dire aini, l’étatactualié et l’état virtualié de ème pertinent. Cnidérn le cinq exemplesuivants :

(1) Entends ce bruit n qui et cntinu, et qui est le silence (Valéry 2002 : 949).(2) Un affreux soleil noir d’où rayonne la nuit ! (Hugo, cité par Morier 1961 : 829).

9 L’hpcrime et une gure qui, emblablement à l’irnie, renvere le évaluatin, maitujur ver un en pitif. seln Mrier (1981), l’exemple le plu tpique de l’hpc-rime et celui du dicur amureux ù la femme appelle n bien-aimé avec tendree

« bandit » u « vu ».

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19LA VIRTUALISATION CONTExTUELLE DE TRAITS SÉMANTIQUES

(3) N préparatif et le paage de ma vieille tante avaient fait rire aux éclat la flâtre dévte:mai, dè que je me fu emparé d’elle, par une adroite gaucherie, n bra ’enlacèrentmutuellement (Laclos 1960 : 45, Lettre VI).

(4) L’autre etrémité est celle où arrivent les grandes mes, qui, ayant parcouru tout ce queles hommes peuvent savoir, trouvent qu’ils ne savent rien, et se rencontrent en cette mêmeignrance d’ù il étaient parti ; mai c’et une ignorance savante qui e cnnaît (Pascal1995 : 122).

(5) L’horreur d’un accident qu’on découvre sur sa route provient de ce qu’il est de la vitesseimmobile, un cri changé en silence (et nn pa du ilence aprè un cri) (Ccteau 1962 : 12).

Cmme n peut l’berver facilement, il ’agit là de différente ccurrenced’un même mécanime émantic-dicurif que nu avn décrit (cf . Włwka2008) sous le nom du paradoe de langue, catégorie générale englobant noneulement le phénmène déni traditinnellement cmme paradxe, mai aui

tute rte de cntradictin et d’xmre. De la manière la plu générale, ndira qu’il a paradxe i deux cnditin nt remplie : (i) n repère dan unsyntagme (énoncé, segment de tete) deu éléments sémantiques opposés, (ii)ceux-ci entrent dan la relatin de jnctin dicurive à traver de tructureapprpriée bervable au niveau mrphntaxique. Quant à la nature de ceéléments opposés, nous admettons qu’ils appartiennent au niveau micro-séman-tique, c’et-à-dire qu’il nt de ème. En effet, le critère de repérage deppitin émantique au niveau lexical, que celle-ci ient fndée ur l’an-tonymie leicale (e. grand – petit , beau – laid ) ou sur la négation (e. possible – 

impossible, voir – ne pas voir ), ne ufent pa à décrire tute le ccurrence du

 phénmène en quetin : certaine ppitin ne nt perceptible qu’au niveauémique. Pur ce qui et de la jnctin de ème ppé, elle e truve auréedu mment ù le émème cmprtant ce ème (appeln-le A et B) entrentdans une relation syntaique appropriée (de type A est B, X est à la fois A et B, A[qual] B, etc., e. les riches sont pauvres, cet homme est à la fois présent et ab-

 sent , un jeune vieillard ). Pourtant, vu que l’énoncé ainsi construit présente un sensinacceptable au premier cup d’œil, le ujet interprétant cherche pntanément àl’expliquer, à truver une interprétatin « dxale ». Pur le faire, il prcède à uneneutraliatin de l’ppitin émique repérée, en recurant it à une diimi-latin émantique de émème pertinent, it à leur aimilatin cntextuelle,it encre à l’interprétatin trpique (métaphrique, hperblique u irnique)de l’un de ce émème. or, en décrivant ce mécanime de neutraliatin, nuavn cncentré tute ntre attentin ur le phénmène de l’actualiatin, par afférence cntextuelle, de trait émantique upplémentaire (que nu avnappelés  sèmes neutralisateurs)10, en faiant un peu rapidement l’écnmie deème ppé qui, une fi actualiée pur prduire l’effet du paradxe, laient

10 Par eemple, dans l’énoncé Cet homme est à la fois présent et absent , l’opposition séman-tique /être là/ v /n’être pa là/ (trait actualié repectivement dan le émème ‘préent’et ‘abent’) era neutraliée par diimilatin émantique grâce à l’actualiatin de èmeneutraliateur /crprel/ vs /pirituel/. Dè lr, l’énncé ’interprétera d’une manière tut

à fait acceptable (dxale) cmme : Cet homme est présent par son corps, mais son esprit est 

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en quelque rte place aux ème neutraliateur, dnt l’apparitin à la deuxièmeétape de l’interprétatin devient fndamentale pur la cntructin dénitive dusens. Cependant, il importe de voir ce que deviennent alors les constituants mêmede l’ppitin émantique : nt-il tujur repérable dan la cnguratin duémème u bien ubient-il une virtualiatin cntextuelle ? Nu avn déjàrépndu à cette quetin : le ème ppé, actualié à la première étape del’interprétation d’un énoncé paradoal, se trouvent ensuite suspendus, i.e. virtua-lié partiellement, mi entre parenthèe an néanmin diparaître ttalement.Certe, la préence de ème afférent neutraliant (diimilateur, aimilateuru faiant partie d’un parcur trpique) déturne l’attentin du ujet interprétantde la « cntradictin » perçue, en cntribuant aini à une rte d’effacement di-curif (virtualiatin) de l’ppitin émique, purtant, celle-ci garde en mêmetemp n caractère actuel, et c’et jutement grâce à cette upenin que le

 paradxe, même expliqué et « rélu », rete tujur perceptible.Revenons au eemples cités. Dans l’énoncé (1), qui comporte une construc-

tion contradictoire ce bruit […] qui est le silence, le paradxe e fnde ur l’p-  pitin-jnctin établie entre le ème /nre/ vs /nn nre/ appartenantrepectivement aux émème ‘bruit’ et ‘ilence’. Cette ppitin e truve neu-traliée grâce à l’apparitin, dan la cnguratin du émème ‘bruit’, du traitémantique afférent /apparent/ à fnctin neutraliatrice : il ’agit là en effet d’unilence ablu, écraant, qui va juqu’à rénner aux reille, à tel pint qu’ilreemble à un bruit mntne et cntinu. Le réultat de cette afférence, ber -vable au niveau de ème ppitif, c’et la upenin émique qui fnctinne

cmme une rte de cercle vicieux : u l’effet du trait neutraliateur /apparent/,le émème ‘bruit’ emble perdre n ème pertinent /nre/ ; en même temp,le émème ‘ilence’, lui aui, vit n ème /nn nre/ ’effacer partiellementu l’inuence cntextuelle du émème ‘bruit’. s’il et en effet difcile de déci-der lequel de deux ème era umi ici à l’pératin de virtualiatin et lequeldes deu sera gardé pour que l’opposition sémantique disparaisse dans l’interpré-tatin, c’et que, nalement, aucun de ème cntitutif de cette ppitin nee virtualie ttalement, le deux étant laié en upenin, grâce à qui l’pp-itin, fndatrice du paradxe cntenu dan l’énncé, retera tujur actuelle.

L’eemple (2), relevant du discours poétique où le recours au constructions

 paradxale et bien tpique et fréquent, cmprte une ccurrence redublée dumécanisme qui nous intéresse, contenue dans le syntagme soleil noir d’où rayonne

la nuit . L’eplication plausible du sens de ce vers semble ici, de notre point de vue,une question de moindre importance, vu que ce type de tension sémantique est unerte de nrme dan la péie ; ce qui et imprtant en revanche, c’et le fait quecette tenin ’appuie jutement ur le prcédé de upenin émique. Celle-ciimplique le trait /clair/ qui, actualié dan le émème ‘leil’, e truve tut deuite mi en caue par la préence du ème ppé /nn-clair/ du émème ‘nir’

ailleurs. Pur d’autre exemple, illutrant différent prcédé de la neutraliatin de para-

does, cf . Włwka (2008).

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21LA VIRTUALISATION CONTExTUELLE DE TRAITS SÉMANTIQUES

faiant partie du cntexte direct de ‘leil’. La virtualiatin du ème /clair/ ul’effet de ce cntexte n’et purtant pa ttale : l’effet de upenin et renfrcé par l’actualiatin du même trait dan le émème ‘ranne’ (cntexte soleil rayonne).Cette ecnde ccurrence du ème /clair/, qui elle-même ubit une upenincntextuelle, aure aini à ce trait le tatut de ème itpant, ce qui empêche avirtualiatin ttale. Impée de cette manière, la upenin émique cntribueà établir, dan le ntagme analé, un certain équilibre émantique entre deux

 paire de émème cmprtant de ème ppé (‘leil’ et ‘ranne’ vs ‘noir’et ‘nuit’), phénmène uvent uhaité dan le texte pétique.

Dan la équence (3), venant d’un dicur rmaneque, la « cntradictin »apparaît dan le ntagme adroite gaucherie, crrepndant parfaitement à latructure tpique de l’xmre. Le deux émème cmprtent repectivementle ème ppé /habile/ vs /nn-habile/, /pitif/ vs /négatif/, ce qui exige, pur 

atifaire à la célèbre li de nn-cntradictin intuitivement repectée par tututilisateur de la langue, que l’opposition soit neutralisée dans l’interprétation.Pur le faire, le ujet interprétant recurra pntanément au cntexte de la é-quence (aini qu’à la ttalité du cntexte textuel et intertextuel) pur chercher de cnigne permettant d’actualier par afférence de trait émantique à fnc-tin neutraliatrice. L’actualiatin de trait afférent /vrai/ vs /apparent/ repec-tivement dan le émème ‘adrite’ et ‘gaucherie’ uft déjà à btenir l’effet e-cmpté : la prétendue gaucherie du lcuteur n’et qu’apparente, puique feinte, etcntitue en réalité un men adrit d’embraer une femme. Il et quand mêmeintéreant d’établir ce qui e pae, à cette étape de l’interprétatin, avec le

trait ppé dnt l’actualiatin fnde le paradxe. Il erait lgique que, pur annuler la cntradictin, l’un de ème de chaque paire ppitive it virtualié.or cela n’arrive pa, puique l’effet de la tenin émantique prpre à la tructured’xmre ne diparaît pa dan l’interprétatin, bien que la cntradictin itrélue (expliquée) : cela réulte de la upenin du ème inhérent /nn-habile/dan le émème ‘gaucherie’. En fait, la gaucherie du lcuteur, même feinte etfaiant par là fce de uprême habileté, garde de tute façn le prpriété ph-ique d’une véritable gaucherie, ce qui empêche la virtualiatin du ème enquestion et, conséquemment, la neutralisation totale du paradoe. Ce qui est icifndamental, c’et le renverement évaluatif, tpique de ce phénmène dicurif,

impliquant le trait évaluatif /pitif/ vs /négatif/, eux aui frmant une paireppitive pertinente : le ème /négatif/ préent dan le émème-tpe ‘gaucherie’et actualié en dicur à la première étape de l’interprétatin, e virtualie cm-

 plètement, i.e. ubit une délétin, dan le émème-ccurrence pur être enuiteremplacé par le trait afférent /pitif/. Cmme l’interprétatin retient le ème /

 pitif/ du émème ‘adrite’ (ce ème, préent dan le émème-tpe, e truvecntextuellement cnrmé dan le émème-ccurrence), le deux élément dusyntagme adroite gaucherie ’aimilent en dicur au niveau évaluatif, ce quirenfrce l’explicatin dxale de cet xmre.

Le paradoe qui s’observe dans l’eemple (4), présent dans le syntagme igno-

rance savante (avec son contete immédiat qui se connaît ), e fnde ur l’pp-

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22 KATARZyNA WoŁoWsKA

itin entre le ème /nn-avir/ vs /avir/, /négatif/ vs /pitif/ qui fnt partiede la cnguratin de émème-tpe repectif et qui ’actualient aui danle émème-ccurrence à la première étape de l’interprétatin. on et tenté devir ici un parcur interprétatif analgue à celui de l’exemple précédent, c’et-à-dire la upenin du ème /nn-avir/ dan ‘ignrance’ et l’aimilatin detrait évaluatif uite à la virtualiatin du ème /négatif/. Rien de tel ne e pae

 purtant ici : malgré le cntexte, ni le ème /nn-avir/ dan ‘ignrance’, ni /avir/ dan ‘avante’ ne e virtualient (ni même ne e upendent), mai ilretent actuel dan le émème-ccurrence durant tute la phae d’interprétatin(ignorance reste ignorance, même si elle est consciente d’elle-même)11. En re-vanche, un phénmène curieux ’berve au niveau de trait évaluatif : appa-remment, il ’ père une aimilatin cntextuelle de deux émème grâce àla virtualiatin du ème /négatif/ et l’actualiatin du trait /pitif/ dan ‘ign-

rance’ (‘avante’ cmprtant déjà le trait /pitif/ dicurivement validé), maii l’n enviage igneuement la ttalité du cntexte, n verra qu’il ’agit làd’une pératin beaucup plu cmpliquée. En fait, le ème /négatif/ du émème‘ignrance’ ne e virtualie pa ttalement, mai il e truve upendu u l’effetdu émème viin ‘avante’ et du cntexte qui se connaît  ; en même temp, lecntexte immédiat uggère effectivement l’actualiatin du ème ppé /pitif/dan le même émème, mai la ubtitutin de l’un à l’autre ne e réalie pa, etle deux trait, maintenu dan cet équilibre précaire prpre au phénmène dela upenin émique, e diputent la place – ’il et permi d’utilier ici cetteexprein métaphrique - dan la cnguratin du émème-ccurrence.

Dan l’exemple (5) enn, la tructure qui nu intéreera ici ’enferme danles limites du syntagme vitesse immobile, même si le contete immédiat un cri

changé en silence la redouble en quelque sorte : l’opposition cri – silence se laisseinterpréter grâce à une diimilatin temprelle uggérée par le émantime duverbe changer (cri qui devient un ilence), aini qu’à l’actualiatin d’autre traitneutraliant, cmme /tragique/, /déepir/, /intenité/, etc. dan ‘ilence’ (unilence tellement tragique qu’il reemble à un cri). Nu nu cncentrern ur l’analyse du syntagme vitesse immobile qui crrepnd à la tructure claique del’xmre (la tenin émantique et plu frte) : l’ppitin-jnctin émiquecncerne ici le trait inhérent /muvement/ vs /nn-muvement/, /dnamique/

vs /tatique/ actualié repectivement dan le émème ‘vitee’ et ‘immbile’.Le paradxe e laie neutralier ici grâce à la même diimilatin (ntammenttemporelle) que dans le cas du cri changé en silence (l’bjet en vitee /Temp

1/

’immbilie aprè l’accident /Temp2/ et cette immbilité garde le uvenir de la

vitee qui l’a prvquée), an perdre cependant n effet de tenin émantique.

11 Bien entendu, le trait /avir/ aura ici un caractère retrictif, déterminé par l’apparitin duème afférent /autréférentiel/ (le eul avir prpre à cette ignrance et qu’elle e cnnaîtelle-même), cependant, vu que le ème et une unité minimale et a u t n m e du cnte-nu (indépendante de l’actualiatin d’autre trait), il et néceaire d’admettre que /avir/s’actualise bel et bien dans ce contete et reste actuel malgré les restrictions imposées dans

l’interprétatin à traver l’actualiatin de tel u tel ème afférent neutraliant.

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23LA VIRTUALISATION CONTExTUELLE DE TRAITS SÉMANTIQUES

Celle-ci et due, cmme dan le exemple précédent, à la upenin dicurivede ème /muvement/ et /dnamique/ dan la cnguratin du émème ‘vitee’ :leur virtualiatin n’et que partielle, ce qui aure un équilibre dicurif entre leème ppé (et entre le émème qui le cmprtent), tranpable à l’inter -

 prétatin dénitive du ntagme : l’immbilité qui règne aprè un accident gardele souvenir de la vitesse, de son dynamisme, elle est marquée par cette vitessequi l’a précédée et qui l’a prvquée, ce qui augmente n caractère tragique (cf .le contete de la séquence : l’horreur d’un accident qu’on découvre sur sa route

 provient de…).

5. cl

La suspension sémique, telle que nous venons de la décrire12, semble s’ins-crire pertinemment dan la lgique du mécanime (u phénmène) émantic-dicurif appelé tantôt neutralisation, tantôt virtualisation, qui implique des uni-té émantique de caractère bien pécique, à avir le trait virtuel (annulé,neutralié, ptentiel…). Ce trait e ditinguent de ème actualié par le faitqu’il nt abent de la cnguratin dénitive du émème-ccurrence, maileur abence nu emble préenter de nuance et de degré différent. La u-

 penin erait à cnidérer cmme une extrémité de cette échelle calaire impli-cite, comme son pôle situé nettement du côté du discours, et elle se réaliseraitntamment dan le cntexte de gure du dicur fndée ur l’ppitin-

 jnctin de ème pertinent. A la lumière de anale effectuée ci-deu et enimpliant quelque peu le che, nu appellern ce phénmène v i r t u a -

l i s a t i o n p a r t i e l l e , puique le ème upendu ne diparaient pattalement du émème-ccurrence à l’ultime étape de l’interprétatin, mai ilgardent une trace eplicite de leur actualisation préalable. Cette actualisation,cntetable à caue de la « cntradictin émantique » qu’elle ucite, e truvemie en caue dan l’interprétatin (jugée inatifaiante tant que la cntradictinrete an explicatin plauible), ce qui mène à la recherche de men pur 

 prcéder à une neutraliatin cntextuelle de l’ppitin perçue. Purtant, lerecur même à une tructure paradxale admet par principe l’impibilité d’une

neutraliatin ttale de l’ppitin impliquée, ce qui cnduit à établir un certainéquilibre dicurif, certe délicat et précaire mai en même temp cntitutif decette gure, entre actualiatin et virtualiatin de trait émantique ppé.

san dute, erait-il intructif de dévelpper ici le prblème bien cmplexe ducadre temprel de l’interprétatin, c’et-à-dire la quetin de relatin lgiquede u c c e i v i t é (antéririté et ptéririté) et/u de i m u l t a n é i t éobservables dans la réalisation des opérations interprétatives d’actualisation et

12 Nu mme parfaitement cnciente du fait que la decriptin de la upenin émique préentée ici n’et ni ufamment tématique, ni exhautive : la recherche, fndée plu

largement ur de crpu diveriée, et tujur à cntinuer.

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24 KATARZyNA WoŁoWsKA

de virtualiatin. En fait, dan le ca de la nn-actualiatin d’un ème, ù iln’y a pas d’actualisation par principe, on ne peut pas parler d’une véritable vir-tualiatin, même i le ème nn-actualié peut être à la limite appelé virtuel (àcondition qu’on précise l’acception du terme virtuel relativement à ce cntexte

 particulier). Par cnéquent, la nn-actualiatin, phénmène à caractère artefac-tuel, apparaît cmme indépendante de la tempralité prpre aui bien à l’actede l’énnciatin qu’à celui de l’interprétatin. En revanche, la délétin émique,que l’on peut considérer comme une réalisation prototypique de la virtualisation,’incrit néceairement dan la dimenin temprelle du parcur interprétatif :le ème cncerné e perçit tut d’abrd cmme faiant partie du émème-tpe(étape 1) pur être enuite umi à une délétin cntextuelle dan la cngu-ratin dénitive du émème-ccurrence (étape 2). Le parcur interprétatif ecmplique encre davantage dan le ca de la upenin d’un ème : celui-ci, re-

cnnu cmme préent dan le émème-tpe (étape 1) ’actualie bel et bien danle émème-ccurrence (étape 2), mai, vu n incmpatibilité avec le cntexte,il dit ubir une neutraliatin (étape 3), ce qui crrepnd à a virtualiatin

 partielle. Cependant, cmme nu l’avn déjà remarqué pluieur fi, n ne peut pa parler ici d’une véritable uccein de « étape » mentinnée, mai deleur interrelatin imultanée, perceptible d’une manière glbale dan l’interpréta-tin, grâce à qui il ’établit cette rte d’équilibre pécique entre l’actualiatinet la virtualiatin du même ème en dicur, que nu appeln upeninsémique. Quoi qu’il en soit, la question des relations (logico-)temporelles entrele pératin dicurive d’actualiatin et de virtualiatin dan différent tpe

de parcur interprétatif mérite, à ntre avi, un dévelppement beaucup plusystématique, dépassant de loin le cadre du présent article.Tut cmpte fait, il emble que, de tri phénmène mentinné (nn-ac-

tualisation, délétion, suspension), c’est la non-actualisation qui s’éloigne le plusnettement de l’idée de la virtualisation-type, puisque logiquement, pour être vir-tualié, un ème devrait avir été actualié, inn dan le émème-ccurrence,du min dan le émème-tpe qui reète la nrme de l’uage. Il et purtantincontestable que la non-actualisation se laisse observer dans les rapports entrele tème de la langue et n uage dicurif, même i elle cntitue un évidentartefact de la linguitique thérique. Le deux autre pératin interprétative,

délétion et suspension sémiques, sont largement attestés dans la pratique discur-sive et nous semblent susceptibles d’être considérées comme deu types distinctsde virtualisation, même si l’inclusion de la suspension sémique dans cette caté-grie appelle quelque réerve. En fait, n a bien vu que la upenin impliquel’actualiatin d’un ème au même titre que a virtualiatin ; purtant, c’et cettedernière pératin qui apparaît cmme upplémentaire, marquée, l’actualiatinétant à cnidérer cmme une prcédure interprétative « nrmale ». Cmme laupenin elle aui cntitue un prcédé pécique, vire phitiqué, et qu’ellefnctinne cmme un ca de gure - certe extrême mai à ntre avi évident - du

 phénmène de la « diparitin » (u effacement), de certain élément du en en

cntexte, nu l’acin à la virtualiatin plutôt qu’à l’actualiatin émique,

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25LA VIRTUALISATION CONTExTUELLE DE TRAITS SÉMANTIQUES

même i n caractère cmplexe exigerait peut-être de l’inclure dan la catégriede mécanime émantic-dicurif d’un niveau upérieur. Cette quetin, ainique beaucup d’autre relative à l’éventuelle tplgie de réaliatin particu-lière d’une neutraliatin émique, nt un caractère uvert et retent à dicuter.

Bbl

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ab d k wd

The article outlines issues related to virtualization, a semantic interpretation operation, and pro- pe t ditinguih three tpe f related phenmena: cmplete lack f actualizatin f emantictrait, their cntextual annulatin and their upenin. Thee phenmena are analzed frm the per -pective f a tangible cnguratin f emantic trait in a given cntext (ememe-ue), with regardt ememe-tpe determined b dicurive nrm and/r temic meaning f lexical unit. Mtanale pertained t the phenmenn f eme upenin in cntext, characteritic particularl f dicurive gure baed n emantic ppitin relatinhip. supenin cnit f the partial virtu-alizatin (neutralizatin) f eme, thank t which eme are nt annulled n an interpretatin level,depite their incmpatibilit with the cntext. A a reult f the peratin dicurive phenmena take place, implicating an internal semantic strain, and even contradictions, such as paradoes or oymora.

Textual emantic; interpretatin; virtualizatin; actualizatin; deletin; upenin; paradx

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ÉTUDES ROMANES DE BRNO32, 2011, 2

JOACHIM DUPUIS

au-DeLÀ Du miroir.virtueL et actueL en sémantique

Depui a naiance avec sauure, la émantique, qui cherche à e pener cmme cience, a un certain rapprt à la patialité. De l’idée de la langue cmmeéchiquier des possibles du signe juqu’à l’explratin actuelle du émème u ladécouverte d’un espace sémantique en polysémie, on retrouve l’idée d’un espace« actuel » ù eraient dnnée le ignicatin de la langue, au pint qu’il erait

  pible d’ ditinguer de dmaine, de régin, de taxème, une véritable

 géographie du sens.si l’n e place un peu en retrait, n cntate cependant un duble prblème

concernant cette conception de la spatialité. D’abord, on remarque un hiatusconcernant l’objet même de la émantique : ’agit-il de pener le émème ou

’agit-il de pener la plémie ? Qu’il ait deux grande directin de la éman-tique, est-ce l’indice qu’il y a plusieurs régions du sens incompatibles, ou plutôtun prblème de patialité ? Enuite, n peut nter un autre prblème cncernantla place de la émantique vi-à-vi de autre dicipline de la linguitique maiaui au ein du avir lui-même. Cela apparaît évident i l’n meure l’ambiva-lence que la émantique a enver le cience cgnitive : ’agit-il de faire cr -repndre la repréentatin à un prceu mental (mblique) u ’agit-il dene pa limiter le en à la phère de la repréentatin ? Qu’il ait une incertitudecncernant ce cience et révélateur d’une difculté qu’épruve la émantiqueà se penser dans ses fondements, dnc à dénir  sa place dans l’ordre des savoirs.

L’enjeu de cet article et de mntrer que ce prblème ne nt pa intrinsèques au dévelppement de la dicipline mai à n hitire. En aant mi de côté unélément eentiel dan la cmpréhenin de la patialité, à avir l’idée de virtuel,le chercheur, qui nt fait de la émantique ce qu’elle et, nt néceairementengendré de faux débat.

Certe n dira que la virtualiatin exite déjà dan la émantique, mai ellen’et pa clairement dénie : elle repe en effet ur une cnfuin avec la ntinde pible ; elle n’a dnc rien à vir avec le virtuel . Gilles Deleuze et FéliGuattari1 nt purtant, dan le année 1970, uvert la linguitique à la quetin

1 DELEUZE, Gille; GUATTARI, Féli. Mille plateaux. Paris: Editions de Minuit, 1980, p. 95

à 139.

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28 JOACHIM DUPUIS

du virtuel, dan leur livre « Mille Plateaux ». La teneur cmplexe et la perpec-tive ntlgique de leur livre nt an dute fait reculer le émanticien qui ’nt frtté. Dan le année 1990, le mathématicien Gille Châtelet2 a renouveléntre manière de pener le « phic-mathématique » (avec le virtuel et la ntinde gete) et a uvert une vie qui purrait atifaire aujurd’hui l’âme cienti-que du émanticien. Mai tant que la cnceptin de l’actualiatin du en nesera pas reprise, la sémantique achoppera sur la question même du lieu d’où elledoit le penser et d’où elle doit se pener. Elle retera prinnière de son image,

comme Narcisse.  Nu prpn dnc d’abrd de pinter le difculté du émanticien à

 penser le virtuel ; pui nu verrn dan le travaux de émanticien actuel cequi emble aller ver ce nuveau « lieu » (virtuel) de la cience et permettrait derésoudre le premier prblème ; enn nu terminern par une rte de mie en

 perspective du lieu même où la sémantique se rééchit comme discipline, pour  proposer une solution au second  prblème.

1. L l d l’

Voici pour commencer une image d’Epinal, ou un dialogue imaginaire.

sauure devant l’échiquier de la « langue » en train de cnidérer le multiplevaleur pible qu’un igne peut prendre en fnctin d’un autre. on l’entend

tenir une érie de prp à n interlcuteur, un élève an dute.

Saussure parle : — « La valeur repective de pièce dépend de leur pitin ur l’échiquier, de

même que dans la langue chaque terme a sa valeur par son opposition avec tousle autre terme »3.

 

Son interlocuteur lui répond :  — D’accord, l’échiquier, c’est le territoire, c’est le lieu… Monsieur aurait

donc pensé un lieu pur la langue. C’et fantatique, ui vraiment ! Vu ne faite

 pa cmme le grammairien d’autrefi, vu ne vu cntentez pa d’étudier l’histoire de la langue ! Mais cette image de l’échiquier n’est-elle pas approima-tive, en partie fausse?

sauure de répndre (aprè un mment de réexin):

2 Cf. CHâTELET, Gilles. Les Enjeux du mobile. Paris: seuil, 1993, p. 129–137. Mai urtut,n renverra à « La gémétrie rmantique cmme nuvelle pratique intuitive », in Le Nombre,

une hydre à n visages. Entre nombres complexes et vecteurs. Paris: Editions de la maison descience de l’hmme, 1997, p. 151–154.

