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0 160 DBB.1 Lieu d'enfouissement sanitaire dans fa municipalité Argenteuil - Deux-Montagnes RIADM S ~ ReGIE liGIONALE ', DE LA SANTe ET DES SERVICES SOCIAUX DES LAURENTIDES IDtRECTION IHll·liHill4'11fll•UD Argent. - Deux-Mont. 6212-03-074 PROCÉDURE D'ÉVALUATION DES RISQUES À LA SANTÉ PROVENANT DU LIEU D'ENFOUISSEMENT SANITAIRE ARGENTEUIL DEUX-MONTAGNES LES PRINCIPES DE LA TOXICOLOGIE ET DE L'APPRÉCIATION DES RISQUES A LA SANTÉ Les principes de la toxicologie La toxicité d'une substance se définit comme étant une propriété inhérente à une substance de perturber ou d'altérer les mécanismes biochimiques ou physiologiques de l'organisme et pouvant mener à des effets nocifs. Cette définition signifie que pour un toxicologue, toute substance détient un potentiel toxique; l'expression de ce potentiel dépend entièrement du niveau d'exposition à ladite substance et des propriétés intrinsèques de l'organisme récepteur. Le risque toxicologique se définit donc comme étant la probabilité qu'une substance exprime son potentiel toxique. Ce concept est illustré par l'équation suivante: RISQUE = TOXICITÉ X EXPOSITION Les différents types d'effets (neurologiques, hépatiques, rénaux, etc.) apparaissent lorsque le toxique se lie chimiquement à une molécule spécifique de l'organisme: le récepteur. Ainsi, l'asphyxie provoquée par le monoxyde de carbone provient de sa liaison avec l'hémoglobine, empêchant le transport de l'oxygène et du dioxyde de carbone. Le saturnisme provient essentiellement de la divalence du plomb qui lui permet de se lier aux groupements sulthydriles de certaines enzymes empêchant ces dernières de réagir avec leur substrat. Au niveau des irritations chimiques il peut s'agir de la destruction des tissus par solubilisation de certaines protéines (effet corrosif des alcalis), de la précipitation des protéines (ion fluor), d'un effet hydroscopique (affinité des acides concentrés pour l'eau), d'une liaison avec les groupes sulthydriles des protéines (styrène) ou avec d'autres structures des protéines (isocyanates). Les allergies procèdent essentiellement parla formation d'un complexe antigène-anticorps qui déclenche la réaction de l'organisme. Selon la théorie du seuil toxique ("THRESHOLD"), l'organisme dispose de mécanismes de protection contre le toxique, et peut être exposé sans effets négatifs à certaines doses. Les effets du toxique apparaissent généralement lorsque la concentration interne du toxique dans l'organisme excède ces mécanismes de protection ou de gestion de l'organisme.

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160 DBB.1 Lieu d'enfouissement sanitaire dans fa municipalité Argenteuil - Deux-Montagnes RIADM

S~ ReGIE liGIONALE ', DE LA SANTe ET DES

SERVICES SOCIAUX

DES LAURENTIDES

IDtRECTION IHll·liHill4'11fll•UD

Argent. - Deux-Mont. 6212-03-074

PROCÉDURE D'ÉVALUATION DES RISQUES À LA SANTÉ PROVENANT DU LIEU D'ENFOUISSEMENT SANITAIRE ARGENTEUIL DEUX-MONTAGNES

LES PRINCIPES DE LA TOXICOLOGIE ET DE L'APPRÉCIATION DES RISQUES A LA SANTÉ

Les principes de la toxicologie

La toxicité d'une substance se définit comme étant une propriété inhérente à une substance de perturber ou d'altérer les mécanismes biochimiques ou physiologiques de l'organisme et pouvant mener à des effets nocifs. Cette définition signifie que pour un toxicologue, toute substance détient un potentiel toxique; l'expression de ce potentiel dépend entièrement du niveau d'exposition à ladite substance et des propriétés intrinsèques de l'organisme récepteur. Le risque toxicologique se définit donc comme étant la probabilité qu'une substance exprime son potentiel toxique. Ce concept est illustré par l'équation suivante:

