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Hiver 2009 Le Jumelé | Hiver 2009 1 La Fondation Alex et Ruth Dworkin est fière de soutenir Le Jumelé et sa mission de sensibilisation aux relations interculturelles ANNICK GERMAIN L’auteure est professeur-chercheur titulaire INRS- UCS et Directrice, Centre Métropolis du Québec - Immigration et métropoles Notre modèle d’intégration fait l’en- vie de nombreux pays… peut-être avec un brin d’agacement ! Alors qu’un peu partout l’immigration est vue comme un problème, ici l’intégration semble se faire sans éclat même avec des flux migratoires importants. L es événements de Montréal-Nord auront peut être « rassuré » certains des pays « jalousant » notre modèle (encore qu’il en ait été peu question à l’étranger)… en même temps qu’ils nous auront empêchés de prendre l’intégration des minorités pour acquis. Mais soyons sérieux. S’il est vrai que le Canada et le Québec suscitent de l’intérêt pour leurs politiques d’immigration notamment en Europe et tout particulièrement en Espagne et en Catalogne, où les volumes d’immigration des dernières années sont particulière- ment élevés, il faut dire que notre situa- tion est particulière. Nous augmentons régulièrement nos cibles d’immigration et la géographie du Canada simplifie la vie à bien des fonctionnaires en matière d’immigration clandestine. De leur côté, la plupart des pays européens ont tenté L’intégration au Québec Un modèle mis à l’épreuve ? tant bien que mal de fermer leurs fron- tières depuis de nombreuses années. Bref, les situations ne sont pas comparables. Cela dit, certaines convergences se des- sinent mais il n’est pas sûr que ce soit pour le mieux. Évoquons le nombre croissant de migrants temporaires, bientôt aussi nombreux que les travailleurs sélectionnés. Il y a là un signe qui ne trompe pas et qui montre en tout cas que nous ne contrôlons pas vraiment bien la situation. Notre système de sélection - via une grille de points - semble mis à rude épreuve et comme en Europe, les travailleurs temporaires sont une réalité omniprésente. Ensuite, de nombreux pays européens ont adopté, depuis quelques années, des mesures pour s’assurer de la conformité > suite en page 4 «Fais comme chez toi, mais n’oublie pas que tu es chez moi» NOURREDINE BELHOCINE L’auteur est directeur de la Maison internationale de la Rive-Sud Se conduit-on de la même manière avec un invité et un copropriétaire, fût-il différent ? Les règles ou plutôt l’art, devrais-je dire, de l’hospitalité consistent à honorer l’invité et faire en sorte qu’il se sente quelque peu chez lui, à charge pour lui de respecter très scrupuleusement les règles éta- blies forcément par l’hôte. Avec l’idée que tout ceci est temporaire. Les choses sont quelque peu différentes s’agis- sant des relations qui régissent des co- propriétaires, qui tout en vivant cha- cun chez soi, partagent quand même des parties communes et doivent con- venir d’un minimum de règles à res- pecter, faute de quoi, rien ne tient. Les choses se corsent d’avantage lors- que la personne reçue ne jouit ni du statut d’invité, ni de celui de copro- priétaire. Il y a là une espèce de no man’s land « réglementaire ou nor- matif » que l’on cherche à combler autant que faire se peut, selon nos propres perceptions et préoccupations. Le parallèle est posé. L’immigrant serait celui qui n’est ni invité ni coproprié- taire, pas tout de suite en tout cas, que l’on reçoit parce que l’on aurait besoin de lui, autrement on ne l’aurait pas fait, (à l’exception de l’hospitalité des réfugiés) et avec lequel on ne sait pas trop quoi faire ni comment se com- porter, encore moins ce que l’on attend de lui. L’ équation est posée, à plusieurs incon- nues, qui plus est. Quand tout se passe bien, eh bien, on a tendance à faire comme si de rien n’était. Par contre, s’il y a remous, on commence à s’inquiéter, à essayer de comprendre, à discuter, voire à désigner un fautif dans les cas extrêmes. En tout temps et dans toutes les sociétés, on a exorcisé les peurs collectives en désignant un coupable. Faute de faire bien, les États confrontés à la diversité culturelle et ethnique font de leur mieux, tant les modèles censés les inspirer ont assez largement déçu. Convenons d’em- blée que la situation est fort complexe. > suite en page 11 Alain Thibault Hiver 2009 édition spéciale p. 3 p. 4 p. 5 p. 6 p. 7 p. 8 p. 13 p. 14 p. 10 p.9 p.12 Un modèle ambitieux à parfaire Rejeter le manichéisme du multiculturalisme La poursuite d'égalité: une histoire sans fin L’immigration dans le Sud-Ouest: le défi de l'intégration Identité d'un soir Dans le quartier Ahuntsic Différencier le danger Témoignages de réfugiés Le public au rendez-vous De la survie à la vie L’intégration des nouveaux arrivants en Outaouais Services publics et communautaires Enjeux en Montérégie Famille immigrante La réalité des pères, qu’en savons-nous? L’embauche d’immigrants Un choix d’investissement durable «Mieux vivre ensemble» Quartier Hochelaga-Maisonneuve 6 Quand 150 pays se croisent La diversité à l'UQAM 8 La régionalisation, avec raison 10 Les jeunes de la Maisonnée 13

Hiver 2009 Hiver 2009 édition - Table de concertation des ...tcri.qc.ca/images/publications/le-jumele/Le_Jumele__hiver_2009.pdf · 2 Le Jumelé | Hiver 2009 Agir pour intégrer,

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  • Hiver 2009

    Le Jumel | Hiver 2009 1

    La Fondation Alex et Ruth Dworkin est fire de soutenir Le Jumel et sa mission de sensibilisation aux relations interculturelles

    ANNICK GERMAINLauteure est professeur-chercheur titulaire INRS-UCS et Directrice, Centre Mtropolis du Qubec -Immigration et mtropoles

    Notre modle dintgration fait len-vie de nombreux pays peut-tre avecun brin dagacement! Alors quun peupartout limmigration est vue commeun problme, ici lintgration semblese faire sans clat mme avec des fluxmigratoires importants.

