Fiche technique - Biodiversitأ© : Les arbres أ  conserver ... des petites branches mortes pour certains

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  • Il est couramment admis que près d’un quart des espèces animales et fongiques forestières sont dépendantes du bois mort et des micro-habitats associés, en particu- lier les cavités.

    Les exigences varient selon les espèces, des petites branches mortes pour certains insectes xylophages (longicornes) jusqu’aux grandes cavités remplies de terreau pour d’autres insectes (cétoines).

    L’observation des micro-habitats présents permet d’évaluer l’intérêt potentiel pour la biodiversité et de déterminer les arbres à conserver en priorité lors des martelages.

    Contexte général Le maintien d’arbres disséminés favorables à la biodiversité figure dans les règles de gestion depuis 1993.

    Dès 2006, et dans le cadre de la mise en œuvre de sa certification ISO 14001, l’ONF a affiché en objectif 1.3 de sa politique environ- nementale : « Maintenir une den- sité d’arbres morts, sénescents ou vieillissants favorable à la biodiversité ».

    > L’instruction 09-T-71 sur la conservation de la biodiversité dans la gestion courante en réaffirme l’importance, en l’intégrant dans le principe d’une trame de vieux bois. Une trame qui est destinée à maintenir la biodiversité présente, mais aussi à permettre l’expression de sa dynamique par la mobilité des espèces.

    Cette trame comprend :

    1. les réserves biologiques et réserves naturelles ;

    2. les îlots de vieux bois (sénescence ou vieillissement) ;

    3. des arbres disséminés à conserver pour la biodiversité.

    > Les arbres à conserver pour la biodiversité sont marqués à la peinture chamois, conformément à l’instruction 09-T-69 sur la désignation des coupes.

    − indique les grandes catégories d’arbres à conserver pour la biodiversité ;

    − en rappelle l’intérêt et les mo- dalités de gestion, conformé- ment aux règles en vigueur à l’ONF (directives pour les forêts domaniales, orientations à pro- poser à l’accord du propriétaire pour les autres forêts relevant du régime forestier).

    Les arbres à conserver pour la biodiversité Comment les identifier et les désigner ?

    n°3 Automne 2010

    Fiche technique - Biodiversité :

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    Cette fiche technique...

  • Intérêt potentiel pour la biodiversité, notamment pour les espèces dépendantes du bois mort

    Faible

    Certain

    Majeur pour les espèces sensibles ou rares

    Comment apprécier l’intérêt d’un arbre pour la biodiversité ?

    Les arbres à conserver pour la biodiversité Comment les identifier et les désigner ?

    > 2

    1. Rechercher chaque intérêt potentiel pour la biodiversité

    2. Évaluer l’intérêt potentiel global d’un arbre pour la biodiversité

    L’intérêt potentiel global de l'arbre pour la biodiversité réside dans le cumul théorique des intérêts potentiels liés à ses micro-habitats et habitats d'espèces, selon son état physique.

    Le tableau ci-dessous présente l’intérêt potentiel d’un arbre pour la biodiversité, notamment saproxylique, en fonction de son état sanitaire et de ses diverses caractéristiques :

    Ainsi, par exemple, un arbre mort avec des champignons lignivores et une cavité est potentiellement plus intéressant qu’un arbre mort sans micro-habitat particulier.

    État sanitaire de l'arbre

    Vivant et sain

    Sénescent ou dépérissant

    Mort

    Présence de micro-habitats

    Bois mort (tronc ou grosses branches sèches)

    Champignons lignivores sans objet

    Cavités

    Durables sur les arbres vivants, elles disparaissent rapidement sur les arbres morts

    Certaines espèces sont spécialisées dans l’interface bois vivant – bois mort

    Cavités basses

    en formation

    mature, de grande taille

    Cavités hautes de pics

    une cavité récente

    une ou plusieurs cavités évoluées

    Cavités "naturelles" et fentes

    une cavité de petite dimension

    plusieurs cavités ou une grosse cavité

    Autres intérêts

    Nids de rapace ou d'échassiers : un arbre mort ne présente plus de structure stable pour constituer la base du nid

    sans objet

    Lierre : cette liane constitue un abri et une ressource alimentaire pour les abeilles et les oiseaux

  • 1. Arbres morts

    En forêt de Rambouillet, des recherches ont montré que les Coléoptères rares étaient majoritairement associés aux grosses chandelles de chêne.