RISQUE = TOXICITÉ X EXPOSITION

Les différents types d'effets (neurologiques, hépatiques, rénaux, etc.) apparaissent lorsque le toxique se lie chimiquement à une molécule spécifique de l'organisme: le récepteur. Ainsi, l'asphyxie provoquée par le monoxyde de carbone provient de sa liaison avec l'hémoglobine, empêchant le transport de l'oxygène et du dioxyde de carbone. Le saturnisme provient essentiellement de la divalence du plomb qui lui permet de se lier aux groupements sulthydriles de certaines enzymes empêchant ces dernières de réagir avec leur substrat. Au niveau des irritations chimiques il peut s'agir de la destruction des tissus par solubilisation de certaines protéines (effet corrosif des alcalis), de la précipitation des protéines (ion fluor), d'un effet hydroscopique (affinité des acides concentrés pour l'eau), d'une liaison avec les groupes sulthydriles des protéines (styrène) ou avec d'autres structures des protéines (isocyanates). Les allergies procèdent essentiellement parla formation d'un complexe antigène-anticorps qui déclenche la réaction de l'organisme.

Selon la théorie du seuil toxique ("THRESHOLD"), l'organisme dispose de mécanismes de protection contre le toxique, et peut être exposé sans effets négatifs à certaines doses. Les effets du toxique apparaissent généralement lorsque la concentration interne du toxique dans l'organisme excède ces mécanismes de protection ou de gestion de l'organisme.

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Cette théorie signifie donc l'existence d'une exposition sécuritaire, appelée "niveau d'exposition sans effets adverses" ("NOAEL: No-Observable-Adverse-Effect-Level"), en-deçà duquel l'organisme ne subirait aucun dommage. En terme de gestion du risque toxicologique, l'exposition des individus doit être maintenue au-dessous de ce seuil sécuritaire afin de prévenir les atteintes à la santé, d'où l'adoption d'une réglementation visant les niveaux d'exposition maximaux en milieu de travail, d'où l'appellation "treshold limit values" donnée aux recommandations de la Conférence américaine des hygiénistes industriels gouvernementaux (ACGIH).

La démarche de l'estimation du risque toxicologique

L'estimation du risque toxicologique consiste à quantifier le risque encouru lors d'une exposition à une substance. La base de cette démarche repose à la fois sur les propriétés toxiques des substances en cause et sur les niveaux d'exposition à ces substances.

Pour ce faire, nous identifions d'abord les procédés ou les appareils susceptibles de générer des substances dangereuses (ex: lixiviats, biogaz). Nous identifions ensuite les produits en cause et à partir de la littérature scientifique nous construisons des échelles de toxicité mettant en relation les effets observés lors de différentes expositions. Puis nous comparons ces niveaux d'expositions théoriques à ceux observés ou appréhendés dans l'environnement afin d'estimer la probabilité d'appa­rition de certains effets dans la population. Nous obtenons ainsi un risque estimé.

Les données toxicologiques peuvent provenir d'études épidémiologiques faites dans des populations humaines ou d'expériences faites sur des animaux. Les données épidémiologiques sont considérées comme étant les plus fiables.

Lorsque les données proviennent d'expériences faites sur des animaux, nous devons alors les appliquer aux humains. Cette extrapolation sera généralement faite en tenant compte de certaines différences physiologiques ou biochimiques entre l'espèce animale retenue et l'humain et l'application d'un facteur additionnel de protection diminuant l'exposition admissible. On assume alors que le mécanisme par lequel la substance produit un effet ne diffère pas chez l'humain de chez l'animal et qu'en conséquence un irritant chimique pour plusieurs espèces animales sera aussi un irritant chez l'humain. Cependant nous ne pouvons pas toujours appliquer un tel raisonnement aux substances allergènes, les mécanismes immunologiques pouvant être très différents entre l'être humain et les animaux.

L'ASSOCIATION CAUSALE EN ÉPIDÉMIOLOGIE

Hormis la preuve expérimentale de l'effet toxique d'une substance (études animale, études in vivo, études in vitro), les chercheurs utilisent l'épidémiologie pour démontrer les effets nocifs d'une exposition. La preuve épidémiologique repose sur les éléments suivants:

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1. L'évaluation de la séquence dans le temps: l'exposition à un agent (présumé) causal doit précéder, dans le temps, le début de la maladie qu'il provoque.

2. L'évaluation de la constance de l'association et de la reproductibilité. Les diverses méthodes et approches doivent conduire aux mêmes conclusions. La mesure de la constance d'une association causale implique qu'une relation causale comparable apparaît dans plusieurs études ayant une structure différente (le facteur causal mis à part).