    Les vnements de Montral-Nordauront peut tre rassur certains despays jalousant notre modle (encorequil en ait t peu question ltranger)en mme temps quils nous aurontempchs de prendre lintgration desminorits pour acquis. Mais soyonssrieux.Sil est vrai que le Canada et le Qubecsuscitent de lintrt pour leurs politiquesdimmigration notamment en Europe ettout particulirement en Espagne et enCatalogne, o les volumes dimmigrationdes dernires annes sont particulire-ment levs, il faut dire que notre situa-tion est particulire. Nous augmentonsrgulirement nos cibles dimmigrationet la gographie du Canada simplifie la vie bien des fonctionnaires en matiredimmigration clandestine. De leur ct,la plupart des pays europens ont tent

    Lintgration au QubecUn modle mis lpreuve?

    tant bien que mal de fermer leurs fron-tires depuis de nombreuses annes. Bref,les situations ne sont pas comparables. Cela dit, certaines convergences se des-sinent mais il nest pas sr que ce soitpour le mieux.

    voquons le nombre croissant de migrantstemporaires, bientt aussi nombreux queles travailleurs slectionns. Il y a l unsigne qui ne trompe pas et qui montreen tout cas que nous ne contrlons pasvraiment bien la situation. Notre systmede slection - via une grille de points -

    semble mis rude preuve et comme enEurope, les travailleurs temporaires sontune ralit omniprsente.Ensuite, de nombreux pays europens ontadopt, depuis quelques annes, desmesures pour sassurer de la conformit

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    Fais comme chez toi, mais noublie pas que tu es chez moiNOURREDINE BELHOCINELauteur est directeur de la Maison internationalede la Rive-Sud

    Se conduit-on de la mme manireavec un invit et un copropritaire,ft-il diffrent? Les rgles ou pluttlart, devrais-je dire, de lhospitalitconsistent honorer linvit et faireen sorte quil se sente quelque peuchez lui, charge pour lui de respectertrs scrupuleusement les rgles ta-blies forcment par lhte. Avec lideque tout ceci est temporaire. Les chosessont quelque peu diffrentes sagis-

    sant des relations qui rgissent des co-propritaires, qui tout en vivant cha-cun chez soi, partagent quand mmedes parties communes et doivent con-venir dun minimum de rgles res-pecter, faute de quoi, rien ne tient.Les choses se corsent davantage lors-que la personne reue ne jouit ni dustatut dinvit, ni de celui de copro-pritaire. Il y a l une espce de nomans land rglementaire ou nor-matif que lon cherche comblerautant que faire se peut, selon nospropres perceptions et proccupations.

    Le parallle est pos. Limmigrant seraitcelui qui nest ni invit ni copropri-taire, pas tout de suite en tout cas,que lon reoit parce que lon auraitbesoin de lui, autrement on ne lauraitpas fait, ( lexception de lhospitalitdes rfugis) et avec lequel on ne saitpas trop quoi faire ni comment se com-porter, encore moins ce que lon attendde lui.

    Lquation est pose, plusieurs incon-nues, qui plus est. Quand tout se passebien, eh bien, on a tendance faire

    comme si de rien ntait. Par contre, sily a remous, on commence sinquiter, essayer de comprendre, discuter, voire dsigner un fautif dans les cas extrmes.En tout temps et dans toutes les socits,on a exorcis les peurs collectives endsignant un coupable. Faute de fairebien, les tats confronts la diversitculturelle et ethnique font de leur mieux,tant les modles censs les inspirer ontassez largement du. Convenons dem-ble que la situation est fort complexe.

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    Hiver 2009ditionspciale

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    p.12

    Un modle ambitieux parfaire

    Rejeter le manichismedu multiculturalisme

    La poursuite d'galit:une histoire sans fin

    Limmigration dans le Sud-Ouest:le dfi de l'intgration

    Identit d'un soirDans le quartierAhuntsic

    Diffrencier le dangerTmoignages de rfugis

    Le public au rendez-vous

    De la survie la vieLintgration des nouveaux arrivantsen Outaouais

    Services publics et communautairesEnjeux en Montrgie

    Famille immigranteLa ralit des pres,quen savons-nous?

    Lembauche dimmigrantsUn choixdinvestissement durable

    Mieux vivre ensembleQuartier Hochelaga-Maisonneuve 6

    Quand 150 pays se croisentLa diversit l'UQAM 8

    La rgionalisation, avec raison 10

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  • Le Jumel | Hiver 20092

    Agir pour intgrer, laction communautaire au cur de laccueil des immigrants.

    Le Jumel, la croise des cultures, souhaiteouvrir un dialogue entre les personnes immi-grantes et celles issues de la socit daccueil.Il vise encourager la tolrance en matire depluralit sociale, culturelle, religieuse, histo-rique et coutumire.

    Toute personne peut soumettre un texte auJumel afin quil soit diffus. Nanmoins, LeJumel ne peut sengager diffuser tous lestextes quils reoit. Par ailleurs, Le Jumel serserve le droit de rduire la longueur des textesqui lui sont proposs, de supprimer certains pas-sages jugs offensant ou superflus, et de refor-muler certaines phrases ou sections de textespouvant conduire des erreurs dinterprtation.

    Bien que toutes les prcautions aient t prisespour assurer la vracit des informations con-tenues dans Le Jumel, il est entendu que lesditeurs ne peuvent tre tenus responsables deserreurs issues de leur utilisation. Les auteurs desarticles publis dans Le Jumel conserventlentire responsabilit des thories ou desopinions quils mettent dans leurs textes.

    Le JUMEL, la croise des cultures518, rue Beaubien Est Montral (Qubec) H2S 1S5Tlphone: 514-272-6060 poste 209Tlcopieur: 514-272-3748Courriel : [email protected] web: www.tcri.qc.ca/jumele.html

    diteurs TCRI et SEIIM www.tcri.qc.caUne co-dition de la Table de concertation desorganismes au service des personnes rfugieset immigrantes et du Service dducation etdintgration interculturelle de Montral.

    Rdactrice en chefBlandine Philippe

    JournalistesManuelle Ann Boissonneault, Andr Desroches,Ferdinand Mayega, Benjamin Vachet

    Rdacteurs(trices) et collaborateurs(trices)ric Bdard, Nourredine Belhocine, FlorenceBourdeau, Malle Bourguignat, HamiltonCidade, Fabien Cornu, Slim Daouzli, JohanneDoyon, Sad Fenaoui, Mahnaz Fozi, AnnickGermain, Marion Gouiry, Julie Jeannotte, StellaKukuljan, Laura Noyer, Marie-Josphe Pigeon,Stephan Reichhold, Pascale Romain, PaolinaRoman, Franois Vaillancourt.

    Rfrences Rivka Augenfeld, Marie-Jose Duplessis

    Soutien logistiqueEstelle Gravel, Giovanni Fiorino

    Photographe Alain Thibault

    Conception graphiqueCaroline Marcant - zigomatik.ca

    ImpressionHebdo Litho

    Tirage certifi AMECQ10 000 exemplaires

    Distribution Courrier A & A

    Droits dauteur Toute reproduction des textes, des illustra-tions et des photographies du Jumel est inter-dite sans une autorisation crite des diteurs.

