Deadline, Derniere Limite - Jourdan Jean-Pierre

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    20-Oct-2015

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Deadline, derni?re limite

Dr JEAN-PIERRE JOURDAN

DEADLINE

Dernire limite

E.M.I. : une nigme pour la science

Plaidoyer pour une tude scientifiquedes Expriences dites de Mort Imminente.

Les 3 Orangers

toutes les personnes ayant vcu une exprience qui a chang leur vie, et les aidera peut-tre changer le monde.

Raymond Moody qui, il y a trente ans, dvoila cette nigme ce jour non rsolue.

velyne-Sarah Mercier, initiatrice de la recherche sur les EMI en France.

tous les bnvoles dont le travail au sein de IANDS-France a rendu cette tude possible.

toutes celles et tous ceux qui mont aid de leurs encouragements ou de leurs critiques, en particulier Hlne, Lisa et Rudy, pour mavoir rassur sur ma sant mentale, et Nicolas qui ma pouss dans mes ultimes retranchements

Rgine et milie, pour leur amour et leur patience.

Et tous ceux qui, pour aller plus loin, ont un jour accept doublier ce quils croyaient savoir.

Certaines choses sont impossibles. Nous saurons lesquelles quand nous aurons mis la dernire virgule la dernire loi de la nature.

Aim Michel

PRFACE

Cest un grand privilge de prsenter le livre de mon confrre, le Dr Jean-Pierre Jourdan. Je crois que son travail est dune porte vritablement rvolutionnaire.

Dans le prsent ouvrage, il propose en effet une approche entirement nouvelle de lun des plus grands mystres de notre temps : lExprience de Mort Imminente.

Je suis tout fait daccord avec lui pour dire que les vrais problmes poss par ltude de cet extraordinaire phnomne sont dordre conceptuel avant dtre scientifiques. mon avis, son livre marque un tournant dcisif dans ltude rationnelle de ce qui se passe lapproche de la mort.

Dans ce travail novateur, le Dr Jourdan offre un ensemble de concepts nouveaux pour apprhender les Expriences de Mort Imminente et leur lien possible avec la question de laprs-vie.

Ce faisant, il se libre des limites de la pense rigide o se confinent les partisans du scientisme, doctrine selon laquelle seule la mthode scientifique peut tablir la vrit et fonder le savoir rationnel, y compris lorsquil sagit de problmes philosophiques.

Malheureusement, dans leur exploration des Expriences de Mort Imminente, certains se sont laiss endormir par le ct sduisant mais trompeur du scientisme, recourant prmaturment la mthode scientifique sans bien rflchir sur les questions conceptuelles pralables qui simposent et sont dune importance capitale.

Ainsi que David Hume et dautres grands penseurs lont soulign, il est impossible de rflchir sur lexistence dune vie aprs la mort au moyen de la logique codifie sur laquelle se fonde la science. De nouveaux concepts logiques sont ncessaires.

Lune des vertus remarquables du Dr Jourdan est quil a conscience de tout cela. tudiant en dtail les particularits de la perception de lespace et du temps qui sont caractristiques des incroyables expriences hors du corps rapportes par des patients qui ont survcu aprs avoir frl la mort , il propose une modlisation qui permet de les comprendre sans jamais les rduire.

Pour tre tout fait honnte, en coutant le Dr Jourdan exposer le rsultat de ses recherches en juin 2006, jai eu la sensation dtre en prsence dun nouvel Einstein1.

Et aprs avoir lu son travail, je suis encore plus impressionn, car il sy rvle non seulement comme un penseur talentueux, critique et rationaliste mais aussi comme un clinicien sensible et comptent.

Je crois que ce livre passionnant ouvre des pistes de rflexion rsolument novatrices sur le sujet et quil va contribuer changer la face de la recherche sur les Expriences de Mort Imminente.

cet gard, Deadline est lun des meilleurs livres sur le sujet publis depuis de nombreuses annes.

Raymond MOODY Docteur en Mdecine et Docteur en Philosophie Auteur de La Vie aprs la vie (Robert Laffont, 1977)

1- Note de lauteur : Je suis videmment trs touch par lenthousiasme de Raymond Moody mais, pour tre mon tour tout fait honnte, je dois prciser que les gens qui me connaissent bien me comparent plus volontiers Gaston Lagaffe

AVANT-PROPOS

Il a t beaucoup crit et dit sur les expriences que nous allons essayer ici de dcrypter, qui sont dites de mort imminente .

Si cette dnomination1 a largement contribu leur diffusion auprs du public, elle a depuis les dbuts masqu leur intrt scientifique et humain, une information superficielle pouvant laisser penser quil ne sagissait que dhallucinations ou de crations plus ou moins labores dun cerveau souffrant, permettant de vendre un public naf de vagues promesses de vie aprs la mort .