3 SAUSSURE, Ferdinand de. Cours de linguistique générale. Paris: Payot, 1967. Toutes les

autres citations sont tirées de ce livre.

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29AU-DELÀ DU MIROIR. VIRTUEL ET ACTUEL EN SÉMANTIQUE

  — oui, mai je vulai dire que « langue et écriture nt deux tèmeditinct ; l’unique rain d’être du ecnd, c’et de repréenter le premier ». La 

langue ne peut donc qu’échapper à l’écriture. « C’et cmme i l’n crait que, pur cnnaître quelqu’un, il vaut mieux regarder a phtgraphie que n viage ».  Bien sûr il s’agit ici d’écriture aussi bien matérielle que psychique. Mais il n’endemeure pa min que c’et l’écriture qui permet à l’eprit de e « repréenter »un mt, un « n ». La langue « et un tème dnt tute le partie peuvent etdivent être cnidérée dan leur lidarité nchrnique ». La langue et penéedans son ici et maintenant. 

L’interlocuteur dit : — Trè bien, mai…

Interrompons ce dialogue imaginaire qui est sans doute aussi éloigné de laréalité que le « Cur » de sauure le nt de la parle « en acte » de sauure.

De fait, ce lng chapelet de dénitin de la langue (qu’n attribue à sauure)n’a d’autre but ici que de laisser entendre que la langue est avant tout quelqueche qui e « cnçit » cmme un « tut actualié » et u l’hrizn duqueltute le cmpante de valeur ’articulent ; même i, dan le fait, nun’appréhendons ce tout que par  prols, puisqu’en considérant certaines valeursnu exclun le autre. Dénir la langue cmme une rte de tème, c’etdnc en faire un territire ni actuel. sauure a dnc uvert le geste inaugural dela émantique par la délimitatin d’un territire de valeur aignée à la langue

et où, à la limite, elles sont toutes repérables, en droit. Le temps lui-même estenfermé dan un repère de crdnnée cartéienne et et pené cmme unezone ou un certain espace circonscrit. Aussi pourrait-on dire que cette image de

 penée a hanté la penée de sauure dè le début, avant même qu’il ne e plngedans l’étude de la Langue. Lorsqu’il pense, quelque temps avant de prononcer sesfameux cur, l’anagramme de certain ver4 et le jeu cmbinatire qui leur etlié (entre un premier ver et un ecnd), c’et déjà le mécanime d’une variation

des différences qui et à l’œuvre. C’et ce même gete que n’aurnt de cee derépéter le émanticien à a uite juqu’à aujurd’hui. Un gete fermé à tutevirtualité, et qui e cmplaît dan la « cmbinatire » : claer, faire de tableaux,

opérer des discriminations, des changements de signes, de valeurs.En fait ce gete, c’et celui du pitivite, de l’eprit pitivite de la n du19e iècle. on le retruve dan la manière de penée de l’hmme de la rue àcette épque. Cmme le uggère Bergn, cntemprain de sauure, qui aimeà prendre de exemple faiant intervenir l’hmme de la rue, la langue et vue

 par celui-ci cmme une rte de grand tirir cmpé de « mt » utile, dnt ile ert quand il en a bein. Quand il ’agit pur lui de truver le « bn mt », ilimagine qu’il père un chix entre un nmbre pible de mt qu’il aurait « en

4 Cf. STAROBINSKI, Jean. Les mots sous les mots . Paris: NRF, 1971. Ce beau livre mériterait

 plu que la imple alluin que nu en fain.

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magain », cmme n dit. Il pae en revue la érie de mt pible et le metde côté s’ils ne conviennent pas. Il peut arriver aussi que le mot ne lui vienne pasimmédiatement mais qu’il est là ur « le but de la langue » (entendu cette fi ausens de l’organe), et l’homme de la rue essayera de le retrouver par un ensemblede cmbinain de n, cmme i n cherchait à déterminer la place du mtur « la carte de n eprit ». Le ignicatin prche qu’il truvera en premier renfrcernt l’imprein qu’il tuche au but : tut cela era pené cmme unesorte d’entrée sur la bonne zone de l’esprit, le bon territoire.

Dan a différence avec le émanticien, l’hmme de la rue et un hmme « pra-tique » qui a bein du mt, du langage pur e « affaire », il ne veut pa cni-dérer le « tut de la langue » idéalement , cmme un tème. Mai entre l’échi-quier et ce jeu de cmbinain, il n’ a au fnd guère de différence. L’idée depatialité et tujur là et n retruve l’idée d’une cmbinain de pible.

Cette conception de la Langue qui abolit le hasard dans un présent, on la retrouve preque au même mment ailleur chez Mallarmé dan e pème u la frmede l’idée d’un Livre qui contient tout.

On voit donc que cette image de l’échiquier est bien plus qu’une image d’Épi-nal, bien plu qu’une ctin. Elle emble dminer tute la n du 19e iècle. Maiil se pourrait bien que ce geste, la sémantique ne l’ait toujours pas quitté, qu’elleit encre upendue à cette idée de « ttalité actuelle » de igne, de valeur.

On le voit d’abord chez les structuralistes des années 1960. L’image de l’échi-quier revient encore sous la plume de Lévi-Strauss5 au tout début de son « His-tire de Lnx » cmme « un éclairciement et une excue ». Lévi-strau cherche

dan ce livre une iue à la patialiatin évidente de l’échiquier, c’et-à-dire unrefu de cette image de penée. Lévi-strau e mntre attentif aux tranfrma-tin « ingulière » de mthe, de exceptin qui le régient, à la patine plutôtqu’à la régularité, alr qu’au début de e recherche il ne viait que le « inva-riant », dnc une régularité en laiant échapper la ingularité. Cet aprè-truc-turalime que défend Lévi-strau fait du tème de la Langue une tructure à 

n variatin plutôt qu’à n tranfrmatin. C’et aini que Lévi-strau délaiela thérie de grupe cmme mdèle mathématique du mthe pur appréhender un mdèle de briclage, cmme le uggèrent le recherche émitique de Flchsur les identités visuelles.

Ce gete de la émantique revient aui avec le dévelppement du ème par Bernard Pttier pui du émème. Certe n ne parle plu d’échiquier dan cemdèle, mai il n’en demeure pa min que cette cupe dan la tructure duigne rete liée à une cnceptin de trait émantique, qui uppe une réserve

de sens que l’n peut tenir cmme « dipnible ». on retruve ici l’idée d’unen actuel de la Langue : eul le trait émique qui nt « préent » nt

 pertinent. Rete que cette cnceptin va être dénie en taxème, dmaine, enchamp émantique, qu’n peut vir cmme une façn de tématier le lienentre le ème plutôt que cmme une manière de le cngurer et de mntrer 

5

Cf. LÉVI-STRAUSS, Claude. Avant-propos. In Histoire de Lynx. Paris: Pocket, 1991.

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la dnamique qu’elle intaure. Aujurd’hui, Françi Ratier 6 dénit dan « laémantique interprétative » la virtualiatin d’un ème cmme a « neutralia-tin, en cntexte » qu’il ppe à « l’actualiatin » qui permet d’identier ude cntruire un ème en cntexte. on a dnc tujur cette même image de la

 penée qui revient, lancinante, c’et cmme une rte de fantôme qui hante leeprit, cette même « préence » qui habitait le igne « vit » maintenant dan leémème : la virtualiatin n’et que la nn-mie en œuvre de l’actualiatin, lasuspension de son usage.

Tut cet héritage qui vient de sauure u de auurien et au-delà du piti-vime trimphant de la n du XIXe iècle emble avir déni un cadre ur lequella émantique d’aujurd’hui ’appuie encre cmme ur une béquille. Peut-êtrede peur de tmber. La émantique et « gre » d’une cnceptin cientite

qu’elle n’a pas interrogée, car elle la présuppose. C’est ce même positivismequi et d’ailleur à l’œuvre dan le cience et d’une manière générale dann habitude de penée. Nu nu vuln « cartéien », en ntre iècle, enubliant que Decarte lui-même n’aurait jamai admi un tel pitivime (anmétaphique), cmme le uggèrent le preuve de l’exitence de Dieu dan le« Méditatin métaphique ».

Le dévelppement de la plémie qui ’attache à cmprendre cmment unmême lexème peut préenter de ignicatin apparemment frt différente vaamplier la difculté, puiqu’il ’agit maintenant de cmprendre cmment lalangue peut ciller ver la multitude de ignicatin pur un même lexème

sans que ce soit seulement un accident de la langue.

2. L l d l’œ 

Trè récemment, nu avn nté cependant certaine avancée en émantiquedans le travail de C. Cusimano7, qui dans la continuité de Tutescu8, a ouvert lavie à une rélutin de l’écart entre l’apprche du émème et l’apprche plé-mique, en paant – même i le mt n’et jamai prnncé – par une cnceptin

 prfnde du virtuel. Rmpant avec l’image de l’échiquier, trp évidente, il pr-

 pe une autre image : l’image de l’œuf.C. Cuiman prpe de ne pa identier le ignié d’un igne linguitiqueavec le émème d’un lexème, car il cnidère que le émème et eulement le« nau du ignié » et ptule l’exitence de « TsA » u « trait émique d’ap-

 plicatin ». Le TsA nt « de infrmatin précntruite en vue de l’empli »,

6 Cf. RASTIER, Franois. Sémantique interprétative. Pari: P.U.F., 1987 ; chapitre 2, ntam-ment.

7 Cf. CUSIMANO, Christophe. La Polysémie, Essai de sémantique générale. Paris: L’Harmat-tan, 2008.

8

Cf. TUTESCU, Mariana. Précis de sémantique française. Paris: Klincksieck, 1975.

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de « rte de culir préexitant à la parle, dan le ignié de différentlexème ». si le cntexte ne décide rien, en dénitive, c’et parce que de « cu-lir » préexitent, le TsA. Il fnt partie du ignié. Plutôt qu’un échiquier, n adnc bien une rte d’œuf à pluieur cuche. Ce mdèle et directement inpiréde la penée de la phique atmique. La ctin de l’échiquier ne permet pa de

 pener le « décupe du virtuel » prpre à la langue, la matière émantique n’atujur été vue que ur le plan mndain (cmme l’image de pièce d’un échi-quier le fait cmprendre clairement puiqu’il a tujur à faire le tri de p -ible de valeur de la langue). Il faut « plnger » au cntraire dan la « matièreémantique » pur la aiir, et pur cela il faut emprunter le palier phic-ma-thématiques. C. Cusimano établit donc que les couches du signe sont comme lescuche d’un « œuf » : elle ne sont donc pas toutes au même niveau, il y a une

 part « actuelle » et une part « virtuelle » qui fnctinnent enemble de manière à

cntituer une rte de « Milieu ». Le « différence » du igne nt bien plu pr-fnde que de « ppitin », elle relèvent d’une cnceptin différentielle quimet en jeu du virtuel (ce que Leibniz appelle de Mnade).

on purrait dire à l’intar de Gille Châtelet que C. Cuiman pene une « expé-rience de penée ». Il ’agit de pener de cuche de matière linguitique. L’bjetlinguitique, et c’et là une idée trè prfnde, ne cnidère dnc plu l’bjet delinguistique au même niveau que notre perception des choses : la langue n’est

 plus composée d’outils, de signes…dont on se sert . Rompre avec l’image d’Epi-nal de l’échiquier qui hante la émantique depui e rigine et dnc bénéque.Il s’agit peut-être d’articuler une genèse de la langue au structuralisme.

si C. Cuiman emble autant « lier » la parle et la langue, dan a thérie c’etaussi pour souligner qu’elles ont un substrat virtuel qui leur est commun. C’estque l’actualiatin d’un TsA ne revient pa à la langue ni à la parle (cntexte),comme si elle était une sorte d’activation de l’individu qui parle ou du linguis-tique qui établit l’exitence de la Langue ; mai plutôt il a an cee actualia-tion et virtualisation, qui sont comme deu lignes qui ne vont pas dans le mêmeen mai qui « cntituent » le fnctinnement réel du langage.

Il a néceairement à ptuler que ce culir de TsA ne nt pa activéeulement par en ba, car n en reviendrait alr à l’idée de l’échiquier ù leignicatin nt là « u la main » (« zuhanden » cmme dit Heidegger). En fait,

n n’et jamai eulement dan le mt, dan la repréentatin, cmme tute latraditin auurienne de la émantique veut bien nu le faire pener. Mai il ne’agit pa nn plu de dire qu’il eraient activé par « enchantement ». De fait, il a bien une « cae vide », cmme le tructuralite l’nt vu, en mettant l’accentur la dimenin différentielle de la langue, mai elle n’et pa dan le nau, nidan le ignié, mai dan l’insignié. La cae vide, c’et le « virtuel », mai unvirtuel détaché des possibles et des éléments actualisés, puisqu’il les accompagne.L’actuel n’eiste que parce qu’un brouillard d’images virtuelles l’accompagne9.

9 Cf. LÉVY, Pierre. Qu’est-ce que le virtuel ? Paris: Editions de la découverte, 1998. Lire éga-

lement DELEUZE, Gilles. L’actuel et le virtuel. In Dialogues, 1996 ; cndené tardif de la

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33AU-DELÀ DU MIROIR. VIRTUEL ET ACTUEL EN SÉMANTIQUE

  Nous ne sommes pas seulement  dans des mots, ou dans des représentationsd’images actuelles de la langue, nous ne sommes pas seulement dans le virtuel,nu mme entre deux dimenin, « au milieu » ; mai la ciété nu pueà cinder le milieu, à ne plu vir que la part du jeu, de cmbinain, u la partfrmelle an la matière prfnde qui l’anime. Nu ne mme pa eulement àcheval sur deu dimensions, la langue et la parole, nous sommes pris entre deuniveau de réalité : l’actuel et le virtuel.

On voit que pour comprendre l’émergence du sens, la sémantique doit moins’attacher à l’écart entre la langue et la parle, et plutôt cnidérer la duble partactualiée et virtuelle de la langue et de la parle. or aujurd’hui, elle ’empreede décmper la genèe du en entre une part réalisée (dictionnaires) et une part actuelle prprement dite (parle), en ubliant la part virtuelle : ce qui nale-ment fait de a cntructin « un bjet » car l’épistémologie ne veut rien entendre

du virtuel aujourd’hui. Si tout est actuel, on ne peut pas epliquer la venue duen. La cae vide n’et pa la place manquante qui fait circuler le en, ce n’et

 pa un échangeur d’autrute, c’et un circuit qui ’père entre deux dimenin« cexitante ». Cette cae « vide » (virtuelle) n’et plu placée ur l’échiquier lui-même, comme un couloir de dérivation, selon des chemins préétablis, ou en-visageables, mais comme une sorte de coulisse qui rend possible le thétre de lalangue et de la parle. La langue n’et tujur qu’un certain arrachement d’unux indéterminé et aui a egmentariatin (u n intitutinnaliatin). La

 parle, quant à elle, peut parfi rmpre avec cet échiquier de mt (part actuelleinstitutionnalisée) pour retrouver un seuil d’indétermination, l’individu devra

dnc plnger dan une autre dimenin ; mai elle devra néceairement « rede-cendre » en emprtant avec elle un morceau de virtuel qui s’actualisera alors.L’œuf de C. Cuiman fait pener au Co de Deleuze qui a dévelppé une

conception ontologique de la pragmatique, d’où va dépendre toute la linguis-tique, que Deleuze juge jutement trp dépendante de l’intitutin, de la langue,d’un partage qui rend impible tute penée de la genèe. Le chix de la prag-matique par Deleuze ’expliquait an dute à caue de la dimenin plitique etsociale (tout le travail de Labov). La langue mineure qu’il préconise sera cellequi e jue dan un rapprt de frce avec la langue intitutinnaliée. Deleuzeenvisageait ainsi la logique du sens via une approche du virtuel qui rompt avec

l’idée d’une conception actualisée du sens. Si le sens doit se faire, il n’et pa déjà prêt à l’empli, u du min pa eulement. si tut était déjà intitué, parler eraitcmbiner, électinner parmi le en déjà dnné dan la langue, mai il n’en va

 jamai aini puique jutement la langue « buge » an cee et que l’n ne part pas du dictionnaire, on est d’emblée dans l’usage et qu’on ne se représente pasles mots quand on parle.

Aini i la genèe du en permet de dépaer la imple tructure de la langue,nu puvn mieux appréhender le en grâce à la décuverte de cette dimen-

 pensée de Deleuze sur son approche du virtuel. Il y est question de la notion de circuit comme

échange d’une image actuelle avec une image virtuelle.

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in qui ne nu a jamai quittée, le virtuel, mai dnt nu ne upçnnin pas l’eistence, empêtrés comme nous le sommes dans le positivisme. Mais laémantique et aui empêtrée dan un autre prblème. Elle ne ait cmment e

 placer dans l’échiquier des disciplines, ou précisément en voulant déterminer sa place en rapprt avec le cience cgnitive, à la mde aujurd’hui, elle ’in-trumentalie : là aui prendre en cmpte le « virtuel» erait une manière pur ellede mieu se comprendre.

3. L « -l » d l

La émantique emble truver aujurd’hui une certaine facinatin  pour lesmdèle de cience cgnitive, qui emblent puvir légitimer e ambitin

cientique. Le décuverte récente de Fuch et Victrri ur un « epace é-mantique » baé ur un mdèle infrmatique en nt an dute rendu l’attraitencre plu frt. Purtant, il nu emble que cet attrait et eulement un aveugle-ment de émanticien apirant à être recnnu cmme de cientique.

 Le modèle cognitiviste – Récemment, Francisco J. Varela10 a produit une re-marquable « vue en coupe de l’état actuel des sciences et des technologies dela cgnitin » ditinguant tri apprche différente : l’rientatin mblique ;l’émergence (cmme alternative à l’apprche mblique) et l’enactin. Cni-dérn le deux dernière apprche.

Retenn, de la ecnde apprche – le cnnexinnime – dévelppée par R-

enblatt en 1958, qu’elle vie à remettre en quetin le primat lgique du cgni-tivime pur jutement éviter ce clivage frme /en qui avait été au départ desciences cognitives. Elle privilégie une conception de l’auto-organisation dérivéede la physique et des mathématiques non linéaires qui ne passe plus par des sym-

 ble u de règle, mai par « des constituants simples qui peuvent dynamique-

ment être reliés les uns aux autres de manière très dense ». Autrement dit, le enn’et plu enfermé dan le mble, il et fnctin de l’état glbal du tème.Mais cette approche est incapable de rendre compte de la discordance entre la

 perfrmance du tème et a cmpétence, entre le niveau mblique qui infèreet une autre part liée à a mie en œuvre au niveau ub-mblique.

La triième apprche tente de remédier à ce prblème et dépae le cgni -tivime et le cnnexinnime, en retruvant le en cmmun. Mai là encre,il a prblème. Varela qui en et le principal théricien emble e réclamer de

 penseurs qui ont remis en question la représentation. Pour epliciter son propos,il reprend l’eemple de l’échiquier du conneionnisme qui divise l’espace cogni-tif en dmaine, et nn plu en igne. A ce mdèle, Varela ppe le mdèlecritallin. Aucun mt, dan cette perpective, n’aura de frntière dénie, tracéeà l’avance. C’et une idée prfnde qui prpe l’idée d’un continuum du sens,

10 VARELA, Francisco J. Invitation aux sciences cognitives. Paris: Points, 1996. Voir aussi le

livre de RASTIER Franois. Sémantique et recherches cognitives. Paris: P.U.F., 2002.

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35AU-DELÀ DU MIROIR. VIRTUEL ET ACTUEL EN SÉMANTIQUE

avant même tout découpage social. Pour Varela nous sommes immergés dansle mnde et dan le « en cmmun », et c’et purqui il y a du sens. « La per-

ception est un processus actif dans la production d’hypothèses et non le simple

miroir d’un environnement actif ».Varela met en eergue l’importance de l’ins-cription corporelle, mais il en donne une lecture encore trop phénoménologique.En restant au niveau de la perception, sans se rendre compte qu’il ne change pasfndamentalement le dnnée du prblème qui nu intéree. Il emble ne pamettre en avant assez dans sa logique émergente la portée du virtuel qui, commele uggèrent le tème dnamique dan le thérie du Cha (Priggine)11,ne e prpe pa un imple écart entre tème intérieur et un tème extérieur (mdèle tructurel), mai bien la pibilité de pener le différentiel de tème.En ramenant ce mdèle du cuplage ur le mdèle de machine aut-pïétique(comme le vivant), Varela ne tient pas compte non plus de ses liens avec le monde

technique, social, politique, si bien que cette machine ne détermine qu’une « ins-criptin crprelle », alr que ce nt le incriptin multiple du crp cial,capitalime et de puvir, qui dénient le interactin prfnde du tème.Varela en rete à une apprche encre trp autcentrée ur la machine du vivantet trop structurelle.

D - d l

Ici le pint xe mennie le pôle, autur d’un zér, qui le rdnne à lui :tut et quantiable, à partir de là, le zér n’uvre pa ici un plan cmplexe, maiau cntraire le renfrce. En nu plaçant au pint zér rienté ver l’hrizn d’un

 pint xe cmme celui de cience cgnitive, nu nu cnfrmn à lui, etcmme le cience cgnitive quantient, le pôle e turnent ver la quanti -

11 Cf. ROQUE, Tatiana; FRANCESCHELLI, sara; PATY, Michel. Chaos et systèmes

dynamiques. Eléments pour une épistémologie des systèmes dynamiques. Paris: Hermann,

2007. Lire également, PRIGOGINE, Ilya. Les Lois du chaos. Paris: Flammarion, 1993.

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catin (le pint A et B nt déjà ur une ligne qui quantie, en patialiantle en (A u A – u B u B-). En ce en aui par le cience cgnitive, leppitin frmelle de dicipline ’etmpent, puique chaque pôle va uivreune même norme.

Le chéma qui auraient de èche dan l’autre en erait une balance quipère un vrai dééquilibre qui n’pperait plu émantique et pragmatique, maimontrerait le circuit virtuel auquel chacune d’elles est attachée.

  Diagramme d’Argand – C’et purqui nu prpn de partir plutôt deGilles Chtelet, qui a développé une pensée physico-mathématique pour penser le « paradigme phicmathématique de la émantique » dan n rapprt auxautres disciplines. Il nous semble tout d’abord que l’on ne devrait pas concevoir la sémantique seule mais en balance avec la pragmatique.

On pourrait imaginer 12 une balance entre ces deu pôles de la linguistique,l’une turnée ver la langue l’autre ver la parle. Ce deux pôle nt en faitaujurd’hui « en mirir » : l’un exprime la manière dnt e cmprend la pragma-tique, et l’autre dnt e cmprend la émantique à l’intérieur de la linguitique.Ce que nous voulons mettre en avant par cette image de la balance, c’est que cesdeux dicipline e penent aujurd’hui relativement aux cience cgnitive, quieraient leur pint xe. Pur l’une cmme pur l’autre, ce nt la mathématia -tin u l’infrmatiatin qui emblent puvir jutier le fait qu’elle e récla-ment d’une démarche cgnitivite et qu’elle nt nalement min en ppi-tion qu’en miroir. L’idéal de la sémantique et de la pragmatique, ce serait donc

de pener un mdèle cbernétique de la langue ou de la parole qui seront doncévaluées, mesurées dan une penée « calculatire » – qui n’et plu le impletriage du en du tème auurien.

on peut tracer cette balance et la faire fnctinner cmme un « diagramme ».Un diagramme, dans l’esprit de Gilles Chtelet, n’est pas une représentation,c’et une rte de dipitif phic-mathématique qui et animé par un getequi effectue une perfratin dan le virtuel. Il exite, en effet, un diagramme ph-sico-mathématique dessiné par Argand13, mathématicien de la n du 18e iècle,qui e pene par un tème de la balance et qui, du pint de vue de la gémétrie,

 permet de penser le saut entre les nombres réels et les nombres imaginaires, entre

une droite (réels) et un plan (complee). C’est un saut qui est bien virtuel, car ons’etrait de la droite pour aller vers une autre dimension : le plan.

12 Nu cntruin ici un diagramme linguitique à partir du diagramme d’Argand de lamême façn que Châtelet pene le diagramme plitique dan lequel nu nu penn avecce diagramme d’Argand, diagramme qu’il appelle le diagramme de thermocratie, où il met 

en miroir, en balance le point xe de l’économie de marché et la boîte noire de la démocratie.Pour une présentation détaillée de cette métaphorisation du diagramme physico-mathéma-tique à d’autre champ de avir, cf. DUPUIS, Joachim. Gilles Châtelet, Gilles Deleuze,

 Félix Guattari – l’expérience diagrammatique. Pari: L’Harmattan, à paraître.

13 Cf. ARGAND, Jean Robert. Essai sur une manière de représenter les quantités imaginaires

dans les constructions géométriques. Paris: Blanchard, 1971 [1806].

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37AU-DELÀ DU MIROIR. VIRTUEL ET ACTUEL EN SÉMANTIQUE

On peut imaginer ici métaphoriquement une équivalence entre le régime géo-

métrique des droites et du plan et le fonctionnement (physique) de la balance

linguistique. La ligne drite, fractinnée (-1/1) et marquée par un centre 0 (vir diagramme dessiné) est l’équivalent de l’image d’une balance, avec deu côtés,A et B, A crrepndant à la pragmatique et B à la émantique. Ce deux pôle dela balance nt en effet ppé et cmme en mirir l’un de l’autre ; mai cmmeleur bjet et leur démarche nt ppé, n peut le pener cmme un egment-1 / 1, traveré par un « milieu », un zér.

Ce positionnement sur la balance crée une symétrisation au point zéro grce au pint xe à qui crrepndent le cience cgnitive. Ce qui ignie qu’entrece deux pôle – cmme entre le deux unité du egment (de la drite réelle)

 –, il a équilibre au pint zér et que cet équilibre crée une menne à laquellese rapportent maintenant les deu pôles (ou les deu segments). Les sciences

cognitives jouent  donc actuellement sur cette balance imaginaire le rôle d’unenrme auprè de la émantique et de la pragmatique, et en ce en, ce dernièrese pensent selon une conception spatiale où tout sens est déjà donné et déjà quan-

tiable. La émantique (cmme la pragmatique) e met à fnctinner cmme unerte de « bîte nire » (avec input et utput), elle ne pene plu qu’à quantier leen : le mdèle de Victrri, aui brillant it-il, en et le meilleur exemple. Nu

 purrin appeler ce diagramme : « diagramme linguitique d’Argand » (D.L.A.).Au niveau mathématique, le point zéro sur la ligne des réels ouvre une dimen-

in upplémentaire, uvre un plan de la virtualité cmplexe, cmme le uggèreArgand (puisqu’on est censé passer du niveau des nombres réels au niveau des

cmplexe), mai dan ntre diagramme linguitique, le pint zér « lie » aucontraire toute virtualité : on est bien dans du virtuel , mais on est uniquementtourné vers la ligne des réels, le calcul , le nombre, on ne vise qu’elle ; n neveut pas s’aventurer du côté du non quantiable (dans le diagramme, les grossesèche indiquent que A et B vient seulement la droite réelle, donc l’idée de quan-tité, orientés qu’ils sont par l’horizon des sciences cognitives). La sémantiqueet la pragmatique e penent dnc eln une métrie, eln une « lgique » quidnne à « nmbrer » les éléments qui les constituent . Elles ne se voient pas autre-ment leur objet , et c’est pourquoi elles s’aveuglent elles-mêmes en se tournantvers les sciences cognitives.

