De l'usage des modeles de mesure reflectifs ou formatifs dans les modeles d'equations structurelles

  • Published on
    02-Feb-2017

  • View
    214

  • Download
    2

Embed Size (px)

Transcript

  • http://ram.sagepub.com/Recherche et Applications en Marketing

    http://ram.sagepub.com/content/20/2/5The online version of this article can be found at:

    DOI: 10.1177/076737010502000201

    2005 20: 5Recherche et Applications en MarketingDominique Cristructurelles

    De l'usage des modles de mesure rflectifs ou formatifs dans les modles d'quations

    Published by:

    http://www.sagepublications.com

    On behalf of:

    Association Franaise du Marketing

    can be found at:Recherche et Applications en MarketingAdditional services and information for

    http://ram.sagepub.com/cgi/alertsEmail Alerts:

    http://ram.sagepub.com/subscriptionsSubscriptions:

    http://www.sagepub.com/journalsReprints.navReprints:

    http://www.sagepub.com/journalsPermissions.navPermissions:

    http://ram.sagepub.com/content/20/2/5.refs.htmlCitations:

    What is This?

    - Jun 1, 2005Version of Record >>

    at UTSA Libraries on August 16, 2014ram.sagepub.comDownloaded from at UTSA Libraries on August 16, 2014ram.sagepub.comDownloaded from

    http://ram.sagepub.com/http://ram.sagepub.com/content/20/2/5http://www.sagepublications.comhttp://ram.sagepub.com/cgi/alertshttp://ram.sagepub.com/subscriptionshttp://www.sagepub.com/journalsReprints.navhttp://www.sagepub.com/journalsPermissions.navhttp://ram.sagepub.com/content/20/2/5.refs.htmlhttp://ram.sagepub.com/content/20/2/5.full.pdfhttp://online.sagepub.com/site/sphelp/vorhelp.xhtmlhttp://ram.sagepub.com/http://ram.sagepub.com/

  • loccasion du centenaire de larticle sminal deSpearman General intelligence, objectively deter-mined and measured , on peut affirmer que lunedes grandes rvolutions dans la thorie de la mesure atrs certainement t constitue par les analyses facto-rielles qui introduisent implicitement la notion devariable latente (Spearman, 1904). Une secondervolution (Cliff, 1983 ; Kelloway, 1995) qui lui estdirectement lie, a peut-tre t lintroduction desmodles dquations structurelles (Jreskog, 1967,1970, 1971) dans toutes les disciplines scientifiques,

    notamment les Sciences Humaines et Sociales, doune augmentation considrable, voire une vritableexplosion de leur utilisation au sein des publications ettravaux de recherche (e.g. Williams, 1995 ; Steiger,2001). Cet accroissement, relativement rcent, posetoutefois un certain nombre de problmes quant laqualit mme des recherches comme le soulignentpar exemple Brannick (1995), Williams (1995), Kel-loway (1995), Baumgartner et Homburg (1996), Chin(1998), Steiger (2001), Jarvis, MacKenzie et Podsakoff(2003) ou encore Kline (2004).

    Recherche et Applications en Marketing, vol. 20, n 2/2005

    De lusage des modles de mesure rflectifs ou formatifsdans les modles dquations structurelles

    Dominique Cri

    Professeur des Universits lIAE, Universit de Lille 1,Laboratoire EREM/CLAREE UMR CNRS 8020

    Lauteur tient remercier les lecteurs anonymes pour leurs propositions pertinentes et constructives qui ont contribu lamlioration de cetarticle. Il peut tre contact ladresse lectronique suivante : Dominique.Crie@iae.univ-lille1.fr

    RSUM

    La vritable explosion de lutilisation des modles dquations structurelles semble toucher bon nombre de domainesdont le marketing. Malheureusement, ce phnomne a bien souvent pour consquence une mauvaise spcification desmodles, ou une interprtation peu stricte des rsultats. Cet article sattache revisiter la nature formative ou rflective desindicateurs, laquelle a dnormes consquences sur lestimation des paramtres impliqus et plus gnralement sur la validit dumodle. Une synthse des travaux portant sur les consquences dune mauvaise spcification et les solutions apporter est pro-pose. La conclusion est en forme dinterrogation : les indicateurs formatifs ont-ils leur place au sein des modles dquationsstructurelles ?

