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DGD Rapport annuel 2010 · Antoon Van Broeckhoven, Annemarie Van der Avort, Marion Van Offelen, Reinout Van Vaerenbergh, Martine Warck. Table des matières Avant propos 6 Introduction

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Text of DGD Rapport annuel 2010 · Antoon Van Broeckhoven, Annemarie Van der Avort, Marion Van Offelen,...

  • Rapport Annuel

    2010

    © J.M. Corhay

  • 1

  • RemeRciements

    ce rapport annuel a été réalisé en collaboration avec:Maria Aerts, Alain Baetens, Marc Buys, Jean-Michel Corhay, Marc Deneer, Marc Denys, Lutgarde De Greef, Sophie De Groote, Lieven De La Marche, Erik De Maeyer, Jan De Mets, Erwin De Wandel, Florence Duvieusart, Damien Fontaine, Anne Franklin, Andrée François, Jeroen François, Corentin Genin, Catherine Gigante, Thomas Hiergens, Jacqueline Lienard, Maarten Lievens, Jan Luykx, David Maenaut, Dirk Molderez, Francis Monet, Eddy Nierynck, Guido Raedschelders, Elise Pirsoul, Katja Remane, Luc Risch, Ignace Ronse, Xavier Rouha, Melanie Schellens, Alain Schmitz, Chris Simoens, Cecilia Torrico Ballivián, Geert Vansintjan, Peter Van Acker, Antoon Van Broeckhoven, Annemarie Van der Avort, Marion Van Offelen, Reinout Van Vaerenbergh, Martine Warck

  • Table des matièresAvant propos 6

    Introduction 9

    Première partie : La Coopération belge au développement en 2010 11

    1. Les Objectifs du Millénaire : progrès et écueils 11

    Inégalités croissantes 11

    Rendez-vous in New York 13

    2. La Belgique préside l’Union européenne 14

    Rencontres et Conseils 14

    Les Journées européennes du Développement 2010 14

    3. Réformer, évaluer, apprendre… pour une aide plus efficace 16

    Peer Review de l’OCDE 16

    Réforme de l’aide humanitaire 16

    La connaissance et la politique en matière de développement s’associent 18

    La Belgique en tant que sector lead donor 19

    La gestion axée sur les résultats : de la théorie à la pratique 20

    Efficacité de l’aide 21

    Deuxième partie : La contribution belge aux Objectifs du Millénaire 23

    Objectif du Millénaire 1 : l’extrême pauvreté et la faim 25

    Etat des lieux mondial 25

    La contribution belge 26

    Bolivie. ProCAPAS, davantage de travail et de revenus pour les agriculteurs 27

    Bolivie. Inca Pallay, « chaque tissu raconte une histoire différente » 28

    Mozambique. Une approche intégrée en matière de sécurité alimentaire 29

    Mali. L’élevage et les crédits réduisent la pauvreté 30

    Ouganda. La paix apporte la prospérité 31

    Ouganda. L’ONG belge Trias aide les paysans à acquérir plus d’indépendance 32

    La nouvelle note stratégique : accent sur l’agriculture familiale et une meilleure efficacité 33

    3

  • Objectif du Millénaire 2 : éducation 35

    Etat des lieux mondial 35

    La contribution belge 36

    Bolivie. Formation pratique des jeunes vulnérables 37

    Ouganda. Aide budgétaire apportée au ministère de l’Education 38

    Education For All : la Fast Track Initiative 39

    Outils utiles pour le service environnemental. Interview de Zo Elia Mevanarivo, titulaire d’une bourse du CIUF 40

    Objectif du Millénaire 3 : genre 43

    Etat des lieux mondial 43

    La contribution belge 44

    Mali. Les femmes émettent les meilleures propositions pour leur communauté 45

    Mali. « Nous vendons plus de blé et de meilleure qualité à Tombouctou ». A la rencontre d’Habibatou Haïdara 46

    RD du Congo. La Clinique de la fistule extirpe les femmes de la marginalité 47

    Une résolution pour les femmes, la paix et la sécurité. Les femmes sont les forces de maintien de la paix 48

    La création d’ONU Femmes. L’égalité des sexes dans le giron des Nations Unies 49

    Objectifs du Millénaire 4, 5 et 6 : santé : mortalité infantile, mortalité maternelle et maladies mortelles 51

    Etat des lieux mondial 51

    La contribution de la Belgique 52

    Mozambique. Cohérence au sein de la collaboration universitaire. Le « défi » mozambicain 54

    Bolivie. Les investissements dans le domaine de la santé portent leurs fruits à El Alto 55

    Bolivie. L’ONG Louvain Développement 56

    Bolivie. Programme multisectoriel destiné à lutter contre la sous-alimentation 58

    Mali. Les soins de santé dans les régions les plus isolées 59

    Ouganda. A la recherche d’une nouvelle dynamique dans les soins de santé 60

    Objectif du Millénaire 7 : environnement durable 63 Etat des lieux mondial 63

    La contribution belge 64

    Bolivie. Stimuler la gestion commune des forêts 66

    Bolivie. L’eau et l’assainissement dans les régions isolées 67

    Mali. Une gestion intelligente des déchets à Sikasso 68

    Ouganda. Amélioration du niveau de vie dans les bidonvilles de Kampala 69

    RD du Congo. Une collaboration scientifique plus intense 70

    KLIMOS : la connaissance et la politique de développement s’associent 71

    Le succès de l’Union européenne à Nagoya. Un instant historique pour notre biodiversité 73

    L’année de la biodiversité et zoom sur la RD du Congo 74

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    Objectif du Millénaire 8 : partenariat mondial 77

    Etat des lieux mondial 78

    L’Aide publique au développement belge (APD). Le trajet d’évolution garde le cap 79

    Cohérence de la politique. Le développement, plus que la coopération au développement à elle seule 80

    Innovation en matière de financement du développement. Réduction du fossé dans le domaine du financement 81

    Bonne gestion et renforcement institutionnel. Contre la corruption pour une communauté forte 82

    Pays précaires. Mieux définir l’aide 83

    La Belgique et le MOPAN. Analyse de l’efficacité au sein des institutions internationales 84

    Cohérence nécessaire. Défense, diplomatie et coopération au développement 85

    Mozambique. Meilleure perception des impôts 86

    Mozambique. Harmonisation de la coopération au développement belge et flamande 87

    Mali. La Belgique soutient le processus de décentralisation 88

    « La population locale a le droit d’être consultée ». Interview d’Arnaud Chaltin, volontaire des Nations unies en Bolivie 89

    Contribution via les institutions financières internationales 91 Introduction 91

    La stimulation de la croissance contribue à atteindre les Objectifs du Millénaire. Approche de la Banque mondiale 91

    -Interview de Gino Alzetta, administrateur à la Banque mondiale 96

    Une relation particulière. Le Fonds monétaire international et les Objectifs du Millénaire 97

    - Interview de Willy Kiekens, FMI 98

    Troisième partie : Sensibilisation en Belgique 99

    Annexes 102

    Aide publique au développement belge (APD) 2007-2010 103

    Les Objectifs du Millénaire pour le Développement 105

    Organigramme de la DGD 106

  • 6 DGD Rapport annuel 2010

    Avant-propos

    Ces dernières années, la Coopération belge a connu des évolutions radicales. La mise en œuvre de plu-sieurs réformes a mené à une meilleure efficacité de notre aide pour tous nos vecteurs de coopération et a nettement augmenté l’impact de nos efforts de solidarité internationale.

    La coopération belge bilatérale s’est inscrite dans le code de conduite européen en matière d’efficacité de l’aide: les principes directeurs de notre coopération sont désormais la spécialisation sectorielle et la coopération déléguée. En ce qui concerne les acteurs indirects, des processus et des structures ont été développés afin de pouvoir faire appel, sur le terrain comme à Bruxelles, à leur spécificité et leur complémentarité et d’éviter une dispersion des efforts.

    Au niveau de la coopération multilatérale, la politique actuelle de concentration sera poursuivie. Depuis 2009 des contributions affectées à des projets spécifiques sont systématiquement converties en contri-butions aux moyens généraux de fonctionnement des organisations multilatérales partenaires: ceci accroît l’influence de notre pays dans les organes de concertation avec les institutions partenaires et permet à ces organisations de travailler de manière plus autonome et de réduire les frais de transaction. De même, en 2010, l’aide humanitaire belge a vu se mettre en place d’importantes réformes qui doivent mener à un cadre stratégique et réglementaire global et permettre une gestion optimale des différents financements.

    En plus d’une amélioration de la qualité de notre aide, le volume de la Coopération belge au développe-ment est passé de 0,48 % en 2008 à 0,64 % du PIB en 2010, en vue de l’objectif de croissance, inscrit dans la loi de 2002, pour les dépenses de la coopération au développement jusqu’à concurrence de 0,7 % du PIB. Même si l’objectif de 0,7 % n’a pas encore été atteint, ce résultat est le meilleur que notre coopération ait obtenu depuis l’instauration de cet objectif.

    Je me réjouis dès lors que le panel de l’OCDE, qui fin 2009 a audité notre coopération au développement, ait félicité notre pays des efforts réalisés. L’OCDE estime que la Coopération belge au développement est, et ce dans plusieurs domaines, un exemple à suivre pour les autres donateurs. L’OCDE attire en particulier l’attention sur l’augmentation des moyens, les réformes et l’engagement déterminé en faveur des pays les moins développés et des Etats fragiles.

    La Coopération belge au développement a résolument choisi de jouer la carte de l’Afrique dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Il semble que ces efforts commencent à porter leurs fruits: depuis 2005, la pauvreté en Afrique a diminué de 1 % par an. En outre, l’impact de la crise financière et économique est resté relativement limité dans plusieurs pays africains, grâce à une gestion publique fortement améliorée qui a mené à d’excellentes variables macro-économiques et une résistance suffisante aux chocs externes. Les investissements directs extérieurs dans nos pays partenaires en Afrique subsaha-rienne ont quintuplé, de 6 à 30 milliards USD, dans les dix dernières années : la poursuite du soutien de mesures dont bénéficie le climat d’investissement doit permettre au secteur privé de devenir le moteur du développement durable en Afrique.

