ArT_Spieser - Liturgie Et Programmes Iconographiques

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LITURGIEET PROGRAMMES TCONOGRAPHTQUESpar Jean-Michel SpIESER

Consacrer une 6tude aux relations entre liturgie et iconographie demande sans doute justification, puisque l'influence de la premitre sur la deuxiEme ne parait pas, de manidre parfois vague il est vrai, 6tre v6ritablement contest6e t. Nanmoins il n'est pas inutile de refaire le point dans la mesure or) trois travaux, que l'on peut maintenant qualifier d'anciens, et qui rendent compte de l'essentiel du problEme, ne semblent pas avoir convaincu la plupart des sp6cialistesd'iconographie. Cette 6tude, qui ne devrait tre qu'un point de d6part, veut essayerde montrer que la liturgie est 1'6l6ment fondamental, I'ensemble dans lequel il faut se placer pour arriver d comprendre le systbme du d6cor des 6glisesbyzantines. Cette recherche part aussi de l'id6e que, si l'on veut vraiment 6tablir une couespondance entre iconographie et liturgie, la premidre doit, comme la seconde, tre 1. Travauxcit6sen abr6g6: F. BoESpFr-uc N. LossKy, 6d.,N;/rr 11,Paris1987. et R. BORNERT, rrzrnataires Zn byzanlis la diuinz de liturgit,Paris1966. F. E. B RIGHTMAN, Ea'tm Liturgies, Oxford 1896. NIcoLAsC ABASILAS, (SC 4 bis),ParisI 967. Expliation IaDiaine dc Liturgie O. DEMUS, Blzant;nc Mosaic Decoration, Londres1948. S. DUFRENNE, l,rrl/o3rdmmes iconographiqucs des,lglises de Mitra,Paris 1970. " A. GR-{BAR, Un rouleauliturgiqueconstanrinopolitain sespeintures DOP B, 1954, 161", et p. 199.L. HADERMANN-MISGUICH, Kurbinona. fre.sques Saint-Ceorgesta pe;nture Les dz et bt.antinedu Xrr" t., Bruxelles1975. E. M ERCENIER, rihe dzsiglises ite Uzantin I lI, t-2, Chivetogne 1937,1948. Zd de H. J. ScHuLz, Dit blzantinische Liturgiz 2,Trives 1980. Ctu. 'N AL"|ER, andRitual of tfu \yzantineChrzi, Londres 1982. An 2. GRABAR,Routeau; Scuvtz, Litargre,en particulier p. 91 s. (l'essentielde ce qui nous concerne ici se trouvait d6j)r dans la premidre dition, parue en 1964 i Fribourg-en-Brisgau, de cet important petit livre, qui ne semblepas avoir requ de la part des historiensde l'art I'attention qu'il m6ritait); DUFRE\NE, M;t/a, en particulierp. 49 67. Il faut r'idemment donner une place) part aux 6tudesfondamcntalcs. mais qui concernent essentiellerncnr rj6corc11sancruairc, WAL'IER,Art and R;tual, lc dc rr'. r ecr.sLrr lequelnous auronsplusieurs foisn reri r,r