    Dpt lgalISSN 1495-6276Bibliothque Nationale du QubecBibliothque Nationale du CanadaJanvier 2009

    Bien quil y ait eu de nombreux dbats et discussions surlimmigration, connaissons-nous vraiment les forces et leslimites du modle dintgration dvelopp au Qubec quisappuie essentiellement sur laction communautaire?

    La Rencontre nationale 2008 des organismes de services auprsdes personnes rfugies, immigrantes et sans statut fut unvnement organis par la TCRI1 les 4 et 5 dcembre derniers.Son but tait de faire connatre et reconnatre le travail desorganismes communautaires qui soutiennent lintgration desimmigrants2, de mobiliser ce secteur et dinviter les diffrentspartenaires. On peut dores et dj conclure du succs delvnement. Prs dun millier de personnes de tous horizons ontparticip aux dix-sept activits et rendez-vous organiss par lesorganismes, dans diffrentes rgions du Qubec, notammentdans la grande rgion de Montral. Cest tout un rseau com-munautaire qui sest mobilis dans le but de faire valoir et fairereconnatre le travail et lexpertise dvelopps depuis troisdcennies par les organismes regroups au sein de la TCRI.

    Lide et la dcision de tenir cette Rencontre nationale ont surgi lautomne 2007 durant les dbats entourant la commissionBouchard-Taylor, lorsquapparut dans lopinion publique lesentiment quil ny avait pas ou peu de services pour les immi-grants et que le Qubec les intgrait mal. Nous nous sommesrendus compte du peu de notorit et de reconnaissance dontbnficie le rseau des organismes communautaires quiuvrent auprs des personnes immigrantes. Actuellement,les organismes de la TCRI desservent environ 50000 person-nes par anne, mais les ressources disponibles ne suffisentpas, cest un fait. La demande et le besoin de soutien de la partdes immigrants dpassent largement loffre, et la populationqubcoise est gnralement peu sensibilise aux alas delimmigration. Or, notre rseau a dvelopp des pratiques et desapproches novatrices, adaptes aux personnes dorigines cul-turelles et sociales trs diverses, qui donnent des rsultatsmais qui sont malheureusement encore peu reconnues et pasassez soutenues. Il sagit de 132 organismes, membres de laTCRI, actifs dans la plupart des rgions du Qubec et dont ladevise est simple : Agir pour intgrer. Mais aujourdhui, unenouvelle tape se dessine, au cours de laquelle il va falloirfaire plus et mieux, tre plus cratifs et surtout trs per-svrants.

    Nous constatons galement que nous devons renforcer etdvelopper les partenariats, aller plus loin dans le dveloppe-ment et lexprimentation. Pour dbattre et rflchir ensem-ble de ces questions, plus de 250 personnes se sont retrouvesrunies le 5 dcembre la Bibliothque nationale : inter-venants et responsables des organismes dintgration, maisaussi partenaires gouvernementaux, institutionnels, commu-nautaires et du secteur priv.

    Dans cette dition du Jumel, les questions touchant au cadrethorique et politique des aspirations du Qubec en matiredimmigration sont revues et dveloppes par les panlistes quiont particip au dbat public. Leurs points de vue, analyses etperspectives soutiennent lappel lanc nos partenaires pouraller plus loin, pour travailler ensemble dans le respect et lareconnaissance de nos expertises respectives si riches et varies,toujours au bnfice des personnes rfugies et immigrantesqui ont choisi le Qubec comme terre daccueil.

    Le dfi, pour celles et ceux qui travaillent dans le large champde limmigration, est de crer un environnement, des serviceset du soutien, propices lintgration des nouveaux arrivants.Lors de ces rencontres rgionales et locales, les organismescommunautaires ont tenu des journes portes ouvertes, orga-nis des confrences, des dbats et des changes : les thmesportaient principalement sur les bonnes pratiques et les actionsgagnantes. Nous en revisitons un certain nombre dans cettedition spciale du Jumel.

    Si nous parvenons nous entendre sur des stratgies et des col-laborations pour faciliter cet important travail qui nous tient cur, alors changer le cours des choses est toujours possi-ble. Des collaboratrices et collaborateurs tmoignent ici dece qui est fait et de ce quil reste faire pour que le Qubecpuisse accueillir et intgrer avec discernement toutes ces per-sonnes, ces familles, ces jeunes, ces femmes, ces professionnelsqui veulent tre partie prenante de la socit qubcoise.

    Bonne lecture ! n

    Hiver 2009ditionspciale

    dito

    1-TCRI: Table de concertation des

    organismes au service des personnes

    rfugies, immigrantes et sans statut.

    2-Le terme immigrants inclut

    toutes les personnes immigrantes

    indpendamment de leur statut.

    Stephan ReichholdDirecteur TCRI

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    Agir pour intgrer,laction communautaire au cur de laccueil des immigrants.

    Au cur de laccueil des immigrantsUn modle ambitieux parfaireFERDINAND MAYEGA ET BENJAMIN VACHETLes auteurs sont journalistes indpendants

    Dans un dbat sans concession o chacun aura jou sa partition avec brio,dfendant ses arguments avec talent et conviction, les panlistes se sont finale-ment accords sur une chose: il nexiste pas de formule magique lintgration.Et bien quimparfait, le modle qubcois par son ambition, mrite encore la con-fiance pour peu quon lui donne les moyens de sa russite.

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    Anime de mains de matre par LoKalinda, journaliste Radio-Canada, larencontre entre lhistorien ric Bdard, lephilosophe Daniel Weinstock, lavocateJohanne Doyon et le directeur de la Maison internationale de la Rive Sud,Noureddine Belhocine aura pris desallures de dbat tlvis. Un vrai roundde campagne lectorale o les idesfusent, les arguments rebondissent sur unrythme propre ne jamais lasser. Le mo-dle qubcois dintgration fait parler. Mais justement, quel est-il ce fameuxmodle qubcois ? Il se situe mi-chemin entre le modle rpublicain lafranaise et son oppos multi-cultura-liste anglo-saxon, rpond NoureddineBelhocine. Unique en son genre, il sebase sur la volont de prendre le meilleurdes deux modles dont il sinspire, touten profitant du recul historique pour nepas en commettre les erreurs. Sil peut pencher dun ct ou de lautre,selon le contexte et les temps de lhis-toire, ric Bdard rappelle que cestfinalement la structure de la socit,avec une majorit francophone et deuxminorits autochtone et anglophone,qui en a conduit la ncessit. Peut-tre, mais il fait des envieux etpourrait bien inspirer des pays euro-pens enferms dans leurs modles ob-soltes , semble rpliquer un membredu rseau communautaire dans unecourte squence vido. Car le choix deconfier la responsabilit de lintgrationaux rseaux des organismes commu-nautaires fait galement partie de sesparticularits.

