of 154 /154
Benchmarking du tourisme – Le secteur Suisse du tourisme en comparaison internationale Rapport de synthèse du « Programme de benchmarking international du tourisme suisse: étape de projet 2014 – 2015 » Janvier 2016

Benchmarking du tourisme Le secteur Suisse du tourisme en … · Le tourisme alpin L'analyse du tourisme alpin est dédiée, d'une part, au tourisme alpin dans sa globali-té et à

Embed Size (px)

Citation preview

Benchmarking du tourisme – Le

secteur Suisse du tourisme en

comparaison internationale

Rapport de synthèse du « Programme de benchmarking

international du tourisme suisse: étape de projet 2014 –

2015 »

Janvier 2016

Editeur

BAKBASEL pour le compte de

Canton de Berne, beco – Berne Économie

Canton des Grisons, Office de l'Économie et du Tourisme (AWT)

Canton du Valais, Service du Développement économique (SDE)

Canton de Vaud, SPECo, SCRIS, Office du Tourisme

Canton du Tessin, Dipartimento delle finanze e dell'economia

Lucerne Tourisme, Engelberg-Titlis Tourisme

encouragé par Innotour, l’outil promotionnel du Secrétariat d'Etat à l'économie

SECO

Direction du projet

Natalia Held, T +41 61 279 97 37

[email protected]

Rédaction

George Elias (Polynomics AG)

Natalia Held

Rebekka Rufer

Dr. Stephan Vaterlaus (Polynomics AG)

Dr. Philippe Widmer (Polynomics AG)

Photo de couverture

www.fernwehblog.net/fernweh

Copyright

© 2016 by BAK Basel Economics AG

Tous les droits de reproduction réservés à BAK Basel Economics AG et aux donneurs

d’ordre.

L’utilisation et la reproduction d’informations contenues dans la présente publication

sont autorisées à condition d’être accompagnées de la mention suivante: « Source:

BAKBASEL ».

Synthèse

Depuis plus de dix ans, BAKBASEL réalise des analyses détaillées relatives à la com-

pétitivité internationale du tourisme suisse, ayant pour objet de dresser un état des

lieux précis et systématique de la performance et des facteurs de compétitivité des

destinations et régions.

Dans le cadre du «Programme de benchmarking international pour le tourisme

suisse», conduit sur ordre des principales régions touristiques suisses (Valais, Berne,

Grisons, Vaud, Tessin, Suisse centrale), BAKBASEL analyse en profondeur la compéti-

tivité internationale du secteur touristique suisse. L'étude «Benchmarking du tou-

risme – le tourisme suisse dans la comparaison internationale» résume les princi-

paux enseignements de la phase de projet 2014-2015. Cette étude est divisée en

cinq volets: «la Suisse, pays de tourisme», «le tourisme alpin», «le tourisme urbain», «le

tourisme d'excursion» et «les destinations touristiques entre attractivité et efficience».

L'étude est structurée de manière à ce que chacun des volets constitue un rapport à

part entière. L'ensemble des cinq volets offre une vision détaillée de la performance

et de la compétitivité du tourisme suisse.

La Suisse, pays de tourisme

Au cours de la période d'observation 2000 à 2014, le tourisme suisse aura fait

preuve d'une performance inférieure à la moyenne. En effet, alors que dans les pays

voisins la demande touristique a enregistré une solide progression, en Suisse, elle

n’a que faiblement augmenté. Le même constat vaut pour le taux d'occupation et le

nombre de personnes actives occupées dans l'hôtellerie/restauration; la Suisse s'est

montrée moins performante que les pays de référence, notamment au début du XXIe

siècle, pendant l’année post-crise 2009, ainsi qu’en 2011 et 2012. En revanche, au

cours de deux dernières années d’observation, la Suisse a renoué avec la croissance

et regagné des parts de marché.

L'examen des facteurs déterminant la compétitivité révèle qu'un des problèmes ma-

jeurs grevant le tourisme suisse est le niveau de prix. Les différences de prix s'expli-

quent majoritairement par le coût plus important des produits intermédiaires et le

coût du travail, nettement plus élevé en Suisse. Certes, entre 2001 et 2009, ces

écarts se sont réduits de 28 à 20 points ; mais, après 2009 et jusqu’en 2011, le

clivage s’est accentué de façon dramatique pour l'hôtellerie/restauration suisse,

confrontée à la concurrence internationale. De 2012 à 2014, on assiste à une évolu-

tion plus positive, quand bien même, en 2014, on observe à nouveau des prix supé-

rieurs de 30%, soit une divergence encore plus importante qu’en 2000. Cependant,

le cours du franc ayant été à nouveau rehaussé en janvier 2015, par le biais de la

suppression de son cours plancher par rapport à l’euro, les perspectives de

l’hôtellerie/restauration suisse en termes de compétitivité des prix se sont à nouveau

considérablement assombries.

Un autre point faible du tourisme suisse est son offre d'hébergement. D’une part,

l’économie touristique suisse est essentiellement composée d’établissements de

petite taille. D’autre part, près d’un hôtel sur deux n’est pas classé dans une catégo-

rie d’hôtels, ce qui permet de supposer qu’il existe un déficit structurel.

En revanche, le tourisme suisse peut s’appuyer sur des atouts. Parmi les facteurs de

compétitivité où il excelle, il convient de citer les ressources humaines. Comparé à

d’autres pays, le personnel évoluant dans le domaine du tourisme en Suisse dispose

d’une bonne qualification et le marché du travail suisse se caractérise par une

grande flexibilité.

De manière générale, en dépit des prix élevés et d’une offre d’hébergement un peu

défaillante, la compétitivité du secteur touristique suisse est jugée excellente. A en

croire l'indice «Travel & Tourism Competitiveness», la Suisse serait même le pays

ayant l’offre touristique la plus compétitive au monde.

Le tourisme alpin

L'analyse du tourisme alpin est dédiée, d'une part, au tourisme alpin dans sa globali-

té et à l'ensemble des régions alpines et, d'autre part, aux différentes destinations

alpines.

En 2014, le tourisme alpin, calculé en termes d’arrivées de touristes venant de

l’étranger, représente 3,0% du marché mondial, mais son développement étant

moins dynamique que celui du tourisme mondial, l’Espace alpin subit une érosion

constante de ses parts de marché. Cependant, avec un total d’approximativement

7,54 millions de lits et de 487 millions de nuitées, l'Espace alpin reste une valeur

sûre parmi les régions de villégiature.

La comparaison avec l’échantillon international permet de constater que la perfor-

mance des régions touristiques suisses est, certes, très divergente ; toutefois, elle

reste globalement en dessous de la moyenne. En termes de compétitivité, force est

de constater que l'offre d'hébergement accuse un certain nombre de déficits structu-

rels. Notamment la forte proportion de résidences secondaires constitue un défi ma-

jeur. Dans les années à venir, il s'agira, d’une part, d’optimiser l’impact de l’«initiative

résidences secondaires» et d'autre part, d’activer le grand nombre de lits d'héberge-

ment actuellement inutilisés, appelés «lits froids».

Le palmarès des destinations alpines

Dans le cadre du «Programme de benchmarking international pour le tourisme

suisse», BAKBASEL analyse régulièrement la performance de 149 destinations touris-

tiques alpines européennes. Le «BAK TOPINDEX» constitue l'outil permettant de mesu-

rer la performance des destinations et de les comparer à leurs concurrentes interna-

tionales. Il s'agit d'un paramètre intégrant l’évolution de la demande, le taux d'occu-

pation et le rendement. Le «BAK TOPINDEX» peut être dressé pour la saison estivale, la

saison hivernale ou pour l'ensemble de l'année touristique.

Pour la saison d'hiver 2014, le «BAK TOPINDEX» place au premier rang la destination

Lech-Zürs dans le Vorarlberg. Lech-Zürs doit cette première place à un excellent taux

d'occupation et à une très forte rentabilité. D'ailleurs, cette destination caracole de-

puis 2007 dans les trois premiers rangs du ranking. Lech-Zürs peut se réjouir de

nombreux atouts. Le domaine skiable très attractif et l'offre d'hébergement de qualité

confèrent aux deux bourgs Lech et Zürs un rayonnement qui leur assure un taux

d'occupation extraordinaire, bien que les hôtels de la destination fassent payer les

nuitées au prix fort.

Les destinations tyroliennes de Paznaun et de Serfaus-Fiss-Ladis occupent le deu-

xième, respectivement le troisième rang, grâce, notamment, à un taux d'occupation

très élevé. Les domaines skiables du village principal, Ischgl, animé par une vie noc-

turne très intense, ne sont certainement pas étrangers à la notoriété de Paznaun. Si

Serfaus-Fiss-Ladis peut se vanter de nombreux points forts, c'est en tout premier lieu

son orientation familiale qui lui vaut cette appréciation. En 2014, une seule destina-

tion suisse a réussi à se classer parmi les 15 meilleures, à savoir Zermatt que l’on

trouve au 14ème rang. Zermatt, destination de renommée mondiale, réalise un excel-

lent taux d'occupation, tout en s’assurant une forte rentabilité.

Tab. 0-1 Le palmarès des 15 destinations en hiver

« BAK TOPINDEX » saison hivernale, valeur moyenne pour l’Espace alpin = 3,5

Source: BAKBASEL

Contrairement au tableau des résultats d'hiver, monopolisé par les destinations au-

trichiennes, les performances sont plus hétérogènes en été. Ainsi, dans les quinze

premiers rangs, on trouve deux destinations suisses, une allemande, trois italiennes

et neuf autrichiennes. Leur répartition sur les différentes régions et pays composant

l'Espace alpin prouve que la clé du succès du tourisme alpin ne relève pas d’un fac-

teur unique ; la performance peut très bien résulter d’un contexte et de conditions

cadres divers.

La destination suisse Lucerne pointe à la tête du classement. Cette destination af-

fiche un excellent taux d'occupation et le nombre de nuitées hôtelières, vendues à

prix fort, est en hausse. Déjà en 2007, 2008, 2010, 2012 et 2013, Lucerne s'était

distinguée comme la destination d'été la plus performante. Cette ville, idéalement

placée au bord du lac des Quatre-Cantons, offre une multitude de pôles d’intérêt

attirant les touristes.

Les 2ème et 3ème places reviennent aux destinations autrichiennes Salzbourg et alen-

tours et la région de villégiature Reutte, toutes les deux des destinations ayant sensi-

blement augmenté leurs parts de marché et bénéficiant d'un très fort taux d'occupa-

tion. De nombreuses destinations classées aux quinze premiers rangs tirent profit de

leur noyau urbain et des offres culturelles attractives qu’il comporte ; en effet, la ville

au cœur de la destination constitue un avantage décisif.

La deuxième destination suisse ayant réussi à se glisser dans le ranking est Interla-

ken, classée 4ème, où les hôtels se réjouissent également d'un taux d'occupation éle-

vé. Interlaken profite amplement d'une combinaison gagnante «lacs et montagne».

Par ailleurs, cette destination dans l'Oberland bernois est excellemment positionnée

Pos.

2014Destination Région

TOPINDEX

2014

Indice

évol.

Indice

occ.

Indice

prix

Pos.

2013

Pos.

2009

Pos.

2007

1 Lech-Zürs Vorarlberg 5.0 3.4 5.1 6.0 2 1 2

2 Paznaun Tyrol 4.9 3.6 5.7 4.5 3 4 5

2 Serfaus-Fiss-Ladis Tyrol 4.9 3.7 5.6 4.5 1 3 3

4 Tux - Finkenberg Tyrol 4.9 3.5 6.0 3.9 4 7 4

5 Grossarltal Salzbourg 4.8 3.7 5.6 4.3 6 4 10

6 Skiregion Obertauern Salzbourg 4.8 3.5 5.4 4.7 8 2 1

7 Ötztal Tourismus Tyrol 4.8 3.6 5.7 4.1 7 10 15

8 St.Anton am Arlberg Tyrol 4.8 3.6 4.9 5.4 5 9 7

9 Rennweg / Katschberg Carinthie 4.5 3.5 5.4 3.8 14 17 6

10 Stubai Tirol Tyrol 4.5 3.5 5.5 3.3 16 24 24

11 Mayrhofen Tyrol 4.5 3.5 5.2 3.8 12 13 14

12 Val Gardena Haut-Adige 4.4 3.5 4.6 4.8 17 13 12

13 Alta Badia Haut-Adige 4.4 3.5 4.4 4.9 13 16 13

14 Zermatt Valais 4.4 3.4 4.7 4.4 26 11 8

15 Zell-Gerlos, Zillertal Arena Tyrol 4.4 3.5 5.0 3.9 10 11 18

sur le marché asiatique, en forte expansion. En 2014, cette clientèle a fourni environ

30% de la demande à Interlaken.

Tab. 0-2 Le palmarès des 15 destinations en été

«BAK TOPINDEX » saison estivale, valeur moyenne pour l’Espace alpin = 3,5

Source: BAKBASEL

Si l'on considère l'année touristique dans sa totalité, il s'avère que le Grossarltal

s’affiche comme la destination favorite de l'Espace alpin. Cette destination, située

dans le pays de Salzbourg, est abonnée aux premières places du «BAK TOPINDEX»; en

2014, elle doit sa position en tête du ranking à son formidable taux d'occupation. Le

succès du Grossarltal résulte d’une offre d’hébergement très bien structurée, propo-

sant une importante proportion de lits dans le segment hôtelier haut de gamme et

une proportion relativement faible de lits dans les résidences secondaires.

Pour l'année touristique 2014, la ville de Lucerne en Suisse centrale est la seule

destination suisse ayant réussi à se hisser dans le TOP 15 du «BAK TOPINDEX». Ce-

pendant, Lucerne est non seulement la destination suisse la plus performante en

2014 ; elle est aussi excellemment placée dans le palmarès international, puisqu’elle

y figure au 2ème rang. Lucerne affiche un taux d'occupation très élevé et a pu aug-

menter ses parts de marché, étant précisé que c'est surtout en été que cette ville fait

le bonheur des touristes.

A la troisième place du «BAK TOPINDEX», on trouve le Kleinwalsertal. Cette destination

du Vorarlberg est une habituée des premières places du «BAK TOPINDEX»; en 2012 et

2013, elle en obtenait la couronne. En 2014, cette destination doit sa 3ème place à

son formidable taux d'occupation et à une rentabilité excellente. Le Kleinwalsertal

fait la part belle aux familles et bénéficie du raccordement au domaine skiable alle-

mand d'Oberstdorf. Autre avantage dont profite cette destination: elle est autant ap-

préciée en hiver que pendant les mois d'été.

Ce qui frappe au regard du TOP 15 du «BAK TOPINDEX» 2014, c'est que l'on y trouve

un très grand nombre de destinations autrichiennes. En effet, douze destinations sur

les quinze les plus performantes sont situées dans l'Espace alpin autrichien. Seule

Pos.

2014Destination Région

TOPINDEX

2014

Indice

évol.

Indice

occ.

Indice

prix

Pos.

2013

Pos.

2009

Pos.

2007

1 Lucerne Suisse centrale 5.2 4.5 6.0 4.4 1 2 1

2 Salzburg et environs Salzbourg 5.0 5.0 5.1 4.8 6 7 4

3 Ferienregion Reutte Tyrol 4.8 6.0 4.6 4.4 7 102 22

4 Interlaken Oberland bernois 4.8 3.9 5.5 4.2 5 9 8

5 Garda trentino Trentin 4.8 4.2 5.9 3.3 2 5 5

6 Achensee Tyrol 4.7 3.5 5.5 4.1 3 1 3

7 Alpe di Siusi Haut-Adige 4.6 4.2 4.7 4.8 14 16 15

8 Merano et environs Haut-Adige 4.6 3.4 5.7 3.6 4 2 6

9 Oberstdorf Allgäu 4.6 3.4 5.0 4.8 11 8 13

10 Bodensee-Vorarlberg Vorarlberg 4.6 4.7 4.3 4.9 12 5 7

11 Kleinwalsertal Vorarlberg 4.6 3.4 4.9 4.8 9 4 11

12 Grossarltal Salzbourg 4.4 4.4 4.8 3.7 13 14 32

12 Innsbruck et environs Tyrol 4.4 4.7 4.6 3.9 16 22 17

14 Kitzbühel Tourismus Tyrol 4.3 4.6 3.6 5.3 33 37 52

15 Imst-Gurgltal Tyrol 4.3 5.0 4.3 3.9 27 71 20

une destination suisse, une allemande et une italienne ont réussi à intégrer le TOP

15 (Seiser Alm, Oberstdorf).

Tab. 0-3 Le palmarès des 15 destinations alpines

«BAK TOPINDEX» année touristique, valeur moyenne pour l’Espace alpin = 3,5

Source: BAKBASEL

Les analyses démontrent que les destinations suisses ont été plus performantes en

2014 qu’en 2012. La crise économique et le franc suisse très fort avaient valu

quelques années difficiles au tourisme suisse, mais, fort heureusement, 2013 et

2014 ont été marquées par un revirement de tendance. Ainsi, en 2014, de nom-

breuses destinations suisses se sont montrées particulièrement performantes et ceci

tant en hiver qu’en été. Toutefois, pour 2015, l’horizon s’est à nouveau assombri, car

la suppression du cours plancher de l’euro ne manquera pas de sanctionner le tou-

risme suisse et les conséquences seront forcément négatives.

Pos.

2014Destination Région

TOPINDEX

2014

Indice

évol.

Indice

occ.

Indice

prix

Pos.

2013

Pos.

2009

Pos.

2007

1 Grossarltal Salzbourg 5.2 4.3 6.0 4.4 2 1 6

2 Lucerne Suisse centrale 5.0 4.7 5.8 3.8 3 10 5

3 Kleinwalsertal Vorarlberg 4.9 3.5 5.6 4.8 1 2 8

4 Salzburg et environs Salzbourg 4.8 5.1 5.1 4.0 8 14 4

5 Alpe di Siusi Haut-Adige 4.7 4.2 4.8 5.0 16 14 11

6 Rennweg / Katschberg Carinthie 4.7 3.4 5.8 3.7 4 3 1

7 Achensee Tyrol 4.6 3.6 5.7 3.6 5 4 7

8 Kitzbühel Tourismus Tyrol 4.6 4.5 4.1 5.6 21 29 17

9 Tux - Finkenberg Tyrol 4.5 3.8 5.4 3.6 9 9 9

10 Serfaus-Fiss-Ladis Tyrol 4.5 4.3 4.9 4.0 7 5 3

11 Oberstdorf Allgäu 4.5 3.2 4.8 4.9 12 8 11

12 Innsbruck et environs Tyrol 4.5 4.6 5.0 3.5 14 28 18

13 Wilder Kaiser Tyrol 4.4 3.7 5.0 4.0 18 22 26

14 Alpinworld Leogang Saalfelden Salzbourg 4.4 5.2 4.7 3.4 22 19 61

14 Ferienregion Reutte Tyrol 4.4 6.0 4.1 3.8 17 127 44

Les destinations urbaines

Au cours des années passées, le tourisme urbain avait le vent en poupe et a considé-

rablement progressé. Les cinq plus grandes villes suisses Bâle, Berne, Genève, Lau-

sanne et Zurich sont soumises à une comparaison internationale avec les destina-

tions urbaines Barcelone, Florence, Fribourg-en-Brisgau, Heidelberg, Munich, Prague,

Salzbourg, Stuttgart, Vérone et Vienne.

Déjà en 2013, le tourisme urbain en Suisse avait connu une expansion sensible, les

nuitées ayant progressé de 3,2%, et 2014 n’a pas été en reste (+3,1%). Malgré ce

résultat, le tourisme urbain suisse n’arrive pas s’aligner sur le niveau des autres des-

tinations urbaines de cet échantillon, situées à l’étranger, lesquelles affichent une

expansion encore plus sensible (+3,7%).

Tab. 0-4 «BAK TOPINDEX»

Indice, valeur moyenne de l’échantillon complet des destinations urbaines = 3,5 points

Source: BAKBASEL

Selon le «BAK TOPINDEX», en 2014, c’est Genève qui aura été la plus performante des

destinations urbaines suisses. Grâce à son excellente rentabilité et à un taux

d’occupation supérieur à la moyenne, Genève prend le 5ème rang de l’échantillon in-

ternational ; Zurich, bénéficiant d’un excellent taux d’occupation, se hausse au 10ème

rang de l’échantillon.

Quant à la compétitivité, la présente analyse cible principalement la saisonnalité de

la demande. En effet, au cours de l’année, la demande touristique subit des fluctua-

tions plus ou moins marquées. Les destinations bénéficiant d’une demande plutôt

équilibrée sur l’année tirent mieux leur épingle du jeu, car elles peuvent générale-

ment davantage optimiser l’utilisation de leurs capacités que celles soumises à une

saisonnalité très prononcée.

DestinationTOPINDEX

2014

Indice

évol.

Indice

occ.

Indice

prix

Pos.

2013

Pos.

2007

1 Barcelona 5.7 4.4 6.0 5.9 1 1

2 Firenze 5.0 4.3 4.9 5.7 3 8

3 München 4.9 4.6 4.8 5.2 2 7

4 Praha 4.6 4.2 3.9 5.9 6 2

5 Genève 4.5 3.2 4.3 5.7 7 3

5 Salzburg 4.5 4.3 4.4 4.7 5 10

7 Wien 4.4 4.5 4.4 4.4 8 4

8 Heidelberg 4.4 4.8 4.2 4.4 4 14

Valeur moyenne 4.4 4.0 4.4 4.6

9 Verona 4.4 3.8 4.3 4.9 11 6

10 Zürich 4.3 3.7 4.7 4.0 10 5

11 Freiburg 4.3 3.6 4.6 4.1 9 13

12 Stuttgart 4.1 4.5 4.1 3.9 14 15

13 Bern 3.7 3.1 4.6 2.7 13 11

14 Basel 3.6 3.5 3.3 4.2 12 9

15 Lausanne 3.5 3.2 3.7 3.4 15 12

L’analyse de la composante saisonnière a démontré que Bâle et Genève ont connu

en 2014 la saisonnalité la moins marquée, alors que c’est justement dans ces deux

villes que la durée de séjour de la clientèle est extrêmement variable. En effet, Bâle

tire profit de la multitude de salons, expositions et congrès qui l’animent toute

l’année, alors qu’à Genève, ce sont les Organisations internationales qui assurent

une demande homogène sur l’année. Par ailleurs, Bâle et Genève sont les villes où,

depuis 2005, cette composante saisonnière a le plus diminué au fil des années.

L’analyse a montré que cette évolution s’explique principalement par une moindre

saisonnalité de la demande domestique. Aussi, force est de constater que Genève,

destination urbaine la plus performante de Suisse, est également bien placée en

termes de saisonnalité, alors que Bâle, où les amplitudes saisonnières sont tout aus-

si minimes, s’avère moins performante que la valeur moyenne de l’échantillon.

De manière générale, on peut conclure des résultats précités que la demande étran-

gère, observée dans les 5 plus grandes villes de Suisse, se montre plus saisonnière

que la demande domestique, étant précisé que les marchés lointains d’Asie et

d’Amérique accusent une saisonnalité largement supérieure à celle des marchés

européens (hormis la demande domestique et allemande).

Les destinations d'excursion

L'analyse du tourisme d'excursion vise des destinations qui se positionnent principa-

lement en tant que destinations pour des excursions d'une journée ou des séjours de

courte durée. L’échantillon comprend exclusivement des destinations suisses,

puisque la concurrence à laquelle sont confrontées les destinations d'excursion est

plutôt nationale qu’internationale. L’actuelle analyse cible non seulement la perfor-

mance économique, mais encore et surtout l’attractivité touristique. Aussi, elle

s’intéresse particulièrement à la répartition et à la fréquence des différents facteurs

d’attractivité que les destinations d’excursion peuvent faire valoir.

Les 5,2 points obtenus au niveau du «BAK TOPINDEX» révèle que La Sarine, située

dans l’Espace Mittelland, aura été la destination d’excursion la plus performante.

Cette destination, avec Fribourg comme noyau urbain, doit son succès principale-

ment à son taux d’occupation qui coiffe le reste de l’échantillon (un peu plus de

38%). L’évolution positive du nombre de nuitées hôtelières et les prix très élevés que

la destination a réussi à imposer, confortent cet excellent résultat. La destination La

Sarine retrouve donc le 1er rang du «BAK TOPINDEX» qu’elle avait dû céder temporai-

rement, l’année précédente, à la destination Ägerital/Sattel, située en Suisse cen-

trale.

L’indicateur retraçant l’attractivité des destinations touristiques fait ressortir des

différences souvent considérables entre les destinations étudiées. La Thurgovie se

distingue par l’offre touristique la plus attrayante et la plus diversifiée. Ainsi, dans les

domaines «plaisirs gourmands» et «famille & expérience», la Thurgovie s’est dotée

d’une offre particulièrement riche et séduisante, et plus particulièrement dans le

domaine «gourmet et gastronomie», où cette destination l’emporte haut la main.

Quant à l’offre «famille & expérience», le parc de loisirs Conny Land, spécialement

conçu pour les familles, constitue une attraction très prisée.

Les études ont démontré que le nombre de destinations ayant obtenu un nombre de

points élevé est en baisse constante au niveau de l’indice global. Certaines destina-

tions disposent d’atouts naturels dans les sous-catégories, telles que «culture & sites

remarquables» ou «accessibilité». En ce qui concerne les sous-catégories «sport &

aventure» et «plaisirs gourmands», la majorité des destinations se cantonnent à une

offre standard et n’essayent pas de mettre pleinement à profit leur potentiel, ap-

proche qui peut se justifier si une destination est spécialisée dans un autre domaine.

Dans les catégories «famille & expériences» et «randonnées», de nombreuses desti-

nations d’excursions semblent privilégier une offre touristique très vaste. Néanmoins,

cela renforce la compétition entre les destinations ; aussi, certaines d’entre elles

auront d’autant plus de difficultés à trouver une «marque de fabrique» leur permet-

tant de se différencier des concurrentes.

Fig. 0-1 BAK Attractivité des destinations d’excursion – les 10 meilleures desti-

nations de l'échantillon

Indice d’évaluation de l’offre touristique 2014, nombre maximal de points = 100

Source: BAKBASEL

0

5

10

15

20

25

30

35

40

45

50

55accessibilité famille & expérience

culture & curiosités plaisir

randonée sport & aventure

Destinations touristiques : entre attractivité et efficience

Pour la première fois et en coopération avec Polynomics, BAKBASEL a réalisé des

évaluations innovantes relatives à la compétitivité de destinations touristiques. Ainsi,

sur la base de méthodes de benchmarking économétriques et multidimensionnelles,

nous avons étudié le potentiel de rendement d’une destination touristique et com-

ment ce rendement est exploité dans la comparaison transversale internationale. Les

indicateurs d’attractivité qui peuvent influer sur ce potentiel de rendement et en

quelle proportion, ont également été intégrés dans l’étude. Les analyses relatives aux

destinations touristiques suisses permettent une première ébauche de conclusions,

énumérées ci-dessous:

Au niveau de l’analyse concernant les seules destinations touristiques

suisses, les différences par rapport à une analyse comprenant l’Autriche,

l’Allemagne, la France et l’Italie, ne sont pas significatives en ce qui concerne

l’influence des indicateurs d’attractivité sur le potentiel de rendement pen-

dant la saison d’hiver.

La taille des établissements hôteliers joue un rôle largement plus détermi-

nant. Cela signifie que, pendant la saison d’hiver, les économies d’échelle ré-

alisables au niveau de l’hôtellerie trois étoiles sont moins bien mises à profit

en Suisse que dans les stations de ski comparables dans les autres pays de

l’Espace alpin.

Pour les destinations touristiques fréquentées tout au long de l’année, les ré-

sultats obtenus pour la Suisse divergent davantage des résultats comprenant

les autres pays de l’Espace alpin.

Au-delà de la taille moyenne des hôtels qui se répercute de façon positive sur

le rendement dans les destinations suisses, on observe des différences signi-

ficatives, notamment quant à l’influence des indicateurs relatifs à l’intensité

du tourisme, aux remontées mécaniques, aux randonnées, au paysage, au

bien-être et aux plaisirs gourmands.

L’intensité du tourisme, le bien-être et les plaisirs gourmands constituent des

critères qui, au niveau international, exercent une influence très positive sur

les rendements, alors que pour la Suisse, ils n’ont pas de pertinence statis-

tique. En revanche, les indicateurs «randonnées» et «plaisirs gourmands» sont

particulièrement déterminants. Or, ces indicateurs, dans la comparaison in-

ternationale, ne permettaient pas – ou très peu - de déceler un rapport signi-

ficatif. Globalement, on peut en conclure que les clients des destinations tou-

ristiques suisses accordent davantage d’importance à un paysage intact et à

la randonnée qu’au bien-être et aux plaisirs gourmands qui, dans la compa-

raison avec les pays voisins, semblent être des critères secondaires.

A l’inverse, l’analyse porte à croire que les destinations à l’étranger, plus que

les suisses, ont ciblé davantage le bien-être et les plaisirs gourmands, ce qui

pourrait bien attirer la clientèle suisse. En revanche, pour les séjours orientés

vers la randonnée, le paysage et la nature, la clientèle continue tendanciel-

lement à privilégier les destinations suisses.

Sommaire

1 INTRODUCTION .................................................................................................... 22

1.1 Etat des lieux et objectifs ................................................................................ 22

1.1.1 Objectifs et utilité ............................................................................................. 22

1.1.2 Le «BAK DESTINATIONSMONITOR®» .................................................................. 24

1.2 Plan du rapport final ........................................................................................ 24

1ère partie: LA SUISSE, PAYS DE TOURISME ..................................................................... 26

2 Le tourisme suisse dans la comparaison internationale .............................. 28

2.1 La performance du secteur touristique suisse .............................................. 28

2.1.1 L'évolution de la demande touristique ........................................................... 28

2.1.2 Taux d’occupation des capacités d’hébergement ......................................... 32

2.1.3 L'évolution du nombre de personnes actives occupées ............................... 32

2.2 La compétitivité du tourisme suisse ............................................................... 34

2.2.1 La compétitivité en termes de prix ................................................................. 34

2.2.2 La qualification de la main-d’œuvre et l’emploi ............................................ 36

2.2.3 L’offre hôtelière................................................................................................ 38

2.2.4 Conditions cadres ............................................................................................ 43

2e partie: LE TOURISME ALPIN ........................................................................................... 47

3 Les régions alpines dans la comparaison internationale ............................. 49

3.1 Le tourisme dans l’Espace alpin ..................................................................... 49

3.1.1 L’importance du tourisme alpin ...................................................................... 50

3.1.2 L’offre et la demande dans le tourisme alpin ................................................ 52

3.1.3 L’évolution de l’offre et de la demande ......................................................... 54

3.2 La performance des régions alpines suisses dans la comparaison

internationale ................................................................................................... 56

3.2.1 L’évolution de la demande touristique ........................................................... 57

3.2.2 Le taux d’occupation des capacités d’hébergement .................................... 58

3.3 Les facteurs de compétitivité de l'industrie d'hébergement dans la

comparaison internationale ............................................................................ 60

3.3.1 L’offre d‘hébergement ..................................................................................... 60

3.3.2 La demande d’hébergement .......................................................................... 64

4 Destinations alpines ........................................................................................... 67

4.1 Le palmarès des destinations alpines ........................................................... 67

4.1.1 Le palmarès des destinations de l’année touristique ................................... 68

4.1.2 Le palmarès des destinations en hiver .......................................................... 71

4.1.3 Le palmarès des destinations en été ............................................................. 73

4.1.4 Sujet spécial: la capacité de rendement des destinations alpines .............. 74

4.2 La compétitivité du tourisme alpin ................................................................. 78

4.2.1 L’offre ............................................................................................................... 78

4.2.2 La demande ..................................................................................................... 80

4.2.3 Attractivité ........................................................................................................ 82

3e partie: LE TOURISME URBAIN ........................................................................................ 87

5 Les principales villes suisses dans la comparaison internationale ............. 89

5.1 Performance .................................................................................................... 89

5.2 Compétitivité .................................................................................................... 91

17

4e partie: LE TOURISME D'EXCURSION ............................................................................. 99

6 Comparaison des destinations d'excursion suisses..................................... 101

6.1 Performance .................................................................................................. 101

6.2 Compétitivité .................................................................................................. 103

Vème Partie: Destinations touristiques : entre attractivité et efficience ...................... 114

7 Les destinations touristiques entre attractivité et efficience ..................... 116

7.1 L'essentiel en bref ......................................................................................... 116

7.2 Introduction .................................................................................................... 119

7.2.1 Etat des lieux et problématique .................................................................... 119

7.2.2 Délimitation du périmètre d’analyse ............................................................ 120

7.2.3 Structure du rapport ...................................................................................... 121

7.3 La compétitivité des destinations touristiques ............................................ 122

7.3.1 Une destination touristique compétitive offre à sa clientèle un rapport

coût/bénéfice attractif .................................................................................. 122

7.3.2 Les destinations touristiques compétitives peuvent optimiser leurs recettes

au niveau de l’hôtellerie ................................................................................ 123

7.4 Concept d'analyse pour l'examen empirique ............................................... 124

7.4.1 Méthodologie ................................................................................................. 125

7.4.2 Les variables disponibles et le traitement nécessaire des données ......... 130

7.4.3 Spécification économétrique de la fonction des recettes .......................... 133

7.5 Résultat des évaluations économétriques .................................................. 135

7.5.1 Résultats concernant l’efficience de rendement ........................................ 135

7.5.2 Résultats relatifs aux indicateurs d’attractivité ........................................... 139

8 Annexe ................................................................................................................. 148

8.1 L'échantillon des destinations touristique ................................................... 148

8.1.1 L’échantillon des destinations urbaines ...................................................... 148

8.1.2 L’échantillon des destinations touristiques alpines .................................... 148

8.2 Coefficients estimatifs ................................................................................... 150

9 Références .......................................................................................................... 151

Sommaire des tableaux

Tab. 2-1 «Travel & Tourism Competitiveness Index» I ............................................. 44

Tab. 2-2 «Travel & Tourism Competitiveness Index» II ............................................ 45

Tab. 4-1 Le palmarès des 15 destinations alpines ................................................. 69

Tab. 4-2 Les 15 destinations alpines les plus performantes en hiver................... 72

Tab. 4-3 Le palmarès des 15 destinations alpines en été ..................................... 73

Tab. 5-1 «BAK TOPINDEX» ........................................................................................... 90

Tab. 6-1 «BAK TOPINDEX» ......................................................................................... 102

Tab. 7-1 Statistique descriptive des variables utilisées pour les modèles.......... 132

Tab. 7-2 Résultats relatifs aux indicateurs d’attractivité (hiver) .......................... 140

Tab. 7-3 Résultats concernant les indicateurs d’attractivité (été) ...................... 143

Tab. 8-1 L'échantillon des destinations urbaines ................................................. 148

Tab. 8-2 L'échantillon des destinations touristiques alpines ............................... 149

Tab. 8-3 Résultats relatifs sans indicateurs d’attractivité .................................... 150

Table des illustrations

Fig. 2-1 Évolution du nombre de nuitées hôtelières en Suisse et dans ses

pays voisins ................................................................................................. 29

Fig. 2-2 Parts de croissance des régions de villégiature 2000 - 2014 ................ 30

Fig. 2-3 Parts de croissance des zones ST 2000 – 2014 ..................................... 30

Fig. 2-4 Parts de croissance selon marchés d’origine, 2000 – 2014 ................. 31

Fig. 2-5 Taux d'utilisation des lits de l'hôtellerie suisse, comparaison

internationale .............................................................................................. 32

Fig. 2-6 Évolution du nombre d'actifs occupés dans la comparaison

internationale (2000 – 2014) ................................................................... 33

Fig. 2-7 Indices du niveau de prix relatif de l'hôtellerie/restauration ................... 34

Fig. 2-8 Coûts horaires bruts du travail, hôtellerie/restauration

(comparaison 2000-2014) ........................................................................ 36

Fig. 2-9 Indices des niveaux de prix relatifs des principaux produits

intermédiaires pour l’hôtellerie, 2014 ...................................................... 36

Fig. 2-10 Niveau de formation dans l’hôtellerie/restauration suisse et dans

l’économie dans son ensemble (2000 et 2014) ..................................... 37

Fig. 2-11 Niveau de formation dans l’hôtellerie/restauration – comparaison

Suisse et pays voisins (2000 et 2014) ..................................................... 37

Fig. 2-12 Structure de l’emploi dans l’hôtellerie/restauration suisse .................... 38

Fig. 2-13 Taille moyenne des établissements hôteliers (2000 vs 2014) ............... 39

Fig. 2-14 Évolution structurelle de l'hôtellerie suisse .............................................. 39

Fig. 2-15 Structure de l’hôtellerie I ............................................................................ 40

Fig. 2-16 Structure de l’hôtellerie II ........................................................................... 41

Fig. 2-17 Structure de l’hôtellerie III .......................................................................... 42

Fig. 2-18 Investissements immobiliers au niveau des hôtels et restaurants,

comparé au total des activités de construction à usage

professionnel .............................................................................................. 43

Fig. 3-1 Les régions de l’Espace alpin .................................................................... 49

Fig. 3-2 Part du tourisme alpin sur le marché mondial ......................................... 50

Fig. 3-3 Quote-part des personnes actives occupées dans

l'hôtellerie/restauration par rapport à l'emploi global (2014) ................. 51

Fig. 3-4 Lits touristiques dans l’Espace alpin, selon type d’hébergement ........... 53

Fig. 3-5 Volume de nuitées dans l’Espace alpin, par type d'hébergement .......... 54

Fig. 3-6 Évolution du nombre de nuitées hôtelières sur l'année touristique,

1995 – 2014 .............................................................................................. 54

Fig. 3-7 Évolution du nombre de nuitées hôtelières en saison hivernale

(novembre – avril) ...................................................................................... 55

Fig. 3-8 Évolution du nombre de nuitées hôtelières en saison estivale (mai

– octobre) .................................................................................................... 55

Fig. 3-9 Évolution du nombre de lits d'hôtel sur l'année touristique, 2000 –

2014 ............................................................................................................ 56

Fig. 3-10 Évolution du nombre de nuitées hôtelières, année touristique

(2000 – 2014) ............................................................................................ 57

Fig. 3-11 Évolution du nombre de nuitées en hôtel pendant la saison d’hiver

(2000 – 2014) ............................................................................................ 58

Fig. 3-12 Évolution du nombre de nuitées en hôtel pendant la saison d’été

(2000 – 2014) ............................................................................................ 58

Fig. 3-13 Le taux d'occupation dans l'hôtellerie par année touristique .................. 58

Fig. 3-14 Utilisation des structures hôtelières en saison hivernale

(novembre à avril) ....................................................................................... 59

Fig. 3-15 Utilisation des structures hôtelières en saison estivale (mai à

octobre) ....................................................................................................... 59

Fig. 3-16 Taille moyenne des établissements hôteliers (comparaison 2014

vs. 2000) ..................................................................................................... 60

Fig. 3-17 Structure hôtelière: nombre de lits d’hôtel par catégorie d'hôtels .......... 62

Fig. 3-18 Structure d'hébergement : estimation de la part de chaque type

d'hébergement, 2014 ................................................................................ 63

Fig. 3-19 La saisonnalité de la demande touristique .............................................. 64

Fig. 3-20 La structure de la demande : nuitées hôtelières selon les marchés

d’origine ...................................................................................................... 65

Fig. 4-1 Les composantes du «BAK TOPINDEX» ....................................................... 68

Fig. 4-2 Les 15 grandes gagnantes 2014 .............................................................. 70

Fig. 4-3 Le palmarès des destinations de l’arc alpin ............................................. 71

Fig. 4-4 Les 15 grandes gagnantes de la saison hivernale 2014 ........................ 72

Fig. 4-5 Les 15 grandes gagnantes de la saison d’été 2014 ............................... 74

Fig. 4-6 Capacité de rendement des TOP 15 pendant l’année touristique .......... 75

Fig. 4-7 Prix absolus des TOP 15 pendant l’année touristique ............................. 76

Fig. 4-8 Fourchette de prix à l’intérieur des destinations ...................................... 77

Fig. 4-9 Prix absolus des TOP 15 selon saison ...................................................... 77

Fig. 4-10 Structure hôtelière: quote-part des lits hôteliers par catégorie

d’étoiles ....................................................................................................... 78

Fig. 4-11 La structure hôtelière: estimation du nombre de lits selon type

d'hébergement en 2014 ............................................................................ 79

Fig. 4-12 Taille des établissements: nombre de lits par établissement ................. 80

Fig. 4-13 Taille des destinations: estimation du nombre de nuitées par type

d’hébergement en 2014 ............................................................................ 81

Fig. 4-14 Intensité touristique ................................................................................... 81

Fig. 4-15 Saisonnalité de la demande touristique ................................................... 82

Fig. 4-16 Attractivité du domaine skiable 2014 ....................................................... 83

Fig. 4-17 Les pistes du domaine skiable .................................................................. 84

Fig. 4-18 Altitude du domaine skiable ...................................................................... 84

Fig. 4-19 Diversité de l’offre en été 2014 ................................................................ 84

Fig. 5-1 Saisonnalité des nuitées hôtelières .......................................................... 92

Fig. 5-2 Nuitées hôtelières par mois ....................................................................... 93

Fig. 5-3 Saisonnalité des arrivées dans l’hôtellerie ............................................... 94

Fig. 5-4 Arrivées dans les hôtels, par mois ............................................................. 95

Fig. 5-5 Durée du séjour selon les mois ................................................................. 95

Fig. 5-6 Saisonnalité des nuitées hôtelières de la clientèle nationale ................. 96

Fig. 5-7 Saisonnalité des nuitées hôtelières de la clientèle étrangère ................ 96

Fig. 5-8 Saisonnalité des nuitées hôtelières de la clientèle allemande ............... 97

Fig. 5-9 Saisonnalité des nuitées hôtelières de la clientèle européenne

(hors clients suisses et allemands) ........................................................... 97

Fig. 5-10 Saisonnalité des nuitées hôtelières de la clientèle asiatique ................. 97

Fig. 5-11 Saisonnalité des nuitées hôtelières de la clientèle américaine .............. 97

Fig. 6-1 Echantillon des destinations d’excursion suisses faisant partie du

périmètre d’étude ..................................................................................... 101

Fig. 6-2 BAK-Attractivité des destinations d’excursion ........................................ 104

21

Fig. 6-3 Attractivité des destinations dans le domaine « Sport & Aventure » ..... 105

Fig. 6-4 Attractivité dans le domaine « Randonnée » ........................................... 106

Fig. 6-5 Attractivité dans le domaine « Plaisir » .................................................... 107

Fig. 6-6 Attractivité dans le domaine « Culture & Curiosités » ............................. 108

Fig. 6-7 Attractivité dans le domaine « Famille & Expérience » ........................... 109

Fig. 6-8 Attractivité dans le domaine de l’ « Accessibilité » ................................. 110

Fig. 6-9 Etalement de l’indicateur global BAK-Attractivité des destinations

d’excursion ................................................................................................ 111

Fig. 7-1 Composantes de la compétitivité ............................................................ 123

Fig. 7-2 Fonction recettes de l’hôtellerie d’une destination touristique ............. 126

Fig. 7-3 Fonction recettes pour une destination touristique ............................... 128

Fig. 7-4 Influence des facteurs d’attractivité sur les recettes ............................. 129

Fig. 7-5 Distribution de l’efficience du rendement, séparée selon la saison

d’hiver /saison d’été, pour toutes les destinations alpines .................. 136

Fig. 7-6 Distribution de l’efficience pendant la saison d’été, ventilée par

destinations d’hiver et destinations ouvertes toute l’année. ................ 137

Fig. 7-7 Comparaison de l’efficience saison d’été/saison d’hiver ...................... 138

Fig. 7-8 Degrés d’efficience avec et sans indicateurs d’attractivité, saison

d’hiver ........................................................................................................ 142

Fig. 7-9 Degrés d’efficience avec et sans indicateurs d’attractivité, saison

d’été........................................................................................................... 146

22

1 INTRODUCTION

1.1 Etat des lieux et objectifs

Depuis plus de dix ans, BAKBASEL réalise des analyses détaillées relatives à la com-

pétitivité internationale du secteur touristique suisse. Ces travaux ont pour objet de

dresser un état des lieux précis des performances et des facteurs de compétitivité

des destinations et régions et de les analyser systématiquement. Afin de procéder à

des analyses de benchmarking international, des méthodes et concepts ont été mis

en place, une base de données dédiée a été établie, laquelle fait l'objet d'une actua-

lisation et d'un élargissement permanents. Les données sont disponibles pour les

unités administratives les plus petites, ce qui garantit une grande flexibilité pour la

représentation d’une destination et permet à tout moment l’intégration de nouvelles

destinations.

Ce benchmarking est intégré dans le projet «Programme de benchmarking interna-

tional pour le tourisme suisse », réalisé par BAKBASEL à la demande du SECO (Inno-

tour) et des principales régions touristiques suisses (VS, BE, GR, VD, TI, Suisse cen-

trale). Le benchmarking international du tourisme permet une saisie et une analyse

systématique de la performance économique du tourisme suisse. Les informations

pertinentes du secteur touristique sont ainsi collectées, analysées et mises à disposi-

tion des professionnels du tourisme.