Cependant, la métriatin (meurer la langue u la parle) ne fnctinneelle-même que sur une dissymétrie, c’et-à-dire ur la volonté de certains séman-ticien à lire et à pener relativement à de avir dminant (cience cgni-tive) ; ce nt ceux-ci qui nu puent à nu placer dan un tel diagramme

 politique qui se retourne sur lui-même puisqu’au lieu de nous ouvrir au virtuel,il nu en éligne. Cette autmutilatin de émanticien et un grand nœud del’hitire de la émantique, mai elle n’et pa une fatalité.

Le émanticien aujurd’hui ne cherchent pa le virtuel, même i pur pen-ser leur discipline, se placent nécessairement dans ce diagramme linguistiqued’Argand et donc dans cette symétrisation que nous avons présentée. Mais se

 placer dans ce diagramme, c’est donc ne pas vouloir un autre diagramme qui

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38 JOACHIM DUPUIS

déire ’uvrir au virtuel, et qui le recherche ; déirer le virtuel, ce erait jutementchercher à pener « cntre ce zér », vulir rtir de ce zér, un plan, une autredimenin qui échappe au quantitatif, ce erait tenter de pener un « zér » quiit cmme un paage à un nn-équilibre (= tème dnamique, cha) etqui ouvre les deu pôles A et B à d’autres rapports qu’une opposition formelle.

Défaire la menniatin qui mutile la émantique dit être le but de é -manticien ; et aini il purrnt échapper à la « ligne drite », à la nrme du« nmbre », pour faire un saut ver le prfndeur de la « matière linguitique ».La émantique, en retant fnctinnelle, ne fait que e cmplaire dan un fauxétat d’équilibre (moyennisation), elle n’a pas conscience d’être prise dans des

enjeux sociaux qui la poussent à ne considérer que l’utile ou le mesurable. En se plaant dans ce diagramme sémantique pour se penser selon une orientation deneutralisation du virtuel (perspective des sciences cognitives), on en reste donc

au chéma d’une balance qui reemble encre à la patialité de l’échiquier : nn pas une pensée tournée vers le virtuel, mais plein de possibles. La sémantiquecculte aini tut le champ de virtualité et en rete à la cmbinatire.

Faut-il cndamner une telle attitude du émanticien ? Ce n’et pa en ceterme qu’n dit examiner le prblème. La émantique cherche un « lieu », ellecherche à e truver un mdèle, u une dicipline qui lui dnne a légitimitécientique. Faut-il dnc qu’elle rennce, u prétexte qu’en e rapprchantdes sciences cognitives, du conneionnisme, elle risque de ne plus penser le senscmme « exprein », cmme autre che que le fait de e « dnner » un en, aulieu de la pener a « genèe » ?

C’et là ù Gille Châtelet peut encre être cnvqué. Car le diagrammed’Argand que l’on a proposé pour présenter la sémantique est un diagramme physico-mathématique, la sémantique n’est donc pas détachée de la pensée phy-sico-mathématique. Mais Chtelet ne pense pas les autres savoirs  séparés du

 physico-mathématique mais en liaison métaphorique avec lui. C’est d’ailleursde cette façn que Maxwell légitimait par exemple l’électrmagnétime. Il eservait d’une métaphore : l’image de grands rouages (symbolisant l’électricité)articulés avec des rouages plus petits (le magnétisme) permettait de penser leur « unin ». on ait que l’électricité et le magnétime ne nt pa un enemble derouages, mais on comprend qu’ils sont unis par la métaphore. Cette « métaphore

audacieue », cmme il diait, c’et préciément ce qui mntre l’imprtance de la participatin du virtuel à l’élabratin de avir entre le cience, et entre le physico-mathématique et les autres savoirs.

La sémantique veut actuellement s’accaparer le territoire de la science, maiselle n’a pas conscience que c’est en vertu du positivisme de ses origines qu’ellee turne ver le cience cgnitive. Elle veut devenir « cmme » une cience,au lieu de se penser avec la potentialité de la science. Car les savoirs non scienti-que ne peuvent être cientique. A min de pener cmme le uggère Châteletque tute frme de avir qui pae par de diagramme phic-mathématique’apparente à du phic-mathématique d’un pint de vue métaphrique. Car le

métaphores introduisent les virtualités et rendent possibles une sorte d’équiva-

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39AU-DELÀ DU MIROIR. VIRTUEL ET ACTUEL EN SÉMANTIQUE

lence entre les savoirs mais pas n’importe comment . Le type de lien qui unit lessavoirs et le physico-mathématique est celui d’une métaphore au sens de Boyd14,une « métaphre tratégique » qui ne rigidie pa le deux dmaine pur dénir l’une par rapprt à l’autre. C’et une métaphre qui au cntraire père une rtede « cuplage » entre le dmaine an qu’il ait une uveraineté de l’un par l’autre. Couplage entre actuel et virtuel.

Aini en apirant à devenir une rte de calcul, de lgique tatitique, u en e pensant comme combinatoire, la sémantique ne se pense-t-elle pas comme scien-tique, mai scientiquement. Elle se tient pour science, elle veut aussi s’accapa-rer, se parer de tous ses oripeau, au lieu de voir que le physico-mathématique est

 jutement ce qui « unit » le avir : en effet, il n’ a pa « identité » ni cnfuinmais un certain geste habite les savoirs qui se pensent clairement dans le « phy-ic-mathématique ». Le avir divent e pener « eux-même » an chercher 

à e trancender dans un autre savoir .La émantique n’a dnc plu à e chercher dan l’image d’un père (habité par 

l’illuin que la cience ’accapare de territire pur « légitimer », cmme unauveur, le autre avir), elle n’a qu’à regarder par delà le mirir : elle eraalors prise par l’enchantement du virtuel. 

C’et dnc le mthe d’une cnceptin uniquement « patialiante » qui pl-lue depuis sa naissance la sémantique : de l’image de l’échiquier au sciencescognitives, on ne sort pas du positivisme. Proposer une sorte de paradigme phy-ic-mathématique n’a de en que i n prend bien garde à deux che : d’une

 part, la émantique ne era jamai une cience, mai aura eulement par méta-

 phre la légitimité d’une cience ; d’autre part, elle ne purra vraiment pener nbjet que i jutement elle en fait autre che qu’un « bjet », i elle e dnne lemoyens de penser le virtuel qui habite chaque savoir, en le retirant de toute placedan l’échiquier, dan une urface gelée.

Bbl

ARGAND, Jean Robert. Essai sur une manière de représenter les quantités imaginaires dans les

constructions géométriques. Paris: Blanchard, 1971. [1806]BLACK, Ma. Models and Metaphors. Ithaca: Cornell University Press, 1962.

BOYD, Richard. Metaphr and ther change: What i “metaphr” a metaphr fr? In Metaphor and Thought . 2nd ed. Ed. Andrew ORTONY. Cambridge: Cambridge University Press, 1993, p.481–532.

CHâTELET, Gilles. Les Enjeux du mobile. Paris: Seuil, 1993.

14 Nu dévelppn dan le livre précédemment cité cette lecture « généalgique » de Châte-let, à traver la métaphre audacieue qu’il a empruntée à la cnceptin de la métaphre deBLACK, Ma. Models and Metaphors. Ithaca: Crnell Univerit Pre, 1962; mai urtut àcelle de BOYD, Richard. Metaphr and ther change: What i “metaphr” a metaphr fr?In Metaphor and Thought . 2nd ed. Ed. Andrew ORTONY. Cambridge: Cambridge University

Pre, 1993, p. 481–532.

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40 JOACHIM DUPUIS

CHâTELET, Gilles. La géométrie romantique comme nouvelle pratique intuitive. In  Le Nombre,

une hydre à n visages. Entre nombres complexes et vecteurs. Paris: Editions de la maison descience de l’hmme, 1997, p. 151–154.

CUSIMANO, Christophe. La Polysémie, Essai de sémantique générale . Paris: L’Harmattan, 2008.CUSIMANO Chritphe; DUPUIS, Joachim. Pttructuralit mdel fr plemic ign – Theexample f ‘lve’. The linguistics and literariness of love. Journal of Literary and Linguistic

Studies, 2010, 3.

DELEUZE, Gilles. L’actuel et le virtuel. In Dialogues, 1996.DELEUZE, Gille; GUATTARI, Féli. Mille plateaux. Paris: Editions de Minuit, 1980.DUPUIS, Joachim. Gilles Châtelet, Gilles Deleuze, Félix Guattari – l’expérience diagrammatique.

Pari: L’Harmattan, à paraître.GUATTARI, Féli. Chaosmose. Pari: Galilée, 1992–2005.LÉVI-STRAUSS, Claude. Histoire de Lynx. Paris: Pocket, 1991.LÉVY, Pierre. Qu’est-ce que le virtuel ? Paris: Editions de la découverte, 1998.POTTIER, Bernard. Vers une sémantique moderne. TraLiLi, 1964, II, 1, p. 107–137.

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Hermè, 1996.

ab d k wd

In thi article, we will hw that emantic i dependent n the twentieth centur repreenta -tin f cience, the pitivit ne. The inertin f the ntin “virtual” wuld enable emanticiant unif the different eld f linguitic and pragmatic, fllwing a better line than cgnitivitmodels.

Virtual; cgnitivim; emantic; pragmatic; pitivim

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ÉTUDES ROMANES DE BRNO32, 2011, 2

CHRISTOPHE CUSIMANO

aDjectifs et synesthésie.comment Le virtueL et L’actueL se conDitionnent

mutueLLement

Cet article a pour ambition de mettre au banc d’essai une nouvelle conceptiondu signe préentée dan un article récent (cf. C. Cuiman & J. Dupui, 2011).

 Nous avons essayé d’y montrer que le virtuel , soit la créativité ou le monde des possibles sémantiques, conditionnait grandement l’actuel (les emplois). La ques-tin à laquelle nu vuln eaer de répndre ici et la uivante : purquicertaine lexie, de adjectif en ce qui cncerne cet article, nt-elle ujette

 plu que d’autre à entrer dan un emploi  synesthésique? Pur dire le cheautrement, en qui le virtuel peut-il être un recur utile à l’explicatin de cndi-tin émantique qui préident à la réaliatin de  synesthésies adjectivale ?En retur, nu eaiern de mntrer que cette mme d’empli déjà réaliécnditinnent néceairement l’étendue du pible jamai réalié.

1. u ll d

Dan cette première ectin, nu vudrin effectuer un bref rappel du clethéorique sur lequel s’appuie ce travail empirique. Nous avons avancé l’idée,entre autre, que le émanticien e fnt une idée trp ratinnelle de la ntin devirtuel . Alr que ce terme et tujur emplé pur déigner de prpriété enlatence déjà réalisées, comme le montrent la conception de la virtualisation1 dans

la Sémantique Interprétative de F. Rastier ou des virtuèmes2 chez B. Pottier, nousavons proposé de considérer le virtuel comme du possible jamais réalisé . Ceci

 permet de laier à ce que nu avn appelé le traits sémiques d’application (cf. C. Cuiman, 2008), qui nt de infrmatin émique pré-cntruite envue de la parle et permettent ntamment d’expliquer le différente acceptinde plème, l’excluivité du possible déjà réalisé : en effet, pur chiir parmile acceptin d’un plème, il ufra d’effectuer un parcur émique depuile émème pui chiir parmi le tsa (qui relèvent de la parle potentielle, soit le

1 « Neutraliatin d’un ème, en cntexte » (1987 : 81, 276).2

Elément émique qui « ne nt utilié que i la cnntatin ’ prête » (1974 : 68)

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42 CHRISTOPHE CUSIMANO

virtuel de B. Pttier et de F. Ratier) pur abutir à l’empli, en parle effective.C’et ce que mntre la gure ci-deu, qui e lit de haut en ba : chaque traitsémique d’application de dernier niveau est illustré d’un emploi précis.

f 1 : L l d ‘dd’ (c. c)

Ceci étant, nu pérn dnc une redénitin du virtuel en émantique en luiattribuant tut le ptentiel jamai réalié. Mai la quetin demeure : en qui cetteditinctin entre pible réalié et pible nn-réalié et-elle utile ? La mieà l’épreuve de cette hpthèe et jutement l’bjet de cet article : cmment levirtuel peut-il cnditinner le empli nethéique ? C’et exactement ce quenous nous proposons de voir.

Tutefi, auparavant, une préentatin ubtantielle du phénmène ’impe.D’un pint de vue cgnitif d’abrd, pui linguitique évidemment.

2. L

2.1. Dénition

Jutiant aini ntre plan, nu purrin prendre pur pint de départ à cettesection le constat énoncé par A. Merriam (1964 : 85) selon lequel la « synesthe-

ia fall bradl within the eld f pchlg and ha been tudied primaril

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43ADJECTIFS ET SYNESTHÉSIE. COMMENT L’ACTUEL CONDITIONNE LE VIRTUEL

 b pchlgit ; it i, f cure a phenmenn f perceptin ». Quel phén-mène jutement ? Celui d’une « experience f an aciated enatin when an-ther ene i timulated » (C. E. seahre, 1938 : 26 cité par A. Merriam 1964 :86). Une autre dénitin dnt le mt-clé et évidemment « blending », que l’n

 pourrait traduire ici par mélange, et à truver dan Experimental phenomena of 

consciousness : a brief dictionary (2007 : 100) :

A blending f enr feature frm everal mdalitie, when a timulu that tpicall evke aenatin in nl ne mdalit i preented. Example are the enatin f different clr accm- paning the preentatin (and hearing) f crrepnding tne, the eeing f clr accmpaning black-n-white printed number, enatin f tate elicited b pecic viual hape, and n […].

On pourrait aussi rappeler l’image du court-circuit sensoriel donnée par E. Cy-twic (2002 : xxiii). D. Legalli (2004 : 495), purtant linguite, prpe un

cndené appliqué de travaux de ce dernier auteur qui fnt d’ailleur autritédans le domaine :

Pur le neurlgue américain Richard Ctwic, la nethéie et un phénmène univerel dntnu n’avn généralement pa cncience : n rgane enriel livrent un trè grand nmbred’infrmatin au cerveau, infrmatin que celui-ci traitera, nn pa en reprduiant un envi -rnnement perçu, mai en l’interprétant à partir du déjà acqui, à avir la mémire et le enti -ment. […] seule quelque-une de ce infrmatin enrielle ernt retenue et deviendrntconscientes.Chez le nethète, de aciatin intermdale, nrmalement incnciente, émergent à lacncience en rain d’une reditributin du ux anguin dan le cerveau. Ce ux fait que leltrage de infrmatin enrielle et beaucup plu perméable. Ce infrmatin tranmieen trop grand nombre ne peuvent être traitées consciemment.

C’et en effet ni plu ni min que ce que E. Ctwic et D. Eagleman (2009 :108) déclarent sans équivoque :

Hearing and vision are tightly coupled in the brain […]. In most people this communication is bend the level f cnciu acce. But r me fractin f the ppulatin, the cupling f hearing and vision is eplicit. For these synesthetes, music, speech, noise, or phoneme can trig-ger extrardinar dipla f clr and light.

Vici dnc pur l’apect pathlgique du phénmène. C’et bien ûr l’apect

linguistique qui retiendra plutôt notre attention dans ce travail. Mais cette sec-tion, loin d’être une simple présentation, doit nous permettre de passer en revuele cnidératin tplgique et autre de différent auteur ur le ujet. Ceremarque, uvent frmulée dan un vcabulaire prpre aux cience cgni-tives, nous serviront ensuite de socle pour btir notre approche théorique du phé-nmène enviagé d’un pint de vue linguitique. Car il va de i que, cmme ledit P. Hlz (2007 : 193), « if we ue the term netheia, we have rtl t ditin-guih between a neurpchlgical and a linguitic phenmenn ».

Mai avant de nu prjeter dan cette ecnde apprche, cmme nu l’avndit, nu uhaitn nthétier tut ce qui, d’aprè le travaux en cience cgni-tives, pourrait nous être utile pour la suite de notre raisonnement.

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44 CHRISTOPHE CUSIMANO

2.2. Typologie des perceptions sensorielles

R. Zimmer, dans son ouvrage  Handbuch der Sinneswahrnehmung paru en2001, dnne à vir une claicatin claire de perceptin enrielle. Cmmele dit frt jutement P. Hlz (2007 : 194), qui traduit pur n cmpte le tableau,ce tème crie 3 critère que nt :− philgical criteria, namel different receptr cell,− phical criteria, namel different kind f timuli and− pchlgical criteria, namel the infrmatin gained.

 Nu penn que le tableau uivant, ’il ne préente aucune infrmatin nva-trice, mérite tutefi par n caractère nthétique d’apparaître ici. Lrqu’ils’agira de repérer les opérations synesthésiques poétiques ou stylistiques, l’inté-rêt en deviendra évident.

 Sensory System Sensory Organ Receptors Stimuli  

Visual Eye Photoreceptors Light waveAuditive Ear Mechanoreceptors Acutic waveTactile Skin, hand, mouth Tactile-, thermal-,

mechanoreceptors

Touch (incl. Heat,

 pain)Kinesthetic Tendons, muscles,

 jint

Proprioreceptors Body movement

Vestibular Vestibular apparatus Mechanoreceptors AccelerationGustative Mouth, oral cavity,

tongue, palate

Chemoreceptors

Mechanoreceptors

Chemical stimuli

olfactr  Nose, nasal cavity Chemoreceptors Gaseous chemicals 

Figure 2 : Classifcation des perceptions sensorielles (R. Zimmer)

Si cette conception nous semble en tant que linguiste séduisante, il n’est pashaardeux que P. Hlz, un autre linguite, afrme qu’elle cntitue « a helpfultl in analzing netheic phenmena […] ». Tutefi, il faudrait recnnaîtreà cette claicatin un caractère tut à fait ccidental : n purrait même, ans’aventurer trop loin de nos contrées linguistiques, y voir une empreinte carté-

ienne et chrétienne bien marquée, puiqu’elle reète la ditinctin âme (ou es- prit )- corps qui ne se retrouve pas dans tous les cultures. Dans le bouddhisme par eemple, comme le dit W. Rahula (1961 : 40), les sensations « sont de si sortes :enatin née du cntact de l’œil avec le viible, de l’reille avec le n, dunez avec le deur, de la langue avec le aveur, du crp avec le bjet tan-gible et de l’rgane mental (qui cntitue une ixième faculté dan la philphie

 buddhite) avec le bjet mentaux, penée u idée ».si l’n accepte cette mdicatin majeure, par laquelle n tend à cnidérer 

l’eprit cmme un imple « rgane mental », alr le enatin qui en réultentnt à prendre en cmpte dan le fait nethéique, celle-ci ne répndant qued’une mdalité upplémentaire. Cette remarque n’et pa une remarque de frme.

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45ADJECTIFS ET SYNESTHÉSIE. COMMENT L’ACTUEL CONDITIONNE LE VIRTUEL

Elle met en évidence le fait que tute dénitin de la nethéie dépend dedifférente mdalité que l’n retient : dan le buddhime, le fait que rien nereemble de prè u de lin à une âme u un eprit immrtel cnduit à prendreen compte des sensations qui, dans les conceptions occidentales, permettentd’embrasser les autres. Il est amusant de noter que c’est d’ailleurs le point devue equié par le adepte de la « thérie de la perceptin glbale » (en faitnon- globale dnc) qui e rangent derrière l’idée de Nvali (1973 : 256) : « vir 

 – entendre – gûter – palper – entir, ne nt que de éclat de la perceptin gl- bale ». Il vaudrait dnc mieux dire, « la perceptin glbale en occident ».

Or, comme nous l’avons laissé entendre, retenir les sensations mentales aurait pur effet de réduire la nethéie à néant u preque : que dire d’un trpe ud’une imprein qui purraient mêler l’enemble de enatin ? Cela n’aurait

 plus aucun sens. L’étude de la synesthésie n’est pertinente que si l’on en eclut

le phénmène mentaux, qui mixent tute le enatin. De fait, pur ntre part, sans nier que ces sensations mentales (selon le bouddhisme) puissent êtrecnidérée en tant que telle, nu préférn – autant par cnfrmime que pur auver en quelque rte ntre bjet d’étude, dire que la synesthésie est l’étude de

toutes les sensations, sensations mentales exceptées. Nu aurn tutefi, aumin, à la fi permi d’en afner la dénitin et, de fait, mntré que celle quiet curamment admie ne va de i, ce qui n’et jamai dit.

2.3. Typologie des approches dans l’étude de la synesthésie

A. Merriam, sans donner l’air de traiter la chose avec minutie, tente néanmoinsde dresser une typologie des approches de la synesthésie en sciences cogni-tive. Et ’il et vrai que cette nthèe manque parfi de rigueur, elle cmprtequelque nœud d’intérêt.

L’auteur (1964 : 86), dnt la pécialité et plutôt l’ethnmuiclgie – nuverrn que cela a n imprtance pur ntre préentatin, frmule n deeincmme uit : « there eem t be at leat ix kind f apprache, althugh all clear -l fall under the general rubric ». Bien ûr, il faut cmprendre par « rubrique géné-rale » le sciences cognitives. Par « kind f apprche », nu verrn qu’il fautsouvent comprendre plus simplement types de synesthésie.

− Le premier de ix tpe, appelé « netheia prper », crrepnd au caoù « one is eposed to a stimulation in one sense area but receives and epe-rience that timulu in aciatin with anther ene area » : par exemple,vir de la culeur en écutant de la muique, cette fameue audition colorée.

− Le ecnd tpe apparaît quand « the additin f a ecnd ene timulu, B,t an riginal ene timulu, A, increae the acuit f perceptin f A »(1964 : 87).

− Le triième purrait être nmmé transfert inter-sensoriel . Mais c’est ici quele che e cmpliquent ; car ce tpe cntient pluieur u-tpe que,étrangement, A. Merriam traite comme des types. Le premier répond au cas

ù, par l’expérience, n demande à un ujet de tranper à une autre zne

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46 CHRISTOPHE CUSIMANO

enrielle un timuli, ’appliquant dnc à une zne différente. Ce nt leexpérience de R. Willman ù l’n demande à un cmpiteur d’écrire unemusique inspirée par un dessin (3ème type d’approche selon A. Merriam). Unautre u-tpe et dit de « perceptive matching » : n invite de étudiant,cmme l’a fait J. T. Cwle, à faire crrepndre de muique à de peinture(4ème type). L’on peut aussi ne pas proposer de série d’items correspondant autimuli initiaux, et dan ce ca-là, n btient une variante du u-tpe (5 ème type).

− Enn, le dernier tpe d’apprche « refer pecicall t linguitic tranfer f decriptive cncept frm ne ene area int anther » (1964 : 94). Qu’et-ceà dire ? C’et l’étude de tu le mt, le plu uvent de adjectif (cmmel’nt frt bien démntré Legalli, mai aui Edmnd et smith avant lui), quis’appliquent naturellement i l’n peut dire, à divere mdalité enrielle :

il en va aini de « cl », « mth » (eng.) par exemple. Lain pur l’heurede côté ce tpe d’apprche, qui fnde ntre dévelppement à venir.

Comme nous le voyons, cette tentative, bien que partiellement contestable,demeure eln nu une bnne bae de travail pur qui uhaite, à l’intar de ceque nu prjetn de faire, renverer l’angle d’apprche privilégié dan l’étudede la nethéie. En d’autre terme, enviager le phénmène nn plu dan une

 perspective seulement cognitive mais plutôt linguistique ou, pour le dire encore plus clairement, sémantique et logique.

2.4. Déterminisme culturel de l’interprétation synesthésique

Vici un prblème qui n’et de tute évidence pa an implicatin majeure pour notre étude ultérieure de la synesthésie en tant que trope. Nos epériencesnethéique nt-elle culturellement pré-dénie ? seln A. Merriam (1964 :93), qui s’appuie sur les travau antérieurs de G. Reichard, R. Jakobson et E.Werth d’une part et de D. I. Man d’autre part (1949 tu deux) « thu we eemt be faced with tw majr tpe f netheia, true netheia and culturall-derived netheia ». Il faut entendre ici nethéie « véritable » cmme nn-reliée à qui que ce it de culturel et pédant un caractère naturel dan leen ù elle ne erait pa « frcée » par l’expérimentatin : n e uvient de

expérience de J. T. Cwle qui exigeaient de ujet de faire crrepndre den et de image. Dè lr, n peut pper cette nethéie naturelle aux cr -repndance cialement nrmée entre élément appartenant à de mdalitéenrielle différente.

 Nu avn depui au min L. omwake (1940 : 474) que « the tendenc taciate a certain clr with a pian nte wa denitel greater than chance, andthe agreement f repne increaed with the age f a ubject ». Qu’et-ce à dire ?Sans doute que l’imprégnation culturelle augmentant avec l’ge, les associationssynesthésiques deviennent de plus en plus normées, et donc de plus en plus ré-gulière. on va bien ici dan le en d’un déterminime impé par la culture

ur l’expérience nethéique. Pur en atteter pleinement, il faudrait bien ûr 

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47ADJECTIFS ET SYNESTHÉSIE. COMMENT L’ACTUEL CONDITIONNE LE VIRTUEL

meurer le différence interculturelle, ce qui n’a pa u peu été fait. Mai à vraidire, dan ntre perpective, peu imprte ; en effet, nu prjetn plutôt de vir ce qu’il peut y avoir d’individuel dans la synesthésie, en d’autres termes, de voir à quel pint l’individu peut, au traver de ce expérience, ’affranchir de ce quel’on pourrait appeler la norme synesthésique.

2.5. Sommes-nous tous des synesthètes qui s’ignorent ?

Cette quetin largement inpirée de E. Ctwic et D. Eagleman (2009 : 105),« Are we all ilentl nethetic ? », dit dnc nu amener ur le terrain gliantdu caractère individuel du reenti nethéique. A cette quetin, Baudelaire,Rimbaud, Kandinsky et d’autres, n’ont pas vraiment répondu, puisque certainsdnt le auteur, penent que Kandink au min, était un nethète  patholo-

 gique, ce qui ne fait d’ailleur guère avancer le che. Quant aux autre, il cn-vient de noter que « sound-to-sight synesthesia is particularly interesting becauseit ma be preent in all human infant. […] Then adult nethete piblretain juvenile circuitr r philg that mt individual le a the mature». Il et dnc clair que nu devrin tu, en tant qu’hmme, être capable devivre intensément les epériences synesthésiques. Si ce n’est pas le cas, c’est quenu avn cnnu au cur de ntre criance une perte u plutôt un enfuie-ment de n capacité interprétative et enitive. Dan ce en, E. Ctwic et D.Eagleman (2009 : 108) postulent aussi une seconde eplication, qui serait que lesnethète acquièrent de capacité d’explicitatin du phénmène :

Either the retain mre f the juvenile interactin that mt individual le, r ele the explic-itl draw n nrmal multi-enr prcee that have grwn implicit in the majrit.

Dan ce ca-là, nu ne erin plu exactement de nethète qui ’ignrentmai, plutôt, de nethète indéniment inaccomplis si l’on peut dire. La ques-tion est intéressante et mérite d’être posée, d’autant qu’en y répondant, nous lais-n entrevir la pibilité que ce ient de prpriété philgique qui fntque certain nt plu u min enible à la nethéie en tant que trpe danle texte. C’et d’ailleur ver ce prblème que nu tendn dérmai.

3. L l

3.1. Dénition

En littérature aui, il et pible de truver de dénitin plu u minatifaiante du phénmène qui, il faut le dire, ne ’élignent guère de déni-tin « pathlgique » citée plu haut ; en effet, cmme le rappelle D. Legalli(2004 : 497), « la nethéie cntitue dnc à la fi un phénmène cgnitif et un

 phénmène ethétique ». Peut-être, et ntre première ectin laiait entendre ce

 parti-pri, la linguitique n’a rien à gagner à éparer le deux apprche. D. Legal-

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48 CHRISTOPHE CUSIMANO

li e rique quant à lui à prper la ditinctin entre sensation et perception : lanethéie ne répndrait pa d’une fuin sensorielle (« un éprouvé conscient et

 paif ») mai reviendrait plutôt à « prter un jugement catégriel ur cette expé-rience » et ’incrirait dnc dan le cadre d’une perception. A ce titre, il deviendrait

 possible de regrouper sous le terme de synesthésie les deu types d’approche. Toutla difculté réiderait, cmme nu l’avn cmpri, dan l’ptin de ditinguer nettement entre phénmène de la perceptin et phénmène linguitique ; r, à ntreen, le phénmène linguitique relève aui de la perceptin.