    Lemploi comme consensusAvec de telles prcautions, o est-ce quele bt blesse, alors? Simplement parceque la thorie nest pas conforme lapratique. Malgr les beaux discours, lavolont politique fait dfaut. Mme si,comme le souligne Daniel Weinstock, lintgration est avant tout affaire derelation entre citoyens, comment se sa-tisfaire que dans une socit multicul-turelle les communauts soient absentesdes bureaux municipaux, des effectifs depolice et si peu prsentes dans la fonctionpublique en gnral?, sinterroge Nou-reddine Belhocine. Et comment expli-quer ce silence assourdissant de la ville de Montral sur le dossier de lintgration,alors quelle est une mtropole particu-lirement concerne, rapporte AnnickGermain, de lInstitut National de la re-cherche Scientifique.

    Peut-tre parce que lintgration et soncorollaire, limmigration, sont devenuesdes enjeux politiques majeurs manieravec dextrit et donc prcaution.Depuis le 11 septembre, beaucoup dechoses ont chang , explique MatreDoyon, qui en connat un rayon pourtravailler sur le dossier dAdil Charkaoui.Cet vnement a conduit un reculdu droit pour les immigrs. Aujourdhui,le principe de tous gaux devant la loinest plus toujours vrai . De quoi crerdeux catgories de citoyens et renforcerles mfiances et les prjugs.Quel que soit le modle, peu importe lemodle, lintgration passe avant toutpar lemploi, saccordent les panlistes.Montral possde sans doute les chauf-feurs de taxi les plus instruits du monde,ironise Daniel Weinstock. Mais commentparler dintgration quand justement lespersonnes slectionnes pour leurs di-plmes et leur comptences profession-nelles ne peuvent exercer leur mtier,se retrouvent confronter linvaliditde leurs diplmes et acquis profession-nels? Cela nourrit rancurs et frustra-tions, terres fertiles pour la dlinquanceet linscurit, rappelle Noureddine Bel-hocine, sans oublier la tentation du replicommunautaire.

    Rester modeste Certains ne veulent pas sintgrer ,lance, un rien provocateur, ric Bdardqui refuse de naccuser que la seule so-cit daccueil. Pour se faire, il imagineraitun contrat, passible de pnalits en casde non-respect. Les immigrants ont ungros dfi relever, comme la matrise dela langue dusage, savoir le franais, etlintgration aux valeurs qubcoises,assne-t-il. Mais le Qubec choisit lui-mme ses immigrants et la langue mater-nelle fait partie des critres de ce choix.Et puis, encore faudrait-il pouvoir dfinirces valeurs, rebondit Noureddine Bel-hocine, car elles sont plurielles embrayeDaniel Weinstock. Face tous ces dfis, il faut rester mo-deste avec notre modle , tempreAnnick Germain. Et attendre les deuxi-mes gnrations pour voir si le travail apay. Pour ce faire, la sensibilisationincombe aux pouvoirs publics afin delutter contre les prjugs, comme dex-pliquer que le Qubec a besoin de cesimmigrants, et que la majorit veut sin-tgrer. Cela prend beaucoup de couragepour immigrer, rappelle ric Bdard. Il esttoujours bon de le rappeler. n

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    Agir pour intgrer, laction communautaire au cur de laccueil des immigrants.

    > Suite de la page 1

    Un modle mis lpreuve?culturelle de leurs immigrants, imposantdes preuves linguistiques, exigeant desconnaissances sur le pays daccueil, mul-tipliant les actes de dfiance vis--vis dediverses valeurs culturelles des nouveauxvenus, commencer par la religion, etc. Si par ailleurs lUnion europenne a d-velopp des outils et des orientationsintressantes pour contrer les discrimi-nations, plusieurs observateurs euro-pens ont not un durcissement despolitiques nationales. Dans plusieurs cas,ces mesures conditionnent laccs desservices, un logement social, quand ilne sagit pas de laccs au pays ou lacitoyennet.

    De notre ct, nous nous proccuponsde plus en plus et juste titre, de lint-gration des nouveaux arrivants sur lemarch du travail. Mais chez nous aussisouffle un vent trange que jai appellexigence de conformit culturelle. Toutle monde a bien lesprit la rcenteproposition du MICC1 relativement len-gagement lgard des valeurs com-munes qubcoises, initiative dnoncepar la TCRI2. Mais ce nest peut-tre quela pointe de liceberg (oui, il en reste,malgr le rchauffement climatique!). Une recherche comparative mene sur

    deux quartiers de Bruxelles et de Mont-ral a veill nos soupons : les com-mentaires des divers intervenantsrecueillis tant dans la fonction publiqueet para-publique quedans les milieux po-litiques et dans cer-taines associationstmoignaient duneproccupation pourdes questions de dis-tance culturelle qui avaient souvent pour effet de relguer au second plan lesproccupations (et mme la compas-sion) pour les problmes sociaux ren-contrs par les immigrants et pluslargement par les minorits. Nos inter-locuteurs dcrivaient longuement les uset coutumes tranges pour ne pas direbarbares des nouveaux venus, avant denous parler de leurs conditions de vieprcaires.Or, en pratique, le modle qubcois dac-cueil et dintgration repose en bonnepartie sur les paules des organismescommunautaires, ce quon ne dit passouvent dans certains cercles. Et nouspourrions fort bien nous retrouver devantune situation inconfortable si se dve-loppe un cart entre dune part les atti-tudes prvalant dans le milieu des

    organismes communautaires travail-lant au service des immigrants (et desrfugis) et dautres part celles qui cir-culent dans les autres milieux concerns

    par les questions dim-migration. Nassiste-t-on pas de manireimplicite deux dis-cours sur limmigra-tion? Pourquoi cettedivergence est-elle

    probable ? Parce que les organismescomme ceux regroups au sein de la TCRIsont bien placs pour connatre les pro-blmes dans lesquels se dbattent lesnouveaux arrivants, ce qui leur confregnralement un certain sens du prag-matisme, alors que dans dautres milieuxon raisonne plus volontiers en termes deprincipes et de normes.Bref, la prudence simpose quand il estquestion des vertus de notre modle dim-migration. Si linsertion sociale des nou-veaux arrivants pose moins de problmesquailleurs, il y a lieu de rester vigilants etde veiller au bon quilibre entre unevision des contributions de limmigration la socit qubcoise et une connais-sance des problmes pratiques que ren-contrent les immigrants et plus largementles minorits culturelles. n

    Chez nous aussi souffle un vent trange

    que jai appel lexigence de conformit

    culturelle.

