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Dossier pédagogique complémentaire COLLEGE AU CINEMA 53 1

Dossier pédagogique complémentaire - Clermont ISFF · Au travers de son histoire, Ken Loach parvient à une méditation sur la solitude. Le film vaut aussi par l'abondance des notations

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  • Dossier pdagogique complmentaire

    COLLEGE AU CINEMA 53

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  • TABLE DES MATIRES1. Gnralites.................................................................................3

    1. Le ralisateur Ken Loach.......................................................................32. L'histoire de Kes.....................................................................................33. Dossier de presse..................................................................................4

    2. Approches du film.......................................................................61. Le ralisme............................................................................................62. L'adaptation littraire..............................................................................7

    1. Film et roman...........................................................................................................72. Principaux pisodes du roman de Barry Hynes....................................................10

    3. Fact and fiction ...............................................................................121. Entre Lumire et Mlis.........................................................................................122. Etude de la squence de l'expos.........................................................................12

    4. Peinture d'un environnement et d'un milieu social ..............................141. Barnsley, Yorkshire................................................................................................142. L'environnement : Etude de la premire squence ..............................................153. Le milieu social et familial: tude des personnages..............................................16

    5. Kes et Billy...........................................................................................181. Le transfert.............................................................................................................182. La revanche...........................................................................................................183. La matrise..............................................................................................................19

    6. L'cole: entre ducation et dressage...................................................197. Les lieux du film...................................................................................20

    1. Espace de la ville: .................................................................................................202. Espace de l'cole: Inadaptation de Billy aux lieux.................................................203. Espace de la maison : le confinement...................................................................214. Autres lieux en marge de la ville:...........................................................................21

    8. Etude de la fin du film .........................................................................213. Pistes pdagogiques................................................................22

    1. Etude de la squence gnrique.........................................................222. Etude des personnages.......................................................................223. Etude des lieux....................................................................................234. Le monde de l'cole.............................................................................235. Billy et Kes...........................................................................................236. Etude de la fin du film..........................................................................23

    4. Sources et Sites consulter.....................................................245. Affiche anglaise........................................................................25

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  • 1. GNRALITES

    1. Le ralisateur Ken Loach Ken Loach sest impos en presque cinquante ans de carrire comme le grand chantre

    du ralisme social britannique. Sa filmographie pourrait se diviser en deux catgories: les films consonance sociale et les films traitant plus directement de question politique. C'est dans les premiers qu'il excelle....Mais il reste aujourd'hui le cinaste britannique le plus engag.

    Aprs avoir jou dans une troupe, la Oxford Revue, pendant ses tudes de droit, il se dirige vers la ralisation et au dbut des annes 1960, commence par tourner des sries pour la tlvision. En 1966, son docu-fiction Cathy Come Home diffus sur la BBC bouleverse la socit anglaise en abordant des sujets peu traits comme le chmage ou la vie des sans-abri. Le ralisme quasi-documentaire, limage granuleuse et les thmes abords dans ce film tmoignent dj des proccupations stylistiques de Ken Loach et de sa volont de rendre compte des ralits de la socit anglaise.

    Il ralise en 1967 son premier long-mtrage, Pas de larme pour Joy . Avec Kes (1970) un film adapt du roman de Barry Hines, il rencontre nouveau le succs et se fait connatre ltranger.

    Aprs un passage vide au cours des annes Thatcher ,1970 -1980, Family life (1972) et Black Jack (1978) n'obtiennent qu'un succs modeste,il fera son retour avec des films qui lui assureront un public fidle, surtout l'tranger . Un certain nombre d'entre eux seront prims Cannes : Hidden Agenda (1990) , Riff raff ( 1991) et Raining stones (1993). A partir des annes 1990, Ken Loach commence galement une fructueuse collaboration avec le scnariste Paul Laverty pour Carla song (1996) et My name is Joe (1998), grce auquel l'acteur Peter Mullan reoit le prix dinterprtation Cannes.

    Le ralisateur connat ses plus grands succs pour des ralisations axes sur la socit britannique,qui mettent en scne l les difficults quotidiennes du monde ouvrier ou celles de la jeunesse laisse-pour-compte : Sweet sixteen en 2002, . Le ralisme de ces productions est renforc par le choix dacteurs non-professionnels .

    On reproche parfois Ken Loach sa vision trop manichenne des choses comme dans Bread and roses (2000) .Pourtant, dans ses derniers films, il aborde avec lucidit de nouveaux thmes en prise avec les proccupations dune socit anglaise en pleine volution : intgration des immigrs et relations mixtes ( Just a kiss en 2003) , difficults dadaptation des anciens ouvriers cheminots avec ( The Navigators en 2001).

    Avec Le vent se lve , en 2005, il dlaisse un temps la socit actuelle pour sattaquer un sujet encore pineux, celui de lhistoire de la rvolution irlandaise. Ce choix audacieux sera salu par un succs international et lobtention de la Palme dOr Cannes mais aussi par une leve de boucliers en Angleterre, o le sujet reste encore sensible.

    Enfin, dans It's a free world , en 2007 , Ken Loach renoue avec ses thmes de prdilection. On y suit les dboires de deux jeunes femmes qui dmarrent leur petite agence dintrim au noir en profitant de la manne des travailleurs immigrs.

    2. L'histoire de Kes

    L' histoire de Billy tire son origine du roman de Bany Hines dont le titre anglais exact A kestrel for a knave, renvoie au livre de St Alban cit aprs le gnrique,

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  • Introduction du livre de Barry Hines: Un Aigle pour un Empereur, un Gerfaut pour un Roi, un Faucon plerin pour un

    Prince, Un Fauconneau pour un Chevalier, un Emerillon pour une dame, un Autour pour un Roturier, un Epervier pour un Prtre, un Emouchard pour un Clerc, une Crcerelle pour un manant.

    Extrait du Boke of Saint Albans 1486

    Le knave dsignait alors le valet, situ au plus bas de l'chelle sociale . Billy Casper est en effet un petit vaurien , pouss vers la marginalit sociale par la misre , plus intellectuelle et morale que financire, de son milieu familial. Son pre l'a abandonn ( il manque donc de rfrence masculine) et sa mre,qui vit seule, se proccupe surtout d'elle-mme et de son physique. Quant Jud, son demi-frre, brutal et frustre, il ne s'adresse Billy que pour lui demander de lui rendre des services... Plong dans cette misre affective, Billy est un collgien solitaire, repli sur lui-mme.

    La dcouverte de la crcerelle ,espce de faucon, va pour un moment sortir Billy de son quotidien. Lui qui n'a jamais lu un livre de sa vie va en voler un afin d'apprendre comment dresser son oiseau. Lui qui ne connat que rprimande et solitude va connatre l'amiti et l'attachement un autre tre. L'identification ce rapace va combler son dsir de conqute d''espace et donc de libert. Enfin, la relation ses pairs va en tre elle aussi momentanment modifie, et par le biais d'un de ses professeurs qui saura dcouvrir la richesse intrieure de Billy, l'enfant trouvera sa place dans la classe...

    Cependant, si le roman traite l'histoire comme une preuve initiatique de passage de l'adolescence au monde adulte, Ken Loach, choisit un dnouement pessimiste qui semble nous dire que rien ne peut malheureusement changer dans ce type de socit....

    3. Dossier de presse Kes conte la trs simple histoire dans l'Angleterre minire d'un petit prolo entre cole

    et apprentissage ; cancre en classe, et peu press de descendre dans la mine comme son grand frre, ce qu'il aime, ce qui donne au monde ses couleurs et sa vie sens et libert, c'est la compagnie du faucon qu'il dresse, Kes. C'est du Truffaut la puissance 2. Avec les armes de Truffaut, pudeur, sensibilit, lucidit, sens de l'enfance, Ken Loach va plus loin que Truffaut dans l'analyse perspicace d'une socit, des liens de famille, d'un systme d'ducation, d'une organisation professionnelle, d'une province.

