BIEN LIRE CARLOS CASTANEDA final - LIRE CARLOS  · POUR LIRE CARLOS CASTANEDA Guillermo

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POUR LIRE CARLOS CASTANEDA Guillermo Marin Traduction franaise : Archangette SOLITO DE SOLIS 2006

Lire Carlos Castaneda est une synthse critique de l'oeuvre de cet anthropologue singulier situe sur ltroite relation existant entre les enseignements de Don Juan et l'ancienne culture toltque. Ce texte prsente les lments fondamentaux pour comprendre Carlos Castaneda et la

Toltquit , en les assemblant en un ensemble cohrent, afin de rendre cette connaissance fonctionnelle et accessible notre conscience quotidienne.

L'oeuvre de Guillermo Marin a comme rfrence implicite de mettre, d'une part en relation troite

les enseignements de Don Juan avec son essence profonde et vraie et d autre part de clarifier beaucoup de ces termes et ces concepts fondamentaux ncessaires pour comprendre les oeuvres de Carlos Castaneda.

Guillermo Marin dvoile une nouvelle perspective sur une des cultures plus anciennes et puissantes

du monde, la culture Toltque. La comprhension de l'oeuvre de Carlos Castaneda s'avre difficile pour deux motifs fondamentaux

: -le premier est que Castaneda n'a jamais dfini explicitement la relation qui existe entre la connaissance obtenue des enseignements de Don Juan et l'ancienne culture toltque dlaissant continuit et profondeur son oeuvre -deuximement beaucoup des termes utiliss dans les transcriptions n'ont pas t traduits adquatement, avec la consquence vidente daugmenter la confusion du lecteur Cette oeuvre donne une nouvelle vie des ides que l'homme avait rejetes et dont il a besoin aujourd'hui ; des ides sur ce qu'ils devinent mais quils ne connaissent pas, sur la mort personnelle sur l'impecabilit, sur les secrets du mouvement du point dassemblage " et, de manire trs particulire, sur la connaissance silencieuse ", qui reprsente une nouvelle manire de s'approcher la connaissance, au moins pour l'homme moderne. La thorie sur linconscient collectif, dont nous parle le psychanalyste Carl Gustav Jung, et la

perception corporelle utilise dans la GestaltThrapie par le Dr. Fritz Perls, reprsentent certaines des thories formules en Occident qui d'une certaine manire ressemblent au concept de connaissance silencieuse exprime par les anciens toltques.

La seule diffrence qui spare lantique concept toltque de de ce qui est moderne est que les toltques vivaient simplement avec cette connaissance, en la pratiquant et en l'enseignant, tandis que, pour nous c'est aujourd'hui seulement une thorie de plus.

Aujourd'hui plus que jamais l'homme ne demande qu dcouvrir ses possibilits oublies, posibilites qui lui permettent de percevoir et d'agir dans le monde que nous connaissons d'une manire diffrente en trouvant l'Harmonie, la Conscience Totale, la Troisime Attention ou le Don de l'Aigle

GIULIO LOZZIA

INTRODUCTION

Chacune des cultures dorigine autonome (Egypte, Msopotamie, lChine, Inde, Amrique du Nord,

Culture Andine) ont compt avec des hommes de connaissance qui forgrent l'infrastructure philosophique de base sur laquelle sest dveloppe une multiplicit d'activits qui lui donnrent personnalit et visage typique.

Dans la profondeur du temps,des milliers danne auparavant apparut, dans ce qu'aujourd'hui

constitue le Mexique, une culture surprenante et prolifique, dont la pluralit en dans le temps et lespace a conserv sa matrice philosophique.

Depuis lre olmque, en passant par lre Toltque en arrivant la priode pralable la

Conqute, avec les res mexicaines a exist un fil conducteur coordonnant chaque processus, chaque nouvelle facette culturelle de cette mme matrice, dont la force atteint encore, de faon occulte, l'poque actuelle.

Nous pouvons apprcier cette matrice culturelle dans les vestiges archologiques et dans

l'iconographie des Olmques, et comment se sont maintenues travers le temps et l'espace les cultures qui les suivirent. Chacune de d'elles rgnre la matrice et l l'enrichit ; c'est pourquoi, l'ancien Mexique se prsente face nous comme une mosaque pluri-culturelle, dont l'essence ou la matrice est cette dernire.

Cette matrice, lment fondamental qui a donn suite au processus culturel msoamricain, se

dveloppa pendant des milliers d'annes pour se perfectionner petit petit jusqu' arriver toute sa splendeur dans lAge Suprieur Classique.

Cette essence culturelle profonde n'a pas t reconnue par Occident dans les temps de la

Conqute, parce que les Espagnols ne pouvaient pas valider le dveloppement culturel avanc d'un peuple quils avaient brutalement effac, et, actuellement, parce que la suprmatie occidentale est asservissante dans les terrains de la philosophie de la science et de la culture.