Un des principaux aspects de ce programme d’analyse consiste à élaborer des

thèses et des recommandations, qui seront, par la suite, mises à la disposition des

professionnels du tourisme. Ainsi, ce programme permet d’élaborer des pistes

d’actions à entreprendre en vue d’une optimisation de la compétitivité du tourisme

suisse et de son positionnement sur le marché. Comme les thèses et recommanda-

tions visent directement les destinations, les décideurs du secteur touristique seront

en mesure de les mettre immédiatement en œuvre. Par ailleurs, la mise à jour et

l'élargissement de la base de données garantissent un monitoring permanent des

mesures d'optimisation.

La présente étude «Benchmarking du tourisme – le tourisme suisse dans la compa-

raison internationale» résume les principaux résultats des travaux effectués dans le

cadre du «Programme de benchmarking international pour le tourisme suisse», finali-

sant ainsi la phase 2014-2015 du projet. Le présent rapport est le sixième de ce

type. Il fait suite aux études du même nom, réalisées en 2010, 2011 et 2013, ainsi

qu’aux deux études précédentes, intitulées «Performance et compétitivité du tou-

risme alpin » (2007), respectivement «Facteurs de performance pour le tourisme al-

pin» (2005).

1.1.1 Objectifs et utilité

Le projet «Programme de benchmarking international pour le tourisme suisse» vise

les objectifs détaillés ci-dessous :

Réaliser un processus de benchmarking continu pour le tourisme suisse

23

La performance de l'économie touristique suisse est constamment saisie et analysée

de façon systématique. La performance et la compétitivité de la Suisse, pôle touris-

tique, et de ses destinations et régions dans la comparaison internationale consti-

tuent le cœur de ces analyses.

Améliorer la compétitivité du tourisme suisse grâce à des analyses compara-

tives internationales

Le benchmarking offre la possibilité d’identifier les points forts et les points faibles

des destinations et régions touristiques. Ainsi, les prestataires du secteur touristique

peuvent acquérir une meilleure connaissance de leur situation concurrentielle et, de

ce fait, mieux gérer leur positionnement sur le marché. Par ailleurs, l'analyse des

forces et des faiblesses facilite la définition de mesures d'optimisation. Enfin,

l’analyse permet de dégager des enseignements permettant aux acteurs du tourisme

suisse de parvenir à une prise de décision fondée sur des faits.

«Learning from the best»

Traditionnellement, les analyses de benchmarking visent avant tout à identifier les

meilleurs acteurs de la branche, afin que les autres puissent se mesurer à eux, per-

cevoir les différences et de déterminer ce qui leur permet d’obtenir les meilleurs ré-

sultats, le tout dans le but de mettre à profit ce savoir-faire. En d’autres termes, il

s’agit de tirer des enseignements des acteurs les plus performants. Cette façon de

procéder offre l’avantage d’une mise en œuvre rapide de solutions, tout en minimi-

sant les risques.

Accès simple et rapide aux informations pertinentes pour le secteur du tou-

risme via l’outil en ligne de gestion électronique des informations, le «BAK

DESTINATIONSMONITOR®»

Cet outil, disponible en ligne, le «BAK DESTINATIONSMONITOR®», reprend les princi-

paux paramètres du secteur touristique suisse. Grâce à son application en ligne, les

décideurs et les acteurs du secteur touristique suisse sont en mesure d'obtenir rapi-

dement des analyses de benchmarking individualisées, aisément exploitables et do-

tées d’un graphisme très lisible.

Le projet «Programme de benchmarking international pour le tourisme suisse» est

générateur d'une plus-value importante pour le secteur touristique suisse:

Meilleure connaissance de sa propre position concurrentielle

« Comment nous positionnons-nous par rapport à nos principaux

concurrents ? »

Identification de potentiels de marché et de croissance

« Quels sont nos points forts ? »

Identification d'écarts de performance (performance gaps) et donc des do-

maines dans lesquels une action corrective serait nécessaire

« Quels sont les domaines où nous devons mieux faire ? »

Monitoring et controlling de l'efficacité des mesures d'optimisation engagées

« Les mesures prises sont-elles efficaces ? »

24

Recommandations pour une optimisation de la compétitivité et des perfor-

mances du secteur touristique suisse

« Que devons-nous faire ? »

1.1.2 Le «BAK DESTINATIONSMONITOR®»

L'application en ligne «BAK DESTINATIONSMONITOR®» (www.destinationsmonitor.ch),

outil informatique stratégique pour les régions et destinations touristiques, constitue

la cheville ouvrière des activités de benchmarking de BAKBASEL. Cet outil en ligne,

d’une utilisation simple, permet de réaliser un benchmarking international simple,

complet, individuel et facile à visualiser. Outre les indicateurs de performances, cet

outil d'analyse comprend de nombreux indicateurs permettant une comparaison in-

ternationale de la compétitivité. L'application en ligne comprend plusieurs modules :

«régions alpines», «destinations alpines», « destinations urbaines» et «destinations

d'excursion» ; elle offre pour chacun des modules une série d'indicateurs adaptés et

s’appuie sur un échantillon de plus de 300 régions et destinations.

En effet, le «BAK DESTINATIONSMONITOR®» est bien plus qu'un simple outil de don-

nées informatiques. Il propose une large palette d'analyses, permettant aux utilisa-

teurs d'analyser et d'interpréter eux-mêmes les données mises à leur disposition. Par

ailleurs, le «BAK DESTINATIONSMONITOR®» joue aussi le rôle d'une plate-forme

d'information très large, puisqu’il collecte non seulement les travaux, analyses et

données issues du «Programme de benchmarking international pour le tourisme

suisse», mais encore d’autres informations pertinentes pour le tourisme (études,

rapports, statistiques, news, liens hypertextes, contacts, etc.).

1.2 Plan du rapport final

Le présent rapport «Benchmarking du tourisme – le tourisme suisse dans la compa-

raison internationale» est divisé en cinq parties. Dans la première, le secteur touris-

tique suisse est soumis à une comparaison internationale. Les deuxième, troisième

et quatrième parties traitent des formes de tourisme pertinentes pour le secteur tou-

ristique suisse. La deuxième partie propose une comparaison internationale des ré-

gions et destinations alpines ; la troisième traite des destinations urbaines et la qua-

trième partie est dédiée au tourisme d'excursion. Le cinquième et dernier volet, te-

nant compte de l’objectif du benchmarking - «learning from the best», présente des

exemples choisis de bonnes pratiques dans le domaine du tourisme. Le présent rap-

port est structuré de manière à ce que chacun des volets constitue un rapport à part

entière. Ensemble, les cinq parties offrent un aperçu détaillé des performances et de

la compétitivité du tourisme suisse.

1ère partie : La Suisse, pays de tourisme

La première partie traite du secteur touristique suisse dans son ensemble. La Suisse

en tant que pays touristique fait l'objet d'une comparaison internationale. Ainsi, le

tourisme suisse est comparé à l’économie touristique des pays voisins qui, d’une

part, connaissent une structure touristique comparable à celle de la Suisse, et,

d'autre part, constituent ses principaux concurrents. Les analyses du secteur touris-

tique suisse examinent essentiellement ses performances et sa compétitivité. Dans

ce contexte sont prises en compte certaines conditions cadres déterminant le tou-

25

risme, à l’instar de la compétitivité en termes de prix ou encore les structures de

coût.

2e partie : Le tourisme alpin

La partie intitulée «tourisme alpin» étudie les régions touristiques et destinations al-

pines. En ce qui concerne les régions de villégiature de l’Espace alpin, ce sont les

principales régions touristiques suisses qui sont soumises à une comparaison inter-

nationale. L’étude vise à déterminer les performances de ces régions touristiques au

cours des dernières années et à connaître leur positionnement compte tenu des fac-

teurs importants pour l’hébergement marchand. Quant au tourisme alpin, les ana-

lyses se focalisent sur les destinations alpines. Ces analyses ont tout d'abord pour

objet d’indiquer les destinations alpines les plus performantes ; mais elles examinent

également les destinations particulièrement bien positionnées au vu de certains fac-

teurs de compétitivité.

3e partie : Le tourisme urbain

La troisième partie est consacrée aux performances et à la compétitivité des grandes

destinations urbaines en Suisse. Ces dernières années, le tourisme urbain avait clai-

rement le vent en poupe. Aussi, il mérite toute notre attention. Pour ce faire,

l’économie touristique des cinq principales villes suisses est soumise à une compa-

raison internationale. L’objectif est de déterminer le positionnement de ces destina-

tions par rapport aux concurrentes internationales et de mettre en relief leurs points

forts et leurs points faibles.

4e partie : Le tourisme d'excursion

Le quatrième volet, libellé «tourisme d'excursion», s'adresse principalement aux ré-

gions rurales où le tourisme est plutôt pratiqué de manière extensive. Parmi celles-ci,

on trouve principalement des destinations recherchées par les touristes pour des

excursions à la journée ou des séjours de courte durée. Ces régions étant moins ex-

posées à la concurrence internationale que les destinations touristiques alpines et

les destinations urbaines, l'étude ne concerne que des destinations suisses.

5e partie : Le défi des destinations touristiques – concilier attractivité et efficience

Afin de pouvoir se maintenir sur le marché, les destinations touristiques sont obli-

gées d’adapter leurs offres aux exigences des touristes, tout en optimisant leurs

coûts. La compétitivité d’une destination touristique est d’autant plus importante

qu’elle doit tenir compte du cours élevé du franc suisse. Aussi, le cinquième volet du

présent rapport, en appliquant des méthodes de benchmarking multidimension-

nelles, met en relief la relation entre l’attractivité et le succès d’une destination tou-

ristique. Cette façon de procéder permet de déterminer pourquoi une destination est

plus prisée qu’une autre et quels sont les facteurs particulièrement prometteurs.

26

1ère partie: LA SUISSE, PAYS DE TOURISME

La première partie du rapport est consacrée au tourisme suisse et à son positionne-

ment par rapport à la concurrence internationale. La comparaison avec les pays voi-

sins comprend l’analyse de la performance, ainsi que l’examen des principaux fac-

teurs déterminant la compétitivité pendant la période étudiée, de 2000 à 2014.

L'analyse des paramètres pertinents révèle qu’au cours de la période étudiée, les

performances du tourisme suisse restent en-deçà de la moyenne. En effet, en

Suisse, la demande touristique a marqué le pas, pendant qu’elle progressait dans les

pays voisins. De même, dans l’hôtellerie suisse, le taux d’occupation des lits et le

nombre de personnes actives occupées affichent un résultat moins positif que dans

les pays de référence. Il convient de souligner que la performance suisse aura été

particulièrement médiocre au début du XXIe siècle, de même qu’au cours de 2009,

année post-crise, ainsi qu’en 2011 et 2012. En revanche, au cours des deux der-

nières années d’observation, la Suisse a réussi à reconquérir des parts de marché.

L’étude des facteurs déterminant la compétitivité permet de déceler le problème

majeur du tourisme suisse, à savoir son manque de compétitivité en termes de prix.

L'origine de ce différentiel de prix est à rechercher, avant tout, dans le niveau élevé

des coûts du travail et des produits intermédiaires. Certes, entre 2001 et 2009, ce

différentiel de prix s’est réduit de 28 points à 20 points, mais, de 2009 à 2011, la

situation de l’hôtellerie/restauration suisse, confrontée à une concurrence interna-

tionale, a connu une détérioration dramatique. A partir de 2012 et jusqu’en 2014, on

observe une évolution plus favorable, bien qu’en 2014, les écarts des prix - 30% de

plus par rapport à ceux pratiqués dans les pays voisins - dépassent ceux constatés

en 2000. Cependant, la nouvelle réévaluation en janvier 2015 du franc suisse par la

suppression du cours de change plancher avec l’euro, accentue le manque de com-

pétitivité des prix et assombrit considérablement les perspectives pour

l’hôtellerie/restauration suisse.

Un autre point faible du tourisme suisse réside dans son offre d'hébergement. D’une

part, l’économie touristique suisse est majoritairement composée d’établissements

de petite taille. D’autre part, près d’un hôtel sur deux n’est pas classé dans une ca-

tégorie d’hôtels en termes d’étoiles. Ce phénomène permet de supposer un déficit

structurel.

En revanche, le tourisme suisse peut aussi s’appuyer sur des atouts. Parmi les fac-

teurs de compétitivité où il excelle, il convient de citer les ressources humaines.

Comparé aux autres pays, le personnel intervenant dans le domaine du tourisme en

Suisse dispose d’une bonne qualification et le marché du travail suisse fait preuve

d’une grande flexibilité.

D'une manière générale, en dépit des prix élevés et d’une offre d’hébergement un

peu défaillante, la compétitivité du secteur touristique suisse est jugée excellente. A

croire le «Travel & Tourism Competitiveness Index», la Suisse serait même le pays

proposant le tourisme le plus compétitif au monde.

27

28

2 Le tourisme suisse dans la comparaison internationale

Le deuxième chapitre traite du secteur touristique suisse dans sa globalité. Il com-

pare le tourisme suisse à ses homologues dans les pays voisins. En effet, les pays

limitrophes de la Suisse servent de référence, car, d’une part, ils disposent d’un tou-

risme similaire, et, d’autre part, ils constituent les principaux concurrents du tourisme

suisse. La première partie (chapitre 2.1) étudie de manière détaillée les perfor-

mances du secteur touristique suisse. Plusieurs paramètres permettent d’illustrer la

performance du tourisme suisse durant la période de 2000 à 2014 et de la compa-

rer à celle de ses concurrents directs. Le chapitre 2.2 traite de la compétitivité du

tourisme suisse en accordant une importance particulière aux conditions cadres dé-

terminant le tourisme, telles que la compétitivité en termes de prix, les structures de

coûts et la structure de l’offre.

2.1 La performance du secteur touristique suisse

Afin d’étudier la performance du secteur touristique suisse, il convient d’analyser

l'évolution de la demande touristique, le taux d'occupation des capacités

d’hébergement et l'évolution de l'emploi dans l'hôtellerie/restauration.

2.1.1 L'évolution de la demande touristique

L’étude de la demande touristique se fonde sur des statistiques des nuitées hôte-

lières comptabilisées entre 2000 et 2014. L’analyse ne comporte pas seulement une

comparaison internationale ; elle détaille également les contributions à la croissance

selon les marchés d’origine et relève les régions qui ont le plus dopé la demande

touristique en Suisse.

La figure 2.1 présente l'évolution du nombre de nuitées hôtelières en Suisse et dans

les pays voisins. Il s’avère que, pendant toute cette période, le secteur touristique

suisse a marqué le pas et qu’il n'a pas été en mesure de suivre la cadence des pays

limitrophes. Entre 2000 et 2014, le nombre de nuitées hôtelières en Suisse n’a

augmenté que de 0,3% en moyenne annuelle, ce qui correspond au plus mauvais

résultat de tous les pays étudiés. La croissance cumulée entre 2000 et 2014 atteint

4,8% en Suisse, alors que les pays voisins affichent des taux de croissance de 10%,

voire plus.

C'est principalement au cours des premières années de la période étudiée que la

croissance de la demande touristique en Suisse aura connu une évolution très mé-

diocre. Entre 2000 et 2003, le nombre de nuitées hôtelières a même baissé de 2,8%

en moyenne, alors que, dans les pays voisins, il s’est limité à une stagnation.

Cependant, dès 2004, des processus de rattrapage ont permis au tourisme suisse

d’améliorer considérablement sa performance. En effet, de 2005 à 2007, la crois-

sance dépassait les 4% par an, et même en 2008, le nombre de nuitées hôtelières a

encore progressé de 2,8%, étant précisé que, pendant cette même période (2005 à

2007), la majeure partie des pays voisins de la Suisse a enregistré des taux de crois-

sance positifs. Toutefois, les taux de croissance moyens enregistrés dans les quatre

29

pays voisins de la Suisse (UE4), c'est-à-dire la France, l'Allemagne, l'Italie et l'Autriche,

ont été deux fois inférieurs à ceux du tourisme suisse, et, en 2008, le nombre de

nuitées enregistré dans les pays précités a carrément stagné.

Pendant l’année de crise 2009, l’ensemble des pays sous étude a connu une évolu-

tion négative du nombre de nuitées ; le plus fort recul a été relevé en France (-5,2%),

étroitement talonnée par la Suisse (-4,5%). Même en 2010, alors qu’un processus de

rattrapage se mettait en place dans les pays voisins (+3,0%), la Suisse faisait à nou-

veau office de lanterne rouge, le nombre de nuitées hôtelières n’ayant que faible-

ment progressé (+1,8%).

Si, jusqu’en 2010, la tendance est identique en Suisse et dans les pays limitrophes,

on observe une évolution divergente au cours des années suivantes: ainsi, les voisins

de la Suisse ont enregistré une progression substantielle du nombre de nuitées

(4,8%), pendant que l’hôtellerie suisse a perdu 4,0%, pénalisée, entre autres, par le

franc fort.

Au cours des deux dernières années d’observation, la Suisse a fort heureusement pu

rattraper le retard. Le nombre de nuitées hôtelières a progressé de 3,4%, alors que,

dans les pays voisins, ce même paramètre n’a progressé que de 1,6% en moyenne.

Seule l’Allemagne (+5,2%) se distingue par un taux de croissance supérieur à celui

de la Suisse.

Fig. 2-1 Évolution du nombre de nuitées hôtelières en Suisse et dans ses pays

voisins

Indexé, année civile 2000 = 100

CH : estimation BAKBASEL pour 2004

Source: BAKBASEL, OFS, Eurostat

Sur l'ensemble de la période étudiée, l’Allemagne a réalisé la plus forte augmentation

du nombre de nuitées hôtelières. En effet, en 2014, l’hôtellerie allemande a enregis-

tré approximativement un tiers de nuitées de plus qu’en 2000 (+2,1% par an).

L’Autriche affiche, elle aussi, une forte croissance du nombre de nuitées hôtelières

de l’ordre de 1,3% par an (+19,1% en chiffres absolus). Par conséquent, le tourisme

90

95

100

105

110

115

120

125

130

135

140

2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014

Suisse

Italie

Allemagne

France

Autriche

UE4

30

autrichien, principal concurrent de la Suisse, aura connu une croissance supérieure

de 1,0 point à celle du tourisme suisse.

L’évaluation du nombre des nuitées hôtelières pendant la période d’observation

amène à un constat plutôt morose pour la Suisse. Toutefois, par moment, l’évolution

s’affiche de façon très dynamique. L'analyse qui suit vise à démontrer l’origine de

cette forte croissance passagère. À cette fin, elle relève les contributions des diffé-

rentes régions suisses à la croissance, ainsi que celles des marchés d’origine (voir

figures 2-2, 2-3 et 2-4).

Fig. 2-2 Parts de croissance des ré-

gions de villégiature 2000 -

2014

Fig. 2-3 Parts de croissance des

zones ST 2000 – 2014

Parts de croissance, part et variation du nombre de

nuitées hôtelières, en Suisse

Source: OFS, calculs BAKBASEL

Parts de croissance, part et évolution du nombre de

nuitées hôtelières, en Suisse

Source: OFS, calculs BAKBASEL

La figure 2-2 présente la quote-part de croissance réalisée dans les différentes ré-

gions de villégiature suisses. L’axe des ordonnées montre l'évolution de la demande ;

l'axe des abscisses, la quote-part de la demande globale réalisée par chacune des

régions. La taille des cercles traduit la dimension de la quote-part. La quote-part ap-

portée à la croissance dépend, d'une part, de l'importance que revêt une région tou-

ristique pour la demande globale, et, d'autre part, de la progression de la demande.

Ainsi, malgré une croissance modérée, une région à très fort attrait touristique peut

très bien fournir une contribution importante à la croissance. A l’inverse, des régions

touristiques de moindre importance, mais affichant un taux de croissance important,

peuvent également fournir une grosse quote-part de croissance.

Entre 2000 et 2014, la plus forte quote-part de croissance a été fournie par la région

de Zurich. 4,0 points de la croissance globale du nombre de nuitées hôtelières

(+4,8%) en Suisse y ont été réalisés. Après Zurich, ce sont les grands centres Bâle et

Genève qui se classent comme meilleurs élèves sur le ranking de la croissance. En

effet, si, pendant la première année d’observation, ces trois espaces métropolitains,

Zurich, Bâle et Genève, n’attiraient ensemble qu’un petit quart de la demande touris-

tique globale, la demande a par la suite connu une expansion qui correspond large-

ment à un tiers de cette demande. En revanche, les régions traditionnelles de villé-

giature, à savoir le Valais, les Grisons et le Tessin, pourtant très réputées pour leur

tourisme, n’apportent qu’une contribution négative de 5,6 points.

La figure 2-3 présente la quote-part de croissance du nombre de nuitées, ventilée

par zones TS (Tourisme suisse), sigle qui correspond à la forme prédominante du

Grisons

Genève

Valais

Tessin

Région

Fribourg

Argovie

Région

Suisse

orientale

Région

zurichoise

Lucerne -

Lac des Quatre-

Cantons

Région

bâloise

Berne

Région

Oberland

bernois

Jura & Trois-

Lacs

Vaud

-40%

-20%

0%

20%

40%

60%

80%

100%

0% 5% 10% 15% 20%

Evo

luti

on

20

00

-2

01

4 e

n %

Quote-part des nuitées hôtelières

1%

3%

2%

Contributions à la criossance

campagne

petite ville

grande ville

montagne

-20%

0%

20%

40%

60%

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60%

Evo

luti

on

20

00

-2

01

4 e

n %

Quote-part des nuitées hôtelières

4%

8%

6%

Contributions à la criossance

31

tourisme pratiqué dans une zone donnée. Il existe quatre catégories de zone: «grande

ville», «petite ville», «campagne» et «montagne». Entre 2000 et 2014, le nombre de

nuitées hôtelières totalisé pour l’ensemble de la Suisse a progressé de 4,8%, soit

presque 1,64 millions de nuitées. Cette progression est presque exclusivement por-

tée par les grandes villes qui ont affiché une augmentation de 37%, soit 2,74 millions

de nuitées. Par conséquent, les grandes villes ont connu une augmentation des nui-

tées presque deux fois supérieure à celle enregistrée pour l’ensemble de la Suisse.

Les régions de montagne, perdant quasiment 10% de leurs nuitées pendant la pé-

riode d’observation, ont vu leur croissance reculer.

La figure 2-4 montre les contributions à la croissance des différents marchés

d’origine. Pendant la période d’observation, la part du lion, soit 5,0 points de la crois-

sance globale, a été fournie grâce à une augmentation des nuitées hôtelières de

12,0% consommées par la clientèle nationale et du poids que représente ce segment

pour la demande globale. En deuxième position se trouve la clientèle chinoise (2,9

points), dont la demande, malgré sa proportion infime dans la demande globale, aura

progressé de 600% au cours de la période d’observation. Mais les touristes origi-

naires des pays du Golfe et du reste de l’Asie (Asie hormis la Chine, le Japon et l’Inde)

ont également contribué substantiellement à la croissance.

Fig. 2-4 Parts de croissance selon marchés d’origine, 2000 – 2014

Parts de croissance, part et évolution du nombre de nuitées en hôtel, en Suisse

Source: OFS, calculs BAKBASEL

L’Allemagne représente 19% des nuitées et constitue donc un marché d’origine très

important. Aussi, cette demande ayant chuté de presque 30% de 2000 à 2014, la

contribution négative à la croissance est de taille (6,1 points). Les autres marchés

d’origine d’Europe occidentale n’ont également apporté qu’une contribution négative

à la croissance. Les principales raisons en sont, entre autres, les répercussions de la

crise économique de 2008 et la réévaluation du franc suisse.

SuisseAllemagne

Europe occidentale

restant

Chine

Japon

Inde

Asie restant

Les pays du Golfe

Russie

Europe orientale

restant

Amérique du Nord

Autres

-100%

0%

100%

200%

300%

400%

500%

600%

700%

0% 5% 10% 15% 20% 25% 30% 35% 40% 45%

Evo

luti

on

20

00

-2

01

4 e

n %

Quote-part des nuitées hôtelières

2%

8%

5%

Contributions à la criossance

32

2.1.2 Taux d’occupation des capacités d’hébergement

Pour juger de la performance du tourisme suisse, il convient de s’intéresser non seu-

lement à l'évolution de la demande, mais aussi à l'utilisation des capacités

d’hébergement. La comparaison des taux d'occupation des lits disponibles dans

l’hôtellerie permet de prendre en compte un facteur économique important, à savoir

le taux d'occupation des capacités d’hébergement.

En 2014, le taux d'occupation des lits disponibles dans l’hôtellerie suisse était ap-

proximativement de 36%, résultat inférieur de 1,5 point environ à la moyenne des

pays voisins. A l’exception de l’Italie, tous les autres pays ont enregistré des taux

d'occupation nettement plus élevés. Ce constat vaut tout particulièrement pour la

France (43%).

Fig. 2-5 Taux d'utilisation des lits de l'hôtellerie suisse, comparaison internatio-

nale

Taux d’occupation brut des lits d'hôtel en %

Source: BAKBASEL, OFS, Eurostat

Depuis 2000, le taux d’occupation dans l'hôtellerie suisse a légèrement progressé

(+0,3 point). Néanmoins, cette évolution ne lui permet pas de rattraper le retard ac-

cumulé par rapport aux pays voisins qui, pendant cette même période d’observation,

ont enregistré une hausse du taux d’occupation de 3,6 points en moyenne. En 2000,

la Suisse se plaçait encore en tête du classement ; en 2014, elle se classe avant-

dernière. Pendant la période étudiée, les pays limitrophes ont, quant à eux, réussi à

améliorer sensiblement leur taux d’occupation: ainsi, pour l’Allemagne, on a enregis-

tré une progression de 7 points, de 6 points pour l’Autriche, voire de 10 points pour

la France. Seule l’Italie a subi une contreperformance à l’instar de la Suisse, le taux

d’occupation 2014 y étant inférieur à celui enregistré en 2000.

2.1.3 L'évolution du nombre de personnes actives occupées

Pour bien évaluer la performance d'une destination touristique, il convient non seu-

lement de connaître l’évolution de la demande touristique et du taux d’occupation,

0%

5%

10%

15%

20%

25%

30%

35%

40%

45%

Suisse UE4 Italie Allemagne France Autriche

2000

2014

33

mais encore l’évolution du nombre de personnes actives occupées. Le tourisme est

un employeur important. Ainsi, il permet, notamment dans les régions périphériques,

de développer des emplois qui n’auraient aucune chance d’exister dans une région

reculée sans tourisme. De surcroît, le tourisme permet de créer des emplois qui ne

sont pas uniquement réservés aux plus qualifiés. En cela, le tourisme remplit donc

une importante mission macroéconomique. Par conséquent, sur le plan macroéco-

nomique, on peut estimer qu’une destination touristique est performante dès lors

qu’elle crée des emplois.

Malheureusement, il n’existe pas de statistiques spécifiques à l'emploi ou au nombre

d'actifs occupés pour la seule branche touristique dans son ensemble. Aussi, pour

cette analyse, l'hôtellerie/restauration sera considérée comme l’activité centrale du

secteur touristique. Toutefois, il convient de préciser que, d’une part, cette façon de

procéder ne couvrira qu’une partie de la branche du tourisme, et que, d’autre part,

l'hôtellerie/restauration n'est pas exclusivement dédiée au tourisme. En effet - et ce

constat vaut tout particulièrement pour la restauration - une proportion importante

des emplois est justifiée par la consommation générée par la population locale.

Fig. 2-6 Évolution du nombre d'actifs occupés dans la comparaison internatio-

nale (2000 – 2014)

Evolution du nombre d'actifs occupés dans l'hôtellerie/restauration et dans l'économie dans son ensemble,

en % par an

Source: BAKBASEL

La figure 2-6 présente l'évolution annuelle moyenne du nombre d'actifs occupés

dans l'hôtellerie/restauration suisse et dans l'économie dans son ensemble, compa-

rée à celle des pays voisins. À l'inverse de ces derniers, le nombre de personnes ac-

tives occupées dans l'hôtellerie/restauration suisse est en stagnation (-0,2% par an).

Par ailleurs, dans tous les pays de référence, le nombre d’actifs occupés a sensible-

ment progressé dans l’hôtellerie/restauration et aussi augmenté de manière plus

importante que dans l'économie dans son ensemble, sauf en Autriche. L'hôtellerie-

restauration suisse en tant qu’employeur se sera donc montrée largement moins

performante pendant la période sous étude. Certes, en employant en 2014 un peu

moins de 5,0% du nombre total de personnes actives occupées, l'hôtelle-

-0.5%

0.0%

0.5%

1.0%

1.5%

2.0%

2.5%

3.0%

Suisse UE4 Italie Allemagne France Autriche

économie générale

industrie hôtelière

34

rie/restauration suisse fait toujours figure d’employeur de poids ; mais son impor-

tance a diminué pendant la période d’observation.

2.2 La compétitivité du tourisme suisse

Le chapitre 2.1 montre que, pendant la période de 2000 à 2014, le tourisme suisse

a été moins performant que celui des pays voisins. Le chapitre 2.2 cherche à détail-

ler les raisons de cette contreperformance. A cette fin, plusieurs facteurs détermi-

nant la compétitivité feront l'objet d'une étude approfondie. Mais la présente analyse

vise aussi à examiner le potentiel du secteur touristique suisse. Ainsi, elle permettra

de mieux connaître le positionnement du tourisme suisse dans la comparaison inter-

nationale.

2.2.1 La compétitivité en termes de prix

La compétitivité en termes de prix est un facteur déterminant. Ce sont principale-

ment les prix relatifs par rapport à ceux pratiqués dans les pays concurrents qui

jouent un rôle prépondérant. L’élasticité des prix est donc passablement élevée.

Dans la mesure où, à l’instar du nombre de personnes actives occupées, les données

spécifiques disponibles pour l’ensemble du secteur touristique sont rares, les com-

paraisons présentées ci-dessous se limitent à l'hôtellerie/restauration, le métier prin-

cipal de l’économie touristique.

Au cours de la période comprise entre 2000 et 2014, la compétitivité des prix prati-

qués dans l’hôtellerie/restauration suisse a subi de profondes mutations. Si, au dé-

but de la période d’observation, le niveau de prix dans les pays voisins était encore

inférieur de 28% à celui de la Suisse, cette différence s’est fortement réduite par la

suite, pour atteindre environ 13% en 2007. Par conséquent, entre 2000 et 2007,

l’écart des prix a baissé de 15 points, ce qui équivaut à une réduction supérieure à la

moitié.

Fig. 2-7 Indices du niveau de prix relatif de l'hôtellerie/restauration

Indices du niveau de prix relatif, Suisse = 100

Source: Eurostat, OCDE, calculs BAKBASEL

7267

77

70 72

87

82

97

85 86

70

64

7471 72

0

10

20

30

40

50

60

70

80

90

100

Suisse UE4 Allemagne France Autriche Italie

2000

2007

2014

35

Jusqu’en 2009, en raison des fluctuations monétaires, l’écart des prix s’est à nou-

veau creusé ; mais, eu égard à l’euro fort de 2007, ce phénomène peut être considé-

ré comme un retour à la normale. En 2009, l'hôtellerie/restauration des pays voisins

était 20% moins onéreuse. Pour mieux comprendre le phénomène, il convient

d’établir une comparaison avec l’année 2001 : le taux de change entre le franc

suisse et l’euro était alors, en glissement annuel, exactement le même qu’en 2009

(1,51 CHF/EUR). Il s’agit donc d’une évolution corrigée des variations monétaires. De

2001 à 2009, l’écart entre les prix s’est réduit de 28 à 20 points. Aussi, la Suisse a

su actionner le levier des coûts des produits intermédiaires, du travail et de diverses

autres prestations pour limiter son manque de compétitivité en matière de prix.

Cependant, de 2009 à 2011, la situation en termes de prix de l'hôtelle-

rie/restauration suisse, confrontée à la concurrence internationale, s’est sensible-

ment détériorée. Ainsi, en 2010, les écarts de prix avaient presque retrouvé leur ni-

veau de 2000, soit 26%. En 2011, la situation s’est avérée encore plus compliquée,

puisque l’hôtellerie/restauration des pays limitrophes affichait des prix inférieurs de

34% à ceux pratiqués en Suisse. Les progrès laborieusement obtenus au bout de dix

ans ont été anéantis en peu de temps par le cours élevé du franc suisse.

L’évolution observée au cours des années 2012 à 2014 a été à nouveau plus favo-

rable, même si les différences de prix ont atteint 30% et ont donc dépassé de peu le

niveau de l’année 2000. Toutefois, la réévaluation du franc suisse par le biais de la

suppression du cours plancher vis-à-vis de l’euro en janvier 2015 bride une fois de

plus la compétitivité des prix dans l’hôtellerie/restauration suisse et assombrit con-

sidérablement ses perspectives pour 2015.

Devant ce différentiel élevé des prix, une recherche de l’origine de ces écarts

s’impose. Aussi, on examinera ci-après les deux principaux générateurs de coûts du

secteur touristique, à savoir les produits intermédiaires et le travail.

La visualisation des coûts du travail se fait par le biais des coûts bruts par heure tra-

vaillée dans l'hôtellerie/restauration, sur la base des chiffres de 2000 et 2014. La

figure 2-8 montre qu’en 2014, les coûts du travail dans l'hôtellerie/restauration des

pays voisins se situaient, en moyenne, à 43% en dessous de ceux de

l’hôtellerie/restauration suisse. Les différences sont particulièrement flagrantes si

l’on compare la Suisse à l’Italie, à l’Allemagne et à l’Autriche, puisque l’écart est qua-

siment de 50 points. La comparaison entre l’année 2000 et l’année 2014 révèle que

les différences se sont accrues pendant la période étudiée. En effet, elles ont pro-

gressé de 15 points.

L’hôtellerie/restauration suisse subit également un gros désavantage au niveau des

coûts des produits intermédiaires. Pour illustrer cette réalité économique, la figure 2-

9 présente les indices des niveaux de prix de certaines branches majeures fournis-

sant des produits intermédiaires à l’hôtellerie/restauration. Les différences sont par-

ticulièrement flagrantes au niveau de l’agrégat de branches «habitat, eau, électricité»,

ainsi que dans l’industrie du bâtiment (45, respectivement 35 points). Mais la

branche des «produits alimentaires et boissons», de même que celle de

l’aménagement intérieur, affichent, elles aussi, d’importantes disparités, atteignant

24, respectivement 15 points.

36

Fig. 2-8 Coûts horaires bruts du tra-

vail, hôtellerie/restauration

(comparaison 2000-2014)

Fig. 2-9 Indices des niveaux de prix

relatifs des principaux pro-

duits intermédiaires pour

l’hôtellerie, 2014

Coûts horaires du travail, en EUR, indexés: CH = 100

Source: BAKBASEL

Indice des niveaux de prix relatifs, Suisse = 100

Source: Eurostat, BAKBASEL

2.2.2 La qualification de la main-d’œuvre et l’emploi

La main-d’œuvre intervenant dans la branche du tourisme fournit sa prestation direc-

tement au client. Prestataires et clients entrant en contact direct, la qualification des

effectifs est déterminante car la qualité de la prestation fournie est fortement tribu-

taire de la qualification du prestataire. Afin d’évaluer le niveau de qualification de la

main-d’œuvre intervenant dans la branche du tourisme, la structure de la qualifica-

tion des effectifs de l'hôtellerie/restauration suisse sera comparée à celle de l'éco-

nomie dans son ensemble et à celle de l’hôtellerie/restauration des pays limitrophes.

La structure de l’emploi dans cette branche sera également soumise à une compa-

raison avec celle de l’économie dans son ensemble. La période d’étude correspond

aux douze dernières années.

La main-d’œuvre employée par l'hôtellerie/restauration suisse présente un niveau de

qualification nettement inférieur à l’économie dans son ensemble (voir figure 2-10).

Ce constat s’explique par la nature même des prestations fournies : en effet, cette

branche nécessite, plus que d’autres, l’exécution d’une multitude de tâches plutôt

simples et répétitives. Il n’est donc pas surprenant que l'hôtellerie/restauration em-

ploie une part importante de main-d’œuvre ayant pour seul diplôme celui d’une for-

mation primaire. En 2014, sa proportion était d'un peu moins de 30%, soit deux fois

plus que dans l'économie dans son ensemble. Par ailleurs, la comparaison avec

l'économie dans son ensemble montre que la proportion de personnes actives occu-

pées dans l'hôtellerie/restauration ayant un diplôme tertiaire n’a progressé que de 4

points, alors que, pendant cette période, elle a progressé de 13 points dans

l’économie dans son ensemble. En revanche, la quote-part des personnes actives

occupées ne disposant que d'un diplôme de niveau primaire comme seule qualifica-

tion s’est réduite d’environ 6 points dans l’hôtellerie/restauration, respectivement de

9 points dans l’économie dans son ensemble.

73

67

89

6966

57

51

76

5053

0

20

40

60

80

100

Suisse UE4 Allemagne France Autriche Italie

2000

2014

7673

7976

79

65

74

70

47

68

55 5661

5053

8580

86 8589

0

20

40

60

80

100

120

Suisse UE4 Allemagne France Autriche Italie

Denrées alimentaires et boissons, tabac

construction

habitat, eau, électricité

aménagement intérieur

37

Fig. 2-10 Niveau de formation 1 dans

l’hôtellerie/restauration

suisse et dans l’économie

dans son ensemble (2000 et

2014)

Fig. 2-11 Niveau de formation dans

l’hôtellerie/restauration –

comparaison Suisse et pays

voisins (2000 et 2014)

Quotes-parts en %

Source: OFS

Quotes-parts en %

EU4 = valeur moyenne D, A, F, I

Source: OFS, Eurostat

La figure 2-11 montre qu’en Suisse, le niveau de qualification des employés dans

l'hôtellerie-restauration est supérieur à celui de leurs homologues des pays voisins.

Ainsi, la proportion des personnes actives occupées disposant d'une qualification

tertiaire est nettement plus élevée dans l’hôtellerie/restauration suisse qu’ailleurs.

En Suisse, la formation aux métiers du tourisme repose sur une longue tradition et

les possibilités de formation ont encore augmenté au cours de ces dernières années.

Outre les diverses possibilités de formation aux métiers non touristiques, le domaine

du tourisme et de l’hôtellerie/restauration offre un large éventail de stages et de

formation continue (SECO 2010). Le tourisme suisse offre des formations pour tous

les niveaux: formation professionnelle initiale (apprentissage), formation profession-

nelle supérieure, haute école spécialisée (Bachelor, Master) et université (Bachelor,

Master). Au-delà des institutions de formation initiale et continue financées par l’Etat,

la Suisse dispose d’une particularité sous forme de nombreuses hautes écoles pri-

vées spécialisées de renommée internationale (SECO 2010). Ainsi, le haut niveau de

qualification des effectifs dans l'hôtellerie/restauration s’explique aussi par un enga-

gement croissant des entreprises de la branche en faveur d’une meilleure formation

initiale et/ou continue. L’observation de cet aspect sur la durée montre que la struc-

ture de qualification dans l'hôtellerie/restauration dans les pays voisins a connu une

évolution similaire (diplôme tertiaire : + 4 points partout) ; toutefois, il convient

d’ajouter que le niveau en Suisse était plus élevé à l’origine.

L’examen de la structure de l’emploi dans l'hôtellerie/restauration indique que la

branche est investie d’une importante fonction sociale. En effet,

l’hôtellerie/restauration suisse crée des emplois s’adressant aux personnes ayant

habituellement des difficultés à s’insérer dans le marché du travail ; de ce fait, elle

contribue sensiblement à l’augmentation générale du taux d’activité en Suisse. La

figure 2-12 illustre le fait qu’en 2014, l'hôtellerie/restauration suisse employait un

1 Le niveau de formation est défini en fonction du dernier diplôme obtenu. Parmi les formations ter-

tiaires, on compte les écoles supérieures, les écoles supérieures spécialisées et les formations univer-

sitaires (niveaux 5-6 ISCED 1997). Parmi les formations secondaires, on compte l'apprentissage, les

écoles de maturité commerciale ou professionnelle (niveaux 3-4 ISCED 1997). La formation dite pri-

maire regroupe les diplômes scolaires obligatoires et les formations accélérées et assimilées (niveaux

0-2 ISCED 1997).

20%14%

38%29%

56%

49%

49%55%

24%37%

13% 17%

0%

10%

20%

30%

40%

50%

60%

70%

80%

90%

100%

économiegénérale

2000

économiegénérale

2014

industriehôtelière

2000

industriehôtelière

2014

diplôme primaire diplôme secondaire diplôme tertiaire

38%29%

41%31%

49%

55%

53%

59%

13% 17%6% 10%

0%

10%

20%

30%

40%

50%

60%

70%

80%

90%

100%

2000 2014 2000 2014

diplôme tertiaire

diplôme secondaire

diplôme primaire

Suisse UE4

38

nombre de femmes, d’étrangers, d’employés à temps partiel, de jeunes et de main-

d’œuvre peu qualifiée largement supérieur à la moyenne de l’économie. Force est de

constater que depuis 2000, c’est essentiellement la proportion de la main d’œuvre

étrangère et des personnes travaillant à temps partiel qui a sensiblement augmenté

(+10, respectivement +5 points). La proportion des jeunes travailleurs a augmenté

de 3 points ; en revanche, la proportion de femmes et de personnes n’ayant qu’un

niveau de formation primaire a baissé (-1, respectivement -10 points).

Fig. 2-12 Structure de l’emploi dans l’hôtellerie/restauration suisse

2014, quotes-parts en %

Source: OFS: STATEM, OFS: ESPA, BAKASEL

2.2.3 L’offre hôtelière

Ce paragraphe est dédié à l'offre hôtelière du tourisme suisse. D’une part, il compare

la taille moyenne des établissements hôteliers suisses à celle que l’on trouve dans

les pays voisins ; d'autre part, il examine la structure de l'hôtellerie suisse. Enfin, il

s'intéresse aux investissements que l'hôtellerie suisse a réalisés.

Les grands établissements hôteliers ont un avantage considérable, dans la mesure

où ils ont la possibilité de réaliser des économies d’échelle (economies of scale). Plus

le volume de la production augmente, plus les coûts moyens de production pourront

être réduits, ce qui favorise la compétitivité des établissements touristiques, et, par

ricochet, celle du secteur touristique dans sa globalité.

La figure 2-13 présente la taille moyenne des établissements hôteliers suisses et

établit une comparaison internationale pour les années 2000 et 2014. En 2014, la

taille moyenne des établissements hôteliers suisses était d’environ 53 lits par hôtel.

Ce résultat montre que la moyenne suisse était inférieure à la moyenne UE4 (60 lits

par hôtel). C'est surtout l'hôtellerie française qui évolue dans un ordre de grandeur

nettement plus important, comptabilisant une moyenne de 74 lits par établissement ;

mais, même comparée à l’hôtellerie italienne, la structure hôtelière suisse est plutôt

sous-dimensionnée (67 lits par hôtel). Seuls les établissements hôteliers allemands

55%

45%

35%

18%

29%

45%

25%

32%

13%14%

0%

5%

10%

15%

20%

25%

30%

35%

40%

45%

50%

55%

60%

Femmes étrangers temps partiel proportion des

15/24 ans

formation primaire

industrie hôtelière

économie générale

39

et autrichiens sont en moyenne encore de plus petite taille que les établissements

suisses.

Fig. 2-13 Taille moyenne des établis-

sements hôteliers (2000 vs

2014)

Fig. 2-14 Évolution structurelle de l'hô-

tellerie suisse

Taille des établissements touristiques: nombre de lits par

établissement

Source: OFS, Eurostat

Indice 1970 = 100

Source: OFS, prévisions BAK

Dans l’ensemble des pays de référence, à l’exception de la France, la taille moyenne

des hôtels a augmenté. En 2014, la taille moyenne des établissements hôteliers

suisses dépassait de 8,4 lits la taille enregistrée en 2000 (UE4: +8,6 lits par hôtel).

C’est surtout dans une vision à long terme que cette tendance se dessine très clai-

rement. La figure 2-14 présentant l'évolution du nombre de lits, du nombre des éta-

blissements hôteliers et de leur taille depuis le début des années 70, rend évidente

une tendance représentative du changement structurel dans l'hôtellerie suisse. Le

nombre d'établissements a diminué, alors que le nombre de lits est resté relative-

ment stable. On peut en conclure que la taille moyenne des établissements hôteliers

a connu une croissance constante. Ce constat vaut tout particulièrement pour la der-

nière décennie observée.