  • 7

    En ce qui concerne les Objectifs du Millénaire (OMD), le sommet des Nations Unies en septembre 2010 à New York a démontré un progrès considérable en matière d’éducation et de lutte contre la pauvreté et la faim. On observe par contre peu de progrès pour les OMD relatifs à la santé. Les résultats globaux masquent également la diversité qui existe entre les pays: plusieurs pays africains n’atteindront pas les OMD en 2015.

    Il est de notre devoir de rester disponible en tant que donateur et de soutenir les plus pauvres. Notre pays jouera un rôle actif lors de la quatrième conférence internationale sur les pays les moins dévelop-pés, qui a lieu à Istanbul en mai 2011, et appuie un agenda international orienté vers les besoins et les défis spécifiques à ce groupe de pays.

    De plus, lors du sommet sur les Objectifs du Millénaire et durant sa présidence du Conseil de l’Union européenne en 2010, la Belgique a œuvré pour une attention accrue pour les mécanismes de finance-ment innovants en faveur du développement et, plus particulièrement, pour une taxe sur les transac-tions de change. Etant donné que la croissance économique mondiale ne se traduit pas suffisamment par des moyens financiers permettant de relever les défis de la globalisation, nous sommes confrontés à un dilemme de solidarité. Si la communauté internationale n’y apporte pas de réponse, nous risquons d’être confrontés à une instabilité économique et politique qui mettra en péril le développement dans le monde.

    En même temps, le monde sera confronté à d’énormes défis suite au changement climatique, qui frapperont d’ abord les populations les plus vulnérables dans les pays les plus pauvres. A Cancún, en décembre 2010, la délégation de la coopération belge a contribué aux résultats positifs du sommet cli-matique. Au cours de 2011, les préparations pour le sommet Rio+20 de 2012, qui tournera autour de la création d’un cadre institutionnel pour le développement durable, débuteront et la Belgique continuera à y jouer un rôle important.

    Enfin, le dernier rendez-vous important cette année sera le forum sur l’efficacité de l’aide à Busan, en Corée du Sud. La communauté de donateurs se penchera sur la question de la conversion des principes de l’efficacité de l’aide de la Déclaration de Paris en résultats de développement concrets. Ceci me permet d’attirer l’attention, pour conclure, sur la responsabilité partagée de la communauté des donateurs, d’une part, et des pays partenaires d’autre part, dans la réalisation des objectifs de développement. Une étude de la Banque mondiale a démontré que des pays avec des institutions défaillantes, se trouvent généralement dans le groupe des pays qui sont le plus éloignés des OMD. La bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et le renforcement des institutions publiques dans les pays partenaires seront donc également en 2011 des priorités politiques qui pourront compter sur le soutien de la Coopération belge au développement.

    Olivier ChastelMinistre de la Coopération au développement

  • 12

    35 4

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    Afrique du Nord : 1. Maroc2. Algérie

    Amérique latine :15. Equateur16. Pérou17. Bolivie

    Moyen-Orient :14. Territoires palestiniens

    13. Afrique du Sud

    Afrique de l’Ouest : 3. Mali4. Niger5. Sénégal6. Bénin

    Afrique centrale :7. République Démocratique

    du Congo8. Rwanda9. Burundi

    Afrique de l’Est :10. Ouganda 11. Tanzanie12. Mozambique

    Asie18. Vietnam

    Les 18 pays partenaires de la coopération gouvernementale belge

  • Ce rapport annuel entend démontrer que l’aide belge au développement peut contribuer aux résultats obtenus dans le cadre de la lutte contre la pauvreté. Il en combine deux autres : le rapport annuel de la DGD et le rapport annuel au Parlement sur la contribution belge à la réalisation des Objectifs du Mil-lénaire pour le développement. Le rapport a pour vocation première de présenter des résultats. Il vise à rendre compte de la façon dont les projets de développement peuvent exercer un impact positif sur la vie et le bien-être des personnes. Toutefois, son objectif est également de montrer la complexité de l’aide au développement et de ses domaines, qui empêche parfois des projets rigoureusement planifiés d’atteindre le résultat escompté.

    La première partie du rapport expose les gros dossiers, les tendances prédominantes et les grands changements qui ont déterminé le cadre dans lequel se sont déroulées les activités principales de la Coopération belge au développement belge au développement en 2010. Quelle a été la contribution spécifique de la Belgique au sommet des Objectifs du Millénaire pour le développement à New York ? Quels points la Belgique a-t-elle placés à l’agenda international dans le cadre de sa présidence de l’UE ? Comment la collaboration belge au développement tire-t-elle des leçons des évaluations et des plateformes de connaissance ? Que cherche-t-elle à obtenir par le biais des réorganisations internes ? Comment met-elle à profit son expertise spécifique ?

    La deuxième partie porte plus spécifiquement sur les huit Objectifs du Millénaire pour le développe-ment. Après avoir dressé un bref portrait de la situation mondiale, le rapport décrit les efforts belges consentis pour chaque Objectif. Il n’est pas réaliste de prouver et de calculer noir sur blanc dans quelle mesure la Belgique a contribué à l’accomplissement des Objectifs du Millénaire pour le développement. Par conséquent, ce rapport souhaite montrer la participation belge via une approche non exhaustive, prise à titre d’exemple. Celle-ci offre un aperçu réel du fonctionnement et des résultats de la Coopé-ration belge au développement.

    Différents cas de pays partenaires illustrent cette approche. Les projets, programmes et interviews proposés ont surtout pour but de donner la parole aux personnes de terrain, celles-là mêmes qui res-sentent l’impact de l’aide au développement ou mettent concrètement en pratique la collaboration au développement. Les actions se déroulent surtout en Bolivie, au Mali, en Ouganda et au Mozambique, quatre des dix-huit pays partenaires de la Belgique, avec l’attention nécessaire pour les diverses formes et différents canaux d’aide. Un chapitre distinct se consacre plus particulièrement à la contri-bution que la Belgique fournit par l’intermédiaire des institutions financières internationales.

    Enfin, la troisième partie dresse un aperçu d’un certain nombre d’activités afin de sensibiliser le public belge à la collaboration au développement. En effet, l’apport de la population de notre pays contribue également, dans une moindre mesure, au partenariat mondial pour le développement, le but ultime des Objectifs du Millénaire pour le développement.

    9

    Introduction

  • Les Objectifs du Millénaire pour le Développement

    Réduire l’extrême pauvreté et

    la faim

    Assurer l’éducation primaire

    pour tous

    Promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation

    des femmes

    Réduire la mortalité infantile

    Améliorer la santé maternelle

    combattre le ViH/siDA, le paludisme et d’autres

    maladies

    Assurer un environnement

    durable

    mettre en place un partenariat

    mondial pour le développement

    Que sont les Objectifs du millénaire ?Dans la Déclaration du Millénaire de l’an 2000, la communauté internationale a décrit 8 Objectifs du Millénaire pour le développement, ou, dans leur forme abrégée Objectifs du Millénaire ou OMD. Cette déclaration impose, d’ici 2015, un ambitieux plan d’amélioration des conditions de vie dans les pays en développement. Au vu du cap précis imposé par les OMD et l’engagement international qu’ils représentent, la Belgique a rapidement adopté les Objectifs du Millénaire en tant que cadre de référence central.

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    Inégalités croissantes

    Ces 10 premières années consacrées aux Objectifs du Millénaire nous permettent de tirer quelques leçons, dont l’une des plus importantes est le fait que les progrès aient été accompagnés d’une croissance des inégalités, tant au niveau international qu’au sein de nombreux pays. Par rapport au début du millénaire, les opportunités en matière d’éducation, de soins de santé et de travail digne sont réparties de manière moins égale. Par ailleurs, ce sont généralement les mêmes groupes qui pâtissent de la situation : les femmes, les minorités ethniques et les populations rurales. Par conséquent, nous devons continuer de concentrer notre aide dans le domaine de l’égalité des chances et du développement durable.

    Une approche unique ne sera à cet égard pas efficace. Plus que jamais, la coopération au développement devra tenir compte du contexte spécifique de chaque pays, région et population. La moindre problématique en matière de développement requiert une approche particulière et des moyens individuels. Nous devons diversifier davantage les solutions que nous proposons.

    Première partieLa Coopération belge au développement en 2010

    1. Les Objectifs du Millénaire : progrès et écueilsen 2010, il ne restait plus que 5 ans pour atteindre les Objectifs du millénaire, l’occasion donc pour la communauté internationale de faire le point sur la décennie qui venait de s’écouler afin d’établir un inventaire des progrès réalisés dans le domaine des OmD. nous savons désormais que le monde a progressé en la matière, mais également que des efforts plus importants devront être consentis en ce qui concerne certains objectifs. cette évaluation intermédiaire fut par conséquent le moment idéal pour déterminer les moyens nécessaires qui permettront à la communauté internationale de concrétiser l’ensemble des objectifs et la manière d’accélérer leur réalisation.

    tous les protagonistes s’accordent sur le fait que le bienêtre de la population mondiale s’est considérablement amélioré au cours des dix dernières années. Des millions d’êtres humains sortent du gouffre de la pauvreté et ont désormais accès à l’éducation et aux soins de santé, sans oublier l’obtention d’un droit de parole politique. Les progrès économiques sont les plus frappants en Asie, où d’importants résultats en matière de croissance sont très clairement à l’origine de meilleures conditions de vie. Les pays du sud ont également traversé la crise économique sans trop de difficultés. Les nations africaines enregistrent à nouveau une croissance dont les occidentaux ne peuvent que rêver.

    néanmoins, ces progrès ne concernent pas toutes les régions et populations. en outre, rien ne nous permet d’affirmer qu’ils sont définitifs. Les phénomènes d’envergure planétaire tels que la mondialisation et le changement climatique exigent une approche différenciée et des solutions innovantes de la part des différents gouvernements.

    en ce qui concerne certains Objectifs du millénaire, les progrès enregistrés ne sont à l’évidence pas encore suffisants. La Belgique estime que cette situation est préoccupante. Lors du sommet du millénaire des nations Unies à new York organisé en septembre 2010, notre pays a largement plaidé en faveur d’un profond engagement politique en matière de lutte contre la pauvreté et de développement humain (voir p. 13). en dépit d’une déclaration finale plus vague que prévu, la Belgique ne cessera de fournir des efforts au cours des prochaines années afin d’atteindre tous les Objectifs du millénaire.

