DOSSIER VAN GOGH, AUTOPORTRAIT-DAL-31-10-11 VAN GOGH... · 2 VAN GOGH, AUTOPORTRAIT Textes tirés de

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  • Van Gogh Autoportrait

    [Cration 2010]

    Coproduction CDN -Thtre Dijon Bourgogne et D'un Acteur, l'Autre

    O lon se rend compte que Van Gogh tait un artiste complexe, cultiv et intelligent, dont la seule folie fut davoir aim trop passionnment son travail et lhumanit.

    Contact : Dun Acteur, lAutre : Odile Sage assiste de Stphanie Gamarra : 01 69 49 32 09 - 06 81 91 45 08 acteur@orange.fr

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    VAN GOGH, AUTOPORTRAIT

    Textes tirs de la correspondance de Vincent van Gogh et de Van Gogh le suicid de la socit dAntonin Artaud

    Montage, ralisation et jeu : Jean OCottrell

    Musique : Jean-Marie Snia. Compagnon artistique : Franois Chattot Rgie gnrale : Antoine Barre-Foncelle

    Cration lumires : Grard Bonnot Accessoiriste : Claire Vaysse

    Sol du Lucernaire peint par : Antoine Milian

    Coproduction Thtre Dijon Bourgogne-CDN et D'un Acteur, lAutre

    On peut parler de la bonne sant mentale de Van Gogh (Antonin Artaud),

    Alors parlons-en ! Il faut parler, parler, parler . C'est d'utilit publique. Dario Fo nous invite la fin de la Naissance du jongleur : Allez sur les places de villages et parlez, parlez,, racontez, racontez comment va le monde Et oui, c'est d'utilit publique, il ne faut donc jamais se priver de ressasser les textes importants et d'aller les raconter partout, pour que jamais la mmoire ne s'teigne. Voil pourquoi il est indispensable de vous convier venir couter, rcouter, et entendre encore cette incroyable conversation entre deux frres : Vincent Van Gogh et son frre Tho, accompagne du clbre texte d'Antonin Artaud sur Van Gogh. Jean O'Cottrell nous raconte ces figures d'une saisissante faon : admirable conteur, sa prsence dmultiplie l'intensit du texte et touche en direct, au plus profond, chaque spectateur. Du fin fond de l'intimit du peintre, surgit cet appel tous et chacun : qu'est-ce que c'est que travailler comme un artisan, un artiste, un colporteur d'motions, entre la solitude silencieuse de l'atelier, et le vacarme brlant de la cit ? Comment peindre, bien sr, mais aussi comment apprendre vivre seul et ensemble "avec les moyens du bord" ? Cr en 1976 au Grenier de Toulouse, alors dirig par Bruno Bayen, le Van Gogh dOCottrell a install son bivouac en 2010 au Thtre Dijon Bourgogne avant de repartir sur les routes et en faisant une halte au Thtre Lucernaire en 2011. Venez nombreux. Qu'on se le dise !

    Franois Chattot

    NB : interview de Franois Chattot par DMTV 21, propos du spectacle : http://www.dailymotion.com/video/xcq2df_francois-chattot-et-vincent-van-gog_creation

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    La vie prsente se maintient dans sa vieille atmosphre de stupre, de dsordre, de dlire, de drglement, de folie chronique, dinertie bourgeoise, danomalie psychique, de malhonntet voulue et dinsigne tartufferie, de revendication dun ordre tout entier bas sur laccomplissement dune primitive injustice, de crime organis enfin. Que la vie un jour devienne aussi belle que dans une simple toile de Van Gogh et pour moi ce sera assez , crivait Antonin Artaud en 1949.

    Ce constat tait toujours valable quand fut cr, au milieu des annes 1970, Vincent ou La Folie dEtre. Il lest encore plus aujourdhui o lAVOIR a fini par triompher de lETRE. Il importe donc que le pauvre Vincent, arm et de fivre et de bonne sant revienne (sous le regard implacable et complice de Franois Chattot), pour jeter en lair la poussire dun monde en cage que son cur ne pouvait plus supporter. Avec Autoportrait, Van Gogh revient donc, arm dun texte plus toff (enrichi de mlodies de Jean-Marie Snia), qui laisse davantage place au plaisir de faire, et dune mise en scne plus are et plus nuance : je procde par touches colores et espaces entre elles : cela donne de lair et on use moins de couleurs. Sa soif dabsolu et une logique implacable, qui lamena au suicide, valent trop souvent Van Gogh dtre dcrit comme un fou gnial, guid dailleurs et dpass par ses chefs-duvre. Or lire limportante correspondance quil adressa quotidiennement ses amis, sa famille et surtout son frre Tho, on dcouvre un homme cultiv. Il parlait parfaitement quatre langues, jouait trs agrablement du piano et sa culture littraire et picturale tait immense. Si la mdiocrit de ses contemporains, son hypersensibilit aggrave par la syphilis (jusqu lpilepsie) et son penchant intermittent pour labsinthe le rendaient parfois difficile supporter comme voisin, ami ou frre, tous ses correspondants ont prserv ses lettres comme autant de reliques. Vincent y tmoigne dune droiture desprit indniable et dune exigence de tous les instants. Il livre, dans un langage simple, concret, artisanal, ses objectifs, sa recherche laborieuse et sa dmarche obstine, taye par la parfaite connaissance de ses matres : Rembrandt, Delacroix, lart japonais... Et cet homme pris de justice sociale cherche inlassablement une expression universelle qui puisse atteindre tous les individus, du petit Franais au seigneur de la brousse, du confrre au simple coco.

