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Com Die Pr Sentiel

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    Les comdies latines,

    modles de la comdie rgulire italienne

    Les auteurs qui crent la comdie rgulire italienne au XVIe sicle prennent les

    textes classiques comme modles. Dans un premier temps, la fin du XVe sicle, il

    lisent et tudient les comdies de lantiquit. Ensuite ils les traduisent en langue

    vulgaire et les font reprsenter, soit en latin soit en langue vulgaire. Enfin, et cest ce

    moment que la comdie rgulire est fonde et devient un nouveau genre littraire, ils

    crent, directement en langue vulgaire, de nouvelles comdies inspires des comdies

    antiques. Les pices classiques deviennent ainsi des instruments pour transcrire la

    modernit.

    Les auteurs italiens du XVIe sicle prennent directement pour modles les

    comdies latines de Plaute et de Trence, qui sont de mieux en mieux connues et

    tudies. Alors que les auteurs qui essaient de fonder un genre tragique rgulier au XVIe

    sicle se fondent essentiellement sur le modle des tragdies grecques, les auteurs

    comiques se fondent sur le modle latin (les comdies grecques sont beaucoup moins

    connues, car peu de textes nous sont parvenus).

    Les auteurs comiques italiens du XVIe sicle se fondent aussi sur plusieurs textes

    thoriques :

    - la Potique dAristote (IVe sicle av. J.-C.) : notion de mimsis ; principe de

    lunit daction, qui entrane la ncessit de lunit de temps. Les thoriciens de la

    Renaissance en dduiront lunit de lieu. Aristote donne peu dindications sur la

    comdie (texte perdu).

    - lArt potique dHorace (Ier sicle av. J.-C.) : ncessit dtudier et dimiter les

    auteurs anciens ; principe de vraisemblance ; structure dune pice en cinq actes.

    - le De Architectura de Vitruve (Ier

    sicle av. J.-C.) pour la construction du lieu

    thtral.

    Jusquau milieu du XVIe sicle, les auteurs italiens crent le nouveau genre de la

    comdie rgulire en exprimentant, cest--dire en crant et en faisant reprsenter des

    comdies. Cest dans les prologues de ces comdies quils noncent leurs choix

    littraires et expliquent les problmes thoriques qui se posent eux (voir document 2).

    Dj chez les Grecs, le prologue avait une fonction prsentative et illustrative. leur

    suite, les Romains aussi lont utilis : plus encore que Plaute, Trence fait du Prologue

    un manifeste personnel, afin de se dfendre des accusations dont il est lobjet. La valeur

    dexposition est alors reporte la premire scne de la pice.

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    En lisant le prologue de la Calandria, vous pouvez constater que Bibbiena nonce

    ses choix littraires :

    - una nova commedia : Bibbiena reprend lexpression latine fabula nova, qui

    dsignait une comdie inspire dune comdie grecque qui navait pas encore servi de

    modle aux auteurs romains. Elle nest pas nouvelle dans le sens o elle aurait t

    invente par lauteur utilisant cette expression ; un auteurs romain dit de sa pice quelle

    est une fabula nova dans le sens o il est le premier reprendre la trame dune comdie

    grecque ; Bibbiena dit que la Calandria est una nova commedia dans le sens o il

    est le premier auteur italien reprendre le sujet des Mnechmes de Plaute.

    - justification du choix de la prose plutt que du vers

    - justification du choix de la langue vulgaire plutt que du latin

    - rapport de Bibiena son modle : il sinspire des Mnechmes de Plaute, mais il

    affirme ne pas avoir vol Plaute, dans le sens o, tout en reprenant des situations et des

    personnages de sa pice, il cre une pice nouvelle.

    Les problmes qui se posent aux auteurs italiens du XVIe sicle : emploi du vers

    ou de la prose, structure de la pice, respect des units de temps, de lieu et despace,

    construction de la trame de lhistoire, reprsentation des personnages. Les solutions

    mlent imitation classique et hritage communal.

    1. Lieu de laction

    Une antiquit thorique ; puis de plus en plus frquemment laction se passe dans

    des villes de lItalie contemporaine. Exemple de lArioste qui situe la Cassaria en

    Grce, les Suppositi et la Lena dans la Ferrare contemporaine, et le Negromante

    Crmone, puis de Filippo Strozzi qui situe la Commedia in versi dans lantiquit, la

    Pisana dans la Pise contemporaine et la Violante dans la Florence contemporaine. Le

    Formicone se situe dans lAncne contemporaine. Les comdies de Nardi se droulent

    Rome et Athnes ; celle de Bonini Athnes ; celles de Machiavel dans la Florence

    contemporaine ; celle de Bibbiena dans la Rome contemporaine.

    Scne : comme dans les comdies de Plaute et Trence, elle reprsente une place

    publique o se rencontrent les diffrents personnages. Des tableaux reprsentent un

    dcor en perspective.