Une curte parenthèe ’impe dè lr : une bjectin majeure à cette ditinc-tion serait de dire qu’il est délicat, voire douteu, de passer directement de l’uni-ver enriel à l’univer émantique. Cmme le dit Vaillant (1997 : 114–115)dan a thèe de dctrat, ’appuant ur le tème émitique de F. Ratier,

Il imprte maintenant de ne pa plnger aveuglément dan une autre cnfuin, celle qui pur -rait urgir entre mdalité de préentatin au en de l’bjet dénté par un igne, et mdalité de préentatin du igniant de ce igne dan un tème de igne particulier. Autrement dit, entremodalités perceptives et modalités sémiotiques.

C’est pourquoi F. Rastier (1996 : 34), lui même inspiré par les travau deR. Cairer, intrduit une triième phère, qui va juer un rôle d’intermédiaireentre les mots et les choses, celle des  simulacres multimodaux:

L’rdre référentiel engage traditinnellement le rapprt entre d’une part le igne, le cnceptet le che, d’autre part le phrae, le prpitin et le « état de che ». Ce rapprt n’arien d’immédiat : il ’établit par la médiatin d’imprein référentielle, rte d’image men-tale que nu avn dénie cmme de imulacre multimdaux.

Le simulacre modal vient donc remplacer avantageusement le concept , notiontrop chargée historiquement, ou encore la représentation mentale, rappelant avecinsistance le mentalisme rejeté par F. Ratier. Cela a pluieur effet : i. de brier l’idée selon laquelle le signe serait le concept dans la langue et le concept uneentité etralinguistique susceptible de s’incarner en langue3 car « un simulacremultimodal n’est pas nécessairement indépendant du langage, qui peut mettre en

 jeu pluieur mde (viuel, auditif, mai aui – purqui pa – mteur), main’et lié à aucun mde en particulier » (F. Ratier, 1991 : 208) ; ii. de cnférer 

un caractère individuel à ce repréentatin qui, bien que cialiée, nt à lacharge du ujet qui le reent : « le ignié détermine les images mentales quilui nt aciée. Il ne le cntraint pa ablument pur autant, puiqu’un ujetimageant peut susciter spontanément des images non déterminées par le contetelinguitique et la ituatin de cmmunicatin »4 (1989 : 252).

Bref, la penée principale à retenir ici et que la ditinctin entre enatin et perception, héritée de la neurophysiologie, est sans doute trop simpliste. Pour y

3 Cf. C. Cuiman (2008 : 93–96) ntamment.4 Cmme n puvait ’ attendre, F. Ratier ne manque pa d’ajuter que « le cntexte tute-

fi détermine ubtilement le ignié, qui e dénient par leur interactin ».

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49ADJECTIFS ET SYNESTHÉSIE. COMMENT L’ACTUEL CONDITIONNE LE VIRTUEL

remédier, l’entremise des simulacres multimodau s’impose. A ce titre, pour cequi nu préccupe en vue du travail pratique à venir, faire mentin du tpe decrpu de extrait chii et ablument indipenable : en effet, évquer lecontete des emplois synesthésiques étudiés permettrait de mieu rendre comptede repréentatin lexicale liée aux différente mdalité.

Pur en venir aprè cette digrein à une dénitin linguitique du phén -mène, cmme nu le prpin, il emblerait que l’n dive à P. Hlz l’unede plu claire (2007 : 193) : « frm the perpective f linguitic, in cntrat, wecan dene linguistic synesthesia a the c-ccurrence f interdependent lexemeriginall temming frm different enr mdalitie ». La nethéie lingui-tique et dnc intimement liée à une perception d’appartenance de lexème mien jeu à un domaine5 dnné, celui de lexème enriel en l’ccurrence. C’etd’ailleur ce qui fait dire à D. Legalli (2004 : 494) que « pur parler de ne-

théie, l’adjectif et le nm6 devrnt frmer une itpie liée à la perceptin en-rielle, mai ernt cnidéré cmme de lexème appartenant à de champenriel différent » : c’et le ca dan « me image [vue] nt urde [uïe] »(P. Eluard,   La vie immédiate) par eemple. En d’autres termes, D. Legalloisajute une deuxième cnditin. Le lexème intercnnecté divent appartenir àdes taxèmes différent : ceux repectivement repréenté par n différent en.Cette remarque est loin d’être une mise en garde inutile, car elle rappelle la pro-

 priété que cmprte la nethéie de faire appel à une pluralité de mdalité.P. Paia (2002 : 85) ne dit pa autre che en déniant la nethéie cmme «une frme particulière d’exprein gurée qui qualie la perceptin phique à

traver l’emprunt imultané à deux mdalité enrielle différente ».

3.2. Les synesthésies dans les publicités de parfum

P. Holz est l’auteur d’un travail remarquable sur l’usage de la synesthésie dansle publicité pur parfum, eaux de tilette et eaux de Clgne (en anglai en-cre une fi), dnt nu alln eaer d’iler l’eentiel. L’étude e cncentresur les trois niveau linguistiques que sont le niveau lexical , le niveau morpho-

 syntaxique, le niveau textuel .

 Linguistic level Synesthetic constructionLeical Immediate synesthetic epressionsMorpho-syntactical Pattern f lexical recurrenceTetual Semantic clustering f 3 : L d d l l (p. hlz)

5 Pri au en dan lequel l’emplie Ratier, c’et-à-dire partie prenante de la uite dimension

 – domaine – taxème.6 Evidemment, la nethéie n’et réduite à ce catégrie grammaticale que par la perpec-

tive de l’auteur dans cet article. Des adverbes ou même des périphrases peuvent y prendre

aussi part.

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50 CHRISTOPHE CUSIMANO

Au premier niveau, pur déigner l’deur de parfum, P. Hlz va nter unegrande fréquence de cmpé dnt le spécieur et un adjectif (‘mth’) et latête7 un autre adjectif (‘pwder’). L’auteur nte alr le cmbinain ne-théique uivante : nn-pécique + tucher buccal (cf. exemple ci-deu),gût + tucher thermique (« bitter warm ») et vue + tucher thermique (« tran-

 parent frt »). Nu reprduin ci-deu le tableau de certain ntagmenominau (2004 : 197) qui ont pour propriété d’avoir pour tête une leie relevantde la modalité ouïe.

 Specifyer Head (audition)

Fresh (thermal) PreludeFlwer (multi-mdal) ChordTetual (thermal) Accent

ozn (lfactr) ChordSpicy (gustative) Notes

 f 4 : s (p. hlz)

Au ecnd niveau, c’et-à-dire au niveau mrphntaxique, n peut truver ce que P. Hlz (2004 : 199) caractérie cmme de « réeaux aciatif de ne-théie linguitique » (« aciative netwrk f linguitic netheia »). Pur direle che implement, cela crrepnd à diver lexème exprimant une quel-cnque mdalité enrielle réparti ur l’axe ntagmatique. on peut, à par -

tir d’une phrase donnée8

, établir le tableau suivant. L’important n’est pas pour l’heure le résultat, mais la méthode.

 Semiotic entity Sensory modality Qualifying lexemes

Scent olfactive ecitingClgne (=clred liquid) Visual, tactile, thermal Eciting, passionatenessBttle (=clred cntainer) Visual, tactile, thermal traighfrwardneBd (=man) Multi-modal straightfrward, painate

 

f 5 : L d l l (p. hlz)

Enn, à un triième niveau apparaient le « cluter émantique », it l’en-emble de terme dnt le mdalité nt trè variable mai réfèrent de manièreinitante à un univer en particulier : en ce qui cncerne la publicité pur un

7 Cette terminlgie pécieur/tête fait référence à l’intuitin de l’auteur que le terme dit pé-cieur e rapprte à la tête. on aimerait avir i de critère alternatif nt utilié maiP. Hltz n’en dnne pa. Dan le ca d’une cmbinain Adj. + N., n peut cmprendre leditinctin mai elle devient min évidente dan le ca de cmbinain uniquement adjec-tivales.

8 Nn traduite par P. Hlz du néerlandai ver l’anglai. De fait, nu ne riquern pa nn plu. Tutefi, P. Hlz réume l’idée de la publicité de la rte : « B Element Aqua i a

 pleaant a all the cmfrtable water-experience that ur bd ha ever had ».

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51ADJECTIFS ET SYNESTHÉSIE. COMMENT L’ACTUEL CONDITIONNE LE VIRTUEL

 parfum dnné, l’univer aquatique par eemple. Nous avons pour les besoins dentre prp implié le tableau prpé par P. Hlz (2004 : 200) qui cntenaitles leies en néerlandais traduites en anglais.

 Nouns (5) Verbs (2) Adjectives (10)

Boss Elements Aqua To bubble Aquatic frehFreshness To spray VitalizingWater  RefrehingWater drops Clear (2)

oceanic frehPureSplashingStimulatingBubbling freh

f 6 : Lè l’ (p. hlz)

L’auteur cnclut n dévelppement en ajutant : « linguitic taging f n-etheia eem t be an elementar cntituent f clgne advertiement ». Cettedémntratin en tri étape et un bn exemple de traitement de ntre bjetd’étude et purrait en utre, emble-t-il, être tématié. Le deuxième et tri -ième niveaux eraient d’ailleur tut à fait tranpable dan le terme de laSémantique Interprétative de F. Ratier. Ce que fait P. Hlz, c’et en quelquesorte une analyse isotopique de publicité pur parfum et, ce faiant, il indexe,

cmme prpait de le faire D. Legalli, de lexie cmprtant le même èmeisotopant mésogénérique (correspondant donc au domaine enriel) et un èmemicrgénérique différent (relatif à un taxème, ici l’une des modalités dont nousavn parlée). Il faudrait alr ajuter que la nethéie peut aui prvquer une impression de rupture itpique, dan le en ù le emprunt aux diffé-rentes modalités sont ressentis comme déroutants. Mais puisque tous permettentd’inférer un ème mégénérique /enriel/, cette imprein devient aprie dècompréhension du message.

L’anale de P. Hlz cnrme dnc, an le vulir, l’intuitin de D. Legalliqui s’était ensuite orienté vers une approche phénoménologique. Néanmoins, mis

à part quelque cnidératin liminaire, elle ne dit rien de cnditin éman-tique et pragmatique qui préident à l’empli nethéique de lexie. C’et jutement ce ver qui nu vudrin nu rienter à préent.

4. qll l’l d ?

 Nu uhaitn dérmai appliquer n remarque ur le igne à la  synes-

thésie, en particulier à la pibilité qu’nt certain adjectif d’entrer dan decntructin nethéique. Pur cet expé, nu alln nu appuer une fide plus sur l’ecellent article de D. Legallois cité supra, et nous limiter, comme

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52 CHRISTOPHE CUSIMANO

l’auteur le fait, au ca de adjectifs. P. Hlz n’a-t-il pa nté que le adjectifétaient le plu uceptible de frmer une exprein nethéique ?

 Nu évitern aui, cmme nu l’avn déjà dit, la quetin de avir i lasynesthésie est un type de métaphore. D’ecellents travau ont brossé la questionmieux que nu ne le ferin9.

Il nous importe moins de déterminer, dans « les dossiers se renversaient avecdes rondeurs moelleuses de traverin » et « un de ce prvençaux d’une mollesse

caressante » (P. Paia, 2003 : 554), en qui le ntagme nminaux en italiquerapprchent la nethéie de la métaphre. Ce qui nu intéree, an de faire lelien avec ntre partie précédente, c’et de bien cerner purqui certain lexèmeemblent imprpre à ce tpe d’empli alr que d’autre ’ fndent parfaite-ment. Tut cmme J. William (1976) à qui la nethéie ervait d’illutratin

 pur n apprche « évlutinnite » du en10, nous souhaitons utiliser le phéno-

mène nethéique à de n thérique.

4.1. Contraintes sémiques

Aini, dan « le n étincelant ’éteignent » (V. Hug), quelle cnditinémantique préident à l’empli de ‘étincelant’ (relatif à la vue) en rapprt avecun son? Prenn l’un de exemple analé en détail par D. Legalli, à avir l’adjectif ‘dur’.

 Dur peut difcilement être jugé plémique dan la meure ù il indique tujur la mêmeexpérience d’interactin dan de dmaine enriel différent : l’expérience viuelle, l’expé-rience auditive mais aussi l’epérience sociale, rencontrent toutes les trois une résistance de la part de qualité de l’bjet expérimenté u perçu (la culeur peu ethétique d’une rbe, le cuacd’une trmpette, un patriarche entêté). Il erait dnc préférable de parler de plvalence del’adjectif plutôt que de plémie.

Pur bien cnnaître la quetin de la plémie, nu ucrivn tut à fait àl’anale eln laquelle cet adjectif n’a rien de plémique. Le différent bjetauquels s’applique ‘dur’ ne sont pas des tsa : en effet, il ne marquent aucune in-frmatin émique, mai ’acient plutôt à l’adjectif au ein d’expressions plus

ou moins gées, des collocations que l’n qualie uvent de semi-composition-

nelles : « un n dur », « une eau dure », « une culeur dure »11

en attestent. Ce nent pa à prprement parler de unités polylexicales, c’et-à-dire de équencegée qui e cmprtent cmme une eule unité. C’et aini que s. Mejri relevait

9 Cf. P. Paia (1995) pur une anale détaillée de tructure nethéique en relatin avecla métaphore. La synesthésie y est perue comme un type de métaphore, permettant le trans-fert de en d’un dmaine enriel à un autre.

10 « […] in the lexical eld f Englih adjective referring t enr experience, there ha beena continuing semantic change so regular, so enduring, and so inclusive that its descriptionma be the trnget generalizatin in diachrnic emantic … » (J. William, 1976 : 461).

11 Ntn tutefi que tu ce empli nt dnné an indicatin de crpu, ce qui en aug -

mente la portée mais en diminue la pertinence.

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53ADJECTIFS ET SYNESTHÉSIE. COMMENT L’ACTUEL CONDITIONNE LE VIRTUEL

que le exprein gée ne e rattachent pa à la plémie de egment qui lacmpent, en ce en qu’elle nt nn-cmpitinnelle : « bra drit », bienûr, n’et pa l’additin du ignié de deux mrphème et fera dnc l’bjet d’untraitement sémantique individuel. Il en va de même pour les eemples donnés par s. Mejri (2004 : 25) : « un à-côté », un « va-t-en guerre », le « qu’en dira-t-n »,etc. N cllcatin ne e ituent pa à ce niveau tut à fait abuti de gement.

Reprenant n exemple, il ne paraît pa recevable de dire qu’il aurait un tsa \expérimentable par l’uïe\, \expérimentable par le gût\, \expérimentable par la vue\. On pourrait même dire, en reprenant les remarques de D. Legallois que‘dur’ ne pède qu’un eul ème qui purrait être glé cmme uit : /qui ppeune réitance/. La dénitin dnnée par le TLFi ne dit pa autre che : « Qui,

 par a cnitance lide, cmpacte, ppe une frte réitance au tucher, à la prein, au chc, à l’uure ; qui ne peut pa être facilement pénétré, entamé ».

Ce faiant, nu frmulern dnc ici l’hpthèe que certain adjectif dntle nmbre de ème et faible u dnt le ème nt relativement peu cntrai-gnant nt le plu uceptible de fnder ce tpe de cntructin. Il faut auiévidemment que le ignié de lexème permette une uverture enrielle, maile deux critère nt lié : plu le ignié de la lexie en quetin et lâche, plucelle-ci a de chance d’apparaître dan de cntexte varié.

Ici, le deux critère nt rempli par ‘dur’. si l’n admettait ntre hpthèe,alr il ne erait pa étnnant que cet adjectif it partie prenante d’une multitudede constructions synesthésiques.

4.2. Le ratio actuel/virtuel 

Mais ce n’est pas tout : nous avons dit plus haut que les constructions citées peuvent être qualiée de plu u min gée. De qui et-ce le réultat ? Nuuppn que le gement attete d’une prédminance de l’actuel sur le virtuel  au ujet de ‘dur’. Nu vuln dire par là que l’actuel, c’et-à-dire le tsa, maisaui le exprein gée auxquelle participe cette lexie (tutefi plu avan-cées sur la ligne d’actualisation que les tsa), est important : en d’autres mots,

 pour ‘dur’, le possible déjà réalisé et trè étendu, ce qui diminue d’autant la place du possible jamais réalisé . On voit donc que l’un et l’autre se trouvent dans

un rapport de proportionnalité inverse: plus l’actuel est étendu, moins le virtuel ade chance de l’être ; de même, plu l’actuel et retreint, min le virtuel le era.On pourrait même être tenté de dire que la proportion d’actuel de adjectif agitcomme un ltre sémantique en vue de l’empli nethéique neuf. Dan le cade ‘dur’, n abutit à un virtuel atrphié, et dnc, à de empli épuié et plutôtgé. si l’n e repréente le lien entre actuel et virtuel tel un circuit – cmme le

 prpe G. Deleuze, il uft d’imaginer que dan le ca de ‘dur’, la bucle upé-rieure et plu réduite : cette réductin dnne lieu à un effet prprtinnellementinvere quant à la bucle inférieure ur le chéma.

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54 CHRISTOPHE CUSIMANO

f 7 : al l (c. c)

4.3. Les couleurs

Il cnvient maintenant d’étudier d’autre exemple pur meurer la jutee decette duble hpthèe. Nu alln aini faire prter ntre attentin ur le cou-

leurs en particulier. Bien ûr, la place nu faut pur un examen pué. L’bjec-tif et plutôt la mie à l’eai de ntre thérie.

L’un des eemples les plus étudiés en pragmatique est celui de la couleur ‘ruge’. on peut truver la quetin du cle émantique de cet adjectif danquantité de travau. Citons-en quelques-unes :

Consider a colour predicate such as ‘red’. We could say about this epression that it’s meaninghift arund accrding t cntext, r the purpe f the cnveratin. A red bk i uualla bk whe cver i red, a red grapefruit i ellw n the urface. In an apprpriate cntext,we can decribe a car prduced with a pecial red platic a a red car t dicriminate it frm newhich ha been prduced with a pecial blue platic, regardle f the clur f the car.

De fait, il emble bien difcile d’attribuer la mindre prpriété émique à cetadjectif, cmme emble le dire J. Canning (2004). D’ailleur, le TLFi rete empruntédevant ce fait et ne peut ’empêcher de faire appel à de che incntetablementrouges : « d’une culeur qui parmi le culeur fndamentale e itue à l’extrémitédu pectre, et rappelle ntamment la culeur du cquelict, du rubi, du ang ». onent bien ici tute la difculté. ‘Ruge’ n’et « que » la prpriété de quelque chose.Cependant, selon R. Blutner (2002 : 32), qui s’appuie sur les travau de Montague(1970), Keenan (1974), Kamp (1975), une solution au moins est possible.

Thi lutin cnider adjective eentiall t be adnminal functr.such functr, fr example, turn the prpertie expreed b apple into those epressed by red 

apple. of cure, uch functr have t be dened dijunctivel in the manner illutrated in (5):(5) RED(x) means roughly the propertya. f having a red inner vlume if X dente fruit nl the inide f which i edible b. f having a red urface if X dente fruit with edible utidec. f having a functinal part that i red if X dente tl [...]

 

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55ADJECTIFS ET SYNESTHÉSIE. COMMENT L’ACTUEL CONDITIONNE LE VIRTUEL

Cette apprche permettrait d’attribuer à ‘ruge’ un en dit  fonctionnel :  ondécrit toutes les situations dans lesquelles x sera être reconnu comme ‘rouge’12.Mai là encre, n ne dit rien de prpriété émique du lexème. D. Legalli(2004 : 503), pur a part, préfèrera une autre explicatin à prp d’une autrecouleur :

Une voix blanche et une vix neutre, qui ne laie pa d’imprein particulière. La culeur  blanche cmbine – eln le Robert  – tute le fréquence du pectre et prduit une impression

visuelle de clarté neutre. Il semble que la notion d’impression, qui doit elle-même être com- prie en deçà de e acceptin déterminée, et eentielle dan la ignicatin de l’adjectif « blanc » : imprein neutre dan le en d’appréciatin, de enatin, d’effet (une voix blanche

et une vix effacée, un blanc bec est une personne peu impressionnante), absence d’impressionu d’empreinte (une feuille blanche et une feuille ù l’imprein de l’encre et nulle, cetteabsence trahissant le manque d’inspiration).

Comme on l’aura compris, c’est une approche phénoménologique qui est pri-vilégiée, dans laquelle on envisage « la transposition de modalités d’interactiondan de dmaine différent ». C’et l’impression qui prime et D. Legallois(2004 : 500) va même encre plu lin : « de même la ignicatin de l’adjectif nir ne peut être pertinente qu’« en deçà » de la repréentatin de la culeur, à untade préthématique, métatable ». on et bien lin ici d’une dénitin émique.Mais en somme, cela semble importer peu pour tout locuteur qui est capable,an avir dénir ‘ruge’, de recnnaître une che ruge et utilier l’adjectif correspondant.

Purtant, pur en reter à cette culeur, i l’n reprend la dénitin du TLFi, n peut tut de même eaer de frmuler quelque remarque émique. se cnten-ter de dire, au ujet de ‘ruge’ que c’et une « culeur qui parmi le culeurfndamentale e itue à l’extrémité du pectre » n’et atifaiant à aucun égard :

 peu de pernne e fnt une repréentatin dudit « pectre ». Par cntre, une dé-nition relative et prenant appui sur la notion d’impression des phénoménologuesemble enviageable : pur que chaque lcuteur puie truver un decriptif atifaiant, il ufrait peut-être d’er dire, ce que peu de dictinnaire fnt,qu’il s’agit d’une « couleur située entre l’orange et le violet ». on répndrait deurcrît par avance à la critique, que F. Ratier ne manquerait pa de faire, elnlaquelle n ne peut dénir ‘ruge’ qu’à l’intérieur de la catégrie de culeur.

Mai cela n’et pa ufant, car une che peut frt bien être ruge pur unlcuteur et range pur un autre. Il cnvient dnc d’ adjindre la mentin del’impression : « couleur qui produit l’impression d’être située entre l’orange et levilet ». Là encre, il faut tutefi creuer le prblème : car cmme l’nt remar -qué de nmbreux pragmaticien, parfi c’et la culeur extérieure de la pmmequi et privilégiée, parfi la culeur intérieure du pamplemue. Mai dan ce

12 Ce qui emble faire prblème ici, c’et que le cntexte ne permet pa de cerner invariable-ment la partie de l’bjet qualié puique, même lrqu’il ’agit d’évquer la qualité d’unfruit, eln qu’il ’agie d’un pamplemue u d’une pmme, ‘ruge’ ne qualie pa la

même partie du fruit.

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56 CHRISTOPHE CUSIMANO

ca, il ’agit à chaque fi, en parlant de culeur ‘ruge’, de « dicriminer » uneche d’une autre che cmparable. Il faut dnc ajuter une triième remarque :« \culeur qui prduit l’imprein d’être ituée entre l’range et le vilet\ (ème1), \ou qui, sur la base d’une quelconque nécessité etra-linguistique, permet deditinguer pluieur bjet dnt l’un pède cette qualité, partiellement u enttalité\ (ème 2) ». Il emblerait qu’aini l’n évite tu le écueil.

si l’n prend un exemple, de serrière, cité par le TLFi, « Pur Macbeth, Pra-in a vulu réalier une mphnie nire et ruge, deuil et ang, amme etnuit, ù e détachent le thème aux culeur cntratée de pernnage cen-traux », n peut nter la cntructin nethéique uivante : « une mphnienire et ruge, deuil et ang ». on cmprend bien que ‘ruge’ déigne le anget i la mphnie et dite ‘ruge’, c’et uniquement dû au fait qu’elle narre ueprime l’idée de sang qui coule, de mort. Mais ‘rouge’, relevant de la vue est

 bien emplé en rapprt avec « mphnie » relevant de l’uïe. C’et dnc ancntete une nethéie dan laquelle ‘ruge’ a un en qu’n purrait qualier de relativement gé : ‘ruge’ exprime régulièrement le ang.

Mai n purrait imaginer de empli ù l’adjectif erait utilié à de n beaucup plu urprenante : i l’n parlait d’une « aveur ruge », l’empli de‘rouge’ serait autrement plus ambigu. Lorsqu’on l’interroge sur cette requête,Google.fr ne renvoie aucun résultat probant, ce qui n’est pas étonnant puisque lemblime du ang et peu uceptible d’être llicité dan ce ca-là. Ceci laiednc place à de empli nethéique neuf, puique à ce prp, la mdalitégustative a peut-être été moins eplorée que la modalité auditive, quoique « goût

ruge » it enviageable, mai min qu’une « deur ruge » (aez fréquentd’aprè une rapide recherche). Nu avn encre relevé dan l’œuvre de certain pète, chez st Jhn Pere

 par exemple, quelque nethéie adjectivale impliquant de adjectif de cu-leur dnt celle-ci : « Il et dan l’deur grie de puière […] » ( Eloges, Images

à Crusoë ). Tutefi, l’adjectif de culeur, ‘gri’ en l’ccurrence, e truve làencre mi en jeu dan un empli cnvenu, puique uni à la « puière ». Il fautdnc an dute chercher hr de adjectif de culeur pur btenir de nethé-sie plus originales.

En fait, ce cnidératin pent de nmbreux prblème que nu vuln

ulever ici, an avir la prétentin de le réduire. L’un de plu fâcheux et ladifculté qui cnite à iler avec certitude le cmbinain Adj.– N. ne-théique, achant que, nu limitant à l’adjectif ‘blanc’, n purrait identier d’une part de empli d´rigine chrmatique cmme « carte blanche » ou « oie

 blanche »  et, d’autre part, ceux qui ne le nt pa (« jeu blanc » , « mariage blanc »,« nuit blanche »). où e itue dnc l’empli nethéique ? Il faudrait an dute

 pour le déterminer avec certitude travailler sur des corpus importants, en procé-dant à de relevé tématique de ntagme nminaux. A défaut, nu pur -rin cnidérer que tut empli d’un adjectif exprimant une culeur, une dimen-in, une qualité, acié à un nm relevant d’une autre mdalité, uft à en

 prduire une. Ceci n’et guère nvateur. Ce qui l’et plu, c’et d’eaer d’expli-

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57ADJECTIFS ET SYNESTHÉSIE. COMMENT L’ACTUEL CONDITIONNE LE VIRTUEL

quer purqui certain adjectif emblent incapable de prduire de nethéieneuves quand d’autres s’y prêtent mieu.

Aini, dan le cadre de cette ectin, l’bjectif était eulement de bien vir que le ptentiel déjà réalié, ’il n’épuie pa le virtuel, le cnditinne en grande

 partie ; et il nu emble que ce exemple de nethéie engageant de culeur permettent de faire avancer le débat initié par n hpthèe.

4.4. Synesthésies adjectivales neuves

Il cnvient maintenant d’étudier d’autre exemple pur meurer la juteede cette duble hpthèe. Cntrairement à ce que l’n purrait pener, aprè unexamen pué de œuvre pétique de st Jhn Pere, R. Char et F. Pnge, la -nethéie adjectivale n’et pa i fréquente. Aini, d’autre tpe de cntructin

sont privilégiées par le premier, notamment des epansions de nom par subordon-née relative ou syntagme prépositionnel.