    Méthodes et savoir-faire

    Typologie des arbres à conserver pour la biodiversité

    Les arbres à conserver pour la biodiversité Comment les identifier et les désigner ?

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    Les chandelles de résineux sont le support de nombreux polypores, constituant eux-mêmes des micro-habitats pour certains coléoptères

    Les chandelles et volis de chêne avec une expo- sition ensoleillée sont favorables à la colonisation par de nombreux insectes saproxyliques

    > Arbres morts sur pied : chandelle ou arbre sur pied avec absence d’écorce ou fort décollement

    > Arbres morts au sol : chablis, volis ou souche

    > Espèces saproxylophages recher- chant des bois secs, variables selon l’exposition de l’arbre au soleil.

    > Support pour la recherche de nourriture des pics et terrain de chasse favorable aux chiroptères.

    > 3

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    Chablis de hêtre vieux de 4 ans

    Intérêts

    > Le bois mort au sol est plus humide que sur pied et est apprécié par : - les champignons lignivores ; - certaines mousses telle

    Buxbaumia viridis ;

    - des insectes saproxyliques de milieux frais et ombragés tels Rhysodes sulcatus.

    > Les souches de chêne sont l’habitat du Lucane cerf-volant (Lucanus cervus) et constituent également un abri pour la faune vivant au sol : Troglodyte, Salamandre…

    Intérêts

    > Cas général : conserver les arbres isolés tombés au sol depuis plus de deux ans, dont les qualités technologiques du bois sont altérées.

    > Aucun marquage nécessaire.

    Gestion

    > A l’échelle de la parcelle, conserver au minimum 1 arbre sénescent ou mort de plus de 35 cm par hectare. Voir instruction 09-T-71

    > Marquer avec un triangle à la peinture couleur chamois. Voir instruction 09-T-69

    > Valeur bois nulle ou déjà fortement dépréciée.

    > Repérage simple lors des martelages.

    Gestion

    Hêtre décomposé par le champignon lignicole Hericium coralloides

  • Méthodes et savoir-faire Les arbres à conserver pour la biodiversité Comment les identifier et les désigner ?

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    > Arbres à cavité basse : cavité issue de blessures au pied (ancien traitement en taillis, jumelle, frottis…)

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    Cavité basse en formation sur un hêtre, issue de la coupe d’une jumelle.

    > Micro-habitat peu fréquent, les cavités les plus grosses abritant une faune aujourd’hui menacée, notamment le Taupin violacé (Limoniscus violaceus).

    > Abri utilisé par les mammifères (genette, chat sauvage…), lorsque la cavité est de grande taille.

    Intérêts

    > A l’échelle de la parcelle, conserver au minimum 2 arbres vivants pour la biodiversité (à cavités, vieux ou très gros) par hectare. Voir instruction 09-T-71

    > Marquer avec un rond à la peinture couleur chamois. Voir instruction 09-T-69

    > Reconnaissance simple pour les grandes cavités ; effort à fournir

    pour conserver les cavités en forma- tion.

    > Valeur partiellement dépréciée : bois nécessitant une purge dans la partie de plus gros diamètre.

    Gestion

    Cavité basse en développement, suite à une blessure à la base du tronc et à l’action des champignons lignivores.

    2. Arbres sénescents

    3. Arbres à micro-habitats (vivants)

    On trouve plus de micro-habitats dans les vieux arbres sénescents que dans les jeunes arbres dépérissants.

    L’étude des cavités basses en forêt de Grésigne (Tarn) a montré que le traitement en futaie sur souche favorise l’obtention des grandes cavités basses propices au Taupin violacé.

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    Chêne dépérissant en bordure d’une parcelle en régénération

    Chêne sénescent, à descente de cime, branches mortes et caries. Habitat du Grand capricorne

    > Décollements d’écorces, descente de cime, champignons lignivores. Jaunissement du houppier

    > Attrait pour les insectes xylophages primaires (bois non déstructuré).

    > Support pour la recherche de nourriture des pics et terrain de chasse favorable aux chiroptères.

    > Générateur de bois mort, qui permettra le développement des différents cortèges de décompo- seurs.