La taille des établissements hôteliers n’est pas le seul facteur décisif : la structure

hôtelière, c’est-à-dire le classement selon la catégorie d’étoiles est tout aussi déter-

minant pour la compétitivité de l’offre. Une offre hôtelière comportant une forte pro-

portion d'hôtels de grand standing, voire de luxe, présente l'avantage d’attirer essen-

tiellement une clientèle aisée, ce qui est profitable à l'ensemble des activités touris-

tiques. Par ailleurs, ces établissements hôteliers de grand standing ou de luxe sont,

en règle générale, plus à même d’utiliser au mieux leurs capacités. Inversement, une

forte proportion d'établissements non classés peut être révélatrice d'un déficit en

termes de qualité. Ces déficits peuvent résulter, d'une part, d’une absence d'inves-

tissements entraînant une qualité défaillante au niveau de l'infrastructure ; d'autre

part, on observe fréquemment un manque de connaissances en matière de gestion

et de recherche de qualité, mais aussi une absence de volonté d’accroître l’offre

d’hébergement. Ce constat s’applique en particulier aux établissements de très pe-

tite taille, tributaires de surcroît de leur volet restauration. Pour les établissements

non classés (sans étoile), il est souvent difficile de recruter du personnel qualifié en

raison de son coût. Si, dans de nombreux hôtels non classés, on doit déplorer la fai-

blesse de la qualité, c'est aussi en grande partie l’absence de standards de qualité

qu’il convient d’incriminer.

0

10

20

30

40

50

60

70

80

Suisse UE4 Italie Allemagne France Autriche

2000

2014

60

70

80

90

100

110

120

130

140

150

160

170établissements

lits

taille des établissements

40

Les classifications et labels de qualité n'étant pas harmonisés au niveau internatio-

nal, la comparaison internationale de la structure hôtelière n’est pas chose aisée. Ce

n’est que pour l'hôtellerie autrichienne qu’il a été possible de collecter des para-

mètres comparables à l’échelle internationale. La comparaison avec l'hôtellerie autri-

chienne incite à supposer que la Suisse présente des déficits au niveau de sa struc-

ture hôtelière. Ce constat est corroboré par le fait qu’en Suisse, une très forte propor-

tion des établissements hôteliers n’est pas classée. En effet, en 2014, cette propor-

tion était de 54% en Suisse, alors qu’elle n’atteignait que 46% approximativement en

Autriche (voir figure 2-15). Par ailleurs, il s’avère que la Suisse compte moins d’hôtels

dans la catégorie des 3 et 4 étoiles que l’Autriche.

Fig. 2-15 Structure de l’hôtellerie I

Parts de lits dans chaque catégorie d’étoiles, en %

Source: OFS, Statistik Austria, Ministère fédéral de l'Économie et du Travail

Outre la classification par nombre d’étoiles établie par l'association hotelleriesuisse,

d’autres normes de qualité existent pour l’hôtellerie suisse. Depuis que GastroSuisse

a suspendu son classement des hôtels en cinq catégories en 2013, il ne reste

comme standard de qualité supplémentaire que le label de qualité Q, attribué par la

Fédération suisse du tourisme. Afin de ne pas surestimer la proportion d’hôtels non

classés, ce label a été intégré dans l’analyse.

La figure 2-16 indique, d’une part, le nombre d’hôtels faisant partie du programme Q,

et, d’autre part, leur proportion dans le nombre total d’établissements hôteliers. Par-

tant de 476 en 2003, le nombre d’hôtels participant au programme qualité est passé

à 719 en 2014. Il en va de même pour la proportion d’hôtels qui affichent le label Q ;

cette proportion n’était que de 8,4% en 2003, alors qu’en 2012, elle atteignait déjà

14%. Néanmoins, beaucoup d’établissements participant au programme qualité se

sont déjà vu décerner des étoiles par hotelleriesuisse.

45%

56%

46%

54%

18%

14%

10%

12%

26%

20%

27%

23%

11%

8%

17%

9%

0.4%

1.5%

0.5%

1.9%

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%

Autriche

Suisse

Autriche

Suisse

non classé 0/*/** *** **** *****

20

14

20

03

41

Fig. 2-16 Structure de l’hôtellerie II

Échelle de gauche: nombre d’établissements engagés dans le programme qualité

Échelle de droite: quote-part dans l’ensemble des établissements

Source: Fédération suisse du Tourisme, calculs BAKBASEL

La figure 2-17 constitue un résumé des classifications des établissements hôteliers

suisses pour l’année 2014. Il en ressort que près de 46% des 5 094 établissements

hôteliers au total ont été classés en fonction du système d’étoiles d'hotelleriesuisse.

Parmi les hôtels visés par cette classification, un peu moins de 12% ne peuvent pré-

tendre à aucune étoile, ou, tout au plus, à une ou deux étoiles. 23% relèvent de la

catégorie 3 étoiles et 11% se sont vus décerner quatre ou cinq étoiles. 2% des hôtels

ont exclusivement participé au programme qualité de la Fédération suisse du Tou-

risme. Par conséquent, en 2014, 2 474 des 5 094 hôtels, soit un peu moins de 49%,

étaient classés. Autrement dit : 2 620 hôtels, soit un peu plus de 51%, n’intégraient

aucun classement, ce qui signifie qu’en Suisse, en 2014, plus d’un établissement

sur deux ne s’imposait aucun critère de qualité.

Une offre hôtelière de grande qualité exige un investissement permanent. Ce n’est

qu’à cette condition que la qualité de la prestation peut être maintenue, voire amé-

liorée. Afin de vérifier si, dans le passé, l’hôtellerie suisse a procédé aux investisse-

ments nécessaires pour maintenir à niveau son offre ou s’il existe un déficit en

termes d’investissements, l’évolution des investissements immobiliers dans le do-

maine des hôtels et restaurants sera examinée ci-après.

0%

2%

4%

6%

8%

10%

12%

14%

16%

0

50

100

150

200

250

300

350

400

450

500

550

600

650

700

750

2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014

42

Fig. 2-17 Structure de l’hôtellerie III

Les différentes classifications de l‘hôtellerie 2014; Q sans étoile = classé par le programme qualité et non

par hotelleriesuisse

Source: OFS, GastroSuisse, Fédération Suisse du Tourisme, calculs de BAKBASEL

La figure 2-18 indique l'évolution des investissements immobiliers au niveau des

hôtels et restaurants, ainsi que les investissements au niveau des autres activités de

construction à usage professionnel en Suisse. Il s’avère que, pendant toute cette

période, les hôtels et les restaurants ont nettement moins bénéficié

d’investissements que les autres catégories de construction à usage professionnel. Il

semble que, notamment dans les années 90, l'hôtellerie/restauration suisse ait

éprouvé des difficultés pour débloquer les fonds nécessaires. Ce constat s’explique

en grande partie par le fait qu’à cette époque, la rentabilité de la branche était parti-

culièrement faible et que les instituts financiers étaient peu enclins à octroyer les

crédits nécessaires. Aussi, cette réticence à investir dans le secteur de

l’hôtellerie/restauration, plongeant le niveau d’investissement en dessous de celui

des années 80, permet de conclure à un déficit d'investissements au niveau de l'hô-

tellerie suisse; de même, le grand nombre de projets hôteliers actuellement au pro-

gramme en Suisse semble indiquer que ce déficit a été identifié.

11.6%

23.3%

11.3%

2.4%

51.4%

0/*/** *** ****/***** Q sans étoile Autres

43

Fig. 2-18 Investissements immobiliers au niveau des hôtels et restaurants, com-

paré au total des activités de construction à usage professionnel

Indexé, période 1980-1985=100

Source: BAKBASEL

2.2.4 Conditions cadres

La compétitivité du secteur touristique ne dépend pas uniquement des prix, de l’offre

et de la qualification. D’autres facteurs, tels que la fiscalité des entreprises et la ré-

glementation du marché du travail et du marché des produits entrent en ligne de

compte. Eu égard à ces facteurs, l’économie touristique suisse dispose d’avantages

comparatifs vis-à-vis de ses voisins.

Les résultats du «Travel & Tourism Competitiveness Report»2, rapport diffusé à inter-

valles réguliers par le Forum économique mondial, donnent une évaluation globale et

générale de la performance du tourisme suisse. Ce rapport offre un aperçu utile des

principales conditions cadres impactant les destinations touristiques et permet

d’établir une comparaison internationale. L’indice clé pour définir la compétitivité des

destinations touristiques est le «Travel & Tourism Competitiveness Index» (TTCI). Le

TTCI ne cherche pas à évaluer la performance des destinations touristiques, mais

beaucoup plus leur potentiel touristique.

Le TTCI 2015 place la Suisse en sixième position du classement des 141 pays de

référence (voir tableau 2-1). Selon le «Travel & Tourism Competitiveness Index», la

Suisse fait donc partie des pays les plus compétitifs du monde en matière de tou-

risme. Ainsi, dans pratiquement tous les domaines pris en compte pour ce classe-

ment, la Suisse se situe en haut du tableau; ce n’est que dans quatre des 14 do-

maines étudiés que la Suisse ne figure pas parmi les 20 premiers. Ces quatre do-

maines dans lesquels la Suisse n'est pas au meilleur niveau sont, d'une part, la com-

pétitivité en termes de prix, traitée précédemment, et, d’autre part, les ressources

culturelles et écologiques, le tourisme d’affaires et l’ouverture à l’international.

2 cf. FEM 2015

0

20

40

60

80

100

120

140

160

80-85 85-90 90-95 95-00 00-05 05-10 10-14

autre construction d'établissement

hôtels et restaurants

44

En revanche, le tourisme suisse excelle dans les domaines du développement du-

rable écologique, de la qualité de ses ressources humaines et celui du marché du

travail.

Tab. 2-1 «Travel & Tourism Competitiveness Index» I

Échelle de 1 à 7, pays de référence: 141, 2015

Source: FEM, présentation BAKBASEL

Le tableau 2-2 décline l’évolution globale de l’indice «Travel & Tourism Competi-

tiveness», ainsi que celle des principales catégories analysées pour la période allant

de 2007 à 2015, étant précisé que les catégories ont été modifiées en 2015. Il en

ressort que, de 2007 à 2013, la Suisse se positionnait en tête du classement TTCI et

qu’elle tenait toujours un des trois premiers rangs, même au niveau des sous-

catégories. En 2015, la Suisse a perdu sa suprématie et s’est vu reléguée à la

sixième place ; elle a également été détrônée dans les deux sous-catégories «tou-

risme» et «capital naturel et culturel». Toutefois, même en pointant à la 20ème place

sur 141, la Suisse tire toujours très bien son épingle du jeu.

Les résultats de l’indice «Travel & Tourism Competitiveness», de même que certains

des paramètres précédemment exposés, permettent de conclure que la Suisse est

bien positionnée pour affronter l’avenir. Cependant, deux problèmes majeurs persis-

tent : d’une part, il y a un réel déficit au niveau de la structure d’hébergement qui

concerne essentiellement les hôtels de catégorie moyenne, mais aussi ceux de grand

standing et de luxe. Parallèlement, la proportion d’établissements hôteliers non clas-

sés reste trop importante. D’autre part, la compétitivité en termes de prix constitue

toujours un défi majeur pour l’hôtellerie suisse, d’autant plus qu’à la suite de la sup-

pression du cours plancher de l’euro, le cours du franc suisse est à nouveau reparti à

la hausse.

Pos. Pt. Pos. Pt. Pos. Pt. Pos. Pt. Pos. Pt.

Indice global 6 5.0 3 5.2 12 4.8 2 5.2 8 5.0

Politique du tourisme 20 4.5 31 4.4 15 4.5 53 4.3 71 4.1

priorité aux voyages et au tourisme 12 5.6 49 4.8 16 5.5 31 5.2 65 4.6

ouverture vers l’international 21 4.1 12 4.2 33 4.0 13 4.2 24 4.1

prix compétitifs 141 2.6 126 3.6 132 3.5 139 3.0 133 3.5

durabilité écologique 1 5.6 14 4.9 8 5.1 23 4.7 47 4.3

Conditions cadres 3 6.1 12 5.8 7 5.8 30 5.4 55 5.0

environnement favorable aux affaires 5 5.8 17 5.3 31 4.9 62 4.5 127 3.6

sécurité 11 6.3 20 6.1 5 6.5 62 5.4 48 5.7

santé et hygiène 11 6.5 2 6.9 1 7.0 10 6.5 20 6.3

ressources humaines et marché de l’emploi 1 5.6 17 5.2 26 5.1 31 5.0 75 4.5

TIC 8 6.0 23 5.5 19 5.7 22 5.6 35 5.1

Infrastructure 1 5.8 7 5.5 9 5.4 4 5.6 13 5.2

trafic aérien 8 5.0 11 4.9 32 4.0 10 5.0 26 4.3

route, rail & voies navigables 4 6.0 5 6.0 15 5.4 7 5.8 32 4.7

services touristiques 5 6.4 23 5.6 1 6.8 9 6.2 3 6.7

Capital naturel et culturel 20 3.6 8 5.2 25 3.5 2 5.7 5 5.6

ressources écologiques 21 4.3 18 4.4 28 4.1 8 4.8 13 4.6

ressources culturelles et tourisme d’affaires 28 2.9 5 6.0 30 2.9 2 6.6 3 6.5

ItalieSuisse Allemagne Autriche France

45

Tab. 2-2 «Travel & Tourism Competitiveness Index» II

Échelle de 1 à 7, pays de référence: 2007 = 124, 2008 = 130, 2009 = 133, 2011 = 139, 2013 = 140, 2015 = 141

Source: FEM, présentation BAKBASEL

Pos. Pt. Pos. Pt. Pos. Pt. Pos. Pt. Pos. Pt.

Indice global 6 5.0 3 5.2 12 4.8 2 5.2 8 5.0

Politique du tourisme 20 4.5 31 4.4 15 4.5 53 4.3 71 4.1

Conditions cadres 3 6.1 12 5.8 7 5.8 30 5.4 55 5.0

Infrastructure 1 5.8 7 5.5 9 5.4 4 5.6 13 5.2

Capital naturel et culturel 20 3.6 8 5.2 25 3.5 2 5.7 5 5.6

Indice global 1 5.7 2 5.4 3 5.4 7 5.3 26 4.9

Conditions réglementaires 1 5.9 8 5.6 2 5.8 9 5.6 50 4.9

Contexte/infrastructure pour entreprises 1 5.4 6 5.3 11 5.1 7 5.2 29 4.8

Capital humain, culturel et naturel 2 5.6 7 5.3 9 5.2 11 5.2 14 5.1

Indice global 1 5.7 2 5.5 4 5.4 3 5.4 27 4.9

Conditions réglementaires 1 6.0 12 5.7 3 5.9 7 5.7 45 5.0

Contexte/infrastructure pour entreprises 1 5.6 2 5.6 12 5.2 8 5.4 27 4.8

Capital humain, culturel et naturel 2 5.5 5 5.3 10 5.1 9 5.2 15 4.8

Indice global 1 5.7 3 5.4 2 5.5 4 5.3 28 4.8

Conditions réglementaires 1 6.0 13 5.6 4 5.9 8 5.7 46 5.0

Contexte/infrastructure pour entreprises 1 5.5 3 5.4 6 5.2 7 5.2 26 4.7

Capital humain, culturel et naturel 2 5.5 9 5.2 7 5.2 11 5.1 22 4.7

Indice global 1 5.6 3 5.4 2 5.4 10 5.2 28 4.8

Conditions réglementaires 1 5.9 6 5.7 4 5.9 12 5.6 41 5.0

Contexte/infrastructure pour entreprises 2 5.5 3 5.4 8 5.3 7 5.3 24 4.8

Capital humain, culturel et naturel 3 5.4 9 5.1 7 5.2 12 4.8 15 4.7

Indice global 1 5.7 3 5.5 2 5.5 12 5.2 33 4.8

Conditions réglementaires 2 5.8 6 5.6 3 5.8 13 5.3 42 4.8

Contexte/infrastructure pour entreprises 2 5.4 3 5.2 12 5.0 5 5.1 30 4.4

Capital humain, culturel et naturel 2 5.8 6 5.6 1 5.9 28 5.3 32 5.2

20

07

20

08

Italie2

01

32

01

12

00

9Suisse Allemagne Autriche France

20

15

46

47

2e partie: LE TOURISME ALPIN

La 2ème partie du rapport est consacrée au tourisme alpin. L’étude mettra d'abord

l’accent sur l'Espace alpin dans son ensemble, ainsi que sur les régions de villégia-

ture alpines (chapitre 3). Le chapitre 4 sera entièrement consacré aux destinations

alpines.

Le tourisme alpin, calculé en termes d’arrivées de touristes étrangers, représente

approximativement 3,0% du marché mondial ; toutefois, le tourisme alpin connais-

sant un développement moins dynamique que le tourisme mondial, l’Espace alpin

continue de perdre des parts de marché. Avec un total approximatif de 7,54 millions

de lits et 487 millions de nuitées, l'Espace alpin reste néanmoins une région touris-

tique majeure.

La comparaison avec l’échantillon international permet de constater que, si la per-

formance des régions touristiques suisses varie, certes, énormément, elle reste par-

tout en dessous de la moyenne. En termes de compétitivité, force est de constater

que l'offre d'hébergement accuse une série de déficits structurels. Le nombre impor-

tant de résidences secondaires notamment constitue un défi particulier. Dans les

années à venir, il s'agira, d’une part, d’optimiser l’impact de l’«initiative résidences

secondaires» et, d'autre part, d’activer le grand nombre de lits d'hébergement actuel-

lement inutilisés, les dénommés «lits froids».

Effectué sur l’année touristique entière, l'examen des destinations alpines révèle que

le Grossarltal dans le pays de Salzbourg, Lucerne en Suisse centrale et le Kleinwal-

sertal dans le Vorarlberg ont été les destinations plébiscitées par les touristes. En

occupant le cinquième rang du classement, Lucerne est la destination favorite de

Suisse; elle est d’ailleurs la seule destination suisse ayant réussi à se hisser dans le

TOP 15. Six destinations suisses, dont en première place Verbier dans le Valais,

comptent parmi les grandes gagnantes, ce qui n’a pas été le cas l’année précédente.

En hiver, les destinations autrichiennes monopolisent les onze meilleures places du

classement. En tête de liste, on trouve les destinations de Lech-Zürs, Serfaus-Fiss-

Ladis et Paznaun. Une destination suisse, Zermatt, classée 14ème, fait partie du TOP

15 d’hiver. L’été, ce sont Lucerne (Suisse), Salzbourg et environs (Autriche), ainsi que

la région de villégiature de Reutte (Autriche) qui sont les destinations préférées des

touristes.

L’étude évalue non seulement la performance, mais encore les facteurs déterminant

la compétitivité des destinations alpines. Ainsi, elle indique les destinations particu-

lièrement bien placées en termes de facteurs déterminants de compétitivité (best

practice). A cette fin, l’étude développera certains facteurs de compétitivité fonda-

mentaux, tels que l’offre, la demande, l’attractivité et la diversité.

48

49

3 Les régions alpines dans la comparaison internatio-

nale

Le 3e chapitre est consacré aux régions alpines. La première partie de ce chapitre

aborde la situation du tourisme dans l’ensemble de l’Espace alpin. Elle détaille

l’importance du tourisme alpin, ainsi que celle des sous-régions nationales, en se

fondant sur les arrivées des touristes en provenance de l’étranger, le nombre de lits

et le nombre de nuitées en hébergement marchand. La seconde partie de ce chapitre

procède à une comparaison des régions alpines suisses avec une sélection de ré-

gions de benchmarking. Cette comparaison permet de connaître la performance des

régions de villégiature suisses (chapitre 3.2) et leur positionnement en termes de

facteurs déterminants pour la compétitivité (chapitre 3.3).

La définition géographique de l'Espace alpin retenue pour les analyses de benchmar-

king se fonde, à quelques exceptions près, sur le périmètre défini par la Convention

alpine. La zone géographique prise en compte pour la présente étude comprend 40

régions touristiques situées en Allemagne, en France, en Italie, au Liechtenstein, en

Autriche, en Suisse et en Slovénie (cf. figure 3-1).

Fig. 3-1 Les régions de l’Espace alpin

40 régions des pays suivants: CH, A, F, D, I, LI, SI

Source: BAKBASEL

3.1 Le tourisme dans l’Espace alpin

C’est surtout dans les régions périphériques, fréquemment structurellement faibles,

que le tourisme joue un rôle économique majeur en générant des emplois et des

revenus. Le chapitre 3.1 évalue l’importance du secteur touristique; il détaille la pro-

portion du tourisme alpin dans le tourisme mondial et définit son importance pour

Österreich

Bosna i Hercegovina

Schweiz

Ceska Republika

Deutschland

France

Hrvatska

Magyarorszag

Italia

Liechtenstein

Monaco

Slovenija

Slovenska Republika

San Marino

Slowenien

Valle d'Aosta

Varese

Como

Sondrio

Bolzano

Trento

Belluno

Lecco

VCO

Alpes-de-Haute-Provence

Hautes-Alpes

Isère

Savoie

Haute-Savoie

Tessin

Wallis

GraubündenBerner Oberland

GL

ARAI

SGLiechtensteinLU

UR

SZ

OW

NW

ZG

Alpes FR

Alpes VD

Kärnten

Salzburg Steiermark

TirolVorarlberg

Allgäu Südostbayern

Arc alpin autrichien

Arc alpin suisse

Liechtenstein

Arc alpin allemand

Arc alpin francais

Arc alpin italien

Slovénie

50

l'emploi régional. Par ailleurs, ce chapitre analyse le volume de l’offre d'hébergement

et de la demande en hébergement. Enfin, il évalue l’évolution de la demande touris-

tique et l’offre au cours du temps.

3.1.1 L’importance du tourisme alpin

Au cours des dernières décennies, le tourisme a connu une expansion constante et

s’est beaucoup diversifié. Actuellement, il fait partie des branches économiques ma-

jeures, connaissant une croissance fulgurante. Ainsi, de 1970 à 2014 (OMT 2013),

le nombre de personnes ayant effectué des voyages à l’étranger est passé de 166

millions à plus de 1 133 milliards par an. Cette évolution est la conséquence d’une

prospérité croissante, d’une augmentation du temps libre, de l’amélioration cons-

tante des infrastructures de transport, ainsi que d’une expansion rapide de l’offre

touristique. L’organisation mondiale du tourisme (OMT) estime que ces facteurs gé-

néreront une augmentation du nombre de touristes en provenance de l’étranger et

escompte 1 809 milliards d’arrivées internationales à l’horizon 2030 (OMT 2015).

Fig. 3-2 Part du tourisme alpin sur le marché mondial

Quote-part des arrivées internationales, à l’échelle mondiale

Source: BAKBASEL

Le tourisme dans sa globalité représente donc un marché au fort potentiel de crois-

sance. En 2000, on comptait, à l’échelle mondiale, 674 millions de touristes circu-

lant hors de leur pays d’origine ; douze années plus tard, ce nombre avait passé la

barre du milliard (1 133). Entre 2000 et 2014, à l’échelle mondiale, les déplace-

ments internationaux de touristes ont donc progressé de plus de deux tiers (68%). La

région Asie/Pacifique est celle qui a le plus profité de cette croissance et ainsi gagné

des parts de marché (+139%). Le Moyen-Orient et l’Afrique ont eux aussi réussi à

augmenter considérablement leurs parts de marché (+128%, respectivement

+113%). En revanche, le tourisme alpin affiche un bilan plus mitigé. Certes, selon les

estimations de BAKBASEL, le nombre de touristes à l’international se rendant dans

les Alpes a progressé d’environ 40%, mais ce chiffre est nettement inférieur à la

croissance mondiale du secteur (68%) et, de surcroît, les parts de marché du tou-

risme alpin, depuis 2000, s’érodent, d’ailleurs à l’instar de l’Amérique et du reste de

54%

48%

16%

23%

19%

16%

4%

5%

3%

5%

3.6%

3.0%

0% 10% 20% 30% 40% 50% 60% 70% 80% 90% 100%

2000

2014

Europe sans arc alpin

Asie / Pacifique

Amérique

Afrique

Moyen-Orient

Arc alpin

51

l’Europe (sans l’Espace alpin) qui ont connu une évolution similaire. Toutefois, l'Es-

pace alpin demeure parmi les destinations touristiques les plus recherchées du

monde. En 2014, le tourisme alpin a accueilli presque 34 millions de touristes venus

de l'étranger, ce qui correspond à une proportion du marché mondial de près de

3,0% (voir figure 3-2). En 2000, cette proportion était encore de 3,6%.

Pour bien saisir l'importance du tourisme pour l'Espace alpin, il convient d'étudier

l’impact du tourisme sur l'emploi. Bien que l’on ne dispose pas de paramètres dédiés

spécifiquement à cet impact, il existe des indications concernant

l’hôtellerie/restauration, qui constitue le métier principal du tourisme. Si, dans l'en-

semble de l'Espace alpin, près de 7% des personnes actives occupées travaillent

dans l'hôtellerie/restauration, on peut supposer que la proportion effective du sec-

teur touristique en termes d’emploi est significativement plus élevée. La comparai-

son des chiffres de l'emploi dans l'hôtellerie/restauration avec les données issues de

différentes études relatives à la valeur ajoutée générée par le tourisme permet de

conclure à un chiffre deux fois supérieur pour l’ensemble de la branche ; cette ap-

proche tient compte des effets directs et indirects, mais aussi du fait que le chiffre

des effectifs dans l’hôtellerie/restauration ne concerne pas tous les domaines du

tourisme et ne reflète que les effets directs. Plus précisément, dans les régions for-

tement touristiques, la quote-part d'emploi comptabilisée par l'hôtellerie/restauration

est nettement inférieure à la quote-part effectivement réalisée par le secteur touris-

tique (jusqu'à un facteur 3), alors que dans les régions touristiquement peu exploi-

tées, cette quote-part est moins sous-estimée. BAKBASEL considère que, dans les

régions de l'Espace alpin, environ 15% des personnes actives occupées doivent leur

emploi directement ou indirectement aux activités touristiques.

Fig. 3-3 Quote-part des personnes actives occupées dans l'hôtelle-

rie/restauration par rapport à l'emploi global (2014)

Personnes actives occupées en ETP, quote-part en %

Source: BAKBASEL

52

La figure 3-3 montre la proportion des personnes actives occupées dans l'hôtelle-

rie/restauration par rapport à l'emploi global dans les régions alpines. Pour les rai-

sons précédemment exposées, les chiffres de l'emploi dans l'hôtellerie/restauration

ne reflètent pas complètement l’ampleur absolue du tourisme; ils donnent toutefois

une indication intéressante quant à l’importance du tourisme, qui varie d’une région

à l’autre.

Les Grisons, le Tyrol du Sud, l'Oberland bernois, le Tyrol, le Valais et les Alpes vau-

doises constituent les six régions où, en 2014, la quote-part de personnes actives

occupées dans l'hôtellerie/restauration était supérieure à 10%. Dans ces régions, le

tourisme est donc l'activité économique prédominante. Cette conclusion est étayée

par différentes études relatives à la valeur ajoutée générée, qui ont été conduites

dans plusieurs de ces régions. Ainsi, pour le Valais, l'effet direct et indirect sur l'em-

ploi a été évalué à 27%, alors que l'effet sur la valeur ajoutée générée se chiffre à

25%3. Dans le canton des Grisons, le tourisme représente même plus de 30% de la

performance économique régionale4.

Toutefois, le tourisme n’est pas l’activité économique phare dans toutes les régions

de l’Espace alpin. Ainsi, dans les régions du Liechtenstein, de la Slovénie, de l’Isère

et de Lecco, où la proportion d'actifs occupés dans l'hôtellerie/restauration est infé-

rieure à 4%, ce sont d’autres branches qui dominent le tissu économique régional.

3.1.2 L’offre et la demande dans le tourisme alpin

Afin d’appréhender le volume global du tourisme dans l'Espace alpin, l’étude évalue

l’importance des capacités d'hébergement, ainsi que le volume de la demande dans

l'Espace alpin et ses sous-régions. Le volume de la demande est mesuré à l’aide du

nombre de nuitées marchandes et la capacité d'hébergement par le biais du nombre

de lits hôteliers. Pour de nombreuses régions alpines, il n’existe pas de données pré-

cises indiquant le volume de l'offre et de la demande. En ce qui concerne la parahô-

tellerie et en particulier les résidences secondaires, les chiffres disponibles sont

rares, voire inexistants. Aussi, BAKBASEL a utilisé d’autres sources de données, pas

nécessairement spécifiques au tourisme, pour estimer le volume global de ces pa-

ramètres. Par conséquent, les informations ci-après se fondent en partie sur des

estimations et non sur des données directement saisies sur le terrain.

Pour l'année 2014, BAKBASEL évalue à 7,54 millions le nombre de lits disponibles

dans l'Espace alpin, tel que défini en début de chapitre, dont 3,88 millions approxi-

mativement appartiennent à la catégorie des résidences secondaires. Dans le pré-

sent rapport sont considérés comme résidences secondaires les logements non mar-

chands, soit les résidences secondaires qui ne font pas l'objet d'une location à des

fins commerciales. Le nombre des lits d'hôtel s'élève à environ 1,26 million au total,

alors que la parahôtellerie en propose environ 2,46 millions. La quote-part de lits

marchands disponibles dans l'ensemble de l'Espace alpin s'élève à environ 49% ;

mais seul un lit marchand sur six relève de l’hôtellerie.

C’est dans les régions alpines françaises et italiennes que l’on compte le plus de lits

d’hébergement (fig. 3-4). Ensemble, ces deux pays comptabilisent plus de 2 millions

3 cf. Rütter et al. (2001) 4 cf. HTW Coire (2008)

53

de lits pour touristes, étant précisé que dans les deux pays, la quote-part de lits dans

les résidences secondaires est particulièrement élevée. Quant aux Alpes autri-

chiennes et suisses, les estimations font état d'un nombre de lits nettement inférieur.

Ces deux régions disposent de 1,31, respectivement 1,22 million de lits, étant préci-

sé que la proportion de lits marchands est nettement supérieure dans l’Espace alpin

autrichien qu’en Suisse. Si l’on fait abstraction des lits en résidences secondaires, ce

sont les régions alpines autrichiennes qui offrent le plus grand nombre de lits. Quant

aux régions alpines allemandes, elles comptent près d’un demi-million de lits pour

touristes. Les deux plus petites régions de l’échantillon sont la Slovénie répertoriant

un peu plus de 123 000 lits et le Liechtenstein avec pas tout à fait 7 200 lits.

Fig. 3-4 Lits touristiques dans l’Espace alpin, selon type d’hébergement

Nombre de lits en millions, 2014

Source: Divers offices statistiques, estimations BAKBASEL

Par ailleurs, on note des différences significatives dans la répartition des nuitées par

rapport au nombre de lits disponibles dans les différentes régions alpines (fig. 3-5).

Ainsi, l’Autriche enregistre une demande particulièrement importante par rapport au

nombre de lits proposés. En ce qui concerne la demande globale, trois pays sortent

du lot, à savoir les régions alpines d'Italie, de France, et d'Autriche. En 2014, on

comptabilisait plus de 110 millions de nuitées pour chacune des trois régions. Les

régions alpines suisses suivent de loin avec à peine 73 millions de nuitées. Pour

l’espace alpin allemand, on estimait le nombre de nuitées à environ 42 millions, pour

la Slovénie à 9,3 millions et pour le Liechtenstein à approximativement 350 000.

Dans la mesure où les lits marchands connaissent un taux d’occupation largement

supérieur à celui des résidences secondaires qui, en règle générale, sont vacants,

sauf pendant une courte période en haute saison, la visualisation des nuitées mar-

chandes reflète un résultat qui diverge de celui des lits touristiques. Globalement, on

estime le volume de la demande en 2014 à un peu plus de 487 millions de nuitées.

Contrairement aux lits touristiques, les nuitées se répartissent de manière égale sur

les trois types d’hébergement, qui comptabilisent chacun une quote-part

d’approximativement 33% des nuitées.

0.0

0.2

0.4

0.6

0.8

1.0

1.2

1.4

1.6

1.8

2.0

2.2

2.4

Arc alpinfrancais

Arc alpin italien Arc alpinautrichien

Arc alpin suisse Arc alpinallemand

Slovénie Liechtenstein

Résidences secondaires

Para-hôtellerie

Hôtellerie

54

Fig. 3-5 Volume de nuitées dans l’Espace alpin, par type d'hébergement

Nombre de nuitées en hôtel, 2014, en millions

Source: Divers offices statistiques, estimations BAKBASEL

3.1.3 L’évolution de l’offre et de la demande

Le volume de la demande globale et le nombre de lits ne peuvent qu’être estimés

pour en évaluer le niveau. Les données étant incomplètes, chiffrer l'évolution de la

demande n’est guère possible. Aussi, disposant de données comparables sous forme

de séries temporelles pour l’hôtellerie/restauration, l’étude se focalise à titre

d’exemple, pour l’ensemble de la demande et le nombre de lits, sur l’évolution du

nombre de lits d’hôtel et les nuitées hôtelières.

Fig. 3-6 Évolution du nombre de nuitées hôtelières sur l'année touristique, 1995

– 2014

Indice 100 = 1995

Source : Divers offices statistiques, BAKBASEL

0

20

40

60

80

100

120

140

Arc alpin italien Arc alpinfrancais

Arc alpinautrichien

Arc alpin suisse Arc alpinallemand

Slovénie Liechtenstein

Résidences secondaires

Para-hôtellerie

Hôtellerie

70

80

90

100

110

120

130

140

150

160 Arc alpin autrichienArc alpin suisseArc alpin allemandArc alpin françaisArc alpin italienLiechtensteinSlovénieArc alpin

55

La figure 3-6 montre l'évolution du nombre de nuitées hôtelières pendant l'année

touristique (de novembre à octobre), pour la période 1995 à 2014. Il s’avère que,

depuis le milieu des années 90, le tourisme alpin n’a guère progressé. Durant la pé-

riode étudiée, il affiche une croissance annuelle de 7,0% en chiffres absolus, alors

que, de 1995 à 2014, à l’échelle mondiale, les activités touristiques ont connu un

développement extrêmement dynamique et, dès lors, constitué un marché très por-

teur (+115%).

Pendant cette même période d’observation, les Alpes autrichiennes ont connu une

évolution similaire à l’ensemble de l’Espace alpin (+9,2%). C’est la Slovénie qui a

emporté le palmarès, le nombre de nuitées hôtelières y ayant progressé de 50% de-

puis 1995. Bien évidemment, il convient de tenir compte du très bas niveau initial.

Avec une croissance de presque 12%, l’Espace alpin italien se place en deuxième

position, devant les Alpes françaises qui ont également réussi à progresser (+6,1%).

En revanche, de 1995 à 2014, les Alpes suisses ont perdu 2,0%, restant largement

en dessous de la moyenne de l’Espace alpin dans son ensemble (+7,0%). L’écart

s’est creusé tout particulièrement en 2009, l’année suivant la crise, ainsi qu’en

2011 et 2012. Si le Liechtenstein fait office de lanterne rouge, puisque, depuis

1995, il a perdu environ 13% de la demande, la région alpine allemande fait égale-

ment partie des perdants, la demande y ayant reculé de 11% depuis 1995.

Fig. 3-7 Évolution du nombre de nui-

tées hôtelières en saison hi-

vernale (novembre – avril)

Fig. 3-8 Évolution du nombre de nui-

tées hôtelières en saison es-

tivale (mai – octobre)

1995-2014, en %

Source: Divers offices statistiques

1995-2014, en %

Source: Divers offices statistiques

Les figures 3-7 et 3-8 présentent l'évolution du nombre de nuitées hôtelières, venti-

lée par saison. Si l'on considère l'Espace alpin dans son ensemble, il s’avère que

c’est le tourisme d’hiver qui aura attiré l’essentiel des touristes. En effet, en chiffres

absolus, le tourisme d’hiver a connu une expansion de presque 14%, alors que, pen-

dant la saison d’été, le tourisme n’a progressé que de quelque 1,8%. En étudiant les

différentes sous-régions nationales des Alpes, la situation s’affiche plus nuancée.

Dans les Alpes suisses, le tourisme a reculé autant en hiver qu’en été (-1,9%, respec-

tivement -2,1%). Quant aux régions alpines autrichiennes, l’évolution ressemble plu-

tôt à celle de l’Espace alpin dans son ensemble : + 16,4% en hiver, +2,4% en été.

Dans les Alpes italiennes et françaises, c’est également en hiver que la demande a

progressé sensiblement (+21,3%, respectivement +17,1,9%) ; mais, contrairement

aux Alpes françaises qui ont enregistré un net recul pendant l’été (-4,4%), dans les

Alpes italiennes, le nombre de nuitées a également progressé pendant la saison

-0.5%

0.0%

0.5%

1.0%

1.5%

2.0%

2.5%

-1.0%

-0.5%

0.0%

0.5%

1.0%

1.5%

2.0%

2.5%

56

d’été (+5,1%). En Allemagne, les régions alpines ont enregistré une baisse de la de-

mande, en été comme en hiver, à l’instar du Liechtenstein. En revanche, en Slovénie,

le secteur touristique a prospéré en été autant qu’en hiver.

Pendant la période 2000 à 2014, l’offre de lits d’hôtel est restée relativement stable

dans l’ensemble de l’Espace alpin (-2,2%), et même dans les Alpes suisses, le

nombre de lits d’hôtel n’a varié que de manière insignifiante (-2,2%). Pendant la pé-

riode observée, la Slovénie comptabilise la plus forte augmentation du nombre de lits

(+15,8%). En revanche, c’est au Liechtenstein que l’on constate la plus forte diminu-

tion du nombre de lits (-13,4%), alors que les Alpes allemandes ont enregistré la plus

grande érosion au niveau des nuitées.

Fig. 3-9 Évolution du nombre de lits d'hôtel sur l'année touristique, 2000 – 2014

Indice 2000 = 100

Source: Divers offices statistiques, BAKBASEL

3.2 La performance des régions alpines suisses dans la comparaison

internationale

Les chapitres 3.2 et 3.3 explorent la performance et la compétitivité des régions al-

pines suisses, étant précisé que le périmètre de l’Espace alpin suisse comprend le

Valais, les Grisons, le Tessin, l'Oberland bernois, la Suisse orientale, la Suisse cen-

trale, ainsi que les Alpes vaudoises et fribourgeoises. Ces régions sont comparées à

plusieurs régions hors de la Suisse qui comptent parmi leurs principales concur-

rentes. La comparaison les confronte aux régions autrichiennes du Tyrol et du Vorarl-

berg, à la région allemande de l'Allgäu, à la Haute-Savoie en France et aux deux ré-

gions italiennes du Tyrol du Sud et du Trentin.

Afin d’évaluer la performance, le chapitre 3.2.1 analysera l’évolution de la demande

touristique, puis le chapitre 3.2.2 examinera l’utilisation des capacités

d’hébergement.

80

90

100

110

120

2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014

Arc alpin autrichienArc alpin suisseArc alpin allemandArc alpin françaisArc alpin italienLiechtensteinSlovénieArc alpin

57

3.2.1 L’évolution de la demande touristique

Force est de constater que dans les régions faisant partie de cette étude, la de-

mande en nuitées hôtelières évolue de façon très disparate. Alors que, de 2000 à

2014, dans les Alpes fribourgeoises, le nombre de nuitées en hôtel a progressé de

4,8% par an en moyenne, dans les Alpes vaudoises et dans le Tessin, cette même

demande a reculé de 2,2%, respectivement de 1,8% par an. Parallèlement, dans

l’ensemble de l’Espace alpin, le nombre de nuitées a augmenté de 0,6% par an en

moyenne. Seules les Alpes fribourgeoises ont été en mesure d’enregistrer un nombre

de nuitées nettement supérieur à celui de l’Espace alpin pendant la période

d’observation. Les Alpes vaudoises et le Tessin ne sont pas les seules régions à avoir

perdu des nuitées ; les Grisons et le Valais ont également enregistré une perte signi-

ficative (-1,1%, respectivement -0,5% par an). En Suisse centrale et en Suisse orien-

tale, la demande a très légèrement progressé (+0,4% par an dans les deux régions),

alors que dans l’Oberland bernois, la demande en nuitées hôtelières a marqué le

pas.

Fig. 3-10 Évolution du nombre de nuitées hôtelières, année touristique (2000 –

2014)

Variation annuelle moyenne, en %

Source: Divers offices statistiques, BAKBASEL

Les figures 3-11 et 3-12 indiquent l'évolution de la demande par saison. Les Alpes

fribourgeoises se démarquent à nouveau par l’augmentation la plus importante du

nombre de nuitées hôtelières en été et en hiver. Mais la Suisse centrale a également

connu une saison d’hiver caractérisée par une progression supérieure à la moyenne

(+1,4% par an, Espace alpin : +0,7% par an). Si l’Oberland bernois enregistre encore

une modeste croissance, en Suisse orientale, le nombre de nuitées accuse une stag-

nation, et toutes les autres régions suisses sont carrément en perte de vitesse. Pen-

dant la saison d’été, les Alpes fribourgeoises et la Suisse orientale (+0,6% par an) ont

bénéficié d’une croissance supérieure à la moyenne de l’Espace alpin (+0,5% par

an). Toutes les autres régions suisses subissent un repli du nombre de nuitées hôte-

lières, étant précisé que le recul a été le plus significatif dans le Tessin (-2,0% par

an).

-3%

-2%

-1%

0%

1%

2%

3%

4%

5%

58

Fig. 3-11 Évolution du nombre de nui-

tées en hôtel pendant la sai-

son d’hiver (2000 – 2014)

Fig. 3-12 Évolution du nombre de nui-

tées en hôtel pendant la sai-

son d’été (2000 – 2014)

Variation moyenne par an, en %

Source: Divers offices statistiques, BAKBASEL

Variation moyenne par an, en %

Source: Divers offices statistiques, BAKBASEL

3.2.2 Le taux d’occupation des capacités d’hébergement

La comparaison des chiffres relatifs à l’utilisation des structures hôtelières sur

l’ensemble de l’année touristique montre que les régions du Tyrol, de l’Allgäu et du

Tyrol du Sud caracolent en tête du classement; leur taux d’occupation dépasse les

40% en 2014. Cinq régions suisses ont réussi à surclasser la moyenne de l’ensemble

de l’Espace alpin (31%) - l’Oberland bernois, la Suisse centrale, le Tessin, les Alpes

vaudoises et le Valais. La Suisse orientale se situe en queue du peloton – le taux

d’occupation y atteint tout juste les 25%.

Fig. 3-13 Le taux d'occupation dans l'hôtellerie par année touristique

Taux d'occupation des lits d'hôtel disponibles, en %

Source: Divers offices statistiques, BAKBASEL

En 2014, la région autrichienne du Tyrol, la région allemande de l’Allgäu et la région

ita-lienne du Tyrol du Sud réalisaient non seulement le meilleur score en termes de

-3%

-2%

-1%

0%

1%

2%

3%

4%

5%

6%

7%

-3%

-2%

-1%

0%

1%

2%

3%

4%

5%

0%

5%

10%

15%

20%

25%

30%

35%

40%

45% 2000

2014

59

taux d’occupation, mais, à l’instar des Alpes fribourgeoises, elles auront aussi connu

la plus forte progression depuis 2000. Toutes les régions de référence à l’étranger

ont vu leur taux d’occupation progresser de manière significative depuis 2000, seule

la Haute-Savoie fait figure d’exception. En Suisse, ce sont les Alpes fribourgeoises et

vaudoises, ainsi que la Suisse centrale, qui ont annoncé un taux d’occupation en

hausse, alors que les régions des Grisons, du Valais et du Tessin ont encaissé un

repli pendant la période d’observation. Dans l’Oberland bernois et dans la Suisse

orientale, le taux d’occupation a stagné.

Le Tyrol, région de villégiature par excellence, arrive aussi en tête du classement des

meilleurs taux d'occupation (48%) en hiver, suivi par la région autrichienne du Vorarl-

berg, où le taux d’occupation atteint environ 45%. L’écart entre le Tyrol, premier du

classement, et les Alpes vaudoises, en troisième position, dépasse les 13 points.

Parmi les autres régions suisses, trois régions parviennent à des résultats supérieurs

à la moyenne: le Valais, les Grisons et les l’Oberland bernois. La Suisse centrale, les

Alpes fribourgeoises, la Suisse orientale et le Tessin – lanterne rouge du classement

avec environ 18% – réalisent des taux d’occupation inférieurs à l’ensemble de

l’Espace alpin. En revanche, en été, le Tessin tire bien mieux son épingle du jeu,

puisqu’au cours la saison estivale, l’hôtellerie tessinoise pavoise avec un taux

d’occupation qui frôle les 48%, troisième meilleur résultat de toutes les régions étu-

diées. L'Oberland bernois et la Suisse centrale affichent à leur tour un score supé-

rieur à la moyenne: en été, leur taux d'occupation dépasse les 45%. Dans les autres

régions touristiques suisses, les taux d'occupation restent en retrait par rapport à la

moyenne et se situent entre 26 et 33%.

Pendant les mois d'hiver 2014, le taux d’occupation enregistré dans les différentes

régions suisses a été supérieur à celui de 2000, tout particulièrement dans les Alpes

fribourgeoises, mais aussi en Suisse centrale, dans les Alpes vaudoises, dans

l’Oberland bernois et dans le Tessin. Pendant la saison d’été, c’est dans l’Allgäu et

dans le Vorarlberg que l’expansion du taux d’occupation a été la plus forte. Quant aux

régions suisses, seules les Alpes vaudoises et fribourgeoises font état d’une amélio-

ration sensible de leur taux d'occupation.

