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  • Sommaire

    ditorial

    Association francophone des professionnels de basse vision

    Bulletin ARIBa n 36mars2016

    lARIBa a vingt ans.Vingt ans, une date anniversaire qui reprsente dans notre inconscient, lge de lenvol et du pr-positionnement dans la vie active.

    LAriba a vingt ans.

    Sa cration tait une utopie qui a atteint une partie de ses esprances. Son but tait et est toujours dtre un lieu dchanges pluridisciplinaire sur les pratiques mises en uvre pour la rhabilitation dautonomie de sujets dficients visuels.

    lorigine, les patients dits malvoyants se diffrenciaient des sujets aveugles, sans que lon ait une juste comprhension de la diffrence physiologique et fonctionnelle entre ces deux populations. Ce sont, en 1986, le Docteur Claude Chambet, directrice de ltablissement de radaptation des aveugles et malvoyants Marly le Roi et le Docteur Jean-Paul Boissin, ophtalmologiste du centre, qui se sont interrogs, initialement, sur ce paradoxe que certains aveugles voyaient. cette poque, pas si lointaine, lanalyse des paramtres de la vision ne permettait de diffrencier que deux catgories de population: celle qui tait voyante et celle qui tait en tat de ccit. Plusieurs spcialistes, orthoptistes, psychologues, instructeurs en locomotion, ergothrapeutes se posaient dailleurs les mmes questions.

    La tenue des tats Gnraux de la Basse Vision, Paris le 8 mai 1995, sous limpulsion du Docteur S.Y. Cohen et du Professeur J.P. Menu, a permis de connatre et de confronter les diffrentes prises en charge de sujets dficients visuels, en France, par les structures ou spcialistes spcifiques ce type de handicap. La participation active de Marie-France Clenet a suscit une dynamique ractionnelle source dun dveloppement universitaire sous lgide du Professeur Henry Hamard.

    Il en ait rsult, rapidement, la cration et la structuration de lAriba (Association reprsentative des initiatives en basse vision) (JO 22/12/1995) qui est devenue Association des Professionnels Francophones de Basse Vision, qui constituait un lien favorisant les changes interdisciplinaires pour privilgier une stratgie homogne de prise en charge des patients dficients visuels.

    Les prrequis corporels aux dplacements chez ladulte dficient visuel : les atouts de lEutonie Gerda AlexanderAgns Fosselard

    Pourquoi faire de la revalidation des mouvements oculomoteurs ?Ccile Streel

    www.lestactiles.be : Mthodologies dapproche pour le bon dveloppement de lutilisation des nouvelles technologiesVincent Collin & Pierre Muraille

    Basse vision et rducation fonctionnelle : analyse du contexte franco-belgeAnn Buyck

    Pluriculturalit et pathologies rtiniennes : besoin identiques, nos rponses sont-elles si diffrentes ?Fanny Depasse

    Basse vision & Compensation Sensorielle dans le domaine Culturel et ArtistiqueGenevive Delwarte, Alain Eyckerman & Chantal Lcolier

    La surdiccit, une culture part entireChristine Aktouche

    Quest-ce que lalbinisme ?Annie Mokto

    Lopticien-optomtriste et la Basse Vision Pierre Clayes & Viviane De Vries

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    22Nos remerciements ESSILOR pour son aide dans la ralisation de ce bulletin

    Directeur de la publication : Jean Mergier

    Bernard ArnaudPrsident de 2002 2011

    Batrice le BailPrsidente depuis 2011

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    Annuaire biennal des membres ARIBa 2016/2017

    Parution le 04 novembre 2016

    formulaire dadhsion tlchargeable sur www.ariba-vision.org

    Trs vite, sest form un noyau constitutif du bureau et conseil dadministration fait de personnalits volontaires, disponibles, cratives, multidisciplinaires, o, le respect de chacun a permis la mise en marche de lassociation.

    Les premiers pas ont consist la comprhension des diffrentes spcialits, orthoptiste, opticien, psychologue, instructeur en locomotion, ergothrapeute, ophtalmologiste, avec des runions au sein de la Socit Franaise dOphtalmologie et le premier congrs Ariba Nmes sous la prsidence du Professeur Arnaud et du Docteur Grard Dupeyron.

    Lenfance a t marque par lapport potentiel de chaque discipline au profit des autres dans une rhabilitation globale de la dficience visuelle.

    Ladolescence a vu des crises urticariantes pour une agrgation densemble dans la formalisation de procdure multidisciplinaire qui a dbouch sur

    Lge adulte des vingt ans par la dsignation du Pr. Pierre-Yves Robert en tant que Coordinateur des travaux et Chairman du groupe Europe lors de la confrence internationale de consensus sur la rhabilitation visuelle tenue linitiative de lOMS, Rome, dbut dcembre 2015 et o la participation franaise a t particulirement apprcie et reconnue.

    Il faudrait citer nommment tous les membres des bureaux successifs qui ont magnifiquement uvr pour cette closion, ainsi que les membres des conseils dadministration.