  Néanmin, lrqu’une nethéie adjectivale apparaît, elle a tute lechance d’être trè riginale. Dan l’œuvre de st Jhn Pere, nu puvn ain -si relever : « Le goût [goût] poreu [tactile] de l’me sur sa langue comme une

 piatre d’argile » (Vents). Ce qu’n peut nter en première apprximatin, c’etque cet exemple met en jeu la mdalité tactile par le biai de l’adjectif : i l’n uitle critère de R. Zimmer, n détecte le caractère poreux au récepteurs tactiles.

 Ntn que l’effet btenu par la nethéie et puiant, ce qui attete d’un ratiactuel-virtuel en faveur du ecnd : il et rare que ‘preux’ qualie un gût. on

 parlerait bien ûr plutôt d’une « urface preue ». Tute aciatin de cet adjec-tif avec un nm relevant d’une autre mdalité que la mdalité tactile prduit unenethéie neuve. Le cnditinnement émique et de nuveau trè lâche, à ’entenir à la dénitin du TLFi : « Qui préente de trè petit rice, de trè petitecavité ». L’uverture à de empli nethéique et alr pible.

si la péie réerve an nul dute de beaux exemple de nethéie adjecti -vale, ce n’est pourtant pas celle-ci qui nous réserve le plus grand nombre d’oc-currence. Il faut en fait chercher du côté de prductin pur lequelle lecntrainte nt le plu frte ; r, tute prductin pétique n’a pa néceai-rement bein de cmprter de nethéie. Il en va tut autrement d’œuvre

dédiée à mettre en mt et à décrire de bjet tel que la muique, de aliment,etc. Nu avn déjà vu avec le travaux de P. Hlz que le recur a la nethé-ie et trè fréquent dan le publicité pur parfum. Ce dernier a préalablementchii de cnacrer une ectin à décrire purqui le lexique et i pauvre enterme de decriptin de la mdalité lfactive.

Accrding t ur evidence, the neural cnnectin between left-hemiphere crtical area andthe ub-crtical limbic tructure are relativel pr. A a cnequence f that it i apparentlimpible t adequatel nchrnize the cerebral rganizatin f mell perceptin with thelanguage prceing area f the brain in uch a wa that a table lexicn f lfactin reult.

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58 CHRISTOPHE CUSIMANO

L’inufance de lien entre, d’une part, l’aire de Brca (hémiphère gauche)et l’aire de Wernicke (hémiphère drit), repectivement detinée à la prductinet à la réceptin langagière, et, d’autre part, le tème limbique qui cntient le

 bulbe lfactif, nuirait à la capacité d’abtraire du langage depui une odeur .Pour notre part, nous voudrions procéder de même pour les sons, à traver un

seul ouvrage qui nous servira d’appui, celui de N. Balen intitulé  Django Rein-

hardt – Le génie vagabond : dans ce livre, une biographie du guitariste manouche,l’auteur emplie un grand nmbre de nethéie, tant adjectivale qu’autre.Mai cntrairement à P. Hlz qui a uhaité livrer une explicatin neurlgiqueà la faible préence de terme lié aux deur, nu renvererin vlntierle rainnement lgique, en etimant que i l’n nte une trè frte préence denethéie à mettre au crédit d’une même mdalité, c’et ûrement l’effet d’unenéceité quelcnque : que ce it un bein d’accrître l’expreivité13 de la des-

cription ou une lacune leicale.Aui, plutôt qu’un examen préalable de la prprtin dan le lexique d’adjec-

tif dédié à la decriptin de perceptin auditive, fern-nu tut au lng dentre dévelppement le chemin invere qui cnite à vir, pur tu le adjectifemplé pur qualier un n, lequel réfèrent nrmalement en prpre à cettemodalité.

Vici quelque exemple, parmi une multitude tut à fait ingulière, de ne-théie adjectivale relevée dan cet uvrage.

(a) […] l’expé de thème, nrité pleine et vibrante, […](b) […] digressions musardes et gammes vertigineuses chez Grappelli, […](c) Chorus d’accords hachurés, […](d) […], des chorus tout en respiration, volatiles comme des bulles d’air lchées en suspension.(e) […] dan n jeu d’accrd muliné […](f) sn phraé élatique et a magnique nrité […](g) Djang ’amue à brder de l vif et tendu […](h) […], deux gamme uide, […](i) Belleville et Oubli, tut en riff claquant et chru autillant, […](j) […], tut en nte bleue et invective tranchante […](k) […], envahi par le nte tellurique et le accrd évreux […](l) […] le crissement aigrelet d’une mandoline.(m) […] de fréquence bae prfnde […](n) […] arpège chrmatique incandecent […]

Cette abndance trd dnc le cu à l’idée que la péie et la frme dicurivela plu à même d’accueillir de nethéie. Cmme nu avn cutume de ledire, l’univers linguistique est un univers de contraintes et il n’est pas étonnantde trouver autant de synesthésies dans un tete qui oblige l’auteur à dévelpper 

13 La notion d’expressivité néceite certainement une dénitin que nu aimerin frmer (en ajutant la frce de réaliatin) à partir de l’affectivité que C. Bally (1935 : 111, Le langage

et la vie) incluait dans le langage : « l’enemble de men par lequel le ujet peuvent,en marge de la langue cmmune, rendre d’une façn plu u min pernnelle leur penée,

leur entiment, leur déir, leur vlnté ».

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59ADJECTIFS ET SYNESTHÉSIE. COMMENT L’ACTUEL CONDITIONNE LE VIRTUEL

au maximum, par l’intermédiaire du langage, ce que la muique de Djang Rein-hardt lui emble exprimer. Et plu la cntrainte d’expreivité et frte, plu lenethéie nt amenée à être riginale.

Pan en revue le exemple, aprè avir nté à l’intérieur de exemple lemodalités impliquées.

(a) […] l’expé de thème, nrité [uïe] pleine [viuel u auditif] et vibrante [tactile ukinesthésique], […]

(b) […] digrein muarde et gamme [uïe] vertigineue [tème vetibulaire] chezGrappelli, […]

(c) Chru d’accrd [uïe] hachuré [viuel], […](d) […], de chru [uïe] tut en repiratin, vlatile [viuel] cmme de bulle d’air lâchée

en suspension.(e) […] dan n jeu d’accrd [uïe] muliné [tactile u viuel u gutatif] […]

(f) sn phraé [uïe] élatique [tactile u viuel] et a magnique nrité […](g) Djang ’amue à brder de l [uïe] vif [viuel u tème vetibulaire] et tendu[visuel ou tactile] […]

(h) […], deux gamme [uïe] uide [tactile], […](i) Belleville et Oubli, tut en riff claquant et chru [uïe] autillant [viuel u kinethé-

sique], […](j) […], tut en nte [uïe] bleue [viuel] et invective [uïe] tranchante [tactile u viuel]

[…](k) […], envahi par le nte [uïe] tellurique [viuel u tactile] et le accrd évreux […](l) […] le criement [uïe] aigrelet [gût] d’une mandline.(m) […] de fréquence [uïe] bae prfnde [viuel u tactile] […](n) […] arpège [uïe] chrmatique incandecent [viuel] […]

Comme nous le voyons, nous avons ici toutes sortes de combinaisons entremdalité, an parvenir à l’exhautivité tutefi. Il et vrai que l’drat n’et

 pas représenté mais l’essentiel est bien sûr ailleurs : aucun des eemples n’est unereprie de nethéie déjà usée. La volonté d’epressivité est ainsi clairementmanifetée. Cmment ’ prend l’auteur ? Tut implement en emplant le pluuvent de adjectif dnt l’actuel et reté faible et le virtuel frt dan le cadrede empli nethéique : en d’autre terme, en effectuant la cnnectin d’unubtantif à un adjectif à laquelle n ignié, peu furni, ne le prédipait qu’envertu d’un inignié puiant.

Aini, en (c) ‘hachuré’, en (d) ‘vlatile’, en (e) ‘muliné’, en (f) ‘élatique’,en (i) ‘sautillants’, en (k) ‘telluriques’, en (l) ‘aigrelet’ et en (n) ‘incandescents’(pur ne citer que ceux-là) nt de adjectif peu dipé par le habituded’uage à qualier de timuli auditif. De plu, leur nmbre de ème, cmmenu le uppin, et faible et dnc, peu cntraignant. Jugen-en d’aprè ledénitin du TLFi, par eence amodales et donc sans indication de corpus :nu n’en dnnn que le extrait qui fnt en dan la nethéie en quetin.

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60 CHRISTOPHE CUSIMANO

hachuré : Marqué de raies, de bandes, strié.volatile : Qui et facilement prpagé par le vent.mouliné : Turné avec régularité. Ccl. Pédalé à vive allure, avec uplee et régularité.

élastique : qui a la prpriété de reprendre, du min partiellement, a frme et n vlume primitif aprè avir été umi à une cmprein u à une extenin. sautillant : Qui fait de petit aut ucceif.tellurique: Qui et relatif à la terre, prvient de la terre.incandescent : 1. Chauffé à blanc u au ruge, rendu lumineux u l’effet d’une frte cha-

leur 2. Qui prduit une lumière et une chaleur intene.

Pour mieu mesurer, en termes d’epressivité, l’écart entre ces synesthésies etde cnnectin lexémique plu cnventinnelle, il uft de le imaginer. Par exemple, i l’n parlait en () d’ « accrd de feu » u d’« accrd enammé », ilnu emble que l’effet erait mindre.

Pur en revenir à de cnidératin émique, n vit bien à la lecture de cedénitin que peu de ème décrivent le différent adjectif, ce qui, il et vrai,et an dute un critère dénitire de la catégrie14. Un eul u deux ufentà dénir chacun d’entre eux. si l’n admet que cela puie être une prpriétéde adjectif eux-même, n cmprendra aui que le nethéie adjectivaleient i aiée et dnc i fréquente. L’exprein de entiment induit par lamuique, nu en tenant à ce bref crpu, ne emble pa dérger à cette règle.

5. sè

Pour résumer les enseignements de cette étude, on pourrait rappeler que lavisée communicative de la synesthésie est l’epressivité : cette epressivité estmaimale lorsque celle-ci est neuve, en d’autres termes, peu conventionnelle. Or,une nethéie, adjectivale et permie par une bae émique peu dévelppéeet peu cntraignante. Deux crllaire à cela : le rati actuel/virtuel et plutôt enfaveur du virtuel ; en effet, n ne crée du nuveau que parce que le pible déjàréalié le permet. Et, enn, une uverture enrielle de l’adjectif, autriée par lefaible nmbre de ème et un virtuel imprtant, et néceaire en vue de l’emplinethéique, cmme nu l’avn mntré à pluieur reprie. En ce en, n

 purrait dire que la nethéie adjectivale cntitue une bnne illutratin demoyens dont l’actuel et le virtuel se conditionne l’un l’autre.

14

Puique le adjectif expriment une prpriété.

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61ADJECTIFS ET SYNESTHÉSIE. COMMENT L’ACTUEL CONDITIONNE LE VIRTUEL

Bbl

L l

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ab d k wd

The aim f thi article i t cnider the prblem f nethetic exprein b explring thecnditin that adjective mut fulll t take part f it. We particularl ugget the virtual/actualrati f thee adjective t fcu n a new hpthei.

snetheia; virtual; adjective; emantic; cgnitive cience

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ÉTUDES ROMANES DE BRNO32, 2011, 2

CHRISTIAN TOURATIER 

essai D’anaLyse sémantiqueDu verBe français filer

1. id

A priri le verbe ‘ler’ ne emble préenter aucune difculté. Mai dè quel’on ouvre un dictionnaire, on s’aperoit qu’il est beaucoup plus polysémique et

 plu difcile à décrire qu’n ne le penait. Au cur de cet eai d’anale, nunu prpn dnc de frmuler quelque reexin ur le virtualités qui en-turent ce plème et, d’une manière plu générale, l’enemble de lexie pl-émique. A cet effet, nu effectern un rapide retur ur de thérie récente

 portant sur la polysémie, et plu ancienne à prp de la valence pusique c’est

 bien d’un verbe dont il est ici question.

2. i d

on truve en effet le différent grand en uivant :

“I. V. tr. 1. Tranfrmer en l (matière textile). Filer du lin, de la laine. Filer de la laine à la main

avec une quenouille, un fuseau, un rouet .” (LNPR)“2. Déruler de façn égale et cntinue. − Mar. Filer une écoute, les amarres. <…> − Irn. Filer 

le parfait amour : se donner réciproquement des témoignages constants d’un amour partagé.”

(LNPR)“4. Marcher derrière (qqn), le uivre pur le urveiller, épier e fait et gete. ⇒ pister. Policier 

qui le un suspect .” (LNPR)“5. Fam. Donner, prêter. File-moi cent balles.” (LPLI)“II. V. intr. 1. (Prendre la frme d’un l) Culer lentement an que le gutte e éparent. Sirop

qui le. − Frmer de l (matière viqueue). Le gruyère fondu le.” (LNPR)“2. Se dérouler, se dévider. Câble qui le. ◊ Une maille qui le, dnt la bucle de l e défait,entraînant le maille de la même rangée verticale. Par ext. Son collant a lé .” (LNPR)“3. Aller drit devant i, en ligne drite ; aller vite. Oiseau qui le à tire d’aile. Filer comme une

 èche, comme un zèbre, à toutes jambes.” (LNPR)“4. fam. s’en aller, e retirer. Filer à l’anglaise. «Une heure moins le quart ! File et que je ne te

revoie plus ! » (Clette)” (LNPR)“6. (che) « L’argent le entre me digt cmme du able » (Bernan)” (LNPR).

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64 CHRISTIAN TOURATIER 

si certain de ce différent en emblent ’pper ntaxiquement cmmede empli intranitif en face d’empli tranitif, et émantiquement cmmede ignicatin active : « déruler », et « tranfrmer en l », en face de igni-catin plutôt paive « e déruler », et « prendre (u avir) la frme d’un l »,l’enemble de autre en nt i différent qu’n et bien tenté de uivre le DFCet  Lexis, et de postuler l’eistence de plusieurs verbes homonymes. Ces deuderniers dictionnaires admettent les 5 homonymes suivants :

“1. ler v. tr. (bas lat.  lare, de  lum) 1) Tranfrmer un textile en l :  Filer de la laine, du

chanvre. Métier à ler . 2) [ujet nm déignant le araignée, certaine chenille] secréter unl de ie : l’araignée le sa toile. Le ver à soie le son cocon. 3) Fam. Filer un mauvais coton,être engagé dan une mauvaie vie, aller ver une iue funete : Il ne cesse de maigrir, on dirait 

qu’il le un mauvais coton.” ( Lexis)“2. ler <…> de ler 1 <…> 1) Filer un câble, une amarre, etc., les dérouler lentement et de

façn égale, aprè le avir attaché. 2) Fam. Couple qui le le parfait amour , qui est dans une période de grand bonheur : Mary lait le parfait amour avec Frédéric (Aragon). <…> 3) Maille

qui le, dnt la bucle e défait, entraînant celle de la même rangée.” ( Lexis)“3. ler <…> de ler 1 <…> 1) Aller, partir trè vite : Il la vers la sortie. Le sanglier débusqué 

 la à travers les broussailles (Maupaant) [=galpa vite].” ( Lexis)“4. ler <…> de ler 1 <…> 1) Filer quelqu’un , le uivre ecrètement pur le urveiller.” ( Lexis)“5. ler <…> de ler 1 <…> Pop. Donner, passer : File-moi du fric ! (=dnne-mi de l’argent).

 Je lui le du papier à lettres (Sarrazin)” ( Lexis).

si le deux verbe ‘1. ler’ et ‘2. ler’ nt peut-être quelque che en cmmun,le tri dernier emblent n’avir rien à vir avec eux, ni même entre eux, ce qui

revient à dire qu’il a peut-être au min quatre verbe hmnme. Mai il fautvir le che d’un peu plu prè.

3. t vs.

si l’n admet que le cncept teniérien de valence (Tenière, 1966 : 238et uiv.) et d’actant (Tenière, 1966 : 102 et 105–110) nt de ntin éman-tiques, et qu’on les distingue nettement des notions de transitivité et de complé-ment en ituant ce dernière excluivement au niveau ntaxique, cela permet

de bien ditinguer le niveau de pertinence de ce que Blinkenberg appelait jute-ment la « tranitivité émantique » et la « tranitivité ntaxique » (Blinkenberg,1960 : 12–25, ntamment p. 12, 18, 23), en évitant tut rique de dérapage ver -

 bal. Cela permet en utre de clarier terminlgiquement l’intuitin de gram-maire traditinnelle, quand elle parlent par exemple de empli intranitifde verbe fndamentalement tranitif, cmme le verbe ‘manger’  (cf. Tura-tier, 2010 : 151), u de empli tranitif de verbe eentiellement intrani-tif, cmme la cntructin ‘pleurer’ quelqu’un, ou quelque chose (cf. Turatier,2010 : 160).

Il emble alr pible de ptuler, pur le verbe ‘ler’, un ignié mnva -lent cmme « e déruler », c’et-à-dire « ’étendre prgreivement et de façn

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65ESSAI D’ANALYSE SÉMANTIQUE DU VERBE FRANçAIS FILER

cntinue dan l’epace », pur rendre cmpte de ce que Lexis cnidère cmmedeux en différent de l’empli intranitif du verbe ‘ler’, à avir celui que l’na dans :

le sirop qui le (c’et-à-dire dnt le gutte frment cmme un l cntinu qui e dérule danl’espace)la maille qui le (c’et-à-dire la maille qui aute et fait une traînée cntinue dan l’epace enentraînant le maille qui l’enturent à auter aui chacune à leur tur), le collant qui a lé , etc.

Et si ce verbe, sémantiquement monovalent, est employé transitivement, c’est-à-dire i n fait de n premier et eul actant un cmplément de verbe, n etbligé d’ajuter un ujet nn appelé par la valence du verbe, ce qui entraîne unemdicatin du en et crrepnd à ce qu’il et pible d’appeler une tran-itivatin factitive (cf. Turatier, 2010 : 162–163).   Elle le de la laine ignie

fndamentalement « Elle fait que de la laine le, c’et-à-dire e dérule, et en faite frme au fur et à meure qu’elle e dérule ». De même, Les marins lent les

amarres ignie « Le marin fnt que le amarre lent ».Le en de « uivre dicrètement à la trace » de l’exemple le policier qui le

un suspect relève de la même tranitivatin factitive, mai avec un en affaibli.Il ne crrepnd pa à « le plicier fait que le upect uit a rute », mai plutôtà « Le plicier laie le upect uivre (déruler) a rute, et, bien ûr, en prte

 pur le urveiller ».Quant au en « ’en aller, e retirer » de  Filer à l’anglaise, il apparaît quand

le seul actant du verbe est un être animé, qui ne s’étend pas, ne se développe pas

dans l’espace, mais se déplace progessivement, de plus en plus dans l’espace, quidonc s’éloigne de son point de départ. Ce ignié de « dérulement cntinu dan l’epace » permet de cmprendre un

certain nmbre d’autre empli du verbe ‘ler’. L’argent qui le dans les mains ’en va de façn cntinu de main de n peeur. Le rossignol qui le sa note

 si pure, si pleine (Balzac) fait que a nte e déplie de façn cntinue dan letemps. L’araignée qui le sa toile fait que a tile e dévelppe de façn régulièreet cntinue dan l’epace. Le pète qui  le une métaphore développe dans sontete une même métaphore sur un certain nombre de vers qui se suivent. Mary qui

 le le parfait amour vit, c’et-à-dire laie n bnheur amureux e dévelpper 

dan le temp de façn cntinue. Le navire qui le à trente nœud , c’et-à-dire quia une vitee de trente nœud et un navire qui ’éligne dan l’epace d’une façnrégulière et cntinue, eln un tème de meure prpre à la marine, dnt l’unitéet le nœud. Mai hitriquement le verbe ‘ler’ avait dan cette exprein le en

 premier de « e déruler de façn cntinue ». Pur meurer la vitee d’un navire,n utilie un lch, c’et-à-dire un petit tème qui cntient une ligne prtant uneérie de nœud epacé de 7,71m le un de autre. Placé à l’arrière du navire, nlaie ler pendant 15 ecnde cette ligne, en cmptant le nmbre de nœud quiaini délent. Ce nmbre de nœud et la vitee du navire. Pur qui ignre tutecette technique, le verbe ‘ler’ n’a plu rien à vir avec le délement cntinu denœud de la ligne du lch qu’n laie ler ; il et rattaché au en de « ’en aller »

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66 CHRISTIAN TOURATIER 

que ce verbe peut prendre, et ignie quelque che cmme « aller, e déplacer àune vitee de tant de nœud ».

Seul le sens argotique de ‘donner’ ne semble pas pouvoir se rattacher au signi-é « e dépler, e déruler ». Il dit ’agir d’un verbe hmnme, qui au départétait prbablement un empli métaphrique du verbe ‘ler’, mai qui n’et pludu tut enti cmme tel. Il aurait par cnéquent maintenant deux verbe ‘ler’hmnme, du fait de ce que Meillet expliquerait cmme un « emprunt » de lalangue cmmune a la « langue péciale » qu’et l’argt (Cf. Meillet, 1958 : 255 et246–246).

4. vl t s al

si maintenant n accepte l’hpthèe de Chritphe Cuiman, qui ne réduit pa le ignié d’un lexème à n eul émème, n fera du émème (c’et-à-direl’enemble de e ème u trait pertinent) le nau de ce ignié (Cuiman,2008 : 89–90), auquel ’ajutera ce qu’il appelle de tsa (traits sémantiques ap-

 pliqué), c’et-à-dire de imple trait émique du à de empli ituatinnelu cntextuel particulier (Cuiman, 2008 : 93), mai qui nt « précntruit »et entré dan la langue, puique leur ignicatin particulière nt mentin-nées dans les dictionnaires. Ce sont en quelque sorte des virtualités plus ou moinslexicaliée parmi lequelle le cntexte fait n chix.

La polysémie de ler est alors représentable par le schéma suivant, où les traits

émique nt entre guillemet (le ème e truvant à l’intérieur de la bulleupérieure), tut cmme le nnme qui nt aui précédé du igne = ; enn,le exemple nt en italique. Le acceptin crrepndant à un même trait

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67ESSAI D’ANALYSE SÉMANTIQUE DU VERBE FRANçAIS FILER

émique d’applicatin nt repréenté par de chiffre rmain (I. et II.). on peut alr nter que le en « laier e déplacer » (tut en ba) et tiraillé entrel’acceptin II. qui relève de « laier e déruler » (« avec changement de lieu »)et l’acceptin I. « e déplacer vite dan l’epace » du tsa « avec changement delieu ». Le en de ‘ler’ dan « L’argent le entre me digt » répnd égalementde deu acceptions que sont I. et II. de ce dernier tsa. Le rete de la gure etsans surprise au regard de ce qui a été observé plus haut.

5. cl

Cmme nu l’avn vu, une inme partie de virtualité du verbe ‘ler’ etdue à une hmnmie pure et imple, prvenant d’un empli argtique qui lui

cnfère le en de « dnner ». Pur le rete, il emble bien que l’n puie réduirela plémie du verbe à un eul ignié (u émème dan ntre dernier chéma)dont les acceptions ne seraient que des applications diverses. En ce sens, la va-lence adoptée dans certains emplois précis et constituée d’actants (au sens de L.Tenière) dnt le prpriété varient, et un critère imprtant mai pa tujurdéciif pur tenter de tracer la ligne de démarcatin entre le acceptin. La mul-tiplicatin de branche de ntre tructure arbrecente mntre aui que, parfi,un emploi peut être partagé par plusieurs tsa.

Bbl

BLINKENBERG, Andreas.  Le problème de la transitivité en français moderne. Essai syntacto-

 sémantique. Copenhague, 1960.CUSIMANO, Christophe. La polysémie. Essai de sémantique générale. Paris: L’Harmattan, 2008.MEILLET, Antoine. Comment les mots changent de sens. In:  Linguistique 1historique et linguis-

tique générale. Paris: Klincksieck, 1958, p. 230-271.TESNIÈRE, Lucien. Eléments de syntaxe structurale. 2nd ed. Paris: Klincksieck, 1966.TOURATIER, Christian. La sémantique. 2nd ed. Paris: Armand Colin, 2010.

ab d k wd

In thi article, the purpe i t et the different denitin f  ler (fr.) in rder. Indeed, it eemthat bervatin abut the verb valenc and the prpertie f argument requeted enable u tappreciate it plemic/hmnmic nature. In that wa, the theretical ditinctin between emeand emic feature i al particularl helpful.

Valenc; virtualit; plem; hmnm; eme; emic feature

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ÉTUDES ROMANES DE BRNO32, 2011, 2

GERMANA OLGA CIVILLERI

iL concetto Di raDice tra virtuaLe e attuaLe.note suLLe raDici preDicative DeL greco antico

1. idz

L cp di quet articl è di ricucire una paccatura terminlgica riguar -dante il concetto di radice. Eitn, infatti, in letteratura due divere nzini diradice, l’una “attuale” l’altra “virtuale”, elaborate in seno a due macro-prospetti-ve di ricerca che spesso vengono tenute separate: gli studi storici di stampo indo-europeista e il variegato panorama della linguistica sincronica moderna.

La percezione di questo divario appare evidente quando ci si vuole accostareall tudi di lingue claiche – per le quali eite una letteratura tradizinale di

riferiment di matrice tric-cmparatita – facend u degli trumenti, delleterminologie e delle metodologie proprie della linguistica moderna. In questolavr i cercherà di rendere cnt dell’una e dell’altra viine e, per quantè pibile, di riavvicinarle, ulla bae di alcune rieini rte da un tudicompiuto sui nomi deverbali in greco antico (Civilleri 2010).

Cme vedrem, riavvicinare le due viini nn ignicherà neceariamentefarle cincidere l’una cn l’altra, ma piuttt chiarire differenze e punti di -vrappizine, in md da favrire una miglire cmprenine delle categrieche ciascuna di esse implica e una più agevole applicazione nell’analisi linguisti-ca. Riulterà chiara, tra l’altr, una netta prpenine da parte ntra per una delle

due nozioni di radice, quella attuale.

2. L : d dbl

Prima di addentrarci nel merit della quetine, illutrand la differenza traquelle che saranno chiamate “radici virtuali” e “radici attuali”, descriviamo ilquadr che ha frnit l punt per le rieini che eguirann. La ricerca all’in-tern della quale è emer cn frza il prblema della divergenza tra i due cncet-ti di radice riguardava, cme già accennat in § 1, la categria dei nmi deverbaliin greco antico.

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70 GERMANA OLGA CIVILLERI

Il greco, più del latino, si caratterizza per un’articolazione particolarmente ric-ca del livell mrflgic: nn l infatti, al pari del latin e di mlte altre lin-gue, fa larg u di trategie derivative di tip cncatenativ cme l’afssazione,ma i erve anche, in maniera ptente, dell trument mrflgic intreivdell’apofonia. Per la ua varietà di chemi mrflgici, quindi, il grec più dialtre lingue costituisce un campo d’indagine privilegiato per lo studio dei nomideverbali.

La prpettiva dalla quale quet tudi è tat affrntat è eminentementeincrnica: l’intent principale era ciè quell di frnire un quadr ampi delletrategie mrflgiche adttate per la frmazine di nmi deverbali nel grec an-tico, mentre i problemi della ricostruzione della proto-lingua indoeuropea eranostati esclusi dal nostro orizzonte.

2.1. Livelli morfologici nella struttura delle parole in greco antico

Sposando una visione ormai pienamente consolidata negli studi di indoeuro- peitica, Benedetti (2002) rappreenta la frma verbale ea cme una “trati-cazione” a tre livelli:

I) radice;II) tema verbale;III) frma verbale.