    Jean-Louis Bory - Le Nouvel Observateur - 23 mai 1970.

    Rarement a t montre avec autant de pntration la somme de dceptions que reprsente la vie d'un enfant malheureux. Casper, le jeune hros (David Bradley) a autour de lui une mre et un grand frre ne lui portant gure d'affection, des professeurs et des camarades de 'classe plutt hostiles ; son univers ne rpond pas son attente et il ne trouve le bonheur que dans son attachement un faucon apprivois sous le nom de Kes. Au travers de son histoire, Ken Loach parvient une mditation sur la solitude.

    Le film vaut aussi par l'abondance des notations qu'il contient sur la vie quotidienne dans une petite ville du Yorkshire, sur le manque de dbouchs qui condamne les jeunes au travail la mine, sur des mthodes d'ducation qui relvent du puritanisme victorien.

    Oeuvre forte et dense, le film, baign d'humour et de posie, illustre de faon exemplaire ce que l'on peut faire en mlant les techniques du direct avec un rcit de fiction.

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  • Jean -A.Gili - Cinma 70 n148 - juillet-aot 1970.

    Le film Kes a des ambitions moins tumultueuses que Agressions de Lasse Forsberg : il raconte l'histoire d'un gosse, malheureux dans sa famille, brim l'cole et qui dcouvre sa raison de vivre dans la compagnie et l'ducation d'un faucon trouv par hasard... Il n'est pas pensable que ce film ne trouve pas le plus grand succs devant le plus grand public : un film d'une sensibilit infiniment juste - ce qui est tellement rare quand le cinmas veut parler des enfants ; un film si parfait qu'on ne sait par o l'aborder. Mais tout autre chose qu'un divertissement : sur le plan de l'ducation, un appel la rflexion et la modestie, puisque la motivation ducative chappe jusqu'au dernier moment aux ducateurs. Sur le plan de l'insertion dans la socit, une image - grise, amre, brutale - de la vie des classes pauvres en Angleterre...

    Jean Delmas Jeune cinma n48 juin -juillet 1970.

    Si le perfectionnement du direct est une des plus grandes conqutes du cinma moderne, un de ses prolongements les plus fructueux sur le plan artistique est le mixte documentaire- fiction, o le rcit profite d'un naturel nouveau dans la direction d'acteurs et le tournage sur les lieux-mmes de l'action. Les films sur l'enfance, si aisment guetts par l'artifice, retrouvent ainsi une fracheur qui, souvent, leur fait paradoxalement dfaut. Car l'enfant est comdien dans sa nature mme et vouloir obtenir de lui un jeu, une composition, c'est souvent le figer dans une attitude. Ici David Bradley a une prsence prodigieuse. Le film de Ken Loach, au titre nigmatique et pour nous interrogateur, est le portrait confondant de vrit d'un enfant des Midlands (le film fut tourn Barnsley, la ville natale de l'auteur du roman, Barry Hines). C'est aussi un trait de fauconnerie, une peinture du milieu scolaire, un regard jet sur une ville du Nord de l'Angleterre avec ses pubs, ses boutiques, ses paris mutuels, une leon de phontique et de dialecte local. Loin de tout message, de tout didactisme, Kes n'en est pas moins un constat svre sur la faillite d'un systme d'ducation, sur l'indiffrence des adultes, sur plus de dix ans de captivit d'un enfant qui retrouve dans le faucon (le kestrel) adopt, un compagnon de libert. Et lorsqu'il enterre les restes de son faucon, c'est dj l'chec d'une vie que l'on peut lire en filigrane. D'un sujet qui se prtait au sentimentalisme, Ken Loach a fait un film d'une grande maturit o se trouve mise nu toute une socit emprisonne dans ses cadres, ses prjugs, sa routine... Venu de la tlvision britannique, Ken Loach triomphe de tous les obstacles, va plus loin dans la russite qu'un Franois Truffaut que Les 400 coups pourtant rendirent mondialement clbre et se retrouve du ct de Pialat et de son Enfance nue dans la peinture d'un jeune rebelle, vrai corch vif, entre une mre volage, un frre qui joue aux courses et un professeur qui le met volontiers sous les douches froides. Obtenant de ses acteurs des rsultats de vie et de dcontraction, servis par une admirable photographie de Chris Menges, il russit toujours retrouver, sur un terrain de football, dans une salle de classe ou dans la rue, ce mlange d'humour et de gravit profonde qui donne son film un charme trs fort...

    Michel Ciment - Positif n 9 - septembre 1970.

    Coup de tlphone la revue. On apprend qu'une petite maison de distribution vient de se crer et qu'elle va ressortir Kes. On dsesprait de jamais revoir ce qui reste peut-tre le meilleur film de Ken Loach, et sa premire collaboration avec Barry Hines pour le scnario et Chris Menges pour la photographie. La dernire fois que j'ai vu le film, c'tait lors d'un stage de la Fdration Jean-Vigo consacr au cinma anglais, il y a six ans je

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  • crois. La copie vraiment fatigue tait sans doute la dernire en circulation, mais l'motion passait, intacte...

    Kes concentre tout ce qui constitue le style de Kenneth Loach et en fait l'un des plus grands cinastes anglais. D'abord, il enracine son histoire dans la ralit profonde d'une Angleterre authentique. L'apport du scnario de Barry Hines est cet gard essentiel, il dcrit un milieu et des gens qu'il connat bien. La qualit du film tient cette fidlit la langue, aux gestes et aux attitudes des personnages. On trouve d'ailleurs une squence trs proche de ce que Barry Hines a lui-mnie vcu. Au collge que frquente Billy, un prof de gym s'identifie Bobby Charlton et conduit le match de foot entre lves sa faon. Barry Hines se souvient qu'il a enseign l'ducation physique avant de devenir crivain. Il est sans piti pour son personnage. Et puis, Ken Loach excelle dans la direction de ses acteurs souvent non professionnels, commencer pir David Bradley qui incarne Billy. Il les amne se monter dans leurs personnages avec une tonnante vrit. C'est pourquoi le jeune hros de Kes reste l'un des plus beaux personnages d'enfant que nous ait donn le cinma.

    Berrnard Nave Jeune Cinma 193 - fvrier-mars 1989.

    2. APPROCHES DU FILM

    1. Le ralisme

    Sil y a des images du monde rel, et la tlvision nous le montre chaque jour, il y a surtout des camras qui enregistrent ces images, des ralisateurs, des photographes, des clairagistes, des cadreurs, des monteurs, etc, qui, derrire ces camras,apportent leurs points de vue sur ces images. Toutes les images sont fabriques , tout le cinma est artifice ; il peut aussi tre art : ce qui suppose, de la part de ses auteurs, un style et laffirmation de celui-ci !

    Le premier pige du ralisme, sous prtexte quil part de la ralit de ce qui est film, serait de nous faire croire que parce que cest rel, cest vrai. Devant la tlvision, notre tendance un peu paresseuse irait volontiers dans ce sens. Rappelons - nous toujours que tout cinma est fabriqu, que tout cinma est trompe-loeil, que toute image filme est mensonge... mme la tlvision !

    Un autre pige du ralisme serait dignorer la large gamme du style raliste : on peut en effet distinguer le naturalisme de la camra cache, le ralisme psychologique qui favorise l'identification des spectateurs certains personnages du film, le ralisme didactique d'un Brecht ou le ralisme ontologique, spirituel, d'un Andr Bazin.

    Le film de Kenneth Loach, Kes, participe plus de ces deux derniers aspects du style raliste . En observant les dfinitions quen donnent Bertolt Brecht et Andr Bazin, on comprendra mieux comment fonctionne dans ce film le choix des cadres dont Godard rappelait les notions de temps et despace ,lors de Rencontres Avignon en 1980: Je pense aujourdhui quon ne sait plus cadrer et que les trois quarts des films confondent le cadre avec la fentre de la camra, alors que le cadre cest : Quand est-ce quon commence un plan, et quand est-ce quon le coupe?