Fig. 3-14 Utilisation des structures

hôtelières en saison hiver-

nale (novembre à avril)

Fig. 3-15 Utilisation des structures

hôtelières en saison estivale

(mai à octobre)

Taux d'occupation des lits d’hôtel disponibles, en %

Source: Divers offices statistiques, BAKBASEL

Taux d'occupation des lits d’hôtel disponibles, en %

Source: Divers offices statistiques, BAKBASEL

0%

5%

10%

15%

20%

25%

30%

35%

40%

45%

50%2000

2014

0%

5%

10%

15%

20%

25%

30%

35%

40%

45%

50%

55%2000

2014

60

3.3 Les facteurs de compétitivité de l'industrie d'hébergement dans

la comparaison internationale

Après l’étude de la performance des régions de villégiature suisses dans le chapitre

précédent, ce chapitre examine leur positionnement en matière de facteurs de com-

pétitivité au niveau de l'hôtellerie/restauration. D’un côté, c'est la structure de l'offre

d'hébergement qui fera l’objet d’analyse, alors que, pour la demande, ce seront la

saisonnalité et l’origine des touristes qui seront analysées.

3.3.1 L’offre d‘hébergement

Différentes études portant sur les facteurs déterminants de la compétitivité touris-

tique des régions alpines ont démontré que la structure d'hébergement revêt une

importance majeure5. En effet, pour le tourisme alpin, la taille des établissements,

l’offre hôtelière de qualité et une gestion intensive des lits constituent les conditions

indispensables du succès économique. Aussi, ces trois caractéristiques seront exa-

minées ci-dessous dans les régions faisant l’objet du benchmarking.

Fig. 3-16 Taille moyenne des établissements hôteliers (comparaison 2014 vs.

2000)

Nombre de lits par établissement

Source: Divers offices statistiques, BAKBASEL

Les régions de villégiature comptant une forte proportion de grands établissements

hôteliers sont favorisées par rapport aux destinations touristiques ne disposant que

d’établissements plus modestes, du fait des économies d’échelle qu’ils sont en me-

sure de réaliser. C’est principalement la compétitivité en termes de prix qui s’en

trouve optimisée, car les établissements hôteliers de plus grande taille peuvent pro-

duire à des coûts moyens plus avantageux. La figure 3-16 présente la taille moyenne

des établissements dans les régions étudiées. À l'exception du Tessin, des Alpes fri-

bourgeoises et de la Suisse orientale, les régions de villégiature suisses disposent

d’établissements dont la taille est supérieure à la moyenne (Espace alpin : 50 lits par

5 voir BAKBASEL 2010

0

10

20

30

40

50

60

70

802000

2014

61

établissement). Ce constat vaut tout particulièrement pour les Alpes vaudoises et les

Grisons (67, respectivement 61 lits par hôtel). L’importante pression concurrentielle

oblige la Suisse à s’interroger sur une structure des coûts plus efficace, car c’est en

Suisse que le coût du travail et le coût des produits intermédiaires sont proportion-

nellement plus élevés qu’ailleurs (voir chapitre 2.2.1). A l’échelle internationale, ce

n’est que dans le Trentin et en Haute-Savoie que l’on peut trouver des établisse-

ments de taille supérieure à la moyenne.

Au cours des dernières années, dans la plupart des régions touristiques, on a assisté

à une restructuration structurelle visant à augmenter la taille moyenne des établis-

sements hôteliers. Dans les Alpes fribourgeoises et en Suisse orientale, ce change-

ment structurel est le plus flagrant: en 2014, dans ces deux régions, un hôtel moyen

comptait 12 respectivement 9 lits de plus qu’en 2000. Seules les Alpes vaudoises

accusent une tendance inverse, puisque les établissements ont perdu 4 lits en

moyenne. Toutefois, même si les Alpes vaudoises ont enregistré la baisse la plus

significative en termes de taille des établissements hôteliers, en 2014, les hôtels de

cette région étaient toujours plus grands que les établissements hôteliers dans les

autres régions étudiées.

La compétitivité d'une région touristique est déterminée non seulement par la taille

des établissements hôteliers, mais également par la structure hôtelière. De manière

générale, une région qui compte une forte proportion d'établissements de première

catégorie et de luxe est plus à même d’exploiter ses structures à plein régime et donc

de réaliser un meilleur rendement. Fréquemment, ces hôtels haut de gamme font

figure d’établissements phares d’une région, dans la mesure où ils participent acti-

vement à l’élaboration de l’offre et servent ainsi de vitrine pour une destination toute

entière. Par ailleurs, l'hôtellerie de première catégorie et de luxe attire tendancielle-

ment une clientèle plus aisée – un fait qui profite à l'ensemble des entreprises évo-

luant dans le secteur touristique et non seulement au segment hébergement. En

effet, cette fréquentation par une clientèle au pouvoir d’achat élevé leur donne la

possibilité d’étoffer leurs offres et d’en améliorer la qualité, ce qui, par ricochet, re-

hausse l’attractivité de toute la région. En effet, c’est toute une dynamique qui se

met en place, car rendre la région plus attractive, profite à l’ensemble des entre-

prises touristiques et pas seulement à l’hôtellerie haut de gamme.

En 2014, le Vorarlberg et le Tyrol autrichiens comptaient 49%, respectivement 45%

de lits appartenant à l’hôtellerie dotée de quatre et cinq étoiles, ce qui correspond

aux taux les plus élevés. Dans les grandes régions de villégiature suisses, la structure

hôtelière se ressemble beaucoup. La quote-part d’hôtels de première catégorie et de

luxe représente 23% de tout le parc hôtelier dans le Valais, voire 29% dans les Gri-

sons. Mais la proportion des établissements non classés ou n’ayant qu’une ou deux

étoiles est relativement élevée, puisqu’elle dépasse les 40%. Les trois régions al-

pines suisses qui, en termes de nombre de nuitées sont les plus petites, reflètent

une configuration légèrement différente. Ainsi, les Alpes vaudoises disposent d’une

proportion d’hôtels de première catégorie et de luxe plus importante, tandis que

cette catégorie d’hôtels est nettement moins fréquente en Suisse orientale et dans

les Alpes fribourgeoises. D’ailleurs, ces deux régions comptent une proportion très

importante de lits dans des hôtels, soit non classés, soit avec juste 1 ou 2 étoiles.

62

Fig. 3-17 Structure hôtelière: nombre de lits d’hôtel par catégorie d'hôtels

Part de lits par catégorie d'hôtels, en %, bâton large = 2014, bâton fin = 2000, aucune donnée disponible

pour l’Allgäu

Source: Divers offices statistiques, BAKBASEL

L’évaluation sur plusieurs années de la structure hôtelière selon la catégorie d’étoiles

montre que les deux régions disposant de la plus grande proportion d’hôtels de pre-

mière catégorie et de luxe en 2014, sont aussi les régions ayant le plus étoffé cette

gamme depuis 2000. Ainsi, en 2014, le Vorarlberg et le Tyrol disposent d’une propor-

tion d’hôtels à quatre et cinq étoiles de 16, respectivement de 15 points supérieure à

celle répertoriée en 2000. Mais en réalité, la proportion d’hôtels de quatre ou cinq

étoiles a augmenté dans la majeure partie des régions observées. En Suisse, ce

même constat vaut pour les Alpes vaudoises (+15 points), le Tessin (+4 points), le

Valais (+4 points), la Suisse orientale (+2 points) et les Grisons (+1 point). En re-

vanche, les Alpes fribourgeoises ont perdu des établissements dans la catégorie des

quatre et cinq étoiles pendant la période d’observation.

Une autre composante non négligeable pour juger de la compétitivité des régions

touristiques alpines en matière d’offre d'hébergement est la structure d'héberge-

ment. Plus l’offre d’hébergement est gérée de manière intensive et professionnelle,

plus les capacités touristiques peuvent être utilisées de manière rentable. Par con-

séquent, il convient de privilégier les formes d'hébergement permettant le meilleur

taux d’occupation. Dans ce contexte, c’est le grand nombre de résidences secon-

daires, laissées vacantes et non louées, qui pose problème, puisque ce phénomène

engendre généralement des coûts d'infrastructure élevés, une consommation impor-

tante des surfaces et une multiplication du bâti dans les villages6.

6 cf. BAKBASEL 2010

0%

10%

20%

30%

40%

50%

60%

70%

80%

90%

100%0/*/**

***

****/*****

63

Fig. 3-18 Structure d'hébergement : estimation de la part de chaque type d'hé-

bergement, 2014

Estimation de la quote-part de lits par type d'hébergement, en %

Source: Divers offices statistiques, BAKBASEL

La figure 3-18 présente la structure d'hébergement des régions alpines suisses dans

la comparaison internationale. Ce qui frappe c’est que, dans toutes les régions

suisses, la proportion de lits dans les résidences secondaires est particulièrement

élevée. En effet, dans de nombreuses régions de villégiature, la quote-part de rési-

dences secondaires dépasse les 50%. Par ailleurs, dans de nombreuses régions

suisses, l’hôtellerie ne constitue qu’une proportion mineure de l'offre d'hébergement.

Ainsi, dans les Alpes vaudoises, seul un lit pour touriste sur huit relève de l’hôtellerie

; dans le Valais et dans le Tessin, c’est un sur dix. C’est en Suisse centrale que

l’hôtellerie représente une quote-part plus importante, puisqu’environ un quart des

lits pour touristes est constitué par des lits d’hôtel.

Les chiffres relatifs à l'offre d'hébergement montrent que l'industrie touristique des

régions alpines suisses est pénalisée par la forte proportion de «lits froids». Ce pro-

blème a été cerné et l’adoption de «l’initiative résidences secondaires» constitue un

premier pas dans la recherche d’une solution. Dans un proche avenir, les conditions

cadres du développement touristique (et économique) des régions de montagne et

des pôles touristiques concernés en premier lieu devraient évoluer. Il est à supposer

que l’on assistera à une restructuration accélérée. Dans les années à venir, il faudra,

d’une part, mettre à profit le mieux possible les retombées de «l’initiative résidences

secondaires», et, d’autre part, s’atteler à remettre dans le circuit marchand le grand

nombre de «lits froids». Des mesures d’incitation fiscale ou monétaire pourraient être

imaginées, ainsi que la mise en place de mesures visant à faciliter la location des

résidences secondaires.

0%

10%

20%

30%

40%

50%

60%

70%

80%

90%

100%

Résidences secondaires

Para-hôtellerie

Hôtellerie

64

3.3.2 La demande d’hébergement

Fig. 3-19 La saisonnalité de la demande touristique

Coefficient GINI

Source: Divers offices statistiques, BAKBASEL

Afin d’évaluer la demande en hébergement, l’étude se focalise sur deux thématiques:

d'une part, elle examine la demande sur l'année entière pour savoir si elle est répar-

tie de façon équilibrée; d'autre part, elle s’interroge sur les marchés d’origine des

touristes visitant les différentes régions étudiées.

Les régions où la fréquentation touristique se répartit de façon équilibrée sur l'année

ont un avantage majeur par rapport aux régions où la demande est caractérisée par

une forte saisonnalité, car elles sont en mesure d'utiliser leurs capacités de manière

optimale. Leurs infrastructures n’ont pas besoin d’être dimensionnées en fonction

des uniques périodes de haute saison, et les capacités d’hébergement peuvent donc

être exploitées de manière plus efficace.

La figure 3-19 exprime le coefficient GINI, représentatif de la répartition des nuitées

hôtelières sur les 12 mois de l'année. Le coefficient GINI est un indicateur de la sai-

sonnalité de la demande. Plus la valeur est basse, plus la demande est répartie de

manière égale sur l’année. Si le volume de la demande est le même sur les 12 mois

de l’année, le coefficient GINI est égal à 0,01. Si le volume de l’offre est concentré

sur un seul mois, le coefficient GINI est de 0,915.

En Suisse, six régions touristiques affichent une répartition particulièrement équili-

brée sur l’année, à savoir, les Alpes fribourgeoises, la Suisse orientale, la Suisse cen-

trale, l'Oberland bernois, le Valais et les Alpes vaudoises. En revanche, le Tessin et

les Grisons connaissent une répartition de la demande relativement inégale. Le Tes-

sin connaît un pic de fréquentation en été, alors qu’en hiver, peu de voyageurs y font

une halte pour passer la nuit. Ainsi, le Tessin réalise plus de 42% de sa demande

pendant les trois mois d’été, de juillet à septembre. Dans le canton des Grisons, la

répartition de la demande sur l'année en dents de scie résulte moins d'une prédilec-

tion des touristes sur une seule saison, que d’une demande relativement faible en

0.00

0.05

0.10

0.15

0.20

0.25

0.30

0.35

0.40

2000

2014

65

intersaison. Néanmoins, depuis 2000, on observe une répartition plus égale de la

demande sur l’année, notamment dans les Alpes vaudoises et fribourgeoises, ainsi

qu’en Suisse centrale, dans l’Oberland bernois et en Haute-Savoie. En 2014, seule la

Suisse orientale a connu une répartition de la demande encore plus déséquilibrée

qu’en 2000.

La ventilation des nuitées hôtelières en fonction du pays d’origine des touristes sert

principalement à déterminer le bon positionnement d’une région sur les marchés

lointains et porteurs. Les régions accueillant une proportion plus importante de tou-

ristes en provenance de ces pays profitent d’une meilleure pénétration sur les mar-

chés internationaux. La notoriété ainsi acquise leur procure un meilleur potentiel de

croissance sur les marchés internationaux.

La figure 3-20 montre que trois des régions alpines suisses ont particulièrement bien

réussi à pénétrer les marchés lointains et porteurs, ce qui illustre le rayonnement

international du tourisme suisse. La Suisse centrale et l'Oberland bernois sont les

principaux pôles d’attraction pour les touristes en provenance de marchés éloignés

et porteurs, puisque leur proportion dans ces deux régions atteint 36%, respective-

ment 34%. Ces deux régions sont très bien positionnées sur le marché asiatique.

Quant aux deux régions autrichiennes du Tyrol et du Vorarlberg, on constate que

quasiment une nuitée sur 8 est à mettre sur le compte de la clientèle originaire

d’Europe occidentale. La région allemande de l’Allgäu ne recrute que 17% de ses

clients hors Allemagne ; elle est donc fortement orientée vers le marché domestique.

Fig. 3-20 La structure de la demande : nuitées hôtelières selon les marchés

d’origine

Parts de nuitées hôtelières par marché d’origine, en %. Bâton large = 2014, bâton fin = 2000. La colonne «Europe

occidentale » regroupe les huit marchés occidentaux traditionnels (CH, DE, FR, IT, AT, NL, BE, UK, chaque fois sans le

marché intérieur).

Source: Divers offices statistiques, BAKBASEL

Pendant la période d’observation allant de 2000 à 2014, dans l’ensemble de

l’Espace alpin, la quote-part de nuitées effectuées par la clientèle originaire d’Europe

occidentale et la clientèle suisse a baissé (-3,7, respectivement -2,5 points), alors

que les clients originaires des marchés lointains et porteurs ont été plus nombreux

0%

10%

20%

30%

40%

50%

60%

70%

80%

90%

100% marché intérieur

Europe occidentale

marchés éloignés et marchés forte croissance

66

(+6,2 points). Les régions suisses ont été les principales victimes de la défection de

la clientèle européenne. Ce désamour s’explique certainement par le cours de

change très défavorable à la zone euro pendant plusieurs années de la période

d’observation. Dans les Alpes vaudoises, l’Oberland bernois, les Grisons et le Tessin,

la baisse du nombre de touristes d’Europe occidentale est particulièrement flagrante

; le nombre des nuitées générées par ce segment a reculé de 16, respectivement de

15 et de 13 points. Mais le Valais et les Grisons n’ont pas été épargnés par le désis-

tement de la clientèle d’Europe occidentale dont le nombre a chuté de plus de 10

points. La tendance vers une plus forte présence de la clientèle originaire des mar-

chés lointains et porteurs se confirme dans les régions suisses. Ainsi, depuis le début

de la période d’observation, l’Oberland bernois la Suisse centrale ont accueilli de

plus en plus de touristes en provenance de ces marchés. Toutefois, la clientèle

suisse a également redécouvert les régions suisses et les nuitées enregistrées pour

ce segment ont progressé de façon significative, hormis dans la Suisse orientale.

67

4 Destinations alpines

Après le 3e chapitre, centré sur les régions, respectivement les sous-régions natio-

nales formant l’Espace alpin, le 4e chapitre est consacré aux destinations alpines.

Dans ce contexte spécifique, le terme de destination correspond à la contrée choisie

par le touriste pour y effectuer son voyage. Une destination comporte l’ensemble des

équipements nécessaires destinés à recevoir des touristes, à savoir l’hébergement,

la restauration et les loisirs. Le touriste est donc consommateur d’un bouquet de

prestations proposé dans une contrée donnée. Pour sélectionner la destination de

son voyage, le client établit une comparaison des prestations proposées par diffé-

rentes contrées; il choisira ensuite celle qui correspond au mieux à ses attentes et

besoins7. En conclusion, on peut dire que les destinations touristiques qui offrent une

palette de prestations relativement similaires, constituent véritablement les unités

mises en concurrence au sein du tourisme alpin.

Les études ci-après se réfèrent à un échantillon international de 149 destinations de

l’Espace alpin européen. Afin de garantir leur comparabilité, le présent rapport ne

tiendra compte que des destinations enregistrant au moins 100 000 nuitées an-

nuelles et comptant plus de cinq établissements hôteliers. La liste complète des des-

tinations étudiées est jointe en annexe.

Le 4ème chapitre examine tout d’abord la performance des destinations alpines (cha-

pitre 4.1). A cette fin, il présente la destination la plus performante de l’année touris-

tique, de la saison hivernale et de la saison estivale. Ensuite, le chapitre 4.2 explore

quelques facteurs déterminants au regard desquels ces destinations sont particuliè-

rement bien placées (best practice).

4.1 Le palmarès des destinations alpines

Depuis de nombreuses années, BAKBASEL étudie la performance des destinations

dans l'Espace alpin. Afin de mesurer la réussite des destinations et de les comparer

au niveau international, on utilise l’indice «BAK TOPINDEX», un paramètre dérivé de

l’évolution des parts de marché, du taux d’occupation des chambres d’hôtel et de la

rentabilité d’une destination. Le «BAK TOPINDEX» peut être calculé pour l'année tou-

ristique entière, ou séparément pour la saison d’été et la saison d’hiver.

L’évolution relative des nuitées hôtelières8 (pondération 20%) mesure la perfor-

mance en termes de volume, c'est-à-dire le développement des parts de marché. Le

taux d’occupation des lits d’hôtels (pondération 50%) permet de connaître le taux

d’utilisation des capacités d’hébergement, composante économique importante. Les

tarifs relatifs des hôtels (pondération 30%) constituent un indicateur de la rentabilité

d’une destination, c'est-à-dire des revenus dégagés par nuitée. Cette analyse se

fonde sur les prix relatifs, car, au niveau du tourisme (alpin), les prix sont fortement

influencés par des facteurs coûts, essentiellement dictés par les conditions natio-

7 voir Bieger (2002) 8 L'évolution des nuitées d'hôtels est mesurée pour les cinq dernières périodes. On ne dispose pas de

données concernant les destinations suisses en 2004. Les données mensuelles correspondantes ont

été calculées à partir de la moyenne des valeurs de 2003 et 2005.

68

nales. Ainsi, dans l’optique d’une mesure de la performance, les prix devront démon-

trer la rentabilité d’une destination touristique par rapport à d’autres destinations de

référence.

Par conséquent, une destination est performante à partir du moment où elle réussit

à doper sa part de marché, utiliser ses capacités de façon optimale et réaliser, paral-

lèlement, une rentabilité élevée par nuitée.

Fig. 4-1 Les composantes du «BAK TOPINDEX»

Source: BAKBASEL

4.1.1 Le palmarès des destinations de l’année touristique

Pendant l’année touristique 2014, le Grossarltal aura été, d’après le «BAK TOPIN-

DEX», la destination la plus performante de tout l’Espace alpin. Cette destination si-

tuée dans le pays de Salzbourg s’est toujours maintenue à l’un des deux premiers

rangs du «BAK TOPINDEX»; en 2014, elle doit son avancée à la première place à son

excellent taux d’occupation. Le Grossarltal bénéficie d’une structure d’hébergement

de qualité avec une importante proportion de lits dans les hôtels de standing ; le

nombre de lits relativement faible dans les résidences secondaires ne les concurren-

cent que marginalement.

En 2014, la destination Lucerne en Suisse centrale aura été la seule destination

suisse ayant réussi à se hisser dans le TOP 15 du «BAK TOPINDEX». Mais Lucerne a

non seulement été la destination suisse la plus performante de l’année touristique

2014, elle a encore réussi à conquérir une excellente deuxième place dans le ran-

king international. Lucerne a enregistré un très bon taux d’occupation et une nette

expansion de ses parts de marché. Ce score, elle le doit principalement à sa perfor-

mance extraordinaire pendant l’été.

A la troisième place du «BAK TOPINDEX», on trouve le Kleinwalsertal. Cette destination

située dans le Vorarlberg est abonnée aux premiers rangs du «BAK TOPINDEX» et, en

2012 et 2013, elle a emporté le palmarès. En 2014, le Kleinwalsertal doit son 3ème

rang à un taux d’occupation très élevé et une excellente rentabilité. Cette destination

est très bien positionnée pour accueillir les familles ; par ailleurs, elle profite de son

Part

de m

arc

Taux

d‘o

ccupatio

n

Productivité

BAK TOPINDEX

69

raccordement au domaine skiable de la destination allemande Oberstdorf. De sur-

croît, il s’agit d’une destination prisée par les touristes en hiver comme en été.

Le classement des 15 meilleurs du «BAK TOPINDEX» 2014 met en relief la suprématie

des destinations autrichiennes. Ainsi, douze des quinze meilleures destinations sont

situées dans l’Espace alpin autrichien, et, outre la seule destination suisse, on n’y

trouve qu’une allemande et une italienne (Seiser Alm, Oberstdorf).

Tab. 4-1 Le palmarès des 15 destinations alpines

«BAK TOPINDEX» année touristique, valeur moyenne pour l’Espace alpin = 3,5

Source: BAKBASEL

En complément, le tableau 4-1 présente l’évolution de la performance des destina-

tions depuis 2007. Il s’avère qu’en 2008, le Grossarltal, classée premier, est passé

du 6e au 1er rang et se maintient depuis sur une des deux premières places; pour-

tant, il ne s’agit pas d’une destination de très grand renom. Lucerne a connu une

progression significative de 2009 à 2010, essentiellement en raison d’une évolution

positive du nombre de nuitées.

Si l’on compare les performances de 2007 à celles de 2014, il s’avère que la desti-

nation autrichienne Alpinworld Leogang Saalfelden remporte la palme de la plus

grosse amélioration: de la 61ème place détenue en 2007, elle s’est propulsée à la

14ème en 2014. La destination appelée région de villégiature Reutte enregistre éga-

lement une énorme avancée, en passant de la 44ème place en 2007 à la 14ème en

2014. Aussi bien dans la destination Alpinworld Leogang Saalfelden que dans la ré-

gion de villégiature Reutte, le nombre des nuitées d‘hôtel et le taux d’occupation ont

enregistré une expansion substantielle.

La comparaison du «BAK TOPINDEX» 2014 avec la version 2013 fait également état

de quelques changements. Les destinations qui ont le plus évolué depuis l’année

précédente sont énumérées dans la figure 4-2. Le grand vainqueur des 149 destina-

tions observées est de loin la destination valaisanne Verbier, où le nombre de nui-

tées a progressé de façon notable. Sur le tableau des grands gagnants, six autres

destinations suisses s’associent à Verbier. Ainsi, Gstaad et Weggis ont, eux aussi, fait

Pos.

2014Destination Région

TOPINDEX

2014

Indice

évol.

Indice

occ.

Indice

prix

Pos.

2013

Pos.

2009

Pos.

2007

1 Grossarltal Salzbourg 5.2 4.3 6.0 4.4 2 1 6

2 Lucerne Suisse centrale 5.0 4.7 5.8 3.8 3 10 5

3 Kleinwalsertal Vorarlberg 4.9 3.5 5.6 4.8 1 2 8

4 Salzburg et environs Salzbourg 4.8 5.1 5.1 4.0 8 14 4

5 Alpe di Siusi Haut-Adige 4.7 4.2 4.8 5.0 16 14 11

6 Rennweg / Katschberg Carinthie 4.7 3.4 5.8 3.7 4 3 1

7 Achensee Tyrol 4.6 3.6 5.7 3.6 5 4 7

8 Kitzbühel Tourismus Tyrol 4.6 4.5 4.1 5.6 21 29 17

9 Tux - Finkenberg Tyrol 4.5 3.8 5.4 3.6 9 9 9

10 Serfaus-Fiss-Ladis Tyrol 4.5 4.3 4.9 4.0 7 5 3

11 Oberstdorf Allgäu 4.5 3.2 4.8 4.9 12 8 11

12 Innsbruck et environs Tyrol 4.5 4.6 5.0 3.5 14 28 18

13 Wilder Kaiser Tyrol 4.4 3.7 5.0 4.0 18 22 26

14 Alpinworld Leogang Saalfelden Salzbourg 4.4 5.2 4.7 3.4 22 19 61

14 Ferienregion Reutte Tyrol 4.4 6.0 4.1 3.8 17 127 44

70

un grand bond en avant, passant du 102ème au 68ème rang, respectivement du 126ème

au 104ème rang. Les quatre autres destinations suisses classées au tableau des des-

tinations alpines les plus performantes ayant considérablement avancé sont : Enga-

din St. Moritz, Bellinzona et Alto Ticino, Villars-Gryon-les Diablerets, ainsi que Interla-

ken.

Fig. 4-2 Les 15 grandes gagnantes 2014

Progression des valeurs indice du «BAK TOPINDEX» de 2013 à 2014, en points

Source: BAKBASEL

La figure 4-3 énumère les 10 destinations suisses les plus performantes en 2014 ;

elle liste la performance en été et en hiver dans le «BAK TOPINDEX» de 2014.

Outre Lucerne, classée parmi les 15 meilleures destinations de l’Espace alpin, dix

autres destinations suisses comptent parmi les plus performantes : Interlaken, Zer-

matt, Scuol, Engelberg, la région de la Jungfrau, le lac de Thoune, Engadin St. Moritz,

Verbier et Gstaad. En hiver comme en été, presque toutes les destinations précitées

surclassent la valeur moyenne de l’Espace alpin qui est de 3,5 points. La meilleure

performance estivale a été enregistrée pour Lucerne, et ce non seulement en compa-

raison aux autres destinations suisses, mais encore par rapport à l’ensemble des

destinations de l’Espace alpin. Pendant les mois d’hiver, c’est Zermatt qui se profile

comme la destination suisse la plus performante.

Les analyses de la performance des destinations suisses ont démontré qu’elles ont

gagné du terrain par rapport à 2012. Le tourisme suisse a été sanctionné par la crise

économique et le franc fort qui lui ont valu quelques années difficiles. Un revirement

de tendance a pu, fort heureusement, être observé en 2013 et en 2014. Ainsi, de

nombreuses destinations suisses ont fait preuve d’une performance supérieure à la

moyenne en 2014, en hiver autant qu’en été. Toutefois, pour 2015, l’horizon s’est

déjà considérablement assombri, car la suppression du cours plancher du franc

suisse par rapport à l’euro ne manquera pas de se répercuter défavorablement sur

l’économie touristique en Suisse.

0.0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6 0.7 0.8

Verbier

Alpe di Siusi

La Clusaz

Kitzbühel Tourismus

Bregenzerwald

Gstaad

Weggis

Engadin St. Moritz

Bellinzona e Alto Ticino

Villars-Gryon-les Diablerets

Alpinworld Leogang Saalfelden

Lammertal-Dachstein West

Schladming-Dachstein-Tauern

Interlaken

Ausseerland-Salzkammergut

71

Fig. 4-3 Le palmarès des destinations de l’arc alpin

« BAK TOPINDEX » saisons estivale et hivernale 2014, valeur moyenne de l’Espace alpin = 3,5

Source: BAKBASEL

4.1.2 Le palmarès des destinations en hiver

Pour la saison d'hiver 2014, le «BAK TOPINDEX» place au premier rang la destination

Lech-Zürs dans le Vorarlberg. Lech-Zürs doit cette première place à une très forte

rentabilité et à un excellent taux d'occupation. De fait, cette destination caracole

dans les trois premiers rangs du classement depuis 2007. Lech-Zürs peut se vanter

de nombreux atouts. Le domaine skiable très attractif et l'offre d'hébergement de

qualité confèrent aux deux bourgs Lech et Zürs un rayonnement qui leur assure un

taux d'occupation extraordinaire, malgré les prix élevés pratiqués dans leurs hôtels.

Les destinations tyroliennes de Paznaun et de Serfaus-Fiss-Ladis occupent le deu-

xième et le troisième rang du classement, grâce, notamment, à un très fort taux d'oc-

cupation. Si la première profite de domaines skiables attractifs et de la vie nocturne

très animée du village principal Ischgl, Serfaus-Fiss-Ladis met en avant de nombreux

points forts. Mais c'est en tout premier lieu son orientation résolument familiale qui

lui vaut cette place de choix. En hiver 2014, on trouve une destination suisse parmi

les 15 meilleures du classement, à savoir Zermatt, classée 14ème En effet, Zermatt a

réussi à faire valoir sa réputation internationale pour doper sa rentabilité et remplir

ses capacités.

La saison d'hiver, plus encore que celle d’été, a été clairement dominée par le succès

des destinations autrichiennes. Les onze premiers rangs du classement sont attri-

bués à des destinations autrichiennes ; en sus de Zermatt, destination suisse, seules

deux destinations italiennes, le Val Gardena et Alta Badia, ont réussi à s’insérer dans

le classement.

Lucerne

Interlaken

Zermatt

Scuol

Engelberg

Jungfrau Region

Thunersee

Engadin St. Moritz

Verbier

Gstaad

3.0

3.5

4.0

4.5

3.0 3.5 4.0 4.5 5.0 5.5

sais

on

hiv

ern

ale

saison estivale

72

Tab. 4-2 Les 15 destinations alpines les plus performantes en hiver

« BAK TOPINDEX » saison hivernale, valeur moyenne pour l’Espace alpin = 3,5

Source: BAKBASEL

Pour la saison d’hiver, les modifications constatées au niveau du classement par

rapport à celui de 2007 sont moins significatives que celles relevées pour l’année

touristique. La destination Stubai Tirol s’est montrée la plus forte : elle a gagné 14

places en améliorant son taux d’occupation et en engrangent des parts de marché

supplémentaires. En revanche, Zermatt a été rétrogradée de 6 places entre 2007 et

2014.

Fig. 4-4 Les 15 grandes gagnantes de la saison hivernale 2014

Progression des valeurs indexées du «BAK TOPINDEX» entre 2013 et 2014, en points

Source: BAKBASEL

Si l’on considère l’ensemble des destinations, il s’avère que de nombreuses destina-

tions suisses font partie des grandes gagnantes de la saison d’hiver 2014 et de

l’année touristique. Verbier se distingue à nouveau comme la destination ayant fait

Pos.

2014Destination Région

TOPINDEX

2014

Indice

évol.

Indice

occ.

Indice

prix

Pos.

2013

Pos.

2009

Pos.

2007

1 Lech-Zürs Vorarlberg 5.0 3.4 5.1 6.0 2 1 2

2 Paznaun Tyrol 4.9 3.6 5.7 4.5 3 4 5

2 Serfaus-Fiss-Ladis Tyrol 4.9 3.7 5.6 4.5 1 3 3

4 Tux - Finkenberg Tyrol 4.9 3.5 6.0 3.9 4 7 4

5 Grossarltal Salzbourg 4.8 3.7 5.6 4.3 6 4 10

6 Skiregion Obertauern Salzbourg 4.8 3.5 5.4 4.7 8 2 1

7 Ötztal Tourismus Tyrol 4.8 3.6 5.7 4.1 7 10 15

8 St.Anton am Arlberg Tyrol 4.8 3.6 4.9 5.4 5 9 7

9 Rennweg / Katschberg Carinthie 4.5 3.5 5.4 3.8 14 17 6

10 Stubai Tirol Tyrol 4.5 3.5 5.5 3.3 16 24 24

11 Mayrhofen Tyrol 4.5 3.5 5.2 3.8 12 13 14

12 Val Gardena Haut-Adige 4.4 3.5 4.6 4.8 17 13 12

13 Alta Badia Haut-Adige 4.4 3.5 4.4 4.9 13 16 13

14 Zermatt Valais 4.4 3.4 4.7 4.4 26 11 8

15 Zell-Gerlos, Zillertal Arena Tyrol 4.4 3.5 5.0 3.9 10 11 18

0.0 0.1 0.2 0.3 0.4

Verbier

Disentis Sedrun

Lenk-Simmental

Trento

Mendrisiotto

Interlaken

Saastal

Oberes Drautal

Zermatt

Thunersee

Bregenzerwald

Valli di Sole, Peio e Rabbi

Engelberg

Toggenburg

Arosa

73

le plus grand bond en avant, portée par une expansion des parts de marché et du

taux d’occupation. Dix autres destinations suisses figurent également parmi les plus

grandes gagnantes.

4.1.3 Le palmarès des destinations en été

Contrairement au tableau des résultats d'hiver, monopolisé par les destinations au-

trichiennes, les performances estivales sont plus hétéroclites. Ainsi, on trouve deux

destinations suisses, une allemande, trois italiennes et neuf autrichiennes sur les

quinze premiers rangs. Leur répartition sur les différentes régions et pays composant

l'Espace alpin prouve que le succès du tourisme alpin peut être au rendez-vous sous

différentes conditions cadres et dans un contexte divers.

La destination suisse de Lucerne pointe en tête du classement. Cette destination se

vante d’un excellent taux d'occupation et le nombre de nuitées, vendues très cher,

est en hausse. Déjà en 2007, 2008, 2010, 2012 et 2013, Lucerne s'était distinguée

comme la destination d'été la plus performante. Idéalement placée au bord du lac

des Quatre Cantons, elle dispose d’une multitude de sites intéressants attirant les

touristes.

Tab. 4-3 Le palmarès des 15 destinations alpines en été

«BAK TOPINDEX» saison estivale, valeur moyenne de l’Espace alpin = 3,5

Source: BAKBASEL

Les 2éme et 3ème places reviennent aux destinations autrichiennes Salzbourg et ses

alentours, ainsi qu’à la région de villégiature Reutte, toutes deux étant des destina-

tions bénéficiant d'une progression importante de leurs parts de marché, ainsi que

d’un très fort taux d'occupation. De nombreuses destinations parmi les quinze pre-

mières du classement s'appuient sur la ville au cœur de la destination et sur son

offre culturelle attractive pour étayer leur réputation.

La deuxième destination suisse ayant réussi à se hisser dans le classement est Inter-

laken, classée en quatrième position. Ses hôtels se réjouissent également d'un taux

d'occupation important. Interlaken tire surtout profit d'une combinaison gagnante

Pos.

2014Destination Région

TOPINDEX

2014

Indice

évol.

Indice

occ.

Indice

prix

Pos.

2013

Pos.

2009

Pos.

2007

1 Lucerne Suisse centrale 5.2 4.5 6.0 4.4 1 2 1

2 Salzburg et environs Salzbourg 5.0 5.0 5.1 4.8 6 7 4

3 Ferienregion Reutte Tyrol 4.8 6.0 4.6 4.4 7 102 22

4 Interlaken Oberland bernois 4.8 3.9 5.5 4.2 5 9 8

5 Garda trentino Trentin 4.8 4.2 5.9 3.3 2 5 5

6 Achensee Tyrol 4.7 3.5 5.5 4.1 3 1 3

7 Alpe di Siusi Haut-Adige 4.6 4.2 4.7 4.8 14 16 15

8 Merano et environs Haut-Adige 4.6 3.4 5.7 3.6 4 2 6

9 Oberstdorf Allgäu 4.6 3.4 5.0 4.8 11 8 13

10 Bodensee-Vorarlberg Vorarlberg 4.6 4.7 4.3 4.9 12 5 7

11 Kleinwalsertal Vorarlberg 4.6 3.4 4.9 4.8 9 4 11

12 Grossarltal Salzbourg 4.4 4.4 4.8 3.7 13 14 32

12 Innsbruck et environs Tyrol 4.4 4.7 4.6 3.9 16 22 17

14 Kitzbühel Tourismus Tyrol 4.3 4.6 3.6 5.3 33 37 52

15 Imst-Gurgltal Tyrol 4.3 5.0 4.3 3.9 27 71 20

74

«lacs et montagne». Par ailleurs, cette destination dans l'Oberland bernois est excel-

lemment positionnée sur le marché asiatique, en forte expansion. Pendant l'été,

cette clientèle lui a procuré approximativement 30% de la demande.

Si l’on compare les destinations les plus performantes de l’été 2014 sur la durée, il

s’avère que, depuis 2007, Lucerne s’est toujours placée en première ou deuxième

position du classement. La destination autrichienne Kitzbühel Tourisme a effectué le

plus grand bond en avant, passant de la 52ème place en 2007 à la 14ème en 2014.

Les destinations autrichiennes de Grossarltal et la région de villégiature Reutte ont

également réussi une remontée substantielle. Seules trois destinations ont vraiment

essuyé une perte nette en été : Bodensee-Vorarlberg, Achensee et le pays de Mera-

no.

La super gagnante du «BAK TOPINDEX» de l’été 2014 est à nouveau la destination

suisse Verbier que l’on trouvait à la 135ème place en 2013 ; elle a fait un énorme

bond en avant et se classe désormais 92ème, bénéficiant d’une nette augmentation

de ses parts de marché. Les destinations suisses Gstaad et Weggis comptent,

comme pour l’année touristique, à nouveau parmi les 15 grandes gagnantes. Néan-

moins, force est de constater qu’en été, on trouve nettement moins de destinations

suisses parmi les grandes gagnantes qu’en hiver ou pendant l’année touristique.

Fig. 4-5 Les 15 grandes gagnantes de la saison d’été 2014

Progression des valeurs indexées du «BAK TOPINDEX» entre 2013 et 2014, en points

Source: BAKBASEL

4.1.4 Sujet spécial: la capacité de rendement des destinations alpines

Comme précédemment exposé, selon la définition du «BAK TOPINDEX», une destina-

tion est performante du moment qu’elle réussit à augmenter ses parts de marché et

à utiliser pleinement ses capacités, tout en générant une forte rentabilité par nuitée.

Aussi, la capacité de rendement joue un rôle déterminant pour le succès d’une desti-

nation.

0.0 0.1 0.2 0.3 0.4 0.5 0.6

Verbier

Alpinworld Leogang Saalfelden

La Plagne - Les Arcs

Pillerseetal

Alpe di Siusi

Kitzbühel Tourismus

Lammertal-Dachstein West

La Clusaz

Salzburg et environs

Bodensee-Vorarlberg

Imst-Gurgltal

Gstaad

Europa-Sportregion

Weggis

Wilder Kaiser

75

Afin de mesurer la capacité de rendement, BAKBASEL a recours aux prix relatifs des

hôtels sous forme des recettes réalisées par nuitée. Pour cela, on se fonde sur les

prix de haute saison demandés pour une chambre double avec petit déjeuner dans

un hôtel 3 étoiles. Les prix ont été répertoriés à l’aide d’une enquête primaire effec-

tuée auprès de quelque 5 000 hôtels de l’Espace alpin.

Deux raisons ont conduit à choisir l’hôtellerie 3 étoiles pour cette analyse de prix:

d’une part, s’agissant de la catégorie d’hôtel la plus répandue, on dispose d’un plus

grand nombre d’établissements. D’autre part, le choix de l’hôtellerie 3 étoiles com-

porte un moindre risque de distorsion par des facteurs spécifiques à l’établissement,

car une nuitée dans un hôtel de cette catégorie est un produit de grande homogénéi-

té et pourrait être désigné comme un produit «commodity»9.

L’étude ci-dessous cible principalement la composante du prix dans la performance

des destinations alpines. Dans une première phase sera étudiée de plus près la ca-

pacité de rendement des 15 destinations les plus performantes en 2014, présentée

sous forme indexée dans le chapitre précédent, dédié à la performance. L’examen

des prix absolus se fera dans une seconde phase.

Fig. 4-6 Capacité de rendement des TOP 15 pendant l’année touristique

Année touristique, prix relatifs, moyenne nationale = 100

Source: BAKBASEL

La figure 4-6 montre la capacité de rendement des TOP 15 pour les années touris-

tiques 2007 et 2014. En 2014, c’est la destination Kitzbühel Tourisme qui affiche la

capacité de rendement la plus élevée avec un prix relatif de 12510; la destination

Alpinworld Leogang Saalfelden se trouve en bas de l’échelle avec un prix relatif de

97. Il s’agit donc des destinations qui, par rapport à la moyenne nationale, imposent

les prix les plus élevés, respectivement les plus bas. Mais, même dans les destina-

tions les plus performantes, on relève des prix inférieurs à la moyenne nationale.

Ainsi, la destination suisse Lucerne, avec un prix relatif de 103, se situe à peine au

dessus de la moyenne suisse, soit au centre de l’échantillon étudié. On constate que

9 On parle de «commodity» quand la concurrence ne s’exerce pas par la différenciation du produit, mais

par le biais du prix. 10 Cela signifie que les prix se situent à 25% au dessus de la moyenne nationale.

0

20

40

60

80

100

120

140 2007 2014

76

la capacité de rendement à Lucerne n’a pas varié depuis la première mesure de la

performance en 2007. On peut en conclure que les prix y sont donc restés stables

par rapport à la moyenne nationale, alors que dans la plupart des autres destina-

tions, les prix relatifs ont progressé pendant la période d’observation. Ce constat vaut

tout particulièrement pour Rennweg am Katschberg qui faisait état d’une capacité de

rendement largement inférieure à la moyenne nationale en 2007 et légèrement su-

périeure à celle-ci en 2014. De manière générale, les différences en termes de capa-

cité de rendement des destinations étaient beaucoup plus marquées en 2007 qu’en

2014, ce qui peut s’expliquer, entre autres, par une compétition plus intense en

2014.

Au-delà des prix relatifs qui reflètent toujours l’écart par rapport à la moyenne natio-

nale, on peut également se référer aux prix absolus que l’on trouve dans la figure 4-7

pour les années touristiques 2007 et 2014. En 2014 les prix dans la seconde moitié

de l’échantillon sont relativement similaires, affichant des valeurs entre 100 et 110

euro. Le prix moyen de loin le plus élevé est répertorié pour Lucerne - presque 200

euros ; cette situation met en exergue le problème récurrent de la concurrence au

niveau des prix dans l’économie du tourisme en Suisse. Comme prévu, les prix ont

progressé dans toutes les destinations pendant la période d’observation, mais plus

particulièrement à Lucerne.

Fig. 4-7 Prix absolus des TOP 15 pendant l’année touristique

Moyenne de la destination pour une chambre double avec petit déjeuner dans un hôtel 3 étoiles, en euros

Source: BAKBASEL

On saisit le prix d’une nuitée pour chacun des hôtels 3 étoiles d’une destination, ce

qui permet de connaître la fourchette des prix pratiqués dans une même destination.

La figure 4-8 fait apparaître, en pourcentage, le différentiel entre le prix le plus bas et

le plus haut. En 2014, c’est à Lucerne que la fourchette de prix est la plus impor-

tante: le prix maximum se situe à environ 40% au dessus du prix minimum de la des-

tination, alors que les autres destinations font état d’un éventail de prix absolus net-

tement moindre. En 2007, les différences de prix constatées à Lucerne étaient

beaucoup moins importantes; elles avoisinaient plus au moins celles observées dans

certaines autres destinations. C’est à Rennweg am Katschberg que l’on a constaté

0

20

40

60

80

100

120

140

160

180

200 2007 2014

77

les écarts les moins importants au niveau des prix relatifs pendant les deux années

d’observation.

Fig. 4-8 Fourchette de prix à l’intérieur des destinations

Déviation par rapport au prix absolu le plus bas dans une destination, en %

Source: BAKBASEL

Fig. 4-9 Prix absolus des TOP 15 selon saison

2014, Moyenne de la destination pour une chambre double avec petit déjeuner dans un hôtel 3 étoiles, en euros

Source: BAKBASEL

Les prix absolus des 15 destinations les plus performantes sont répertoriés non seu-

lement pour l’année touristique, mais encore individuellement pour une saison dé-

terminée (cf. fig. 4-9). Il s’avère alors que, dans les destinations énumérées ci-

dessous, les prix ont peu varié entre la saison d’hiver et la saison d’été de l’année

touristique 2014: région de villégiature Reutte, Oberstdorf, Achensee, Seiser Alm,

Salzbourg et alentours, ainsi qu’Innsbruck et alentours. La plus grosse amplitude a

été relevée à Serfaus-Fiss-Ladis: pendant la saison d’hiver 2014, le prix moyen dé-

passait de 72 euros environ celui de l’été 2014. Le même constat vaut pour les des-

tinations Grossarltal, Tux–Finkenberg, Kitzbühel Tourisme et Wilder Kaiser, où les

0%

10%

20%

30%

40%

50%

2007 2014

020406080

100120140160180200220

hiver été

78

prix moyens de l’hiver dépassaient clairement les prix moyens pratiqués en été. A

Lucerne, c’est en été que le prix moyen était approximativement de 25 euros plus

élevé qu’en hiver.