    1-MICC: Ministre de limmigration et des communauts culturelles. | 2-TCRI: Table de concertation des organismes au services des personnes rfugies, immigrantes et sans statut.

    !RIC BDARDLauteur est historien et professeurUniversit du Qubec Montral (TLUQ)

    Rejeter le manichisme du multiculturalisme!

    Cest quau cur de la communautpolitique qubcoise, il existe bel et bienune majorit historique, forme desdescendants des premiers colons franaiset de toutes celles et de tous ceux qui, aufil des sicles, ont bien voulu prendrepart cette grande aventure franaiseen Amrique. Les membres de ce fameuxNous tant vilipend sont attachs leur histoire. Ils participent galementdune histoire occidentale plus large,marque par la culture et les traditionschrtiennes qui ont fcond les valeurslibrales et dmocratiques.

    mon humble avis, ce soupon de fer-meture desprit, de xnophobie, sinon deracisme qui pse sur cette majorit his-torique est injuste et choquant. Les habitants du Qubec, quils soient lesQubcois modernes daujourdhui oules Canadiens franais traditionnels dhier, nont aucune leon de tolrance recevoir de quiconque. Les rapportsdes premiers colons franais avec les

    amrindiens furent beaucoup plus cor-diaux que ceux quentretinrent les Espa-gnols ou les Anglo-amricains avec lesPremires Nations ; le Bas-Canada futlune des premires colonies britanniques accorder des droits politiques aux Juifs;de nombreuses familles canadiennes-franaises adoptrent des orphelinsirlandais qui fuyaient la grande famine de 1847; des Italiens,des Hongrois , desChiliens, des Hatienstrouvrent, ds leurarrive, des Qubcoisgnreux et pleins desollicitudes pour lesdrames qui se vivaientdans ces lointaines contres.

    Les grands rcits sur la Rvolution tran-quille des annes 1960 omettent sou-vent de mentionner que, parmi lesgrandes rformes inities par le gouver-nement de lUnion nationale, en 1968, ily eut la cration dun Ministre de lIm-

    Au cours des dernires annes, la majorit franco-qubcoise a t passablementmalmene. Les habitants dHrouxville et, travers eux, tous ces Qubcoisfrancophones qui vivent loin du cosmopolitisme branch de la grande ville, ontt ridiculiss. En prsentant la crise des accommodements raisonnables comme le symptme dun malaise identitaire et en stigmatisant les vieux rflexesde minoritaires canadiens-franais, les conclusions du rapport Bouchard-Taylorallrent malheureusement dans le mme sens.

    migration et le dveloppement des Cen-tres dorientation et de formation desimmigrants (COFI), malheureusementabolis plus tard par ceux-l mmes qui sefirent les ardents partisans de louver-ture lautre. Ministre de lImmigrationdu Parti Qubcois, Jacques Couture fitmontre dune grande ouverture despriten accueillant les boat people qui fuy-aient le totalitarisme de Pol Pot et desKhmers rouges.

    Les ractions spontanes contre le juge-ment de la cour suprme sur le port dukirpan et les autres formes daccom-modements draisonnables, de mmeque les audiences de la Commission

    Bouchard-Taylor, ontmontr que cettemajorit historiquerejetait massivementle multiculturalismecanadien, une philo-sophie politique quecertains intellectuels

    progressistes qubcois tentent dim-porter sous le nom dinterculturalisme.Quil sagisse de multi ou dinter cul-turalisme, cette philosophie reste essen-tiellement la mme: placer sur le mmepied toutes les cultures sur le marchdes appartenances identitaires, nier aux

    Je crois quon peut rejeter ce pluralisme intgral

    qui a tendance nier la pesanteur des cultures

    et des traditions sans pourautant tre intolrant.

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    > suite ci-contre en haut

    Annick Germain

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    Agir pour intgrer,laction communautaire au cur de laccueil des immigrants.

    majorits historiques quelque prdo-minance, fonder lappartenance la communaut politique sur des chartesuniverselles et abstraites.

    Je crois quon peut rejeter ce pluralismeintgral qui a tendance nier la pe-santeur des cultures et des traditionssans pour autant tre intolrant. On peutrejeter cette philosophie du multicul-turalisme sans pour autant se fermer lautre. Si une majorit de Canadienssemblent avoir dcid de renier leur his-toire, sils semblent parfois avoir tournle dos leurs traditions britanniques etfranaises, en adoptant le chartisme lamricaine, le Qubec nest pas obligden faire autant.

    Les nouveaux arrivants doivent aussiraliser que le multiculturalisme, loindtre la noble philosophie douvertureque lon croit, a t une politique mise enuvre par le Parti libral du Canada envue de fidliser un lectorat. Le multi-culturalisme dun Jean Chrtien ntaitrien dautre quun clientlisme, quunemanire dacheter le soutien des leadersde communauts qui ne reprsentaientpas toujours les vritables intrts deleurs commettants. bien des gards,les politiques du multiculturalisme ontt des outils au service dun tat centralqui cherchait discrditer les sainesambitions de la nation qubcoise.Opposer, de manire caricaturale et ma-nichenne, louverture des Canadiens la fermeture des Qubcois a t unestratgie de communication efficacepuisquelle continue de placer ces der-niers sur la dfensive. Au lieu dexpli-quer les dolances de ltat du Qubec,les Qubcois doivent constammentrejeter les accusations d ethnicismequi psent sur eux. n

    La poursuite dgalitUne histoire sans fin ME JOHANNE DOYONLauteure est avocate spcialise en droit de limmigration et citoyennet Montral.

    Au Canada et au Qubec, tous sont biengaux devant la loi.

    La loi ne fait acception de personneet sapplique galement tous

    Toute personne a droit la recon-naissance et lexercice en pleine galitdes droits et liberts de la personne

    Chacun a droit la vie, la libertet la scurit de la personne; il ne peuttre port atteinte ce droit quen con-formit avec

    Chacun a les liberts fondamen-tales suivantes libert de conscien-ce d op in ion d express iondassociation.