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JEAN,i\'IICHEl- SPIESER

consid6r6e comme un ensemblecoh6rent. En d,autres termes, I,iconographiedoit tre comprisecomme un systdme relation avecun autre systeme l-itu;gie).Le en (la mot.:yst-:r.le ici employ6dans son sensplein, c'est-)-dire qu,il d6signeun en, est sembled'6l6mentsqui ne prennent toute leur signifrcation que par la relition qu,ils ont l'un avecl'autre et par lur relationavecle systlme dansson ensemble la ionc_ et tion de celui-ci.Ceci implique qu'il n'est pas de bonne mthoded,expliquerla pr6_ senceet l'emplacementde certaines images- ou ensembles d'imagei j "o*-. ,i elles6taientsimplernent juxtapos6es l'une i l'autre. Une justificatiorith6oriquede ce double.pointde vue, importancede la liturgie pour I'iconographie, programmeico_ nographique conqucommeun systbme, trouve dansun importaniliv;e publi6 il y se a-quelques ann6es par S. Sinding-T.a15sn qui en fait la d6monstration pour le g. Moyen Age occidental J'essaieraide montrer que cette voie doit 6galemint tre explorEedans le domaine byzantin et qu'elle permet de mreux cerner un cer_ tain. nombre de particularit6sdu systbmed6coratif byzantin que les explications t. habituelles On p-eut dire que tout rituel, dont la liturgie chr6tienne un exempleparticuest .. lier, est._fait pour communiquer un message qui doit tre compris pai le public auquel il est destin6,en l'occurrenceles fidElespr6sentsdans l,6glise. Mais'en se contentantde cetted6finition, on passe). c0t6 d,un double aspect, issentiel, de tout rituel, qui est celui, sansdoute,de l'identit6 du rite et du -eriuge, er, certainement, celui de la participation du public au rituel : . Il y a d,ordinaire wn chef d'orchestre, un maitre des c6r6monies, grand prtre... Mais les acteurset les auiiteurs soni les un mmes.Nous participons) des rites pour nous transmettrei nous-mmes mesdes sages collectifs" 5. Il s'agit donc d'un message n'est pas simplementd,informa_ qui tion, mais d'un.message institu6et instituant. De la lituigie on peut dire qu,elle est un systdme16916 texteslus ou chant6set d,un certain nombre d,actei dont le de central est cens6avoir 6t6 institu6 par le Christ et qui a 6t6 6labor6 par :9y?]r l'Eglise. Mais elle comprendausside manibre essentielle ,.,.r.s6.i. de co*posuntes qui paraissent parfois secondaires I'observateurmoderne,mais qui concouraient ) de la mme manibreque les parolesou les gestes I'efficacit6 riiuel ; il s,asit de ) du tout c^e qu'on appelleaujourd'hui le d6cor, sinon le ddcorum, depuis les vEteri.rents desofficiantsjusqu'au cadre or) le rite a lieu. Ce thdme est encorebien perEu dans les r6flexions contemporaines l'art sacr6des th6ologiens sur orthodoxes,',, .-.u-.rr., . une.pridre,) une contemplation plus grande,et eta6lir danscet 6tat, par les moyens de l'art, avecles implications techniques que celapeut avoir, chaque;rt agissan; dif_ fremmentdans sa sp6cificit6 visuelle,sonore,gestuelle autre, c,est-i-dire dans ou son rapport au corps et aux senscorrespondants D6. Lorsque le mme auteur dit que3- S. S INDr,\c-L^esEN, Ircnlgr_aph! perrp.ct;rrs,Oslo 1984; pour !nd- 4tjgl: A Stu4 aJAnalftia! , notLon la de systime applique ) la litu-rgie-e.f)-l'iconographiei cf. ibirf., en particulier p.3!-36, p . 1 3 2s . 4. Je tiens ) remercier le pdre Ephrem, maintenant au monastEre de Saint-Antoine le_Grand :Lsaint-Laurent_en-Royans, qui, encore 6tudiant, avait entrepris sous ma direction des recherchessur cette th6matique et qui a bien voulu mettre ) ma disposition les conclusionsauxquellesil est arrive. 5. E. LL{cH, Culturc an(lCommuniarirn, Cambridge 1976, p. 45. 6. I. REZNIKOFF,u La transcendance,le corps et l,ic6ne dans les fondements de l,art sacr6et de Ia liturgie " dans BorspFLUc et LoSSKy, Nr;{tr11,p. 3 75-391 texte cit6 : p. 3g2). Voir aussi quelques 0e