4.2 La compétitivité du tourisme alpin

Ce sous-chapitre est consacré à l’examen des facteurs déterminant la compétitivité

des destinations alpines. L’analyse énumère les destinations les plus performantes

au vu des différents facteurs essentiels de la compétitivité (best practice). A cette fin,

on a recours à quelques facteurs fondamentaux permettant d’identifier la compétiti-

vité dans le domaine de l’offre, de la demande, de l’attractivité touristique et de la

diversité. Il s’agit de facteurs qui, dans le cadre du benchmarking de ces dernières

années, ont montré leur pertinence pour le développement prospère d’une destina-

tion11. L’analyse se focalise sur la structure d’hébergement, les économies d’échelle

réalisables au niveau de l’établissement et de la destination, l’intensité touristique, le

caractère saisonnier de la demande, ainsi que la diversité de l’offre en été et

l’attractivité touristique en hiver.

4.2.1 L’offre

La figure 4-10 traduit la structure de l’hôtellerie en fonction de la classification par

nombre d’étoiles. Elle répertorie les destinations regroupant le plus grand nombre de

lits d’hôtel dans le segment du grand standing et du luxe. Ces destinations sont

avantagées par le fait que les capacités sont tendanciellement mieux utilisées dans

les hôtels de catégorie supérieure, et que, par ailleurs, ce type d’hôtels accueille gé-

néralement une clientèle qui regarde moins à la dépense.

Fig. 4-10 Structure hôtelière: quote-part des lits hôteliers par catégorie d’étoiles

Part des lits hôteliers par catégorie d’étoiles en %, bâton large = 2014, bâton fin = 2000

Source: Divers offices statistiques, BAKBASEL

C’est dans la destination de Rennweg am Katschberg que la part des lits à attribuer

aux établissements hôteliers de première catégorie et de luxe est particulièrement

11 cf. BAKBASEL 2010

0%

10%

20%

30%

40%

50%

60%

70%

80%

90%

100%

****/********0/*/**

79

importante, leur proportion dépassant les 83%. Les autres destinations représentées

affichent un taux d’hôtels à quatre et cinq étoiles qui se situe entre 56 et 72%. Mais

il s’avère également que, mis à part les destinations suisses Villars-Gryon-les Diable-

rets et Lucerne, on ne trouve que des destinations autrichiennes sur ce tableau.

Depuis 2000, on constate un glissement des proportions de lits vers les hôtels de

catégorie supérieure. Partout, la quote-part des hôtels de première catégorie et de

luxe a été en hausse entre 2000 et 2014. Bien que cette augmentation ait atteint

des taux à deux chiffres dans presque toutes les destinations, la plus forte progres-

sion a été relevée à Rennweg am Katschberg (37 points) et dans le Grossarltal (33

points).

La figure 4-11 retrace la structure d’hébergement, soit le nombre de lits par type

d’hébergement. Elle représente les destinations ayant proposé la quote-part de lits

hôteliers la plus élevée en 2014. Dans ces destinations, les lits sont gérés de ma-

nière intensive et professionnelle, ce qui entraîne une meilleure utilisation des capa-

cités d’hébergement et, atout indiscutable, une confrontation moindre au problème

des «lits froids». Contrairement au classement en fonction de la structure hôtelière,

dans cette comparaison, les destinations autrichiennes se montrent moins prédomi-

nantes; ainsi, on y trouve deux destinations suisses, dont Lucerne en tête, et Weggis,

ainsi que sept destinations italiennes.

Fig. 4-11 La structure hôtelière: estimation du nombre de lits selon type d'héber-

gement en 2014

Nombre de lits selon type d’hébergement en %

Source: Divers offices statistiques, estimations BAKBASEL

La figure 4-12 évalue les économies d’échelle susceptibles d’être réalisées au niveau

des entreprises. A titre d’indicateur de la taille des établissements, on a recours au

nombre de lits par hôtel. Les destinations regroupant des établissements hôteliers de

plus grande taille ont l’avantage de pouvoir réaliser des économies d’échelle, ce qui

n’est pas le cas des destinations touristiques ne disposant que de petits hôtels. En

général, un établissement taille supérieure est en mesure de produire à des coûts

moindres, et, par ricochet, d’être plus compétitif en termes de prix. C’est la destina-

tion autrichienne Rennweg am Katschberg qui, avec une moyenne de 112 lits par

0%

10%

20%

30%

40%

50%

60%

70%

80%

90%

100%

ZweitwohnungenParahotellerieHotellerie

80

établissement hôtelier, profite au mieux des économies d’échelle ; toutefois, on

compte de nombreuses destinations suisses parmi les 15 premières: Lucerne, En-

gadin St. Moritz, Flims Laax, Davos Klosters, Aigle - Leysin - Les Mosses, Villar-Gryon-

les Diablerets et Arosa. Ce phénomène peut s’expliquer par le fait que les établisse-

ments suisses, victimes des coûts du travail et des produits intermédiaires plus oné-

reux, se doivent impérativement de rechercher des opportunités visant à réduire

leurs coûts.

Fig. 4-12 Taille des établissements: nombre de lits par établissement

Nombre moyen de lits par établissement

Source: Divers offices statistiques, BAKBASEL

4.2.2 La demande

Sur le marché très fragmenté du tourisme alpin, les grandes destinations ont

l’avantage de revendiquer une notoriété plus forte que les petites, notamment à

l’échelle internationale. La figure 4-13 montre les 15 plus grandes destinations de

l’Espace alpin en termes de nuitées, tous types d’hébergement confondus, à savoir

hôtellerie, parahôtellerie et résidences secondaires. Chamonix Mont-Blanc est de loin

la plus grande avec plus de 13,1 millions de nuitées, suivie par la destination Lago

Maggiore e Valli qui, elle, comptabilise 9,4 millions de nuitées, dont 7,7 millions cor-

respondent à des nuitées en résidences secondaires. Les 3ème, 4ème et 5ème places

reviennent aux destinations Portes du Soleil (F), respectivement Les Trois Vallées et

Merano qui comptabilisent chacune entre 7,7 et 6,8 millions de nuitées.

La figure 4-14 énumère les destinations présentant l’activité touristique la plus in-

tense, mesurée à l’aide du nombre global de nuitées par habitant. L’intensité touris-

tique, aussi appelée densité d’une destination, exerce un effet positif sur la compéti-

tivité des destinations alpines, puisqu’elle inclut la possibilité de profiter de réseaux

et de cluster. Par ailleurs, les régions et destinations à forte intensité touristique font

preuve d'une plus forte mobilisation en faveur du tourisme, ce qui se traduit par une

plus grande hospitalité et une cohabitation plus souple. Le domaine skiable autri-

chien d’Obertauern est la destination qui peut se vanter de la plus forte intensité

touristique, le rapport entre le nombre de nuitées et d’habitants y étant supérieur à 1

0

20

40

60

80

100

120

2000

2014

81

300. En Suisse, c’est la destination Samnaun qui enregistre l’intensité touristique la

plus importante avec environ 362 nuitées par habitant.

Cependant, il convient de rappeler qu’une trop forte densité peut aussi se révéler

néfaste, parce que les destinations présentant une très grande intensité touristique

sont fréquemment des stations créées de toute pièce, sans âme, ni identité régio-

nale. Par ailleurs, la focalisation sur le seul secteur touristique est susceptible

d’engendrer une dépendance délétère de ce segment économique (monoculture

économique).

Fig. 4-13 Taille des destinations: estimation du nombre de nuitées par type

d’hébergement en 2014

Nombre de nuitées hôtelières en millions en 2014

Source: Divers offices statistiques, estimations BAKBASEL

Fig. 4-14 Intensité touristique

Nombre de nuitées par habitant en 2014

Source: BAKBASEL

0

2

4

6

8

10

12

14Résidences secondaires

Para-hôtellerie

Hôtellerie

0

200

400

600

800

1000

1200

1400

82

La saisonnalité de la demande touristique constitue un autre facteur déterminant qui

se répercute sur la performance d'une destination. Ainsi, les destinations bénéficiant

d’une demande équilibrée sur l’année affichent en moyenne une meilleure utilisation

de leurs capacités d'accueil.

La figure 4-15 indique que c’est principalement dans les destinations Innsbruck et

ses environs, ainsi que dans la région Hall-Wattens que la demande touristique est

très équilibrée. L’étude des 15 destinations subissant les variations les plus faibles

au cours de l’année montre, d’une part, que quatre régions suisses font partie de ce

groupe, et, d’autre part, qu’il s’agit pour la plupart de destinations comprenant un

centre urbain. Ces destinations peuvent compter sur le tourisme d’affaires, de sémi-

naires et de congrès, qui comble l’absence de touristes en basse saison.

On constate que, depuis 2000, l’amplitude des fluctuations saisonnières s’est ré-

duite pour la plupart des destinations sous étude. Ce constat vaut tout particulière-

ment pour le Lavanttal. En revanche, dans le Trentin, à Toggenburg et à Heidiland, la

saisonnalité de la demande s’est accentuée.

Fig. 4-15 Saisonnalité de la demande touristique

Coefficient GINI

Source: Divers offices statistiques, BAKBASEL

4.2.3 Attractivité

La performance des destinations alpines est non seulement conditionnée par les

facteurs déterminant la compétitivité, mais encore par quelques variables de l’offre,

spécifiques à la saison. Ainsi, en hiver, c’est très clairement l’attractivité du domaine

skiable qui sera décisive pour le choix du touriste de se rendre à tel ou tel endroit,

alors que, pendant la saison estivale, la diversité de l’offre sera primordiale pour ga-

rantir la performance d’une destination12.

Dans la mesure où le domaine skiable est essentiel pour le tourisme d’hiver, il est

particulièrement important qu’une destination qui se veut compétitive puisse afficher

12 cf. BAKBASEL 2010

0.00

0.05

0.10

0.15

0.20

0.25

0.302000

2014

83

une offre attrayante pour le skieur. La figure 4-16 répertorie les 15 destinations do-

tées des domaines skiables les plus attractifs. Elles sont toutes caractérisées par un

enneigement garanti, par des remontées mécaniques pour la plupart modernes et

par un grand domaine skiable avec des pistes de différents degrés de difficulté. La

Suisse peut se réjouir de compter sur son territoire 4 destinations parmi les 15 sta-

tions de ski les plus attractives, à savoir Samnaun, Sion-Région, Zermatt et Verbier.

Fig. 4-16 Attractivité du domaine skiable 2014

Indice permettant de mesurer l’attractivité et la diversité des domaines skiables 13

Source: BAKBASEL

Les figures 4-17 et 4-18 présentent chacune un élément déterminant de l’attractivité

d’un domaine skiable, dont l’un est le nombre et la longueur des pistes, et l’autre

l'altitude du domaine skiable. Dans les deux cas, il s'agit «d'atouts naturels», puisque

ce sont des paramètres qui, pour des raisons topographiques et par respect de l'envi-

ronnement, sont difficilement, voire pas du tout modifiables. Dans le TOP 15 des

stations disposant du meilleur choix de pistes, on trouve 6 destinations suisses:

Chablais-Portes du Soleil (CH), Verbier, Sion-Région, Engadin St. Moritz, Davos Klos-

ters et Zermatt. Si Zermatt peut se vanter de posséder le domaine skiable le plus

haut, les domaines skiables de Saastal, Sion-Région, Verbier et Engadin St. Moritz

font également partie des 15 stations situées à très haute altitude.

13 Le glossaire dans l’outil en ligne «BAK DESTINATIONSMONITOR®» comprend une description détaillée de

la méthodologie permettant d’évaluer les indicateurs d’attractivité et de diversité.

0

5

10

15

20

25

30

35

40

84

Fig. 4-17 Les pistes du domaine

skiable

Fig. 4-18 Altitude du domaine skiable

Nombre de km de pistes, 2014

Source: BAKBASEL

Altitude du domaine skiable, 2014

Source: BAKBASEL

La figure 4-19 présente les destinations proposant l'offre estivale la plus attractive.

L'attractivité touristique d'une destination est mesurée à l’aide de l'indicateur « BAK

attractivité estivale ». Cet indicateur global se fonde sur une centaine d'indicateurs

individuels pour déterminer l’attractivité de l’offre touristique dans les catégories

suivantes: «sport & aventure», «randonnées & excursions», «famille & expériences»,

«bien-être & plaisirs gourmands» et «culture & évènements»14.

Fig. 4-19 Diversité de l’offre en été 2014

Indice permettant de mesurer l'attractivité et la diversité de l'offre estivale

Source: BAKBASEL

En été, c’est la destination Engadin St. Moritz qui se démarque par l’offre la plus di-

versifiée. Elle atteint 71 points sur 100 sur toute l’étendue de l'indicateur mesurant

l'attractivité touristique. En effet, Engadin St. Moritz séduit dans l’ensemble des caté-

gories. Grâce au pôle d’activité St. Moritz Centrum, la destination est en mesure de

proposer une offre très variée dans les catégories «culture & évènements», ainsi que

«bien-être & plaisir» ; dans la mesure où cette destination peut s’appuyer sur toute la

région de l’Oberengadin, elle réussit également à marquer des points en matière de

14 voir note en bas de page 11

0

100

200

300

400

500

600

700

0 500 1000 1500 2000 2500 3000 3500 4000

Les Trois Vallées

Stubai Tirol

Merano et environs

La Plagne - Les Arcs

Tux - Finkenberg

Vinschgau

Engadin St. Moritz

Verbier

Sion-Région

Ötztal Tourismus

Pitztal

Val d'Isère et Tignes

Saastal

Chamonix Mont-Blanc

Zermatt

0

10

20

30

40

50

60

70

80 sport & aventure randonnée & excursionsfamille & activités culture & événementsbien-être & plaisir

85

randonnées, d'activités sportives et d'aventure, ainsi que d’activités spécifiquement

conçues pour les familles.

Les autres destinations atteignent un nombre de points relativement similaire.

Néanmoins, il convient de souligner que, parmi les 15 destinations les plus attrac-

tives en été, on compte six destinations suisses : Engadin St. Moritz, le lac Majeur et

ses vallées (2ème position), la région du lac de Lugano (3), le lac de Thoune (4), Heidi-

land (5) et Interlaken (11).

86

87

3e partie: LE TOURISME URBAIN

Selon le «BAK TOPINDEX», Genève a été la destination urbaine suisse la plus perfor-

mante en 2014. Grâce à son excellente rentabilité et à un taux d’occupation hors

norme, Genève se place au 5ème rang du classement des villes étudiées. Par ailleurs,

Zurich, se hisse au 10ème rang, favorisée notamment par un très fort taux

d’occupation.

En 2013, l’expansion vigoureuse du tourisme urbain en Suisse s’est soldée par une

augmentation de 3,2% de la demande; en 2014, la progression a été sensiblement

similaire (+3,1%). Néanmoins, ce résultat n’a pas empêché le tourisme urbain suisse

de perdre quelques parts de marché, puisque les destinations urbaines des pays

voisins, considérées dans le périmètre de cette étude, se sont montrées encore plus

performantes: les nuitées d’hôtel y ont progressé de 3,7%.

La demande en prestations touristiques est soumise à des variations plus au moins

marquées au cours d’une année. Aussi, les destinations bénéficiant d’une demande

plutôt équilibrée sur l’année sont privilégiées par rapport aux destinations tributaires

de fortes fluctuations saisonnières, car elles peuvent optimiser l’utilisation de leurs

capacités.

L’analyse de la saisonnalité a montré qu’en 2014, c’est à Bâle, ainsi qu’à Genève,

que les nuitées hôtelières ont enregistré les fluctuations saisonnières les plus

faibles, bien que l’aspect saisonnier y soit renforcé par la variation des durées de

séjour des visiteurs. Bâle tire profit du grand nombre de salons-expositions et de

congrès organisés tout au long de l’année, alors qu’à Genève, ce sont les Organisa-

tions internationales qui assurent chaque mois une demande homogène. Dans ces

deux villes, la saisonnalité s’est fortement réduite depuis 2005. L’analyse a démon-

tré que ce phénomène s’explique principalement par une moindre saisonnalité de la

demande nationale. Aussi, on peut retenir que Genève est non seulement la ville

suisse la plus performante, mais qu’elle tire très bien son épingle du jeu sous l’angle

de la saisonnalité, facteur de compétitivité. En revanche, Bâle, pourtant privilégiée,

elle aussi, par de faibles variations saisonnières, reste largement en retrait par rap-

port à la valeur médiane de l’échantillon étudié.

En conclusion, force est de constater que, dans les 5 grandes villes suisses, la sai-

sonnalité de la demande étrangère est supérieure à celle de la demande nationale et

que les marchés lointains d’Asie et d’Amérique connaissent des fluctuations encore

plus importantes que la demande européenne (hors demande nationale et alle-

mande).

Dans le cadre du «Programme international de benchmarking pour le tourisme

suisse», BAKBASEL examine annuellement la performance et la compétitivité des

destinations urbaines suisses. L’actuel rapport cible tout particulièrement la saison-

nalité de la demande. Afin de déterminer comment les villes suisses se sont posi-

tionnées dans le domaine du tourisme urbain en 2014, les cinq plus grandes villes

(Bâle, Berne, Genève, Lausanne et Zurich) ont été soumises à une comparaison in-

ternationale. Dix partenaires internationaux ont été sélectionnés pour composer

88

l’échantillon de benchmarking: Barcelone, Florence, Fribourg-en-Brisgau, Heidelberg,

Munich, Prague, Salzbourg, Stuttgart, Vérone et Vienne.

89

5 Les principales villes suisses dans la comparaison in-

ternationale

Au cours de ces dernières années, le tourisme urbain a bénéficié d’un engouement

majeur. Entre 2000 et 2014, la demande touristique dans les villes suisses a pro-

gressé de plus d’un tiers (37%) en termes de nuitées hôtelières, alors que dans le

reste de la Suisse, la demande a connu un recul. Ainsi, après la crise économique et

financière mondiale (2008 à 2014), le tourisme dans les zones de montagne a vu la

demande décliner considérablement pendant que le tourisme urbain enregistrait une

forte hausse des nuitées hôtelières. Par conséquent, il est opportun d’étudier de plus

près le tourisme urbain.

Dans le cadre du «programme de benchmarking international pour le tourisme

suisse», BAKBASEL établit chaque année une comparaison internationale permettant

d’évaluer la performance et la compétitivité des destinations urbaines en Suisse.

Mais le présent rapport ne vise pas seulement la performance, retracée ci-dessous

dans le «BAK TOPINDEX»; il cible précisément l’aspect saisonnier de la demande. Ainsi,

la composante saisonnière de la demande globale sera analysée de façon approfon-

die ; par ailleurs, pour la première fois, la répartition de la demande émanant des

différents marchés d’origine tout au long de l’année constituera une partie intégrante

de cette étude.

Dans le cadre du présent rapport, les cinq plus grandes villes de Suisse (Bâle, Berne,

Genève, Lausanne et Zurich) seront soumises à une comparaison internationale. Dix

partenaires internationaux de benchmarking, à savoir Barcelone, Florence, Fribourg-

en-Brisgau, Heidelberg, Munich, Prague, Salzbourg, Stuttgart, Vérone et Vienne, ont

été sélectionnés pour réaliser cette comparaison internationale. Parallèlement, la

comparaison tiendra compte de la valeur médiane de cet échantillon.

5.1 Performance

L’objectif du benchmarking de la performance des destinations urbaines consiste à

déterminer celles qui ont été les plus prisées par les touristes. Pour évaluer la per-

formance respective, on examine l’évolution des nuitées hôtelières (20%) et celle du

taux d’occupation des lits d’hôtel (50%), ainsi que l’évolution du rendement par nui-

tée (30%) dans ces destinations urbaines. Ensuite, ces paramètres sont indexés et

rassemblés sous le critère de performance «BAK TOPINDEX». Ce «BAK TOPINDEX» per-

met alors de mesurer la performance des destinations urbaines et d’établir une

comparaison avec leurs concurrentes internationales.

L’évolution des nuitées d’hôtel mesure la performance en termes de volume, c’est-à-

dire l’évolution des parts de marché. La valeur médiane de l’échantillon traduit la

forte progression du nombre de nuitées hôtelières – en moyenne 5,4% par an - au

cours des cinq dernières années (2009 à 2014). Les cinq plus grandes villes suisses

sont restées largement en retrait par rapport à cette valeur médiane, car elles ont

perdu des parts de marché dont les autres destinations urbaines étudiées ont profi-

té. Zurich se montre la plus performante des villes suisses; elle affiche une crois-

90

sance annuelle de 3,4% ; sa perte en termes de parts de marché est donc la moins

importante. Bâle atteint une croissance de 2,5% en rythme annuel. Genève, Lau-

sanne et Berne enregistrent à leur tour une progression du nombre des nuitées hôte-

lières ; toutefois, celle-ci reste plus modeste (+1,6%, respectivement +1,4% et

+1,1%).

Le taux d’occupation des lits d’hôtel disponibles constitue, du point de vue écono-

mique, un paramètre important pour connaître le taux d’utilisation des capacités

existantes. Dans les destinations urbaines visées par la présente étude, les taux

d’occupation des lits d’hôtel sont relativement similaires (de 44 à 58%). Seule Barce-

lone crée la surprise en pavoisant avec un excellent résultat de 69%. En 2014, dans

les villes suisses Zurich (57%) et Berne (56%), le taux d’occupation se situe au-

dessus de la valeur médiane de l’échantillon (54%). Genève se situe juste en des-

sous de la valeur médiane de l’échantillon, avec un taux d’occupation atteignant

53%. Lausanne et Bâle, où le taux d’occupation se cantonne à 48%, respectivement

à 44%, font figure de lanterne rouge de l’échantillon sous étude.

En revanche, au niveau des prix relatifs, les différences entre les villes sont plus si-

gnificatives. Les prix relatifs des hôtels sont un indicateur pour connaître la rentabili-

té d’une destination puisqu’ils traduisent le rendement réalisé par nuitée. Le calcul

est fondé sur les tarifs facturés dans l’ensemble de l’hôtellerie. Les prix sont calculés

par rapport à la moyenne des cinq plus grandes villes du pays. Il s’avère que, parmi

les destinations urbaines visées dans la présente étude, l’hôtellerie de Barcelone a

réussi à imposer les prix relatifs les plus élevés; l’hôtellerie genevoise se situe en

quatrième position. En revanche, les autres villes suisses restent en retrait par rap-

port à la valeur médiane, étant précisé toutefois que Bâle et Zurich tirent très bien

leur épingle du jeu. En revanche, Lausanne et Berne font montre d’une rentabilité

plus faible, comparée à celle obtenue dans d’autres destinations urbaines.

Tab. 5-1 «BAK TOPINDEX»

Indice, valeur médiane de l’ensemble de l’échantillon des destinations urbaines = 3,5 points, l’échantillon compre-

nant 27 villes suisses et 17 villes européennes

Source: BAKBASEL

DestinationTOPINDEX

2014

Indice

évol.

Indice

occ.

Indice

prix

Pos.

2013

Pos.

2007

1 Barcelona 5.7 4.4 6.0 5.9 1 1

2 Firenze 5.0 4.3 4.9 5.7 3 8

3 München 4.9 4.6 4.8 5.2 2 7

4 Praha 4.6 4.2 3.9 5.9 6 2

5 Genève 4.5 3.2 4.3 5.7 7 3

5 Salzburg 4.5 4.3 4.4 4.7 5 10

7 Wien 4.4 4.5 4.4 4.4 8 4

8 Heidelberg 4.4 4.8 4.2 4.4 4 14

Valeur moyenne 4.4 4.0 4.4 4.6

9 Verona 4.4 3.8 4.3 4.9 11 6

10 Zürich 4.3 3.7 4.7 4.0 10 5

11 Freiburg 4.3 3.6 4.6 4.1 9 13

12 Stuttgart 4.1 4.5 4.1 3.9 14 15

13 Bern 3.7 3.1 4.6 2.7 13 11

14 Basel 3.6 3.5 3.3 4.2 12 9

15 Lausanne 3.5 3.2 3.7 3.4 15 12

91

En mettant en parallèle l’évolution des nuitées hôtelières, le taux d’occupation et la

rentabilité pour en déduire le «BAK TOPINDEX» 2014 comme indicateur du succès

d’une destination urbaine, on constate que Barcelone (5,7 points) est la ville la mieux

placée de l’échantillon (voir tableau 5-1). Ce résultat, Barcelone le doit tant à un ex-

cellent taux d’occupation qu’à une extraordinaire rentabilité. Parmi les 5 plus

grandes villes suisses, c’est Genève qui, à l’instar des dernières années, se profile

comme la ville suisse la plus performante. Avec 4,5 points, elle se classe au 5ème

rang, une réussite que cette ville doit principalement à son excellente rentabilité et à

un taux d’occupation hors norme. La valeur médiane des destinations urbaines étu-

diées dans le cadre du «BAK TOPINDEX» est de 4,4 points. Genève est la ville suisse

qui affiche une performance supérieure à la moyenne. Toutefois, Zurich, bénéficiant

d’un très bon taux d’occupation, se place au 10ème rang, juste en-dessous de la va-

leur médiane. Berne, Bâle et Lausanne se retrouvent en queue du ranking.

Certes, la ville de Berne a réussi à réaliser un taux d’occupation excellent de ses ca-

pacités hôtelières; néanmoins, l’évolution insuffisante des nuitées hôtelières et sur-

tout sa faible rentabilité empêche Berne d’atteindre un meilleur score dans le clas-

sement. Bâle affiche une rentabilité en adéquation avec cet échantillon de haut vol;

cependant, le taux d’occupation de son hôtellerie s’est révélé relativement faible. A

Lausanne, le nombre de nuitées hôtelières et la rentabilité sont restés en-dessous de

la moyenne; seul le taux d’occupation s’est montré légèrement plus avantageux que

la valeur médiane de l’ensemble des destinations urbaines (3,5).

Barcelone est la destination urbaine la plus performante de l’échantillon pris en

compte pour la présente étude, et ce résultat ne se limite pas à la seule année 2014;

depuis 2007, année du premier «BAK TOPINDEX», Barcelone se classe au premier

rang. En revanche, par rapport au palmarès 2007, les grandes villes suisses ont

toutes reculé. La principale raison de cette contreperformance est le cours élevé du

franc suisse et, par ricochet, le manque de compétitivité au niveau des prix.

5.2 Compétitivité

Pour les besoins de l’analyse de la compétitivité, le présent rapport ciblera tout parti-

culièrement un facteur pertinent, à savoir l’aspect de la saisonnalité. Ainsi sont étu-

dié, d’une part, la saisonnalité de la demande globale, mais aussi, pour la première

fois, la répartition sur l’année de la demande émanant des différents marchés

d’origine.

La demande touristique subit des variations plus ou moins importantes d’un bout à

l’autre de l’année. L’analyse ci-jointe examine l’amplitude et l’évolution des compo-

santes saisonnières. Logiquement, les destinations bénéficiant d’une demande équi-

librée tout au long de l’année sont favorisées par rapport aux destinations dont la

demande subit de fortes variations saisonnières, car elles peuvent mieux mettre à

profit leurs capacités d’accueil. Elles n’ont pas besoin de configurer leurs infrastruc-

tures en fonction des périodes de pointe et peuvent ainsi utiliser leurs capacités de

manière plus efficace. Une destination soumise à de fortes variations saisonnières

n’a guère de chances de réaliser des moyennes importantes en termes de taux

d’occupation. Les capacités sont planifiées et configurées en fonction des besoins de

la haute saison ; mais pendant la saison intermédiaire, la fréquentation est trop

92

faible pour les utiliser de façon optimale. Aussi, la saisonnalité de la demande

s’avère pertinente pour apprécier la performance d’une destination.

Avant d’évoquer les variations au cours de l’année, il convient d’examiner l’amplitude

des variations saisonnières en termes de demande de nuitées hôtelières. Le coeffi-

cient GINI constitue un des indicateurs statistiques permettant de connaître la sai-

sonnalité de la demande. Plus la valeur est faible, plus la demande est équilibrée sur

les 12 mois de l’année. Si la demande est équivalente pour tous les mois de l’année,

le coefficient GINI correspondra à 0,01. En revanche, si l’ensemble de la demande

est concentré sur un seul mois, le coefficient GINI sera 0,915.

Le coefficient GINI pour la répartition des nuitées hôtelières (voir figure 5-1) montre

que les variations saisonnières peuvent être d’un degré d’intensité très différent se-

lon les villes et dans le temps. A l’exception de Lausanne, l’ensemble des villes

suisses enregistre une demande très équilibrée sur l’année, comparée à la valeur

médiane de l’échantillon; même Lausanne ne rate cette moyenne que de très peu.

Bâle connaît la fréquentation la plus régulière des cinq grandes villes suisses; seule

Stuttgart peut se vanter d’avoir des variations saisonnières encore plus minimes. En

effet, Bâle tire profit de la multitude de salons, expositions et congrès qui l’animent

toute l’année. Par ailleurs, si Bâle est la ville où cette composante saisonnière a le

plus diminué au fil des années depuis 2005, Genève, en 2014, peut également se

réjouir d’une fréquentation nettement plus équilibrée qu’en 2005. Alors que Berne et

Lausanne maintiennent leur classement quant à la valeur médiane et quasiment la

même saisonnalité de la demande, Zurich doit faire face à une répartition des nui-

tées hôtelières moins uniforme sur l’année 2014 qu’en 2005.

Fig. 5-1 Saisonnalité des nuitées hôtelières

Coefficient GINI

Source: divers offices statistiques, BAKBASEL

La figure 5-2 retrace, sur la base des nuitées hôtelières enregistrées mensuellement,

l’évolution de la demande au cours de l’année 2014. Pour des raisons de compré-

hension, la figure ne relève que les cinq plus grandes villes suisses, ainsi que la va-

leur médiane de l’échantillon représenté en figure 5-1. De manière générale, la de-

0.00

0.05

0.10

0.15

0.20

2005

2014

93

mande sur les douze mois de l’année affiche une répartition relativement similaire

pour les villes étudiées et la valeur médiane ne varie pas de manière significative. La

demande s’avère particulièrement importante pendant les mois d’été, juillet et août,

alors qu’en janvier et février, la demande est plutôt modeste. Bâle surprend par

l’absence de peak estival. En revanche, en février et mars, la demande à Bâle, mais

aussi à Genève, se montre plus soutenue que dans les autres villes suisses, mais

surtout nettement plus importante que dans la valeur médiane de l’échantillon. A

Bâle, le même constat vaut pour les mois de novembre et décembre.

Fig. 5-2 Nuitées hôtelières par mois

Quotes-parts mensuelles des nuitées hôtelières, année civile 2014, en %

Source: divers offices statistiques, BAKBASEL

Pour évaluer la saisonnalité de la demande, il convient de tenir compte non seule-

ment de la répartition des nuitées, mais aussi du nombre d’arrivées dans les hôtels.

La figure 5-3 reflète l’ampleur des variations saisonnières quant aux arrivées dans

les hôtels, paramètre calculé à l’aide du coefficient GINI. Pour 2014, la valeur mé-

diane de l’échantillon révèle une saisonnalité moins prononcée des arrivées compa-

rée à celle des nuitées. Dès 2005, ce phénomène a été observé, étant précisé que

depuis, l’écart entre la saisonnalité des nuitées et celle des arrivées s’est creusé.

Aussi, avec le temps, l’ampleur des variations saisonnières des arrivées et des nui-

tées ne s’est pas réduite, mais, bien au contraire, s’est accentuée.

C’est à Bâle, Barcelone, Vérone et Genève que l’on observe les divergences les plus

flagrantes entre le coefficient GINI des arrivées et celui des nuitées. En 2014, de

toutes les villes étudiées, Genève aura été celle qui a connu la répartition la plus

uniforme des arrivées hôtelières sur l’année. Ce sont les Organisations internatio-

nales qui lui assurent cette demande relativement équilibrée. Bâle, qui pourtant af-

fiche les variations saisonnières les plus faibles au niveau des nuitées, se voit relé-

guée en queue du classement pour ce paramètre. Par ailleurs, en 2014, l’influence

des saisons à Bâle est plus marquée qu’elle ne l’était en 2005. Si à Berne et à Zu-

rich, cette influence saisonnière a peu varié entre 2005 et 2014, les arrivées à Ge-

nève et à Lausanne se répartissent désormais de façon plus homogène sur toute

l’année qu’en 2005.

5%

6%

7%

8%

9%

10%

11%

12%

Basel Bern

Genève Lausanne

Zürich Valeur moyenne

94

Fig. 5-3 Saisonnalité des arrivées dans l’hôtellerie

Coefficient GINI

Source: divers offices statistiques, BAKBASEL

La figure 5-4 reflète, sur la base des quotes-parts mensuelles des arrivées hôtelières

en 2014, l’évolution de la demande au cours de l’année. Il s’avère que la courbe

annuelle des arrivées ne se différencie guère de celle des nuitées (voir figure 5-2): la

proportion la plus importante des arrivées est générées pendant les mois d’été de

juillet et août, alors qu’en début d’année, en janvier et février, la quote-part est la

plus faible. Ainsi que la lecture du coefficient GINI permet de le constater, les diffé-

rences les plus marquées par rapport à l’évolution des nuitées sont observées pour

les destinations urbaines de Bâle, Barcelone, Vérone et Genève. A Genève, d’avril à

octobre, on enregistre proportionnellement moins d’arrivées que de nuitées. Ce

même phénomène peut être observé à Bâle, mais pendant la période de janvier à

avril. Aussi, en termes d’arrivées, Bâle affiche un peak estival, contrairement à ce qui

peut être retenu pour les nuitées.

La durée du séjour des visiteurs résulte du rapport entre les nuitées et les arrivées.

La figure 5-5 permet de connaître la durée du séjour par mois et par visiteur pour

l’année 2014. Pour les villes faisant partie de la présente étude, la valeur médiane

s’établit à environ 2 nuitées par visiteur, chiffre relativement constant. On peut en

conclure que, dans la moyenne de l’échantillon, la durée du séjour ne se répercute

que très marginalement sur la saisonnalité. Bâle et Genève enregistrent les varia-

tions les plus importantes en termes de durée du séjour. Ainsi, à Bâle, l’arrivée de

62 000 visiteurs en juillet génère un volume légèrement inférieur à 107 500 nuitées,

ce qui signifie qu’en 2014, la durée de séjour aura été très courte, soit 1,7 nuitée par

visiteur. C’est en mars, avec 2,4 nuitées, que l’on peut observer les séjours les plus

longs (44 800 arrivées, 106 800 nuitées). Cette variation relativement importante de

la durée du séjour que l’on observe à Bâle et à Genève, contribue à renforcer la sai-

sonnalité dans ces deux villes.

0.00

0.05

0.10

0.15

0.20

2005

2014

95

Fig. 5-4 Arrivées dans les hôtels, par mois

Quotes-parts mensuelles des arrivées hôtelières, année civile 2014, en %

Source: divers offices statistiques, BAKBASEL

Fig. 5-5 Durée du séjour selon les mois

Evolution de la durée du séjour selon les mois, année civile 2014, en nuitées par visiteur

Source: divers offices statistiques, BAKBASEL

Afin de mieux nuancer les résultats présentés précédemment, la suite du rapport

traitera de la saisonnalité de la demande, ventilée en fonction des différents mar-

chés d’origine. Ainsi, par le biais du coefficient GINI, les figures 5-6 à 5-11 montrent

l’ampleur de la saisonnalité des nuitées observée pour les divers marchés d’origine.

En ventilant la demande globale par clientèle nationale et internationale, il s’avère –

au regard de la moyenne de l’échantillon et aussi pour les villes suisses - que la de-

mande des clients étrangers est significativement plus fluctuante selon les saisons

que la demande nationale. Ce phénomène explique pourquoi à Berne et à Lausanne

la saisonnalité est moins accentuée, car ces deux villes accueillent nettement moins

de visiteurs étrangers que Bâle, Genève et Zurich, nonobstant le fait que, parmi les

5%

6%

7%

8%

9%

10%

11%

12%

Basel Bern

Genève Lausanne

Zürich Valeur moyenne

1.4

1.6

1.8

2.0

2.2

2.4

2.6 Basel BernGenève LausanneZürich Valeur moyenne

96

villes suisses étudiées, Berne et Lausanne enregistrent la plus forte saisonnalité tant

pour la demande nationale qu’internationale. Par ailleurs, il s’avère que la diminution

de la saisonnalité entre 2005 et 2014, observée pour Bâle et pour Genève,

s’explique principalement par la demande émanant de la clientèle nationale.

C’est la demande américaine et asiatique qui, en termes de valeur médiane, est la

plus marquée par la saisonnalité. Ce constat vaut, d’une manière plus ou moins im-

portante, pour les cinq villes suisses abordées dans la présente étude. Dans la

moyenne de l’échantillon et aussi dans les villes suisses, les nuitées des visiteurs

européens (hors demande nationale et allemande) sont réparties de façon plus ho-

mogène sur l’année que les nuitées effectuées par les clients américains et asia-

tiques. A Bâle, à Zurich, ainsi qu’à Berne, la demande allemande se montre approxi-

mativement aussi saisonnière que la demande nationale, alors qu’à Genève et à

Lausanne, la demande allemande se montre nettement plus saisonnière que la de-

mande nationale.

Fig. 5-6 Saisonnalité des nuitées

hôtelières de la clientèle na-

tionale

Fig. 5-7 Saisonnalité des nuitées

hôtelières de la clientèle

étrangère

Coefficient GINI, pas de données disponibles pour Salz-

bourg

Source: divers offices statistiques, BAKBASEL

Coefficient GINI, pas de données disponibles pour

Salzbourg

Source: divers offices statistiques, BAKBASEL

Par conséquent, force est de constater que dans les 5 grandes villes suisses, la sai-

sonnalité de la demande étrangère est plus accentuée que celle de la demande na-

tionale, étant précisé que les marchés lointains d’Asie et d’Amérique affichent une

saisonnalité significativement plus importante que la demande européenne (hors

demande nationale et allemande).

A Bâle et à Zurich, la saisonnalité de la demande allemande correspond plus au

moins à celle de la demande européenne, alors qu’à Berne, elle est nettement moins

marquée. En revanche, à Genève et à Lausanne, c’est justement le contraire,

puisque la demande allemande y est plus saisonnière que la demande européenne.

En résumé, il convient de retenir qu’en 2014, à l’instar des années précédentes,

Genève aura été la destination urbaine suisse la plus performante. Grâce à son ex-

cellente rentabilité et à un taux d’occupation hors norme, Genève se place au 5ème

rang du classement des villes étudiées. Par ailleurs, Zurich, se hisse au 10ème rang,

favorisée notamment par un très fort taux d’occupation.

0.00

0.05

0.10

0.15

0.20

0.25

0.30

0.35

2005

2014

0.00

0.05

0.10

0.15

0.20

0.25

0.30

0.352005

2014

97

Après une expansion sensible du tourisme urbain en Suisse en 2013, concrétisée

par une hausse des nuitées de 3,2%, 2014 aura également été un bon cru (+3,1%).

Néanmoins, le tourisme urbain suisse perd quelques parts de marché, puisque les

autres destinations urbaines étudiées, à l’étranger, affichent une performance en-

core meilleure (valeur médiane : +3,7%).

Fig. 5-8 Saisonnalité des nuitées

hôtelières de la clientèle al-

lemande

Fig. 5-9 Saisonnalité des nuitées

hôtelières de la clientèle eu-

ropéenne (hors clients

suisses et allemands)

Coefficient GINI, pas de données disponibles pour

Florence, Munich, Salzbourg, sans les destinations ur-

baines allemandes

Source: divers offices statistiques, BAKBASEL

Coefficient GINI, pas de données disponibles pour Flo-

rence, Munich, Salzbourg, données 2005 partiellement

indisponibles

Source: divers offices statistiques, BAKBASEL

Fig. 5-10 Saisonnalité des nuitées

hôtelières de la clientèle

asiatique

Fig. 5-11 Saisonnalité des nuitées

hôtelières de la clientèle

américaine

Coefficient GINI, pas de données disponibles pour Flo-

rence, Munich, Salzbourg, données 2005 partiellement

indisponibles

Source: divers offices statistiques, BAKBASEL

Coefficient GINI, pas de données disponibles pour Flo-

rence, Munich, Salzbourg, données 2005 partiellement

indisponibles

Source: divers offices statistiques, BAKBASEL

La demande en prestations touristiques est soumise à des variations plus au moins

marquées au cours d’une année. Aussi, les destinations bénéficiant d’une demande

plutôt équilibrée sur l’année sont privilégiées par rapport aux destinations tributaires

de fortes fluctuations saisonnières, car elles peuvent optimiser l’utilisation de leurs

capacités.

0.00

0.05

0.10

0.15

0.20

0.25

0.30

0.352005

2014

4.2

24

.16

0.00

0.05

0.10

0.15

0.20

0.25

0.30

0.352005

2014

0.00

0.05

0.10

0.15

0.20

0.25

0.30

0.352005

2014

0.00

0.05

0.10

0.15

0.20

0.25

0.30

0.352005

2014

98

L’analyse de la saisonnalité a montré qu’en 2014, c’est à Bâle, ainsi qu’à Genève,

que les nuitées hôtelières ont enregistré les fluctuations saisonnières les plus

faibles, bien que l’aspect saisonnier y soit renforcé par la variation des durées de

séjour des visiteurs. Bâle tire profit du grand nombre de salons-expositions et de

congrès organisés tout au long de l’année, alors qu’à Genève, ce sont les Organisa-

tions internationales qui assurent chaque mois une demande homogène. Dans ces

deux villes, la saisonnalité s’est fortement réduite depuis 2005. L’analyse a démon-

tré que ce phénomène s’explique principalement par une moindre saisonnalité de la

demande nationale. Aussi, on peut retenir que Genève est non seulement la ville

suisse la plus performante, mais qu’elle tire très bien son épingle du jeu sous l’angle

de la saisonnalité, facteur de compétitivité. En revanche, Bâle, pourtant privilégiée,

elle aussi, par de faibles variations saisonnières, reste largement en retrait par rap-

port à la valeur médiane de l’échantillon étudié.

En conclusion, force est de constater que, dans les 5 grandes villes suisses, la sai-

sonnalité de la demande étrangère est supérieure à celle de la demande nationale et

que les marchés lointains d’Asie et d’Amérique connaissent des fluctuations encore

plus importantes que la demande européenne (hors demande nationale et alle-

mande).

99

4e partie: LE TOURISME D'EXCURSION

Le présent rapport vise à analyser la performance économique et la compétitivité des

destinations d’excursion en Suisse et s’adresse donc davantage aux régions rurales,

non sujettes au tourisme de masse. Aussi, il cible les différents facteurs d’attractivité

qu’offrent les destinations d’excursion, et plus précisément leur répartition et leur

nombre.

La destination La Sarine, située dans l’Espace Mittelland, se positionne en tête du

classement avec un résultat de 5,2 points au «BAK TOPINDEX». Cette performance est

essentiellement due à l’excellent taux d’occupation (38%), mais l’évolution du

nombre de nuitées et les tarifs relativement élevés que cette destination a réussi à

imposer confortent cet excellent résultat. La Sarine a donc reconquis le premier rang

qu’elle avait dû céder, en 2013, à la destination Ägerital/ Sattel en Suisse centrale.

L’indicateur retraçant l’attractivité des destinations touristiques fait ressortir des

différences souvent considérables entre les destinations étudiées. La Thurgovie se

distingue par l’offre touristique la plus attrayante et la plus diversifiée. Ainsi, dans les

domaines des «Plaisir» et «Famille & Expérience», la Thurgovie s’est dotée d’une offre

particulièrement séduisante, et notamment dans le domaine gourmet / gastronomie,

cette destination l’emporte haut la main. Dans le domaine «Famille & Expérience», le

parc de loisirs Conny Land, spécialement conçu pour les familles, constitue une at-

traction très prisée.

Les études ont révélé que le nombre de destinations obtenant un total de points plus

élevé dans l’indice global diminue de façon presque continue. Dans les sous-

catégories, certaines destinations présentent des avantages naturels, par exemple

dans les domaines «Culture & Curiosités» ou «Accessibilité». Dans les registres «Sport

& Aventure» et «Plaisir», la plupart des destinations proposent uniquement des pres-

tations standards ou n’exploitent pas suffisamment le potentiel. Cela peut donc

s’avérer intéressant pour une destination de se spécialiser dans un autre domaine.

Concernant les catégories «Familie & Expérience» et «Randonnée», de nombreuses

destinations d’excursion semblent tenir à proposer une vaste palette de prestations

touristiques. Cela accroît la concurrence entre les destinations et il devient plus diffi-

cile pour une seule destination de trouver un argument clé de vente permettant de

se démarquer des autres lieux.