    Le ralisme, selon Bertolt BrechtRaliste veut dire : qui dvoile la causalit complexe des rapports sociaux ; qui

    dnonce les ides dominantes comme les ides de la classe dominante ; qui crit du point de vue de la classe qui tient prtes les solutions les plus larges aux difficults les plus pressantes dans lesquelles se dbat la socit des hommes ; qui souligne le moment de

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  • l'volution en toute chose ; qui est concret tout en facilitant le travail d'abstraction(Sur le ralisme - L'Arche - Travaux 8)

    Le ralisme, selon Andr Bazin

    Nous appellerons donc raliste tout systme d'expression, tout procd de rcit tendant faire apparatre plus de ralit sur l'cran. "Ralit ne doit naturellement pas tre entendue quantitativement. Un mme vnement, un mme objet est passible de plusieurs reprsentations diffrentes. Chacune d'elles abandonne et sauve quelques unes des qualits qui font que nous reconnaissons l'objet sur l'cran, chacune d'elles introduit des fins didactiques ou esthtiques des abstractions plus ou moins corrosives qui ne laissent pas tout subsister de l'original. Au terme de cette chimie invitable et ncessaire, on a substitu la ralit initiale une illusion de ralit faite d'un complexe d'abstraction... et de ralit authentique. C'est une illusion ncessaire, mais elle entrane rapidement la perte de conscience de la ralit elle-mme qui s'identifie dans l'esprit du spectateur sa reprsentation cinmatographique. Quant au cinaste, ds lors qu'il a obtenu cette complicit inconsciente du public, sa tentation est grande de ngliger de plus en plus la ralit. L'habitude et la paresse aidant, il en vient ne plus distinguer clairement lui-mme o commencent et finissent ses mensonges.

    Il ne saurait tre question de lui reprocher de mentir puisque c'est le mensonge qui constitue son art, mais seulement de ne plus le dominer, d'en tre sa propre dupe et d'empcher ainsi toute conqute nouvelle sur la ralit....

    (Qu 'est-ce que le cinma ? IV - Editions -du Cerf)

    La grande russite de Kes, c'est l'inscription forte d'une histoire (celle d'un garon solitaire et brim qui, grce son approche d'un faucon et de ce qu'il reprsente pour lui, va sortir de son enfermement), dans une ralit qui nous est donne voir avec une rare justesse. On comprend alors toute l'importance, auprs de Kenneth Loach, de scnaristes comme Barry Hines (galement auteur du roman) et Tony Garnett (galement producteur du f lm) et d'un responsable des images (chef-photographe) comme Chris Menges.

    2. L'adaptation littraire

    1. Film et roman Le roman de Barry Hines, paru en 1968, sadresse plutt un public jeune. Le livre est

    publi en France dans la collection Folio Junior. Le romancier, qui a enseign dans des tablissements secondaires du Yorkshire, utilise son exprience et met en scne une socit quil a bien connue travers ses lves.

    En 1969, Ken Loach adapte le roman; cest son premier long mtrage, mais il est dj connu pour les documentaires quil a raliss pour la tlvision, tous fortement engags et marqus par ses convictions politiques.

    Le film est assez proche du roman, quelques dtails prs. Mais peut-tre aprs tout ne sagit-il pas uniquement de dtails. Entendons-nous bien: Loach ne trahit pas du tout Hines, qui, du reste, a particip llaboration du film et la totalement cautionn. Les diffrences tiennent probablement aux spcificits du mdium utilis: roman pour la jeunesse, dun ct, film tout public de lautre; rcit sur fond de misre dune part, profession de foi dun cinaste engag du ct des petites gens de lautre. Ce nest pas la suite de la carrire de Ken Loach qui peut rfuter cette assertion. Quelles sont en somme les diffrences entre les deux oeuvres?

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  • - Un traitement sensiblement diffrent du personnage de la mre qui est beaucoup plus ngatif dans le roman. Harry Bines a dailleurs dclar avoir acquis avec les annes un regard beaucoup plus indulgent sur ce personnage the struggling mother trying to raise two boys and hold down a full-time job. En effet, la femme du roman reoit son amant au domicile familial; elle est galement beaucoup plus vulgaire que dans le film, o elle est plutt pathtique avec ses rves de midinette et son impuissance se faire respecter de son fils an.

    Extrait du roman : Quand Billy arriva devant sa maison, les rideaux taient encore ferms mais la lumire

    brillait derrire ceux de la salle de sjour. Tandis quil traversait le jardinet de devant, un homme contourna la maison et prit la petite alle qui menait au portillon. Billy le regarda sortir dans la rue et sloigner, puis il fit le tour en courant et entra dans la maison par la porte de la cuisine.

    -Cest toi, Reg?Billy claqua la porte et entra dans la salle de sjour. Sa mre sy trouvait, en

    combinaison, un bton de rouge la main, les yeux fixs sur le miroir o elle voyait la porte derrire elle. Quand elle aperut Billy, elle commena se maquiller les lvres.

    -Tiens, cest toi, Billy? Tes pas encore lcole?-Qui cest ce type-l?Sa mre serra les lvres pour mieux taler le rouge et posa sur le rebord de la

    chemine le tube qui ressemblait une balle de fusil.-Cest Reg. Tu le connais, non?Elle saisit un paquet de cigarettes sur la chemine et le secoua.-Merde! Jai oubli de lui en demander.Elle lana un paquet vide dans le feu et se tourna vers Billy.-Taurais pas une sche, par hasard, trsor?Billy sapprocha de la table et arrondit les paumes autour de la thire. Sa mre enfila

    une jupe dont elle essaya en vain de tirer jusquen haut la fermeture glissire. Elle mit une pingle de nourrice pour tenir la jupe et aussitt quelle bougea, le curseur de la glissire redescendit. Les deux bords de la fermeture scartrent, laissant au milieu un renflement de la forme dun ballon de rugby.

    Certaines scnes ont t ajoutes par Ken Loach : la scne du pub, qui fait lobjet dune ellipse dans le roman. Ken Loach nous livre l

    un petit documentaire sur les drivatifs drisoires de la classe laborieuse (le film, qui date davant lre Thatcher, ignore par consquent les problmes qui occupent dsormais le cinma social : le chmage et la drogue), sur les espoirs dus et sur la sensualit dvoye . Nous ne sommes pas loin de Zola.

    la scne de la mine, qui joue sur le contraste entre la lumire clatante dune belle matine et le gouffre infernal et tnbreux qui avale les hommes. Fatalit insoutenable pour Jud, elle explique en partie sa mchancet, rendant le personnage plus humain.

    Le dnouement, surtout, montre des diffrences non ngligeables : Billy vient de dcouvrir son faucon mort, jet dans la poubelle par Jud. Il senfuit et se rfugie au cinma Palace.

    Extrait du roman :"Lobscurit. Le silence bourdonnant, rehauss par le grondement lointain de la

    circulation. Billy frissonna et serra plus troitement sa veste sur lui, essayant de croiser les

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  • bras, tandis que ses mains cherchaient de la chaleur sous ses aisselles La chaleur la chaleur du cinma le cinma plein de monde Billy entre son papa et un autre homme, tout petit entre eux, au fond de son sige, la tte dpassant peine du dossier.

    Des gens tout autour. Un paquet de bonbons entre les cuisses. Une chaleur charge de fume, des cnes de fume prisonniers des rayons des projecteurs. Des questions murmures son papa ; son papa qui se penche pour lui rpondre. Il suce les bonbons. Le documentaire. Les actualits, les extraits de film de la semaine suivante.