    En ralit, le droit lgalit sarrte,aujourdhui plus que jamais, aux portesdes agents de ltat chargs de lappli-cation de la loi et quelques fois aussi, la table de travail du lgislateur qui neprotge pas suffisamment par les lois,les trangers, rsidants permanents oucitoyens naturaliss de ce pays, ces cha-cuns l, que les articles 2, 7 et 15 de laCharte canadienne des droits peinenttant protger, on ne sait pas troppourquoi, contre les pires atteintes quisoient.

    En effet, les temps actuels apparaissentmarqus par un recul gnralis durespect des droits substantiels des per-sonnes immigrantes. Une srie dobser-vations nous permettent de relever desreculs majeurs en terme de droits :

    Recul de la libert dopinion,dexpression et de culte.La demande duniformisation des valeurspour les immigrants par lacte den-gagement sur les valeurs communesqubcoises annonce le 29 octobre2008 ; les mesures de contrle multi-plies pour les immigrants dont la sub-tile carte de rsident ayant permis lEtat dobtenir, mine de rien, une pa-noplie de renseignements personnels et de dtails sur la vie prive ; les en-qutes insistantes dans la communautmusulmane ; lincitation la dlationdans les enqutes dimmigration; le pro-filage sont autant dlments con-courant certainement augmenter lescraintes pour les personnes appartenantau groupe vulnrable des immigrants etcitoyens naturaliss, en particulier pourcelles ayant des opinions moins popu-laires parmi la population ou pour lesopposants dans leur pays dorigine.

    Recul du droit la protectionde sa vie, de sa libert et desa scurit. Dans le cas des rfugis, on note un accs lasile de plus en plus restreint, notam-ment par laccord des tiers pays srs, parle maintien de la possibilit de renvoivers la torture; par lexcution de renvoismalgr des demandes au contraire duComit contre la torture en 2007, alorsque la menace de torture est un crime auCanada; par la dtention arbitraire sanscontrle indpendant des dcisions ministrielles, au motif didentit ; parlarmement des agents de lASFC (agencedes services frontaliers du Canada) et parlexcution plus serre de la loi en vue desexpulsions.

    Recul du droit lapplicationrgulire de la loi.Nouvelle loi sur les certificats de scurit;preuve secrte admissible contre desdtenus et dni du droit laudiencepublique et quitable par la section 9 dela Loi sur limmigration et la protectiondes rfugis (LIPR) devant toute les sec-tions de la Commission de limmigrationet du statut de rfugi (CISR); absence dedroit dappel pour les rfugis; droit dap-pel limit pour les rsidents ; perte ducontrle des moyens de dfense et de laprsentation de sa preuve devant la CISR;prjugs tenaces; etc.

    Recul du droit de circulation.Des listes injustifiables en labsence demesures datteinte minimale ont fait leurapparition, telles ces listes canadiennes depersonnes dsignes interdites de vol oules no fly list et qui affectent surtoutles communauts immigrantes. Le dcretsur les passeports permet galement,arbitrairement, de refuser la dlivrancedun passeport en se basant sur une opi-nion ministrielle au motif de scuritnationale.

    Voici brivement expose, une partieseulement de la ralit ngative que l-tranger, puis limmigrant et le citoyennaturalis doivent affronter quand ilsrelvent le dfi de sintgrer au Qubec.Ceci en particulier pour les personnesissues de la communaut musulmane etqui sont pratiquantes, cibles faciles desstrotypes et parfois victimes colla-trales de la guerre au terrorisme.

    Cest pourquoi lintgration ne peutqutre favorise par des programmesdinformation la population pourdconstruire les mythes, les prjugs etles strotypes et pour permettre auximmigrants daccder au travail. Car malgr certains reculs observs, ilfait bon vivre chez nous, grce cettevolont collective dgalit et la cri-tique continue des mesures tatiquesinjustifies affectant les immigrants etqui sont formules par le travail et lesoutien des personnes engages au seindes dorganisations comme le TCRI et leCCR1. n

    1-Conseil canadien pour les rfugis.

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    > Rejeter le manichisme du multiculturalisme!

  • Le Jumel | Hiver 20096

    Agir pour intgrer, laction communautaire au cur de laccueil des immigrants.

    Limmigration dans le Sud-Ouest: le dfi de lintgrationANDR DESROCHESL'auteur est journaliste la Voix Pop.

    Le visage du Sud-Ouest de Montral a chang au cours des dernires annes.Des immigrants sy sont installs, modifiant la composition des quartiers. Com-ment ces personnes vivent-elles leur intgration? Quels sont leurs besoins? LeComit dducation aux adultes de la Petite-Bourgogne et de Saint-Henri(CEDA) et son quipe de soutien aux personnes immigrantes ont invit la com-munaut rflchir ces questions lors dune journe inscrite sous le thme Lim-migration dans le Sud-Ouest : dfi intgration.Plusieurs personnes ont pris part ce moment dchange et de partage surcette ralit: intervenants, lus, rsidants, personnes immigrantes.

    Lactivit tait organise dans le cadrede la Rencontre nationale 2008 de laTable de concertation des organismesaux services des personnes rfugies,immigrantes et sans statut. Le but decette rencontre tenue simultanment par19 organisations travers le Qubec taitde faire connatre et reconnatre le tra-vail des organismes communautaires quisoutiennent lintgration des immigrants.

    On a bross un portrait global de limmi-gration dans le Sud-Ouest. On a voqules dfis qui attendent la personne immi-grante, notamment en ce qui concerne lafrancisation et lemploi. Des immigrantsont tmoign de leur exprience.

    Le visage du Sud-Ouest a beaucoupchang en dix ans , note Jos-MariaRamirez, intervenant membre de lquipede soutien aux personnes immigrantesdu CEDA. Alors que jusquaux annes1990 la population tait largement for-me de Qubcois de souche, dAfro-amricains et de descendants Irlandais,aujourdhui on y trouve des rsidants quiviennent du Chili, du Salvador, du Congo,du Vietnam, de Chine, signale M. Ramirez.

    Les Congolais, Chinois et Bengalis cons-tituent les communauts les plus impor-tantes, prcise-t-il.

    Le systme daccueil et dintgration desimmigrants du Qubec est bien, mais ilpourrait y avoir des amliorations, estimeM. Ramirez. Il cite le dfi de lemploi. Desordres professionnels souvrent aux im-migrants, donne-t-il en exemple, maisdautres demeurent relativement fermsou imposent des exigences importantes.

    Oui, pour la personne immigrante, ledfi est complexe , constate LindaLozeau, conseillre en emploi au Re-groupement conomique et social duSud-Ouest (RESO). Il se peut que lechemin soit plus long que ce que lonavait prvu au dpart, dit-elle tout enformulant une rgle dor lintentiondes immigrants: allez chercher de laideauprs dorganismes en employabilit.