    Mots cls : Modles dquations structurelles, modles de mesure, indicateurs formatifs, indicateurs rflectifs.

    004Cri 8/11/05 13:39 Page 5

    at UTSA Libraries on August 16, 2014ram.sagepub.comDownloaded from

    http://ram.sagepub.com/

  • Linstrument est certes puissant et flexible mais ilrequiert de solides connaissances statistiques, voiremathmatiques, pour tre utilis de faon pertinente(MacCallum, 1998). Outre ltonnante diatribe deSteiger (2001) dans lillustre JASA1, les travaux deBaumgartner et Homburg (1996) et surtout ceux deJarvis, MacKenzie et Podsakoff (2003) montrent quel point, mme dans les revues les plus presti-gieuses de notre spcialit, des erreurs de spcifica-tion des modles peuvent conduire des gaps inter-prtatifs susceptibles dbranler ldificationthorique. Par exemple une mauvaise dterminationdu sens relationnel entre les variables observes et leconcept quelles sous-tendent en dnature ample-ment la substance (e.g. Rossiter, 2002). Cest en effetparce que la validit de construit reflte directement ledegr de correspondance entre les construits et leursmesures, quelle est une condition ncessaire audveloppement thorique (Peter, 1981 ; Jarvis, Mac-Kenzie et Podsakoff, 2003).

    La focalisation de cet article sur la nature desconstruits ne reprsente quun aspect parmi tantdautres des nombreux errements qui peuvent trecontingents de lutilisation des modles dquationsstructurelles (MES). Les quelques remarques dve-loppes dans cette synthse devraient contribuer tayer la rflexion des chercheurs, que ceux-cifassent appel aux techniques dquations structu-relles ou quils aient en charge lvaluation de telstravaux.

    Ainsi, les objectifs de ce papier sont triples : avertirnotamment les jeunes chercheurs des difficults inh-rentes lutilisation doutils dont on ne matrise pasparfaitement tous les arcanes, attirer lattention deschercheurs plus confirms sur les distinctions empi-riques et thoriques contingentes des modles demesure de nature formative ou rflective, fournir unerevue de la littrature la plus exhaustive possibledans le but dessayer de proposer quelques grandesrgles afin de spcifier au mieux les modles demesure en congruence avec les supports thoriquesdploys.

    DFINITIONS ET CLARIFICATIONS

    Il est dlicat de trouver une dfinition simple etpertinente des MES. Kaplan (2000) propose la dfini-tion suivante : Les MES peuvent tre dfinis commeune classe de mthodologies ayant pour objectif dereprsenter certaines hypothses au sujet desmoyennes, des variances et des covariances de don-nes observes en termes dun plus petit nombre deparamtres structuraux dfinis par un modle tho-rique sous-jacent. Au sein de ces mthodologiesdeux grandes classes principales de modles domi-nent (Fornell et Bookstein, 1982) : lanalyse desstructures de covariance (ASC) dont larchtype reste lemodle LISREL2 (Jreskog, 1970) et la mthode desmoindres carrs partiels ou PLS3 (Wold, 1966, 1982,1985 ; Valette-Florence, 1988 ; Tenenhaus, 1998,1999) (par abus de langage, nous assimilerons lesMES lASC, les rfrences PLS tant explicite-ment spcifies).