    Les lumires qui sallument. Billy se redresse, sagenouille sur son sige, regarde autour de lui, fait de grands gestes un garon de sa connaissance. Il dit son papa quil reconnat un garon.

    Une glace. Une glace pour son papa. Deux cornets. Les lumires steignent, teintant de ros les rideaux, puis de mauve et de pourpre. Il sinstalle ; une glace entire et quelques bonbons de reste dans le sachet. Il sinstalle, au chaud entre son papa et lautre homme.

    Le Grand Film. Le Grand Film. La Fin.Accroch aux basques de son papa au milieu de la foule qui remonte lalle et scoule

    dans le hall. Puis le retour pied avec des questions. Dans lavenue. Et son papa qui ne parle pas, ne rpond pas, se dpche, Billy court pour rester sa hauteur. Quest-ce quil y a papa? Pourquoi que tu cours?

    La voiture de lOncle Mick devant la porte. Jud lintrieur qui samuse avec le volant. Arrte-toi ici, Billy. Jud qui fait semblant de conduire comme un fou.

    Son papa dans lalle de la maison. Billy court derrire. Le rattrape la porte de la cuisine. La lumire qui sallume dans la salle de sjour. Sa mre et Oncle Mick sur le canap, qui se relvent dun bond, tout rouges et le regard fixe. Un chapeau mou sur la table. La peau sous loeil d Oncle Mick fendue aussi facilement quune mandarine. Le sang qui coule. Un hurlement. Un cri. Loncle Mick debout, qui ponge le sang avec ses doigts. Regardant ses doigts comme sil ne reconnaissait pas ce quil y a dessus. Jud qui entre. Oncle Mick qui sort. Le chapeau mou rest sur la table.

    Au lit. Les cris qui montent travers le plancher. Billy pleure dans lobscurit. Jud coute. Des cris. Des cris plus forts, quand la porte du vestibule souvre. Des pas dans lescalier, dans la chambre sur le devant. Plus de cris. Des alles et venues dans la chambre. Des pas sur le palier. Billy court la porte. Son papa sur le palier avec une valise.

    O que tu vas, papa? Retourne au lit, Billy. O que tu vas? Je reviens bientt. Jud derrire lui. Il quitte la maison.

    Cest pas vrai, cest pas vrai! Dis donc, pourquoi qutu me gueules dessus ? Le Cinma. Chaud. Plein. Enfum. Le Grand Film. Billy le hros du film. Billy sur lcran. Le Grand Billy. Kes sur le poing. Le Grand Kes. Gros plan. Technicolor. Les regardant tous den haut, de son oeil froce. Le public murmure. Billy dans le public, regardant firement autour de lui. Billy et Kes Moor Edge, sur la lande immense, la lande vide.

    Billy lance Kes qui vole bas, fait un tour rapide, puis prend de la hauteur, monte en spirale, plane et glisse sur une aile et reprend sa monte en spirale toujours plus haut et simmobilise, tandis que Billy savance.

    Jud sort de sa cachette et senfuit toute vitesse dans la bruyre. Kes le voit et fond sur lui en un piqu vous couper le souffle. Le public haletant. Trop vite ! Ce doit tre trop vite! Limage se brouille. Hors champ. Jud court toujours. Kes pique toujours sur lui. Ils seffacent. Hors champ; plus dimage. On retrouve Billy sur lcran. Et Kes sur lcran. Et Billy tout fier dans le public. Lanant de nouveau la crcerelle en lair. Monte en spirale. Parfaitement nette cette image. Un vol plan sans hte et ascendant. Sur place. Image au point. Jud en fuite. Toujours au point. Plus vite, hallucinant, tout se brouille, se brouille,

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  • sefface.Plus dimage!Billy sauta sur ses pieds et se prcipita laveuglette entre les cloisons, travers les

    portes battantes et chercha le long du mur lentre des toilettes. Il y faisait moins noir. La fentre ouverte permettait de voir le contour des objets. Il grimpa dans le lavabo, sintroduisit dans lencadrement de la fentre, sortit les pieds en avant et courut jusquau trottoir.

    II y avait toujours de la circulation dans la rue. Sur le trottoir den face, une femme le regardait courir. Il jeta un dernier coup doeil au Palace et sen dtourna en frissonnant, avec une impression funbre.

    Il ne pleuvait plus. Entre les nuages se montraient des toiles. Billy resta un moment contempler City Road, puis il reprit le chemin de la maison.

    Chez lui, il ny avait personne. Il enterra la crcerelle dans le champ, juste derrire la cabane. Il rentra et alla se coucher. "

    On voit bien quil sagit ici dun roman dapprentissage: Billy est initi aux cruauts des hommes, aux dsillusions et au deuil; de plus, par le truchement du cinma, qui reprsente ses yeux ce qui lui reste de son pre, parti cause de ladultre de sa femme, et avec linstrument idal que reprsente Kes, il se venge symboliquement de Jud et de tous les tourments que celui-ci lui impose. Limagination lui permet tout la fois de retrouver son pre, de voir revivre son faucon et, une fois veng par lui, de dpasser cette preuve.Le retour la maison a donc un got trs diffrent de la saveur pour le moins amre des dernires images du film.

    En effet, dans ladaptation cinmatographique, Billy quitte la maison et, ds le plan suivant, on le retrouve passant un barbel, le cadre est suffisamment serr pour quon ne reconnaisse aucun lieu identifi; il creuse un trou sous un arbuste et y enterre dlicatement Kes.

    La mlodie associe loiseau slve mlancoliquement. Toute cette dernire scne est filme en plan rapproch, facilitant lidentification et la compassion. On peut dire que Ken Loach abandonne quelque peu le caractre initiatique de loeuvre, et le triomphe symbolique de Billy pour privilgier une coloration plus sombre, qui nous laisse sur une impression dchec, la cruaut, la dception et la douleur ayant eu finalement raison de lenthousiasme et de la passion de Billy.

    Comme pour Sweet Sixteen, le cinaste sattache plus dcrire les difficults grandir et vivre dans un monde violent et souvent impitoyable qu crire un conte moderne. Ce qui ne tue pas rend plus fort; peut-tre bien, mais pour ses hros, ce qui ne tue pas tue tout de mme un peu, dtruit quelque chose en lhomme. Cest le message de son engagement cinmatographique, qui sappuie toujours sur une tendresse bienveillante pour ses personnages ( lexception peut-tre de lhrone de son dernier film, Its a free world). [email protected]

    2. Principaux pisodes du roman de Barry Hynes Lever Livraison des journaux pour M. Poter, pied / lecture de la BD, Desperate Dan.

    Retour la maison - Violente discussion avec la mreBilly va voir son fauconRetour en arrire analepse ( n'existe pas dans le film)

    Billy va chercher ses copains (d'abord Tibby puis Mac) qui ne sont pas rveills

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    mailto:[email protected]

  • Promenade dans les bois. Billy voit le faucon , il s'approche du mur o niche le faucon ,il rencontre le fermier.

    pisode de la bibliothque. pisode de la librairie. Retour la maison - altercation avec Jud - arrive de la mre.

    Ellipse temporelle ( Jud et sa mre sont au pub : cette squence est filme par Loach mais n'est pas raconte par Hines)

    Retour du frre ivre insultes. Fuite de Billy qui va en pleine nuit capturer le faucon crcerelle. cole - pisode Fisher - German Bight, Cromarty. pisode de la prire. La prire commence; Rverie de Billy.

    analepse Billy commence duquer son faucon. Alors qu'il sort son faucon, il discute avec un autre enfant qui se fait agresser par

    l'animal ( dans le film, scne remplace par la rencontre avec un homme dans la rue).

    La prire continue... Rappel l'ordre de M. Gryce le directeur, qui interpelle et rveille Billy.