100

101

6 Comparaison des destinations d'excursion suisses

Le présent rapport vise à analyser la performance économique et la compétitivité des

destinations d’excursion en Suisse et s’adresse donc davantage aux régions rurales,

non sujettes au tourisme de masse. Aussi, le rapport cible prioritairement les desti-

nations de proximité qui se prêtent à des excursions d’une journée ou des séjours de

courte durée. Ces destinations d’excursion n’étant pas véritablement confrontées à

une concurrence internationale, l’échantillon ne comprend que des destinations

suisses. L’échantillon complet des destinations analysées est représenté à la figure

6-1.

Fig. 6-1 Echantillon des destinations d’excursion suisses faisant partie du péri-

mètre d’étude

29 destinations d’excursion en Suisse

Source: BAKBASEL

A part la performance économique, ce rapport analyse plus particulièrement

l’attractivité touristique. Aussi, il cible les différents facteurs d’attractivité qu’offrent

les destinations d’excursion, et plus précisément leur répartition et leur nombre.

Jusqu’à présent, la fréquence des facteurs d’attractivité n’avait pas encore été étu-

diée, alors qu’elle constitue un critère utile à une meilleure compréhension de

l’attractivité de l’offre touristique et qu’elle facilite l’analyse de la compétitivité indivi-

duelle. Par ailleurs, le profil d’une destination est nettement plus lisible, si les carac-

téristiques ne sont pas seulement comparées à la valeur médiane de l’échantillon de

benchmarking, mais encore si elles peuvent être classées par rapport à la fréquence.

6.1 Performance

Avant de traiter l’attractivité des destinations d’excursion en tant que facteur de

compétitivité, la performance de ces destinations – reflet de leur succès – sera re-

tracée moyennant le «BAK TOPINDEX». Pour établir le classement du «BAK TOPINDEX»,

Jura Bernois

Neuchâtel Montagnes

Jura

Jura Vaudois

Thal

EntlebuchSwiss Knife Valley

EinsiedelnÄgerital/Sattel

Schaffhausen

Thurgau

St.Gallen-Bodensee

St.Galler Rheintal

Appenzellerland

Baselland

Schwarzbubenland

Freiamt

Schwarzsee/SenselandEstavayer

Murtensee

Gruyère

YverdonSchwarzenburgerland

Emmental

Zürcher Oberland

Toggenburg

La Sarine

Les Paccots

Romont

102

on tiendra compte de l’évolution des nuitées au cours des 5 dernières années, du

taux d’occupation de l’hôtellerie, ainsi que de la rentabilité des destinations

d’excursion. Le taux d’occupation des lits dans l’hôtellerie reflète l’utilisation des

capacités disponibles; l’évolution des nuitées montre la performance en volume, et

les prix relatifs permettent de savoir dans quelle mesure une destination réussit à

imposer au marché des tarifs dépassant ceux des destinations concurrentes.

L’ensemble de ces paramètres est ensuite indexé et listé sous le critère de perfor-

mance «BAK TOPINDEX» (pondération: évolution des nuitées hôtelières 20%, taux

d’occupation 50%, rentabilité 30%). La valeur maximale à atteindre dans le «BAK

TOPINDEX» est de 6 points. La valeur moyenne de l’ensemble de l’échantillon dans le

«BAK TOPINDEX» et dans les indices subordonnés est de 3,5 points.

Tab. 6-1 «BAK TOPINDEX»

Indices, valeurs moyennes de l’échantillon complet des destinations d’excursion - 3,5 points chacune

Source: BAKBASEL

Le tableau 6-1 répertorie les 10 destinations d’excursion qui, selon les critères du

«BAK TOPINDEX», ont été les plus performantes en 2014 (Best Practice). La destina-

tion La Sarine, située dans l’Espace Mittelland, se positionne en tête du classement

avec un résultat de 5,2 points au «BAK TOPINDEX». Cette performance est essentiel-

lement due à l’excellent taux d’occupation (38%), mais l’évolution du nombre de nui-

tées et les tarifs relativement élevés que cette destination a réussi à imposer confor-

tent cet excellent résultat. La Sarine a donc reconquis le premier rang qu’elle avait dû

céder, en 2013, à la destination Ägerital/ Sattel en Suisse centrale.

En 2014, c’est la destination Ägerital/Sattel qui a pratiqué les prix les plus élevés de

l’échantillon et le nombre des nuitées hôtelières a affiché une évolution tout à fait

positive. Cependant, avec 3,9 points, le taux d’occupation dépasse tout juste la

moyenne de l’échantillon (3,5 points). Ce n’est donc qu’au troisième rang du «BAK

TOPINDEX» que l’on retrouve cette destination, précédée de peu par la destination

Bâle-Campagne qui, en 2014, grâce principalement à un très bon taux d’occupation,

figure parmi les grands promus de l’échantillon des destinations.

Depuis plusieurs années, BAKBASEL a fait de la performance des destinations

d’excursion un sujet d’étude ; elle est donc en mesure de retracer leur évolution sur

la période 2000 à 2014. La destination la plus performante en 2014, La Sarine,

s’est toujours placée parmi les quatre meilleures destinations. La destination

Destination RégionTOPINDEX

2014

Indice

évolut.

Indice

occup.

Indice

prix

Posit.

2013

Posit.

2005

Posit.

2000

1 La Sarine Espace Mittelland 5.2 4.4 6.0 4.3 2 1 4

2 Baselland Suisse du Nord-Ouest 4.7 4.1 5.3 4.2 6 8 8

3 Ägerital/Sattel Suisse centrale 4.7 4.8 3.9 6.0 1 6 3

4 St.Gallen-Bodensee Suisse orientale 4.7 3.4 5.2 4.5 4 3 2

5 Region Yverdon Région du Léman 4.3 3.3 4.6 4.5 7 4 11

6 Freiamt Suisse du Nord-Ouest 4.2 5.3 4.4 3.1 5 21 9

7 Swiss Knife Valley Suisse centrale 4.2 3.1 5.3 3.0 9 9 7

8 Zürcher Oberland Zürich 4.1 3.9 4.2 4.2 3 11 5

9 Schaffhausen Suisse orientale 4.1 4.0 3.9 4.5 8 7 6

10 Thurgau Suisse orientale 4.0 3.8 4.3 3.8 14 10 12

103

d’excursion Saint-Gall/ Lac de Constance a connu une évolution comparable,

puisque, depuis le point de départ de cette analyse, elle s’est régulièrement retrou-

vée parmi les quatre premières. La destination d’excursion Freiamt dans le canton

d’Argovie (ou se trouvent Bremgarten et le cloitre de Muri) a connu une évolution

particulière, puisque, du 21e rang en 2005, elle est passée au 6e rang en 2014.

Cette progression s’explique essentiellement par une très nette augmentation du

nombre de nuitées, ce qui lui a permis de gagner des parts de marché.

6.2 Compétitivité

L’offre en hébergement et la demande pour cet hébergement ne sont pas les seuls

facteurs susceptibles de déterminer la compétitivité d’une destination touristique;

d’autres offres touristiques, ainsi que les biens de consommation et les prestations à

la disposition des touristes entrent également en ligne de compte. Aussi, l’attractivité

touristique de l’offre hors hébergement sera prise en considération comme facteur

de concurrence15 dans la suite de l’étude. La figure 6-2 répertorie les 10 destinations

d’excursion disposant de l’offre touristique la plus attractive, et indique la valeur mé-

diane de l’échantillon.

L’indicateur retraçant l’attractivité des destinations touristiques fait ressortir des

différences souvent considérables entre les destinations étudiées. D’une part, on

observe des différences au niveau de l’attractivité globale; d’autre part, il existe des

différences dans la composition de l’offre. La Thurgovie se distingue par l’offre touris-

tique la plus attrayante et la plus diversifiée. Ainsi, dans les domaines des «Plaisir» et

«Famille & Expérience», la Thurgovie s’est dotée d’une offre particulièrement sédui-

sante, et notamment dans le domaine gourmet / gastronomie, cette destination

l’emporte haut la main. Dans le domaine «Famille & Expérience», le parc de loisirs

Conny Land thurgovien, spécialement conçu pour les familles, constitue une attrac-

tion très prisée.

Le deuxième rang revient au Swiss Knife Valley (situé dans le Canton de Schwyz), en

raison de ses offres particulièrement intéressantes dans les domaines « Randonnée

», «Sport & Aventure», ainsi que «Famille & Expérience», domaines dans lesquels cette

destination propose une large palette d’attractions touristiques et s’attribue le plus

haut nombre de points de l’échantillon. De manière générale, le Swiss Knife Valley

profite aussi de la proximité du lac des Quatre-Cantons ainsi que du lac de Zoug.

Toutefois, le résultat exceptionnel dans les domaines précités ne compensera pas

les déficits constatés au niveau de la « Culture & Curiosités », ainsi qu’en termes d’ «

Accessibilité ».

L’Oberland zurichois a réussi à se placer au troisième rang du palmarès de

l’attractivité grâce à sa proximité avec la conglomération Zurich, ce qui lui confère

une excellente accessibilité. De surcroît, l’Oberland zurichois peut pavoiser avec ses

offres en matière de «Culture & Curiosités», ainsi que de «Famille & Expérience».

15 L’indicateur présenté en figure 6-2 «BAK attractivité des excursions» mesure l’attractivité et la diversité de l’offre

touristique d’une destination d’excursion. L’indicateur se fonde sur une centaine d’indicateurs individuels relatifs à

l’offre touristique dans les destinations rurales. Il est subdivisé en différents domaines: «sport & aventure», «ran-

donnée», «famille & expérience», «culture & curiosités», «plaisir» et «accessibilité». Ces six domaines de l’indicateur

«BAK attractivité des excursions» seront pondérés pour évaluer l’attractivité. Un total de 100 points peut être at-

teint, mais un maximum de 18 points peut être attribué à chaque profil, à l’exception de l’«accessibilité» qui ne peut

dépasser les 10 points.

104

Fig. 6-2 BAK-Attractivité des destinations d’excursion

Indice permettant d’évaluer l’offre touristique 2014, nombre de points maximal = 100

Source: BAKBASEL

Comme indiqué, il existe une divergence considérable entre les différentes destina-

tions quant à l’acuité des critères déterminant leur attractivité touristique respective.

D’où l’intérêt d’un examen approfondi des différents domaines, approche réalisée ci-

dessous à l’aide des tableaux retraçant la fréquence.

Guide de lecture pour les graphiques

Le premier graphique de chaque analyse montre, pour chaque destination, sous

forme de cercles bleus, le nombre de points atteints. Le médian (losange rouge)

se situe exactement dans le milieu de l’échantillon, une moitié des destinations se

situant au-dessus du médian, l’autre moitié en dessous. Contrairement à la valeur

moyenne (non inscrite), la valeur médiane se situe toujours au milieu du groupe

de référence, alors que la valeur moyenne correspond à la moyenne arithmétique

de l’échantillon. Des valeurs très élevées ou très basses implique une «distorsion»

de la moyenne, de sorte qu’elle s’éloigne du centre de l’échantillon. Les 20% de

destinations les plus performantes, respectivement les moins performantes

(20,7% précisément) sont indiqués sous forme d’accolades qui correspondent à 6

destinations chacune.

Le deuxième graphique de chaque analyse retrace la fréquence sous forme

d’histogramme. Il permet de saisir le nombre des destinations ayant réussi à at-

teindre un certain nombre de points au cours d’un laps de temps déterminé.

0

5

10

15

20

25

30

35

40

45

50

55accessibilité famille & expérience

culture & curiosités plaisir

randonée sport & aventure

105

Fig. 6-3 Attractivité des destinations dans le domaine « Sport & Aventure »

Points atteints dans le domaine Sport & Aventure en 2014, nombre maximal de points = 18

Source: BAKBASEL

Distribution des fréquences du nombre de points atteints dans le domaine « Sport & Aventure » en 2014

Source: BAKBASEL

Dans le domaine «Sport & Aventure», la majorité des destinations atteint entre 2 et 8

points. A l’intérieur de cette tranche, on constate une accumulation autour des 3 et

des 7 points. La moyenne et la valeur médiane se situent dans une fourchette très

étroite, à 4,7 points, ce qui prouve que les destinations ont un positionnement très

similaire et se regroupent dans un segment peu large. Par conséquent, une petite

amélioration au niveau de l’indice suffit pour qu’une destination progresse de ma-

nière significative dans le classement. Ce constat vaut pour la plupart des destina-

tions, mais des exceptions existent. En termes de points, le Swiss Knife Valley sur-

classe très largement la destination Appenzellerland, classée deuxième. Il est donc

parfaitement possible qu’une destination d’excursion se différencie de ses concur-

rentes dans le domaine «Sport & Aventure». Cependant, pour vraiment se détacher

du peloton et se classer en haut du palmarès, il faut qu’une destination fournisse des

efforts plus importants.

0 9 18

Les 20% supérieursLes 20% inférieursmédian

0

1

2

3

4

5

6

7

8

9

10

0-1 1.1-2 2.1-4 4.1-6 6.1-8 8.1-10 10.1-12 12.1-14 14.1-16 16.1-18

no

mb

re d

es d

esti

na

tio

ns

points atteints

106

Fig. 6-4 Attractivité dans le domaine « Randonnée »

Points atteints dans le domaine « Randonnée » en 2014, nombre maximal de points = 18

Source: BAKBASEL

Distribution des fréquences du nombre de points atteints dans le domaine «Randonnée » en 2014

Source: BAKBASEL

Quant à leur attractivité pour les amateurs de «Randonnée», les destinations affi-

chent une répartition presque normale, c’est-à-dire que la plupart des destinations

atteint un nombre de points équivalent au centre de l’échantillon, autour de la valeur

médiane (6,5 points). Plus on s’éloigne du centre de l’échantillon, plus le nombre de

destinations atteignant un nombre de points qui lui correspond diminue de manière

régulière ; aux extrémités, la queue de distribution est donc nettement plus longue.

Entre la destination ayant atteint le nombre maximal de points (Swiss Knife Valley) et

celle en ayant comptabilisé le moins (Romont La Glâne), on relève un écart de 10

points pour le paramètre d’attractivité «Randonnée».

Par rapport au domaine «Sport & Aventure» précédemment analysé, le groupe des

destinations se situant au centre du graphique se révèle moins dense quant à l’offre

dans le domaine «Randonnée». Généralement, les écarts entre les destinations sont

plus notables. Il faut donc qu’elles fournissent un effort majeur si elles veulent gravir

les échelons du ranking et surclasser les concurrentes.

0 9 18

Les 20% supérieursLes 20% inférieurs médian

0

2

4

6

8

10

12

0-1 1.1-2 2.1-4 4.1-6 6.1-8 8.1-10 10.1-12 12.1-14 14.1-16 16.1-18

no

mb

re d

es d

esti

na

tio

ns

points atteints

107

Fig. 6-5 Attractivité dans le domaine « Plaisir »

Points atteints dans le domaine « Plaisir » en 2014, nombre maximal de points = 18

Source: BAKBASEL

Distribution des fréquences du nombre de points atteints dans le domaine « Plaisir » en 2014

Source: BAKBASEL

En ce qui concerne l’attractivité de l’offre « Plaisir », on constate un étalement relati-

vement large des destinations. La majorité d’entre elles (15) se situe dans une four-

chette allant de 4 à 8 points. Toutefois, on relève un deuxième cumul en bas de

l’échelle, puisque 8 des 29 destinations (soit à peine 28%) ne comptabilisent que 0 à

2 points. A l’autre bout du classement, 2 destinations (Saint-Gall/ lac de Constance

et la Thurgovie) se livrent à un coude-à-coude avec plus de 10 points. Il s’avère que

l’écart est important entre ces différents groupes. En effet, peu de destinations réus-

sissent à se positionner dans cette dimension (certaines ne cherchent même pas à le

faire) ; la grande majorité propose une offre standard. Seules quelques-unes se ser-

vent de cette thématique « Plaisir » pour en faire une marque de fabrique soulignant

leur particularité.

0 9 18

Les 20% supérieursLes 20% inférieurs médian

0

1

2

3

4

5

6

7

8

9

0-1 1.1-2 2.1-4 4.1-6 6.1-8 8.1-10 10.1-12 12.1-14 14.1-16 16.1-18

no

mb

re d

es d

esti

na

tio

ns

points atteints

108

Fig. 6-6 Attractivité dans le domaine « Culture & Curiosités »

Points atteints dans le domaine « Culture & Curiosités » en 2014, nombre maximal de points = 18

Source: BAKBASEL

Distribution des fréquences du nombre de points atteints dans le domaine « Culture & Curiosités » en 2014

Source: BAKBASEL

La répartition de l’attractivité de l’offre dans le domaine « Culture & Curiosités » avère

une certaine asymétrie de distribution positive, puisqu’une proportion importante des

destinations se retrouve dans la partie gauche du graphique, en bout du graphique.

12 des 29 destinations de l’échantillon de référence affichent entre 2 et 4 points,

soit un total proche de la valeur médiane de 3,8 points. La valeur moyenne – c’est-à-

dire le nombre moyen de points de l’échantillon – est tirée vers la droite ou vers le

haut par les 20% des destinations les plus performantes et atteint 4,5 points. Alors

que la majorité de l’échantillon se situe en bas de l’échelle, 5 destinations se démar-

quent en affichant entre 8 et 10 points. Ainsi, il y a 8,8 points de différence entre la

destination ayant atteint le plus haut nombre de points (Saint-Gall/ lac de Constance)

et celle ayant le moins de points (Schwarzbubenland). Dans l’ensemble, le clivage

entre les destinations est donc moins flagrant que pour les autres facteurs

d’attractivité. Le fait que, pour la majorité des destinations, les écarts soient si peu

importants, signifie qu’une amélioration de l’offre dans le domaine « Culture & Curio-

sités », aussi minime soit-elle, peut apporter une nette promotion au niveau du clas-

sement. Cependant, on ne peut exclure que cette répartition asymétrique, avec un

nombre important de destinations dans la partie inférieure traduise la difficulté des

destinations disposant de peu d’atouts en termes de « Culture & Curiosités », de per-

fectionner leur offre.

0 9 18

Les 20% supérieursLes 20% inférieursmédian

0

2

4

6

8

10

12

14

0-1 1.1-2 2.1-4 4.1-6 6.1-8 8.1-10 10.1-12 12.1-14 14.1-16 16.1-18

no

mb

re d

es d

esti

na

tio

ns

points atteints

109

Fig. 6-7 Attractivité dans le domaine « Famille & Expérience »

Points atteints dans le domaine Famille & Expérience en 2014, nombre maximal de points = 18

Source: BAKBASEL

Distribution des fréquences du nombre de points atteints dans le domaine « Famille & Expérience » en 2014

Source: BAKBASEL

C’est dans le domaine « Famille & Expérience » que l’attractivité de l’offre touristique

connaît l’étalement des indicateurs le plus significatif. La destination la plus perfor-

mante (La Thurgovie) réalise presque 12 points de plus que Romont La Glâne, lan-

terne rouge de l’échantillon. La distribution des destinations quant à leur offre dans

le domaine « Famille & Expérience » correspond plus ou moins à la normale – une

multitude au milieu et une queue de distribution étalée et relativement longue en

bout de graphique. La moyenne et la valeur médiane sont proches l’une de l’autre et

se situent juste en dessous des 6 points. La grande majorité, soit 18 des 29 destina-

tions, réalise de 4 à 10 points. 9 destinations dépassent les 8 points, résultat supé-

rieur aux résultats observés pour les autres indicateurs d’attractivité. Cela signifie

que de nombreuses destinations d’excursion misent tout particulièrement sur un

grand éventail d’offres touristiques dans le domaine « Famille & Expérience ». Cepen-

dant, ce phénomène renforce aussi la concurrence entre les destinations pour les-

quelles il sera donc de plus en plus difficile de dénicher l’atout permettant de se dé-

marquer des autres.

0 9 18

Les 20% supérieursLes 20% inférieurs médian

0

1

2

3

4

5

6

7

8

0-1 1.1-2 2.1-4 4.1-6 6.1-8 8.1-10 10.1-12 12.1-14 14.1-16 16.1-18

no

mb

re d

es d

esti

na

tio

ns

points atteints

110

Fig. 6-8 Attractivité dans le domaine de l’ « Accessibilité »

Points atteints dans le domaine de l’accessibilité en 2014, nombre maximal de points = 10

Source: BAKBASEL

Distribution des fréquences du nombre de points atteints dans le domaine de l’ « Accessibilité » en 2014

Source: BAKBASEL

26 des 29 destinations se situent entre 2 et 7 points pour le critère «Accessibilité»,

étant précisé que leur répartition à l’intérieur de cette fourchette est relativement

équilibrée. Seules 3 destinations (l’Oberland zurichois, Bâle-Campagne et Freiamt)

réussissent à se détacher du lot et à prendre les premières places du classement,

l’Oberland zurichois l’emportant haut-la-main avec le maximum de points possible.

Les destinations se situant dans le milieu du classement pourraient (du point de vue

statistique) facilement gravir quelques échelons en réalisant quelques points de plus.

Cependant, elles seront toujours loin derrière les meilleures, et ce retard est difficile

à rattraper. Les trois régions gagnantes sont fortement favorisées par leur proximité

et l’excellent raccordement avec la conglomération de Zurich, respectivement de

Bâle.

La distribution des points dans l’indice global relatif à l’attractivité touristique met en

exergue une nette asymétrie positive avec une queue de distribution vers la droite.

Cela signifie que l’essentiel des destinations se situe dans la partie gauche du gra-

phique, avec peu de points, alors que le nombre de destinations réalisant plus de

points diminue de manière continue.

L’analyse des différents indicateurs a bien démontré la raison de cette distribution

asymétrique. Certaines destinations profitent de leurs atouts naturels, notamment

dans le domaine «Culture & Curiosités» ou encore de l’«Accessibilité». Les destina-

tions dépourvues d’atouts naturels peinent à améliorer leur attractivité et, tendan-

ciellement, elles se voient reléguées au bout du classement. En revanche, dans le

0 5 10

Les 20% supérieursLes 20% inférieurs médian

0

1

2

3

4

5

6

7

8

0-1 1.1-2 2.1-3 3.1-4 4.1-5 5.1-6 6.1-7 7.1-8 8.1-9 9.1-10

no

mb

re d

es d

esti

na

tio

ns

points atteints

111

domaine «Randonnée», ces atouts naturels ne semblent pas déterminants, à moins

qu’ils ne soient répartis de manière normale à travers l’ensemble de l’échantillon.

Les déficits constatés dans les domaines «Sport & Aventure» et «Plaisir» pourraient

bien constituer une autre raison de la distribution déséquilibrée. En effet, pour ces

deux paramètres, un grand nombre de destinations se retrouvent en fin du classe-

ment; il y a, certes, un nombre considérable de destinations au milieu, mais très peu

d’entre elles atteignent le maximum de points. On peut en conclure que, pour ce qui

est de «Sport & Aventure» et des «Plaisir», les destinations d’excursion se cantonnent

à une offre standard et moyenne, sans vraiment chercher à exploiter le potentiel que

recèlent ces deux thématiques, alors qu’une focalisation pertinente pourrait s’avérer

fructueuse.

La fréquence en termes de distribution des points dans les domaines «Famille & Ex-

périence» et «Randonnée» affiche la plus forte divergence par rapport à celle de

l’indice global. Dans ces deux domaines, la distribution est quasi normale avec un

très large étalement, ce qui permet de supposer que nombreuses sont les destina-

tions d’excursion qui, pour ces deux thématiques, veillent à proposer une large pa-

noplie d’offres touristiques. Bien évidemment, cela attise la compétition entre les

destinations qui, par ricochet, auront davantage de difficultés à trouver un créneau

leur permettant de se distinguer de leurs concurrentes.

Fig. 6-9 Etalement de l’indicateur global BAK-Attractivité des destinations

d’excursion

Points atteints dans l’indice global 2014, nombre maximal de points = 100

Source : BAKBASEL

Distribution des fréquences du nombre de points atteints dans l’indice global 2014

Source: BAKBASEL

0 10 20 30 40 50 60

Les 20% supérieursLes 20% inférieursmédian

0

2

4

6

8

10

12

14

1-10 11-20 21-30 31-40 41-50 51-60 61-70 71-80 81-90 91-100

no

mb

re d

es d

esti

na

tio

ns

points atteints

112

113

114

Vème Partie: Destinations touristiques : entre attractivi-

té et efficience

Pour la première fois, et en coopération avec Polynomics, BAKBASEL a réalisé des

évaluations innovantes concernant la compétitivité de destinations touristiques. Ain-

si, sur la base de méthodes de benchmarking économétriques et multidimension-

nelles, nous avons étudié non seulement le potentiel de rendement d’une destina-

tion touristique, mais encore, comment ce rendement est exploité dans la comparai-

son transversale internationale. L’examen a également porté sur les indicateurs

d’attractivité susceptibles d’influer sur ce potentiel de rendement et s’est attelé à

vérifier la portée de cette influence. Ces analyses relatives aux destinations touris-

tiques suisses permettent d’établir une première série de conclusions, énumérées ci-

dessous:

En ce qui concerne l’influence des indicateurs d’attractivité sur le potentiel

de rendement pendant la saison d’hiver, l’analyse pour les seules destina-

tions touristiques suisses ne diffère pas de manière significative de celle

comprenant l’Autriche, l’Allemagne, la France et l’Italie.

La taille des établissements hôteliers joue un rôle largement plus décisif. Ce-

la signifie que, pendant la saison d’hiver, les économies d’échelle réalisables

au niveau de l’hôtellerie trois étoiles sont moins bien mises en œuvre en

Suisse que dans les stations de ski comparables situées dans les autres pays

de l’Espace alpin.

Pour les destinations touristiques fréquentées tout au long de l’année, les ré-

sultats pour la Suisse divergent davantage des résultats comprenant les

autres pays de l’Espace alpin.

Il s’avère que, outre la taille moyenne des hôtels qui, depuis peu, dans les

destinations suisses, se répercute de façon positive sur le rendement, des

différences significatives, notamment quant à l’influence de l’intensité du

tourisme, des remontées mécaniques, des randonnées, du paysage, du bien-

être et des plaisirs gourmands peuvent également être observées.

L’intensité du tourisme, le bien-être et les plaisirs gourmands constituent des

critères qui, au niveau international, exercent une influence très positive sur

les rendements, tandis qu’ils sont sans pertinence statistique au niveau de la

Suisse. En revanche, les indicateurs «randonnées» et «plaisirs gourmands»

sont très déterminants, indicateurs qui, dans la comparaison internationale,

ne permettaient pas – ou très peu - de relever un rapport significatif. Globa-

lement, on peut retenir que les clients des destinations touristiques suisses

accordent davantage d’importance à un paysage intact et à la randonnée ;

par rapport aux pays voisins, le bien-être et les plaisirs gourmands ne jouent

qu’un rôle secondaire.

A l’inverse, l’analyse porte à croire que les destinations à l’étranger, plus que

les suisses, ont ciblé davantage le bien-être et les plaisirs gourmands, et

pourraient bien attirer la clientèle suisse. Néanmoins, pour les séjours orien-

115

tés vers la randonnée, le paysage et la nature, la clientèle continue tendan-

ciellement à privilégier les destinations suisses.

116

7 Les destinations touristiques entre attractivité et effi-

cience

Le présent chapitre correspond au rapport «Les destinations touristiques : entre at-

tractivité et efficience» de la Polynomics AG (2015), établi en coopération avec BAK-

BASEL dans le cadre du «Programme international de benchmarking pour le tourisme

suisse : phase de projet 2014-2015».

7.1 L'essentiel en bref

Conjointement avec Polynomics, BAKBASEL a procédé, pour la première fois, à des

évaluations innovantes concernant la compétitivité de destinations touristiques. Ain-

si, en appliquant des méthodes de benchmarking pluridimensionnelles et économé-

triques, seront examinées les trois étapes suivantes : (1) Quel est le potentiel de ren-

dement d’une destination touristique ? (2) Comment ce potentiel est-il exploité dans

la comparaison transversale internationale ? (3) Quels sont les indicateurs

d’attractivité susceptibles d’influencer ce potentiel de rendement et en quelle propor-

tion ?

Les réponses à ces interrogations seront formulées à l’aide de la banque de données

du BAK DESTINATIONSMONITOR®, qui contient, entre autres, des données pour 173

destinations alpines en Suisse, Autriche, Allemagne, France et Italie, et qui pourront

être évaluées séparément pour la saison d’été et la saison d’hiver des années 2007

à 2012. Toutefois, les données pour les destinations internationales étant limitées,

seule la compétitivité des hôtels 3 étoiles pourra être prise en compte. Ainsi, en pre-

nant l’hôtellerie 3 étoiles d’une destination comme exemple, on pourra illustrer la

compétitivité de cette destination en été et en hiver, de même que l’on pourra définir

les indicateurs d’attractivité déterminants pour la compétitivité. Par ailleurs, chaque

destination sera classée, soit parmi les destinations ouvertes toute l’année, soit

parmi les destinations purement d’hiver, afin de saisir d’éventuelles hétérogénéités.

Une saisonnalité mettant l’accent principal sur les offres hivernales constitue l’un

des critères primordiaux. Un élargissement des analyses vers l’ensemble de

l’hôtellerie, la parahôtellerie et les résidences secondaires pourrait être envisagé

dans le cadre d’un enrichissement de la banque de données et, ainsi, la rendre plus

probante.

L’analyse empirique permettra de déterminer la compétitivité à l’aide de l’efficience

du rendement. Pour ce faire, il convient d’estimer, dans une première phase et à

l’aide de la Stochastic Frontier Methode, une fonction de recettes efficientes. La

droite estimative renseigne sur les recettes maximales, susceptibles d’être obte-

nues, en principe, en investissant, d’une part, un capital déterminé (approximé sur la

base du nombre de lits dans l’hôtellerie 3 étoiles) et, d’autre part, du travail (ap-

proximé à l’aide du nombre de salariés dans l’hôtellerie/restauration). Dans une

deuxième étape, nous calculerons pour chaque destination touristique la déviation

entre le rendement qui pourrait être atteint de manière efficiente et le rendement

effectivement réalisé. L’inverse d’une déviation peut être désignée comme le rende-

ment efficient. Ce paramètre indique pour chaque destination touristique quelle est

117

la marge de manœuvre des hôtels, au vu des indicateurs d’attractivité constatés,

pour optimiser leur taux d’occupation et leurs prix. Ensuite, une troisième étape nous

amènera à identifier les possibilités d’augmenter les recettes en utilisant le levier des

indicateurs d’attractivité. Cette analyse sera toujours réalisée séparément pour la

saison d’été et la saison d’hiver. Par ailleurs, une évaluation séparée ne comprenant

que les destinations suisses sera également effectuée.

Eu égard aux données disponibles, nous avons été obligés d’apporter certaines res-

trictions à la mise en œuvre du concept. La principale restriction consiste à ne cibler

que l’hôtellerie 3 étoiles. Par ailleurs, nous devions par moment avoir recours à des

estimations pour établir les prix des hôtels et, ne disposant pas d’informations rela-

tives à la basse saison, nous baser sur un prix constant pour les deux saisons. De

même, nous devions estimer, partiellement, le nombre de nuitées dans les destina-

tions internationales, et approximer le nombre de salariés avec le nombre de collabo-

rateurs dans l’hôtellerie/restauration. Par conséquent, les analyses ne permettent

qu’une évaluation de la haute saison concernée, sans tenir compte de la durée effec-

tive de la saison d’été, respectivement d’hiver dans chaque destination. Malgré ces

restrictions, il nous a été possible d’estimer une fonction de rendement pour

l’ensemble des destinations touristiques. Toutefois, si, à l’avenir, on élargissait

l’ensemble des données, la qualité des analyses s’en trouverait améliorée.

Si on observe l’efficience du rendement dans les différentes destinations touris-

tiques, il s’avère que, dans la moyenne de toutes les destinations, les recettes maxi-

males possibles pendant la saison d’hiver sont atteintes à 84%. En revanche, en été,

le rendement obtenu dans la moyenne de toutes les destinations reste environ 23%

en-dessous du rendement potentiellement possible selon notre analyse (efficience

moyenne 77%). Mais ces valeurs moyennes très élevées sont trompeuses: en effet,

l’efficience du rendement varie énormément entre les différentes destinations touris-

tiques, étant précisé que les différences sont moins flagrantes en hiver qu’en été.

Les différences, parfois énormes en été, s’expliquent par le fait que certaines desti-

nations touristiques ciblent davantage le tourisme d’hiver et que d’autres se définis-

sent comme destinations ouvertes toute l’année. Si l’on répartit les destinations soit

dans la catégorie «toute l’année», soit «hiver», l’efficience moyenne du rendement des

destinations fonctionnant toute l’année passe à plus de 81% pour la saison d’été,

alors que celle des destinations d’hiver se réduit à 74% en été. De manière générale,

il est possible de démontrer pour les deux saisons que l’efficience du rendement des

destinations d’hiver est supérieure en hiver, contrairement aux destinations exploi-

tées tout au long de l’année, qui s’avèrent plus rentables en été. Un petit nombre de

destinations seulement sont en mesure d’atteindre une haute efficience du rende-

ment, tant en été qu’en hiver.

Les divergences constatées au sein des différentes catégories de destinations peu-

vent s’expliquer par le fait qu’elles ne disposent pas toutes des mêmes indicateurs

d’attractivité. C’est pour cette raison que, dans une troisième étape, nous avons es-

sayé de savoir quels sont les indicateurs d’attractivité qui permettent de doper

l’efficience du rendement.

Les résultats obtenus pour la saison d’hiver démontrent, entre autres, que notam-

ment la taille des hôtels se répercute favorablement sur les recettes potentielles, car

elle permet de réaliser des économies d’échelle. Par ailleurs, la clientèle apprécie le

nombre de kilomètres de pistes, la garantie d’enneigement et la capacité des télé-

118

sièges, tandis que le nombre des canons à neige n’influe que très peu sur

l’attractivité, étant précisé que ce critère est compris dans le facteur «garantie

d’enneigement».

Pour la saison d’été, la définition des indicateurs d’attractivité est beaucoup moins

évidente, ce qui tient certainement au fait que les destinations proposent des orien-

tations plus variées (bien-être, randonnée, golf, etc.). En été, la taille des hôtels ne

joue qu’un rôle secondaire dans l’optimisation du rendement, ce qui pourrait être un

indice de la présence de surcapacités. En revanche, l’équipement d’une destination

en remontées mécaniques et offres de bien-être est important. Ce qui surprend, c’est

que le potentiel de rendement baisse, du moment qu’une destination propose la

pratique du mountainbike ; éventuellement, cela tient au fait que les vététistes cons-

tituent une clientèle peu dépensière.

Si on réalise cette analyse pour les seules destinations touristiques suisses, on arrive

aux conclusions suivantes:

En principe, pour la saison d’hiver, l’analyse des seules destinations touris-

tiques suisses ne révèle pas de différences majeures par rapport à l’analyse

comprenant l’Autriche, l’Allemagne, la France et l’Italie quant à l’influence

des indicateurs d’attractivité sur le potentiel de rendement.

En revanche, la taille des hôtels s’avère autrement plus déterminante. Cela

signifie qu’en Suisse, dans l’hôtellerie 3 étoiles des destinations d’hiver, les

effets d’échelle sont moins bien exploités que dans les destinations d’hiver

comparables dans les autres pays alpins.

Dans le cas des destinations ouvertes tout au long de l’année, les résultats

pour la Suisse diffèrent davantage des résultats d’analyse comprenant éga-

lement les autres pays alpins.

Au-delà de la taille moyenne des hôtels qui se répercute à nouveau favora-

blement sur le rendement dans les destinations suisses, il est également re-

levé que l’intensité du tourisme, les remontées mécaniques, la randonnée, le

paysage, le bien-être et les plaisirs gourmands n’ont pas la même importance

dans les différents pays étudiés.

Au niveau international, l’intensité du tourisme, le bien-être et les plaisirs

gourmands constituent des critères qui exercent une influence très positive

sur le rendement, alors que pour la Suisse, ils n’ont pas de pertinence statis-

tique. En revanche, les indicateurs «randonnées» et «plaisirs gourmands»

s’avèrent très déterminants, indicateurs qui, dans la comparaison internatio-

nale, ne permettaient pas – ou presque pas - de désigner un rapport signifi-

catif. Globalement, on peut retenir que les clients des destinations touris-

tiques suisses accordent davantage d’importance à un paysage intact et à la

randonnée ; le bien-être et les plaisirs gourmands semblent plutôt acces-

soires, si on les compare avec les pays voisins.

A l’inverse, l’analyse engage à croire que les destinations à l’étranger, plus

que les suisses, ont ciblé davantage le bien-être et les plaisirs gourmands, ce

qui pourrait bien attirer la clientèle suisse. En revanche, pour les séjours

119

orientés vers la randonnée, le paysage et la nature, la Suisse reste tendan-

ciellement la destination privilégiée des clients.

Les analyses n’ont pas été poursuivies pour des destinations touristiques précises.

Toutefois, la méthodologie et les données disponibles permettraient de réaliser pour

quelques destinations touristiques suisses des analyses équivalentes, relatives au

potentiel d’efficience et à l’efficience du rendement, de même que d’établir une

comparaison avec des destinations touristiques de structure similaire. Il serait éga-

lement envisageable d’étudier, pour quelques destinations, le potentiel de rende-

ment pouvant être obtenu en aménageant concrètement différents indicateurs

d’attractivité et de déceler d’éventuels déficits par rapport aux destinations concur-

rentes.

7.2 Introduction

7.2.1 Etat des lieux et problématique

Dans de nombreuses régions suisses, le tourisme constitue une composante écono-

mique importante. Les touristes consomment principalement des prestations rele-

vant de l’hôtellerie/restauration, branche qui se compose, d’une part, des établisse-

ments d’hébergement et, d’autre part, de la gastronomie. Cependant, l’économie du

tourisme ne comprend pas uniquement l’hôtellerie/restauration, mais encore

d’autres prestations périphériques du tourisme, comme les transports, le commerce

de détail et la culture. Ces activités économiques créent des emplois dans les desti-

nations touristiques et permettent d’investir dans l’infrastructure, deux facteurs es-

sentiels à la prospérité d’une région. Afin d’être en mesure de fournir leurs presta-

tions de service, les entreprises touristiques ont aussi besoin de marchandises et de

prestations fournies par d’autres branches, à l’image des denrées alimentaires dont

la restauration a besoin. Ces effets indirects, induits par les produits et prestations

intermédiaires fournis à ce secteur d’activité, ont des retombées pour la Suisse toute

entière. Le segment hôtellerie/restauration représente à lui seul 2,7% de la perfor-

mance économique du pays et fournit donc, à côté des poids lourds que sont le sec-

teur financier et la branche pharmaceutique, une véritable contribution à la diversifi-

cation du paysage économique (HotellerieSuisse, 2014).

Malgré leur situation privilégiée au cœur des Alpes, les régions suisses ne sont pas

épargnées par la concurrence internationale, de plus en plus âpre. De nombreuses

destinations touristiques tentent de séduire les touristes qui, ensuite, vont jeter leur

dévolu sur la destination qui satisfait au mieux leurs besoins et ce au moindre coût.

Cela signifie que les touristes se rendront dans les régions les plus compétitives et

délaisseront les moins attractives. Une région qui veut s’imposer durablement sur le

marché sera donc obligée de mettre ses offres en adéquation avec les exigences des

touristes, de les actualiser constamment, tout en optimisant ses coûts, tâche rendue

difficile par l’actuel taux élevé du franc suisse.

Le «Programme international de benchmarking pour le tourisme suisse» offre la pos-

sibilité de saisir et d’analyser de manière systématique la compétitivité, travail de

plus en plus indispensable si l’on veut détecter les forces et les faiblesses dans une

perspective d’investissements ciblés. Il est donc d’une importance majeure, non seu-

120

lement pour la destination touristique concernée, mais pour la Suisse toute entière,

de connaître les facteurs favorisant le tourisme. Quels sont les indicateurs

d’attractivité susceptibles de booster la compétitivité d’une région et lesquels sont

négligeables ? A l’avenir, les résultats obtenus seront en mesure de contribuer au

déploiement des stratégies plus adaptées dans les destinations touristiques.

Dans le cadre de la présente analyse, et dans le but de déterminer les principaux

indicateurs d’attractivité d’une destination touristique, nous avons examiné les indi-

cateurs d’attractivité que peuvent actuellement proposer les destinations touris-

tiques alpines en Suisse, pour les comparer avec ceux existant en Allemagne, Au-

triche, France et Italie. L’analyse se focalise sur deux questions:

1. Quelle est l’efficience des destinations touristiques suisses par rapport à la

concurrence internationale?

2. Quels sont les indicateurs d’attractivité susceptibles d’influencer la compétiti-

vité des destinations touristiques?

Afin de répondre à ces deux questions, nous réalisons une analyse empirique com-

prenant des procédés pluridimensionnels économétriques. Ainsi, seront analysées

pour 173 destinations alpines des données répertoriées dans la volumineuse

banque de données touristiques du BAK DESTINATIONSMONITOR®. La période

d’observation porte sur les années 2007 à 2012 et fera la distinction entre saison

d’été et saison d’hiver.

7.2.2 Délimitation du périmètre d’analyse

Pour cette analyse, nous prenons en compte exclusivement les informations conte-

nues dans la banque de données du BAK DESTINATIONSMONITOR®. Dans la mesure

où il s’agit essentiellement d’indications concernant les hôtels 3 étoiles et les diffé-

rentes attractions d’été et d’hiver, l’analyse empirique n’évaluera que la compétitivité

de cette catégorie d’hôtels. Nous approximons, dans un sens plus étroit, la compéti-

tivité à l’aide de la valeur ajoutée brute générée dans l’hôtellerie 3 étoiles par res-

source investie, ce qui revient à se poser la question de savoir, comment on peut,

avec les capacités d’hébergement disponibles (lits d’hôtels) et le personnel qualifié

(salariés), optimiser les recettes (voir aussi chapitre 7.4.1). Pour simplifier : nous

déterminons la compétitivité à l’aide de la capacité d’optimiser le taux d’occupation

et les prix de l’offre. Dans la littérature scientifique, on appelle cette équation effi-

cience du rendement (cf. Coelli et al., 2005). Le seul volume de nuitées n’est pas un

indicateur suffisant pour la compétitivité. En effet, dans l’interprétation économique,

la prospérité d’une région n’est optimisée qu’à la condition que les rares ressources

disponibles génèrent la valeur ajoutée la plus importante possible16.

Malheureusement, au vu des données disponibles, il n’a pas été possible de tenir

compte directement de l’hôtellerie/restauration et des entreprises proches du tou-

risme, telles que les remontées mécaniques. De même, nous ne disposons pas de

données nous permettant d’étudier les effets indirects sur les industries en aval et

16 Dans ce contexte, nous ne soulevons pas la question de savoir si les ressources mises en œuvre

pourraient réaliser une valeur ajoutée supérieure dans d'autres branches, pas plus que la question, si

l'offre est proposée dans l'allocation optimale.

121

en amont. Toutefois, on tient compte indirectement de l’influence de ces dernières

par le biais des indicateurs d’attractivité. Il est fréquent, dans la littérature interna-

tionale, qu’on se focalise de façon quasi exclusive sur l’hôtellerie (cf. Ching-Fu, 2007;

Pestana et al., 2011; Ricardo et al., 2013), car c’est précisément l’hôtellerie qui gé-

nère la part primordiale dans la performance économique du tourisme et on dispose

des données nécessaires pour déterminer la valeur ajoutée.

Par ailleurs, nous limitons l’analyse aux destinations alpines, afin de fonder l’analyse

empirique sur un état des lieux aussi homogène que possible. Ainsi, on peut suppo-

ser que les régions urbaines ont d’autres orientations stratégiques et d’autres condi-

tions que les destinations alpines. C’est d’ailleurs pour cette même raison que la

compétitivité sera analysée séparément pour la saison d’été et la saison d’hiver. Les

autres restrictions font l’objet d’indications spécifiques dans le chapitre respectif

(voir chapitre 7.4.2).

Il convient de retenir qu’il s’agit d’une analyse purement comparative ne pouvant

aller au-delà des données disponibles et des objectifs visés. L’état des lieux et les

données disponibles conduisent à délimiter le périmètre de l’analyse comme suit:

L’échantillon ne comprend que des destinations touristiques à la montagne;

cette façon de procéder permet, d’une part, de définir clairement le cadre de

l’analyse, mais, d’autre part, elle empêche de tirer des conclusions pouvant

s’appliquer à la Suisse toute entière. La focalisation a l’avantage de ne pas

biaiser les résultats, car ils ne seront pas influencés par l’orientation distincte

des destinations urbaines et des destinations alpines et les indicateurs

d’attractivité souvent différents qui les caractérisent. Par ailleurs, pour amé-

liorer la comparabilité des résultats, seules seront retenues les destinations

se situant à au moins 600 m d’altitude.

En raison des données incomplètes et du manque d’indicateurs, on a procé-

dé à un traitement d’envergure des données et circonscrit l’analyse aux hô-

tels de la catégorie 3 étoiles.

L’analyse cible très précisément les facteurs d’influence potentiels et ne con-

tient nullement des suggestions concernant un aménagement optimal des

destinations touristiques, car, dans ce cas, le système devrait être élargi pour

englober la région dans sa totalité.

