EPREUVE D¢â‚¬â„¢HISTOIRE DES ARTS GUERNICA, DE ... EPREUVE D¢â‚¬â„¢HISTOIRE DES ARTS GUERNICA, DE PABLO PICASSO

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  • EPREUVE D’HISTOIRE DES ARTS GUERNICA, DE PABLO PICASSO

    Pablo Ruiz Picasso Né en 1881 à Malaga, mort en France en 1973 S’installe à Paris en 1904 LE CONTEXTE HISTORIQUE DU TABLEAU: LA GUERRE CIVILE ESPAGNOLE LES CAUSES DE LA GUERRE CIVILE En 1931, les partis républicains gagnèrent les élections. C’était la fin de la monarchie et la proclamation de la Seconde République. En Espagne, à cette époque-là, il y avait un taux de chômage très élevé et une grande partie de la population était analphabète. La majorité des terres appartenait à une minorité de propriétaires fonciers. Les républicains entreprirent une série de réformes sociales, dont la réforme agraire, auxquelles s’opposèrent les conservateurs. Entre 1931 et 1936, les deux forces s’affrontèrent . Les paysans et les ouvriers aspiraient à la réalisation des réformes sociales promises. Ce fut donc une période de grèves et d’occupations de terres. La tension entre les deux groupes culmina avec la victoire du Front Populaire aux élections de février 1936. Le Front Populaire était une large coalition de partis de gauche, principalement le parti socialiste et le parti communiste. LA GUERRE Les conservateurs décidèrent de s’opposer par la force au choix du peuple qui venait de voter. Ils organisèrent un soulèvement militaire contre le gouvernement légitime de la République, le 18 juillet 1936. A la tête de ce soulèvement se trouvait le général Francisco Franco, qui fut nommé chef d’Etat dans la zone contrôlée par les militaires. L’Espagne était divisée en deux. C’était le début de la Guerre Civile. Les deux forces en conflit :

    - les républicains (la gauche) : le Front Populaire, les anarchistes…

    - les nationalistes (les conservateurs) menés par Franco: la droite, la Phalange (parti d’extrême droite, fasciste), les monarchistes, l’Eglise catholique…

    C’était un combat entre démocratie et dictature.

  • Carte de la division de l’Espagne en 1936

    Le drapeau républicain

    Le drapeau nationaliste Les démocraties européennes décidèrent de ne pas intervenir, même si des gens s’engagèrent individuellement pour partir aider l’armée républicaine (Brigades internationales). Les régimes fascistes d’Allemagne et d’Italie collaborèrent avec les nationalistes, alors que l’Union Soviétique était du côté des républicains. Cette guerre sanglante dura presque 3 ans, et se termina par la victoire des nationalistes, en avril 1939. Franco instaura une dictature militaire qui ne prit fin qu’à sa mort, en 1975. La Guerre Civile fit plus d’un million de morts et des centaines d’exilés et de réfugiés politiques. LE BOMBARDEMENT DE GUERNICA Le 26 avril 1937, c’est jour de marché dans la petite ville basque de Guernica. Durant 3 heures 30, l’aviation allemande bombarde et incendie la ville de façon sanguinaire, utilisant des mitrailleuses contre les personnes effrayées qui tentaient de fuir l’horreur. Le but des nazis était de tester leurs armes, mais en même temps de soutenir Franco en démoralisant une population civile. C’était un acte de répression contre les anti- franquistes. Il y eut 1654 morts, hommes, femmes et enfants, et plus de 800 blessés, sur une population totale d’environ 7000 personnes.

  • Ce bombardement a été longtemps considéré comme le tout premier raid de l’aviation militaire moderne sur une population civile sans défense.

    ELABORATION ET HISTOIRE DU TABLEAU Déjà avant le bombardement, le gouvernement républicain avait commandé à Picasso une grande composition murale, en vue de participer à l’Exposition Internationale de Paris. Le gouvernement de la République pensait ainsi attirer l’attention des gouvernements internationaux sur la situation en Espagne. Picasso vivait déjà à Paris depuis 1901. Horrifié par le bombardement, il se met immédiatement à la réalisation de son œuvre. Il achève le tableau en moins de deux mois. Après la victoire des nationalistes en 1939, le tableau est transféré à New-York. Picasso a toujours refusé qu’il soit ramené en Espagne tant que Franco était au pouvoir. Ce n’est qu’en 1981 que Guernica arrive ne Espagne. Il est aujourd’hui exposé au Musée d’Art contemporain Reina Sofia à Madrid.

  • GUERNICA : ANALYSE ET INTERPRETATION DU TABLEAU - C’est une peinture à l’huile sur toile. - Le tableau mesure 7m 52 de largeur et 3m 51 de hauteur. La toile a donc une forme imposante. Il est impossible de ne pas la voir. .

