Et quelquefois j'ai comme une grande idée de Ken Kesey

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Alors que la grve installe Wakonda trangle cette petite ville forestire de lOregon, un clan de bcherons, les Stampers, bravent lautorit du syndicat, la vindicte populaire et la violence dune nature la beaut sans limite. Men par Henry, le patriarche incontrlable, et son fils, lindestructible Hank, les Stampers serrent les rang Mais cest sans compter sur le retour, aprs des annes dabsence, de Lee, le cadet introverti et toujours plong dans les livres, dont le seul dessein est dassouvir une vengeance. Au-del des rivalits et des amitis, de la haine et de lamour, Ken Elton Kesey (1935-2001), auteur lgendaire de Vol au-dessus dun nid de coucou, russit btir un roman poustouflant qui nous entrane aux fondements des relations humaines. Cest Faulkner. Cest Dos Passos. Cest Truman Capote et Tom Wolfe. Cest un chef-duvre.

Transcript

  • KEN KESEYlauteur bouillonnant de

    Vol au-dessus dun nid de coucou

    ET QUELQUEFOIS J AI COMME UNEGRANDE IDE

    Chef-duvre traduit de lamricain

    On sait quun livre est bon quand on ne peut sempcher dy repenser une fois termin. Et quelquefois jai comme une grande ide

    ne quittera pas vos penses avant un moment.

    [PARUTION 3 OCTOBRE 2013]HTTP://TINYURL.COM/KENKESEY

    MONSIEUR TOUSSAINT LOUVERTUREDiffusion & distribution : harmonia mundi

    ET QUELQUEFOIS J AI COMME UNEGRANDE IDE

    KEN KESEY

  • LAUTEUR :Suivre dans ses zigzags la fulgurante trajectoire deKenneth Elton Ken Kesey (1935-2001) entre 1960 et 1967,cest voir se drouler toute vitesse les annes soixante auxtats-Unis, leurs extravagances, leur fantastique dynamisme,leurs navets, et aussi leurs inquitantes drives. N en 1935dans le Colorado, le lgendaire Ken Kesey a grandi dans leNord-Ouest, en Oregon, o son pre monte, au lendemain de laguerre, une cooprative laitire assez prospre. Athltique, avecun vague air de Paul Newman en plus musculeux et trapu, cestun spcialiste de la lutte grco-romaine, discipline dans laquelleil a failli tre slectionn pour les Jeux Olympiques de 1960. Ilarrive dans la baie de San Francisco en 1956, avec une boursepour luniversit Stanford. Lhpital pour anciens combattantsde Menlo Park recrute des cobayes rmunrs pour desexpriences de drogues psychomimtiques. Ken Keseydcouvre les hallucinognes : le LSD, le peyotl, la mescaline. Ilcrit le roman qui va le rendre clbre, Vol au-dessus dun nid decoucou (1962). Avec largent de son succs, il achte, prs de LaHonda, une maison, o il termine son second roman, quilestime tre son chef-duvre, Et quelquefois jai comme une grandeide, paru en 1964. Au printemps de la mme anne, sa vie vacompltement changer de direction. Kesey et sa bande deJoyeux Lurons les Merry Pranksters achtent un vieux busde ramassage scolaire, le peinturlurent de toutes les couleurs,lquipent de hauts-parleurs, et prennent la route de lEst. Auvolant, une vieille connaissance : Neal Cassady, lanciencompagnon de bourlingue de Kerouac. On refait Sur la route,mais dans lautre sens. Ou plutt, on sen repasse le film. Le bustraverse le continent jusqu New York, o se tient alorslExposition Universelle. leur retour, la maison de La Hondadevient le lieu de rendez-vous de toute la culture quoncommence appeler psychdlique. Tom Wolfe racontera sesaventures dans Acid Test, que Gus Van Sant (grand admirateurde Kesey) a le projet dadapter au cinma. Trop jeune pour treun beatnik, trop vieux pour tre un hippie, Ken Kesey taitlembryon dune contre-culture anticonsumriste, totalementlibre, ouvert desprit et tentant par tous les moyens de seconnecter au monde entier pour en prendre la vritable mesure.