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    2. Personnages

    Ils ont souvent des noms grecs ou latins, mais aussi de plus en plus souvent des

    noms italiens. On retrouve souvent des types de la comdie latine (le jeune amoureux, le

    vieil amoureux ridicule, les esclaves ou serviteurs, le parasite, le prcepteur, le

    soldat).

    3. Structure des comdies

    Elles sont divises en cinq actes ; chaque acte est divis en scnes. Cette structure

    est essentiellement inspire de la lecture dHorace et non de la structure relle des

    pices classiques. Elles sont prcdes, comme les comdies classiques, dun prologue

    et/ou dun argomento. Comme les Romains, les Italiens font souvent prcder ou suivre

    la comdie (ou dans certains cas chaque acte de la comdie) dintermdes chants et

    danss.

    On peut remarquer dans les premires comdies rgulires, telles que la

    Calandria et la Mandragola, que les actes sont de longueur ingale, signe quil ny a

    pas encore une codification stricte du genre.

    4. Rgle des trois units (temps, lieu, action)

    Elle nest formule que dans les crits thoriques de la seconde moiti du XVIe

    sicle. Aristote dans sa Potique navait donn dimportance qu lunit daction, et les

    deux autres dimensions (temps et lieu) sont dduites de lunit daction (la Potique

    dAristote ne circule dailleurs vraiment en Italie qu partir de 1540). Avant la

    formulation thorique de ces rgles, les auteurs de comdies commencent appliquer

    lunit daction, de temps et de lieu en imitant leurs modles latins. Le choix dun lieu

    unique neutre donne la cration de la scne fixe en perspective.

    Unit de temps : la Calandria dure une journe ; la Mandragola dure un peu plus

    dune journe (fin de lacte IV de la Mandragola, lorsque frre Timoteo sexclame :

    E sono intanati in casa, ed io me nandr al convento. E voi, spettatori, non ci

    appuntate, perch in questa notte non ci dormir persona, s che gli Atti non sono

    interrotti dal tempo : io dir luffizio ; Ligurio e Siro ceneranno, ch non hanno

    mangiato oggi ; el dottore andr di camera in sala, perch la cucina vadia netta ;

    Callimaco e madonna Lucrezia non dormiranno, perch io so, se io fussi lui e se voi

    fussi lei, che noi non dormiremo . Machiavel signale ainsi, en sadressant ironiquement

    au spectateur, quil est conscient de la rgle dunit de temps qui est en train de

    simposer dans la comdie rgulire, mais quil transgresse cette rgle. Ce nest pas un

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    cas unique, et rappelons que la codification de ces rgles ne se fait que dans la seconde

    moiti du sicle.

    5. Prose ou vers

    Depuis la fin de lantiquit et durant tout le Moyen ge, la connaissance de la

    mtrique latine stait perdue avec la disparition de la distinction de quantit entre les

    voyelles. Souvent, les comdies de Plaute et Trence taient prsentes et considres

    comme de la prose. Les premires comdies rudites en latin du XVe sicle sont donc

    composes en prose, et ce nest qu la fin du sicle, avec une meilleure connaissance

    de la mtrique latine due aux tudes des humanistes, que les auteurs tentent dimiter le

    senaire ambique1. Cest ainsi qu la fin du XVe sicle lide simpose dans les milieux

    humanistes que, les comdies classiques tant crites en vers, leurs imitations modernes

    doivent se conformer cet usage. Politien en particulier contribue imposer ce modle

    Florence. Convaincu que la comdie ne peut tre compose quen vers, il tente lui-

    mme en 1488, dans son prologue la reprsentation des Mnechmes de Plaute, de

    reproduire le senaire ambique latin.

    Tant que les humanistes se contentent dcrire en latin des pices dimitation

    classique, le problme pos est seulement de mieux comprendre et analyser la mtrique

    latine afin de la reproduire le plus fidlement possible. Les premiers auteurs de pices

    dimitation classique en italien se heurtent en outre la difficult de transposer une

    forme mtrique base sur lalternance de syllabes brves et longues en une nouvelle

    forme mtrique fonde sur lalternance de syllabes toniques et atones. Les auteurs de

    comdies les plus fidles aux prceptes humanistes tentent alors de trouver une solution

    mtrique acceptable (cest--dire une versification souple, adapte un registre de

    conversation moyen) et finissent par adopter lhendcasyllabe non rim, alors que la

    plupart des auteurs prfrent employer la prose.

    LArioste crit en 1508 et 1509 une premire version en prose de la Cassaria et

    des Suppositi, quil recompose en vers vingt ans plus tard, aprs avoir crit directement

    en vers I studenti (1518-1519), Il Negromante (1509-1520) et la Lena (1528). Bibbiena

    choisit immdiatement la prose pour la Calandria (1513), et Machiavel lutilise dans ses

    comdies. La prose finit par lemporter.

    Les partisans de la prose en c

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