  • 12 DGD Rapport annuel 2010

    Responsabilité collectiveLa Déclaration du Millénaire de l’an 2000 estime que la thématique des égalités, de la dignité et de la jus-tice est une « responsabilité collective » partagée par l’ensemble des pays et communautés. Ce principe est fondamental. Par ailleurs, il ne faut cesser de souligner la responsabilité des pays en développement. Sans une politique efficace des pouvoirs publics, les moyens mis en œuvre ne peuvent produire tous leurs effets. Les autorités locales doivent exploiter efficacement les moyens d’aide nationaux. Mais il est pour ce faire nécessaire de mettre en place un système de gestion convenable et de lutter contre toute forme de guerre, d’insécurité et de corruption. La Belgique apporte son soutien à ses pays partenaires afin de concrétiser une telle politique.

    Mais les pays donateurs ont, eux aussi, leur part de responsabilité. Seul un climat international favorable en matière, notamment, de commerce, de transfert de technologie et de migration confèrera un caractère durable aux progrès des pays du Sud. Il incombe dès lors à la communauté des donateurs d’y veiller et de créer les conditions nécessaires. Le huitième Objectif du Millénaire fait par ailleurs clairement référence à ce principe.

    La Belgique soutient également cet objectif, raison pour laquelle notre pays poursuit ses efforts afin d’allouer un budget de 0,7 % du RNB en matière de développement. Mais pour la Belgique, la coopération au développement ne se limite pas à ces 0,7 %. C’est pour cette raison qu’elle plaide en faveur d’une taxation des transactions financières internationales, une méthode insuffisamment explorée de nos jours mais qui pourrait être à l’origine de budgets considérables consacrés au développement.

    Des résultats durables sont indissociables d’une cohérence politique (voir p. 80). La politique menée, notamment dans les domaines de l’agriculture, du commerce, de la migration et de l’énergie entraîne un impact considérable sur le développement des pays du Sud. Une politique cohérente doit donc permettre d’éviter que les efforts en matière de coopération au développement ne restent vains.

    Déclaration de ParisL’application des principes de la Déclaration de Paris sur l’Efficacité de l’Aide représente une contribution essentielle à une aide plus efficace (voir p. 21). A cet égard, les pays en développement doivent prendre leur destin en mains, afin de permettre le renforcement de la propriété et des résultats durables.

    Une gestion axée sur les résultats (GAR – voir p. 20) compte parmi les principes essentiels, ce qui signifie que les interventions concrètes s’inscrivent dans un cadre plus large. Les réalisations à court terme (outputs) ne sont pas suffisantes : prenons par exemple la construction d’un pont. Il convient de se poser une question plus générale : pourquoi ce pont a-t-il été construit ? Il s’agit d’un exercice de réflexion caractérisé par des termes : par ex. à moyen et à court terme (outcome) afin de permettre à la population locale de trouver du travail dans la ville, sur l’autre rive. A long terme (impact), pour que les habitants bénéficient de revenus plus élevés afin d’acheter une nourriture de meilleure qualité pour leur famille ou pour que leurs enfants puissent aller à l’école. Une perspective à long terme est fondamentale.

    La contribution belgeLa Belgique est-elle capable d’apporter une contribution substantielle dans le domaine des Objectifs du Millénaire ? Nous comptons parmi les petits pays donateurs. De plus, la concrétisation des OMD dépend d’autres facteurs tels qu’une gestion correcte, des institutions efficaces et démocratiques, une répartition des richesses, des investissements privés, etc. La communauté internationale et les pays en développement jouent à cet égard un rôle crucial.

    Dans le monde globalisé d’aujourd’hui, le défi du développement des Pays les Moins Avancés n’est pas

    seulement une obligation morale. Il est étroitement lié aux questions de paix, sécurité et stabilité internationales.

    Madhav Kumar Nepal, Premier Ministre du Népal . Journées européennes du développement, Bruxelles, 6-7 décembre 2010

  • 13

    On peut donc supposer une contribution belge dans le domain e des OMD, en collaboration avec le pays partenaire et d’autres donateurs, sans oublier une multitude d’autres facteurs.

    Rendez-vous à New York

    En matière de développement, 2010 restera avant tout considérée comme l’année d’évaluation des Ob-jectifs du Millénaire. La communauté internationale s’est réunie en septembre à New York, a dressé un inventaire des résultats intermédiaires et s’est penchée sur le chemin qu’il reste à parcourir.

    En préambule à ce sommet des Nations Unies, des centaines de rapports ont été établis, des débats ont été menés et des notes de politique ont été rédigées. Les pays ont désormais une idée beaucoup plus précise de « ce qui fonctionne ou pas ». Ce sommet a ainsi permis de mettre en place une approche destinée à atteindre plus efficacement les OMD.

    Cependant, l’assemblée des Nations Unies ne s’est pas clôturée sur un texte final marquant. Les points de vue des pays du Nord et du Sud restent profondément divergents en matière, notamment, de droits de l’homme, d’égalité entre les sexes, d’aide au développement supplémentaire. Le document final reste dès lors relativement vague. La Belgique a pourtant consenti de nombreux efforts afin de permettre la rédaction d’une brève déclaration prévoyant un engagement politique profond.

    Des avancées positivesLe sommet doit-il dès lors être considéré comme un échec ? La Coopération belge au développement n’est pas de cet avis. Nous avons recensé 6 résultats positifs :

    - Les 192 Etats membres se sont tous rendus à New York afin de témoigner leur soutien aux Objectifs du Millénaire, ce qui prouve que la lutte contre la pauvreté compte parmi les préoccupations interna-tionales essentielles en matière de développement. Le sommet est à cet égard historique car tel était loin d’être le cas il y a 10 ou 20 ans.

    - L’ambiance de travail à New York était extrêmement constructive, très éloignée des tensions qui règnent parfois dans d’autres assemblées. Au lieu de répéter que les pays donateurs ne respectent pas leurs engagements en matière d’aide, les pays en développement ont exposé leurs propres efforts. Tous les pays semblent désormais reconnaître que la concrétisation des Objectifs du Millénaire est une responsabilité collective.

    - L’égalité des sexes fut l’un des thèmes récurrents du sommet. Le document final « Keeping the Promise : united to achieve the MDGs » revient à diverses reprises sur les inégalités entre les sexes et sur les femmes en tant que facteur essentiel de développement.

    - Le sommet s’est longuement attardé sur les méthodes efficaces sur le terrain et celles qui le sont moins. Le débat a révélé que les progrès sont optimaux lorsque les pays traduisent les Objectifs du Millénaire en stratégies adaptées à leur situation spécifique.

    © Rick Bajornas

  • 14 DGD Rapport annuel 2010

    - Pour de nombreux pays du Sud, le lien entre la paix, la sécurité, le respect des droits de l’homme et le développement n’apparaît plus comme tabou. Le document final fait clairement la part belle aux droits de l’homme en tant que facteur essentiel permettant d’atteindre les Objectifs du Millénaire.

    - Grâce au soutien actif de notre pays, les participants se sont largement penchés sur les nouveaux mécanismes de financement. Un groupe d’experts a pu démontrer au monde entier qu’une taxation des transactions financières internationales est parfaitement réalisable sur le plan technique.

    2. La Belgique préside l’Union européenneLa présidence belge de l’Union européenne était placée sous le signe d’une transition rapide vers la structure institutionnelle de « l’après Lisbonne ». Le traité de Lisbonne prévoit que le haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères, catherine Ashton, préside le conseil des Affaires étrangères et fixe son agenda, et non plus la présidence tournante de l’Union. Les compétences ont été redéfinies et les nouveaux rapports testés au cours de l’année 2010.

    Rencontres et Conseils

    La Coopération belge au développement a organisé fin octobre le premier conseil informel des Ministres de la Coopération au développement depuis l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne. Ce conseil a été placé sous la présidence du haut représentant, montrant ainsi clairement que la coopération au déve-loppement constitue l’un des fondements de la politique européenne. La Belgique a donné la priorité à deux dossiers : l’aide budgétaire globale et les sources de financement innovantes. En novembre, le conseil formel des Ministres de la Coopération au développement s’est penché sur le Livre vert de la Commission européenne, énonçant les principes relatifs à la future politique européenne en matière de développement.

    Rencontres internationalesLa Belgique a participé à plusieurs rencontres internationales majeures. Le Sommet des Nations Unies sur les Objectifs du Millénaire a été organisé en septembre à New York. Le Sommet mondial sur la Biodiversité, qui a passé en revue la Convention sur la Biodiversité, s’est pour sa part tenu en octobre à Nagoya (Japon). Notre pays, en collaboration avec l’Institut royal des Sciences naturelles de Belgique, y a joué un rôle essentiel. Lors du Sommet sur le climat organisé en décembre à Cancun, la délégation de la Coopération belge au développement a permis aux négociations de se clôturer sur une note positive.

    Les Journées européennes du Développement 2010

    Les Journées européennes du Développement sont organisées chaque année à l’initiative de la Commis-sion européenne. Depuis leur création en 2006, ces journées sont devenues la rencontre phare annuelle des professionnels du domaine. En 2010, la Belgique a participé à leur organisation. Nos services ont donc travaillé en étroite collaboration avec les institutions européennes.

    Les Journées européennes du Développement sont un forum d’échange unique sur les questions et les enjeux de la coopération au développement. Pas moins de 5000 personnes issues des quatre coins de la planète ont participé aux débats et ont ainsi pu élargir leurs connaissances à propos des sujets brûlants de la coopération internationale.

    A BruxellesLes Journées européennes du Développement se sont déroulées à Bruxelles les 6 et 7 décembre. Les débats se sont articulés autour des thèmes suivants : le Livre vert sur la politique de développement de la Commission européenne, l’Agenda de l’efficacité de l’aide et les réformes institutionnelles liées à l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne.