    Retenons la prsidence du Pr. Bernard Arnaud qui, par sa volont tenace, a maintenu le bateau son cap dans les moments de turbulence, la Prsidence actuelle du Docteur Batrice le Bail qui, par son sourire, son empathie et sa parfaite connaissance des procdures de prise en charge, a permis lpanouissement juvnile de lAriba.

    Maintenant, lavenir serait de plagier la citation de Cicron sur la vieillesse en affirmant que la rhabilitation visuelle est noble quand elle garde ses droits, et se dfend elle-mme. Depuis sa cration, aucun moment, lAriba na recul dans ses objectifs.

    En clair, lAriba a fait de la rhabilitation visuelle une vritable spcialit multidisciplinaire qui doit poursuivre une voie de terrain, mais aussi de recherche et de recherche applique.

    Quun vent progressif continue de lhabiter.

    Pr. Christian CorbPremier Prsident Ariba

    20e Colloque de Printemps ARIBaParis, lundi 09 mai 2016Programme et inscription pages 23

    BUREAUPrsidente : Batrice Le Bail Prsidents dhonneur : Bernard Arnaud Christian CorbVice-Prsidents : Franoise Gerin RoigPierre-Yves RobertMartine RoutonSecrtaire Gnrale : Marie-Odile Pataut-Renard Secrtaire adjointe : Marie-Ccile GeeraertTrsorier : Hugues PauletTrsorier adjoint : Robert Waquet

    MEMBRESAlexandra Berger-MartinetArmelle BlaisotNathalie Bujosa-GarbolinoGeorges ChalleMarie-Christine Darieu-PanoffGrard DupeyronClaire MeynielAnne-Franoise RensCaroline RouxMarion Sternis

    Membre dhonneur : Jean-Claude Hache

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    ARIBaQuelques images du 13e Colloque dAutomne

    le 13 novembre 2015 Mons

    Anne-Franoise Rens, ergothrapeute, IRSA Bruxelles

    Eric Balate, Prsident Oeuvre Fdrale Les Amis des Aveugles et Malvoyants , Mons

    Organisation coordonne par Stphanie Demartin et Chantal Lcolier

    Sandra Finzi, directrice Triangle Wallonie

    Carine Deflorenne, ophtalmologiste, Bruxelles

    Ludwine Wouters, Jeroen Baldewijns

    Violaine Van Cutsem, directrice Triangle Bruxelles

    Annuaire biennal des membres ARIBa 2016/2017

    Parution le 04 novembre 2016

    formulaire dadhsion tlchargeable sur www.ariba-vision.org

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    Les prrequis corporels aux dplacements chez ladulte dficient visuel: les atouts de lEutonie Gerda Alexander Agns Fosselard*

    Comment se dplacer en Eutonie, en Harmonie quand lespace est non vu ou mal vu ?Quels sont les prrequis corporels pour se dplacer?

    Quand la vue se drobe, la mobilit, le positionnement, lquilibre, la coordination, lorientation, les dplacements sont rendus difficiles. Spontanment, les autres sens se mettent en veil mais des tensions, des fixations, des peurs et des inhibitions peuvent sinstaller et crer des dsqui-libres et des dysfonctionnements.Leutonie vise aider la personne malvoyante ou non-voyante approfondir sa conscience corporelle par une recherche de son espace corporel en relation avec ce qui lentoure.Quel vcu a-t-elle de son schma corporel? Comment se reprsente-t-elle son corps dans lespace?

    Avec la pdagogie corporelle de leutonie, on invite lindividu apprhender lespace non vu ou mal vu grce une meilleure intgration du ressenti des exp-riences vcues par les autres sens, accroissant ainsi son autonomie et surtout sa confiance en soi lors des dplace ments. Ceci permet un meilleur ajustement tonique toutes les situations rencontres.

    EU signifie bon, harmonieux et TONIE (tonos) se rfre au tonus, tension.Leutonie traduit lide dune recherche dun tonus harmonieux en adaptation constante avec la situation du moment. Ce mot a t cr par Gerda Alexander en 1957.

    Il est possible de modifier volontairement le tonus en dirigeant son attention sur ses sensations : propriocep-tives, tactiles, auditives, de positionnements, dquilibre, de masses, visuelles, etc. Jacques Lusseyran, devenu aveugle lge de 8 ans, nous signale dans ses livres que tout dpend de lattention. Mais tout dpend aussi de la disponibilit de la personne guider son attention et par l mme accueillir les sensations. Il parle des yeux du corps dans ses diffrents livres. Ceux-ci sont les yeux du ressenti qui lamnent prsenter

    la ccit comme un tat diffrent de perception.Les yeux du ressenti, les yeux du corps permettent dtre ouvert ses rcepteurs sensoriels et de grer son engagement

    moteur en fonction de ces informations. Leutonie, ce sont mes yeux : cite une

    personne non-voyante. Le pluriel du sont traduit ici toute limportance de la multisensorialit

    quoffre leutonie.

    Cette approche corporelle invite dabord lobservation de ses sensations proprioceptives. Par elles, la personne fait lexprience de son espace corporel dans sa dlimitation, son volume, son paisseur, sa forme globale, sa consis-tance, son a