7.2.3 Structure du rapport

Le rapport est subdivisé en trois parties, détaillant la situation initiale, la méthodolo-

gie de travail, ainsi que les résultats.

Dans le chapitre 7.3 sera présentée la compétitivité des destinations touristiques et y

seront définis les exigences et critères qui déterminent et influencent la compétitivité

d’une région.

Le chapitre 7.4 détaille le concept de l’analyse. A cet effet seront décrits, d’abord la

méthodologie, puis la base de données disponible et le traitement des données, et,

enfin, le concept d’évaluation empirique.

122

Le chapitre 7.5 présentera les résultats de l’analyse empirique. Dans une première

phase, ce chapitre détaillera les degrés d’efficience pour la saison d’été et la saison

d’hiver, pour ensuite analyser les répercussions des indicateurs d’attractivité. Cette

partie de l’analyse comprend un volet spécifique à la Suisse.

7.3 La compétitivité des destinations touristiques

Dans ce chapitre seront détaillées deux exigences auxquelles est confrontée une

destination touristique qui se veut compétitive. Tout d’abord, nous présentons les

impératifs requis du point de vue des touristes. Ensuite, nous définissons les critères

auxquels l’hôtellerie d’une destination touristique compétitive devra répondre.

7.3.1 Une destination touristique compétitive offre à sa clientèle un rapport

coût/bénéfice attractif

La concurrence nationale et internationale constitue un défi croissant pour les desti-

nations alpines de la Suisse, car seule une offre attractive pour la clientèle permet de

s’imposer sur le marché très concurrencé. Par ailleurs, pour rester dans la course,

une destination touristique doit sans cesse s’adapter aux exigences des touristes. De

façon simplifiée, il convient de faire la distinction entre deux types de touristes:

1. Les touristes préoccupés principalement par les coûts sont sensibles aux prix:

quand il s’agit de choisir une destination, leur choix sera essentiellement gui-

dé par le critère prix qu’ils compareront sur les plateformes Internet ou sur

d’autres portails de comparaison. Ces touristes ne cherchent pas nécessai-

rement le rapport qualité/prix optimal, mais se contentent de l’offre de base

la moins chère possible. Ce segment de clientèle expose la destination touris-

tique à une compétition acharnée autour des prix. Afin de proposer une offre

au prix le plus avantageux possible, les régions sont obligées d’optimiser

leurs processus. Seule l’efficience permettra de se maintenir dans la course

au meilleur prix.

2. Les touristes plutôt orientés vers le bénéfice sont moins sensibles aux prix: ils

cherchent avant tout une offre complète et de haute qualité qui rend leur sé-

jour aussi agréable que possible et ils se montrent extrêmement exigeants.

Ce segment de clientèle confronte les destinations touristiques à une ambi-

tieuse compétition de qualité, les obligeant à dérouler le tapis rouge pour sa-

tisfaire cette clientèle exigeante.

123

Fig. 7-1 Composantes de la compétitivité

Cette figure présente, de façon simplifiée, deux dimensions importantes de la compétitivité d’une destination touris-

tique qui influent sur le choix des touristes pour telle ou telle destination. Les touristes choisissent, d’une part, une

région en mesure de proposer un certain bénéfice au moindre coût. D’autre part, ils se décident en faveur d’une

région qui, pour un coût donné, leur propose un bénéfice maximal. Le bénéfice reflète l’offre et sa qualité, alors que

les coûts expriment principalement les prix.

Source: Polynomics

Dans les faits, peu de touristes se rangeront clairement d’un côté ou de l’autre de

ces deux positions extrêmes, mais la plupart se définira comme plus au moins sen-

sible aux coûts ou plutôt orienté vers le bénéfice. Néanmoins, pour évaluer la compé-

titivité, il est important d’appliquer cette différenciation des deux types de clientèle,

car leurs prétentions obligent les destinations touristiques à se soumettre à une

compétition acharnée, soit en matière de prix, soit de qualité. Tout porte à penser

que les touristes décidant d’une façon rationnelle opteront pour les destinations qui

leur proposent une offre maximale (bénéfice) au moindre coût (voir présentation

schématique en figure 7-1).

Aussi, pour rester compétitive, les destinations touristiques devront répondre aux

exigences des touristes et formuler leurs offres de manière optimale en respectant

un rapport économique attractif. Elles pourront, par exemple, concevoir des offres de

nuitées adaptées aux différents types de clientèle. Aux touristes préoccupés prioritai-

rement par les prix, un segment hôtelier simple (parahôtellerie ou hôtels de catégorie

1 à 3 étoiles) peu coûteux pourrait être proposé, tandis qu’à la clientèle plus exi-

geante en matière de bénéfice, on pourrait proposer une offre hôtelière haut de

gamme ou de luxe (4 et 5 étoiles). Pour élargir le bénéfice de manière générale, la

création d’activités de loisir ou culturelles pourrait être envisagée en complément.

7.3.2 Les destinations touristiques compétitives peuvent optimiser leurs recettes

au niveau de l’hôtellerie

Les destinations touristiques n’ont aucun intérêt à trop gonfler le rapport

coût/bénéfice pour les clients. Certes, la clientèle sera ravie, mais, financièrement,

cela n’est pas nécessairement rémunérateur pour la destination. Par conséquent, si

elles veulent augmenter la valeur ajoutée de la destination, elles doivent optimiser

les recettes, tout en évoluant dans leur contexte concurrentiel respectif et avec les

ressources dont elles disposent. Dans la mesure où les coûts payés par les clients

équivalent à des recettes pour la destination touristique, deux possibilités existent:

1. Plus l’offre globale (bénéfice) est attractive pour les clients, plus les recettes

seront importantes: les destinations touristiques peuvent chercher à optimi-

compétitivité

coûts

compétition

en termes de prix

bénéfice

compétition

en terms de qualité

Destination touristique

124

ser ce bénéfice pour la clientèle en développant davantage de loisirs qui ren-

dront la destination plus attractive et les clients plus dépensiers.

2. Plus les prix demandés pour une offre donnée (bénéfice) sont élevés, plus les

recettes seront importantes: les destinations touristiques compétitives rédui-

sent le rapport coût/bénéfice des clients à un niveau optimal, de façon à ce

qu’il reste juste encore suffisamment attractif pour que le client soit disposé

à payer le prix pour le bénéfice donné.

On peut parler d’équilibre à partir du moment où une destination touristique compéti-

tive propose au client une offre qui lui permet, à elle, de maximiser ses recettes, tout

en respectant un rapport coût/bénéfice juste encore compétitif. Transposée à l’objet

à analyser, soit l’hôtellerie 3 étoiles, cette équation signifie qu’il convient de réaliser

des recettes maximales avec les capacités d’hébergement et la main-d’œuvre quali-

fiée disponibles. Pour y arriver, les hôtels devront optimiser deux composantes:

1. D’une part, ils peuvent maximiser le volume de leurs ventes: dans l’hôtellerie,

le volume de ventes maximal est atteint quand l’hôtel a atteint sa limite de

capacité, c’est-à-dire, quand les capacités d’hébergement et le personnel

qualifié dont il dispose ne lui permettent pas de vendre davantage de nui-

tées. Dans la littérature spécialisée, on parle alors d’hôtels travaillant de fa-

çon techniquement efficiente.

2. D’autre part, ils peuvent maximiser leurs prix: les hôtels ne doivent pas seu-

lement agir sur le volume des ventes, mais encore essayer d’augmenter leurs

prix, ce qui n’est pas toujours chose facile, car des prix exagérés risquent de

pénaliser le rapport coût/bénéfice des clients. Or, si ce rapport n’est plus

compétitif, le volume de la demande baissera, puisque moins de clients choi-

siront cette destination touristique.

Les recettes atteignent leur niveau maximal dès lors que les hôtels travaillent de

façon techniquement efficiente et que les prix proposés aux clients correspondent à

un rapport coût/bénéfice encore attractif. Une fois atteint ce palier, les hôtels d’une

destination touristique réalisent un rendement efficient.

La marge de manœuvre dont disposent les hôtels pour augmenter les prix dépend,

entre autres, de l’attractivité générale de la destination touristique, critère qui

échappe à la maîtrise directe des hôtels. Comme expliqué, les destinations touris-

tiques désireuses de se développer chercheront à créer une offre visant à améliorer

le bénéfice. Si cette offre est particulièrement satisfaisante, elle pourra très bien

inciter les clients à dépenser davantage pour l’hôtellerie et elle dopera les recettes

de cette dernière. Ainsi, des pistes de ski alpin ou de fond, ou encore des équipe-

ments de bien-être peuvent constituer des indicateurs d’attractivité en hiver. En été,

les terrains de golf, des pistes pour les adeptes du mountainbiking ou des chemins

de randonnées sont susceptibles de rehausser l’attractivité d’une région.

7.4 Concept d'analyse pour l'examen empirique

Nous avons expliqué dans le paragraphe précédent que les destinations touristiques

compétitives sont en mesure d’optimiser leurs recettes générées par l’hôtellerie.

125

L’analyse empirique vise à savoir si les destinations touristiques suisses y parvien-

nent et comment elles se positionnent par rapport aux destinations allemandes, au-

trichiennes, françaises et italiennes.

Dans ce chapitre, nous exposons, en premier lieu, la méthodologie, pour détailler

ensuite les données dont nous disposons, et finalement définir les modèles écono-

métriques à estimer qui seront exploités dans le chapitre suivant.

7.4.1 Méthodologie

Les questions à examiner seront traitées à l’aide d’une analyse économétrique qui

nous permet d’utiliser les données des années 2007 à 2012, issues du BAK DESTI-

NATIONSMONITOR®, pour les destinations touristiques alpines en Suisse, en Alle-

magne, en Autriche, en France et en Italie. Ce travail se fait en trois étapes:

1. Nous commençons par estimer une droite estimative pour les hôtels 3

étoiles, à l’aide de données de panel et des facteurs de production que nous

observons ; elle est établie séparément pour la saison d’hiver et la saison

d’été. Le modèle économétrique est détaillé parallèlement aux variables uti-

lisées dans le chapitre 7.4.3.

2. La droite estimative pour l’ensemble des destinations touristiques en lice

nous permet ensuite de déterminer, pour chacune d’elles, son efficience de

rendement. Pour ce faire, nous utilisons la Stochastic Frontier Methode (SFA)

qui interprète comme efficience l’écart relatif des recettes observées par rap-

port à la droite estimative.

3. Finalement, nous étudions les répercussions des divers indicateurs

d’attractivité sur les recettes des hôtels. A cette fin, la droite de rendement

sera augmentée d’indicateurs supplémentaires relatifs aux attractions d’hiver

et d’été. L’évaluation se fera à nouveau séparément pour la saison d’été et la

saison d’hiver. L’aperçu complet des indicateurs se trouve dans le chapitre

7.4.2.

Le concept de la méthodologie sera détaillé davantage ci-dessous pour les trois

étapes de travail.

1. Estimer la droite du rendement efficient

Afin d’être en mesure de déterminer, dans une deuxième phase de l’analyse empi-

rique, l’efficience des recettes de l’hôtellerie, et, dans une troisième phase de

l’analyse, l’influence des indicateurs d’attractivité, nous devons au préalable estimer

une droite de rendement. Celle-ci détermine les recettes maximales qui peuvent être

obtenues par facteur de production engagé. Pour ce faire, nous avons recours à la

Stochastic Frontier Methode (SFA) qui estimera pour chaque destination touristique,

sur la base des recettes et des ressources engagées (travail, capital) observés par

hôtel, les rendements efficients à escompter (EEff [E=recettes]),

EEff [recettes] = f(capital, travail).

126

Le capital est généralement défini par le nombre de lits par catégorie d’hôtel et le

travail au moyen des effectifs par degré de qualification. La fonction f(⋅) détermine la

relation fonctionnelle entre les ressources investies (capital, travail) et les recettes

que l’on peut en retirer. Le modèle estimé, utilisé dans l’analyse empirique sera ex-

pliqué dans le chapitre 7.4.3, conjointement avec les données utilisées.

Les prix output (dans le cas précis, les prix des chambres), qui, du point de vue théo-

rique feraient également partie de la fonction des recettes, seront exclus de

l’analyse, car, dans notre étude, les prix output ne sont pas exogènes, comme c’est le

cas dans la théorie. En effet, ils peuvent être modulés par les hôtels en fonction de

leur compétitivité. Un hôtel situé dans une région plus compétitive a plus de facilité

pour fixer ses prix; pour un même taux d’occupation, il peut donc demander un prix

supérieur. Afin de ne pas anticiper ce type d’effets, nous ne relevons pas les diffé-

rences au niveau des prix output dans la fonction recettes estimée. Nous ne relevons

que les différences de niveau de prix entre les pays. Pour cela, nous utilisons des

variables dummy, spécifiques à chacun des pays. Nous ne tenons pas non plus

compte de certains facteurs de production, secondaires pour le tourisme, comme les

matériaux utilisés ou l’énergie consommée. Il n’existe pas d’informations relatives à

ces facteurs de production. Leur influence est prise en compte par la variable pertur-

batrice de l’estimation économétrique (cf. chapitre 7.4.3).

Une présentation graphique de la droite des recettes qu’il convient d’estimer est

jointe figure 7-2 pour le facteur travail. Dans ce graphique, le facteur de production

capital reste fixe afin de mieux illustrer la méthode.

Fig. 7-2 Fonction recettes de l’hôtellerie d’une destination touristique

Ce graphique montre, sous forme schématique, la fonction estimée du rendement efficient. Plus on met en œuvre

des facteurs de production comme le travail et le capital, plus on peut augmenter les recettes. Toutefois, les recettes

n’augmentent pas dans la même proportion que les facteurs de production investis; leur progression est proportion-

nellement inférieure, ce dont nous tenons compte dans notre estimation des recettes.

Source: Polynomics

Dans la figure, l’abscisse représente l’input travail nécessaire à la production. Plus

l’hôtellerie dispose de main-d’œuvre, plus la destination touristique se décale vers la

droite de l’axe. Sur l’ordonnée sont indiquées les recettes maximales que l’hôtellerie

Facteur de production ( )

rece

tte

s (

)

Sources de

recettes

127

est en mesure de réaliser avec les facteurs de production donnés et les prix output

atteints. Comme indiqué à l’aide de cette droite, les recettes n’augmentent pas au

même rythme que les moyens de production mis en œuvre. Cette thèse réaliste

s’applique aux entreprises visant à optimiser leur bénéfice, car, idéalement, elles

évoluent dans les limites de la productivité marginale décroissante. Pour la modélisa-

tion, nous allons, sur la base des inputs de production et des rendements observés,

tenir compte de la relation fonctionnelle, conformément à la droite dessinée dans

cette figure.

La surface en dessous de la droite définit l’ensemble des sources de recettes qui

peuvent être exploitées au regard d’une technologie déterminée et des facteurs

d’implantation donnés. Pour des raisons techniques, il est exclu de prévoir une pro-

duction au-delà de la droite des recettes.

2. Déterminer l’efficience du rendement

Dès que la droite des recettes a été estimée, nous sommes en mesure de déterminer

l’efficience du rendement pour l’ensemble de l’échantillon étudié. A cet effet, il faut

d’abord déterminer, à l’aide de la droite estimative des recettes, les recettes effi-

cientes escomptées. Ensuite, les recettes potentiellement réalisables (EEff (recettes))

seront mises en rapport avec les recettes actuellement réalisées dans la région (re-

cettes). Le quotient nous indique enfin l’efficience,

Eff = recettes/(EEff (recettes) ).

Dans l’analyse empirique, on se sert de la Stochastic Frontier Analyse qui, sur la

base d’une estimation, détermine l’étalon d’efficience pour les destinations touris-

tiques. Dans notre étude, la Stochastic Frontier Methode présente l’avantage, par

rapport à d’autres méthodes comme la Data Envelopment Methode, d’interpréter

comme efficience non pas l’écart total, mais seulement l’écart par rapport à

l’efficience marginale escomptée. D’autres déviations par rapport à la fonction esti-

mative des recettes sont possibles ; elles peuvent s’expliquer par des défaillances

des données ou par un modèle incomplet. Dans cette analyse, ces raisons ne peu-

vent pas être exclues (cf. chapitre 7.4.2).

Le degré d’efficience calculé se situe entre zéro et un; un étant réservé aux entre-

prises réalisant un rendement efficient, se situant sur la droite correspondant au

maximum des recettes réalisables. Les entreprises se situant en dessous de cette

droite sont notées avec un degré d’efficience inférieur à un. C’est ainsi que l’on peut

identifier le potentiel d’amélioration. Ainsi, l’objet observé B, ayant obtenu la note

0,8, dispose d’un potentiel d’amélioration de 20%, c’est-à-dire que cette destination

touristique pourrait, sans expansion de ses ressources de production, augmenter ses

recettes de 20%. Le potentiel de progression pour cette destination B est présenté

de façon simplifiée dans le graphique de la figure 7-3. Il ressort de cette figure que

l’objet observé B peut faire progresser ses recettes EB à EEFF, en augmentant, d’une

part, le volume demandé en fonction du volume input donné, et, d’autre part, en re-

haussant les prix de ses offres.

128

Fig. 7-3 Fonction recettes pour une destination touristique

Cette figure montre comment est calculé, pour chaque destination, l’écart entre les recettes effectivement réalisées

(point B) et – au regard des facteurs input donnés – les recettes effi-cientes potentielles (Eff). L’écart est désigné

comme inefficience. La destination serait donc en mesure d’augmenter ses recettes d’autant, avec les facteurs input

donnés. La concrétisation tiendra compte du fait que la déviation peut être fonction de données erronées ou d’autres

facteurs d’influence non saisissables. C’est pour cette raison que l’estimation ne désigne pas la totalité de l’écart

comme inefficience.

Source: Polynomics

3. Identifier les retombées des indicateurs d’attractivité

Jusqu’à présent, notre approche consistait à présumer que toutes les destinations

touristiques disposent des mêmes indicateurs d’attractivité leur permettant

d’optimiser le bénéfice. Or, il faut plutôt partir de l’idée que ces indicateurs

d’attractivité ne sont absolument pas identiques dans toutes les destinations touris-

tiques, mais qu’au contraire, ils varient énormément. Certaines destinations sont

parfaitement en mesure d’adapter leur offre en fonction du bénéfice recherché par la

clientèle, alors que d’autres ne le peuvent pas ou peu. Ce constat peut s’expliquer,

d’une part, par des facteurs exogènes, partiellement non modifiables à long terme,

et, d’autre part, par des caractéristiques particulières; par ailleurs, une gestion ineffi-

cace du potentiel peut également être à l’origine d’une telle insuffisance. Dans les

deux cas, on observe une répercussion directe sur les recettes de l’hôtellerie, car les

prix dépendent aussi des indicateurs d’attractivité que propose une destination tou-

ristique.

Afin d’être en mesure d’analyser ces différences exogènes pour l’hôtellerie, nous

élargissons la droite estimative des recettes d’indicateurs supplémentaires qui de-

vront nous renseigner sur l’attractivité d’une destination.

EMax [recettes] = f(capital, travail, indicateurs d’attractivité[S]).

Nous maintenons le concept de la droite des recettes. En revanche, nous admettons

que, au-delà des ressources disponibles (travail, capital), d’autres facteurs peuvent

influer sur le volume des recettes.

Le concept est présenté de façon simplifiée dans le graphique de la figure 7-4. Dans

cette figure, le facteur de production (K) est à nouveau considéré comme fixe;

( )

( )

129

l’influence des indicateurs d’attractivité (S) est modélisée comme choc exogène pour

la fonction recettes17.

Fig. 7-4 Influence des facteurs d’attractivité sur les recettes

Au-delà de la question de savoir quel est le degré d’efficience avec lequel les facteurs de production travail et capital

sont utilisés pour générer des recettes, il convient également de tenir compte des indicateurs d’attractivité pour

calculer le potentiel de rendement d’une destination touristique. Afin de déterminer cet effet complémentaire, nous

intégrons dans l’estimative des recettes des indicateurs précis pour l’hiver et pour l’été. Les recettes potentiellement

réalisables peuvent donc varier en fonction de la région et des indicateurs d’attractivité disponibles.

Source: Polynomics

Dans cette figure, la présentation simplifiée entraîne une répercussion directe des

différents indicateurs d’attractivité sur le tracé de la droite des recettes. Ainsi, au fur

et à mesure que les indicateurs d’attractivité s’amplifient, la droite monte jusqu’au

niveau maximal de la droite du rendement efficient qui présuppose un aménagement

optimal des facteurs d’implantation. L’évolution du tracé est le résultat de

l’adaptation des prix de l’offre, lesquels, sur la droite des recettes, sont supposées

non exogènes (voir explications relatives à la droite des recettes).

L’attractivité d’un facteur d’implantation peut donc être facilement exprimée au

moyen de l’écart par rapport à la droite du rendement efficient. Pour l’objet observé

B, cela est illustré par l’écart entre la droite du rendement efficient (EEff) et la droite

du rendement actuel (EAkt). L’objet observé B ne peut réaliser les recettes maximales

avec les indicateurs d’attractivité exogènes donnés ; au mieux, il peut atteindre le

rendement correspondant à la fonction des recettes actuelles. L’écart restant

s’explique par des défaillances au niveau de l’attractivité. Si la destination touristique

veut corriger ces failles, elle devra investir dans des activités de loisirs et des offres

culturelles variées. En fait, cette analyse vise à évaluer cet écart pour certains indica-

teurs d’attractivité, afin d’orienter les destinations touristiques vers les investisse-

ments susceptibles de doper leurs recettes et de leur déconseiller ceux qui sont peu

prometteurs.

17 Les effets endogènes, soit les effets rétroactifs de l’hôtellerie sur l’aménagement des facteurs d’implantation sont

exclus de l’analyse. Les données étudiées n’ont pas permis de détecter ce type d’effet.

( )

()

130

7.4.2 Les variables disponibles et le traitement nécessaire des données

Comme susmentionné, l’analyse se fonde sur les données compilées dans le BAK

DESTINATIONSMONITOR® qui met à disposition de BAKBASEL une réserve importante

de données relatives à un grand nombre de destinations touristiques. L’objet de

l’étude résultant de ce stock de données est détaillé ci-dessous. Ensuite, nous expli-

querons les traitements et corrections des données auxquels nous avons dû procé-

der et qui impliquent certaines restrictions dans le cas d’une analyse empirique. Fi-

nalement, nous présenterons la liste des variables modélisées auxquelles nous

avons eu recours pour l’analyse.

Objet de l’étude et stock de données

La base de données mises à disposition et traitées comprend au total 227 destina-

tions touristiques dans la catégorie «destinations alpines». Ces destinations se si-

tuent dans cinq pays faisant partie du périmètre d’étude: Suisse (95), Autriche (82),

Italie (31), France (14), et Allemagne (5). Les données concernent les années 2007 à

2012 dans un jeu de données non symétrique et peuvent aussi être différenciées

annuellement entre saison d’été et saison d’hiver.

Plus de 140 indicateurs servent à caractériser les destinations. Ils peuvent être clas-

sés en indicateurs relatifs à l’offre d’hébergement (p. ex. nombre de lits par catégorie

d’étoiles) et à la demande en hébergement (p. ex. nombre de nuitées hôtelières), à

l’attractivité de la destination (p. ex. nombre de kilomètres de pistes, présence

d’offres de bien-être), ainsi qu’à la performance (dans le cadre de la présente étude,

nous avons principalement retenu comme indicateurs de performance les prix des

hôtels et les taux d’occupation).

Limitations et traitement nécessaire des données

Globalement, la banque de données tourisme de BAKBASEL dispose d’une multitude

d’informations concernant un grand nombre de destinations et constitue donc un

excellent point de départ pour la présente analyse. Toutefois, certaines restrictions

sont inévitables, de sorte que, pour arriver à une analyse de qualité, il a fallu procé-

der à un traitement relativement complexe des données.

Une des difficultés majeures consiste dans le manque d’informations relatives aux

recettes des destinations touristiques à l’étranger ; il a donc fallu les approximer à

l’aide des prix réalisés par haute saison, du taux d’occupation et de la capacité. En

effet, quant aux prix réalisés par nuitées et aux taux d’occupation, nous ne disposons

d’informations suffisantes, ventilées par catégorie d’hôtel, que pour les destinations

touristiques suisses. Pour les destinations étrangères, nous ne disposons que des

prix hôteliers publiés, et non des prix effectivement réalisés (pour les séjours prolon-

gés ou en cas d’offres promotionnelles, les prix hôteliers réalisés peuvent être infé-

rieurs aux prix affichés). Par ailleurs, les données se limitent aux hôtels de la catégo-

rie trois étoiles et à la haute saison correspondante. Ce même constat vaut pour les

nuitées hôtelières effectivement réalisées et le taux d’occupation, informations qui

ne sont disponibles en nombre suffisant et ventilées par catégorie d’hôtel que pour la

Suisse. Pour les destinations étrangères, il a fallu avoir recours au nombre de lits

d’hôtels disponibles par catégorie d’étoile.

131

Cette restriction au niveau des données implique les conséquences suivantes pour

l’application de la fonction recettes décrite en chapitre 7.4.1:

La fonction recettes est fondée sur la catégorie d’hôtel 3 étoiles. Les autres

catégories d’hôtel, ainsi que les autres offres d’hébergement, telles que la

parahôtellerie et les résidences secondaires ne peuvent être considérées

qu’à titre de variables structurelles d’environnement.

Les prix hôteliers réalisés dans les autres pays doivent être approximés à

l’aide des informations dont on dispose pour les destinations suisses et leur

expression au cours de la haute saison correspondante. Pour ce faire, on

procède de la manière suivante:

1. Les destinations sont réparties en destinations d’hiver pures (soumises à une

très forte saisonnalité et proposant essentiellement des offres d’hiver) et en

destinations ouvertes toute l’année (avec une faible saisonnalité et des offres

pour l’été).

2. Pour les destinations suisses, la relation entre les prix et les recettes des

hôtels 3 étoiles est calculée séparément, en différenciant selon les critères

suivants : destinations d’hiver et destinations fonctionnant toute l’année, sai-

son, catégorie de recettes et intensité touristique.

3. Ces relations sont ensuite transposées aux prix hôteliers dans les destina-

tions respectives, situées dans les différents pays, afin de déterminer un es-

timatif des prix réalisés.

Ce même procédé en trois étapes est utilisé pour déterminer le nombre de

nuitées hôtelières réalisées sur la base du nombre de lits hôteliers dispo-

nibles dans les hôtels 3 étoiles des destinations étrangères ; à cette fin, on

se fonde sur le rapport entre lits d’hôtels et nuitées dans les destinations

suisses.

En conclusion : les restrictions apportées aux données précédemment exposées ap-

pellent les hypothèses suivantes: premièrement, le rapport entre taux d’occupation

et nombre de lits d’hôtels à l’étranger est comparable à celui des hôtels suisses de

même catégorie et de saisonnalité similaire en Suisse. Deuxièmement, le rapport

recettes-prix peut également être déduit des données applicables aux destinations

suisses. Puisque nous ne disposons pas des prix pratiqués en basse saison, le poten-

tiel de rendement est supposé constant pour la haute et la basse saison. Par consé-

quent, la durée de la saison ne peut pas être représentée dans sa totalité.

Le fait qu’il n’existe pas d’indications détaillées quant aux nombre de salariés dans

les différentes catégories d’hôtels constitue un handicap supplémentaire. On ne dis-

pose d’informations que sur le nombre de collaborateurs dans la branche hôtelle-

rie/restauration dont l’hôtellerie fait partie. Afin d’être malgré tout en mesure de mo-

déliser le input de production de la droite des recettes, nous utilisons ce chiffre pour

l’analyse empirique, tout en supposant implicitement que, dans toutes les destina-

tions touristiques, la quote-part de salariés dans l’hôtellerie correspond à celle rele-

vée dans l’hôtellerie/restauration. D’éventuelles conséquences au niveau des résul-

tats sont commentées dans les chapitres respectifs.

132

Par ailleurs, les données exigent une plausibilisation exhaustive, afin d’exclure, avant

l’analyse, d’éventuelles données erronées ou encore des données incomplètes. Pour

les destinations retenues, on procède donc aux corrections suivantes:

Sont exclues les destinations pour lesquelles les indications relatives au

revenu par nuit d’hôtel (uniquement destinations suisses), aux prix d’hôtel ou

au nombre de lits sont manquantes et/ou tellement indigentes qu’elles ne

sont pas plausibles.

L’étude se limite aux destinations alpines dotées de pistes de ski et situées,

au minimum, à 600m d’altitude. Ainsi, on peut exclure des destinations

urbaines non comparables comme Lucerne, ou encore des destinations

purement dédiées au tourisme d’été.

Les prix étrangers sont convertis nominalement en CHF, sur la base des

cours de change moyens des différentes années observées. Les différences

structurelles entre les pays qui ne se reflètent pas dans les cours de change

nominales, seront saisies dans les estimations à l’aide de variables dummy

(muettes). Elles représentent l’ensemble des différences systématiques entre

les pays que nous ne pouvons observer directement.

Finalement, on réalise une analyse des valeurs limites à l’aide d’une mesure statis-

tique, la Cooks‘ Distance (cf. Cook, 1977), d’une part, et, d’autre part, à l’aide de la

triple déviation absolue des résidus standardisés.

En dépit des restrictions existantes relatives aux recettes et aux salariés, les données

disponibles et les données que nous reconnaissons comme plausibles après une

étude de plausibilité, nous permettent d’estimer une fonction de recettes pour

l’ensemble des destinations touristiques. Toutefois, l’enrichissement du stock de

données des variables partiellement approximées permettrait d’améliorer considéra-

blement la qualité.

Variables de modèle disponibles

Une fois réalisé le traitement et la plausibilisation des données, nous disposons

d’informations pour 173 destinations alpines: Suisse (61), Autriche (68), Italie (26),

France (13), Allemagne (5). Le tableau 7-1 offre un aperçu des variables de modèle

utilisées dans l’analyse empirique, de même que des statistiques descriptives.

Tab. 7-1 Statistique descriptive des variables utilisées pour les modèles

Description des variables Valeur

moyenne

Déviation

standard

Minimum Maximum Utilisation

Revenus hôtels 3 étoiles (CHF) 8 856.040 10 825.110 90.762 103 183.34

1

Variable dép.

Nombre de lits dans hôtels 3

étoiles

1 960.79 2 343.36 20.00 17 422.00 Input de prod.

Salariés dans

l’hôtellerie/restauration

25 066.19 13 175.43 1 337.00 48 118.00 Input de prod.

Nombre de lits dans hôtels 0 – 1 399.11 1 440.46 33.00 10 369.00 Variable struct.

133

Description des variables Valeur

moyenne

Déviation

standard

Minimum Maximum Utilisation

2 étoiles

Nombre de lits dans hôtels 4 et

5 étoiles

1 385.74 1 545.95 0.00 8 904.00 Variable struct r-

Taille des établissements

hôteliers

48.89 17.14 20.78 145.25 Variable struct.

Nombre de lits dans les rési-

dences secondaires

8 189.48 14 472.87 76.00 140 239.00 Variable struct.

Nombre de km pistes 126.66 117.28 4.10 650.00 Attract.. hiver

Capacité de télésièges par km

pistes

343.76 144.69 0.00 718.11 Attract. Hiver

Indice d’enneigement garanti 69.77 13.56 31.00 97.00 Attract. Hiver

Proportion de km pistes avec

enneigement artificiel

0.49 0.33 0.00 1.71 Attract. Hiver

Pistes de ski de fond (km) 72.58 62.42 0.00 351.00 Attract. Hiver

Snowparks (nombre) 5.93 2.71 0.00 10.00 Attract. Hiver

Sentiers de randonnées hiver-

nales (km)

66.82 51.30 0.00 268.50 Attract. Hiver

Remontées mécaniques a) 1.38 0.62 0.25 3.00 Attract. Été

Randonnée a) 4.20 1.43 0.24 7.27 Attract. Été

Sport aquatiques a) 1.47 1.04 0.00 8.08 Attract. Été

Paysage a) 1.26 1.11 0.00 5.27 Attract. Été

Wellness/ bien-être a) 2.07 1.07 0.00 4.31 Attract. Été

Mountainbike a) 0.79 0.40 0.00 2.00 Attract. Été

Golf a) 1.55 1.33 0.00 5.00 Attract. Été

Offres standards pour familles

a)

1.30 0.69 0.00 3.00 Attract. Été

Plaisirs gourmands a) 2.10 0.96 0.00 4.64 Attract. Été

Accessibilité continentale 108.27 13.00 81.64 146.03 Attract.été/hiver

Intensité touristique 2.58 3.03 0.06 18.03 Attract. été /

Hiver

a) Indice

Source: BAKBASEL, Polynomics

7.4.3 Spécification économétrique de la fonction des recettes

En tenant compte du traitement des données exposé ci-dessus, il nous est possible

d’établir une estimation de la fonction des recettes saison d’hiver/ saison d’été réali-

sées dans l’hôtellerie 3 étoiles. Pour y arriver, nous définissons un modèle de base

qui décrit les recettes de chacune des destinations touristiques par différentes va-

riables de modèle (pour plus de facilité, les indices pour la destination touristique i

∈{1,…,N], l’année t ∈{1,…,T} et les saisons s ∈{1,2} ont été supprimés dans le mo-

dèle),

134

In(bénéfice) = β1ln(hlit3) + β2ln(hlit3)2 + β3ln(salariés) + β4ln(htaille) +

β5hlit1,2 + β6hlit4,5 + β7wlit + β8année + β9pays + u - v.

Le modèle comprend le nombre de lits dans les hôtels 3 étoiles (hlit3, hlit32), pris en

compte de manière linéaire et quadratique, et des effectifs (salariés) approximés sur

la base du nombre de salariés dans l’hôtellerie/restauration. En complément aux

input classiques de production, nous intégrons également, au titre des variables

structurelles, la taille moyenne des hôtels (htaille) et le nombre de lits dans les hôtels

de la catégorie 0-2 étoiles (hlit1,2), dans l’hôtellerie 4 et 5 étoiles (hlit4,5) et dans les

résidences secondaires (wlit). On suppose que la structure hôtelière a, globalement,

une répercussion sur les recettes des hôtels 3 étoiles. Pour conclure, nous saisissons

les différences systématiques entre les années et entre les pays à l’aide de variables

dummy. L’influence des différentes variables sur les recettes sera représentée dans

la première étape d’analyse (cf. chapitre 7.4.1) par les coefficients β, estimés à l’aide

de la SFA.

Les écarts de chacun des objets de référence par rapport à la droite estimative se-

ront retenus dans la deuxième étape d’analyse par les deux coefficients estimatifs u

et v, étant précisé que u saisit l’écart généré par l’efficience, c’est-à-dire la valeur

résultant de l’estimation qui traduit le potentiel d’amélioration de chacune des desti-

nations touristiques (cf. chapitre 7.4.1 concernant la détermination de l’efficience).

Dans cette analyse, u est spécifié par une distribution normale tronquée, afin que

l’ensemble des objets observés se situe en dessous de la droite estimative, confor-

mément à la théorie. v saisit les écarts plus importants qui peuvent résulter de don-

nées erronées ou d’un modèle incomplet. v correspond au bruit statistique classique,

modélisé avec une distribution normale. Le lecteur intéressé par ces questions trou-

vera un aperçu complet concernant la SFA (Stochastic Frontier Analysis) utilisée dans

Kumbhakar (2002).

Dans la troisième étape de l’analyse, nous élargissons la droite des recettes par di-

vers indicateurs d’attractivité qui se sont révélés pertinents dans les précédentes

analyses réalisées par BAKBASEL (cf. BAKBASEL, 2010),

In(recettes) = β1ln(hlit3) + β2ln(hlit3)2 + β3ln(salariés) + β4ln(htaille) +

β5hlit1,2 + β6hlit4,5 + β7wlit + β8année + β9pays + β10indicateurs d’attractivité - u

+ v

Les indicateurs sont rassemblés sous le vecteur de variables «indicateurs

d’attractivité» qui diffèrent selon qu’ils sont évalués pour la saison d’été ou pour la

saison d’hiver. Le tableau 7.1 indique les différentes variables et les évaluations

descriptives.

En raison du caractère sensible des données et aux fins d’une analyse détaillée, la

droite des recettes élargie est calculée séparément pour le modèle 1 (M1), le modèle

2 (M2) et le modèle 3 (M3):

M1 recettes = revenu par nuitée hôtelière*hlit3*taux d’occupation

M2 recettes = prix par chambre d’hôtel*hlit3*taux d’occupation

135

M3 M1 pour la Suisse

Les deux premiers modèles devront démontrer la sensibilité au regard de la variable

dépendante (hlit3, nombre de lits d’hôtel dans l’hôtellerie 3 étoiles), qui ne peut être

observée directement dans cette analyse. En effet, il a fallu la générer par le biais

des prix, du nombre de lits et du taux d’occupation (cf. chapitre 7.4.2). On différencie

alors entre les recettes obtenues par nuitée en prix réalisés (M1) et celles obtenues

sur la base des prix affichés (M2). Le troisième modèle répertorie uniquement les

destinations suisses et permet ainsi de comparer les répercussions des indicateurs

d’attractivité avec celles observées pour d’autre pays de l’étude. Les déviations par

rapport au modèle 1 nous renseignent sur le positionnement de la Suisse en compa-

raison avec les autres destinations internationales et nous indiquent les facteurs

d’implantation que les touristes apprécient particulièrement en Suisse.

Les données disponibles ne permettent pas d’estimer des modèles plus complets qui

tiennent compte des recettes totales de l’hôtellerie. Dans la mesure où nous ne dis-

posions que des prix des hôtels 3 étoiles, nous devions forcément nous limiter à

cette catégorie (cf. chapitre 7.4.2). Pour cette même raison, nous n’avons pu élabo-

rer des modèles traduisant le taux d’occupation total des hôtels. Les résultats relatifs

au taux d’occupation auraient pu apporter une sensitivité supplémentaire aux mo-

dèles estimés.

7.5 Résultat des évaluations économétriques

Ci-dessous, nous exposons les résultats de l’analyse empirique. Dans une première

phase, nous expliquons les degrés d’efficience des destinations touristiques qui ont

été estimées à l’aide du modèle de base. Les résultats seront publiés séparément

pour chacun des pays et différenciés entre saison d’hiver et saison d’été. Dans une

deuxième phase, nous appuyant sur les variables modélisées, détaillées en chapitre

7.4.2 et des modèles définis en chapitre 7.4.3, nous présentons les résultats relatifs

aux indicateurs d’attractivité. Dans les trois modèles, les recettes des hôtels 3 étoiles

ont été utilisées comme variable dépendante.

7.5.1 Résultats concernant l’efficience de rendement

Comme nous l’avons expliqué dans le chapitre 7.4.1, les résultats économétriques

relatifs à la droite des recettes permettent de déduire l’efficience du rendement pour

chacune des destinations touristiques. A cette fin, l’écart par rapport au degré

d’efficience marginale sera déterminé pour chaque destination touristique, à l’aide

de la SFA: quelles sont les destinations alpines qui, dans le cadre de leur structure

respective, réussissent à optimiser leurs recettes? Une inefficience identifiée amène

à la conclusion que les chiffres d’affaires d’une catégorie d’hôtels donnée ne corres-

pondent pas aux résultats escomptés.

L’étude ne comprend pas d’évaluations individuelles pour les destinations ; mais

celles-ci pourront être calculées au moyen d’analyses complémentaires (voir p. ex.

encadré gris).

La figure 7-5 offre une première comparaison des degrés d’efficience, présentés

séparément pour la saison d’été et la saison d’hiver. Le tracé en pointillé reproduit

136

les résultats de la distribution d’efficience pour la saison d’hiver, la ligne continue

ceux de la saison d’été. Dans cette analyse d’efficience, on retrouve l’ensemble des

destinations alpines pour les années 2007 à 2012; les évolutions systématiques au

fil du temps et les différences structurelles entre les pays ont été éliminées à l’aide

de variables dummy. Les résultats relatifs aux coefficients d’estimation peuvent être

consultés dans l’annexe de l’étude.

Fig. 7-5 Distribution de l’efficience du rendement, séparée selon la saison

d’hiver /saison d’été, pour toutes les destinations alpines

Cette figure montre la distribution d’efficience pour les destinations alpines, en différenciant entre saison d’hiver et

saison d’été. Il s’avère qu’en hiver, les destinations alpines exploitent beaucoup mieux leur potentiel de rendement;

par ailleurs, les écarts d’efficience entre les destinations sont moins importants en hiver que pendant la saison d’été.

Source: Polynomics

La comparaison des distributions des degrés d’efficience entre la saison d’été et la

saison d’hiver montre clairement que les destinations alpines obtiennent des re-

cettes largement supérieures en hiver qu’en été. Ainsi, ce paramètre atteint environ

84% en hiver, alors qu’en été, il se situe autour de 77%. Ce résultat signifie que les

destinations alpines auraient pu augmenter leurs recettes de 16% approximative-

ment en hiver, voire de 23% en été, sans modifier leur offre d’hébergement et leurs

effectifs.

Ce n’est pas seulement au niveau des valeurs moyennes que l’on constate des di-

vergences, mais également au niveau de leur distribution réalisée dans les diffé-

rentes destinations touristiques (cf. figure 7-5). Alors qu’en hiver, la distribution

s’affiche très homogène et que la majorité des destinations touristiques atteint une

efficience de rendement de plus de 90%, ces mêmes ratios d’efficience s’avèrent

extrêmement variés en été. En effet, deux groupes sont en présence : l’un réalise une

efficience quasiment aussi importante qu’en hiver, alors que l’autre reste en dessous

de la moyenne, autour de 70%. La figure 7-5 montre ce phénomène par la distribu-

tion bimodale. Les degrés d’efficience les plus médiocres se situent à environ 30%.

Les degrés d’efficience divergents réalisés pendant la saison d’été peuvent être ex-

pliqués par les orientations stratégiques distinctes des destinations touristiques. Une

destination alpine a logiquement plus de facilités à miser principalement sur la sai-

137

son d’hiver et on peut donc supposer que les régions en altitude, qui disposent d’un

enneigement relativement sûr, s’orientent davantage vers le tourisme d’hiver. Par

conséquent, leurs offres visent essentiellement le tourisme d’hiver, telles que des

pistes de ski de fond, de ski alpin, des télésièges et remonte-pentes, etc., soit des

atouts fort attractifs en hiver, mais moins favorables en été, car impactant le paysage

par une pollution visuelle. En revanche, des régions situées à plus basse altitude qui

ne disposent pas des mêmes atouts, notamment en termes d’enneigement, auront

plutôt tendance à privilégier le tourisme d’été. Elles élaboreront des offres suscep-

tibles d’augmenter parallèlement leur attractivité estivale, ce qui devrait se répercu-

ter de manière positive sur leurs recettes en été.

Fig. 7-6 Distribution de l’efficience pendant la saison d’été, ventilée par destina-

tions d’hiver et destinations ouvertes toute l’année.

Si la distribution de l’efficience du rendement en été est représentée de manière séparée pour les destinations

ouvertes toute l’année et les destinations alpines, il s’avère que les destinations ouvertes toute l’année exploitent

beaucoup mieux leur potentiel de rendement en été que les destinations d’hiver qui peuvent être subdivisées en

deux groupes.

Source: Polynomics

La figure 7-6 permet de voir comment cette orientation différente des destinations se

répercute sur les recettes de la saison d’été; la figure fait apparaître les différences

entre les destinations ouvertes toute l’année et les destinations purement d’hiver. La

différenciation entre les deux types de destination se fait à l’aide des variables sui-

vantes: saisonnalité, altitude, offres pour le skieur.

Dans la représentation différenciée pour la saison d’été, les destinations ouvertes

toute l’année affichent une distribution presque identique à celle d’hiver. L’efficience

moyenne passe de 77 à plus de 81% et la plupart des destinations touristiques cul-

minent à plus de 90%. La distribution des destinations d’hiver sur le graphique révèle

l’existence de deux groupes, dont l’un, à l’instar des destinations ouvertes en perma-

nence, arrive à bien exploiter son potentiel de rendement, alors que l’autre groupe

éprouve davantage de difficultés. La conséquence en est que l’efficience moyenne

de l’ensemble des destinations d’hiver tombe à 74% en été, tandis que l’efficience

moyenne du total des destinations est de 77% (figure 7-5).

Les différences entre les destinations d’hiver résultent, entre autres, du fait que

quelques-unes réussissent à maintenir leur attractivité en été, en proposant une

138

offre habilement formulée. Pour le montrer de manière systématique, nous avons

présenté, en figure 7-7, les degrés d’efficience de la saison d’été et d’hiver sous

forme d’un diagramme de dispersion. L’axe vertical reprend les degrés d’efficience

de la saison d’été, l’axe horizontal ceux de la saison d’hiver. Les points rouges repré-

sentent les destinations touristiques qui, en raison de leur situation, doivent viser

l’été et l’hiver, alors les points gris représentent celles dont la situation est plus favo-

rable et qui, dès lors, sont prédestinées au tourisme d’hiver ou ont choisi de se spé-

cialiser sur ce segment.