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    La Belgique a organisé deux panels politiques de haut niveau :

    1. Le panel PostLisbonne qui portait sur les réformes de l’aide européenne liées à l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne;

    2. Le panel PmA qui traitait de la nécessité de continuer à accorder une attention particulière aux Pays les moins avancés (PMA), et notamment à l’Afrique.

    Nous avons également organisé deux séminaires techniques portant sur des thèmes chers à la Belgique : l’efficacité de l’aide et la Domestic Accountability (responsabilisation nationale) ainsi que le travail des enfants dans le secteur du cacao.

    Pour le grand publicÀ travers le Programme public, les Journées européennes du Développement s’adressaient également aux citoyens en leur proposant une dizaine d’événements socioculturels, pour la plupart gratuits, en rapport avec la solidarité internationale. Défilé de mode, concerts, films, ateliers, expositions, spectacles de danse et concours ont ainsi été organisés à divers endroits de Bruxelles et de sa périphérie. Ce pro-gramme a été organisé et financé par la Coopération belge au développement.

    Grâce à son « format ouvert », le forum permettait à tous de participer : ONG, chefs d’entreprise, uni-versités, responsables politiques, membres du parlement, institutions internationales, autorités locales, représentants des médias, jeunes, etc. Les groupes de discussion étaient équilibrés, tant sur le plan de la représentation hommes-femmes que sur celui de l’origine géographique.

    © DGD / Dimitri Ardelean

    Quelques chiffres sur les Journées européennes du Développement5.000 participants issus de 125 pays2 jours d’échange de points de vue et de débats250 orateurs15 panels de haut niveau et 35 séminaires110 stands au cœur du « Village du développement », le salon des experts10 jours d’événements socioculturels à Bruxelles

  • 16 DGD Rapport annuel 2010

    3. Réformer, évaluer, apprendre… pour une aide plus efficaceAu cours des dix dernières années, la Belgique a consenti des efforts considérables afin d’améliorer la qualité de l’aide au développement. Les besoins des pays en développement occupent à cet égard une place prépondérante. ce constat ressort notamment des trois plateformes de recherche qui soutiennent nos services en matière de connaissances et de préparation des politiques. en 2010, la gestion axée sur les résultats (GAR) a de plus en plus fait office de fil conducteur. en outre, l’OcDe a évalué la coopération belge au développement et nous constatons une combativité renforcée au niveau des actions humanitaires. La Belgique a joué le rôle dans 13 pays partenaires sur 18 de « sector lead donor » pour la communauté de donateurs.

    Peer Review de l’OCDE

    Tous les 4 ans, le Comité d’aide au développement (CAD) de l’OCDE procède à une évaluation de la coo-pération au développement de tous les Etats membres. Son rapport formule alors des recommandations destinées à améliorer le fonctionnement de la politique en matière d’aide au développement. En 2010, cet examen a eu lieu sous la houlette du Canada et de la Suisse. Le Peer Review a duré 9 mois et, outre un programme intensif à Bruxelles, comprenait une visite au Burundi.

    Le CAD se réjouit de la volonté belge d’allouer un budget de 0,7 % de son RNB à l’aide au développement et de son souhait d’améliorer son niveau de qualité, surtout en pleine crise économique mondiale. Les réformes récentes menées par la Belgique peuvent compter sur un soutien inconditionnel au sein des cercles politiques et de la société civile. L’aide au développement bénéficie ainsi désormais en premier lieu à nos pays partenaires les plus pauvres. La modernisation de la coopération a débuté il y a deux ans. Elle prévoit un soutien stratégique multilatéral renforcé, des programmes mieux adaptés aux priorités des pays partenaires, de nouveaux accords afin d’être en mesure de renforcer les liens avec les acteurs non gouvernementaux et de mettre en place des méthodes plus efficaces afin d’apporter de l’aide sur le terrain.

    RecommandationL’enquête est largement consacrée à l’intervention belge dans les Etats les plus vulnérables. Elle propose la mise en place en Belgique d’une approche interministérielle, visant ainsi une cohérence renforcée entre les divers domaines politiques (commerce, migration, climat…) qui exercent une influence sur le développement des pays vulnérables. Le CAD salue le fait que le budget de l’aide humanitaire belge ait augmenté de 71 % depuis 2004. Lorsque la Belgique aura réformé sa législation, elle sera en mesure de mieux définir les priorités de son action humanitaire et, de ce fait, contribuera dans une plus large mesure à la coopération à long terme.

    Selon l’enquête, l’aide belge au développement gagnera certainement en efficacité et en utilité lorsque la majorité des acteurs du domaine du développement auront défini une vision plus commune. La position de la Direction générale de la Coopération au Développement (DGD) doit être renforcée et ce, afin de jouer au mieux son rôle stratégique et de coordination.

    L’enquête estime également que la Belgique devrait exploiter davantage son expérience sur le terrain dans le cadre de sa politique en matière de développement. En délégant davantage de compétences décisionnelles aux bureaux locaux, la politique serait en mesure de mieux tenir compte du contexte local et d’améliorer l’efficacité de son administration.

  • 17

    Réforme de l’aide humanitaire

    L’aide humanitaire est différente des autres types d’aide offerte par la Coopération belge au développe-ment. Son seul objectif est de réagir le plus rapidement possible face à une situation d’urgence et ce, indépendamment de la situation géographique ou des intérêts défendus par la Belgique. Le consensus à cet égard repose sur les leçons tirées des crises du passé et guide l’intervention belge.

    L’aide humanitaire belge est actuellement en pleine transition. En 2010, la DGD s’est à nouveau vue confier la responsabilité de la gestion de l’ensemble des flux d’aide humanitaire. Les budgets ont été restructurés et un nouveau cadre réglementaire global est actuellement en cours d’élaboration sur la base de la Peer Review et des évaluations et consultations avec les stakeholders et spécialistes nationaux et internationaux. L’étendue, la stratégie, le financement et la gestion sont peu à peu adaptés.

    Sur la base d’une évaluation de l’ampleur de la crise, des besoins de la population et des capacités des partenaires humanitaires multilatéraux et des ONG, les pays en proie aux crises les plus graves ont béné-ficié d’une aide plus importante. Les drames humanitaires qui se jouent en République démocratique du Congo, en Afghanistan et au Soudan ont donné lieu, cette année, à une aide belge. Un cadre opérationnel est également disponible depuis cette année permettant à la Belgique d’aider les populations locales à se préparer aux catastrophes.

    Mobilisation rapide en cas de catastropheEn ce qui concerne la mobilisation rapide en cas de catastrophe naturelle, la Belgique a poursuivi ses investissements dans des projets destinés à permettre aux populations les plus vulnérables de mieux y faire face. Notre pays a augmenté sa contribution dans certains fonds immédiatement disponibles en cas de catastrophe. Notre contribution au Central Emergency Response Fund des Nations Unies et au Disaster Response Emergency Fund de la Croix-Rouge a ainsi permis de débloquer rapidement des fonds lors du tremblement de terre en Haïti et des inondations au Pakistan, les deux crises majeures de l’année 2010.

    La Belgique a également investi dans des projets spécifiques lorsque certains besoins dépassent les capacités des autres instruments. La crise pakistanaise s’est lentement aggravée et l’aide a été apportée en fonction de l’évolution des besoins et selon des processus d’octroi transparents. Le tremblement de terre qui a secoué Haïti a immédiatement dévasté le pays et la Belgique a réagi de manière flexible aux besoins urgents et a établi un agenda coordonné de reconstruction en collaboration avec les partenaires compétents et ce, pour les trois prochaines années.

    © FAO

  • 18 DGD Rapport annuel 2010

    Groupe de travail européenLa présidence belge du Groupe de travail « Aide humanitaire et aide alimentaire » (COHAFA) s’est prin-cipalement consacrée à l’amélioration de son efficacité. Une attention toute particulière a été por-tée au renforcement du message humanitaire en tant qu’apport pour les décideurs politiques lors de crises humanitaires majeures. Les activités du groupe de travail ont revêtu une importance spéciale pour l’échange d’informations et la coordination européenne durant les catastrophes en Haïti et au Pakistan. En outre, des accords ont été passés concernant une réaction européenne rapide en cas de crise ainsi qu’en matière de négociations d’une nouvelle Convention relative à l’aide alimentaire.

    La connaissance et la politique en matière de développement s’associent

    Depuis 2009, trois nouvelles plateformes de recherche universitaires apportent leur soutien à la Coopé-ration belge au développement en matière de connaissances et de préparation des politiques. Concrète-ment, les trois projets suivants ont vu le jour dans le courant de l’année 2010.

    KLIMOS, la plateforme de recherche sur le climat et la coopération au développement, a mis au point un instrument d’analyse très utile qui permettra dorénavant d’évaluer l’impact et les risques des projets belges de coopération au développement et, le cas échéant, de les adapter. L’instrument a été testé au moyen d’études de cas au Limpopo, en Afrique du Sud. KLIMOS a également fourni à la DGD des infor-mations relatives au suivi du mécanisme REDD, destiné à récompenser les pays en développement qui protègent leurs forêts afin de lutter ainsi contre les émissions de CO2.

    Par le biais d’une étude reconnue dans le monde entier placée sous le thème de « l’aide budgétaire et du dialogue politique », la plateforme en matière d’efficacité et de structure de l’aide a apporté une contribution concrète au Livre vert en matière d’appui budgétaire de la Commission européenne. Cette plateforme de recherche a également travaillé sur l’intégration des sexes dans les nouveaux programmes de coopération indicatifs axés sur le développement rural.

    La plateforme PULSE, qui étudie l’assise de la Coopération belge au développement, a mené une enquête générale auprès de la population belge. Il est notamment ressorti que les Belges se sentent toujours extrêmement concernés par la pauvreté des pays du Sud mais qu’ils se montrent de plus en plus critiques vis-à-vis de la coopération au développement et de l’allocation du budget.