Ad eempi, e prendiam la frma verbale ea   [ phaíneis] (pres.ind. att. di   [ phaínō], II ing.; eempi ntr):

I)  [ phan-] è la radice, “prtatrice di un cert cntenut emantic-leicale (rappreenta ciè un determinat «prce», «tat», «qua-lità», etc. […])” (Benedetti 2002: 21);

II)   [ phain-] è il tema, prtatre di infrmazini di tip (emantic-)categoriale sull’aspetto1;

III) e inne    [ phaíneis] è la frma verbale cmpiutamente ea, ar -ricchita già delle infrmazini mrfintattiche di md, temp, diatei,

 persona e numero.

Gli elementi mrflgici dei livelli II e III, quindi, “cntribuicn alla ca-ratterizzazine emantica e alla buna frmazine intattica della prpizine”(Benedetti 2002: 21).

1 “Une racine” crive Hut (2001: 28) “[…] peut être accmpagnée d’un « allngement », […]Cet allngement cntitue avec la racine un enemble mrphlgique pécique, que l’n et endrit d’appeler « thème », à la uite de cmparatite”. La frma  [ phain-] ad esempio,sirigina per effett dell -j- che i aggiunge per la frmazine del tema del preente in alcuneclassi di verbi:  [ phan-]+ j >  [ phain-],[ban-]+ j >[bain-],[ar-]+ j >

[air-].

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71IL CONCETTO DI RADICE TRA VIRTUALE E ATTUALE

All te md i ptrebbe cniderare anche la traticazine di funzini preente nei deverbali: prcedimenti mrflgici cme l’afazine l’apf-nia (cfr. supra § 2) andrebber intei in tal en, appunt cme meccanimi di

 paaggi da un livell all’altr, tenend cnt naturalmente del fatt che il nmedeverbale manca di alcune delle infrmazini grammaticali prprie dei verbi (le presenta assai più raramente e in maniera meno trasparente), proprio perchéappartiene ad una categria leicale differente, quella di nme per l’appunt (cfr.inter alia Bruno 2000 e Simone-Pompei 2007).

È evidente, dunque, che la radice ctituice la bae di partenza per la frma-zione delle parole. “C’est cette portion de terme” scrive Huot (2001: 27) “quiet à la fi prteue de l’identité du lexème (cette partie d’interprétatin qui ledifférencie de tu le autre lexème), et inécable u peine que it perduecette identité leicale”.

2.2. Il concetto di radice nelle lingue indoeuropee e nel greco antico

Eite tuttavia un divari cniderevle tra il ignicat che il termine “radice”ha nell’uso degli indoeuropeisti e quello che gli viene attribuito da gran parte deilinguiti cntempranei: mentre per queti ultimi la radice è per l più un cn-cetto astratto, pre-categoriale, l’accezione indoeuropeistica di radice prevede chequeta ia dtata di un cntenut emantic-leicale (cfr. Benedetti 2002). Nellavr menzinat (Civilleri 2010) il termine è tat adperat in quet’ultimaaccezine, ma piché l’intent generale era quell di frnire un quadr incrni-

c della clae dei nmi deverbali in grec antic (cfr. supra § 2.1) ecnd cate-grie e metdlgie adttate dalla linguitica cntempranea, i è rea neceariauna denizine più dettagliata tericamente del cncett di radice.

secnd Lehmann (2008), la radice – inieme al tema – ctituice il livel-lo più basso al quale un segno linguistico può essere categorizzato nei terminidi truttura di una lingua pecica. Ciò ignica che il livell della radice nnè affatt extra- pre-linguitic e che quindi, in quant entità linguitica, è giàcategrizzata (cfr. anche Hut 2001: 48–49). scrive infatti Lehmann (2008: 546):

The aignment f a linguitic ign t a wrd cla i an peratin that mut be een a part f theverall tranfrmatin f extralinguitic ubtance int linguitic frm. In thi, it i cmparable

t uch prcee a the tranitivizatin f a verbal bae, which further pecie a relativelrugh categrizatin. […] The rt and the tem are the lwet level at which a linguiticign can be categrized in term f language-pecic tructure. Further categrizatin i thenachieved at the level f the ntagm.

 phrasewrd frm

stemroot

Lehmann (2008:548); Level f grammatical categrizatin

Tabella 1

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72 GERMANA OLGA CIVILLERI

La categorizzazione dello stesso segno linguistico può poi cambiare nel pas-saggio da un livello all’altro: Lehmann (2008) distingue pertanto una categoriz-zazione primaria (che avviene al livell più ba) da una categrizzazine nale(al livello più alto).

Le lingue, però, manifetan cmprtamenti diveri quant al grad di a-ciazine di un cert ignicat leicale cn un cert ignicat categriale (cfr.

 semantema e categorema in Coseriu 1955): in lingue (più o meno) isolanti comeinglee e cinee l’aegnazine di categria ad un determinat ignicat leica-le avviene in maniera più libera che nella maggior parte delle lingue indoeuropee

 – , in altre parle, i egni n più facilmente ttpecicati quant a categrialessicale (Jezek-Ramat 2009: 400). Per chiarire questo punto, Lehmann (2008:547) si serve di un esempio dello spagnolo tratto dal suo corpus: “The concept‘cmfrt’” crive “i cded in spanih b the tem consol-, which can nl be

inected a a tranitive verb. That i, given the lexical meaning a paired witha tem, the wrd cla i given, t. The ame cncept i cded in MandarinChinese by the stem ānwèi, which can be ued a a verb (‘t cmfrt’) r a anadjective (‘cmfrting’). Thu, the lexical meaning f the Mandarin tem i mreindependent frm pecic wrd clae than in spanih”2.

Se la categorizzazione al livello più alto dello schema di Lehmann (2008: 548),quell del intagma, avviene ulla bae della funzine intattica del egn lingui-tic, nn è altrettant chiar u quali bai i fnda la categrizzazine leicale,che avviene al livell più ba: tale categrizzazine deriva infatti da un calcl

 prbabilitic del tip “what will mt prbabl be the ntactic functin f thi

lexical cncept?” (Lehmann 2008: 550), e ciò nn può dipendere da nient’altrche dal ignicat del egn. È chiar quindi che la categrizzazine leicale(primaria, cfr. supra) è eenzialmente determinata da principi cgnitivi univerali,il più noto tra i quali sarebbe, secondo Lehmann (2008), quello della time-stability di un cncett, che i incrcia cn le funzini di referenza e predicazine: le en-tità tempralmente più tabili arebber ciè quelle referenziali (cfr. Givón 1979,2001). Naturalmente alcuni ignicati leicali n più prpeni di altri ad eerecategorizzati in maniera chiara: ad esempio, all’interno del campo lessicale degliggetti ici la maggir parte dei cncetti leicali arann categrizzati cme nmi,mentre in quello degli atti distruttivi come verbi (transitivi) (Lehmann 2008: 551).

Ad gni md, il grec – almen al pari del latin (cfr. Lehmann 2008: 557) – è una lingua cn un’alta categrialità della radice, megli del tema3, ciè

2 Per cniderazini di tip imile ul cinee cfr. anche Jezek-Ramat (2009: 399), che il-lutran l’eccezinale veratilità ditribuzinale della parla del cinee arcaic tard  xìn “trutwrthine

[N]/ t be trutwrth

[IntrV]/ t believe = t cnider mene a trutwrth

[TransV]/

certainly[ADV]

” (eempi tratti da Biang 2000). In cai cme quet la plifunzinalità della pa -rla, va quindi cniderata cme un riultat della ua precategrialità.

3 In realtà Lehmann (2008: 557–558) nta cme il latin ia piuttt una lingua ad alta categ-rialità del tema, piché mlt pe è la preenza della vcale tematica che decide la categriz-

zazine del egn. Una lingua ad alta categrialità della pura radice arebbe invece il tedec.

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73IL CONCETTO DI RADICE TRA VIRTUALE E ATTUALE

cn un’alta prpenine ad aciarvi una categria leicale (ciè una clae di parole).

Esiste, secondo Lehmann (2008), una chiara spiegazione del perché alcuneteorie linguistiche, come quella di Hopper-Thompson (1984) o la cosiddetta Di-

 stributed Morphology (cfr. inter alia Harley-Noyer 1999), considerino le radi-ci cme prive di categrialità: “such therie uffer frm a methdlgical anda theoretical misconception. The methodological mistake is that they try to resol-ve at the theretical level what i a purel empirical iue. […] The thereticalmitake cnit in piting univeral prpertie f categrie f grammar, in thicae the precategrialit f rt”.

Un eempi chiar ci viene frnit da Alexiadu (2009), che tudia i nmideverbali del greco moderno nell’ottica della Distributed Morphology. La gene-ralizzazine alla quale la tudia perviene è che i nmi deverbali che reggn

struttura argomentale sarebbero derivati da verbi, mentre quelli con cui la strut-tura argomentale non può occorrere sarebbero derivati da radici. Le radici, però,in quest’ottica, sono un contenuto del tutto astratto e a-categoriale, che non puòessere in sé né verbale né nominale. Al livello successivo (inner cycle) la radiceviene categrizzata e aume la frma di verb di nme ( di aggettiv, ecc.)in md alutamente idiincratic: i nmi cì frmati, direttamente dallaradice, non presenterebbero, secondo Aleiadou (2009), struttura argomentale.Al contrario, i nomi deverbali con struttura argomentale sarebbero derivati adun livello ancora successivo (outer cycle) da elementi verbali già categrizzatinell’inner cycle e il lr ignicat arebbe per quet cmpizinale. È chiar

che una teria di quet tip, in cui la radice è di per é un element “virtuale”,non può che rimanere una speculazione.La prospettiva empirica di Lehmann (2008) ci sembra dunque la più corretta

nell’ttica della ricmpizine della nzine di radice che ci preggiam.

3. fz z d

In mlti cai, i nmi deverbali n frmazini primarie eattamente cmei verbi tei: nn è crrett ciè cniderare, ad eempi,  [tomé ] “taglio”

o   [tómos] “fetta, ritagli” cme frmazini ecndarie ripett al verb  [témnō]; ee vann invece cniderate cme frme primarie derivatedirettamente dalla tea radice u cui i frma il verb crripndente, ciè  [tem-/tom-/tm-] “tagliare”. Secondo Wodtko (2005), tra l’altro,il fatt che nmi e verbi ian decrivibili ecnd una tea truttura fr -male “Radice+suf+Deinenza” arebbe la prva del fatt che la radice iadirettamente dipnibile per la frmazine di entrambe le clai di parle: lanminalizzazine di un verb deriva quindi nn da frme cnntate apettual-mente, ma dalla radice. Le divere frme apettuali e di  Aktionsart del verboe le nminalizzazini deverbali arebber quindi entrambe cdicate mrfl-

gicamente cme primarie. Naturalmente ciò nn è empre ver, dat che, cme

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74 GERMANA OLGA CIVILLERI

vedremo, esistono nominalizzazioni che hanno per base una vera e propria  for-

ma verbale.Ma dove sta quindi il carattere deverbale di nomi come  [tomé ] o   

[tómos]? Ei n deverbali piché n i cncetti ttpti a nminalizzazinead eere verbali: Wdtk (2005: 42), in riferiment alle nminalizzazini dever -

 bali del leic indeurpe, parla infatti di “Nminaliierungen vn verbalenKnzepten”. Rimanend nella tanza d’accrd cn tale prpettiva, preferiam

 però parlare di “nminalizzazini di cncetti predicativi” (cfr. “nminalizzazinedel predicat” in Benedetti 2002: 41): infatti, nntante eita un’aciazine

 prttipica tra funzine emantic-pragmatica della predicazine e categria ver - bale, anche clai di parle divere dal verb pn avere funzine predicativa.

È appunt per il fatt che i nmi in quetine pn eere cnideraticome nominalizzazioni di concetti predicativi che ad esempio il nome d’agente

[áktōr ] “guida, capo” implica l’esistenza del verbo   [ágō] “condurre”(Wodtko 2005) (o meglio, secondo noi, della radice  [ág-]) – ebbene ianentrambe frmazini mrflgicamente primarie (frmate entrambe tramite l’ag-giunta di un uf) –, ma nn vicevera: per cui può eere parafraa-to come “colui che compie l’azione di  ”. Nn c’è nulla invece che faccia

 penare ad una dipendenza – frmale e emantica – di   da (Wodtko2005: 50). Peraltr la differenza di livell tra le due frme è anche ttlineatadal fatt che, mentre in   [ágō] il uf che i afgge alla radice è eiv,in [áktōr ] è derivativ: mentre dunque il uf eiv aggiunge un’in-frmazine puramente grammaticale alla bae, quell derivativ è prtatre di

un contenuto lessicale e determina in questo caso un passaggio categoriale V > N (cfr. inter alia Beard 1995 e Naumann-Vogel 2004). In particolare in  [áktōr ], naturalmente, ciò che viene nminalizzat nn è il cntenut verbalein sé, ma un partecipante all’azione denotata dal contenuto verbale, l’agente per l’appunt (cfr. la ripartizine claica di Cmrie-Thmpn 1985).

Eitn certamente anche frmazini nminali ecndarie (cme ad eempi [ phōrá] “furt”, derivat da  [ phōr ] “ladro”), allo stesso modo in cuieitn frmazini verbali ecndarie (cme [ phōnéō] “emettere voce, dire”da [ phōné ] “vce”). Ma la ntra analii i è cncentrata maggirmente ullefrmazini nminali tratte direttamente da una radice, ciè le frmazini primarie

 per l’appunto. Una precisazione terminologica: con il termine “primarie” non ciriferiam qui alle frmazini che derivan diacrnicamente da radici indeurpee,ma che derivano da radici sincronicamente attestate nel greco antico.

Tale differenza è imprtante ia per nn cnfndere i fatti del grec antic cnquelli dell’indeurpe ia per erviri in md crrett e prcu degli tudi in-deurpeitici in una ricerca ul grec antic. Meillet-Vendre (1966: 340–341),ad esempio, sottolineano come la tendenza generale delle lingue indoeuropee siadi eliminare le frmazini primarie e di rimpiazzarle cn frmazini ecndarie,nelle quali il uf i aggiunge nn ad una radice, ma ad una parla ctituita, almen, al radicale di una parla ctituita. Le frmazini primarie quindi

sarebbero delle sopravvivenze: il latino ad esempio ha soltanto qualche rappre-

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75IL CONCETTO DI RADICE TRA VIRTUALE E ATTUALE

sentante della categoria dei nomi d’azione in *-ti- del tipo greco (molto produt-tivo) [dósis], come mors (da *m 3-ti-, sanscrito m 3ti ³) o mens (da *m‚-ti,sanscrito mati ³). Tale eliminazine delle frmazini primarie riguarderebbe in

 parte quelle troppo brevi, in parte quelle in cui la radice si presenta in vari aspettia caua dell’alternanza vcalica e, anticamente, dell ptament di accent; talifrmazini infatti eran pe cmplicate e pc chiare.

In quet ca, è evidente che le frmazini primarie alle quali gli autri irifericn n quelle derivate dalle radici primarie dell’indeurpe (tuttemonosillabiche), che ad un certo punto cessano di essere pienamente produttivee vengn rimpiazzate da nuve frmazini radicali. Il termine radicale infatti,cme ttlinea Hut (2001: 29), i riferice a quegli elementi leicali che dev-n eere cniderati cme punt di partenza della frmazine di parla, ma chenn cincidn cn la radice mnillabica. Tali frmazini radicali, che n

secondarie rispetto alle originarie radici indoeuropee, possono però a loro voltaessere considerate primarie nel greco antico e servono sincronicamente da base

 per la frmazine, ad eempi, di nmi deverbali.Hut (2001: 51), cnfrntand la ituazine di radici/radicali del francee cn

quella dell’indoeuropeo, si pone la stessa questione con la quale anche noi ci stia-m cnfrntand in riferiment al rapprt che le radici del grec antic hanncon quelle indoeuropee: dato che i cambiamenti diacronici interni a queste duelingue indeurpee n tati tali da mdicare prfndamente i tipi di trutturedelle radici (le radici, intee cme punt di partenza – nn ulterirmente cmp-nibile – della frmazine di parla, infatti nn n più l mnillabiche), ha

davver en cntinuare a denire “radici” le radici mnillabiche e “radicali”le radici pluriillabiche? La ripta è negativa, ma, mentre Hut (2001) preferi-ce mantenere queta eparazine terminlgica per nn mdicare la denizinedi radice, qui i è deci al cntrari di nn cniderarla una ditinzine rilevante:tale celta è tata ma dalla cnvinzine che mantenere quella claicazinenell tudi di una lingua che emplicemente preenta trutture di radici differentirispetto a quelle possibili in indoeuropeo non abbia granché senso.

La differenza tra radici primarie e ecndarie dell’indeurpe e del grec puòessere rappresentata, approssimativamente, nel modo seguente:

I.E. Greco anticoRadici primarie

Radici secondarie Radici primarieRadici secondarie

Tabella 2

Tra le radici secondarie4 del greco antico, possiamo, ad esempio, annovera-re quelle che, derivate da radici verbali, diventano radici di natura aggettivale

4

Cfr. Matthai (2008: 38): “Un cuple d’ppé «mt primaire/mt dérivé» peut inclure plu

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nminale e ervn da bae per la frmazine di alcuni nmi in [-ía], chequindi sono deverbali solo secondariamente: per esempio, in [oike-te-

ía] “ervitù, ervi” il uf i appne alla radice del nme [oiké-tēs]“familiare, erv” (< [oike-] “abitare”). In questi casi i nomi derivano daradici la cui natura nminale aggettivale è chiaramente marcata da elementifrmali. Mentre, ciè,  [oikétēs] deriva da una base la cui natura verbaleè di tip emantic, la bae di [oiketeía] è già categrizzata cme n-minale ia emanticamente ia frmalmente. In effetti, bignerebbe ditinguerele Regole di Formazione di Parola almeno in due tipi: Halle (1973), ad esempio,identicava quelle che i applican agli stems e quelle che si applicano alle parole(già categrizzate, ciè, cme verbi, aggettivi, nmi, ecc.).

In realtà, quell di tabilire e i nmi deverbali derivan da radici inerente-mente (cntenutiticamente) predicative da frme verbali è un fal prblema,di natura puramente terica – frma verbale e ignicat verbale, infatti, nnn cii –, mentre è più imprtante tabilire e il nme i frmi direttamen-te da una bae verbale/predicativa e invece alcuni elementi frmali ian laspia di una “derivazione verbale (sincronicamente) secondaria” (come nel casodi  [oikétēs]sopra). Per gli scopi che la nostra ricerca sui nomi deverbalii preggeva, pertant, una ditinzine terminlgica tra nmi che derivan daradici verbali, da temi verbali da frme verbali nn ci è embrata rilevante: nel-la ntra prpettiva – incrnica – un nme cme [básis] e uno del tipo  [ poíēsis] hann ciè eattamente l te valre all’intern del itema.L cp del ntr lavr, infatti, era piuttt quell di cmprendere in che

modo agisse la regola di derivazione quando apposta ad una certa base che dideterminare la natura della base stessa.

4. alz d dbl lll

Analizzando la struttura dei nomi deverbali in base allo schema tripartito diBenedetti (2002), ne avremmo che:− il prim livell arebbe quell in cui i cllcan i cncetti; prtatrice dei

cncetti, almen per le lingue indeurpee, è la radice: ad eempi nella

radice / /  [tem-/tom-/tm-] risiede il concetto, predicativo, di “ta-gliare”;− la radice, che di per sé ha un contenuto che può essere descritto la mag-

gir parte delle vlte cme predicativ referenziale, al ecnd livell può

de mt que ceux qui nt le cntituant direct de ce cuple particulier. En effet, cmmel’bervent le grammairien ancien, un dérivé peut à n tur cntituer un terme primaire,à avir fnctinner cmme bae d’une nuvelle frmatin dérivée, nnbtant le fait que ceterme primaire est lui-même un dérivé. [...] ainsi [...] un dérivé constitue la base d’une nouvelle

dérivatin et fnctinne alr cmme terme primaire dan la chaîne dérivatinnelle”.

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77IL CONCETTO DI RADICE TRA VIRTUALE E ATTUALE

accgliere certi elementi mrflgici, quali ufi5 gradi apfnici (adesempio, nel nostro caso, il grado o:  [tom-]);

− al terz livell pi, i leemi divengn cmpiutamente ei e denitiva-mente inscritti all’interno di una determinata classe di parole, quella deinmi (già preannunciata al ecnd livell): i frman cì  [tomé ],che prende una desinenza che ne denuncia l’appartenenza alla classe deifemminili, e  [tómos], che i differenzia dal prim ia per genere ia

 per prosodia.Questo schema trova corrispondenze nel modello semantico-lessicale elabora-

t da schwarze (2001) e dai ui cllabratri dell’Univerità di Ctanza, che i può così rappresentare come nella Tabella 4.

la struttura concettuale

i concetti verbalizzati semantica lessicalegli operatori semantici

schwarze (2001: 7); Cmpnenti e cntet della emantica leicaleTabella 3

I “cncetti verbalizzati”, che n “entità appartenenti alla truttura eman-tica della lingua” (schwarze 2001: 7), rappreentan il livell della radice; gli“peratri emantici” cmprendn invece gli elementi mrflgici che vengninseriti al secondo e al terzo livello dello schema di Benedetti (2002).

In base a quest’ultimo, dunque, la derivazione si collocherebbe al secon-d livell, la eine al terz. I principali “peratri leicali” del mdell dischwarze (2001) nel ca del grec antic n i ufi, che pain eere d -tati, almeno in parte, di un valore semantico intrinseco, ma anche la selezionedi un determinat grad apfnic ptrebbe eere tendenzialmente prtatricedi una funzine emantica (cfr. Civilleri 2010: 202 e gg.); tant la ufazi-ne quant l’apfnia i cnntan quindi cme peratri leicali (acrivibili alsecondo livello dello schema di Benedetti 2002), poiché modulano il contenutodella radice tramite prcedimenti abbatanza reglari: tali peratri, eend cièdegli elementi dtati di un valre funzinale preci, “rientan” il cntenut

della radice secondo schemi tendenzialmente e parzialmente prevedibili. Ciòignica anche che gli peratri leicali, aciati alle lr funzini, devnnecessariamente essere depositati nel lessico memorizzato, così da poter essereimpiegati reglarmente per la frmazine di nuvi leemi (cfr. schwarze 2001:

5 Cfr. Meillet-Vendre (1966: 340): “Le nm qui e laient analer nt ceux qui e cm - pent d’un élément radical indiquant une ntin fndamentale et d’un ufxe indiquant unecatégrie d’empli. Fréquemment en ind-eurpéen, l’élément radical était une «racine» […];c’et-à-dire que le élément qui furniaint de frme verbale furniaient aui de frmenominales […]. Ainsi de la racine *dō *də […] n tire à la fi de frme verbale cmme dō dabam dedī dare et de frme nminale cmme  

  dator dōnum dōs”.

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8). In tal senso, se le nominalizzazioni deverbali sono semanticamente dipen-denti dal verbo corrispondente, esse giocano un ruolo abbastanza marginale nelleic: infatti – mtivate dalla bae verbale – nn neceitan fre di eerememrizzate in e (perché l n già le bai verbali e i ufi). si adatta benea questa situazione la scelta compiuta dai dizionari etimologici, in cui i nomideverbali cmpain tt la vce del verb primari crripndente. Infatti lasemantica propria di un nome deverbale “ist prinzipiell vorhersehbar aus der desGrundverb – al deen Expnent die Wurzel angeehen werden darf – in Ver -

 bindung mit ihrer Wrtbildung, augedrückt durch ein sufx” (Wdtk 2005:51). Motivo per il quale, ad esempio, parole del tedesco come “Hirte” (“pastore”) “seihe” (“ltr”) nn devn eere a prtata di man nel leic: ee pnessere ricostruite attraverso le regole di derivazione dal verbo come “Hüter” (“chicustodisce”) e “Siebemittel” (“attrezzo per setacciare”). Il contributo delle nomi-

nalizzazioni sarebbe quindi di incrementare il patrimonio lessicale con elementitrasparenti, analizzabili, quindi ricostruibili e comprensibili, e che per questo nonnecessitano di essere memorizzati.

Tutte le lingue indoeuropee avrebbero ereditato dalla proto-lingua di volta involta un certo numero di verbi primari e pare che tutte conoscano strategie per frmare nminalizzazini relative a queti verbi. Inltre numere lingue m-strano anche delle corrispondenze in tali strategie, ad esempio i nomi d’agente in*-tor e gli astratti in *-ti, altamente prduttivi in grec antic, arebber già dtatidelle lr funzini nel prt-indeurpe, piché i ritrvan cn il medeimvalore anche in altre lingue indoeuropee, tra cui l’antico indiano ed il latino. Più

che avere ereditat dall’indeurpe dei veri e prpri leemi, arebbe fre piùcrrett dire che le varie lingue glie abbian ereditat alcune regle alla baedella frmazine dei nmi deverbali: cì tali regle avrebber cnervat la lr

 prduttività anche dp il difaciment dell’unità linguitica. Ma la rictruzinedella regla di bae, naturalmente, è tutt’altr che meccanica (Wdtk 2005).

Va fatta, inne, una cniderazine ulla prblematica claicabilità delle fr -mazioni nominali in generale rispetto a quelle verbali, e a questo scopo ci servia-mo direttamente delle parole di Meillet-Vendryes (1966: 340):

[…] en matière de frmatin de nm, il n’ a jamai de tème régulier cmparable au tèmeverbal, ni même de tendance cntante ver un tème cmplet; et l’n berve tu le ca

 pible entre de nm ilé, qui ne e laient ramener à aucune racine et qu’il et impibled’analer, et de nm frmé librement uivant un principe qui e recnnaît du premier cup.

5. L d b d z l z d dbl

In cndizini di traparenza, i nmi deverbali preentan tratti frmali e cnte-nutitici che ne palean il legame cn i verbi crripndenti: la derivazine cièavviene in modo tale che la base sia riconoscibile. Naturalmente esistono casi incui il riconoscimento della base verbale necessita di un’indagine etimologica,che può anche non consentire di risalire con sicurezza ad una radice verbale, nei

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79IL CONCETTO DI RADICE TRA VIRTUALE E ATTUALE

casi in cui, in uno stadio sincronico della lingua, la radice ha smesso di essere prduttiva e nn riulta attetata. Ma in queta ede ci interean le frmazinifrmalmente e emanticamente traparenti.

Così, ad esempio, l’antico indiano mánas- e mánman- condividono con ilverbo l’elemento man-, che ignica “penare”, e il grec  [éch-ma]“tegn” è cnne cn   [échō] “tenere”, come  [ zeûg-ma]“giogo”con [ zeúg-nu-mi] “legare”6. Alcuni casi, poi, mostra-n anche che l’mgeneità frmale nella realizzazine della radice è gget-ta spesso a variazioni predicibili: così, per esempio, [dérk-omai]e[dérg-ma],  [ág-ō] e[ák-tōr ] mostrano le varianti con-dizinate fntatticamente [derk-] e[derg-], [ag-] e[ak-](Wodtko 2005).

 Nn ecluivamente dipendente da un cntet fnetic arebbe invece, ecn-

d Wdtk (2005), una variazine della quantità della vcale del tip [dí-dō-mi] / [do-tér ]: ad gni md, tale differenza pare annullari, piché ledue frme (cn vcale lunga e cn vcale breve) n entrambe preenti nellaeine del verb (ad eempi [-do-] si ritrova nella prima persona pluraledel presente indicativo [dí-do-men]); ecc dunque che, anche in quetca, la derivazine del nme è chiaramente ricncibile.