    Punition (coups de baguette) dans le bureau du directeur. Retour en cours d'Anglais avec M. Farthing : la ralit et la fiction Chacun relate

    un fait : Anderson raconte une aventure avec des ttards, Billy raconte comment il a duqu son faucon. M. Fathering demande aux lves d'crire une fiction.

    Rcration - combat entre Billy et un autre lve, MacDowall; Intervention de M. Farthing.

    Cours d'ducation physique (partie de football)- place avant la scne de classe dans le film).

    pisode de la douche. Retour la maison. Billy rcupre l'argent pour le pari de Jud. Avec une carabine,

    il tue un oiseau pour nourrir son faucon. Il fait voler le faucon devant M. Farthing. Il va au P.M.U. mais ne parie pas au dernier moment. Il va acheter des frites. Retour l'cole. Arrive de Jud en colre - Fuite de Billy. Rencontre avec un conseiller d'orientation. Retour chez lui - il s'aperoit que Kes a disparu , il part la recherche de Jud. Violente discussion avec Jud devant la mre - Billy apprend la mort de Kes.

    Fuite :il va dans un cinma dsaffect o il se remmore une sance avec son pre. Il finit par rentrer chez lui, dans une maison vide non sans avoir , auparavant, enterr sa crcerelle...

    Modifications par rapport au film (remarques gnrales):Le film suit un ordre chronologique alors que la structure du roman est marque par

    des retours en arrire .Certains pisodes du roman ont t dplacs (la partie de foot, par exemple). D'autres ne sont que signals et remplacs : la scne avec l'enfant au moment de la rverie est cite et remplace par une discussion avec une personne ge. Enfin, quelques-uns, trs peu, ont t supprims : la discussion avec la mre au tout dbut, la rdaction d'une fiction qui aboutit au texte truff de fautes de Billy n'apparassent pas dans le film pas plus que l'pisode des ttards d'Anderson ou la rverie finale dans le cinma.

    Le cas le plus intressant est sans doute le changement final avec l'pisode dans le cinma.

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  • 3. Fact and fiction

    1. Entre Lumire et Mlis L'oeuvre cinmatographique et tlvisuelle de Kenneth Loach et plus particulirement

    un film comme Kes, de par son contenu et sa facture, nous situe trs exactement la charnire du cinma du rel et du cinma de fiction.

    Le cinma du rel prtend traiter de la ralit dans laquelle les hommes vivent. Ce sont les Frres Lumire qui Lyon, inaugurent leur cinmatographe en filmant en 1894, 1895, ou 1898, La sortie des usines . Les vues Lumire , prises sur le vif, sont des vues documentaires ( certaines d'entre elles pourraient tre classes dans le style cinma du direct , comme les informations du journal tlvis).

    Le cinma de fiction prtend lui s'adresser l'imaginaire . L'un des tout premiers en ouvrir la voie fut Georges Mlis , prestidigitateur amateur, directeur du Thtre Robert Houdin depuis 1889. Il voit dans le cinma la possibilit de populariser les trucs de music-hall qui l'ont rendu clbre : il construit donc un studio de cinma ( Montreuil), peint des toiles et des dcors, dessine des costumes, dguise , maquille...Le film le plus connu est Un voyage dans la lune 1902 dans la veine d'un genre qu' Hollywood dveloppera: le cinrna fantastique. Mais Mlis va aussi reconstituer des vnements rels tel Le couronnement du Roi Edouard VII (alors roi de Grande-Bretagne), en studio, avec des acteurs alors que Lumire va de son ct mettre en scne des sayntes comme La partie d'carte ou l'arroseur arros pour citer les plus clbres.

    On peut donc affirmer que, ds les dbuts du cinma, celui-ci marche sur ses deux jambes : il se veut miroir de la ralit et peut aussi devenir le tremplin idal de l'illusion: Fact and Fiction.

    2. Etude de la squence de l'expos

    FACT and FICTION C'est la phrase qu'crit le matre au tableau... Or, Ken Loach, on l'a vu, vient de la tlvision et s'inscrit dans la tradition documentariste du cinma anglais. partir de cette rflexion sur le cinma du rel, Ken Loach adopte le ralisme comme style d'criture cinmatographique et toute son oeuvre venir confirmera ce choix d'criture .

    Squence en classe : cours d'expression de Mr Farthing

    Plan amricainPoint de vue de

    Billy. Mais Billy est comme d'habitude absent, rveur...

    Recul du point de vue ( lves de la range centrale). Billy est plac au centre de l'intrt des lves...

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  • Le professeur s'approche et le rprimande. Attitude d'accablement habituelle de Billy. Le matre est ct, Billy vot baisse la tte...

    Des plans de coupe montrent les lves en position d'coute...

    Le professeur est retourn au tableau. Il interroge Billy sur son faucon.

    Billy commence raconter...

    Il le fait venir crire le mot jesses au tableau...

    On le suit en pano- travelling jusqu'au tableau.

    Le plan est resserr ne laissant apparatre que le matre juste derrire Billy. ..La communion s'opre.

    Billy est seul au tableau face la classe, comme le matre....

    Gros plans d'lves qui l'interrogent...

    une fille...

    Un garon...

    Le matre dans la salle, du ct des lves, avoue apprendre des choses sur le dressage....

    Il transporte aussi ses camarades qui coutent attentivement....

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  • Gros plan sur Billy...Le tableau en arrire plan est flou.

    Billy est seul , emport par son rcit. Il donne en quelque sorte une leon...

    Le dernier plan nous prsente Billy toujours en gros plan, mais sous un autre axe ( dans le point de vue du matre). Plan trs long ( 1mn 15). La classe entire, silencieuse, est emporte par le rcit....Fondu au noir.

    tC'est une scne cl dans l'histoire. Billy, pour la premire ( et la seule) fois est au centre. .On l'coute avec intrt.

    Nous sommes plongs, comme le dit le professeur, au coeur de faits rels...Mais nous sommes aussi dans un film de fiction....Habilement, K Loach nous parle aussi cinma et de la frontire trs floue entre fiction et ralit...Rappelons que ds les dbuts du cinma, les deux axes documentaire et fiction se mirent en place, le premier du ct de Lumire, le second du ct de Mlis.

    4. Peinture d'un environnement et d'un milieu social Ken Loach inaugure travers Kes toute une srie de films dans lesquels il mettra nu

    la socit anglaise des annes Thatcher, avec son cortge de misre spcialement dans les cits minire du Nord ( Riff Raff; Raining stones ).

    1. Barnsley, Yorkshire. L'histoire a t tourne Barnsley mme, dans une petite cit minire du Sud

    Yorkshire.

    Barnsley was one of the first six towns in the region to be designated a Renaissance Town by Yorkshire Forward.The town has a great and proud history as a centre of coal mining and related industries, and a strong heritage as a market town over 750 years standing.

    With the demise of the coal industry in the 1980 Barnsleys community suffered financially and unemployment was rife. Barnsley, with its Population today of 218,000 once had a

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  • thriving economy, based on coal-mining. It has yet recover from the loss of that industry.

    When Will Alsop joined the regeneration process in 2002 many key initiatives were already in place, setting Barnsley on course toward a radically new built environment with its basis in sound economic development. In Barnsley an enthusiastic early engagement with local political, business and community interests was established. The Strategic Development Framework has generated debate across the town and beyond.

    Barnsley is a Tuscan Hill Village, there is no doubt about it: Barnsley is a Tuscan Hill Village. The red roofs of the simple houses glow like tomatoes from Barnsley Market in the impossibly beautiful light of the gala bingo by the bus station., because Barnsley is a Tuscan Hill Village. (taken from a poem by Ian Mc Millan)

    Remaking Barnsley is fundamentally about economic regeneration, and therefore about making the main urban centre of the town a productive and vibrant place to work, to live in and to visit, and to create a 21st Century Market Town..

    http://www.yorkshire-forward.com/www/view.asp?content_id=322&parent_id=320

    2. L'environnement : Etude de la premire squence . Prgnrique:

    1A 1B 2A 2B

    Le film commence par un pr-gnrique de 2 plans longs. Un premier plan fixe nous place au pied du lit, comme tmoins de la scne de rveil . Billy et son frre dorment dans le mme lit. Il fait encore nuit. On peroit le seul tic tac du rveil. Le rveil sonne et Billy exhorte son frre se lever( allusion la mre mais pas au pre) . Son frre bougonne et finit par se lever en dcouvrant volontairement son frre... .