Lanalyse approfondie de nombreux tmoignages laquelle nous allons nous livrer dans les pages qui suivent montrera quil sagit dun sujet qui, loin de se rsumer une simple interrogation sur la survie , est susceptible de prsenter tous points de vue un intrt majeur, non seulement sur un plan humain et existentiel, mais aussi et surtout pour tous ceux, mdecins, psychologues et scientifiques qui seront les mieux placs pour les tudier dans les annes venir.

Les controverses historiques qui ont depuis toujours oppos matrialisme et spiritualisme, monisme et dualisme sont encore de nos jours un srieux obstacle pour un abord serein des EMI. Pourtant, une meilleure connaissance de ce genre de phnomnes ne pourrait que contribuer au recul de tous les obscurantismes, en clairant les zones encore incertaines de la ralit qui profitent ces derniers et dans lesquelles tout est encore permis. Nous verrons donc que ces querelles peuvent tre dpasses grce, prcisment, une tude dtache de tout prsuppos idologique.

Les nombreuses enqutes hospitalires parues dans la dernire dcennie2 et portant sur des patients ayant subi un arrt cardiaque saccordent sur une frquence de survenue aux alentours de 15 %. Il sagit donc dun phnomne qui na rien danecdotique et qui doit ce titre tre pris en compte par toutes les branches de la science et elles sont nombreuses quil peut intresser.

Une exploration raisonne, pluridisciplinaire et dtache de tout a priori est devenue invitable. Elle ne pourra que faire avancer nos connaissances sur la conscience humaine, dont ces expriences reprsentent un aspect dautant plus intressant quil est atypique.

Une tude exhaustive des centaines de tmoignages recueillis au sein de lassociation IANDS-France3 depuis sa cration en 1987 tant matriellement impossible, jai retenu pour ce travail les soixante-dix dossiers qui taient les plus riches en dtails, invariants significatifs ou dclarations prsentant un intrt particulier.

Outre une narration dtaille et une ventuelle interview destine prciser certains points, les plus rcents tmoignages comprennent les rponses un questionnaire qui sest progressivement enrichi de nouvelles rubriques et questions destines approfondir tel ou tel point qui apparaissait significativement de manire rptitive dans les tmoignages spontans. Il comporte aujourdhui 123 items et devrait continuer stoffer au fil du temps. Nous ne sommes en effet quaux prmisses de lexploration dun phnomne extrmement complexe mais nanmoins, nous allons le voir, bien plus cohrent quil ny parat au premier abord.

Certains lments particulirement significatifs, comme les spcificits de la mmorisation et de lacquisition dinformations ainsi que les singularits concernant la perception de lespace et du temps lors des EMI nont t mis en vidence que ces dernires annes. Les tmoignages rcents comportent ainsi beaucoup plus de prcisions que les simples narrations des dbuts, ce qui rend difficile voire impossible toute tude chiffre, les points les plus intressants tant aussi les derniers avoir t mis en lumire.

Contrairement aux tudes prospectives ou rtrospectives portant sur des populations et des circonstances homognes, celle qui suit repose sur des tmoignages spontans et concerne des circonstances extrmement diverses4. Dans la mesure o jai choisi les tmoignages pour leur intrt, la frquence de certaines caractristiques, comme lacquisition dune information vrifie sur des vnements survenus lors de lexprience, est certainement survalue par rapport celle qui ressort des enqutes hospitalires.

Au risque de dcevoir les amateurs de statistiques, il y aura donc relativement peu de chiffres dans cette tude, qui sera essentiellement phnomnologique et analytique, ne prtendant qu une seule chose : montrer, autant pour le public et les principaux intresss que pour la communaut mdicale et scientifique, lintrt, la ncessit et la faisabilit dune recherche approfondie sur un sujet encore trs mal connu qui savrera dautant plus riche de questions et de promesses pour la connaissance que nous le regarderons de prs.

Quelques conseils de lecture Si un livre est squentiel, compos de chapitres qui se suivent et senchanent, les EMI sont un phnomne extrmement complexe, comprenant des lments subjectifs et objectifs souvent intimement mls, qui donc ne peuvent tre exposs simplement et de manire linaire.

Pour prendre un exemple, de nombreux tmoignages rapportent une revue de vie qui, par ses implications thiques et existentielles, peut sembler essentiellement relever du ct humain et subjectif de lexprience. Pourtant, si lon y regarde de plus prs, la comparaison des rcits permet de faire ressortir de nombreux invariants dont la rptition et la cohrence en laissent entrevoir un ct objectif. La revue de vie est en effet indissociable dun aspect tout fait technique , abord dans la troisime partie de ce travail, qui est celui des particularits de la perception du temps lors de ces expriences. Cest donc dans ce cadre, dont elle sera lun des supports, quelle sera aborde.

Il en va de mme concernant les perceptions objectives de dtails ou vnements vrifis qui sont a priori inexplicables. Nous reviendrons plusieurs reprises sur ce sujet qui deviendra nettement plus comprhensible quand nous aurons expos certaines particularits de lacquisition et du traitement de linformation par notre cerveau puis mis en lumire les invariants que sont les particularits prcises et rptitives concernant la perception de lespace pendant une EMI. Ces dernires, au premier abord irrationnelles, trouveront une cohrence trs simple dans le cadre dun concept de perception/acquisition globale dinformation que nous essaierons de dfinir et modliser.

