D C R NTREPRENDRE Toutes les CLES DOSSIER HANDICAP 52 REBONDIR 131 Trouver ou conserver un emploi q

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  • 51www.rebondir.fr R E B O N D I R 1 3 1

    ▲ COMPRENDRE

    ▲ ENTREPRENDRERÉUSSIR

    ◆ Trouver ou conserver un emploi quand on est handicapé p52

    ◆ L’intérim, un tremplin vers l’emploi stable p56

    ◆ Loi 2005 : quelles mesures pour l’emploi ? p58

    ◆ Le statut de travailleur handicapé p60

    ◆ Se former pour réussir p62

    ◆ La VAE s’adapte aux personnes handicapées p64

    ◆ Emploi : faites-vous aider ! p66

    ◆ Créez votre activité ! p68

    ◆ “On est parti de zéro!”: portrait d’une femme entrepreneur p70

    DÉCOUVRIR

    CLES pou r

    CONCILIER travail et

    Toutes les

    HANDICAP

    p051-UNE-Doss.Hand.-REB 131 28/06/06 9.31 Page 51

  • DOSSIER HANDICAP

    52 R E B O N D I R 1 3 1 www.rebondir.fr

    Trouver ou conserver un emploi q

    ▲ DÉCOUVRIR

    ▲ COMPRENDRE

    ▲ ENTREPRENDRERÉUSSIR

    L es intervenants sont tous d’ac-cord : il faut considérer les per-sonnes handicapées comme lesautres demandeurs d’emploi. Certes, des entreprises hésitent en- core à embaucher par peur et mé- connaissance du handicap, mais les personnes handicapées elles-mêmes oublient parfois que la recherche d’emploi répond à des règles précises et identiques pour tout le monde, handicap ou pas.

    FAIRE TOMBER LES PRÉJUGÉS... Au départ, il y a la peur d’entrer sur le marché du travail, avec l’incertitude de trouver un emploi. Résultat, nombre d’entre eux “repoussent leurs études le plus loin possible pour ne pas avoir à affronter les difficultés de la recherche d’emploi”, explique Chris- tian Darantière, directeur délégué de l’Afij. “Par ailleurs, certaines personnes ne mentionnent pas leur handicap sur leur CV pour éviter la discrimination. Mais, effet pervers, les entreprises qui cherchent des travailleurs handicapés ne peuvent les détecter”, ajoute Nadia Guiny, responsable communication de l’Agefiph. D’où l’intérêt des es- paces emploi sur Internet, avec banque de CV disponibles. En outre,

    affirme Emmanuel Constans, prési- dent de l’Adapt, “il y a un problème d’adéquation entre l’offre et la de- mande”, les employeurs ne prenant pas en compte le fait que le niveau de qualification des handicapés reste inférieur aux personnes valides. Mais le plus difficile, c’est de faire tomber les préjugés qui malheu- reusement perdurent chez nombre d’employeurs. “Ils ont peur de la dif- férence et craignent pour eux-mêmes, car personne n’est à l’abri d’un acci- dent”, déplore Nadia Guiny. “Certains recruteurs pensent que les handicapés seraient plus difficiles à manager, à li- cencier. Ils craignent des arrêts mala- dies plus fréquents, ce qui entraînerait plus de travail pour les autres sala- riés.” “Les réactions sont parfois cho- quantes : ils voient d’abord le handicap avant le comptable ou le vendeur. Il y a un vrai travail pédagogique à faire”, s’indigne Corinne Corbel, respon- sable mission handicap, chez Kelly Services. Pour Angélique Trouba, responsable de la mission handicap chez Décathlon, “dès qu’on parle de handicap, les recruteurs s’imaginent le handicap lourd”, alors que “la plu- part du temps le handicap ne se voit pas”, estime Christian Darantière.

    ...POUR FAIRE ÉVOLUER LES MENTALITÉS La réalité est en effet bien différente. Les entreprises qui emploient des salariés se déclarent généralement satisfaits. “Les préjugés tombent de fait, car avoir un travailleur handicapé, c’est plus de solidarité dans l’entre- prise”, estime Nadia Guiny. “Ils sont plus ponctuels, moins absents, plus motivés pour garder leur job qu’ils ont eu du mal à décrocher. La stabilité est importante pour des entreprises avec un grand turn-over comme dans les centres d’appel ou la grande distribu- tion.” Il y a donc de bonnes raisons d’embaucher. A l’image des agences d’intérim qui “en communicant sur le handicap, ont permis de briser certains tabous”, affirme Christian Darantière. Et les choses évoluent. “Les employeurs commencent à revoir leurs exigences : ils recrutent davantage selon les profils des candidats”, commente Jean-Marc Cellier, responsable du pôle handicap de l’Afpa Ile-de-France. “Grâce à l’alternance, on peut embaucher au niveau Bac pour atteindre Bac +2. L’offre s’adapte à la demande”, confirme Emmanuel Constans. En outre, les impacts de la loi de février 2005 (lire p.58) commencent

    Comment optimiser sa recherche d’emploi ? Comment convaincre les entreprises d’embaucher ? Divers acteurs du monde de l’emploi et du handicap sont venu répondre, le 9 mars dernier, lors d’un débat sur l’insertion professionnelle des handicapés organisé par Rebondir.