    Le second plan nous montre Jud debout enfilant sa chemise. On apprend qu'il va travailler la mine ce que Billy refuse d'envisager plus tard...Jud laisse la lumire allume...et Billy doit se lever pour aller teindre.

    Ds les premires images, l'atmosphre est pesante. L'troitesse des lieux nous est suggre par le cadre serr. La pauvret sociale par le minuscule lit o ils doivent dormir ensemble. Enfin, les relations sont tendues entre les deux frres...Jud se comporte en vritable tyran, et Billy comme son souffre douleur...ce qui sera confirm par la disparition de son vlo.

    15

    http://www.yorkshire-forward.com/www/view.asp?content_id=322&parent_id=320

  • 1 2 3A 3B

    4A 4B 5 6

    7A 7B 8

    EllipseLe jour s'est lev. On dcouvre la fentre et un temps plutt maussade l'extrieur...

    Billy se lve son tour et s'habille. Il sort de la maison tout en finissant d'enfiler son blouson et se dirige vers une cabane. Il ressort fch car son frre lui a pris son vlo... Il se met courir vers la ville...Un long plan ( 4) nous le montre gravissant une butte et un panoramique nous permet de dcouvrir en arrire plan les btiments de la mine.

    Il parcourt en courant les rue de la ville , revient un instant sur ses pas ( 7B) pour ramasser un paquet de cigarette qui s'avre vide et qu'il jette. Il arrive enfin dans la boutique (8).

    Cette squence de gnrique nous permet de dcouvrir un environnement triste et dsolant sous un ciel couvert. Terrains vagues, ville minire pauvre et sans aucun cachet, des chiens dans la rue lui courent aprs....C'est le quotidien de Billy. Ce dernier n'arrte pas de courir. Il est parti de la maison sans manger. La mre n'tait pas l ce qui laisse prsager d'une absence de cadre parental.

    3. Le milieu social et familial: tude des personnages. Ken Loach dcrit un milieu familial dstructur.

    BillyBilly et Jud sont en fait des demi-frres et le pre de Billy a quitt le milieu familial. On

    devine, de par le comportement de la mre, que Billy est totalement laiss lui-mme. Elle lui laisse un peu d'argent avant de partir afin qu'il aille s'acheter de quoi manger et elle ne semble pas se proccuper de son entretien ( affaires sales ; Billy portera les mmes vtements tout au long du film) . Ce manque de cadre et d'affection de la mre explique

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  • ses mauvais rsultats l'cole et son manque de motivation. Il n'a pas ses affaires pour travailler et il rvasse... ne se rveillant que pour sortir des btises ( cf Fisher - German Bight, Cromarty ) et faire rire ses camarades ( acrobaties). Il commet de petits larcins qui peuvent s'expliquer puisqu'il n'a pas djeun ( vol de confiseries dans la boutique, de bouteilles de lait dans la rue) ou invente des blagues de mauvais got ( il effraie Mr Poter et manque de le faire tomber). Il ne respecte pas non plus sa parole face son employeur. Il ne distribue pas la totalit des journaux et se permet de prendre le temps de lire sa BD! ( une bagarre dans laquelle un des protagonistes triche en utilisant de la graisse pour faire tomber son adversaire...tout un programme). Il volera aussi ( mais n'est-ce pas pour la bonne cause ?) le livre de fauconnerie chez le bouquiniste.

    Billy est un rveur solitaire. On remarquera par exemple qu' l'cole, sa principale caractristique est de ne pas suivre le cours de l'action ( ou de la conversation)( voir ci-aprs). Mais c'est aussi un hyper-actif qui ne fait que courir d'un point un autre.

    Cependant, Billy n'est pas seulement un cancre et un vilain garnement.Il aime la nature et la capture du faucon va littralement l'lever au dessus de sa condition.

    Jud Jud,est prsent comme un tre plutt fruste ( et frustr), narcissique, peu ambitieux,

    dont l'unique but est de gagner plus d'argent en jouant aux courses et dont la seule perspective est la mine. Jud n'a pas suivi d'tudes , il n'a pas laiss un excellent souvenir au collge. Il ne sait qu' user de sa force physique pour obtenir satisfaction. Sa btardise ( c'est ainsi qu'il est peru cf scne de la bagarre l'cole entre Billy et MacDowall- ) peut aussi expliquer son comportement violent: il doit lutter et s'affirmer face aux autres.

    Il dit se contenter de cette vie qui lui assure par ailleurs le gite et le couvert cf scne du pub-, ce qui peut expliquer son agressivit envers l'ami de sa mre.

    Son gosme n'a d'gal que sa mchancet. C'est un personnage victime de l'troitesse du milieu social et conomique dans lequel il a t lev: manque d'ducation, absence de perspective. Il semble prdestin la mine, comme les autres jeunes de son ge. La distraction du samedi soir, c'est le pub d'o il rentre invitablement saoul.

    Mme CasperLa mre se proccupe plus de son apparence et de ses affaires de coeur que de son

    enfant et de son intrieur! Elle adopte mme un comportement sans gne en face de Billy en enfilant ses bas devant lui ( cf Mme Doisnel dans les 400 coups de F Truffaut). C'est une femme seule ayant eu deux enfants de deux hommes diffrents et qui a un amant. Ses relations avec Jud sont par ailleurs extrmement ambiges ( cf scne dans la cuisine), la limite incestueuses. Elle fait preuve d'une absence totale de sentiment maternel.

    Cependant, Ken Loach n'enfonce pas le personnage. La scne du pub est l pour nous la prsenter comme une victime de la socit : son mari l'a quitte, elle doit travailler et elle ne peut s'occuper correctement de sa maison....elle est proccupe par l'avenir promis ses enfants et avoue avoir un grand besoin de scurit et de quelqu'un pour l'pauler ... Elle tente la fin, mais trs maladroitement, de prendre la dfense de Billy face Jud. Mais elle est trs vite dpasse et finit par renvoyer ses enfants dos dos. Quand Billy sort en larmes de la maison pour aller enterrer Kes, elle se replonge dans son magazine!

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  • 5. Kes et Billy Billy est un manant peu frquentable. Il est rejet par Jud, dlaiss par sa mre et

    c'est seul qu'il part se promener dans la campagne voisine pour dnicher des oiseaux. La mre de son copain refuse en effet de lui ouvrir et de laisser son fils partir avec lui.

    C'est au sommet d'une tour en ruine qu'il va dcouvrir la prsence du nid. Au petit matin, aprs le retour de Jud du pub, il part dnicher le jeune faucon. Ken Loach nous prsente ensuite entrecoupes d'llipses, les sances de dressage, commentes en voix off par Billy qui cite l'ouvrage de fauconnerie qu'il a vol chez le bouquiniste.. Il s'agit d'un procd typiquement cinmatographique. Cette squence n'existe d'ailleurs pas dans le roman.

    Photo1 ( contre plonge) Photo 2 (plonge)

    1. Le transfert

    Mais c'est la squence de l'entranement devant Mr Farthing qui est la plus rvlatrice des rapports entre Kes et Billy. Pour l'enfant, l'oiseau est un prolongement de lui-mme. Le vol de l'oiseau sur fond de ciel,( photo 1) illustre son dsir d'lvation, d'vasion par rapport sa condition sociale. Mais ce rve est celui d'Icare. L'homme ne peut pas voler. Il reste clou au sol ( photo 2) . En arrire plan la mine et la cit sont toujours l, bien prsentes. Billy ne pourra y chapper...