3. La force de l'association est déterminée par la précision avec laquelle une variable peut permettre de prédire l'autre. Exemple: tous les sujets exposés deviennent malades, ceux qui sont exposés à un autre facteur restent tous en bonne santé. Dans les cas des phénomènes qualitatifs la force de l'association se mesure à l'augmentation de la durée d'exposition. La corrélation permet aussi de juger le gradient biologique d'une relation causale: l'effet s'accroît comme l'action du facteur étudié. Par exemple, le calcul de corrélation ou d'un des tests de la famille du X2 selon le cas nous aide à situer cette relation causale sur le plan statistique. En d'autres termes, plusieurs individus présenteront les mêmes symptômes lors d'une exposition similaire, et les symptômes s'intensifieront avec l'augmentation de l'intensité ou de la durée de l'exposition.

4. La spécificité de l'association est la mesure d'une relation exclusive entre les variables étudiées. Une relation est idéale si elle n'existe qu'entre deux variables (dans l'idéal un seul facteur devrait être lié à une seule maladie et vice versa). La relation entre le tabac et le cancer pulmonaire est spécifique; dans neuf cas sur dix le malade est un fumeur. La fraction étiologique du risque dû à la cigarette est prépondérante par rapport aux autres facteurs possibles. Dans le cas d'une réaction de l'arbre trachéo­bronchique, une multitude d'irritants et d'allergènes sont susceptibles de produire un tel effet. L'association est donc peu spécifique.

5. La cohérence avec les connaissances actuelles (plausibilité biologique, acceptabilité scientifique) est une exigence à respecter mais n'est pas générale. Toutes les découvertes ne sont pas conformes à cette règle.

RÉCOLTE DES DONNÉES

Dans le présent dossier, nous avons récolté diverses données afin de pouvoir caractériser le site à l'étude par rapport à d'autres sites et valider l'existence de risques potentiels.

Ministère de l'environnement du Québec

Nous avons contacté le Ministère de l'environnement du Québec afin d'obtenir différentes informations, notamment:

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• L'historique du site pour déterminer les contaminations passées;

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• La caractérisation chimique des lixi viats pour connaître le risque provenant de ce médium et identifier une contamination industrielle éventuelle;

• La qualité des eaux provenant des puits localisés à proximité du site; • L'hydrologie du secteur afin d'estimer les risques de contamination; • La caractérisation des biogaz; • La qualité de l'air environnant à proximité du site; • Les données de surveillance de la qualité de l'air, des biogaz de l'eau et des

opérations; • L'aménagement du site en terme de prévention de la contamination de l'air, des

eaux de surface et des eaux souterraines; • Les procédures d'opérations sur le site, principalement au niveau du contrôle des

émissions aériennes et du lixiviat; • L'historique des infractions afin de porter un jugement sur la gestion du site; • La présence de résidus industriels enfouis sur le site; • Les type de déchets enfouis sur le site; • Leur évaluation du site et des opérations; • Les plaintes reçues concernant notamment les nuisances, les opérations ou des

symptômes rapportés par les travailleurs ou la population;

Les données concernant l'air et l'eau, incluant les lixiviats, qui nous ont été communiquées provenaient essentiellement du promoteur du projet. Certaines données concernant les puits avoisinants provenaient d'une étude réalisée par un autre promoteur.

La Régie intermunicipale Argenteuil Deux-Montagnes

Nous avons aussi contacté et rencontré des représentants du promoteur afin d'obtenir des informations, notamment :

• L'historique du site; • La caractérisation des lixiviats; • La qualité des eaux des puits avoisinants; • La caractérisation des biogaz; • La qualité de l'air environnant; • Les résultats de leur surveillance environnementale; • L'aménagement du site; • Les opérations ; • Les infractions constatées par le Ministère de l'environnement; • La présence de résidus industriels dans les déchets enfouis ou reçus au site; • Les types de déchets enfouis ou reçus au site; • Leur évaluation du site et de leur opérations; • Les plaintes provenant des citoyens;

Les informations qui nous ont été communiquées étaient similaires à celles du Ministère de l'environnement. Cependant, des informations additionnelles nous ont aussi été

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communiquées. Ces informations n'ont pas révélé l'existence d'un risque biologique ou chimique significatif pour la santé publique.