Wdtk (2005) fa ntare peraltr cme vi ian cai in cui l’apett frmale delnme deverbale ptrebbe uggerire una cnneine cn una frma verbale giàmarcata temporalmente o aspettualmente piuttosto che con la pura radice: sareb-

 be il caso di un nome come  [héxis]7, che amiglia upercialmente più al

futur   [héxō] che al presente [échō] o all’aoristo [ scheîn]. Talimiglianze frmali, però, nn eprimn in alcun md la crrelazine di unadata nminalizzazine cn un preci apett temp del verb, piché è eatta-mente il parziale impoverimento di categorie tipicamente verbali come aspetto,temp e diatei che accmpagna la nminalizzazine (cfr. simne-Pmpei 2007,simne 2008); dunque [héxis] nn ha neuna implicazine di futur. Il fat-t però è che l’afnità frmale tra   [héxis] e il futur [héxō] è puramentecasuale: lo [-x-] di  [héxis] è emplicemente il riultat della cmbinazi-ne tra la velare nale della radice predicativa (  [ech-]) e il [-s-] del uf[-sis]. Dunque, in quet ca, è evidente che nn può eitere alcuna crre-

lazine funzinale tra le due frme.

6 La traduzione di   [ zeúgnumi] cn “aggigare” nn arebbe tata cert una celta fe-lice, piché in italian “aggigare” è chiaramente un verb denminale da “gig”, mentre ingrec è [ zeûgma] “giogo”a derivare dalla radice verbale. Si noti, inoltre, che nellafrma   [ zeúg-nu-mi] l’in [-nu-] è un ampliament che caratterizza il temadel presente.

7 Nella traslitterazione dei caratteri greci la lettera h sostituisce uno spirito aspro, che indica aspi-razione: la radice dalla quale la parola [héxis] deriva è quindi //[ sech-/soch-/ 

 sch-]. La cmpara dell pirit apr in alcune parle che eguirann è dvuta alla legge della

diimilazine delle apirate ( legge di Gramann); cfr. inter alia Szemerényi (1985).

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80 GERMANA OLGA CIVILLERI

Diver è il ca di altri tipi di variazine che nn hann ltant valre fneti-c, ma icuramente anche mrflgic e fre funzinale: è il ca dell’apfnia,a proposito della quale scrive Wodtko (2005: 48):

Die lautlichen Variationsmöglichkeiten des bedeutungstragenden Elementes, der Wurzel, sindabgesehen von vor- oder einzelsprachlich phonotaktisch konditionierten Varianten nach denRegeln de grundprachlichen Ablaut und einen jeweiligen Weiterentwicklungen in den Ein-zelprachen bechreibbar. Betimmte Ablautfrmen der Wurzel gehen nun whl mit verchie-denen stammbildungen de Verb wie auch mit verchiedenen Bildemöglichkeiten der Nmi -nalisierungen einher.

Attraver la variazine apfnica, quindi, rimane intatta la cerenza eman-tica del paradigma verbale, cì cme quella della/e nminalizzazine/i crri-pndente/i8. Nelle nominalizzazioni, però, tale coerenza semantica si mantiene

in md differente, piché ciò che i cnerva è il cntenut del verb cme tutt(“Inhalt de Verbum al ganze”), mentre i perdn le epreini pecichedel verb (cfr. il cncett di “tipizzazine dei predicati” in Lehmann 1982: 82e Gaeta 2002: 33).

Un’ultima ervazine, fre neanche trpp banale, ulle nminalizzazinidi argmenti (cfr. Cmrie-Thmpn 1985, “name f an argument”): quete ulti-me, dal mment che prlan nn l’azine verbale in é ma un partecipante, inen lat, ad ea (agente, ggett, trument, lug, ecc.), hann referenti cn-creti. Ma è vvi che un nme cme “cmmiari” e un cme “eaminatre”,

 pur essendo entrambi concreti e denotando oggetti quasi sovrapponibili, non sono

delle te tip, piché il ecnd ta in relazine, emantica e frmale, cn ilverbo “esaminare”9. La relazione semantica viene quindi esibita tramite l’uso dielementi (in quet ca il uf -tore) che non ne intaccano la trasparenza, mache anzi i afggn più men reglarmente ad una bae verbale ricncibile.

 Nel caso di “commissario”, nonostante sia possibile risalire tramite un’indagineetimologica ad una base verbale (lat. committ-o), quet’ultima nn è ricnci-

 bile sincronicamente: il parlante comune, quindi, percepisce il lessema come untutt’uno, senza distinguere tra base verbale e regola di derivazione.

Peraltr, può eere prpri la emantica della bae verbale a favrire la nmi-nalizzazione di un dato argomento. Ad esempio, nel caso della radice indoeuro-

 pea *h2rh3– “arare”, è più facile che le ingle lingue prducan delle nminaliz-zazini dell trument cn il quale i vlge l’azine, l’“aratr”, cme in effettiaccade: lat. aratrum, gr. , arm. arawr , air. arathar , lit. árklas (Wodtko2005: 61).

8 È vvi infatti che da una la radice verbale pn derivare più nmi: ad eempi,  [reûma], [reûsis], [rúsis], [réos],[róos], [roé ] si connettonotutti alla radice del verbo  [réō] “scorrere” (esempi tratti da Wodtko 2005: 45).

9 All te md, ad eempi, in tedec è ben diver utilizzare i termini Wiese o Weideplatz  (Wodtko 2005:61) per indicare il “pascolo”, poiché evidentemente il secondo sta in relazionecon il verbo weiden ed indica quindi il “luogo dove si pascola”: si tratta naturalmente di una

nominalizzazione locativa.

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81IL CONCETTO DI RADICE TRA VIRTUALE E ATTUALE

6. rd l . l

La descrizione che abbiamo dato della radice come base per l’applicazionedelle regole di derivazione coincide con la nozione “attuale” di radice usatanell’indeurpeitica e nn l (cfr. supra § 2). La radice cì cncepita è cièdotata di un contenuto semantico proprio che ne determina l’appartenenza cate-goriale.

Essa non sembra peraltro incompatibile con ciò che Fradin (2005) scrive ri-guard all’element che, all’intern del u apprcci mrflgic, ctituice il

 punt di partenza delle trategie mrflgiche, ciè il lessema (cfr. anche Fradin2003). Il quadr decrittiv adttat da Fradin (2005) è un quadr leematic, incui ciè il leema (cme unità leicale atratta, prvvita di marche eive)viene aunt cme unità di bae della mrflgia: in quant entità atratta, il

leema è “un’unità furi impieg. E ctituice il egn baic e in quanttale preenta, cncettualmente, tre piani: il pian fnlgic (F), quell eman-tico (S), e quello […] sintattico” (Fradin 2005:4). In questo quadro, i meccani-mi di ctruzine delle unità mrflgiche cmplee n prceuali: “leunités morphologiques complees ne résultent plus de la combinaison d’unitésatmique [i mrfemi] mai de l’applicatin de fnctin à un lexème” (Fradin2003: 79).

 Nell’accezine di Fradin (2003, 2005) – cfr. anche Fradin-Kerlerux (2003,2009) – quindi, il leema è un’entità atratta ltant nel en che è un egnfuri dall’impieg cn divere realizzazini eive, ma piede già delle infr -

mazini che riguardan la ua cmbinabilità ecnd diveri piani d’analii, an-che al di là dei livelli fnlgic e mrflgic: il leema, ciè, ctitutivamentemultidimensionale, ingloba una rappresentazione semantica (che sarebbe stabilee unica), responsabile non solo della sua appartenenza categoriale e combinabi-lità mrflgica, ma dalla quale i inferice anche la rappreentazine intattica,ciè le infrmazini ulla cmbinabilità intattica del leema. Infrmazini diquesto tipo sembrano essere contenute anche nella radice, almeno nei terminidella ua denizine “attuale” che tiam eplicitand nel cr di quet brevecontributo.

Va detto, peraltro, che nell’analisi di Fradin (2003, 2005) e Fradin-Kerlerou

(2003, 2009), compare anche il concetto di radice: questa nozione coincide, però,cn quella di radice “virtuale”, ciè atratta. Da quet tip di radice il leemai ditingue per il fatt di eere già categrizzat: “La catégrie” crive Fradin(2003: 103) “et une infrmatin cntitutive du lexème. C’et elle qui le ditin-gue de la racine, laquelle peut n’être pa catégriée (cf. le langue émitique)”.Il gradino, presumibilmente più alto, nel quale la radice così concepita come pre-categriale dvrebbe trvari, va ecnd ni al di là del livell di cmpetenzadel linguista.

La relazione tra quelle che abbiamo soprannominato radice virtuale e radiceattuale e la lr cllcazine ripett ai mdelli nra analizzati pn eere

riassunte come nella Tabella 4.

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82 GERMANA OLGA CIVILLERI

 prospettivaempirica

DistibutedMorphology

Fradin-Kerlerou

nostranomenclatura

livello pre-linguistico

(non pertinente) radice radice radice virtuale

livellolinguistico(fn-mrf-semantico)

radice radicecategorizzata(inner cycle)

lessema radice attuale

Tabella 4

La zona della tabella evidenziata da una linea di contorno doppia racchiude

l’insieme delle nozioni di radice che, a nostro avviso, sono più pertinenti nell’a-nalisi linguistica e che possono essere descritte come attuali. La radice attuale,quindi, in quant categrizzata, piede già (più men) pecici tratti di tt-categrizzazine che ne determinan la cmbinabilità intattica.

La Tabella 4 mostra come, nella sostanza, il modello di Fradin (2003, 2005)e Fradin-Kerlerux (2003, 2009) nn ia differente ripett a quell della Ditri-

 buted Mrphlg adttat da Alexiadu (2009): entrambi, infatti, tengn cntdell’eitenza di un livell atratt in cui la radice è un’entità puramente virtuale.

7. cl

A partire da un tudi cndtt ulla frmazine dei nmi deverbali in grecantic, n tate ricntrate imprtanti differenze ulla nzine di radice nel

 panorama degli studi linguistici.Da un lat, mlti lavri afferenti a framework differenti, cme quelli citati di

Aleiadou (2009), Fradin (2003, 2005) e Fradin-Kerlerou (2003, 2009), postu-lan l’eitenza di un livell pre-linguitic atratt in cui la radice è l un’en-tità virtuale, nn pecicata né fnlgicamente né mrflgicamente e prat-tutt nn ancra categrizzata; al livell ucceiv, la radice virtuale verrebbe

attualizzata e categorizzata.Dall’altro lato, certi modelli contemplano soltanto il livello attuale della radice.Cllchiam tra queti nn ltant la viine indeurpeitica claica – rap-

 preentata ad eempi da Wdtk (2005) –, ma anche mdelli più fndati teri-camente cme quell di Lehmann (2008). Una tanziale differenza tra quetedue viini va però ttlineata: il fatt che indeurpeiti cme Wdtk (2005)considerino la radice in senso attuale va probabilmente attribuito alla pratica diricostruzione della base indoeuropea comune alle lingue storiche, alla quale siattribuice un determinat valre emantic; nel ca di Lehmann (2008), invece,l te fatt è frutt di una celta terica ben precia, che privilegia l’analiiempirica (cfr. supra § 2.2).

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83IL CONCETTO DI RADICE TRA VIRTUALE E ATTUALE

 Nella nostra prospettiva, la nozione attuale di radice sembra essere la più utile per analizzare la frmazine di parle mrflgicamente cmplee cme i nmideverbali in lingue cn una mrflgia ricca, quali il grec antic e le altre lingueindoeuropee. In generale, sicuramente l’adozione di certi concetti piuttosto chealtri dipende molto dal tipo di analisi che si sta conducendo e dagli scopi che ci si

 pregge; ad eempi, è evidente che ditinguere tra meccanimi eivi e mecca-nimi derivativi è cruciale nell’analii mrflgica, mentre ha pca imprtanza inquella sintattica. Ma nel caso della radice, probabilmente la nozione virtuale nonè di alcuna utilità in qualiai tip di analii linguitica stricto sensu. Anche se sicnideran lingue cme l’inglee il cinee, mrflgicamente pvere e cn un

 ba grad di aciazine tra ignicat leicale e ignicat categriale dellaradice (cfr. supra § 2.2), la nzine virtuale di radice nn riulta pertinente: ciòche, infatti, caratterizza tali lingue ripett a quelle del tip del grec antic nn

è il fatt che la radice ia prvvita di cntenut emantic-leicale, ma ltantche a tale cntenut ia difcilmente aciabile una certa categria leicale.

 Nntante quete differenze interlinguitiche, perciò, il cncett di radice attua-le embra pter eere decritt nei termini di ignicat leicale.

Il tentativ, fatt nel cr di quet articl, di riavvicinare la nzine attualee quella virtuale di radice, chiarendo almeno sotto quali rispetti esse siano compa-tibili e tt quali invece faccian riferiment a categrie tra lr incnciliabili,ci ha dunque cndtti a preferire una nzine (quella attuale) all’altra. Cinn-tante, le cniderazini fatte aiutan e nn altr a cmprendere megli gli tudicmpiuti nell’una e nell’altra ttica, evitand fraintendimenti dvuti a differenze

terminlgiche – e, a mnte, metdlgiche – rilevanti.

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ab d k wd

Thi paper aim at healing the terminlgical plit cncerning the cncept f root . Tw differentntin f rt exit in literature, the ne actual the ther virtual. The frmer refer t it ue bInd-Eurpean chlar; the latter i prbabl the mt widepread in the hetergeneu cenerf the cntemprar linguitic. such a plit clearl appear when tuding Claical language

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85IL CONCETTO DI RADICE TRA VIRTUALE E ATTUALE

with the help f terminlgie and methdlgie f the mt recent linguitic framewrk. Theneceit f taking int accunt the relevant traditinal-cmparative literature urge u t mend thegah. T thi end we will prpe me remark arien frm a previu anali f deverbal nun

in Ancient Greek.

Rt; tem; Ancient Greek; deverbal nun; lexicn

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ÉTUDES ROMANES DE BRNO32, 2011, 2

PETR VURM

sur queLques potentiaLitésDe La Littérature virtueLLe

Il n’et pa trp é d’afrmer que nu aitn à une véritable révlutin

électronique. L’arrivée massive des ordinateurs et surtout du réseau dans nos vies arévolutionné presque tous les aspects de notre vie quotidienne, y compris celui de lacréatin artitique. De nuveaux curant artitique naient chaque jur u nyeu, qui pourraient tous porter l’étiquette générale de Net art 2.0. Logiquement,cette révolution touche aussi la littérature et la rédaction de tetes. Pourtant, peut-être à caue d’un certain cnervatime lié à la lngue traditin de l’imprimé, lechangement prennent plu de temp à ’imper en littérature qu’ailleur. A côtéde la littérature traditionnelle, imprimée, une littérature alternative s’annonce sur le web ù e côtient péie kinétique, algrithmique u hlgraphique, narratingénérative u cmbinatire, rman interactif, géctin, récit hpertextuel,

œuvre d’art aciant le mt, l’image et la muique dan un Gesammtkunstwerk électrnique. Malgré le prgrè ultrarapide de la technlgie qui nu ffre prati-quement tout ce qui est imaginable dans l’espace des multi- et hypermédias, dlesréexin thérique ur le nuvelle littérature retent à l’écart de l’attentin dechercheurs littéraires. Cependant, ces bouleversements technologiques touchentdirectement les concepts théoriques établis et canonisés par la critique littéraire,tels que la narratologie, la poétique et l’esthétique de la lecture.

or, cette littérature qui e cntitue n’a pa encre adpté un nm déni. Elleet déignée parfi u l’étiquette de littérature électrnique, littérature hper -médiatique, littérature en ligne, e-literature au Etats-Unis ou Netzlitteratur en

Allemagne, chaque terme cmprtant en i une érie de cnntatin différente.Dans cet article, nous proposons d’envisager un autre terme, moins répandu, celuide littérature virtuelle, et de rééchir à ce qu’une telle étiquette peut englber.Comme nous allons l’epliciter plus loin, une appellation pareille a plusieursavantages : d’abord il s’agit d’un terme plus général que les autres, moins lié aumédia électrnique, dnt la cmpante « virtuelle » et fécnde du pint de vueémantique : virtuel peut cmprter un champ émantique trè vate mai aui trèrestreint. Le virtuel est en même temps assez proche du concept de la virtualitéinfrmatique que nu dicutern dan le dévelppement uivant. Le ujet àréexin étant nmbreux, nu nu limitern à equier le trait fndamentauxqui accompagnent cette littérature avec l’arrivée de l’ordinateur et du réseau.

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88 PETR VURM

Hormis son aspect électronique, cette littérature interactive, hybride, combi-natire u générative, n’et pa nuvelle. En littérature françaie, nu crnentrevir e début avec le Grand Rhétriqueur de la n du XVe iècle, pètequi afrment leur virtuité technique et explrent la ptentialité de la langue etde la péie dan de pème cmplexe et urchargé, plein de jeux pétiqueet d’inventin frmelle. Dan une lignée analgue, quelque iècle plu tard,nous retrouvons la poésie de Stéphane Mallarmé et surtout son livre Un coup de

dés jamais n’abolira le hasard  (1897). Dans son cas il s’agit avant tout d’une poésie graphique et kinétique qui caractérise également les Calligrammes (1918)d’Apollinaire. Ensuite, les surréalistes et leur engouement pour le hasard et lesassociations oniriques pourraient présager de l’apparition de la littérature aléa-toire. Mais le plus grand mérite, pour plusieurs raisons, est celui de l’Oulipo.Ce muvement littéraire françai bien cnnu et frmé par un grupe interna-

tinal de littéraire et de mathématicien qui e réunient régulièrement depui1960 juqu’à n jur pur rééchir ur la ntin de la cntrainte et pur encréer de nouvelles. Ce groupe a enrichi la littérature du concept de potentialité,c’et-à-dire une littérature qui n’a pa encre été écrite mai qui purrait l’êtreselon telle ou telle contrainte. Parmi leurs activités, nous trouvons également desrapprchement entre la littérature, le mathématique et ultérieurement l’infr -matique (grupe aflié ALAMo, créé par le oulipien Braffrt et Rubaud en1981). N’oublions pas non plus les continuateurs actuels, tels que Bernard Magny(Mémoires d’un (mauvais) coucheur, 1995) u Jean-Pierre Balpe, pète et cher -cheur dan le dmaine de la relatin entre la littérature et l’infrmatique. Dan le

cntexte angl-axn, il aurait une pléthre de nm à mentinner, urtut le précureur u le fndateur de la cberculture, qui apprtent une cntributinimprtante à l’art virtuel : Buckminter Fuller, Marhall McLuhan, Gregr Bate-n, William Gibn, pur ne nmmer que le plu célèbre.

Pur éviter une cnfuin, précin dè le début le apect que nu n’envi-sagerons pas. Il s’agit de ces aspects de l’électronique et de la communicationqui ne changent pa le paradigme de la créatin et du fnctinnement du textelittéraire. Notamment, toute technologie qui concerne le e-book (ou livrel) enfrançai, même i la dualité entre un livre claique et un livre électrnique etla plu dicutée dan ce dmaine aujurd’hui, car le changement de upprt du

tete ne présente pas un grand intérêt pour la critique littéraire. Egalement, nousne prendrn en cnidératin aucun util infrmatique qui ert à la rédactin dutexte en tant que tel – éditeur de texte, échange de texte littéraire par currielou leur distribution sur le réseau.

L’è d l l

Avant de discuter les aspects clés de la littérature virtuelle, précisons ce quenu entendn par « virtuel ». Il cmprte pluieur en fndamentaux. Ceux

qui nu intéreent ici relèvent de deux dmaine – philphique et infr -

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89SUR QUELQUES POTENTIALITÉS DE LA LITTÉRATURE VIRTUELLE

matique. Une utiliatin maive et upercielle de ce mt maque un cnceptriche et subtil que Gilles Deleuze a eplicité dans Différence et répétition (1968).Deleuze apprte ce jugement crucial qui e ditingue de apprche de Gille-Gaston Granger ( Le probable, le possible et le virtuel, 1995), Philippe Quéau ( Le

virtuel, vertus et vertiges, 1993) et Pierre Lévy (Qu’est-ce que le virtuel ?, 1995) :« le virtuel n’et pa umi au caractère glbal affectant le bjet réel. Il et,nn eulement par n rigine, mai dan a nature prpre, lambeau, fragment,dépuille. »1 En tant qu’bjet cnidéré dan le cntexte pchanaltique, l’bjetvirtuel et cnçu cmme un upprt du manque et il apparaît en lui-même cmmeen manque de a prpre cmplétude. Le virtuel et ce qui n’et pa entièrementen soi-même. Dans une perspective rhétorique, le virtuel intervient chez Deleuzecmme ntin du manque plutôt que cmme cncept riche en ignicatin. De-leuze invoque également le virtuel d’Henri Bergson qui propose d’opérer une

ciin virtuel/actuel dan la aiie de l’bjet réel. Celui-ci e déduble en uneimage-perceptin et une image-uvenir. Cette dernière cntitue l’bjet virtuelque Deleuze dénit cmme « lambeau de paé pur. »2 Lambeau parce que l’bjetvirtuel pose comme manquante ou comme absente une moitié de lui-même, passé

 pur parce que l’image-souvenir se démarque du présent et lui préeiste : « C’estdu haut de ma cntemplatin de fer virtuel que j’aite et préide à mn

 préent qui pae, et à la uccein de bjet réel ù il ’incrprent. Le vir -tuel et tujur un ’était’, auquel il manque l’étant. »3 Plus loin, au chapitre inti-tulé « snthèe idéelle de la différence », Deleuze pe le virtuel cmme rertessentiel de l’ Idée penée cmme multiplicité. Il faut pur faire valir la multi-

 plicité que « e élément n’aient ni frme enible ni ignicatin cnceptuelle,ni dè lr fnctin aignable. Il n’nt même pa d’exitence actuelle, et ntinéparable d’un ptentiel u d’une virtualité. »4 Le virtuel comme « indétermi-natin rend pible la manifetatin de la différence en tant que libérée de tuteubrdinatin. » Aini le virtuel et-il d’abrd cnçu par Deleuze cmme préa-lable à la tructure. C’et ce nuage qui préexite à la frmatin tellaire. Dan lauite, Deleuze fait le tur de grande tructure de divere cience, et, chaquefi, il cntate le virtuel à l’œuvre. Le langage, pri lui aui cmme exemple,fait apparaître de élément différentiel et de rapprt différentiel entre ceélément, et le un et le autre pèdent un « caractère incncient, nn actuel,

virtuel. »5

En linguistique, la plus proche de la littérature eaminée, on retrouvel’idée de sauure du langage cmme virtuème, dnt le dicur u le texteconstituent l’actualisation.

Pur implier quelque peu ce pitin philphique, din brièvementque le virtuel et tut phénmène que nu apprchn cmme ’il exitait en

1 Deleuze :1968, p. 1332 Idem, p. 1353 Idem, p. 1354 Idem, p. 2375

Idem, p. 237

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90 PETR VURM

réalité. Gille Deleuze utilie le terme de virtuel pur renver à un apect de laréalité qui est idéal mais en même temps qui est réel. Ce concept de la philoso-

 phie du virtuel a deux apect : premièrement, nu puvn dire que le virtuelet un effet de urface prduit par le interactin cauale qui apparaient auniveau matériel. L’autre aspect du virtuel sur lequel insiste Deleuze est sa naturegénérative. Le virtuel et cnçu cmme une epèce de ptentialité qui prend afrme dan la réalité. Nu puvn aini réumer ce qui et crucial pur nu : levirtuel est tout ce qui n’est pas réel mais qui présente les qualités du réel au sensde l’actualité et nn de la ptentialité. Un exemple prttpe erait le reet d’unbjet dan le mirir – il exite réellement, que nu le vin u nn, ce reetn’attend pas son actualisation par le percepteur.

Le tème infrmatique travaille d’une façn analgue à ce reet dan lemirir. Le cerveau humain et habitué à travailler avec le repréentatin de

bjet réel cmme ’il ’agiait vraiment de bjet réel. Par exemple, la repré-entatin d’une page web ur l’écran de l’rdinateur et virtuelle – elle a tu leapect d’une page imprimée mai elle et vlatile – elle et rendue réelle grceau fnctinnement de circuit infrmatique. L’imprtant, c’et que nu lacnidérin équivalente à une page imprimée juqu’au mment u par exempleune coupure de courant en trahit la nature virtuelle. Plus précisément encore, lamétaphre du virtuel a pri encre un en bien déni en infrmatique, à avir,tout ce qui est simulé dan le lgiciel (ftware) au lieu d’exiter réellement danle matériel (hardware). Le matériel (hardware) et ici l’équivalent du mnde réel.Aini, une imprimante virtuelle et celle qui et « imitée, émulée » par la lgique

de l’rdinateur – l’utiliateur peut accéder de la même manière qu’à une impri-mante matérielle, par exemple enver une page à imprimer : cette page impri-mée era auvegardée dan un chier au lieu d’être prtée ur papier. En mêmetemp, l’util virtuel et plu univerel grâce à a virtualité : il remplit tute lefnctin de l’util matériel hrmi celle liée à la matérialité, mai il peut êtredédoublé, déplacé ailleurs sans empêchement, sa mémoire peut être agrandie.

Il a deux cnidératin à ajuter à n réexin précédente. La premièreconcerne la potentialité, concept clé de l’Oulipo, qui reste par maints aspects

 proche de la virtualité. Les deu concepts se rencontrent dans l’actualisation, car nu puvn parler de pluieur dichtmie : virtuel/actuel, ptentiel/actuel u

 ptentiel/réel avec, chaque fi, une délimitatin différente du cncept. Quelleet la relatin de la littérature ptentielle et de la littérature virtuelle ? La ptenti-alité, eln l’oulip, et enfermée dan la cntrainte. seln la règle pée par lacntrainte, nu puvn générer un epace littéraire de cnguratin pible,

 par eemple tous les romans écrits sans la lettre e. La contrainte sépare cet espacede l’anti-espace, celui des états interdits par la contrainte. Ainsi, la potentialitéet liée à l’epace paradigmatique qui, dan n actualiatin cncrète, ntag-matique, furnit un pème, une narratin u un dialgue cncret. seln le ouli-

 piens, nous pouvons prévoir ce qui peut se produire lors de l’actualisation maisnous ne savons pas si cela va se produire au moment déterminé. Ce principe est

 proche de celui de la virtualité dans une des acceptions du terme virtuel : la virtua-

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91SUR QUELQUES POTENTIALITÉS DE LA LITTÉRATURE VIRTUELLE

lité en tant que réalisation possible du réel. Pourtant, comme nous avons essayéde le ignaler, la virtualité d’un phénmène a’ est pour nous surtout une chosequi et déjà actualiée dan le phénmène ptentiel A’ , qui crrepnd à un autre

 phénmène réel a comme si a’ était un reet (virtuel) du a (réel) dans le miroir.La cnfuin dénitire cnite urtut dan le fait que l’utiliatin curante

du terme et ue, cmprtant à la fi l’algrithme de la créatin d’un texteaini que la réaliatin cncrète du texte qui e truve à l’écran. Une autre cnfu-in purrait relever du fait qu’en littérature, nu parln uvent de ctin quicontraste avec le tete-document. Dans l’ensemble, nous aurions donc une litté-rature claique (pur ne pa dire littérature « matérielle ») qui ’ppe à la lit-térature virtuelle (électrnique) et le texte-dcument qui ’ppe à la littératurective. La plupart de créatin que nu cnidérn ici relève de la littératureartitique et ludique, dnc frcément ctive ; même i ce n’et pa une règle géné-

rale, il exite de ite web préentant un jurnal intime u frme virtuelle,hbride, an parler de blg qui à leur tur peuvent être cnidéré cmme dela littérature virtuelle.

or, à la lumière de ce réexin, l’utiliatin du terme littérature virtuelle,crn-nu, fait en. Nu puvn même prter quelque peu de ce cnfu-in. Par littérature virtuelle, nu entendrn alr tute littérature qui diffèrede la littérature classique d’abord par son support - emploi d’outils électroniquesan lequel il erait impible u extrêmement difcile de créer cette littéra-ture. Cette constatation a pour corollaire qu’il eiste un algorithme qui décrit demanière déterminite la prductin d’une actualiatin cncrète, an pur autant

retreindre le nmbre pible de réaliatin qui rete ptentiellement inni. Lalittérature virtuelle comprend alors l’algorithme et les actualisations potentielles produites par cet algorithme dans le réseau ou dans l’ordinateur. En parlant de lavirtualité, nu penn à la ctin u aux texte imaginé, nu exclun tuttexte de nature dcumentaire. L’idée de la virtualité de texte ctinnel erait àdicuter et apprfndir, pur l’intant nu uppern qu’il ’agit du pint devue le plu « banal » du reet dan le mirir d’un mnde réel u imaginaire.