    2. La revanche

    Billy se sent une responsabilit par rapport Kes. Il doit heures rgulires le nourrir et aussi le sortir. C'est le contrepoint de la ngligence de sa propre mre vis vis de lui. C'est une revanche qu'il prend sur son quotidien. Pour lui qui tait plutt rejet comme un malpropre, Kes est source de pouvoir: dans la rue, les passants le regardent, allant mme jusqu' l'aborder, les autres enfants sont attirs par Kes . Comme le dit ds le dbut du

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  • film le fermier, le faucon est un animal difficile dresser. Or, Billy y parvient, il y voit la preuve qu'il est capable de russir quelque chose d'exceptionnel. Le matre lui-mme s'avouera impressionn par la dmonstration .

    Cependant, Billy ne s'estime pas tre le matre de Kes. Pour lui, l'oiseau de proie reste un animal sauvage, fier et indpendant, qu'il faut approcher avec prcaution. Cette relation entre l'homme et l'oiseau est trs fragile.

    3. La matrise C'est grce sa tnacit et par l'tude que Billy va russir dresser Kes. Lui qui n'a

    jamais lu un livre de sa vie ( sauf les BD du journal), va se plonger corps perdu dans la lecture du livre de fauconnerie. Il acquiert un savoir et une pratique ( une matrise) qui impressionnent son entourage, l'exception de Jud et de sa mre qui n'ont rien compris. Jud se moque de lui quand il est en train de lire . Il lui enlve le livre des mains et le jette travers la pice.

    6. L'cole: entre ducation et dressage

    Quelle diffrence peut-on faire entre l'action d'duquer et celle de dresser?Billy ne reoit aucune ducation, ni au sein de son milieu familial, ni au sein de l'cole

    o visiblement, il s' ennuie.Pour dresser son faucon, Billy passe d'abord par une phase d'apprentissage. Il

    dmontre ensuite en classe, de manire magistrale , comment on peut passionner son auditoire quand on est soi-mme passionn et que l'on connat parfaitement son sujet. Ne serait-ce pas l une leon administre l'institution et aux enseignants qui la composent?

    Le monde ducatif est dpeint travers la figure de trois adultes:Mr Gryce, le proviseur. La Bible est son credo et la cravache son instrument de torture.

    Il ne sait que punir et ne dit avoir aucun espoir en l'avenir des enfants dont il a la charge. Il est ancr dans la tradition et la leon de morale qu'il prodigue aux lves est totalement inadquate et inefficace. Son autoritarisme et son absence de discernement le conduisent mme commettre une injustice envers l'un d'entre eux qui a simplement eu le malheur de se trouver l au mauvais moment! Pour lui, l'ducation relve du dressage.

    Mr Sugden, le professeur de gym. Avec son allure de bulldozer , il cherche terroriser les lves qui ne se soumettent pas sa volont. C'est un narcissique dot de sadisme. La longue squence qui le concerne le prsente non pas comme un ducateur mais comme un chef dont l'objectif est de satisfaire avant tout son ego. Son comportement prte sourire, sauf la fin quand il force Billy prendre une douche froide.

    Mr Farthing, professeur d'Anglais. C'est le seul qui fasse preuve de pdagogie. Il accueille les lves au retour de leur entrevue avec le proviseur avec beaucoup de sollicitude. Il sait lors de son cours d'expression ( Fact and fiction ) mettre en valeur l'exprience de Billy. Non seulement il favorise l'coute, mais il valorise l'individu. Son intervention ensuite pendant la rcration montre qu'il sait distinguer le bon grain de l'ivraie . Il punit le fautif de l'altercation par une sorte de travail d'intrt gnral ( il doit redresser le tas de charbon qu'il a contribu rpandre),il essai d'en savoir un peu plus sur la vie familiale de Billy et lui propose d'aller le voir dresser son faucon.

    Ce n'est donc pas un tableau entirement noir de l'cole que dresse Ken Loach. Il

    19

  • montre que les problmes du monde extrieur ne s'y arrtent pas la porte. Ils y entrent par le biais des lves dont les insultes portent sur les membres de leur famille (on peut remarquer que Billy dfend son demi-frre alors que lui-mme le traite de btard , solidarit familiale oblige ), ils y entrent par le directeur qui avoue ne plus comprendre les jeunes et leur mode de vie, et de faon plus positive par le professeur d'anglais qui introduit le dbat au sein de sa classe. Mme si elle est globalement en chec, l'cole est peut tre quand mme porteuse d'espoir.

    7. Les lieux du film Il sont nombreux, preuve que , Billy ne tient pas en place. . ce qu'il exprime trs bien

    par son attitude lors de l 'entretien avec le conseiller d'orientation. Sa vie se droule plutt l'extrieur qu' l'intrieur.

    1. Espace de la ville: les rues : Billy les parcourt en courant. Tristesse des maisons en brique... elles plantent

    le dcor quotidien. Filmer le rel prend ici tout son sens. La boutique du marchand de journaux :La famille Casper est dans la ncessit

    puisqu'il doit distribuer les journaux avant d'aller l'cole. La bibliothque: lieu qui n'est pas fait pour Billy. Son tat de pauvret le lui interdit. On

    note toute la distance qui existe entre les questions administratives de l'employe et les rponses inappropries de Billy.

    La boutique du libraire. En hors champ, un cliente demande un ouvrage ( une autobiographique de Nol Cowards, crivain scnariste de cinma et acteur, c'est- - dire trs loin du milieu de Billy mais proche de celui de Ken Loach qui se permet un clin d'oeil au cinma et ses rfrences ). Son manque d'argent l'entrane voler le livre.

    Le PMU/ le pub: lieux de distractions et de jeux populaires...Le PMU reprsente pour les mineurs un espoir de gains et le pub un exutoire une vie morne et monotone.

    2. Espace de l'cole: Inadaptation de Billy aux lieux La classe : Billy s'y ennuie l'exception du passage de l'expos. Les couloirs: lieu de rencontres. le bureau du proviseur: lieu de la punition La grande salle de l'assemble: A la fois lieu de communion ( on y prie , on coute la

    bible et on y transmet les informations sur la vie de l'tablissement). Mais l encore, Billy se rvle inadapt la situation. Il se fait surprendre rver ce qui entrane une punition.

    L'infirmerie ( transforme en bureau du conseiller d'orientation).. Billy y entre d'abord sans frapper, et se fait rabrouer. Ce n'tait priori pas son tour. Enfin, pendant tout le discours du conseiller d'orientation, il se montre distrait, regardant souvent hors champ.

    La cour de rcration: lieu de la bagarres. Les lves ne s'y font pas de cadeaux et les insultes fusent. Billy, seul, doit se dfendre contre les provocations de Mac Dowell

    Le terrain de sport et les douches. Billy se distingue par le fait qu'il n'a pas ses affaires de sport. Par la suite il se rvle pitre gardien de but, allant mme jusqu' faire des acrobaties . La punition sera la hauteur du sadisme du professeur.

    20

  • 3. Espace de la maison : le confinement Sans doute situe un peu l'cart, dans les faubourgs pauvres de la ville, la maison est

    un lieu que Billy frquente rarement. Il y ressent troitesse des lieux, la sensation d'touffement et l'absence de tout espace personnel. la chambre: il la partage avec Jud, le lit est troit; iBilly ne peut que difficilement y

    dormir ou simplement s'y reposer. la cuisine est la pice tout faire . Le mobilier encombre la pice: on distingue le

    divan , seul endroit o il peut s'installer tranquillement condition que Jud et sa mre soient absents, la table, la chemine o un feu maigrichon donne un semblant d'intimit.. et le miroir dans lequel Jud s'admire.

    la cabane : C'est l'antre de Kes, le seul lieu o Billy peut se sentir tranquille, mais ce refuge sera finalement viol par Jud..