    Jai une fivre de travail continuelle et jen jouis comme une cigale. On remplit sa toile la diable. Alors pourtant on attrape le vrai et lessentiel et le spectateur en est parfois stupfait et mme enthousiaste.

    crit Van Gogh tandis quArtaud proclame que le Thtre est la gense de la cration, un thtre qui chaque reprsentation aura fait gagner corporellement quelque chose aussi bien celui qui joue qu celui qui vient voir jouer. Cest sous lgide de ces deux voyants que lacteur se coltine avec le Suicid de la socit. Le dcor figure un muse imaginaire : la chaise paille, le fauteuil de Gauguin, une brasse diris, le grand vase de terre cuite, un chevalet, une valise et une toile. Et lacteur fait de ces motifs des accessoires essentiellement thtraux.

    Comment incarner Vincent van Gogh, (quune lgende putassire dcrit comme un pauvre peintre, alcoolique, fou et maudit, qui maintenant vaut si cher) en vitant les clichs obscnes et ces ides complaisamment reues ? En mimmergeant dans son uvre, (sa peinture, ses dessins et sa correspondance), il mest apparu clairement, comme disait Artaud, quon peut parler de sa bonne sant mentale. Pour moi, interprter Van Gogh, cest livrer sur scne, avec les moyens du bord, une intimit longuement acquise, en mefforant de mettre mes pas dans les siens, fidlement et amoureusement, et de faon que tout le monde qui a des yeux puisse y voir clair. Et, comme Vincent le disait : cest toujours un plaisir que quelquun me regarde faire lorsque je travaille. Oui, il sagit, avant tout, de travail et damour. Cest en travaillant que lon se rencontre, a cest la meilleure manire. Il nest pas propos au spectateur de Van Gogh, Autoportrait dtre voyeur ou consommateur de performance, mais rellement partenaire, tout comme Tho : le frre, lindispensable, le financier, linterlocuteur privilgi, le complice

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    Avertissement : Le montage que jai fait nest pas quune succession de lettres mises bout bout. Je me suis en effet permis de forger des phrases avec des extraits de diffrentes missives, de diffrents passages. Parfois mme, principale et subordonnes manent dptres diverses. Quant Artaud, dont le verbe se mle inextricablement la prose de Van Gogh (ds que la Fatalit se fait rsolument contre) il nous fixe, au dpart, la rgle du jeu et nous en donne la conclusion. Je nai toutefois pas touch la syntaxe si savoureuse de cet tranger polyglotte, ni la musicalit singulire du Momo.

    Jean OCottrell

    Thtre de l'autoportrait

    Cest suite linvitation de Franois Chattot, qui avait vu Vincent ou la Folie dtre, qu'O'Cottrell recre le spectacle Dijon. Vincent ou la Folie d'tre devient Van Gogh, Autoportrait , signe dun changement dans la vision qua le comdien de son sujet. Comme il l'explique, l'instrument a mri, vieilli. Mais je veux aussi montrer que la dmarche artistique de Van Gogh est tout sauf folle. Et puis les choses ont volu : l'poque, j'tais tout seul et l'accent tait mis sur la difficult de crer et d'tre. Ici, Franois Chattot joue le rle de regard extrieur et j'ai enrichi le texte initial. Pour autant, le terme d'Autoportrait soulve quelques questions. O'Cottrell confie : la dmarche de l'acteur peut s'apparenter celle de Van Gogh, et ce qu'il dit sur la peinture peut s'appliquer tous les arts. Lorsque Van Gogh peint devant une personne, elle assiste selon lui au moment de l'infini . L'acte de jeu devant un public relverait du mme geste... Mais les similitudes ne s'arrtent pas l, et Jean O'Cottrell fait galement sienne cette volont de Van Gogh de peindre non pas pour les muses et encore moins pour les spculateurs, mais pour les gens . Pour le comdien, il est essentiel qu'un spectacle, mme complexe, comporte un niveau de lecture immdiat. A travers tous ces lments se dessine l'trange rapport liant les deux hommes. O'Cottrell ne cesse de s'interroger sur comment incarner cet homme-l ? Et jusqu'o l'incarner ? On comprend alors l'attachement particulier de Jean O'Cottrell pour ce spectacle, dans lequel il partage son intimit avec un peintre dont l'uvre a ouvert des voies pour d'autres peintres, tout en modifiant fondamentalement notre faon de voir.

    Extrait de Van Gogh, autoportrait :

    Raisons intimes par Caroline Chtelet janvier 2010 (Retrouvez lintgralit de cet article sur www.tdb-cdn.com)

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    Extraits de Presse LE BIEN PUBLIC Guillaume Malvoisin

    Jean O'Cottrell a pris possession de Van Gogh et l'a jou avec une rare intensit. Photo Vincent Arbelet

    L'insolence est un art difficile. Qu'est-ce qui pousse un comdien se jeter dans la correspondance de Van Gogh son frre, en tailler au mtronome une partition complexe et la dresser clairement face la foule dans la pnombre ? Rien. Et c'est ce rien qui fait le prix de ce spectacle-l. Ce rien dont l'cho nous renvoie