  • Première impression :

    - Qu’est-ce que vous voyez ? (des personnes, des animaux ?) - Quelles scènes distinguez-vous ? - Les couleurs ? - Eprouvez-vous des impressions, des sentiments? Lesquels ? - Les formes sont-elles réalistes ? - Dans quel sens semblent circuler les regards ?

    COMPOSITION Formes et lignes : On remarque les formes géométriques, qui inscrivent le tableau dans le mouvement du cubisme. Couleurs : Absence de couleurs. Picasso a seulement utilisé le noir, le blanc, le gris. Ces couleurs symbolisent la mort, le deuil. Composition du tableau : Le centre du tableau forme une pyramide . Le tableau se divise en 3 parties.

  • ANALYSE DETAILLEE

  • Le cheval

    D’après Picasso lui-même, il symbolise le peuple républicain espagnol. C’est aussi le symbole du Pays Basque, la région où se situe Guernica. Sa gueule ouverte et sa langue pointue évoquent un cri de douleur. La lance qui le blesse au flanc rappelle celle qui blesse la poitrine du Christ dans de nombreux tableaux religieux. C’est la victime innocente, la liberté assassinée. Le guerrier mort gisant sous le cheval

    Le corps démembré et décapité témoigne de la violence et la brutalité du combat. Ses yeux renversés indiquent la mort . Il tient à la main une épée brisée, dérisoire pour lutter contre les bombes. Elle symbolise la défaite et l’inégalité du combat. (les républicains étaient en effet moins équipés que les nationalistes). La fleur dans sa main représente peut-être un fragile espoir.

  • La mère tenant son enfant mort

    Ses yeux sont en forme de larmes. Son cou tendu, sa bouche ouverte, sa langue pointue comme celle du cheval traduisent la douleur, l’horreur de toutes les guerres. Elle a le regard tourné vers le ciel, d’où sont venues les bombes. Comme pour le cheval, elle rappelle une image traditionnelle : une « Pieta », c’est-à-dire la Vierge à l’enfant. Elle incarne le peuple qui souffre. L’enfant a les yeux vides et la tête pendante. Il symbolise l’innocence assassinée.

  • Le taureau

    L’un des personnages les plus difficiles à interpréter. Il symbolise l’Espagne, à travers la corrida. Il représente aussi le Minotaure, personnage-monstre très présent chez Picasso. C’est le seul personnage qui tourne la tête vers le spectateur. Il semble impassible devant le massacre. Picasso a dit : « Le taureau n’est pas le fascisme, mais il incarne la brutalité et les ténèbres. »

  • La lampe vers le sommet de la pyramide

    Elle domine la scène. Selon quelques interprétations, elle pourrait représenter les bombes qui tombent sur la ville et la domination de l’ennemi. Elle a la forme d’un œil. Ce pourrait être celui du peintre qui regarde et montre la scène. La lumière peut aussi symboliser l’espoir. La tête venant de l’extérieur, le bras qui tend une bougie

    Un visage qui ressemble à un fantôme vient de l’extérieur, d’une fenêtre ouverte au plafond. Il regarde la scène, stupéfait, la bouche ouverte. Un bras tend une bougie. Appartient-il au même personnage ? Ce pourrait être le bras du peintre qui vient faire la lumière (faiblement, avec ses moyens) sur ce qui s’est passé à Guernica. La bougie se trouve en plein sommet de la pyramide. Elle symbolise l’espoir.

  • Le personnage pourrait aussi représenter la République. La femme en flammes à droite, qui lève les bras

    Elle est totalement encerclée par les flammes. C’est une torche vivante. Cela rappelle que des bombes incendiaires ont été larguées sur Guernica et que les civils sont morts brûlés. Les bras tendus en l’air et la bouche grande ouverte de la femme expriment l’horreur et la souffrance. La fenêtre minuscule montre qu’il n’y a aucune évasion possible pour les habitants. Les bras tendus vers le ciel peuvent symboliser une prière, ou un appel à la communauté internationale. Il y a là une référence au tableau de Goya : Tres de Mayo ( Le 3 mai 1808, l’armée napoléonienne qui occupe Madrid exécute les prisonniers espagnols ; le personnage du tableau lève les bras devant la brutalité.)

  • La femme qui rampe par terre, blessée à la jambe

    Son corps penché en avant souffre. Malgré sa jambe déformée, elle avance vers la lumière, vers la liberté. Elle représente les républicains et le peuple qui ne se résigne pas. La colombe C’est le symbole de la paix. Elle s’enfonce dans le noir du tableau, comme si elle disparaissait. Elle a l’aile brisée. La paix n