Albert MATHIEZ La Révolution française La chute de la royauté La Gironde et la Montagne La Terre

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Text of Albert MATHIEZ La Révolution française La chute de la royauté La Gironde et la Montagne La Terre

  • @Albert MATHIEZ

    LA RVOLUTION FRANAISE

    La chute de la royautLa Gironde et la Montagne

    La Terreur

    Un document produit en version numrique par Pierre Palpant, bnvole, Courriel : ppalpant@uqac.ca

    Dans le cadre de la collection : Les classiques des sciences sociales fonde et dirige par Jean-Marie Tremblay,

    professeur de sociologie au Cgep de Chicoutimi.Site web : http://classiques.uqac.ca/

    Une collection dveloppe en collaboration avec la BibliothquePaul-mile Boulet de lUniversit du Qubec Chicoutimi.

    Site web : http://bibliotheque.uqac.ca/

  • La Rvolution franaise

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  • Un document produit en version numrique par Pierre Palpant, collaborateur bnvole, Courriel : ppalpant@uqac.ca

    partir de :

    LA RVOLUTION FRANAISE

    par Albert MATHIEZ (1874 - 1932)

    Editions La Manufacture, Lyon, 1989, 584 pages.1e dition : Librairie Armand Colin, Paris, 1922.

    Polices de caractres utilise : Verdana, 12 et 10 points.Mise en page sur papier format LETTRE (US letter), 8.5 x 11

    [note : un clic sur @ en tte de volume et des chapitres et en fin douvrage, permet de rejoindre la table des matires]

    dition complte le 1er dcembre 2006 Chicoutimi, Qubec.

    La Rvolution franaise

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  • T A B L E D E S M A T I R E S

    Avertissement

    LA CHUTE DE LA ROYAUTE

    La crise de lAncien RgimeLa rvolte nobiliaireLes tats gnrauxLa rvolte parisienneLa rvolte des provincesLa Fayette maire du palaisLa reconstruction de la France La question financireLa question religieuseLa fuite du roiLa guerreLe renversement du trne

    LA GIRONDE ET LA MONTAGNE

    1. La fin de la Lgislative (10 aot-20 septembre 1792).

    La Commune et lAssembleSeptembreLes lections la ConventionValmy

    2. Le gouvernement de la Gironde

    La trve de trois joursLassaut contre les triumvirs La formation du tiers partiLe procs du roiFinances et vie chreLa conqute des frontires naturellesLa premire coalitionLa trahison de DumouriezLa VendeLa chute de la Gironde

    La Rvolution franaise

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  • LA TERREUR

    La rvolte fdralisteLes dbuts du grand Comit de salut public (juillet 1793)La crise du mois daotLa pousse hbertiste et linauguration de la TerreurHondschoote et WattigniesLtablissement du gouvernement rvolutionnaireLa justice rvolutionnaireLe complot de ltrangerLes IndulgentsDes citra aux ultraLa chute des factionsLa rorganisation du gouvernement rvolutionnaireFleurusThermidor

    @

    La Rvolution franaise

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  • AVERTISSEMENT

    @

    Si on a supprim volontairement de ce livre, qui sadresse au

    public cultiv dans son ensemble, tout appareil drudition, cela

    ne veut pas dire quon nait pas cherch le mettre au courant

    des dernires dcouvertes scientifiques. Les spcialistes verront

    bien, du moins nous lesprons, quil est tabli sur une

    documentation tendue, parfois mme indite, interprte par

    une critique indpendante.

    Mais lrudition est une chose, lhistoire en est une autre.

    Lrudition recherche et rassemble les tmoignages du pass,

    elle les tudie un un, elle les confronte pour en faire jaillir la

    vrit. Lhistoire reconstitue et expose. Lune est analyse. Lautre

    est synthse.

    Nous avons tent ici de faire uvre dhistorien, cest--dire

    que nous avons voulu tracer un tableau, aussi exact, aussi clair

    et aussi vivant que possible, de ce que fut la Rvolution franaise

    sous ses diffrents aspects. Nous nous sommes attachs avant

    tout mettre en lumire lenchanement des faits en les

    expliquant par les manires de penser de lpoque et par le jeu

    des intrts et des forces en prsence, sans ngliger les facteurs

    individuels toutes les fois que nous avons pu en saisir laction.

    Le cadre qui nous tait impos ne nous permettait pas de tout

    dire. Nous avons t oblig de faire un choix parmi les

    La Rvolution franaise

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  • vnements. Mais nous esprons navoir rien laiss tomber

    dessentiel.

    Le 5 octobre 1921.

    @

    La Rvolution franaise

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  • ILA CHUTE

    DE LA ROYAUT

    La Rvolution franaise

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  • 1LA CRISE DE LANCIEN RGIME

    @

    p.13 Les rvolutions, les vritables, celles qui ne se bornent pas

    changer les formes politiques et le personnel gouvernemental,

    mais qui transforment les institutions et dplacent la proprit,

    cheminent longtemps invisibles avant dclater au grand jour

    sous leffet de quelques circonstances fortuites. La Rvolution

    franaise, qui surprit, par sa soudainet irrsistible, ceux qui en

    furent les auteurs et les bnficiaires comme ceux qui en furent

    les victimes, sest prpare lentement pendant un sicle et plus.