    4. Autres lieux en marge de la ville: On peut relever enfin deux lieux en totale opposition . L'un est li au travail, aux bas-

    fonds l'obscurit ; l'autre au plaisir, au ciel et la lumire - .

    La mine reprsente le lieu de travail de Jud Elle est souvent visible en arrire- plan par rapport Billy ( au dbut quand il va au travail et ensuite quand il lit sa BD, puis sur le terrain vague o il entrane Kes...). Une squence nous montrera Jud avec ses compagnons de travail descendant dans le puits. C'est l que Billy ira vraisemblablement plus tard.

    Le nid de faucon : Il se trouve en haut d'une tour en ruines d'aspect moyengeux. Le lieu est isol, en dehors de la ville. Il faut traverser champs et bois avant d'y arriver. C'est l'endroit o Billy se sent bien , o il communie avec la mre nature. Il y retourne aprs la disparition de Kes, comme pour un plerinage sur un lieu intime.

    8. Etude de la fin du film La mort du faucon et le rite de son enterrement indiquent-ils l'achvement d'une priode

    de la vie de Billy et son passage un autre tat ? Ou faut-il les voir comme la fin d'un rve d'vasion ?

    Ken Loach a trs sensiblement adapt la chute du film par rapport au dnouement du roman. En effet, dans ce dernier ( cf extrait supra), le rve de Billy dans le cinma a valeur

    21

  • de psychothrapie. C'est le choc de la mort de l'oiseau qui provoque la rminiscence de la premire mort , celle du pre absent qui n'est jamais revenu. La dernire phrase nous laisse supposer que Billy a encaiss la disparition de son oiseau, franchissant ainsi une tape essentielle vers l'adolescence.

    Rien de tel ne transparat dans le film. Billy s'effondre sur le divan quand Jud lui annonce la mort de Kes . L'oiseau a t jet la poubelle et c'est le rve d'mancipation de Billy qui vient aussi de mourir....Billy ne s'y trompe pas ! Jud le lui avait annonc ds la premire squence : Tu n'as pas d'autre perspective d'avenir que la mine!..

    Billy va alors chercher Kes dans la poubelle pour ensuite retourner la maison provoquer son frre et forcer sa mre intervenir en sa faveur. Il la bouscule mme physiquement. En vain. Elle n'arrive pas s'imposer et finit par abandonner.

    Dernier plan du film. Plan fixe unique de 1 mn 12.

    Billy sort et va enterrer sa crcerelle. Ken Loach insiste sur cette image d'enterrement, sans fioriture , la camra reste assez proche mais fixe. On est tmoin, spectateur de ce rituel qui signifie tout aussi bien le retour sur terre,le passage l'ge adulte , la fin d'un rve d'mancipation ..Dans le roman, cet pisode est retrac par une seule phrase :

    Il enterra la crcerelle dans le champ, juste derrire la cabane

    3. PISTES PDAGOGIQUES

    1. Etude de la squence gnrique. Quel dcor ? Que nous dit-on des relations Billy/Jud?Quel avenir est rserv Billy dans un tel environnement ? Comment Billy ragit-il par

    rapport ce futur envisag?.

    Remarque: On pourra faire allusion ( et commenter) la phrase prononce par le laitier quand Billy critique son camion poussif : Il vaut mieux rouler en troisime classe que marcher en premire! ( sorte de maxime populaire)

    2. Etude des personnages Comment les personnages principaux sont ils camps ? On fera appel des scnes

    prcises.

    22

  • Billy: ses vtements ( son allure non soigne: il porte toujours le mme pantalon et le mme blouson; il est sale), le manque d'hygine...ses rapports l'cole, avec ses camarades, ses perspectives d'avenir cf scne avec le conseiller d'orientation- son statut dans la famille cf scne avec la bibliothcaire-

    Jud: son comportement agressif scnes dans la chambre- sa jalousie par rapport sa mre et son gosme scne du pub -

    Mme Casper: son attitude par rapport chacun de ses fils, sa qute d'une vie range normale - cf sa confession dans la scne du pub- son incapacit imposer son autorit cf scne de fin-.

    3. Etude des lieux Quels sont les lieux qui nous sont montrs? Dans quels lieux Billy n'est -ilpas prsent? Pourquoi? Dans quels lieux Billy se sent-il en accord avec lui-mme? Pourquoi? Retracer de mmoire la composition de la cuisine. Commenter.

    4. Le monde de l'cole Rappeler les diffrentes squences se droulant dans l'cole. Commenter. L'appel en classe ( pisode de German bight, Cromarty ) Le match de foot. la punition chez le proviseur; l'intervention de Billy en classe ( fact and fiction ); la

    bagarre pendant la rcration. Visite de Jud dans l'cole et fuite de Billy; entrevue avec le conseiller d'orientation.

    Le comportement des adultes travers les trois figures : le proviseur; le prof d'Anglais; le prof de gym.

    Le comportement de Billy et des autres lves.Les relations entre eux .Que veut nous dire le ralisateur sur l'cole travers eux?

    5. Billy et Kes Que reprsente Kes pour Billy?Etablir une comparaison entre l'oiseau et l'enfant. ( solitaire, farouche et fragile, vol

    silencieux...)Le faucon est un animal sauvage que l'on peut dresser mais pas

    apprivoiser....Comment comprendre la diffrence entre dresser et apprivoiser ? ( on pourrait faire rfrence l'pisode du Renard dans le Petit Prince...)

    6. Etude de la fin du film Rflchir sur la toute fin du film.Comment expliquer le comportement de Jud ? De Mme Casper? Comment interprter la mort et l'enterrement de Kes?On pourra judicieusement mettre en parallle la fin du film et celle du roman.On peut aussi engager la discussion autour de l'affiche anglaise du film ( fichier joint).

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  • 4. SOURCES ET SITES CONSULTER http://www.filmsduparadoxe.com/kes.pdfhttp://www.cineclubdecaen.com/realisat/loach/loach.htmhttp://ww2.ac-poitiers.fr/daac/spip.php?article330http://www.lux-valence.com/image/fichefilm.php?id=153http://www.crdp.ac-lyon.fr/KES-2.htmlhttp://www.tate.org.uk/onlineevents/webcasts/ken_loach/ ( interview en Anglais sur la

    priode des annes 60 ( 2004)

    Yves MaussionCoordinateur cinma audiovisuelAction culturelle . Rectorat de NANTES

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    http://www.tate.org.uk/onlineevents/webcasts/ken_loach/http://www.crdp.ac-lyon.fr/KES-2.html

  • 5. AFFICHE ANGLAISE

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  • 26

    1. Gnralites1. Le ralisateur Ken Loach2. L'histoire de Kes3. Dossier de presse

    2. Approches du film1. Le ralisme2. L'adaptation littraire1. Film et roman2. Principaux pisodes du roman de Barry Hynes

    3. Fact and fiction1. Entre Lumire et Mlis2. Etude de la squence de l'expos

    4. Peinture d'un environnement et d'un milieu social 1. Barnsley, Yorkshire.2. L'environnement : Etude de la premire squence .3. Le milieu social et familial: tude des personnages.

    5. Kes et Billy1. Le transfert2. La revanche3. La matrise

    6. L'cole: entre ducation et dressage7. Les lieux du film1. Espace de la ville: 2. Espace de l'cole: Inadaptation de Billy aux lieux3. Espace de la maison : le confinement4. Autres lieux en marge de la ville:

    8. Etude de la fin du film

    3. Pistes pdagogiques1. Etude de la squence gnrique.2. Etude des personnages3. Etude des lieux4. Le monde de l'cole5. Billy et Kes6. Etude de la fin du film

    4. Sources et Sites consulter5. Affiche anglaise