    E

  • E T Q U E L Q U E F O I SJ A I C O M M E U N E G R A N D E I D E

    [PUBLIE DANS HISTOIRE DE LA LITTRATURE AMRICAINE]

    PAR JEAN-YVES PTILLON

    . . . .

    Histoire : Et quelquefois jai comme une grande ide a des alluresde premier roman plus ou moins autobiographique. Cette sagafamilialle construite autour dun nud dipien qui rappellebeaucoup lest dEden de Steinbeck. Le vieux Henry Stamperest le patron dune petite entreprise familiale : une exploitationforestire en Oregon. Cde jamais dun pouce , telle est sa de-vise (et le titre britannique de ladaptation de Paul Newman). Illutte contre les crues de la rivire qui rodent ses terres. Mais illutte surtout contre le syndicat des bcherons qui, sous prtexteque la compagnie voisine est en grve, veut lui interdire de livrerson bois. Cest lHomme de lOuest en briseur de grve, un sur-vivant du xixe sicle : on ne lui dicte pas sa loi. Ce patriarche adeux ls. Issu dun premier mariage, Hank est viril, brutal, en-treprenant. Lautre est le fruit de secondes noces, avec une trsjeune femme : Lee, sensible, introverti. Hank est rest danslOuest viril. Lee est parti dans lEst faire des tudes de Lettres.Le conit entre le cadet et son an, le rival quil ne rattrapera ja-mais, se double dun traumatisme dipien. Le roman est un ash-back au cours duquel Lee, revenu dans lOuest, essaie desurmonter tout ce pass. Flottant au-dessus de la rivire, on a at-tach un l barbel le bras dun ouvrier, amput la suite dunaccident. Le majeur lev vers le ciel de ce bras signie, bien en-tendu : Allez tous vous faire foutre .

  • Style : Et quelquefois jai comme une grande ide est plus ancrdans la ralit que Vol au-dessus dun nid de coucous, mais il estaussi dune certaine manire plus ambitieux. Il a t compar auAbsolom, Absolom ! de William Faulkner tant pour le fond quepour la forme. Lhistoire se dploie successivement travers leregard des personnages. Le roman est toujours racont la pre-mire personne, mais ce narrateur change rgulirement, parfoismme dans un mme paragraphe. Dans les premires pages, leprocd peut paratre articiel et un peu confus, mais Kesey lematrise trs bien et laisse toujours des indices pour savoir quiparle. Cela permet lauteur de nous rvler les motivations com-plexes et profondes qui animent les diffrents personnages aumoment mme o ils sont incapables de communiquer correc-tement entre eux. Rapidement, ce procd donne accs uneralit dune rare densit. Observant au plus prs la tension quise noue entre la vrit et linterprtation, on arrive la conclusionquil ny a de perspectives quindividuelles.

    Une autre consquence de ce procd est aussi de mettre lelecteur au centre du texte, le forant apporter dans un pre-mier temps du moins une attention plus soutenue. Il inter-roge lacte mme de lire et offre un contenu plus dense que lepermet un style linaire, un narrateur unique.

  • P R F A C E I M A G I N A I R E[PUBLIE EN 2009 DANS COLLECTION IRRAISONNE

    DE PRFACES DES LIVRES FTICHES]

    PAR THEO HAKOLA

    . . . .

    Theo Hakola, n Spokane (tats-Unis) en 1954, est un artistechanteur, musicien, homme de thtre et crivain amricain tra-vaillant et rsidant en France depuis la n des annes 1970.

    . . . .

    Jtais cheval... lpoque, les voitures taient encore dpour-vues de ceintures de scurit et un garon pouvait emprunter uncheval et partir en promenade cru et sans quipements. Cejour-l, une bande de joyeux lurons avait pris position sur laplage o je galopais et, lorsque je me suis approch deux, ilsmont gentiment propos un verre de jus de fruit, du Kool-Aid.Il faisait chaud. Javais soif. Jai bu...