Les vestiges de la grandeur culturelle de l'ancien Mexique ont presque succomb dans l'obscurit

du temps et dans les esprits de ceux-l qui furent domins par la force. Aujourdhui, loin de reconnatre l'existence d'une philosophie msoamricain profonde, on parle

d'une religion polithste transfigure, dans laquelle psent encore des jugements eurocentriques.

Le pass prehispanique du Mexique reprsente, pour la grande majorit de ceux qui dtiennent le

pouvoir politique et culturel, une source de nationalisme dmagogique ; un patrimoine culturel de pierres et objets de grande valeur esthtique lattrayant pouvoir touristique et finalement na quune seule importance conomique.

Mais o donc est la base sur laquelle peut se soutenir la richesse authentique de notre patrimoine

culturel ? Seule, l'existence d'une philosophie mesoamricaine peut donner sens et explication des milliers d'annes volution et de dveloppement.

Comment pourrions-nous comprendre le patrimoine culturel grco-latin sans l'tude de la

connaissance lgue par leurs philosophes et penseurs ? Sans cette base fondamentale, tous les vestiges de leur pass n'auraient pas une explication claire.

De la mme manire, sans la connaissance de la philosophie mesoamricaine il est plus que difficile de comprendre les processus culturels de l'ancien Mexique.

Cinq cents annes ont pass sans que les cultures dominantes aient pu ou aient voulu reconnatre, et encore moins comprendre, la philosophie mesoamricaine. Au XVI sicle les minents thologiques occidentaux dbattaient sur la question de savoir si les Indiens avaient ou n'avaient pas esprit.

Aujourd'hui, plusieurs sicles aprs, il est encore de ceux qui pensent qu'il n'a pas exist une philosophie mesoamricaine, simplement parce qu'il n'existe pas de bases scientifiques pour le vrifier.

Le Dr. Rubn Bonifaz Nuo, dans son livre Image de Tlloc, interroge l'attitude dnigrante qu'ont

maintenue les chercheurs sur les cultures du Mexique ancien. ... Peut-tre quainsi on arrive admettre que ces hommes n'taient pas les adorateurs

primitifs de la pluie, proccups par l'abondance ou la perte de leurs rcoltes, par la possible fertilit de la terre, mais quils possdaient une connaissance mtaphysique de de ce qui existe.

Un concept du monde qui rendrait explicables la qualit des grands mathmaticiens, d'astronomes, ingnieurs, architectes, sculpteurs qui paradoxalement sont reconnus de manire universelle. Parce que tous sont d'accord de l'affirmer : les anciens habitants de la Mesoamrique taient

des ingnieurs et des architectes insignes; sont l , pour le dmontrer, les oeuvres difficilement galables des temples et les places construites, comme par miracle, entre des forts ou sur les sommets applanis , dans des marais transforms en terre ferme ; l l'utilisation tonnante des espaces et des masses, comme dans une musique cosmique dans laquelle on alterne sans dfaut les blocs de son avec les ouvertures harmonieuses du silence.

Ils taient, de mme, des mathmaticiens incomparables ; ainsi le prouvent leurs calculs, capables de comprendre la notion de du zro, la mesurabilit du mouvement, selon les positions de l'avant et de laprs.

Ils taient, et cest aussi admis comme indiscutable, des astronomes puissants ; la marche des corps clestes, les lois qui dterminent les avances et les reculs des plantes, la progression cyclique des toiles, les morts et les rsurrections de la lune, tout cela leur tait connu par la raison et par l'exprience ; de sorte que leurs mesures du temps leur donnaient la facult de calculer, dans un calendrier prcis et mticuleux, des dates situes dans des espaces on ne peut plus illimits.

Personne ne leur refuse ni le pouvoir de crer, dans des oeuvres qui plus tard ont t considres

comme art des images symboliques ou ralistes de qualits suprmes ; la boue, le bois, le mtal la pierre, les couleurs manies par eux, sont arrives jusqu' nous sous la forme dune multitude d'objets dont les valeurs plastiques transmettent avec grande efficacit le tmoignage de leur volont d'tre ; on reconnat ainsi universellement quils taient, de grands artisans, matres de techniques qui date ne peuvent pas encore tre expliqus exactement. On suppose raisont qu'ils ont compt une organisation sociale sage et bien hirarchise,

soutenue par des principes moraux solides, en accord avec lesquels la vie en commun se dveloppait ordonne et sre.

On sait quils parlaient des langues riches avec lesquelles on pouvait exprimer des concepts de

trs grande'abstraction ; des langues suffisantes pour contenir, directement et mtaphoriquement les finesses et la solidit du langage de la science, de la philosophie ou des manifestations potiques. Tout cela et plus encore, qu'il ne serait pas utile dnumrer est admis plus par tous comme chose

vidente et probable. ET tout cela peut tre synthtis en disant quon admet sans aucun doute que les anci