    AssisesLa troisième édition des « Assises de la Coopération belge au développement », lesquelles, avec 400 participants représentent le forum le plus important pour les professionnels belges de l’aide au dévelop-

    © DGD / Dimitri Ardelean

  • 19

    pement, était placée cette année sous le signe du Sommet du Millénaire des Nations unies organisé à New York. Divers orateurs tels que Daniel Kaufmann, Jan Vandemoortele, Andris Piebalgs et Amina Az-Zubair, ont fourni des pistes essentielles qui permettront d’aider à définir le point de vue belge à propos des Objectifs du Millénaire.

    La Belgique en tant que sector lead donor

    La Belgique a joué le rôle dans 13 pays partenaires sur 18 de « sector lead (ou co-lead) donor » pour la communauté de donateurs. Cela signifie que l’attaché de la coopération internationale préside et gère au niveau du contenu un groupe de concertation sectoriel pour, par exemple, l’agriculture ou les soins de santé et coordonne les donateurs dans ce secteur.

    Reconnaissance de l’expertise sectorielleCes groupes de concertation et de coordination sont dirigés soit par le ministère technique du pays partenaire, le scénario idéal, soit par un donateur actif (bi- ou multilatéral). Il s’agit de plateformes de concertation entre donateurs et avec les pouvoirs publics du pays partenaire. Les parties discutent des programmes sectoriels et assurent leur suivi, planifient et coordonnent l’aide et se chargent du dialogue politique. Le « sector lead » est donc un élément du rayonnement belge.

    Dans un certain nombre de cas, il s’agit même de la confirmation d’une expertise belge propre à un secteur, par exemple dans le domaine des soins de santé au Rwanda. Lorsqu’il s’agit en outre d’un appui budgétaire sectoriel, le lead se voit également confier une responsabilité (politique) cruciale. L’attaché est alors assisté par un expert du secteur appartenant à la CTB, l’agence belge de développement. Ces méthodes, dans le cadre desquelles la Belgique joue un rôle de lead avec appui budgétaire sectoriel, sont utilisées notamment au Rwanda (santé) et en Tanzanie (administrations locales). Mais la Belgique fait également office de lead sans appui budgétaire, comme dans le domaine de l’agriculture au Bénin et des soins de santé au Burundi et au Niger.

    Lead donor arrangementsLa Déclaration de Paris sur l’harmonisation et la coordination de l’aide fait référence au lead donor et lui attribue une responsabilité dans la coordination et la répartition des tâches parmi les donneurs et avec les pays partenaires. Le Code de conduite européen franchit à cet égard une étape supplémentaire et prévoit également des « lead donor arrangements » dans les secteurs prioritaires, notamment afin de diminuer les frais de transaction en matière d’aide. Le lead se voit donc attribuer via la coopération déléguée par les autres donateurs (idéalement silent partners) un mandat lui permettant d’agir en leur nom afin de mobiliser des moyens, en matière de dialogue politique, de suivi et de rapportage.

  • 20 DGD Rapport annuel 2010

    La gestion axée sur les résultats : de la théorie à la pratique

    En 2010, la Coopération belge au développement a poursuivi ses efforts afin d’introduire la gestion axée sur les résultats (GAR) au sein de la culture d’entreprise.

    Choix stratégiquesC’est la raison pour laquelle le SPF Affaires étrangères a posé un choix clair. Le plan de gestion 2010-2013 s’impose notamment comme objectif stratégique le renforcement de l’impact de l’aide belge au développement à travers la gestion axée sur les résultats. Cet objectif a été rendu opérationnel dans le plan de gestion de la DGD et a été transposé dans les plans opérationnels des différentes directions. Cer-tains services travaillent déjà dans ce sens. Cette méthode porte ses fruits et est à l’origine de nouvelles législations, méthodes et techniques.

    L’année 2010 a vu la création du successeur du Fonds belge de survie (FBS), le Fonds belge pour la sécurité alimentaire (FBSA). Celui-ci entend contribuer au maximum à l’amélioration de la sécurité alimentaire en Afrique subsaharienne. L’évaluation réalisée en 2008 est à l’origine de recommandations utiles destinées à perfectionner le fonctionnement selon une gestion orientée vers les résultats. L’arrêté royal et la note stratégique qui doivent être approuvés en 2011 reprennent les principes fondamentaux de la GAR.

    En collaboration avec les ONGLe dialogue entre la DGD et ses partenaires se concentre également sur une responsabilisation mutuelle renforcée en fonction de la GAR. En mai 2009, les ONG et le ministre en charge de la Coopération au développement ont signé un accord à travers lequel ils s’engagent à accroître l’efficacité de l’aide au développement.

    Pour leur part, les ONG s’engagent à systématiser la gestion axée sur les résultats et à rédiger plus régu-lièrement des rapports à propos de leur programme et des résultats de leurs projets. L’efficacité devient dès lors un critère essentiel de l’évaluation des projets des ONG et des programmes de cofinancement.

    Certains critères se penchent davantage sur la logique qui se cache derrière les résultats : l’input, les activités, les résultats à court et moyen termes et l’impact (à long terme). Les premiers rapports des ONG, remis en 2010, décrivent systématiquement les résultats.

    Orienté sur les priorités du pays partenaireLa Coopération belge au développement analyse également l’efficacité à travers les résultats en matière de développement de ses pays partenaires. Ce principe suppose une orientation sur le dialogue politique, la programmation, le suivi et l’évaluation des résultats. La Coopération belge au développement a rédigé à cet égard de nouvelles instructions et a mis au point de nouveaux instruments méthodologiques.

    Ils ont été appliqués au sein des commissions mixtes de 2009. Ainsi, le nouveau Programme indicatif de Coopération (PIC) entre la Belgique et le Pérou se concentre sur deux secteurs : les soins de santé et une politique environnementale durable. Conformément à la Déclaration de Paris, les interventions sont adaptées en fonction des priorités du pays.

    Le programme-cadre du pays permet d’harmoniser les différents niveaux de résultats du PIC en fonction des résultats sectoriels du Pérou et des objectifs stratégiques de la politique nationale en matière de col-laboration technique internationale. Un cadre de suivi des résultats reposera sur les indicateurs compris dans les systèmes nationaux.

    Ces exemples illustrent les progrès réalisés par la Coopération belge au développement et ses parte-naires afin d’intégrer la gestion axée sur les résultats dans leurs activités.

  • 21

    Efficacité de l’aide

    Des efforts conséquents ont été fournis au cours des 10 dernières années afin d’améliorer la qualité de l’aide au développement. Nous tentons dès lors de trouver de nouvelles méthodes qui correspondent da-vantage aux besoins des pays en développement. Dans le cadre de la Déclaration de Paris de 2005, plus d’une centaine de pays (donateurs et bénéficiaires), d’organisations d’aide multilatérales et d’agences de développement ont accepté d’intégrer à leur politique de développement 5 principes visant à améliorer l’efficacité de l’aide.

    1. Appropriation (ownership) : les pays partenaires exercent une réelle maîtrise sur leur politique de déve-loppement et leurs plans de lutte contre la pauvreté. Les pays donateurs acceptent que le pays parte-naire prenne les décisions.

    2. Alignement : les donateurs s’engagent à faire reposer l’aide sur les stratégies, institutions et procé-dures nationales. Les donateurs doivent donc éviter de créer des structures parallèles.

    3. Harmonisation : les donateurs doivent rationaliser leurs interventions afin d’accroître le niveau d’effica-cité de la coopération au développement conjointe. La transparence et la complémentarité sont à cet égard essentielles.

    4. Gestion orientée vers les résultats : l’aide doit être orientée vers les résultats escomptés et les infor-mations doivent permettre d’améliorer le processus décisionnel.

    5. Responsabilité mutuelle : les donateurs et les pays partenaires analysent ensemble les résultats des actions. Ils font pour ce faire appel aux mécanismes en vigueur dans le pays partenaire.

    Le Programme d’Action d’AccraPlus de 1700 participants se sont réunis en 2008 à Accra (Ghana) à l’occasion du Troisième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide au développement. Les membres du forum ont ainsi évalué pour la première fois le niveau de mise en œuvre des principes de la Déclaration de Paris. Le Programme d’Action d’Accra (PAA) a ainsi été rédigé : il s’agit d’une déclaration internationale destinée à soutenir les réformes en vue d’accélérer l’instauration d’une coopération au développement efficace et d’atteindre d’ici 2015 les Objectifs du Millénaire. La PAA se concentre sur les principaux défis techniques et institu-tionnels afin d’appliquer intégralement les principes de la Déclaration de Paris.

    - Prévisibilité : les pays donateurs fournissent davantage de garanties aux pays partenaires à propos du nombre d’années durant lesquelles ils apporteront leur aide (aide prévisible). Les pays en développe-ment renforceront le lien entre les dépenses publiques et les résultats.

    - Systèmes des pays : les systèmes des pays partenaires, et non plus ceux des pays donateurs, seront utilisés afin de gérer l’aide.

    - Conditionnalité : les pays donateurs n’imposent plus leurs propres conditions, ils lient des conditions aux objectifs de développement postulés par le pays en développement.

    - Déliement de l’aide : les donateurs élaborent des plans afin de poursuivre le déliement de leur aide.- Lutte contre la fragmentation de l’aide : les donateurs s’engagent à créer le moins possible de nouveaux

    canaux d’aide et à mettre en place un système de répartition commun des tâches.- Partenariats : tous les protagonistes sont incités à appliquer les principes de la Déclaration de Paris; la

    valeur de la coopération Sud-Sud est reconnue.- Transparence : les pays mettront tout en œuvre afin de créer pour 2010 des évaluations conjointes.

    Ce principe exige une plus grande implication du parlement et des citoyens. Les évaluations seront étayées par des preuves fiables indépendantes.

  • 22 DGD Rapport annuel 201022

    Les prémisses de Busan 2011Interview d’Isabelle Wittoek, attaché auprès de l’OCDE

    Le Quatrième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide au développement se déroulera fin 2011 à Busan, en corée du sud. cet événement doit permettre de franchir une étape supplémentaire dans la mise en œuvre d’une aide au développement plus efficace. Le secteur de l’aide souhaite dresser un état des lieux 5 ans après la Déclaration de Paris. De quelle manière les principes ontils permis d’obtenir de meilleurs résultats en matière d’aide au développement ? Quelles sont les méthodes efficaces et qu’estil possible d’améliorer ?

    isabelle Wittoek, Attaché de la coopération internationale à la Représentation permanente de la Belgique auprès de l’OcDe, revient sur les discussions menées en 2010 à propos des objectifs du Quatrième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide au développement.