Nous avons aussi effectué une visite des lieux accompagnés des représentants du promoteur.

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Nous avons aussi inclus nos propres données dans l'analyse des risques à la santé provenant du site. Ces données sont essentiellement :

• Les plaintes des citoyens nous parvenant directement; • Les résultats d'analyse d'eau effectuées dans des puits privés et communiquées

par les citoyens; • Des renseignements sur la santé de citoyens provenant de médecins et

communiqués par les citoyens;

CLSC d'Argenteuil / Direction régionale de la Commission de la santé et de la sécurité du travail

Considérant que les travailleurs sont plus exposés que la population générale et qu'un mauvais dossier en matière de maladies ou d'accidents professionnels peut indiquer une mauvaise gestion, nous avons contacté le Service de santé au travail du CLSC d'Argenteuil et la Direction régionale de la CSST. Le site à l'étude, et l'exploitant ne font l'objet d'aucune intervention particulière en rapport avec une situation problématique.

DOCUMENTATION SCIENTIFIQUE

Sites d'enfouissement sanitaires

Nous avons étudié la documentation scientifique afin de valider les données qui nous avaient été communiquées et évaluer les possibilités de contamination de la nappe phréatique et d'intervention d'urgence lors d'une contamination de la nappe phréatique.

Nous avons recherché de la documentation sur les éléments suivants :

• Les sites de déchets domestiques, leur aménagement et les opérations, les caractéristiques des biogaz, des lixiviats, de l'air environnant et des eaux souterraines;

• Les caractéristiques des biogaz, des lixiviats, de l'air environnant et des eaux souterraines des sites contenant des résidus industriels;

• Les caractéristiques de perméabilité de l'argile, son utilisation dans le confinement de déchets domestiques et industriels, sa vulnérabilité à la déstabilisation chimique ou physique et les interventions de restauration pour lui rendre ses propriétés;

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Ces recherches nous ont amené aux conclusions suivantes :

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1. Les caractéristiques des biogaz et des lixiviats provenant du site sont comparables à ceux d'un site d'enfouissement de déchets domestiques;

2. Les caractéristiques des biogaz et des lixiviats provenant du site n'indiquent pas la présence de déchets industriels;

3. L'argile est un matériau de choix pour le confinement de divers résidus; 4. Dans certains sites de disposition de résidus industriels hautement toxiques,

certaines conditions chimiques extrêmes, dont la disposition massive de solvants, a augmenté la perméabilité de certaines argiles;

5. L'injection de certains matériaux (ciment, coulis ... ) a permis de restaurer des argiles déstabilisées dans des sites d'élimination de résidus industriels.

ÉTUDES ÉPIDÉMIOLOGIQUES RÉALISÉES SUR DES POPULATIONS RÉSIDANT À PROXIMITÉ DE SITES D'ENFOUISSEMENT

Nous avons complété notre évaluation toxicologique par une évaluation d'études épidémiologiques réalisées sur des populations résidant à proximité de sites d'enfouissement, et d'études réalisées sur des travailleurs de sites d'enfouissement sanitaire. Ces études offrent l'avantage notable d'évaluer les effets d'une exposition totale à de multiples contaminants et d'intégrer ainsi tous les aspects toxiques.

Nous avons effectué une recherche bibliographique exhaustive dans de banques informatisées de téléréférence (Medline et Toxline) pour extraire les publications sur les études épidémiologiques réalisées sur les populations voisines de sites d'enfouissement sanitaires ou de sites d'élimination de résidus industriels toxiques, et sur les travailleurs de sites d'enfouissement sanitaire.

Nous avons analysé la méthodologie utilisée en comparaison des résultats obtenus et des conclusions des chercheurs.

L'analyse de ces études ne nous a pas permis d'identifier un risque biologique ou chimique significatif pour la santé publique.

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SUIVI DU DOSSIER

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Nous demeurons en contact avec le Ministère de l'environnement du Québec et le promoteur pour suivre l'évolution du dossier (plaintes, infractions, résultats de la surveillance ou d'études spécifiques).

Nous enregistrons, compilons et investiguons les plaintes qm nous parviennent en provenance des citoyens.

Nous continuons de suivre régulièrement la littérature scientifique publiée sur les sites d'enfouissement sanitaire.

Préparé par: Jacques Normandeau, PhD le rr novembre 2001