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L]]'URGIE

ET PROGRAMMES

ICONOGRAPHIQUES

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" la liturgie.(est) et thatre,o,d:::.,, il ne fait que art dire dansun langagecontem_ l porain desthdmesque l,on trouved6j).dansNicolasCabasilas. Celui-ci en effet,dansson trait6 s, avait bien vu cetteprobl6matiqu et nousperde comprendrece qu'il faut appelerJe_mode d,actiorid. l" Ii;.;;-,;;;;;;;. lnet rur-meme I arransementdu rlte qui doit mettre le frdbledansla , disposition qui permet l'efficacit6.du g. dispositif centralde la c6l6bration ceci sefait de deux manid'res, parla parole d abord, parole entendue,mais aussiparole prononceelo. Le second mode d'action du rite est la vue ; il montre la vie du ihrist de manidre e .e q,r. .ro.,, la voylons : ( Nous sommesencoresanctifis d,une autre manibre par to,it aa qri est accomplidansla liturgie sacre: nous y voyonsle Christ repr6seni6 (runoripevov) a accompliet souffertpour nous u rr. Aprds cettephraseintroductive, X"^.".-::lt consacre L,aDasrtasll un long d6velopp"p9"l u" symbolisme li liturgie, pu.ol., ei de gestes, insistantplusieursfois sur le fait que l'6conomiedu salut en ist ainsi mise sousles yeux des lidEles: u Il est ainsi possibieaux specrateurs de cesrites d'avoir devant les yeux toutescesdivines rialit6s ,, ,z;un peu plus loin : " La mystagogie ... tourestFs,panies.de vie 1du Sauviurr ,,, . La fin d.'.. p".r!ug.. la l:t.:l:: e n tl:t-I:r* v a n rl a gurvr c o n ( u s i o nd u p r e m i e rc h a p i t r e i.n s i s t e n c o r e n e f o i ss u r " l a l l u s t ea e u mme id6e. Il convient de la cirer en entier : ,, Voici pourquoi u 6te p..,r6 ,.,r,t.i svmbolisme(6 roro0rog dnevorj0n rrjrog), qui n. sigriin. iur r",]l.*..rt pa. d., mots, mais qui met tout sousla vue et qui esi visible I travers toute la Iiturgie, afin d'agir plus ais6mentsur nos Ames, afin.qu,il n,y ait pas pure vrsron et qu,une rmpression d6posde nous, car notre imaginaiionpiut recevoir soit en une impression Plusnettepar lesyeux ' ra. r1s311t de lassageestl,importancefondamentale accord6e Cabasi_ par ,^^ o une part a i 1e ras,,,9._qui actellturgique,au rite, en tant que destin6) mettre cel;i qui y parremarqu_es suggestives ce sujetdans p. SCAZZOSO,Il problemadeltesacreicone ir . ,, Ae,un43,1g69, p 304'323' en particulier o 312 s. avec des r6f6rences importantes, .nt.. ^,rtt . a Gr6goire de Nazianze. 7. REZNICKOFF, rt., p. 385. rp. B. L;turgi I, L pour Cabasilas, voir maintenant 6galement Z, aie _ . _ _CABASTLAS, en Christ, 6d. M.-H. Congourdeau (SC 355). 9. Liturg;eI,4 : . din5i 61616, puisque, pour le bon ordre des divins mystdres,il 6tait n6cessaire . de s'en approcher bien disposeset doment prpar6s, it falrait aussi qu" ..i " i.ep"..,r,rn se trouvat dans l'arraneementdu te sacrd " 5 : " er ainsi, par te pouvoir mme desparolesditeset chant6es, nous sommesaidsi ,,.":f,"irjf "1, 11. Ib;d.1,6. 1.1 par commodit,Iesexpressions rires" ct . divinesralites a la rraduction " , " a i,a v r i c - r e r n h o n . lb.id J'emprullte, r m a r s r rl a u r b i e ns e f e n d r r . o m p r . q u e l p ' e r l f q r e , c s rp l u sr o n c r s r q ' e s o n r e ainsi r r d d u i r s . u x n c u r r e .p l u r r , l s ,r o i r c e t r o v r q t r c i v a . q u r t r n r o j e i r I d u n a u x c h a n r s , u x l e c r u r ee t a s a ce que rartre prerfe pendantla c6ribration,r'autre ) ce qui concemel'conomie du sarut.En g6n6ral, je pars de la rraduction de l'edition Salaville, r^evuepar pl fa.,.f,"" fSC + ii", 1%?), ;;;;;:;;;;;l toisde la rendre plu,slittirale.-quitre en sacrifierl,6lgance, or) la ?r l) littralrre pararrapporrerun senq plu-s-precrs oi I'ligance effa(e . I asp6rit6" de ),oiiginai. A tirre et d,exemple, renvoie i la n. 2,' je p. 56, or) les 6diturs justifient leur traduction de rpprxr-ns.rpdr!r(n_c " po. ioor. augusre ,. Mais den n rnrerditde traduire par . table redoutable^,, sinon " 5gr3,-," "