    La Corée du Sud organise le Quatrième Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide au développement. Quelle est la vision de la Corée du Sud à propos du pro-gramme d’efficacité de l’aide au développement ?isabelle Wittoek: « La Corée du Sud compte parmi les nouveaux pays donateurs de l’OCDE et du CAD mais jusqu’il y a peu, cette nation bénéfi-ciait elle-même encore d’une aide. Ce pays est donc un donateur particulier et se considère comme un exemple des nouveaux donateurs du CAD : un donateur qui, il y a peu de temps, était encore lui-même bénéficiaire. Grâce à ce statut, la Corée aborde de nouveaux sujets. L’un des débats les plus animés de 2010, et sur lequel les ONG ont également insisté, se rapporte à la question suivante : « Le forum de Busan ne doit-il pas se concentrer principalement sur l’efficacité du développement et non sur l’efficacité de l’aide ? » La Corée du Sud insiste vigoureusement sur la place de l’aide au sein de la problématique plus élargie du développement et souhaite intégrer « l’aide » au concept plus général de « développement ».

    Néanmoins, « l’efficacité en matière de développement » est bien entendu un concept difficile qu’il n’est pas simple de comprendre. Cet exercice n’est pas évident pour les donateurs traditionnels qui se concentrent principalement sur l’aide. Ils ont par conséquent demandé que le forum de Busan se penche d’abord sur « l’efficacité de l’aide » : que s’est-il passé depuis la Déclaration de Paris ? En effet, l’agenda de Paris et le Programme d’Action d’Accra (PAA) n’ont pas encore été entièrement exécutés. En matière de développement, cinq années représentent une perspective relativement courte. »

    N’est-il pas un peu tôt pour procéder à une évaluation ?isabelle Wittoek: « Peut-être. Les principes destinés à favoriser une aide efficace et le PAA n’ont pas encore été suffisamment mis en œuvre dans les pays partenaires. Mais la situation commence à évoluer. Les pays en développement prennent de plus en plus de mesures pour mettre en place un cadre propice à une aide efficace. Soulignons que 80 pays ont participé à la troisième évaluation de la mise en œuvre des principes.

    Les objectifs de « Busan » sont ambitieux. L’attention ne se concentrera peut-être pas tant sur l’application des principes de Paris mais plutôt sur leur contribution en matière de résultats dans le domaine du développement. La pression de la société civile a favorisé cette évolution. Elle était déjà large-ment plus impliquée à Accra (HLF3 en 2008) qu’à Paris (HLF2 en 2005). Les ONG ont donc finalement élargi le débat. »

    L’élargissement des discussions entraîne de nom-breuses questions. Cela ne risque-t-il pas de troubler la nature des débats ?Wittoek: « Dans certains cas, mais la question essentielle reste : de quelle manière l’aide contribue-t-elle au développement ? Les partenaires en-tendent dresser un inventaire précis du rôle de l’aide en matière de dévelop-pement et veulent pouvoir le mesurer. Il s’agit d’une tâche complexe. Mais il ne faut pas pour autant remettre en question les principes de Paris. Nous ne voulons pas que « Busan » se clôture sur une nouvelle Déclaration, de nouveaux principes ou un nouvel engagement majeur. Nous souhaitons sim-plement un resserrement et un approfondissement des principes actuels. »

    Il ne s’agit donc pas d’un simple dialogue Nord-Sud.isabelle Wittoek: « Tout à fait, la Déclaration de Paris était un dialogue Nord-Sud, entre les pays en développement et les donateurs. Depuis 2010, nous assistons également à une coopération Sud-Sud. Les donateurs doivent alors apprendre à faire un pas en arrière car les pays du Sud dia-loguent entre eux sans les pays donateurs. Personne ne sait dans quelle voie la coopération Sud-Sud s’engage. Sa plus-value par rapport à la coopération classique Nord-Sud reste floue. »

    Qu’en est-il des principes en matière d’aide efficace au sein du dialogue Sud-Sud ?isabelle Wittoek: « Le dialogue Sud-Sud au sein des Nations Unies n’a que peu d’égards pour les principes de Paris. Il se caractérise par un ton diffé-rent, plus radical. De plus en plus de pays en développement se demandent à quel moment l’aide cessera : ils ne veulent plus en bénéficier car elle les rend dépendants et indigents. Ils préfèrent se débrouiller. Le Rwanda est un bel exemple en la matière. »

    © DGD / Thomas Hiergens

    Depuis 2010, nous assistons également à une coopération Sud-Sud. Les donateurs

    doivent alors apprendre à faire un pas en arrière car les pays du Sud dialoguent entre eux sans

    les pays donateurs

  • 23

    Deuxième partieLa contribution belge aux Objectifs du Millénaire

  • 24 DGD Rapport annuel 2010© Bill & Melinda Gates Foundation

  • 25

    Objectif du Millénaire 1Bannir d’ici 2015 l’extrême pauvreté et la faim Réduire de moitié la proportion de la population dont le revenu est inférieur à un dollar par jour Réduire de moitié la proportion de la population qui souffre de la faim

    Situation actuelle dans le monde

    Les faits en bref- Le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté interna-

    tional, fixé à 1,25 dollar par jour, est passé de 1,8 milliards à 1,4 milliards entre 1990 et 2005.

    - La proportion de personnes vivant dans une extrême pauvreté dans les régions en développement est passée de 46 % à 27 %. On est donc sur la bonne voie pour atteindre la cible mondiale.

    - Environ un enfant de moins de cinq ans sur quatre souffre d’in-suffisance pondérale dans le monde en développement, au lieu de près d’un sur trois en 1990.

    L’extrême pauvretéLe monde est sur la bonne voie pour atteindre la cible des OMD visant à réduire de moitié, entre 1990 et 2015, la proportion de la population vivant avec moins d’un dollar par jour. Dans les régions en développement, le taux de pauvreté global est passé de 46 % en 1990 à 27 % en 2005. Les progrès sont soutenus dans beau-coup de pays en développement, et ce en dépit des revers dus au ralentissement économique de 2008-2009 et des effets des crises alimentaire et énergétique. Cependant, même si ces tendances po-sitives se poursuivent, en 2015, quelque 920 millions de personnes continueront de vivre sous le seuil international de pauvreté que la Banque mondiale a relevé à 1,25 dollars par jour en 2008.

    Les succès remportés jusqu’à présent sont largement dus à des avancées extraordinaires en Asie, et principalement en Asie de l’Est. En un quart de siècle, le taux de pauvreté en Asie de l’Est a dégringolé pour passer de près de 60 % à moins de 20 %. Le taux de pauvreté devrait être ramené à environ 5 % en Chine et à 24 % en Inde d’ici 2015. Par contraste, la réduction de l’extrême pauvreté a peu progressé en Afrique subsaharienne, où le taux de pauvreté n’a que très peu baissé, puisqu’il est passé de 58 à 51 % entre 1990 et 2005. L’Afrique subsaharienne, l’Asie de l’Ouest et certaines régions d’Europe de l’Est et d’Asie centrale sont les rares régions qui ne devraient pas atteindre la cible OMD de réduction de la pauvreté.

    La faimLe pourcentage de personnes qui souffrent de la faim diminue, mais à un rythme peu satisfaisant. Même si la proportion de ceux qui souffrent de la malnutrition et de la faim a diminué depuis le début des années 1990, les progrès stagnent depuis 2000-2002. On estimait en 2010 à 925 millions le nombre de personnes qui souffraient de faim chronique, un chiffre inférieur à celui de 1,023 milliards enregistré en 2009 mais supérieur à celui de quelque 815 millions, représentant les personnes sous-alimentées en 1990.

    De 1990 à 2008, la proportion d’enfants de moins de cinq ans souf-frant d’insuffisance pondérale est passée de 31 % à 26 % dans les régions en développement, avec des succès plus marqués en Asie de l’Est, surtout en Chine. En dépit de ces améliorations, les progrès actuels ne sont pas assez rapides pour atteindre la cible OMD, et il est nécessaire de se concentrer sur l’Asie du Sud. Cette région abrite à elle seule près de la moitié des enfants dénutris de la planète. Dans toutes les régions en développement, les enfants des zones rurales risquent près de deux fois plus de souffrir d’insuf-fisance pondérale que ceux des zones urbaines.

    Tout programme d’aide menant à la

    dépendance est un signe d’échec, et non

    un succès. L’aide doit se rendre inutile à

    long terme.

    Donald Kaberuka, Président de la Banque Africaine du Développement. Journées européennes du développement,

    6-7 décembre 2010

  • 26 DGD Rapport annuel 2010

    La contribution belge

    La sécurité alimentaire au premier plan

    En 2008, la Belgique s’est engagée à accroître la part de son budget dédié au développement qui est consacrée à l’agriculture et à la sécurité alimentaire de 10 % en 2010 à 15 % en 2015. Notre pays a tenu parole : le budget se trouve actuellement aux alentours des 12 % et constitue un exemple pour les autres donateurs.

    Voici un aperçu de certaines mesures et des résultats obtenus :- Mise en œuvre du nouveau Fonds belge pour la sécurité alimentaire (FBsA), successeur du

    Fonds belge de Survie, dont le budget prévu s’élève à plus de 250 millions d’euros sur 10 ans. Afin de tester sa nouvelle structure et son fonctionnement, le fonds a introduit un programme-pilote au Mozambique (voir p. 29 cas 3) et au Mali.

    - Développement du secteur privé dans le domaine de l’agriculture grâce à l’intervention de BiO, société belge d’investissement pour les pays en développement.

    - Augmentation du budget belge alloué à l’aide alimentaire et révision de la Convention sur l’aide alimentaire.

    - Les contributions au Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GcRAi). Ce groupe mène des recherches scientifiques afin de développer une sécurité alimentaire durable en faveur des pays pauvres. Depuis quelques années, les contributions ont été sensiblement accrues pour atteindre 9 millions d’euros (2010).