    Si Kaplan (2000) ne parle que de donnes obser-ves, cest la notion de paramtres structuraux et demodle qui renvoie implicitement aux construitsinobservables. Ainsi, Bollen (2001) dfinit le vocable indicateur comme un terme courant utilis enrfrence aux variables ncessaires la mise en vi-dence empirique de concepts non directement mesu-rables. Pour les qualifier, il existe dautres termescomme : variables observes ou manifestes, proxy,ou plus simplement items, mesures, voire aussiscores, chelles ou indices. Selon le contexte on utiliselun ou lautre, bien que les trois derniers renvoienthabituellement plus spcifiquement des combinai-sons ditems ou dindicateurs. Nanmoins quelle quesoit leur dsignation, et en conformit avec la thorieclassique des tests (Nunnally, 1978), ces indicateurssont directement associs une variable latente, telleque toute variation dans la valeur du concept soitreflte par une variation des valeurs de ses indica-teurs. En effet, la thorie classique des tests (e.g.Lord et Novick, 1968) suppose que la variation des

    Dominique Cri6

    1. Journal of the American Statistical Association.

    2. LInear Structural RElationships ( distinguer du logiciel po-nyme).3. Partial Least Squares, galement Projection to Latent Structuredans les annes 80 (S. Wold).

    004Cri 8/11/05 13:39 Page 6

    at UTSA Libraries on August 16, 2014ram.sagepub.comDownloaded from

    http://ram.sagepub.com/

  • valeurs des mesures dun construit est une fonctionde sa vraie valeur et dun terme derreur, conceptanalogue celui nonc sous une autre forme parChurchill (1979). De mme, alors que Lord etNovick (1968) dfinissent lerreur de mesure commela part dune variable observe non dtermine parson construit, Nunnally (1978) voit en lerreur demesure la part de variance dune mesure non expli-que par le vrai score. Ainsi ce concept de vraievaleur peut se formaliser de la faon suivante(Figure 1).

    teurs formatifs car dans labsolu, il ne sagit pas devritables indicateurs mais dlments de dfinitiondu construit. Il en ressort que les construits inobser-vables peuvent tre examins soit comme facteurssous-jacents, soit comme indices produits par lesvariables observes ou indicateurs, qui peuvent donctre de nature rflective ou formative. Les diffrencesentre les deux types de modles sinscrivent dans lanature pistmique des relations quentretiennentconstruits et indicateurs (Fornell, Rhee et Yi, 1991). Lemodle de mesure formatif spcifie que les variablesobserves sont de multiples causes du conceptquelles construisent en minimisant le rsidu delquation structurelle cf. infra (Fornell et Book-stein, 1982), alors que dans le cas dindicateurs denature rflective elles sont spcifies comme le refletdu construit qui rend compte de leurs variances etcovariances observes.

    Il reste quune hypothse implicite souventoublie est que, dans les MES, les variables mani-festes ou indicateurs utiliss pour reprsenter unevariable latente sont supposs de nature rflective,cest--dire quils refltent la variable non accessibledirectement la mesure (e.g. Chin, 1998). Dailleurs,les mesures dajustement global du modle habituel-lement utilises refltent sa capacit restituer lemaximum en termes de variances et de covariancesde la matrice ponyme calcule sur lchantillondtude. Cest une grave erreur que dutiliser desindicateurs par nature formatifs (Blalock, 1964 ; For-nell, Rhee et Yi, 1991) mais spcifis rflectifs ausein du MES, ou encore de faon plus courante unmlange des deux types dindicateurs par inadver-tance ou par dfaut de rflexion sur leur natureexacte (Chin, 1998 ; Jarvis, MacKenzie et Podsakoff,2003). Comme les techniques de rsolution des MESprennent en compte toutes les covariances entre lesdiffrentes mesures, linclusion dlments formatifsest hautement problmatique. Tous les items doiventtre de nature rflective pour tre en cohrence aveclalgorithme de rsolution qui suppose que les corr-lations ou covariances entre les indicateurs dunevariable latente donne sont causes par cette der-nire. chaque modlisation il serait souhaitable deraliser une simulation mentale et de se poser laquestion suivante : si lun des indicateurs dunevariable latente varie dans une direction (en suppo-sant quils soient cods de manire conjonctive), lesautres indicateurs varient-ils de faon analogue ? En

    De lusage des modles de mesure rflectifs ou formatifs dans les modles dquations structurelles 7

    Vraie valeur Valeurobserve

    Erreur

    Figure 1. La thorie classique de la mesure

    Le construit latent, symbolis par un ovale, cause les variations observes dans la mesure,figure par un rectangle (Bollen, 1989 ; Nunnally,1978). Ce sens causal implicite, de la variable latentevers ses mesures, est appropri dans un grandnombre de situations mais non dans toutes (Jarvis,MacKenzie et Podsakoff, 2003). Ces dernires secombinent plus globalement au sein dun modle demesure dcrivant la faon dont les variables latentessont relies explicitement ou implicitement leursindicateurs (Bollen, 2001).