    Jadis, un jeune Amricain rvolt par les cartes que lui avaitdistribues le destin pouvait rver de senfuir avec le cirque sijamais une troupe passait dans le coin. Mais pas en 1964. Et pasdans mon coin. En revanche, il y avait les Merry Pranksters deKen Kesey qui passaient par limmense plage du Pacique Nes-kowin alors que ma famille fracasse y commettait une tentativede vacances. bord du Furthur, un car de ramassage de 1937reconverti en trait dunion roulant entre les beatniks et le psy-chdlisme entre Sur la route et The Grateful Dead , lesPranksters ne ressemblaient rien que personne navait jamaisvu. Et moi, en cet t 1964, jy voyais avant tout une famille bienplus attrayante que la mienne. (Japprendrais plus tard quils re-venaient alors de New York o Kesey auteur dj clbre pourson Vol au-dessus dun nid de coucou avait d se rendre pour la

  • sortie de son deuxime roman.)Ma dernire vision de cette plage a t celle de Deenut, un

    superbe appaloosa la robe tachet dont chaque anc tait colordunetoile uorescente : rose, pourpre, vert, jaune... Ctaitbeau ! Beau pleurer, mais je me suis dit que je ne pourrais jamaisrendre ce cheval dans cet tat ! Alors je me suis couch sur le toitamnag et sonoris de ce bus et me suis rveill, aux anges, enCalifornie... o Ken, qui tait trs gentil, ma demand si javaisbu du jus de fruit, la veille.

    Oui, ai-je rpondu.Il a secou la tte. Qui est le con qui... Neal ! a va, ctait quand mme pas de la gnle ! gmissait ce

    dernier. Tu vois, Ken, il y avait un cheval. La clef de cette histoire,cest ce cheval. Puis le gosse, tu vois, puis... Mince ! Au Mexique,on dit quun cheval...

    Il tait gentil, Neal, lui aussi, mais il ne pouvait pas sarrterde parler.

    Oh, putain..., soupirait Ken en posant sa grosse patte surmon paule. Avec ses cheveux tire-bouchonnant sur les cts etplutt absents au sommet de son crne, il me faisait leffet dunclown, un Bozo dot dun physique de demi de mle.

    Tas quel ge ? ma-t-il demand. Douze ans, lui ai-je menti. Jsus... On va te... Je veux rester avec vous. Cest pas un cirque, toute cette histoire. Cest quoi, alors ? Cest une fte, ma rpondu Ken, une fte dadultes, mal-

    gr la prsence de ce nase de Neal. Mais lui, il ressemble unadulte alors, pour linstant, on le garde. On le laisse mmeconduire le bus, tandis que toi, on va te ramener avant de nousfaire arrter pour kidnapping, et... Tu diras que tu tes perdu,daccord ? Pour le reste, tu veux bien ne rien dire personne ?Enn, attends au moins une douzaine dannes, daccord ?

  • Daccord , lui ai-je dit.Puis jai attendu 44 ans. Je ne sais pas exactement pourquoi

    peut-tre parce que cette rencontre invraisemblable est devenuedans mon esprit quelque chose de sacr. Javais vite perdu la foidans laquelle javais grandi, mais javais au moins a le souvenirde Kesey et sa bande et son bus, sans parler de Neal Cassady,celui de Kerouac. Vers seize ans jai lu Vol au-dessus dun nid decoucou, ma premire rencontre avec un vrai roman mieuxquun bon dbut, plutt un miracle. Quant aux exploits desMerry Pranksters tels que Tom Wolf les racontera dans Acid Test ;quant toute cette culture de drogus hirsutes, mis part la mu-sique qui en sortait, cela nissait par me sembler plutt futile.

    Ce quon ne dirait pas du deuxime roman de Kesey : Et quel-quefois jai comme une grande ide, roman au titre tir dune chan-son de Leadbelly, Goodnight, Irene...

    Quelquefois jhabite la campagneQuelquefois cest en ville que je visEt quelquef