    - Le budget alloué au Fonds international de Développement agricole (FiDA) a quasiment doublé au cours de la période comprise entre 2010 et 2012. Il s’élève désormais à 7 millions d’euros par an. Le FIDA octroie des prêts à faible taux d’intérêt dans le cadre de projets agricoles dans des régions pauvres.

    Efficacité renforcéeLa Direction Générale de la Coopération au Développement a rédigé une nouvelle note stratégique en matière d’agriculture et de sécurité alimentaire. Elle entend ainsi améliorer l’efficacité et renforcer les synergies entre les divers canaux d’aide. La note émane d’un processus de consultation global et sert de référence aux actions futures dans ce secteur (voir p. 33).

    La Belgique a profité de son rôle de présidente de l’Union européenne pour accélérer certains dossiers importants, tels que celui relatif aux fluctuations de prix dans le secteur agricole, à la problématique des droits fondamentaux, au lien entre le changement climatique et l’agriculture/la sécurité alimen-taire. Ces dossiers avaient été inscrits à l’ordre du jour de la 36e session du Comité des Nations Unies de la Sécurité alimentaire. L’UE a joué un rôle essentiel au cours de cette réunion.

    Le Fonds belge pour la sécurité alimentaire en brefObjectif : la sécurité alimentaire sous toutes ses facettes : disponibilité, accès, stabilité, usage...Terrain d’action : Afrique subsaharienne, de préférence au sein des zones en proie à une impor-tante insécurité alimentaireGroupe cible : les populations les plus vulnérablesDurée : 2010-2022Budget : 250 millions d’eurosFinancement : la Loterie Nationale et la Coopération belge au développementMise en œuvre : Agence belge de développement (CTB), des ONG belges et des organisations multilatérales telles que la FAO et le FIDAInitiateur : le Parlement belgePrédécesseurs : le Fonds de survie pour le tiers monde (1983-1998), le Fonds belge de Survie (1999-2009)

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    BolivieCAS 1ProCAPAS, davantage de travail et de revenus pour les agriculteurs

    Les régions rurales boliviennes sont en proie à une pauvreté ex-trême et le département de Chuquisaca n’est pas épargné. La lutte contre la pauvreté compte parmi les priorités du gouvernement bolivien. L’agence belge de développement CTB souhaite collaborer avec le gouvernement afin d’améliorer la qualité de vie des petits paysans des communes de Sucre Rural, Yotala et Poroma. Elle a donc introduit en 2009 le Programme de Chaînes de production durables (ProCAPAS), lequel entend, d’une part, stimuler de ma-nière dynamique les activités agricoles et, d’autre part, favoriser la sécurité alimentaire dans ces régions isolées. Les opportunités d’emploi et en matière de revenu d’environ 1800 ménages sont accrues grâce à une stimulation du secteur des fruits et légumes.

    Le programme est entré en vigueur fin 2010 à travers l’introduction de variétés de plantes et de techniques de production améliorées. Les paysans ont bénéficié de moyens supplémentaires et ont éga-lement reçu des outils plus performants.

    témoignages des paysans bénéficiant du programme ProCAPAS

    « Notre terre est bonne, nous nous en occupons comme de nos enfants. Mais le climat nous joue parfois des tours. Ce n’est plus comme avant. Lorsqu’il ne pleut pas, nous avons travaillé inutilement. » (Cirilo Vargas)

    « Ici, nous cultivons des fruits et des légumes, mais nos plantes ont été touchées par des maladies. Grâce au programme et aux techniciens, nous savons de quelle manière nous pouvons les contrôler et assurer la sécurité de notre production. Ils ont également mis de nouveaux outils à notre disposition. Nous les utilisons chaque jour. » (José Bejarano)

    « Ma famille cultive des tomates, nous espérons augmenter notre production grâce à ProCAPAS. » (Guadalupe Miranda)

    « Le programme nous a déjà fourni des semences et des insecticides. Les techniciens nous ont appris à améliorer nos plantes. Nous aurons désormais une meilleure récolte et nous pourrons vendre nos produits à un prix plus élevé. » (Darío Solíz)

    A travers l’élargissement de la zone cultivable, la culture des fruits ne donnera des résultats qu’à moyen terme. ProCAPAS bénéficie du soutien du programme de sécurité alimentaire (PASA) des autorités boliviennes qui entendent de cette manière stimuler le développe-ment économique local.

    © CTB

    sucre

  • 28 DGD Rapport annuel 2010

    BolivieCAS 2Inca Pallay, « chaque tissu raconte une histoire différente »

    « inca Pallay », une association d’artisans, a acheté avec ses propres fonds un bâtiment destiné à abriter un centre artisanal. Ses membres souhaitaient en effet améliorer la vente de leurs produits. Cependant, l’état délabré du bâtiment risquait de faire échouer les projets de l’association.

    La Coopération belge au développement a débloqué des fonds afin de rénover l’infrastructure et 220 artisanes issues de 15 commu-nautés disposent désormais d’un point de vente idéal. De plus, l’endroit se transforme peu à peu en un véritable centre culturel au sein duquel les communautés souhaitent perpétuer la culture Yampara.

    inés Zárate est membre de l’asbl Inca Pallay. « Nos grands-parents nous ont transmis leurs connaissances et ils nous ont appris à res-pecter notre culture. Nous n’avons pas oublié leurs enseignements ! Par le passé, nous vendions nos produits, lorsque nous avions de la chance, dans les rues de Tarabuco. Nous avons ensuite travaillé avec quelques magasins, mais les chiffres de vente étaient à chaque fois décevants. Nos familles attachent une grande importance à nos produits. Les bénéfices nous permettent d’envoyer nos enfants à l’école. Mais les revenus liés à l’agriculture sont trop incertains, alors que notre activité de tissage n’est absolument pas influencée par les averses de grêle ou par les rayons brûlants du soleil. »

    marciano chambi est lui aussi membre de l’asbl : « La vie est très

    rude au milieu de cet environnement rural. Nous gagnons notre vie grâce à l’agriculture et à l’artisanat. La coopération nous permet d’améliorer notre situation. »

    ignacio tardío est responsable des ventes au magasin Inca Pallay à Tarabuco. « Le dimanche, nous réalisons un chiffre d’affaires de 5.000 bolivianos (environ 500 euros). Le centre est très important pour nous car il nous permet d’exposer nos produits. »

    Le centre a permis aux artisanes de stimuler leurs activités. Elles ont développé une vision commune et l’infrastructure est à l’ori-gine d’un renforcement de leurs capacités d’entreprenariat. Nous remarquons un impact économique certain, non seulement chez les producteurs mais également dans toute la région. Ils sont devenus plus compétitifs, plus créatifs et plus autonomes. Ils se créent ainsi des moyens d’échapper à la pauvreté.

    © CTB

    sucre

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    MozambiqueCAS 3Une approche intégrée en matière de sécurité alimentaire

    La nouvelle loi sur le Fonds belge pour la Sécurité Alimentaire a été votée en janvier 2010. Désormais, la Belgique commence par rédi-ger pour chaque pays une note de stratégie et ce, en collaboration avec les autorités du pays concerné et tous les acteurs intéressés.

    Un projet-pilote a été introduit au Mozambique et au Mali afin de mesurer les probabilités de succès de cette nouvelle approche. nico Bakker est consultant indépendant et décrit l’approche suivie au Mozambique.

    « Une zone d’intervention destinée au futur programme a été identifiée au Mozambique entre avril et juin 2010, à l’initiative de la Coopération belge au développement. Le choix repose sur des analyses menées par l’Institut national de Sécurité alimentaire (SETSAN) dans les districts les plus défavorisés du Mozambique. Des agences des Nations Unies, des ONG belges et l’Agence belge de développement (CTB) ont participé au processus décisionnel. Le Plan national des catastrophes du Mozambique recense les 30 districts prioritaires, dont la majorité se situe dans les provinces de Gaza et d’Inhambane. Parmi les 7 districts sélectionnés, 6 font partie de cette trentaine. Le SETSAN estime que 29.000 habitants de cette zone présentent des symptômes graves d’insécurité alimentaire chronique. »

    Sur la base des documents disponibles et d’une enquête menée par leurs soins, Nico Bakker et sa collègue Sophie Teyssier ont procédé à une analyse des causes principales de l’insécurité alimentaire dans cette région. Nico Bakker : « Le SETSAN constate que l’insé-curité alimentaire est principalement dûe à la faible productivité agricole, à laquelle il convient d’ajouter des facteurs environnemen-taux tels que le changement climatique et les catastrophes (inon-dations et sécheresses), une chute du niveau de fertilité du sol, etc. L’analyse a permis de recenser 4 questions prioritaires : l’eau, l’agriculture, les richesses naturelles et les habitudes alimentaires. Ces facteurs sont indissociables. Nous nous sommes mis d’accord sur les 4 composants du programme au cours d’un atelier regrou-pant toutes les parties concernées : 1) accès à de la nourriture de bonne qualité, 2) production innovante dans le secteur agricole et de l’élevage, 3) meilleure gestion des richesses naturelles et 4) renforcement institutionnel des pouvoirs publics et des paysans. »

    La phase pilote rassemble également pour la première fois dans le cadre d’un même programme la coopération bilatérale et le Fonds belge pour la Sécurité alimentaire. Nico Bakker : « L’accès à l’eau constitue le problème principal de nombreuses communautés. Les femmes de Machaze nous ont confié qu’elles devaient parfois

    consacrer 10 heures par jour à la recherche d’eau. La commu-nauté manque ainsi d’eau et de temps à consacrer à l’agriculture, à l’éducation des enfants, etc. L’eau devrait dès lors constituer l’un des fondements du projet. Mais les choses ne sont pas aussi simples. Les investissements en la matière ont toujours été consi-dérables mais n’ont, jusqu’à présent, jamais permis d’améliorer de manière significative la problématique de l’insécurité alimentaire. Si, en outre, nous n’avons aucune garantie en matière d’entretien des installations, ces investissements sont vains. Nous proposons donc des investissements et des activités dans le domaine de l’eau pour chacun des quatre composants mais nous suivons toujours une approche intégrée claire en matière de sécurité alimentaire. »

    © Nico Bakker

    maputo

  • 30 DGD Rapport annuel 2010

    MaliCAS 4L’élevage et les crédits réduisent la pauvreté

    L’agronome belge d’origine burundaise, Jean mbayahaga, qui est également assistant de projet auprès de l’Agence belge de dévelop-pement CTB, explique la situation difficile. « La région de Menaka est victime depuis 1970 de périodes récurrentes de sécheresses. 85 % des bovins n’y ont pas survécu. Le soutien apporté aux éle-veurs du zébu azawak contribue directement à la réduction de la pauvreté dans le nord du Mali. »

    Le zébu azawak constitue la nourriture de base de la communauté des Touaregs, qui consomme principalement des produits laitiers. Les vaches laitières de cette race comptent parmi les meilleures du Mali. Le potentiel de production d’une vache suffisamment alimen-tée est compris entre 4 et 8 litres, voire 10, par jour.