Nous essaierons nanmoins, autant que possible, dtudier sparment le versant humain, thique et spirituel, de ces expriences et leurs aspects cognitifs, plus techniques , malgr leur intrication qui ne rendra pas cette tche facile.

Ce livre gagnera donc tre relu, ventuellement dans le dsordre, chaque chapitre prenant un clairage nouveau pour le lecteur qui aura assimil lensemble et acquis une premire vue globale du sujet.

Je prie enfin ce dernier de ne pas ngliger la lecture approfondie des tmoignages, qui peuvent paratre fastidieux et sont souvent survols du fait de leur apparente similarit.

Ils reprsentent le seul matriau qui soit notre disposition, et, nous allons le voir, cest en les examinant dans les plus petits dtails que nous pourrons trouver de nombreuses cls.

1- Dont nous verrons bientt quelle est rductrice Jai voulu donner ce livre un titre pied de nez : Deadline, expression qui signifie dernire limite (en gnral au sens temporel) ou plus gnralement limite quil est interdit de franchir . Malgr la prsence de dead dans le mot, ce dernier na donc rien voir avec la mort

2- Voir chapitres 2 et 11.

3- International Association for Near-Death Studies. Site Internet franais : http://www.iands-france.org 4- Cette dernire caractristique a permis de mettre en vidence certains points qui seront dtaills dans la suite et qui nauraient pu ressortir dans une population hospitalire.

1

PRLIMINAIRES

Ce jour-l, je suis parti la plage, avec les enfants et avec lintention de ramener du bon poisson. Je suis donc parti et me suis loign deux ou trois cents mtres de la plage. Javais dj fait quelques prises, il devait tre peu prs deux heures et demie de laprs-midi. Vous raconter exactement ce qui sest produit, je ne peux pas vous le dire, car cest un pisode qui sest effac dfinitivement de ma mmoire. Tous les efforts que je fais pour men rappeler sont inutiles : je ne men souviens pas.

Tout ce que je sais, cest que, ce qui arrive aprs un accident maintenant je parle avec le recul , cest quelque chose dassez traumatisant dans les souvenirs parce que la premire chose dont je me souvienne brivement, cest de voir un chariot et des gens qui crient dans les couloirs, des femmes qui courent, qui demandent des bocaux, etc. Et, premier gros choc, cest de me voir, allong sur le lit. Alors, premire question, on se demande pourquoi ils font a. Je ne suis pas l, je suis ici : on est trs tonn de se voir.

Et je me dis : Si je me vois, quest-ce qui voit celui qui est l, sur le lit ? puisque je suis sr de ne pas tre sur le lit. Et cest laffolement. Je vois les gens qui mamnent au bloc opratoire, les lectrochocs que lon plaait sur ma poitrine, je voyais mon corps rebondir.

Question : Combien y a t il eu dlectrochocs ?

Rponse : Deux ou trois, je voyais mon corps rebondir plusieurs fois sur Et un certain moment je commenais paniquer, en fait celui qui observait commenait paniquer. Et jai voulu dire aux gens : Mais arrtez de faire nimporte quoi, puisque je suis bien, regardez-moi, l ! Et, deuxime fait troublant, lorsque jessaie de frapper des gens pour leur dire que je suis l, ma main, cest comme si elle nexistait pas : elle passe au travers des gens. Alors, il y a un truc quon ne comprend pas. On se dit : Ho, quest-ce qui se passe, moi, je les entends bien, je les vois et je peux les appeler, pourquoi est-ce quils ne mentendent pas ?

Et puis, aprs les lectrochocs, jai vu ce quils ont fait dans mon visage, ce quils ont fait lpaule. Jai vu, je revois ce chirurgien, je ne sais plus comment il sappelait, avec des lunettes, en train de me coudre lpaule.

Eh jtais trs perdu, trs paniqu , pourquoi il me coud puisque je suis bien o je suis ? Et puis je crois que jai quitt la salle, et brutalement, jai t aspir ailleurs.

La premire grosse sensation quil y a, lorsque tu sors de la salle dopration, cest dentendre les gens qui disent : Cest dsespr, il est en phase deux, et jai compris quils parlaient du coma. Cest pas possible !

Ils mettent des perfusions, ils mettent plein de trucs. Jentends : Amenez-le en ra, tout ce quil reste faire, cest attendre. Et je les vois sortir vers la ra. Et l je me quitte, cest la premire fois que je nai pas suivi mon corps. Jai t aspir, comme dans une spirale, je ne peux pas vous expliquer ce que cest que cette spirale, cest comme un tuyau noir, comme si vous tiez aspir brutalement, cest comme un courant dair qui vous aspire et vous perdez conscience une deuxime fois. Vous tes ractiv de lautre ct. La premire chose qui te frappe quand tu es ractiv de lautre ct cest la lumire.

Vous savez, jen p...

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