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  • à se faire sentir. Les contraintes finan- cières deviennent plus dissuasives. Ainsi, les entreprises qui préféraient payer les amendes devront désormais débourser jusqu’à 1500 fois le Smic contre 600 auparavant. Mieux, elles comprennent qu’elles peuvent être aidées et accompagnées. D’autre part, “l’égalité de traitement entre les salariés, inscrite dans la nouvelle loi doit permettre de garantir le maintien dans l’emploi”, déclare Nadia Guiny. “L’évolution dans la vie professionnelle devient un droit et donc une possibilité réelle.” Preuve que les mentalités évo- luent : “On voit de plus en plus de personnes handicapées qui veulent changer de boulot”, se réjouit Emma- nuel Constans.

    SORTIR DE L’ISOLEMENT Malgré ces constats positifs, nombre demandeurs d’emploi se sentent en- core isolés. Pour en sortir la meilleure démarche s’avère de commencer par les organismes spécialisés dans l’in- sertion des travailleurs handicapés : ils sensibilisent les entreprises, dis- pensent des conseils sur la recherche d’emploi et les accompagnent. “Il faut sortir de la recherche par Internet, développer ses réseaux, découvrir ce qui existe, s’informer, apprendre à faire un CV, etc.”, assure Nadia Guiny. Car les entreprises sont exigeantes : “Elles cherchent des profils bien définis, des gens qui savent ce qu’ils veulent faire, capables de répondre à des besoins spé-

    cifiques”, précise Angélique Trouba. Il ne faut pas hésiter à se rendre à des forums de rencontre salariés/em- ployeurs dédiés aux handicapés comme “la Semaine de l’emploi des handicapés” (150 manifestions en région), organisée par l’Adapt. Il existe même des soirées “job-dating”: “Ça permet d’attirer l’attention sur le chômage des handicapés diplômés. Les effets sont positifs : 50 % ont été embauchés suite à un job dating. L’im- portant c’est la prise de contact directe avec l’employeur. En une soirée, la per- sonne effectue entre six et huit entre- tiens en une heure et demi. Ce sont les recruteurs qui viennent et font la dé- marche”, témoigne Emmanuel Cons- tans. Pour les personnes les plus en difficulté, l’Adapt a également mis en place un réseau de parrainage : “Les Réussites”. Un parrain vous accompagne dans votre recherche de formation ou d’emploi. Enfin, les futures Maisons départementales du handicap permettront de favori- ser les échanges, en tant que guichet unique et lieu d’orientation.

    METTRE EN VALEUR SES COMPÉTENCES Savoir présenter son handicap, ven- dre ses compétences, convaincre un employeur d’embaucher, etc., autant de questions auxquelles vous seul pouvez répondre. Pour définir ou redéfinir son projet professionnel, “il faut d’abord travailler sur soi, quitte

    à faire un bilan de compétences”, conseille Christian Darantière. “C’est important de se connaître, de valoriser ses compétences, surtout quand on a peu d’expérience”, complète Nadia Guiny. Sans oublier les qualités per- sonnelles. “Les centres d’intérêts per- mettent de voir l’ouverture d’esprit du candidat. L’important, c’est la personne pas son statut”, poursuit Angélique Trouba qui sélectionne sur la “sporti- vité”des candidats. “Comme les autres, il est bon d’avoir une bonne présenta- tion, d’être ponctuel, de parler simple- ment de son handicap”, ajoute Corinne Corbel. Nadia Guiny ne dit pas autre chose: “Il faut s’entraîner à parler, dire ce que le handicap peut apporter aux autres, mais comprendre que rien ne vous est dû.” “On n’embauche pas un diplôme mais une personne”, termine Christian Darantière. En clair, pour réussir un entretien il faut savoir dire qui vous êtes, quelles sont vos com- pétences, vos atouts à mettre en avant, sans raconter toute votre vie et éviter de ne parler que des difficultés (le re- cruteur en est conscient). L’argument financier pour l’employeur n’est pas tabou, mais doit venir en dernier et rester un plus incitatif par rapport à d’autres candidats, à compétence égale. Pour conclure, Christian Darantière veut donner un dernier petit conseil à l’entourage des handicapés : “Evitez de surcouver la personne handicapée, ou de la surprotéger pour ne pas lui faire perdre son autonomie.” ■

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    i quand on est handicapé

    ◆ Jean-Marc Cellier, Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa)

    ◆ Nadia Guiny, Association nationale de gestion du fonds pour l’insertion professionnelle des personnes handicapées (Agefiph)

    ◆ Emmanuel Constans, Association pour l’insertion sociale et professionnelle des personnes handicapées (Adapt)

    ◆ Corinne Corbel, Kelly Services, ré