    Près de 400 ménages ont à nouveau reçu du bétail (quatre gé-nisses, un taureau et un dromadaire). Jean Mbayahaga nous ex-plique le système de crédit. « Ces familles peuvent rembourser les animaux en argent liquide ou avec le même nombre de bêtes après quatre ans d’élevage. Ce système permet de mettre en place des activités durables après la fin du projet. Le taux de remboursement est excellent, il atteint 94 %. Grâce à ces moyens, un fonds destinés à promouvoir l’élevage a pu être créé. Sa gestion est confiée à une institution spécialisée dans la microfinance. »

    Jean Mbayahaga a formé les éleveurs et leur a apporté son aide afin qu’ils puissent se réunir. Ces coopératives d’éleveurs d’azawak gèrent un stock de nourriture pour bétail et de produits vétéri-naires. Cette stratégie s’est révélée payante durant la sécheresse 2009-2010. « Les éleveurs ont appris à établir un bilan comptable. Je viens de les encourager à épargner leur argent et à attendre que les prix soient au plus haut avant de vendre leurs meilleures bêtes.»

    Jean Mbayahaga est actuellement responsable d’un nouveau projet de soutien aux éleveurs de zébus Maure à Nara, à proximité de la frontière mauritanienne.

    © CTB / Jan Locus

    Bamako

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    OugandaCAS 5La paix apporte la prospérité

    « Il y a quelques années une majorité de la population du nord de l’Ouganda vivait encore dans des camps protégés. Des rebelles itinérants de la Lord’s Resistance Army (LRA) semaient la terreur dans les villages, rendant ainsi la vie impossible. La population dé-pendait donc de l’aide extérieure. Les jeunes ont toujours vécu de cette manière » confie Joris Beckers. Ce Belge travaille en Ougan-da pour les Nations Unies, plus précisément pour le secrétariat du « Northern Uganda Recovery and Development Group », un groupe de donateurs du nord de l’Ouganda qui se réunit chaque mois.

    « La majorité des réfugiés ont regagné leur village, où ils peuvent rependre une vie normale. Les habitants apprennent à subvenir à leurs besoins et les anciens membres de la LRA sont réintégrés au sein de la communauté. »

    Les revenus de la population sont en hausse. La plupart des habi-tants vivent de l’agriculture. Le commerce avec le Soudan enre-

    gistre une forte croissance et représente une source essentielle de revenus. « Une enquête récemment menée par l’Uganda Bureau of Statistics indique qu’entre 2004 et 2008, la pauvreté a nettement reculé dans le nord de l’Ouganda. Mais elle reflète également une augmentation des inégalités en matière de revenus. »

    Les pouvoirs publics tentent de réduire le fossé qui sépare cette région du reste du pays et ce, à travers la construction de routes, d’écoles et d’hôpitaux. « Le « software », les professeurs et le personnel médical sont tout aussi importants. Ces professionnels ne sont pas toujours enclins à travailler dans des régions isolées. Les pouvoirs publics tentent donc de rendre le travail dans le nord de l’Ouganda plus attrayant en leur octroyant des logements conve-nables. »

    De nombreux efforts sont consentis afin de réintégrer au sein de la société les anciens combattants de la LRA. « Un projet a ainsi été mis en place à Gulu dans le cadre duquel les anciens rebelles sont chargés de gérer conjointement un moulin à maïs. Ils achètent le maïs et le moulent afin de produire du « posho », l’un des ali-ments de base du pays. Mais la réconciliation ne suffit pas, il faut également donner des perspectives d’avenir aux habitants. Il y a quelques années, ces hommes représentaient encore une menace, aujourd’hui, ils sont utiles à la société. »

    © UN

    Kampala

  • 32 DGD Rapport annuel 2010

    OugandaCAS 6L’ONG belge Trias aide les paysans à acquérir plus d’indépendance

    Depuis quelques années, le pouvoir d’achat des Ougandais a consi-dérablement augmenté. Un habitant peut désormais dépenser en moyenne 500 dollars par an. Dans le commerce local, ces 500 dollars représentent 1000 dollars car l’argent sert à acheter des produits bon marché.

    L’ONG belge Trias, qui soutient des organisations de paysans ou-gandais, a participé à cette croissance du pouvoir d’achat. Paul Allertz, membre de l’ONG Trias : « En l’espace de trois ans, les pay-sans d’Hoima qui participent à notre projet ont vu leur profit aug-menter de 25 à 200 euros par acre (0,42 ha) de riz en trois ans. »

    Trias soutient principalement les organisations agricoles pour la commercialisation de leurs produits. « Concrètement : nous orga-nisons une étude de marché et adaptons la production en fonction de la demande. La production de semences requiert davantage de connaissances mais sa valeur ajoutée est beaucoup plus élevée. Un stockage et un emballage corrects augmentent également la valeur

    commerciale et, par conséquent, les bénéfices. »

    Trias entretient également des contacts réguliers avec des organi-sations partenaires actives dans l’octroi de microcrédits. Lorsque les paysans participent à un projet de Trias, ils peuvent établir un business plan et utiliser quelques économies. Le système du micro-crédit leur permet de bénéficier de services bancaires réguliers, étape supplémentaire vers leur autonomie.

    Les produits de meilleure qualité et l’application d’une stratégie de vente plus efficace sont à l’origine d’une stimulation de l’écono-mie locale. « Kyosaba Abigairi, un paysan d’Hoima, a déjà pu au bout d’un an entamer la construction d’une nouvelle habitation plus saine. Il a également acheté une vache. Ses enfants peuvent ainsi boire le lait mais il est, en outre, en mesure de le vendre et d’aug-menter ses revenus. »

    Avec le soutien de la Belgique, Trias développe une structure solide d’organisations agricoles. A terme, les paysans s’occuperont seuls des activités inculquées.

    © TRIAS

    Kampala

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    Nouvelle note stratégique

    Accent sur l’agriculture familiale et une meilleure efficacité

    Afin de renforcer de manière substantielle les activités belges dans le secteur agricole et de la sécurité alimentaire, la Coopération belge au développement a rédigé en 2010 une nouvelle note stratégique. Ce document tient compte des évolutions couronnées de succès au niveau international, plus précisé-ment la nécessité de renforcer l’efficacité de l’aide. La note décrit également les défis que le secteur agricole devra relever : les fluctuations de prix, l’évolution démographique, l’urbanisation croissante, le changement de modèle de consommation, la pression croissante sur les ressources naturelles, la dété-rioration des conditions de vie et le changement climatique. Elle se termine par une série de domaines d’expertise sur lesquels la Coopération belge au développement peut se concentrer.

    Parmi les recommandations principales, citons le fait que la Belgique dirige de préférence ses actions sur l’agriculture familiale afin de renforcer la sécurité alimentaire, de contribuer à une croissance économique durable et à la création d’emplois décents dans le secteur agricole.

    Quatre directivesLa note aborde quatre actions prioritaires :

    1. Améliorer et assurer la production agricole selon le point de vue du développement durable.2. La commercialisation et la revalorisation de la production, un accès plus aisé aux différents marchés.3. La gestion du secteur agricole : accroître le rôle de coordination, de médiateur et de législateur des

    pouvoirs publics, ainsi que celui de la société civile et des associations agricoles.4. L’autonomisation collective et individuelle des paysannes.

    Ces objectifs et priorités sont le fruit d’un processus de participation auquel ont pris activement part tous les membres de la Coopération belge au développement et ce, dans le cadre de la Plateforme belge agriculture et sécurité alimentaire.

    La note stratégique fera office de référence fondamentale en ce qui concerne les Programmes indica-tifs de Coopération avec nos pays partenaires. Ceux-ci sont ainsi en mesure de se faire une idée claire des domaines dans lesquels la Belgique peut leur proposer toute son expertise et leur offrir une valeur ajoutée. Les interventions du Fonds belge pour la Sécurité alimentaire s’inscrivent également dans ce cadre, à l’instar de la politique belge en matière d’aide alimentaire.Par ailleurs, la note permet également de positionner la Belgique par rapport aux organisations inter-nationales actives dans le secteur.

  • 34 DGD Rapport annuel 2010© CTB / Dieter Telemans

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    Objectif du Millénaire 2En 2015, tous les garçons et toutes les filles iront à l’école Donner à tous les enfants, garçons et filles, les moyens d’achever un cycle complet d’études primaires

    Situation actuelle dans le monde

    Les faits en bref- Les inscriptions dans le cycle primaire dans les régions en déve-

    loppement ont atteint 89 % en 2008, contre 83 % en 2000.- Les progrès actuels sont trop lents pour atteindre la cible d’ici 2015.- Environ 69 millions d’enfants en âge scolaire ne sont pas scola-

    risés. Près de la moitié d’entre eux (31 millions) habitent l’Afrique subsaharienne et plus d’un quart (18 millions) l’Asie du Sud.

    InscriptionsEn dépit d’importantes avancées dans de nombreux pays, il y a peu de chances que la cible soit atteinte à temps. Les inscriptions à l’école primaire sont en augmentation et avaient atteint 89 % dans le monde en développement en 2008. De 1999 à 2008, la scolarisation a augmenté de 18 % en Afrique subsaharienne et de 11 et 8 % respectivement en Asie du Sud et en Afrique du Nord. Mais