    En ce qui concerne la francisation, essen-tielle pour une bonne intgration, desbesoins sont combler dans le Sud-Ouest, explique Jos-Maria Ramirez. Cequi manque, cest un service pour les

    MARION GOUIRYLauteure est intervenante au centre ALPA,Accueil liaison pour Arrivants.

    Lorganisme communautaire ALPAuvre depuis 25 ans dans le quartierHochelaga-Maisonneuve Montral,pour aider laccueil et lintgra-tion professionnelle des nouveauxarrivants au Qubec. Depuis quelquesannes, la population du quartier sestfortement diversifie et ces change-ments ont des impacts qui soulventdes questionnements quant au vivre-ensemble.

    En tant quorganisme porteur de lajourne de rencontre nationale dans lestde Montral, ALPA a choisi dinviter lesintervenant(e)s des diffrents organismeset institutions dHochelaga-Maisonneuve se rassembler pour partager les exp-riences et dfis quils et elles vivent face la diversit culturelle grandissante de lapopulation locale.

    Une premire mise en contexte taitncessaire afin dactualiser le portraitsociodmographique du quartier et desinterroger sur les pratiques dinterven-tion en fonction des nouvelles ralits,avant de pouvoir dgager des pistes dac-tion pour le futur.

    Pour cela, lhistorien Paul Labonne a tinvit prsenter le portrait du dve-loppement humain dans Hochelaga-Maisonneuve, depuis lessor industriel de la ville au bord du fleuve jusqu sonvisage actuel. Une plonge dans lhistoire du Qubec travers ses immigrants tait ensuite pro-pose par Madame Rivka Augenfeld, co-fondatrice de la table de concertation desorganismes au service des personnesrfugies, immigrantes et sans statut.Limmigration au Qubec nest pas unphnomne rcent, cest la ralit dunpays daccueil qui sest bti et faonn la force du poignet et des espoirs de mil-lions dimmigrants juifs, grecs, italiens,portugais, chinois et autres, rappelle-t-elle. Aujourdhui, les pays dorigine desnouveaux arrivants sont diffrents maisles forces des immigrants sont les mmes:les connaissances, les savoir-faire et lespoir de construire, de crer un avenirmeilleur dans le pays qui les accueille. Le Qubec et le Canada ont toujours eubesoin dimmigrants pour se dvelopperet les perspectives socio-conomiquesncessitent douvrir davantage les portesaux nouveaux arrivants. MadameAugenfeld a su montrer la richesse et lesavantages dpasser les diffrences etles prjugs pour reconnatre et optimiserles forces de chacun.

    femmes qui veulent participer des coursde francisation et qui ont des enfants,dit-il. Les victimes, ce sont des femmesqui restent la maison avec les enfants.Elles vont se franciser plus tard, quand lesenfants sont plus grands.

    Mais souvent, avant mme de penser lafrancisation, se pose le dfi des person-nes sous-scolarises qui nont pas talphabtises dans leur langue dorigine,

    fait observer une intervenante. Il y a unvide combler de ce ct en terme deservices. Pour le moment, il ny a pasun organisme, une commission scolairequi peut combler ce besoin.

    Une suite trs concrte de cette journede rflexion pourrait bien tre llabora-tion dun document de rfrence. Nousaimerions raliser un rpertoire desorganismes du Sud-Ouest qui aident les

    personnes immigrantes, un rpertoiredes endroits o elles peuvent trouver dusoutien, indique Carole Boucher, coor-donnatrice du CEDA.

    Pour en savoir plus, visiter le

    www.ceda22.com/

    ou tlphoner au 514-596-4422

    Cet article est paru dans ldition du18 dcembre 2008 de la Voix Pop. n

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    Mieux vivre ensemble Quartier Hochelaga-Maisonneuve

    Cest au Chteau Dufresne que lorganisme ALPA avait invit Madame Rivka Augenfeld prsenter lhistoire migratoire du Qubec aux reprsentants dorganismes du quartierHochelaga-Maisonneuve.

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    > suite ci-contre en haut

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    Agir pour intgrer,laction communautaire au cur de laccueil des immigrants.

    Identit dun soirDans le quartier AhuntsicFLORENCE BOURDEAULauteure est directrice du Carrefour daide aux nouveaux arrivants.

    Situ depuis prs de 30 ans dans le quartier Ahuntsic, le Carrefour daide auxnouveaux arrivants a comme mission de favoriser la participation conomiqueet sociale des personnes immigrantes la socit qubcoise en les appuyant etles accompagnant dans leur parcours dintgration. Ayant bti son histoire sur laccueil fait aux personnes de toutes origines et detout statut, cest donc tout naturellement, dans le cadre des Rencontres de laTCRI intitules Agir pour intgrer, que le CANA a choisi doffrir une soire portesouvertes sur ses activits.

    Portes ouvertes au CACI Ressource importante en intgration socio-conomique des personne immigrantesdans larrondissement Bordeaux-Cartierville depuis plus de quinze ans, le CACI offredes services individuels et collectifs dans cinq grands secteurs dactivits : accueil ettablissement, formation et francisation, employabilit, recherche et sensibilisationet vie communautaire.

    Lactivit du CACI pour la Rencontre nationale du 4 dcembre dernier sest droulesous la forme dune journe portes ouvertes. Lorganisme y a prsent certains de sesprojets sous la forme de DVD, livre de recettes, matriel pdagogique tout en sensi-bilisant les visiteurs ses activits. Une occasion aussi pour le CACI dchanger avecses partenaires sur les facteurs qui favorisent ou limitent lintgration. n

    Pour en savoir plus, visiter le www.caci-bc.org/ ou tlphoner au 514-856-3511

    Sur la photo, dans lordre habituel: Christelle Lebourgeois-projet du PPE (projet prparatoire lemploi) et Mianta Andriamiadana du projet SIPPE

    (Services intgrs en prinatalit et en petite enfance.

    > Quartier Hochelaga-Maisonneuve

    Cest dailleurs ici quentre en jeu toute laquestion des obstacles la communica-tion en intervention dans un contextede diversit. Lcoute et louverture lautre, explique Marie-Claire Rufagari,coordonnatrice de la formation la TCRI,sont dautant plus ncessaires lorsqueles valeurs et les repres culturels de lapersonne aider sont diffrents desntres. La langue, les prjugs, le senti-ment disolement, la perte de repres, levcu personnel de chacun, sont autantde filtres ou dobstacles une interven-tion efficace.