    Elle sortit du divorce, chaque jour plus profond, entre les ralits

    et les lois, entre les institutions et les murs, entre la lettre et

    lesprit.

    Les producteurs, sur qui reposait la vie de la socit,

    accroissaient chaque jour leur puissance, mais le travail restait

    une tare aux termes du code. On tait noble dans la mesure o

    on tait inutile. La naissance et loisivet confraient des

    privilges qui devenaient de plus en plus insupportables ceux

    qui craient et dtenaient les richesses.

    En thorie le monarque, reprsentant de Dieu sur la terre,

    tait absolu. Sa volont tait la loi. Lex Rex. En fait il ne pouvait

    plus se faire obir mme de ses fonctionnaires immdiats. Il

    agissait si mollement quil semblait douter lui-mme de ses

    La Rvolution franaise

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  • droits. Au-dessus de lui planait un pouvoir nouveau et anonyme,

    lopinion, qui minait lordre tabli dans le respect des hommes.

    p.14 Le vieux systme fodal reposait essentiellement sur la

    proprit foncire. Le seigneur confondait en sa personne les

    droits du propritaire et les fonctions de ladministrateur, du juge

    et du chef militaire. Or, depuis longtemps dj, le seigneur a

    perdu sur ses terres toutes les fonctions publiques qui sont

    passes aux agents du roi. Le servage a presque partout

    disparu. Il ny a plus de mainmortables que dans quelques

    domaines ecclsiastiques, dans le Jura, le Nivernais, la

    Bourgogne. La glbe, presque entirement mancipe nest plus

    rattache au seigneur que par le lien assez lche des rentes

    fodales, dont le maintien ne se justifie plus par les services

    rendus.

    Les rentes fodales, sorte de fermages perptuels perus

    tantt en nature (champart), tantt en argent (cens), ne

    rapportent gure aux seigneurs quune centaine de millions par

    an, somme assez faible eu gard la diminution constante du

    pouvoir de largent. Elles ont t fixes une fois pour toutes, il y

    a des sicles, au moment de la suppression du servage, un

    taux invariable, tandis que le prix des choses a mont sans

    cesse. Les seigneurs, qui sont dpourvus demplois, tirent

    maintenant le plus clair de leurs ressources des proprits quils

    se sont rserves en propre et quils exploitent directement ou

    par leurs intendants.

    Le droit danesse dfend le patrimoine des hritiers du nom ;

    mais les cadets, qui ne russissent pas entrer dans lArme ou

    La Rvolution franaise

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  • dans lglise, sont rduits des parts infimes qui ne suffisent

    bientt plus les faire vivre. A la premire gnration ils se

    partagent le tiers des biens paternels, la deuxime, le tiers de

    ce tiers et ainsi de suite. Rduits la gne, ils vendent pour

    subsister leurs droits de justice, leurs cens, leurs champarts,

    leurs terres, mais ils ne songent pas travailler, car ils ne

    veulent pas droger. Une vritable plbe nobiliaire sest forme,

    trs nombreuse en certaines provinces, comme la Bretagne, le

    Poitou, le Boulonnais, etc. Elle vgte assombrie dans ses

    modestes manoirs. Elle dteste la haute noblesse en possession

    des emplois de Cour. Elle mprise et envie le bourgeois de la

    ville, qui senrichit par le commerce et lindustrie. Elle dfend

    avec pret contre les empitements des agents du roi ses p.15

    dernires immunits fiscales. Elle se fait dautant plus arrogante

    quelle est plus pauvre et plus impuissante.

    Exclu de tout pouvoir politique et administratif depuis que

    labsolutisme monarchique a pris dfinitivement racine avec

    Richelieu et Louis XIV, le hobereau est souvent ha de ses

    paysans parce quil est oblig pour vivre de se montrer exigeant

    sur le paiement de ses rentes. La basse justice, dernier dbris

    quil a conserv de son antique puissance, devient entre les

    mains de ses juges mal pays un odieux instrument fiscal. Il sen

    sert notamment pour semparer des communaux dont il

    revendique le tiers au nom du droit de triage. La chvre du

    pauvre, prive des communaux, ne trouve plus sa pitance et les

    plaintes des petites gens saigrissent. La petite noblesse, malgr

    le partage des communaux, se juge sacrifie. A la premire

    La Rvolution franaise

    11

  • occasion elle manifestera son mcontentement. Elle sera un

    lment de troubles.

    En apparence la haute noblesse, surtout les 4 000 familles

    prsentes , qui paradent la Cour, chassent avec le roi et

    montent dans ses carrosses, nont pas se plaindre du sort.

    Elles se partagent les 33 millions que rapportent par an les

    charges de la maison du roi et des princes, les 28 millions des

    pensions qui salignent en colonnes serres sur le livre rouge, les

    46 millions de la solde des 12 000 officiers de larme qui

    absorberont eux seuls plus de la moiti du budget milita