Fig. 7-7 Comparaison de l’efficience saison d’été/saison d’hiver

Cette figure explicite que les destinations exploitées durant toute l’année (points rouges) atteignent des degrés

d’efficience supérieurs en été (cadre rouge), alors que les destinations d’hiver (points gris) sont plus performantes en

hiver (cadre gris). Néanmoins, quelques destinations alpines réussissent à optimiser leur potentiel de rendement

aussi bien en été qu’en hiver. (cadre noir).

Source: Polynomics

La figure visualise excellemment les conséquences qu’exerce l’orientation choisie

par les différentes destinations touristiques sur l’efficience des recettes. En hiver, les

destinations ayant privilégié l’hiver (points gris) réussissent à réaliser des degrés

d’efficience en moyenne supérieurs à ceux obtenus par les destinations ouvertes en

permanence. Par ailleurs, toujours en hiver, seules les destinations focalisées (entre

autres) sur la saison d’été accusent des degrés d’efficience très modestes. En re-

vanche, si on ausculte les résultats de la saison d’été, l’image est tout autre: ce sont

alors les destinations ouvertes toute l’année (points rouges) qui, très efficientes, dé-

trônent les destinations d’hiver aux degrés d’efficience plus bas. Mais, bien que la

focalisation saisonnière entraîne des avantages évidents, certaines destinations tou-

ristiques réussissent tout de même à se positionner de façon optimale sur les deux

saisons, peu importe qu’au niveau de l’analyse, elles aient été classées destinations

d’été ou d’hiver.

Si l’on souhaite vérifier le positionnement stratégique d’une destination touristique à

l’aide des résultats précités, il faut impérativement les comparer à des destinations

similaires. Par ailleurs, il convient d’examiner l’impact des indicateurs d’attractivité

sur les recettes. Cette question fera l’objet du chapitre subséquent 7.5.2.

139

Conclusions issues de la comparaison de l’efficience pour une destination en parti-

culier

Au-delà des résultats précédemment décrits relatifs aux degrés d’efficience et à

leur distribution, l’efficience peut également être examinée sous l’angle d’une des-

tination individuelle. Toute destination dispose donc d’un critère d’efficience indi-

quant le potentiel de rendement au regard du capital et du travail dont elle peut

disposer, et de la structure dont elle est dotée. Autrement dit : on peut en déduire

en quelle mesure des destinations similaires auraient la capacité de réaliser des

recettes supérieures dans leurs hôtels.

Dans la mesure où l’étude se déroule sur plusieurs années et qu’elle établit la diffé-

rence entre saison d’été et saison d’hiver, il est également possible d’en déduire

des renseignements au sujet de l’efficience spécifique d’une destination sur le

temps et pendant les deux saisons étudiées. Ainsi, on peut revoir la stratégie et

l’orientation d’une destination sur plusieurs années et pour les deux saisons, hiver

et été séparément, aux fins de comparaison avec des destinations similaires. Mais

les résultats peuvent aussi servir de point de départ pour configurer l’orientation

future d’une destination.

Au besoin, ces analyses peuvent être restreintes en termes d’étendue régionale,

temporelle ou géographique. On pourrait envisager une comparaison des degrés

d’efficience de destinations situées dans certaines grandes régions ou de destina-

tions disposant d’hôtels faisant partie du même groupe.

7.5.2 Résultats relatifs aux indicateurs d’attractivité

Comme exposé dans le chapitre 7.3, les revenus des hôteliers sont aussi fonction de

l’attractivité d’une destination touristique. Plus l’offre d’une destination touristique

est attractive, plus les hôteliers sont libres d’augmenter leurs prix. Ci-dessous, nous

présentons les résultats de la droite des recettes pour la saison d’hiver et la saison

d’été, en tenant compte des indicateurs d’attractivité respectifs, décrits en chapitre

7.4.3.

Résultats relatifs à la saison d’hiver

Le tableau 7-2 présente les coefficients estimatifs et les déviations standards, la

taille de l’échantillon et la valeur explicative des trois modèles étudiés pour la saison

d’hiver. Le modèle 1 présente les résultats pour la variable des recettes, calculée à

l’aide des prix réalisés; le modèle 2 montre l’alternative, calculée sur la base des prix

affichés. Le modèle 3 présente les résultats du premier modèle, mais en ne retenant

que les seules destinations touristiques suisses. La comparaison des modèles 1 et 2

permet une analyse de sensibilité concernant les recettes générées, la comparaison

des modèles 1 et 3 permet d’évaluer l’hétérogénéité des régions. Les modifications

dans le temps et les différences systématiques des recettes réalisées dans les pays

étudiés n’ont pas été présentées, mais les résultats sont comparables à ceux du

modèle de base, contenus dans l’annexe à la présente étude.

140

Tab. 7-2 Résultats relatifs aux indicateurs d’attractivité (hiver)

Ce tableau répertorie l’influence des indicateurs d’attractivité identifiés de la saison d’hiver (cf. liste dans le tableau

7-1) pour les modèles définis en section 7.4.3 (M1 sur la base des prix d’hôtels réalisés, M2 sur la base des prix

d’hôtels affichés et M3 uniquement pour les destinations suisses). Les indicateurs marqués de 3 étoiles sont ceux

ayant une influence statistique significative sur le potentiel de rendement d’une destination touristique.

Source: Polynomics

Une première comparaison des modèles 1 et 2 montre que le procédé choisi pour

déterminer les variables des recettes n’influe que marginalement sur les coefficients

estimatifs identifiés. Seul le coefficient relatif à la capacité des hôtels 0 à 2 étoiles

(hlit1,2) mérite d’être pris avec précaution, mais il est insignifiant pour les deux va-

riantes18. Toutes les autres variables affichent le même signe pour le modèle 1 et le

modèle 2, bien qu’avec une intensité et une signification légèrement différentes. Par

ailleurs, il convient de retenir que l’ensemble des paramètres de production affiche le

signe escompté. Une augmentation de la capacité d’hébergement n’entraîne qu’une

croissance des recettes proportionnellement inférieure (hlit3), avec un coefficient

négatif du terme quadratique (hlit32). Comme prévu, les effectifs, bien

qu’approximés à l’aide du nombre de salariés dans l’hôtellerie/restauration, ont une

influence positive sur les recettes (ma). Par conséquent, on peut présumer que, pour

la saison d’hiver, il existe une corrélation relativement étroite entre les effectifs de

l’hôtellerie et ceux de la branche hôtellerie/restauration dans son ensemble.

Les variables structurelles supplémentaires, qui reflètent la taille moyenne des hôtels

(htaille) et la composition de la capacité d’hébergement (wlit, hlit1,2, hlit4,5), permet-

tent d’obtenir des résultats intéressants. Conformément aux résultats obtenus au

niveau des modèles 1 et 2, il est possible de démontrer que, dans la moyenne, les

hôtels dans les destinations touristiques sont insuffisamment dimensionnés. Une

expansion de la dimension moyenne des hôtels de 10% engendre une hausse poten-

tielle des recettes de presque 1% (htaille = 0,0985). Cet effet peut être expliqué par

18 L’importance statistique des différentes variables est illustrée au moyen d’étoiles. Plus une variable

est dotée d’étoiles, plus l’interprétation du coefficient d’estimation est évidente (***,**,*, corres-

pond à un niveau de signification statistique de 99,9%, 99%, 95% ou 90%.

Variablen

Koef. Std. Abw. Koef. Std. Abw. Koef. Std. Abw.

Konstante 4.57E+00 *** 4.16E-01 4.74E+00 *** 5.12E-01 1.56E+00 * 7.24E-01

ln(hbett3) 1.48E+00 *** 7.81E-02 1.39E+00 *** 9.61E-02 2.01E+00 *** 1.65E-01

ln(hbett3^2) -3.50E-02 *** 5.86E-03 -3.16E-02 *** 7.22E-03 -7.80E-02 *** 1.39E-02

ln(ma) 7.69E-02 *** 2.02E-02 5.96E-02 * 2.49E-02 1.99E-01 *** 2.65E-02

ln(hgrösse) 9.85E-02 ** 3.51E-02 1.84E-01 *** 4.32E-02 2.80E-01 *** 4.77E-02

wbett -1.04E-02 9.67E-03 -2.70E-02 * 1.19E-02 -1.78E-02 1.63E-02

hbett1,2 -1.73E-02 1.60E-02 1.91E-02 1.97E-02 -5.48E-02 . 2.80E-02

hbett4,5 1.20E-02 * 6.07E-03 3.05E-02 *** 7.47E-03 8.80E-03 9.23E-03

erreichbarkeit 9.43E-04 1.39E-03 3.19E-03 . 1.71E-03 3.04E-04 2.06E-03

touri 9.24E-02 *** 9.42E-03 1.18E-01 *** 1.16E-02 8.08E-02 * 3.74E-02

touri'2 -4.57E-03 *** 6.68E-04 -6.12E-03 *** 8.23E-04 -8.79E-03 5.34E-03

pistenkm 4.35E-04 *** 1.13E-04 4.70E-04 *** 1.39E-04 2.05E-04 1.85E-04

Liftkapazität 4.99E-04 *** 8.92E-05 6.58E-04 *** 1.10E-04 1.50E-03 *** 2.67E-04

schneesicherheit 6.35E-03 *** 1.09E-03 7.78E-03 *** 1.34E-03 9.93E-03 *** 2.08E-03

pisten_beschneit -1.44E-01 *** 3.94E-02 -2.11E-01 *** 4.85E-02 -1.08E-01 8.72E-02

langlaufkm -1.50E-04 2.02E-04 -1.38E-04 2.49E-04 1.93E-03 *** 4.17E-04

snowparks 9.03E-03 . 4.96E-03 1.55E-02 * 6.10E-03 9.33E-03 8.79E-03

wanderwegkm 4.80E-04 * 2.43E-04 6.61E-04 * 3.00E-04 -8.44E-04 . 4.32E-04

Stichprobengrösse 990

Schätzmethode: SFA; p-Wert: *** <0.001, ** <0.01, * <0.05

M1 (he3) M2 (hpe3) M1 (CH)

990 335

141

les économies d’échelle et par des prestations de service supplémentaires dans les

hôtels de plus grande taille. Dans les hôtels bas de gamme et dans les hôtels de

catégorie supérieure, cette offre a un impact supplémentaire sur les recettes. Il est

intéressant de noter que, dans les hôtels bas de gamme et dans les résidences se-

condaires, une offre élargie pèse sur les recettes, tandis que, dans l’hôtellerie supé-

rieure et de luxe, elle aurait plutôt un impact positif. Par conséquent, c’est aussi au

niveau de l’hôtellerie 3 étoiles et de leurs recettes que la concurrence se fait sentir. Il

est à supposer que la clientèle qui tourne le dos à l’hôtellerie 4 et 5 étoiles, en raison

de capacités manquantes ou en raison de prix trop élevés, serait prête à payer da-

vantage. Une autre explication pour ce coefficient positif au niveau de l’hôtellerie 4 et

5 étoiles (hlit4,5) pourrait être qu’une destination dotée d’un grand nombre d’hôtels

de la catégorie 4 et 5 étoiles dispose aussi d’indicateurs d’attractivité qui n’ont pas

été retenus pour la présente étude (p. ex. des restaurants de luxe) ou des raisons

endogènes comme le capital d’investissement d’une destination qui impactent favo-

rablement les recettes des hôtels 3 étoiles. La situation est tout à fait autre pour les

résidences secondaires qui sont généralement proposées à des prix moins élevés

que l’hôtellerie 3 étoiles. Si l’offre en résidences secondaires est très importante,

elle risque de débaucher les clients potentiels de l’hôtellerie 3 étoiles, exerçant ainsi

une pression sur les prix et les recettes de cette dernière. Cependant, il ne s’agit pas

d’impacts majeurs, car ils ne sont significatifs que pour la catégorie des hôtels haut

de gamme et de luxe.

Mais, au-delà de la structure des hôtels, les indicateurs d’attractivité qu’une destina-

tion touristique peut mettre en avant exercent également une influence non négli-

geable sur les recettes des hôtels. Comme exposé dans les modèles 1 et 2,

l’intensité touristique19 est un facteur d’influence majeur. Ainsi, les destinations à

haute intensité touristique ont la possibilité d’augmenter leurs recettes de façon si-

gnificative. Une progression de cet indicateur de zéro à un augmente les recettes de

presque 9% (touri = 0,0924, touri2 = -0,00457). Toutefois, cette progression est

proportionnellement inférieure; l’augmentation de l’intensité touristique n’est donc

pas rentable à l’infini. Pendant la saison d’hiver, le nombre de kilomètres de pistes,

la capacité des télésièges et la garantie d’enneigement sont, eux aussi, des critères

ayant des retombées très favorables (pisteskm, capacité de télésièges respective-

ment garantie d’enneigement). Les destinations touristiques bien positionnées à cet

égard peuvent considérablement doper les recettes de leur hôtellerie (4,4% par

100km de pistes, 5% par augmentation de la capacité des télésièges de 100 per-

sonnes/km, respectivement 0,6% par unité d’augmentation de l’indice de la garantie

d’enneigement). En revanche, il est surprenant de constater que la proportion de

pistes artificiellement enneigées a une influence très négative. En effet,

l’augmentation de ce ratio de zéro à un entraîne une réduction des recettes poten-

tielles de 15% environ (pistes équipées de canons à neige = 0,144) dans le modèle

2. Il convient toutefois de rappeler qu’il s’agit là d’un effet ceteris paribus, la garantie

d’enneigement ayant déjà été prise en compte. Apparemment, les clients ne considè-

rent pas la neige artificielle comme équivalente à la neige naturelle. Dans le setting

international, il s’avère que la présence de pistes de fond se répercute négativement

sur les recettes (pistes de fond/km), alors que l’accessibilité (accessibilité), les

snowparks (snowparks) et les sentiers de randonnées (sentiers de randonnées/km)

ont une influence faiblement positive. Mais contrairement à l’offre pour le ski alpin et

à l’accessibilité, les retombées sont minimes. L’existence d’un snowpark apporte tout

19 L’intensité touristique est mesurée en nombre de nuitées par habitant.

142

juste une petite progression de 0,9% aux recettes de l’hôtellerie (0,00903) et une

extension de 10 km des sentiers de randonnées praticables en hiver ne représente

pas plus de 0,48% au niveau des recettes potentiellement réalisables (sentierran-

donnéekm = 0,00048).

Les résultats issus des modèles 1 et 2 coïncident en grande partie avec ceux obte-

nus du modèle 3 qui examine les indicateurs d’attractivité pour les destinations tou-

ristiques suisses uniquement. Il ne devrait pas y avoir de différences majeures entre

les indicateurs étudiés pour la Suisse et ceux observés Autriche, Allemagne, France

et Italie. Toutefois, il est intéressant de noter que la dimension moyenne des hôtels

en Suisse se répercute davantage sur les résultats. Manifestement, la Suisse

n’exploite pas suffisamment les effets d’échelle pendant la saison d’hiver, ce qui

donne à penser que la structure des hôtels est en moyenne plus petite que dans les

pays voisins. D’ailleurs, le Benchmarking du tourisme de BAKBASEL révèle que

l’hôtellerie suisse est effectivement caractérisée par des structures moins grandes.

Les retombées (positives) engendrées par la capacité en termes de télésièges et de

la garantie d’enneigement se font eux aussi sentir plus qu’ailleurs. En revanche, par

rapport aux autres pays, l’effet négatif noté par la présence de canons à neige est

moins significatif en Suisse. La différence la plus frappante peut être constatée pour

la variable ski de fond; alors que cette variable est négative, mais insignifiante au

niveau international, elle est fortement positive en Suisse, où elle génère une aug-

mentation de presque 2% des recettes par 10 km de piste de fond. On doit en con-

clure que les destinations touristiques suisses savent mieux se positionner sur le

segment du ski de fond.

Fig. 7-8 Degrés d’efficience avec et sans indicateurs d’attractivité, saison d’hiver

Cette figure présente, pour la saison d’hiver, les degrés d’efficience du modèle de base sans indicateurs d’attractivité

et ceux du modèle avec indicateurs d’attractivité. En rouge –destinations ouvertes toute l’année, en gris – destina-

tions d’hiver. La figure ne confirme pas d’amélioration significative des degrés d’efficience avec prise en compte des

indicateurs d’attractivité dans le modèle.

Source: Polynomics

La figure 7-8 permet de comprendre l’influence qu’exercent globalement les indica-

teurs d’attractivité observés sur le potentiel de recettes des destinations touristiques.

Cette figure compare les degrés d’efficience de chacune des destinations sans et

avec prise en compte des indicateurs d’attractivité pour le modèle M1. Les degrés

143

d’efficience sans indicateurs d’attractivité correspondent à ceux du chapitre 7.5.1

pour la saison d’hiver.

La figure démontre que l’efficience des recettes dans le modèle avec indicateurs

d’attractivité n’est pas nécessairement supérieure dans toutes les destinations tou-

ristiques à celle retenue dans le modèle sans indicateurs d’attractivité (il existe des

destinations se situant au-dessus et au-dessous de la bissectrice). De même, il n’est

pas possible de déceler un schéma clair entre les destinations ouvertes toute l’année

et les destinations d’hiver ayant obtenu un résultat différent dans l’analyse

d’efficience du chapitre 7.5.1. Apparemment, les destinations sont très hétérogènes

en matière d’indicateurs d’attractivité. Aussi, la prise en compte de ces indicateurs

d’attractivité permet une mesure plus précise de l’inefficience ; mais, par ricochet,

cela implique, pour quelques destinations, une interprétation plus stricte de

l’efficience marginale – et un potentiel de rendement plus important. Les résultats

montrent donc combien il est essentiel de valoriser les différents indicateurs

d’attractivité si l’on veut rester compétitif à l’échelle internationale.

Résultats relatifs à la saison d’été

Tab. 7-3 Résultats concernant les indicateurs d’attractivité (été)

Le tableau répertorie l’influence des indicateurs d’attractivité identifiés de la saison d’été (cf. liste dans le tableau 7-

1) pour les modèles définis en section 7.4.3 (M1 sur la base des prix d’hôtels réalisés, M2 sur la base des prix

d’hôtels affichés et M3 uniquement pour les destinations suisses). Les indicateurs marqués de 3 étoiles sont ceux

ayant une influence statistique significative sur le potentiel de rendement d’une destination touristique.

Source: Polynomics

En complément à la saison d’hiver, nous avons estimé les mêmes modèles pour la

saison d’été, en nous appuyant sur les indicateurs d’attractivité respectifs, énumérés

en chapitre 7.4.2. Le tableau 7-3 reprend les coefficients estimatifs identifiés et leurs

déviations standards, la taille de l’échantillon, ainsi que la valeur explicative des trois

Variablen

Koef. Std. Abw. Koef. Std. Abw. Koef. Std. Abw.

Konstante 4.15E+00 *** 3.99E-01 4.70E+00 *** 4.84E-01 2.99E+00 *** 8.61E-01

ln(hbett3) 1.76E+00 *** 7.96E-02 1.77E+00 *** 9.65E-02 1.71E+00 *** 2.15E-01

ln(hbett3^2) -5.36E-02 *** 5.92E-03 -5.54E-02 *** 7.17E-03 -3.19E-02 . 1.81E-02

ln(ma) 7.59E-02 *** 2.03E-02 2.62E-02 2.45E-02 1.54E-01 *** 3.35E-02

ln(hgrösse) 6.07E-02 3.72E-02 9.57E-02 * 4.50E-02 2.81E-01 *** 6.74E-02

wbett 3.98E-03 1.05E-02 4.12E-03 1.27E-02 2.37E-02 1.96E-02

hbett1,2 -3.78E-02 * 1.69E-02 -2.01E-02 2.04E-02 -6.77E-02 . 3.46E-02

hbett4,5 -6.86E-03 6.42E-03 2.27E-03 7.78E-03 -3.03E-02 ** 1.13E-02

erreichbarkeit 2.97E-03 * 1.30E-03 5.16E-03 ** 1.57E-03 1.72E-03 2.05E-03

touri -6.70E-02 *** 9.80E-03 -7.04E-02 *** 1.19E-02 -7.70E-02 . 4.20E-02

touri'2 3.44E-03 *** 6.75E-04 3.26E-03 *** 8.18E-04 2.91E-03 6.02E-03

bergbahn 8.70E-02 *** 1.84E-02 1.40E-01 *** 2.23E-02 -9.66E-02 ** 3.60E-02

wandern -2.07E-03 8.79E-03 -5.27E-03 1.06E-02 5.04E-02 ** 1.88E-02

wassersport 2.13E-02 . 1.11E-02 3.11E-02 * 1.34E-02 4.83E-02 . 2.68E-02

landschaft 2.20E-02 * 9.10E-03 1.50E-02 1.10E-02 1.06E-01 *** 2.08E-02

wellness 3.72E-02 *** 1.12E-02 6.47E-02 *** 1.36E-02 -1.03E-02 2.77E-02

mtb -6.22E-02 * 2.64E-02 -1.25E-01 *** 3.20E-02 -1.07E-01 . 6.01E-02

golf -9.54E-03 9.43E-03 2.56E-04 1.14E-02 -5.19E-02 * 2.39E-02

familienangebot 1.90E-02 1.66E-02 2.65E-02 2.02E-02 4.80E-02 2.92E-02

genuss 6.68E-02 *** 1.52E-02 4.47E-02 * 1.84E-02 2.80E-02 3.22E-02

StichprobengrösseSchätzmethode: SFA; p-Wert: *** <0.001, ** <0.01, * <0.05

M1 (he3) M2 (hpe3) M1 (CH)

974 974 331

144

modèles étudiés. A nouveau, nous n’avons pas présenté les modifications dans le

temps et les différences systématiques des recettes réalisées dans les pays étudiés.

Contrairement à ce que nous avons observé pour la saison d’hiver, les coefficients

estimatifs s’avèrent plus ambigus pour la saison d’été. D’ailleurs, la comparaison des

modèles 1 et 2 confirme ce constat. L’hétérogénéité des destinations touristiques

qui s’était révélée au niveau des analyses d’efficience se répercute aussi sur les ré-

sultats présentés dans ce tableau. Néanmoins, par le biais des observations et va-

riables dont nous disposons, il nous est possible d’estimer à nouveau une fonction

des recettes, dans laquelle l’ensemble des inputs de production affiche les signes

théoriquement escomptés. L’augmentation du nombre des lits n’engendre qu’une

augmentation des revenus proportionnellement inférieure (hlit3,hlit32). On constate à

nouveau un impact positif au niveau des effectifs (ma) ; toutefois, dans le modèle 2,

il n’est plus significatif. Apparemment, le proxy utilisé pour la saison d’été n’est pas

aussi avantageux que celui appliqué pour la saison d’hiver. La pertinence serait su-

périeure si le jeu de données intégrait aussi des indications concernant les salariés

de l’hôtellerie.

Les autres variables structurelles génèrent à leur tour des résultats intéressants.

Alors que, pendant la saison d’hiver, la dimension moyenne des hôtels avait une ré-

percussion significative sur le volume des revenus, cet effet est certes encore positif

en été, mais dans une moindre mesure (htaille). De même, les capacités

d’hébergement des hôtels 4 et 5 étoiles n’exercent plus d’effet directement positif

sur l’hôtellerie 3 étoiles (hlit4,5). Une des raisons pouvant expliquer ces divergences

pourrait se trouver dans les capacités excédentaires qui encombrent de nombreuses

destinations touristiques en été. Cette thèse est d’ailleurs confirmée par les résultats

obtenus pour le paramètre de l’efficience, nettement plus faible en été qu’en hiver.

Si, toutes catégories d’hôtels confondues, l’utilisation des capacités est insuffisante,

les hôtels se font de la concurrence mutuellement, en lançant des offres promotion-

nelles à bas prix, ce qui risque de pénaliser les recettes des hôtels 3 étoiles. Toute-

fois, les effets identifiés sont insignifiants, sauf pour les hôtels de catégorie 0 à 2

étoiles (hlit1,2), de sorte qu’il est difficile de tirer des conclusions claires en ce qui

concerne l’impact de ces variables structurelles en été.

Quant aux indicateurs d’attractivité, le résultat est plus nuancé qu’en hiver, ce qui

tient au fait, du moins partiellement, que les destinations touristiques ne ciblent pas

toutes les mêmes attractions. Alors qu’en hiver, les touristes sont indiscutablement

attirées par le ski, en été, ils peuvent être séduits par les offres de bien-être

(wellness), les pistes de VTT (mtb), les sentiers de randonnée (randonnée), le golf

(golf) et beaucoup d’autres choses. Les attractions phare de l’été qui dopent les re-

venus sont les remontées mécaniques (remontées mécaniques), l’offre de bien-être

(wellness) et le facteur plaisirs gourmands (plaisirs gourmands). Une extension des

remontées mécaniques d’une unité de la variable (définie à partir du nombre de re-

montées mécaniques et l’altitude du lieu de villégiature) rehausse les revenus poten-

tiels de plus de 8% (remontée mécanique = 0,087); une offre de wellness bien étu-

diée rapporte presque 4% (wellness = 0,0372); le facteur plaisirs gourmands d’une

région, tel que défini par BAKBASEL, s’il progresse de 0 à 1, impacte les revenus

potentiels d’environ 6,5% (plaisirs gourmands = 0,0668). En été, les touristes accor-

dent donc une grande importance à la convivialité et au repos. L’accessibilité (ac-

cessibilité), les sports aquatiques (sport aquatique), le paysage (paysage) et les

145

offres pour les familles (offres familles) influent, certes, aussi sur les recettes poten-

tielles, mais cette influence est d’une portée faible, voire insignifiante. Par ailleurs,

l’intensité touristique (touri) et l’offre pour les adeptes du mountainbiking se répercu-

tent de manière très négative sur les revenus. En effet, l’intensité touristique, si bé-

néfique en hiver pour les revenus, se révèle un handicap en été, éventuellement en

raison de l’offre estivale réduite dans les nombreuses régions qui ciblent prioritaire-

ment le tourisme d’hiver. Certains hôtels ferment complètement; par conséquent,

leur potentiel d’efficience reste inutilisé. Ce phénomène concerne prioritairement les

destinations à forte intensité en hiver. D’autres régions qui ne disposent pas d’un fort

potentiel pour l’hiver et dont l’intensité touristique est forcément moindre, vont es-

sayer de combler cette lacune par des recettes réalisées en été.

L’offre pour les vététistes génère un effet inattendu: une augmentation de l’offre

pour les pratiquants du mountainbiking d’une unité d’indice (définie à l’aide des

pistes pour VTT en km, downhill-km, downhill-nombre de pistes, ainsi que de l’offre

de tours guidés) conduit à une réduction des recettes de l’ordre de 6% (mtb = -

0,0622). Ce constat pourrait avoir son origine dans le type de clientèle, les vététistes

étant peu enclins à dépenser beaucoup d’argent pour les nuitées. Aussi, en aména-

geant cette attraction, on attire, certes, plus de clients, mais ces clients recherchent

un hébergement bon marché et font baisser les prix. Les offres pour les randonneurs

(randonner) et les golfeurs (golf) se répercutent également de façon négative ; ce-

pendant, dans le setting international, cette influence n’est pas significative.

Si l’on compare à nouveau le modèle 1 au modèle 3, il s’avère qu’en été, les résul-

tats pour la Suisse divergent davantage des résultats des pays voisins qu’en hiver.

Au-delà de la dimension moyenne des hôtels qui se répercute très favorablement sur

les recettes et qui constitue donc un facteur très significatif , on observe également

des différences en termes d’importance statistique, notamment au niveau de

l’intensité touristique, des remontées mécaniques, des randonnées, du paysage, du

bien-être et des plaisirs gourmands. L’intensité touristique affiche le même signe en

Suisse, sans se différencier de manière significative de zéro. Il en va de même pour

les variables «bien-être» et «plaisirs gourmands», qui, dans le setting international,

exercent une influence très positive sur les recettes. En revanche, pour la Suisse, on

observe une forte augmentation des recettes pour les indicateurs randonnées et

paysage (5, respectivement 10% d’augmentation en rehaussant l’indice concerné

d’une unité). Globalement, les résultats montrent que les touristes fréquentant les

destinations suisses privilégient davantage un paysage intact et la randonnée. Bien-

être et plaisirs gourmands ne jouent, pour ces touristes, qu’un rôle secondaire par

rapport aux pays voisins. A l’inverse, l’analyse permet de supposer que les destina-

tions à l’étranger se sont plus fortement positionnées sur ces deux segments que la

Suisse et attirent donc aussi les clients suisses. En revanche, pour les séjours orien-

tés vers les randonnées, le paysage et la nature, les touristes continuent de privilé-

gier tendanciellement les destinations suisses.

La figure 7-9 montre l’impact des indicateurs d’attractivité observés précédemment

sur le potentiel des recettes. Cette figure compare les degrés d’efficience de chacune

des destinations, sans et avec prise en compte des indicateurs d’attractivité, pour le

modèle M1. Les degrés d’efficience sans indicateurs d’attractivité correspondent à

ceux relevés en chapitre 7.5.1 pour la saison d’été.

146

Fig. 7-9 Degrés d’efficience avec et sans indicateurs d’attractivité, saison d’été

Cette figure présente, pour la saison d’été, les degrés d’efficience du modèle de base sans indicateurs d’attractivité

et ceux du modèle avec indicateurs d’attractivité. En rouge –destinations ouvertes toute l’année, en gris – destina-

tions d’hiver. La figure traduit une amélioration significative des degrés d’efficience avec prise en compte des indi-

cateurs d’attractivité dans le modèle.

Source: Polynomics

Il ressort de cette figure que l’efficience des recettes est, en moyenne, nettement

plus élevée dans le modèle avec indicateurs d’attractivité que dans le modèle sans

ces derniers (la majorité des destinations se situent au-dessus de la bissectrice). Les

destinations d’hiver ayant affiché une performance inférieure à la moyenne dans

l’analyse d’efficience du chapitre 7.5.1, peuvent en tirer un très grand profit. Le mo-

dèle de base sans prise en compte des indicateurs d’attractivité, semble surestimer

le potentiel des recettes, tout particulièrement pour les destinations affichant des

degrés d’efficience moyens ou faibles qu’il l’interprète donc comme inefficience. Par

conséquent, il convient de retenir, notamment pour la saison d’été, que la prise en

compte des indicateurs d’attractivité améliore considérablement la valeur explicative

du modèle et, dans la moyenne, l’inefficience baisse de façon évidente. Le fait

d’exclure ces indicateurs d’attractivité peut conduire à des interprétations erronées.

Conclusions à retenir de l’analyse d’attractivité pour certaines destinations

A l’instar des résultats d’efficience, les analyses d’attractivité peuvent être interpré-

tées individuellement pour certaines destinations Les coefficients estimatifs des

tableaux 7-2 et 7-3 permettent de se prononcer directement sur l’incidence des

différents indicateurs d’attractivité pour les recettes des hôtels, et ceci séparément

pour la saison d’hiver et celle d’été. Ainsi, on peut quantifier l’augmentation poten-

tielle des recettes, générée par une modification marginale d’une attractivité: quelle

serait la hausse moyenne des recettes des hôtels 3 étoiles, si la station aménageait

10km supplémentaires de pistes de ski ?

Un examen complémentaire permet par ailleurs de se prononcer sur le positionne-

ment relatif d’une destination au regard des indicateurs d’attractivité étudiés. Con-

trairement aux comparaisons unidimensionnelles de ratios, les modèles utilisés

dans la présente analyse se prêtent à une comparaison avec des destinations simi-

laires dans différentes dimensions. Cette approche permet d’analyser, entre autres,

comment des destinations ciblant spécifiquement les familles et mettant en avant

147

une offre de wellness se positionnent à l’intérieur de ce groupe homogène, ce qui

permet d’aller plus loin dans l’évaluation. En couplant le résultat avec les recettes,

on peut ainsi mettre en évidence les adaptations au niveau de l’infrastructure ou

les réorientations stratégiques ayant permis à des destinations comparables

d’augmenter les recettes de leur hôtellerie. Dans la mesure où cette étude se dé-

roule sur plusieurs années et qu’elle fait la différence entre saison d’été et saison

d’hiver, ces conclusions peuvent être tirées à des dates différentes et séparément

pour les deux saisons. Ainsi, il est possible, d’une part, de vérifier la stratégie et

l’orientation d’une destination sur plusieurs années et en fonction de la saison

d’été ou d’hiver, pour établir une comparaison avec des destinations similaires.

D’autre part, ces résultats peuvent offrir une piste de réflexion pour façonner

l’orientation future d’une destination.

Au besoin, les analyses relatives aux indicateurs d’attractivité peuvent également

être restreintes dans leur dimension régionale, temporelle ou géographique.

148

8 Annexe

8.1 L'échantillon des destinations touristique

Les études effectuées dans le cadre du présent rapport se sont basées sur un large

échantillon de destinations touristiques pour effectuer les comparaisons.

L’échantillon des villes est expliqué au paragraphe 8.1.1. Pour les analyses dans le

domaine des destinations alpines, on a évalué les données de 149 destinations al-

pines (cf. 8.1.2).

8.1.1 L’échantillon des destinations urbaines

L’échantillon des destinations urbaines comporte au total 43 villes situées dans les

pays suivants: la Suisse, l'Allemagne, l'Italie, l'Autriche, le Liechtenstein, l'Espagne et

la République Tchèque. Pour délimiter l'étendue géographique de chaque destination

urbaine, on s’est basé en règle générale sur le noyau urbain.

Tab. 8-1 L'échantillon des destinations urbaines

Échantillon des destinations urbaines: état en novembre 2015

Source: BAKBASEL

8.1.2 L’échantillon des destinations touristiques alpines

L’échantillon sélectionné pour le présent rapport de synthèse comprend un total de

149 destinations touristiques de l’Arc alpin. Parmi les destinations analysées dans la

présente étude, on compte 38 destinations touristiques suisses, 72 destinations

autrichiennes, 27 destinations en Italie, 7 en France et 5 en Allemagne. Cet échantil-

lon ne prend en compte que les destinations qui ont réalisé en moyenne au moins

Pays Région Destination

Suisse Région du Lac Léman Genève, Lausanne, Montreux Riviera, Brig, Martigny, Sion/Sierre

Espace MittellandBern, Biel, Interlaken, Thun, Fribourg, La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel,

Solothurn

Suisse du Nord-Ouest Basel, Baden

Zurich Winterthur, Zürich

Suisse orientale Chur, Davos, St. Gallen

Suisse centrale Luzern, Zug

Suisse du sud Bellinzona, Locarno, Lugano

Liechtenstein Oberland Vaduz

Autriche Carinthie Klagenfurt

Salzbourg Salzburg

Tyrol Innsbruck

Vorarlberg Bregenz

Vienne Wien

Allemagne Bade-Wurtemburg Freiburg, Heidelberg, Stuttgart

Bavière München, Nürnberg

Italie Lombardie Como

Toscane Firenze

Bolzano Merano

Vénétie Verona

République Tchèque Hlavní město Praha Praha

Espagne Catalogne Barcelona

149

100'000 nuitées en hôtel par an entre 2000 et 2014 et qui comptent plus de 5 éta-

blissements hôteliers.

Tab. 8-2 L'échantillon des destinations touristiques alpines

149 destinations touristiques (>100'000 nuitées d‘hôtel, > 5 établissements hôteliers), état en novembre 2015

Source: BAKBASEL

Pays Région Destination

Suisse Alpes vaudoises Leysin - Les Mosses, Villars-Gryon

Oberland bernoisAdelboden, Gstaad, Haslital, Interlaken, Lenk-Simmental, Kandertal, Thunersee,

Jungfrau Region

GrisonsArosa, Davos Klosters, Disentis Sedrun, Engadin St. Moritz, Flims Laax,

Lenzerheide, Samnaun, Scuol

Suisse orientale Heidiland, Toggenburg

TessinBellinzona e Alto Ticino, Lago Maggiore e Valli, Mendrisiotto, Regione Lago di

Lugano

ValaisAletsch, Brig-Belalp, Chablais-Portes du Soleil (CH), Crans Montana, Goms,

Leukerbad, Saastal, Sierre-Anniviers, Sion-Région, Verbier, Zermatt

Suisse centrale Engelberg, Luzern, Weggis

Autriche Carinthie

Bad Kleinkirchheim, Kärnten Naturarena, Klagenfurt und Umgebung, Klopeiner

See - Südkärnten, Lavanttal, Liesertal-Maltatal, Millstätter See, Nationalpark

Region Hohe Tauern Kärnten, Oberes Drautal, Rennweg / Katschberg, Villacher

Skiberge, Wörthersee

Salzbourg

Europa-Sportregion, Ferienregion Lungau, Ferienregion Nationalpark Hohe

Tauern, Fuschlsee, Gasteinertal, Grossarltal, Hochkönig, Lammertal-Dachstein

West, Alpinworld Leogang Saalfelden, Saalbach-Hinterglemm, Salzburg und

Umgebung, Salzburger Saalachtal, Salzburger Sportwelt, Skiregion Obertauern,

Tennengau Salzachtal, Tennengebirge, Wolfgangsee

StyrieAusseerland-Salzkammergut, Schladming-Dachstein-Tauern, Urlaubsregion

Murtal

Tyrol

Achensee , Alpbachtal und Tiroler Seenland, Erste Ferienregion im Zillertal,

Ferienland Kufstein, Ferienregion Hohe Salve, Ferienregion Reutte, Ferienregion

St.Johann in Tirol, Imst-Gurgltal, Innsbruck und Umgebung, Kaiserwinkl,

Kitzbühel Tourismus, Kitzbüheler Alpen - Brixental, Lechtal, Mayrhofen, Osttirol,

Ötztal Tourismus, Paznaun, Pillerseetal, Pitztal, Region Hall - Wattens, Seefeld,

Serfaus-Fiss-Ladis, Silberregion Karwendel, St.Anton am Arlberg, Stubai Tirol,

Tannheimer Tal, Tirol West, Tiroler Oberland, Tiroler Zugspitz Arena, Tux -

Finkenberg, Wilder Kaiser, Wildschönau, Wipptal, Zell-Gerlos Zillertal Arena

VorarlbergAlpenregion Bludenz, Lech-Zürs, Bodensee-Vorarlberg, Bregenzerwald,

Kleinwalsertal, Montafon

France Haute-Savoie Chamonix Mont-Blanc, La Clusaz, Le Grand Massif, Portes du Soleil (F)

Savoie La Plagne - Les Arcs, Les Trois Vallées, Val d'Isère et Tignes

Italie Haut-AdigeAlta Badia, Eisacktal, Gröden, Hochpustertal, Kronplatz, Meraner Land,

Rosengarten-Latemar, Seiser Alm, Südtirols Süden, Tauferer Ahrntal, Vinschgau

Bellune Cortina d'Ampezzo

Sondrio Bormio

Trentin

Altipiani di Folgaria Lavarone e Luserna, Altopiano di Pine' e Valle di Cembra,

Dolomiti di Brenta - Paganella, Garda trentino, Madonna di Campiglio, Rovereto,

San Martino di Castrozza e Primiero, Terme di Comano - Dolomiti di Brenta,

Valsugana - Tesino, Trento, Val di Fassa, Val di Fiemme, Valle di Non, Valli di

Sole Peio e Rabbi

Allemagne Allgäu Ferienregion Alpsee-Grünten, Oberstdorf

Sud-ouest de la Bavière Berchtesgadener Land, Garmisch-Partenkirchen, Reit im Winkl

150

8.2 Coefficients estimatifs

Tab. 8-3 Résultats relatifs sans indicateurs d’attractivité

Source: Polynomics

Variablen

Koef. Std. Abw. Koef. Std. Abw.

Konstante 5.33E+00 *** 4.30E-01 4.311029 *** 0.392356

ln(hbett3) 1.31E+00 *** 9.60E-02 1.752023 *** 0.091229

ln(hbett3^2) -1.82E-02 * 7.11E-03 -0.052661 *** 0.006689

ln(ma) 6.86E-02 ** 2.28E-02 0.058048 ** 0.020451

ln(hgrösse) 2.91E-01 *** 4.31E-02 -0.004363 0.039135

wbett -4.48E-02 *** 1.09E-02 0.041572 *** 0.0101

hbett1,2 -3.48E-02 . 1.84E-02 0.036145 * 0.016887

hbett4,5 3.65E-02 *** 7.06E-03 0.001791 0.006525

2008 1.31E-01 *** 3.88E-02 0.084363 * 0.035419

2009 1.08E-01 ** 3.85E-02 0.052143 0.035257

2010 8.48E-02 * 3.87E-02 0.098617 ** 0.03523

2011 9.26E-02 * 3.89E-02 0.028889 0.035311

2012 -1.36E-01 *** 3.89E-02 -0.161292 *** 0.035335

CH 7.43E-01 *** 4.56E-02 0.528135 *** 0.041543

DE 3.14E-01 *** 7.22E-02 0.1791 ** 0.065775

FK 1.23E+00 *** 6.35E-02 0.393378 *** 0.057827

IT 1.53E-01 ** 4.63E-02 0.272575 *** 0.0421

Stichprobengrösse 990

Schätzmethode: SFA; p-Wert: *** <0.001, ** <0.01, * <0.05

M1 (Winter) M1 (Sommer)

990

151

9 Références

ALPENKONVENTION (1991):

«Übereinkommen zum Schutz der Alpen (Alpenkonvention). Rahmenkonventi-

on», Salzburg.

ALPENKONVENTION (2002):

«Vertragsstaaten und Verwaltungseinheiten innerhalb des Perimeters der

Alpenkonvention», http://www.alpenkonvention.org, Zugriff: November 2010.

BAKBASEL (2011):

«Performance der Schweizer Tourismuswirtschaft im internationalen Ver-

gleich, Zwischenbericht Update 2010-2011», Basel.

BAKBASEL (2010):

«Tourismus-Benchmarking – Die Schweizer Tourismuswirtschaft im internati-

onalen Vergleich, Schlussbericht Update 2008-2009», Basel.

BAKBASEL (2007):

«Erfolg und Wettbewerbsfähigkeit im alpinen Tourismus», Basel.

BAKBASEL (2005):

«Erfolgsfaktoren im alpinen Tourismus», Basel.

BAKBASEL (1998):

«Internationaler Benchmarking Report für den Schweizer Tourismus», Basel.

BIEGER, T. (2002):

«Management von Destinationen. 5. Auflage», München

CHING-FU, Ch. (2007):

«Applying the stochastic frontier approach to measure hotel managerial effi-

ciency in Taiwan, Tourism Management 28», S. 696–702.

COELLI, T.J., D. S. PRASADA RAO, C.J. O'DONNEL, G.E. BATTESE (2005):

«An Introduction to Efficiency and Productivity Analysis», USA.

COOK, D (1977):

«Detection of Influential Observation in Linear Regression», Technometrics

(American Statistical Association), S. 19 (1), 15-18.

FUCHS, M. (2002):

«Destination Benchmarking. Ein strategischer Managementansatz am Bei-

spiel des Tiroler Sommertourismus», In: Tourismus Journal, Nr. 3, 6. Jg., S. 291-320.

HOCHSCHULE FÜR TECHNIK UND WIRTSCHAFT HTW CHUR (2008):

«Wertschöpfung des Tourismus in den Regionen Graubündens – Stand und

Entwicklung», Chur.

HotellerieSuisse (2014):

152

«Die Hotellerie in der Schweiz – Zahlen und Fakten 2014», Bern.

HUNZIKER, C. (2006):

«Destination Benchmarking. Erfolgsfaktoren für die Bündner Wintersportorte»,

Zürich.

KUMBHAKAR, S, C.A.K. LOVELL (2000):

«Stochastic Frontier Analysis», Cambridge, USA.

MÜLLER, H. (2008):

«Freizeit und Tourismus. Eine Einführung in Theorie und Politik», Bern.

PESTANA, B.C., B. LAURENT, P. NICOLAS, R. ELISABETHE, S. Bernardin, A. G. ASSAF

(2011):

«Performance of French destinations: Tourism attraction perspectives», Tou-

rism Management S. 32, 141–146.

POLYNOMICS AG (2015):

«Tourismusdestinationen zwischen Attraktivität und Effizienz», Olten.

RICARDO, O., M.I. PEDRO, R.C. MARQUES (2013):

«Efficiency and its determinants in Portuguese hotels in the Algarve», Tourism

Management S. 36, 641–649.

RÜTTER, H.; BERWERT, A.; RÜTTER-FISCHBACHER, U.; LANDOLT, M. (2001):

«Der Tourismus im Wallis. Wertschöpfungsstudie», Visp.

STAATSSEKRETARIAT FÜR WIRTSCHAFT (SECO) (2010):

«Wachstumsstrategien für den Schweizer Tourismus», Bern.

WORLD ECONOMIC FORUM (WEF) (Hrsg.) (2015):

«Travel & Tourism Competitiveness Report», http://www.weforum.org, Zugriff:

November 2015.

WORLD TOURISM ORGANIZATION (WTO) (2015):

«Tourism Highlights 2015», http://www.unwto.org, Zugriff: November 2015.

153

BAK Basel Economics AG Güterstrasse 82 CH-4053 Basel T +41 61 279 97 00 [email protected] www.bakbasel.com