La virtualité aini dénie cmprte pluieur cnéquence pur le fnctin-nement du tete virtuel.

L’ à l’ d d t

Dan chaque tpe de créatin effectuée u aitée par rdinateur u tuteautre technlgie autmatique, la première che que nu devn cnidérer et l’rigine du texte. A-t-il été écrit par un humain u un rdinateur ? Même endehors des tetes littéraires, dans la vie quotidienne, il devient de plus en plusdifcile de ditinguer i nu avn affaire à une machine (traductin, vix aut-matique, page web dnamique, etc.). Cette difculté va être de plu en plumarquée avec la perfectin de l’intelligence articielle qui va un jur, crn-

nu, rejindre (et dépaer ?) l’intelligence humaine. Vu la difculté de la déni-

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92 PETR VURM

tin de l’intelligence au niveau cgnitif, l’un de meilleur men de ditinctinentre l’auteur humain et robotique est le test de Turing. Décrit par Alan Turing en1950 dans sa publication Computing machinery and intelligence6, ce test consisteà cnfrnter d’une manière verbale un humain avec un rdinateur et un autrehumain à l’aveugle. si l’hmme qui engage le cnveratin n’et pa capablede dire si son partenaire est un ordinateur ou un être humain, on peut considérer que le lgiciel de l’rdinateur a paé avec uccè le tet. Cela ignie que l’rdi-nateur et l’homme essaieront d’avoir une apparence sémantique humaine. Pour cnerver la implicité et l’univeralité du tet, la cnveratin et limitée à unéchange tetuel entre les protagonistes.

Ce tet, déjà ancien, cmprte l’avantage d’être facilement applicable à la lit-térature parce que l’apect textuel repréente l’eence de a dénitin. Cnçud’abrd pur éparer l’intelligence articielle de l’intelligence humaine, a prtée

et plu générale : il peut devenir le critère de ditinctin entre la créatin à lamachine (artitique u autre) et humaine. Pur l’intant, il peut paraître hardi de

 prétendre que l’rdinateur erait capable de rédiger de rman u de pème prfndément riginaux, mai i nu regardn le dmaine de la péie ur -réalite u frmalite7, nu truvn qu’il et déjà aez difcile de déterminer l’auteur. Nu prpn au lecteur de cet article un tet emblable, u frmede deux pème – l’un qui a été écrit par un hmme, l’autre qui a été généré par l’rdinateur. Il faut uligner que ni l’un ni l’autre n’apire au Parnae pétique,la eule différence et que l’un a été rédigé par la machine, l’autre par un êtrehumain.

m gdlLe reet niette de l’céan paciqueM’évoquent tes beau yeu et leur douce caresseLes constellations, le ciel électrique,Te cheveux châtain en nt la frteree.Je pose mon oreille contre un beau coquillageJ’entends ta voi, insolente, aérienne...Un vl ruge ’enfuit lin de a cage,Mais c’est de toi, Pénélope, que mes yeu se souviennent...Pierre, rêveur de tes yeu...

pdLes échos vibrants des plages des tropiquesMe rappellent tes yeu et leurs belles tendressesLe feux et le chant, le eur extiqueTe cheveux châtain en nt la frtereeJ’écoute la mer mourir sur le rivageEt c’et ta vix qui chante, ma ne ReineUn aigle noir entame son voyageMais c’est avec toi, ma douce

6 http://blg.antafe.edu/wp-cntent/uplad/2009/05/turing1950.pdf 7

http://www.unpeudamur.cm/peme/exrime.php

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93SUR QUELQUES POTENTIALITÉS DE LA LITTÉRATURE VIRTUELLE

Que je me prmène....8

Ce deux exemple equient déjà quelque ujet élémentaire de la prblé-

matique de la création assistée par ordinateur. D’abord, c’est l’incertitude quantà la « ubjectivité » de l’auteur. Et-ce une âme u un circuit électrnique qui acherché le rime ? En crllaire, cette quetin a pluieur cnéquence : iln’et pa du tut évident que la dichtmie humain/machine it valable. Aprètout, c’est encore l’humain qui est le créateur d’abord de la machine, ensuite du

 prgramme qui génère le pème. La cncluin prviire purrait cniter enceci que le pème « à la machine » eraient écrit de façn mécanique et trprégulière, an la ubjectivité et l’intentinnalité de l’humain. Cette quetin etruve à ntre avi au cœur de tute le cnidératin thérique. Car même ennu appuant ur l’évidence de la ubjectivité de l’auteur qui était à l’œuvre lr

de la créatin du « pème humain », le tet de Turing démntre qu’il n’et pa dutut facile de recntruire le trace du ujet à partir de la eule trace du prcédécréateur qu’et le pème imprimé. Le prblème devient encre plu épineux inu admettn que la créatin peut être hbride – ce n’et pa la machine tuteeule qui génère le texte du début à la n, elle aite l’humain lr du prceude la création : c’est donc l’humain qui dirige la machine mais il emploie un véri-cateur d’rthgraphe, un dictinnaire de nnme9, un « générateur d’idée ».La frntière entre l’humain et la machine et de plu en plu ue aujurd’hui.san juger ce fait pitivement u négativement, la critique littéraire devrait le

 prendre en cnidératin i elle parle de œuvre littéraire.

Pour résumer cette section, nous constatons que la notion d’auteur sera de plusen plus remise en question par les nouvelles technologies. Les pessimistes vont yvoir la mise en question de l’homme et de ses capacités, les optimistes par contrevont relever les nouveau horizons et des potentialités de créations originales.Qui qu’il en it, la réerve la plu grande faite par le détracteur de la créatinautmatique era celle de la ubjectivité créatrice. Un algrithme, aui phiti-qué it-il, erait tujur mécanique et incapable de traduire l’âme et l’eprit decelui qui tient le stylo.

L è d l

Une autre che, liée à la précédente, repe ur la relatin entre l’auteur et lelecteur. or, ce rapprt ubit un changement ubtantiel. Dan le mdèle d’écritureclaique, c’et le plu uvent un eul auteur cncret qui ’adree à un grupe

 ptentiel de lecteur. L’auteur ne cnnaît pa n grupe-cible ; purtant, il peutfaire quelque préviin ur n lectrat ptentiel eln la thématique adptée,le tle de e livre mai urtut le préviin deviennent plu ne lrqu’il

8 http://jmf75.ver-blg.cm/article-6361764.html9

Les dictionnaires synonymes sont souvent compilés par des ordinateurs.

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94 PETR VURM

cnnaît le fnctinnement de l’intitutin littéraire – la main ù n livre et publié, l’éditin cncrète ù le livre apparaît, etc. Avec la littérature virtuelle, leche nt changé. Même i beaucup de créatin nt tujur un eul auteur, il en a d’autre qui incitent à la créatin en grupe10 : un internaute peut inscrireune bribe de texte – meage, pème à l’œuvre cllectif glbal, pème cllectif qui era réutilié dan le texte prpé à un autre internaute qui vient aprè lui etaini de uite. Mentinnn également Wikipedia, un immene prjet de rédac-tion collective.

Du côté du lecteur, la situation est encore plus ambiguë. Une grande partie dessites de littérature virtuelle eigent une participation plus ou moins grande dulecteur. Que ce it au début du récit – le lecteur furnit une infrmatin pern-naliée – u pendant celle-ci – le lecteur dirige le dérulement de l’hitire, lacmpitin du pème, etc. suvenn-nu de la remarque devenue claique

du prière d’inérer de Gueule de pierre de Raymond Queneau :

Purqui ne demanderait-n pa un certain effrt au lecteur ? on lui explique tujur tut aulecteur. Il nit par être vexé de e vir i mépriamment traité, le lecteur.11

Ce n’et pa un haard i nu avn cité Ramnd Queneau, fndateur del’oulip. C’et exactement ce grupe littéraire qui a déplacé l’effrt de la créa-tion de l’auteur vers le lecteur. Selon cette conception, l’auteur serait dédoublé endeux pernnalité – l’inventeur et le pète. L’activité de l’inventeur, métier « plunble », cniterait à inventer de cntrainte, principe de nuvelle frme lit-téraire. Le pète illutrerait ce cntrainte enuite par de réaliatin littérairecncrète, mai une grande partie de la créatin erait réervée également au lec-teur qui purrait à n tur ’amuer à appliquer la cntrainte ulipienne telle quele lipogramme ou la méthode S+7.

Les créations en ligne se trouvent ainsi au prolongement des activités de l’Ou-lip. Le auteur de ite de littérature virtuelle ne fnt uvent qu’inventer et

 prgrammer l’algrithme de prductin du texte (l’algrithme infrmatique étanten quelque rte cextenif avec le principe de la cntrainte, vu n caractère

 préci et déterminite), c’et au lecteur de juer avec le ite et de e « frger » decréations individuelles.

De plus, les créations littéraires peuvent cibler leur lecteur beaucoup plus pré-

cisément. Les lecteurs avides de ces créations les trouvent selon des mots clés prpé par le créateur de page web, il exite également de nmbreux util deciblage et de ndage de viite de page web individuelle. L’epace de la créa-

10 Par exemple, dan l’œuvre d’Andrew Badr http://www.urwrldftext.cm/,chaque internaute et appelé à ajuter de caractère AsCII (  American Standard Code for Information Interchange, ou Code américain normalisé pour l’échanged’infrmatin) ur une immene tile blanche que le autre internaute purrntvisualiser en temps réel.

11

Queneau, R. (1934), prière d’inérer 

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95SUR QUELQUES POTENTIALITÉS DE LA LITTÉRATURE VIRTUELLE

tin en ligne ’annnce aini cmme un « pectacle » du grand village planétaireù l’auteur peut ’adreer à de pectateur chii.

e ? e d ? i.

Phénmène allant de pair avec ce rapprt ambigu entre l’auteur et le lecteur,cette créatin a un caractère éminemment dnamique. La ditinctin entre letatique et le dnamique, empruntée à l’infrmatique, ied le mieux à la nature« prgrammée » de la créatin de texte. sur Internet, il exite de page webtatique, c’et-à-dire qui ne changent pa entre deux viite à une adree webcncrète. Par cntre, la viite d’un ite dnamique met en marche le erveur quicmpile un texte « ur demande », d’aprè le paramètre furni par l’utiliateur 

ou le moteur de recherche.En créatin littéraire, n peut facilement imaginer un ite emblable, interactif,

qui rédige de texte dnamique à la bae de dnnée furnie par le lecteur.Grâce à ce principe, nu arrivn alr à un autre cncept clé de la créatin vir -tuelle : l’interactivité avec le lecteur. Beaucup de ite juent avec le caractère

 pernnaliable de la lecture. Par exemple, le ite web de la main d’éditin Pen-guin Once Upon a Time12 ffre un cnte de fée dan lequel l’auteur peut chiir le nm de pernnage, le animaux qui gurent, etc. Enuite, le texte générécntient le élément chii par le lecteur ptentiel du récit. Un ite françai, pluélémentaire, ert à générer de plar ur meure, il uft de remplir le blanc – 

noms du héros, compagnies, armes, etc. :« … qui avait tué a femme. » Pint Final. Aprè huit mi de travail, je venai enn de mettreun terme à mn rman. Il était tard, le main me démangeaient, je n’avai qu’une eule envie: nager et aller me cucher. Gg avait enn décuvert qui avait auvagement mutilé Marie àgrands coups de couteau. Ce salaud de Cussard, vice-président de BMP Corp. était maintenantu le verru, et je puvai enn le ublier tu, le abandnner au fnd de mn rdinateur  juqu’à ce qu’un éditeur daigne leur prêter attentin. Le eux fermé, je gûtai ce mment detranquillité tant attendu lrque le téléphne nna. surpri, je m’empreai de décrcher : « Petr Vurm ? » - ui, c’et mi - Epèce de vieille vache, tu va paer cher … on n’envie pa Cuardi facilement u le verru. BMP Crp a beaucup de cntact, tu di le avir… Regardederrière l’arbre la prchaine fi que tu r… au ca ù quelqu’un t’attendrait. » Cuard rac -

crcha. Je retai panti… Etai-ce une mauvaie blague d’un ami ivre ? ou était-ce l’heuretardive et le 44 Malibu que je m’étai enlé pur clre ce trchn ? Je me redreai, arrêtantmomentanément de nager. Je secouai la tête pour me débarrasser de la torpeur qui m’envahis-ait. se puvait-il que me pernnage ient réel… que ce vieux fantame de tut écrivain aitcurieuement pri crp pur mi ? Je me returnai ver mn écran pur apercevir le viagegguenard de Gg. A uivre... » 13 

12 http://wetelltrie.c.uk/trie/week3/13

http://www.blgg.rg/blg-2072–ffet-60.html

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96 PETR VURM

Un autre ite, le francphne UnTitre14, permet de créer des couvertures aléa-toires de livres personnalisés, avec le nom de l’auteur au choi. Pour la générationde couvertures, il eiste dans le programme un réservoir de photos ainsi qu’ungénérateur du tpe génitif  X de Y . Ce qui est aussi intéressant, c’est souvent unecertaine correspondance entre le titre du livre et l’image. Dans cette perspective,l’idée de « générer » un rman autmatique, cmpri la cuverture et la qua-trième de cuverture plein d’élge de jurnaux littéraire diver n’et pa i lin.

Pourtant, une question cruciale est suscitée par les générateurs automatiques.Dan n apprche la plu générale, cette quetin turne autur de la ignica-tin. Cmment l’auteur de l’algrithme littéraire peut-il imper du en à ce quiet généré de façn cmbinatire ? Même ’il et facile de prduire une quantitéénrme de texte par la machine, le plu grand dé cnite à chiir ceux quienrichient le lecteur du pint de vue ethétique, intellectuel, narratif, etc. Pur 

les genres lyriques, il s’agirait surtout de maintenir une isotopie de l’énoncia-tin ttale qui ’allie à l’riginalité de la cmbinain de rime, pur le genrenarratif, c’et urtut le repect de la chrnlgie et de la caualité qui pe de

 prblème.

c d l « ll »

14

http://www.merpequer.inf/untitre/index.php

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97SUR QUELQUES POTENTIALITÉS DE LA LITTÉRATURE VIRTUELLE

Ceci dit, l’écriture virtuelle devient à n tur interactive, elle implique la ub- jectivité du lecteur qui furnit le paramètre de n chix et dirige la cmp-itin et le dérulement de l’œuvre littéraire. Nnbtant, ce créatin tailléeur meure du lecteur individuel renferment un enjeu cmpitinnel grave quimet en cause les limites d’une telle écriture. Car l’interactivité doit être automa-tiée dan le en de cmbinain ptentielle de état dan lequel l’œuvre

 peut se retrouver et l’auteur est incapable de prévoir tous ces états possibles. Enentrant dans la combinatoire, il est évident que certaines combinaisons auront

 plu de en que d’autre. Dan le pème cmbinatire, n rique d’btenir des rencontres surréalistes mais également des compositions sans aucun intérêt,en narration, les récits manqueront de causalité ou de cohérence.

Ici encre, l’auteur et indipenable pur gérer l’œuvre cmme un univerunique chérent. Il ’agit en même temp d’un dé parce que cet enjeu cmbi-

natire et un prblème grave, mai il n’et pa inurmntable. Il ’agit, dan lecas idéal, de restreindre le nombre de combinaisons possibles et les revoir toutesavant la publication. Sinon, on risque de créer un univers surréaliste au combi-nain parfi inlite, parfi an aucun en.

hb bd

Un phénmène qui accmpagne la littérature virtuelle et celui de l’hbriditéet l’interpénétration naturelle de divers médias, y compris le tete. Par sa na-

ture même, l’rdinateur et une machine detinée au traitement de l’infrmatinquelle que it a nature. Pur le prceeur d’un rdinateur, le caractère de dn-née ne jue aucun rôle, il ’agit au fnd de ignaux électrique mbliant lgi-quement le 0 et le 1. La grande différence par rapprt à la galaxie Gutenbergréide au fait que la ignicatin du texte et, du pint de vue infrmatique, plutôtnégligeable – le texte ccupe beaucup min d’epace que le autre média.Par cntre, le texte garde une place pécique aui – le intructin régiantl’rdinateur cntinuent à être cdée dan un langage infrmatique u frmetextuelle et le texte (u plu généralement le cde) et à peu prè le eul média ur lequel nu puvn effectuer de recherche (cmparn cela avec la ituatin

où nous voudrions chercher sur Internet toutes les photos de Charles Baudelaire).Ainsi, dire littérature virtuelle veut dire simultanément employer des images,de la musique ou des vidéos qui accompagnent le tete. Pour ne citer que quelqueseemples de sites actuels15, nous nous sommes permis d’inclure des sites non seu-lement francphne, mai qui préentent en même temp un intérêt thérique :− Le site Sacrée montagne et un prjet de l’écrivaine et jurnalite Hélène de

Bill et du phtgraphe Gilbert Ducl. Il ’agit d’une ânerie interactiveur le Mnt Ral, itué au cœur de Mntréal, qui abrde la quetin de« la peritance du acré dan ntre ciété laïque ». Le frme d’interac -

15

Nu reprenn ce briève decriptin du ite québéci nt2.uqam.ca.

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98 PETR VURM

tivité prpée par sacrée mntagne nt nmbreue. Dè qu’il accèdeà l’œuvre, l’internaute entend en trame nre de témignage audi de

 personnes racontant des souvenirs et des anecdotes reliés au Mont Royal.16

− Cette œuvre pe l’internaute devant une ville créée de tute pièce grâceà de pème d’auteur qui, majritairement, nt vécu u vivent à Mn-tréal. Le pème chii, prvenant de la plume de Naïm Kattan, DanLafferière, Hélène Drin, Cécile Clutier et pluieur autre, tapient leédice tranlucide d’un Mntréal tlié. L’internaute et invité à naviguer dan l’un de deux univer préenté en tri dimenin, à avir  Hurler 

 sans bruit ou bien Les océans des siècles.17

− Peoples crée de pernnage imaginaire à partir d’un générateur de texteet d’image prie ur Flickr. L’œuvre ’uvre ur une phtgraphie ur fndnir d’une fule ur une place pavée. Le gen nt vêtu d’imperméable u

 prtent de parapluie. Dan le cin upérieur gauche ’afche un nmbreen blanc, qui devient plu élevé à chaque fi que l’œuvre et activée encliquant sur l’image.

− The 21 Steps est une oeuvre hypermédiatique adaptée par Charles Cummingà partir du rman de Jhn Buchan The 39 Steps. Cumming reprend la mêmeintrigue: un meurtre a été cmmi et le prtagnite et accué à trt, ’en -uit alr une fuite éperdue à la fi du vrai tueur, mai aui de la plice.

16 http://interactif.nf.ca/#/acreemntagne17

http://www.revuebleurange.rg/bleurange/01/den/

21 steps – exemple de géofction

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99SUR QUELQUES POTENTIALITÉS DE LA LITTÉRATURE VIRTUELLE

L’œuvre e bae ur une interface tirée de Ggle Map, ù e deine le parcur du pernnage principal à traver l’Ece.18

− 100 mots pour la folie et une expérience de vidéclip interactif créé par l’of -ce natinal du lm du Canada. sur une chann de Malajube (« Cntrôle »),l’internaute et invité à répndre à une érie de quetin : écrivez un mtqui eprime la peur, écrivez un mot qui eprime l’amour, écrivez un mot quiexprime la flie, etc. Le répne nt aiie dan de cae prévue à ceteffet. Lrque l’internaute umet chacune de e répne, de nuage demt en muvement apparaient à l’écran ; il ’agit de répne de inter -nautes précédents, parmi lesquelles se trouve aussi les siennes.

Tu le exemple mentinné préentent une haute frme d’hbridité littéraire.Chaque ite travaille a créatin à partir du texte – d’un récit, d’une bigraphie,

d’un pème et purtant, c’et le côté multimédia et hpermédia qui accmpagnela présence de ce tete. Ces sites artistiques se servent également des ressourcesdisponibles sur Internet dans un procédé nommé mash-up qui cnite à mélan-ger le infrmatin de ite public différent. Pur a prpre créatin, n peututiliser les images publiques disponibles sur Flickr ou les cartes de Google Maps.Cependant, la plu grande bjectin à faire aprè avir revu ce exemple et lasuivante : le tete a-t-il une place assez large pour qu’on puisse parler de littéra-ture ? Ne ’agirait-il pa plutôt d’un art au en d’art viuel ? La répne n’et pafacile, nu crn ici à une dénitin plutôt large de la littérature qui englbeégalement les genres liminaires et qui questionne surtout son rapport au autres

art. En effet, la quetin fndamentale n’et pa tellement celle de la nuvelletechnologie, mais plutôt celle de la littérarité et de la limite de la littérature. LaBD u le texte de chann, et-ce tujur de la littérature, et-ce de la para -littérature ? La paralittérature era-t-il un jur prmue au rang de littérature ? Aufnd, l’eentiel, c’et la façn dnt chaque critique itue le nuvelle littéra-ture. Pur l’intant, nu purrin nu cntenter du fait qu’il ’agirait, dan leca de nuvelle littérature, d’une paralittérature avec de apiratin parfifrivle, parfi plu érieue.

Il ’agit nn eulement de mélange varié à traver le média. La ptm-dernité a impé une hbridité à traver le même art u genre : aini, il a de

ite web qui ’amuent à mélanger shakepeare à Pe, prcédé frt ulipien, car dan ce grupe la ppularité de texte hbride à tujur été grande. Rappe-ln le pème hbride créé par le « prgramme-valie » Rimbaudelaire du groupeALAMO. Il s’agit d’une combinaison du Dormeur du val de Rimbaud avec unleique glané chez Baudelaire :

L sl d bC’et un ri de campagne ù rule une eur d’mbreAccrochant simplement au ombres des ptésD’amur ; ù le regret de la mémire mbre

18

http://wetelltrie.c.uk/trie/week1/

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100 PETR VURM

Boit : c’est un ancien bonheur qui brille de côté

Un démon nombre, haine obscure, taille noire

Et la langue baignant dans le rou ravin blancPleut ; il et incliné dan l’mbre, u la mire, Nble, dan n val frid ù la pitrine ment.

Le cieux dan le déir, il pleut. Cet ieau frêleCulerait un requin alerte, il fuit la grêle :Médaille, aime-le tendrement : il est grand.

Le brûlt ne fnt pa piétiner a narine ;Il pleut dans le grelot, la mer sur sa poitrine,Alerte. Il a de cieux nble au glaïeul lent.19

L’bjectif d’un métiage pareil et d’illutrer le pibilité d’un « patichehbride » u de tranitin (mrphing) entre deux auteur et d’explrer le p-ibilité tructurelle et lexicale d’une manière ludique. Parmi le littéraireanglo-saons, il eiste tout un genre de la mashup novel (roman-mélange) quicmbine deux rman de deux auteur différent, dnt le plu célèbre et  Pride

and Prejudice and Zombies de Seth Grahame-Smith, combinaison du roman deJane Auten et de la ctin de zmbie mderne, ù Auten et indiquée cmmec-auteur. Que pener de ce œuvre mashup, cmment le analer ? s’agit-ild’une verin infrmatiée du décupage aléatire dada u a-t-il une ethétique

 plu avancée de la cberculture ?

  Ntre répne n’et pa dénitive. Il et évident que le ptentialité de latechnlgie facilitent une lecture impible auparavant, nu puvn cmbiner à vlnté de élément de texte d’auteur différent et le mélanger eln de cri-tère avancé. Egalement, de prcédé phitiqué d’anale auctriale du textenous permettent de mélanger les styles individuels de grands auteurs, semblablesen cela à de alchimite, dan un dage avant du meilleur de chaque auteur.Un autre cncept clé juera un rôle déterminant dan cette hbridité : la réécri-ture. Imaginn, à l’avenir, de prgramme baé ur de anale tatitique,capables de réécrire A la recherche du temps perdu écrit dans le style d’un AndréGide, Georges Perec ou Jean-Philippe Toussaint selon le choi du lecteur. Comme

déjà évqué, la quetin la plu imprtante tuche le en et la ignicatin géné-rale de l’œuvre littéraire. Le critique littéraire devrait e demander à qui ert untel mélange. Son propos est-il purement ludique ou l’auteur a-t-il réussi, grce auhaard u au chix méticuleux à aller au-delà de texte-ingrédient qui entrentdan la cmpitin pur exprimer une nuvelle expérience qui nu enrichit ?Autant de quetin painnante pur de réexin ur la littérature.

Dans cet article, nous n’avons évoqué que quelques concepts théoriques tou-chant l’écriture virtuelle. Le partage et la créatin de texte à traver la Tilechangent frtement la manière dnt nu lin et, urtut, dnt nu alln lire

19

Recpié de http://digitalhumanitie.rg/dhq/vl/1/1/000005/000005.html

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101SUR QUELQUES POTENTIALITÉS DE LA LITTÉRATURE VIRTUELLE

le texte à l’avenir. La pitin de l’auteur et du lecteur et buleverée à ntour, ainsi que les limites des genres. En même temps, il découle de ce question-nement que la nature de la littérature virtuelle et tujur incertaine. s’agit-t-ild’une littérature substantiellement nouvelle ou simplement d’un sous-genre dela littérature traditinnelle ? Le texte électrnique va-t-il peu à peu remplacer letexte imprimé u vnt-il cexiter ? Nu crn que la traditin et le plaiir de lecture empêchent une diparitin cmplète de livre claique mai que lelivre électrnique vnt juer un grand rôle grâce à ce pibilité élargie. La

 participatin du lecteur va juer aui un grand rôle au niveau de ce chix et lelecteur cntatern qu’n leur demande un effrt de plu en plu grand (pur revenir à Queneau).20

Bbl

DELEUZE, Giles. Différence et répétition. Paris: Presses Universitaires de France, 1968.GRANGER, Gilles-Gaston. Le probable, le possible et le virtuel. Paris: Editions Odile Jacob, 1995.LÉVY, Pierre. Qu’est-ce que le virtuel ? Paris: La Découverte, 1995.LÉVY, Pierre. Cyberculture. Paris : Editions Odile Jacob, 1997.MILLERAND, Flrence; PROULx, serge; RUEFF, Julien. Web social. Mutation de la communi-

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ab d k wd

In the light f recent technlg prgre, traditinal and relativel cnervative art uch aliterature change ubtantiall tgether with viual art and ther part f cberculture. Thi article prvide an verview f general prblem and erve a an intrductin t the tpic. It dicuethe categr f virtual literature and quetin it mt imprtant apect. It take the pible de-nitin f the wrd virtual and virtualit a it tarting pint and trie t pinpint the great changethat affect writing aited b cmputer and netwrk. The tatu f the authr, the reader and their interactin are explained n the backgrund f the human/machine interface and Turing’ tet. Themt imprtant take f interactivit, cmbinatric and generatin f text in writing ctin, a

well a new facet f pt-mdern hbridit and mah-up f literature with variu new media.

Virtual literature; cberculture; virtualit; interactivit; mah-up

20 Il ied de précier à la n de cet article que le premier pème a été écrit par une machine et

l’autre par un humain.