    INDICATEURS RFLECTIFS VS INDICATEURSFORMATIFS

    Selon la manire dont se conoit ce lien, on parledindicateur effet ou rflectif, ou dindicateur causal ou formatif (Blalock, 1964), alors que For-nell et Bookstein (1982) prfrent utiliser unique-ment le terme formatif , ce qui est moins affirmatifquant la nature exacte de la relation. Rossiter(2002) critique galement la formulation dindica-

    004Cri 8/11/05 13:39 Page 7

    at UTSA Libraries on August 16, 2014ram.sagepub.comDownloaded from

    http://ram.sagepub.com/

  • cas de rponse ngative, les indicateurs ont de forteschances dtre de nature formative et les estimationsrsultant dun tel modle non valides (Cohen et alii,1990), et ce souvent malgr de bons indices dajuste-ment global, ce qui ajoute la confusion !

    Bien souvent, le chercheur attache une grandeimportance la structuration des concepts entre eux,en se proccupant peut-tre un peu moins des rela-tions quentretiennent les concepts avec leursmesures (Law et Wong, 1999 ; Edwards et Bagozzi,2000). On se trouve ici linterface de deux mondes , celui des construits ou concepts dont onsuppose quils existent mais que lon ne peut engnral apprhender directement (Borsboom, Mel-lenbergh et van Heerden, 2003), et celui du discer-nable, du mesurable, reflet de limpalpable selon lathorie classique des tests (Lord et Novick, 1968 ;Costner, 1969 ; Nunally, 1978). Lune des tches duchercheur consiste relier ces deux mondes de lafaon la plus valide qui soit. Ceci conduit ncessaire-ment sinterroger sur la nature et la direction desrelations entre les construits et leurs mesures, ainsique sur leur pertinence reprsenter ce que le cher-cheur tente de dmontrer (Edwards et Bagozzi, 2000 ;Rossiter, 2002).

    Lanalyse factorielle (Spearman, 1904) ainsi quela thorie classique des tests (Lord et Novick, 1968)ont trs nettement influenc lvolution de la mesureen Sciences Sociales (Bollen et Lennox, 1991 ; Bors-boom, Mellenbergh et van Heerden, 2003). Cela aconduit les chercheurs adopter un certain nombrede standards afin de produire de bonnes mesures .Dans le droit fil de cette tradition, les indicateurs ouvariables manifestes ou encore observes sont traitscomme refltant les effets dun construit (indicateursrflectifs). Dans la reprsentation conventionnelledes MES, les indicateurs sont dfinis comme desfonctions linaires de la variable latente4 quils repr-sentent plus un terme derreur :

    xi = i11 + i (1)o xi est le ime indicateur de la variable latente 1 quilaffecte, i lerreur de mesure pour ce ime indicateur eti1 le coefficient de rgression reprsentant leffetattendu de 1 sur xi (cf. Figure 2a). On suppose gale-

    ment ici que les xi et 1 reprsentent les dviationsautour de leur moyenne et que i admet les caractris-tiques dune erreur alatoire. La covariance existanteentre les mesures est attribuable leur cause com-mune, le construit 1 (e.g. Edwards et Bagozzi, 2000).Ces indicateurs sont donc considrs comme affectspar le mme concept sous-jacent, cest--dire que lonconsidre les variables observes comme dpen-dantes des variables latentes. Autrement dit lidestatistique de base dfinissant une variable latente estsimple : si une telle variable sous-tend un certainnombre de variables manifestes, alors conditionnelle-ment ce...

Recommended

View more >