    Invits prsenter leurs questionnementslis la diversit, les participants cettejourne se sont dabord rpartis engroupes de discussion afin de nommer lesirritants, les malaises et les inconforts dechacun(e) en contexte interculturel.Coordonnateur de projets pour la Fon-dation de la Tolrance, Zakaria Linganetait lanimateur tout dsign pour per-mettre chacun(e) de sexprimer.

    Sans censure, les participants ont exprimla peur de leffacement de lhritage cul-turel du Qubec (notamment le recul dela langue franaise et loubli des tradi-tions catholiques). La crainte de la pertedes acquis tels que lgalit homme/femme et la non-ingrence de la reli-gion (notamment travers limage duvoile islamique) ont t cits commemalaises. Parmi les irritants, les inter-venant(e)s ont soulev linsuffisance desressources offertes pour les immigrants(surtout en rgion), le sous-financementet la technocratie. De plus en plus, lin-tervenant(e) travaille sous pression(conomique et bureaucratique) et doitsolutionner une situation humaine dansun minimum de temps, avec un mini-mum dargent et un manque de ressour-ces. Enfin, les participants ont tous sou-lign le manque de lieux dchange pourdvelopper une stratgie commune etadapter leurs interventions la lumiredes expriences de chacun(e).

    Lenvie exprime par les participants desuivre des formations auprs de spcia-listes de lintervention en contexte inter-culturel prouve quel point le besoin etlintrt pour de telles journes dchangeet de partage est ncessaire. n

    Pour en savoir plus, consulter

    le www.alpaong.com/

    ou tlphoner au 514-255-3900.

    Dans larrondissement Ahuntsic o lephnomne de la migration reste rela-tivement nouveau, les intervenants desdiffrents organismes et institutions sontde plus en plus confronts aux immi-grants rcents, sans bien connatre lemode dintervention adapt, ni les ra-lits de cette clientle. Pour ces raisons,le CANA a invit lensemble de ses parte-naires communautaires et institution-nels une soire dinformations placesous le signe du parcours migratoire.

    Ds leur arrive, les participants se sontvus remettre des papiers dimmigrationfactices. Rsident permanent, deman-deur dasile ou rfugi, chef de famille ouclibataire, francophones ou allophones,mdecin ou professeur, les invits ontendoss une identit et une histoire nou-velles, le temps de la soire. Munis deces documents, ils ont pu commencer lavisite des diffrents espaces de leur par-cours dintgration. Pour loccasion,chaque bureau de chaque intervenant

    prsentait un thme li lintgrationsocioprofessionnelle: recherche de loge-ment, garderie et cole, employabilit,apprentissage de la langue. Ultimement,nos participants taient invits passeren ligne un test de citoyennet.

    Au-del de ce parcours migratoire sim-plifi, les diffrents invits ont eu loc-casion dchanger avec les intervenantesdu CANA, la professeure du CREP (Cen-tre de Ressources ducatives et Pda-gogiques) qui assure quotidiennementles cours de francisation et quelques-unsdes bnvoles et des participants duCANA. Pour loccasion, les tudiants enfrancisation avaient prpar un buffetcompos de spcialit de leurs pays (Cuba,Mexique, Colombie, Brsil, etc). Ils pr-sentaient galement leurs projets rali-ss dans le cadre des cours du CREP dontune superbe table des morts mexicaine.

    Ainsi, cette soire que le hasard ducalendrier a plac 5 jours avant les lec-

    Merci de mavoir faire comprendre quel point rien nest simple quand on sinstalle dans un nouveau pays daccueil est le plus juste compliment des invits cette soire portes ouvertes.

    tions provinciales a t loccasion pourles candidats prsents de pouvoir con-fronter leur vision de laccueil des nou-veaux arrivants et de lintgration avecla ralit vcue par les personnes issuesde limmigration rcente. n

    Pour en savoir plus, visiter le

    www.cana-montreal.org

    ou tlphoner au 514-382-0735

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    Le Jumel | Hiver 2009

    Raymond BachandDput dOutremontMinistre du Dveloppement conomique,de lInnovation et de lExportationMinistre responsable de la rgion de Montral

    5450, ch. de la Cte-des-NeigesBureau 115 Montral (Qubec) H3T 1Y6 Tl. : 514-482-0199

    Je vous souhaite une trs bonneanne remplie de joie,

    de bonheur et de prosprit!

  • Le Jumel | Hiver 20098

    Agir pour intgrer, laction communautaire au cur de laccueil des immigrants.

    Diffrencier le dangerTmoignages de rfugisJULIE JEANNOTTELauteure est travailleuse sociale, intervenante au programme de parrainage collectif de lorganismeAction Rfugis Montral.

    Ce sont les tmoignages de Marguerite, Joy, Claudette, Bridget, Maryam etDuval que les nombreux visiteurs ont pu entendre lors de lvnement, La pro-tection des rfugis : Une exposition vivante! le 4 dcembre dernier. Les par-ticipants ont tmoign du grand besoin de protection quont les rfugis ltranger et ici-mme, au Canada, en relatant leurs expriences, les dfis et lesobstacles auxquels ils ont d faire face tout au long de leur parcours. Lorga-nisme souhaitait surtout sensibiliser la population limportance du droit laprotection pour les rfugis.

    tudiants, bnvoles, dfendeurs desdroits des rfugis, gens de diffrentsorganismes communautaires et gliseset du MICC1, sont venus entendre maissurtout apprendre des participants. Cesparticipants ont tous bnfici des ser-vices dAction rfugis Montral (ARM) travers ses trois programmes: Jumelage,parrainage collectif et dtention.

    Jai quitt mon pays cause de lin-scurit et du manque de protection,victime de plusieurs agressions et de violation des droits de la personne ,tmoigne Marguerite qui a vcu la guerrepolitico-ethnique qui fait rage auBurundi depuis 1993. Ayant t victimede violence, de menaces et dintimidation,en plus davoir perdu plusieurs membresde sa famille, Marguerite a t contraintede fuir le Burundi en 2002, pour sauversa vie. Elle sest enfuie vers le Kenya,demeurant Nairobi pendant plus decinq ans. Mais elle ny a pas trouv lascurit escompte. Une femme rfugie,se retrouvant seule dans un grand cen-tre urbain, est trs vulnrable. Elle y adailleurs t victime de nouvelles ten-tatives dagression et a perdu de nom-breux amis. ARM a entam les proc-

    dures de parrainage en 2003. Margueritea trouv refuge au Canada cinq annesplus tard, accepte comme rfugie. Icila vie et surtout ma scurit sont assureset je suis dans une socit o il y a laprotection de la personne. Marguerite, complte prsentement lescours pralables son admission au pro-gramme de soins infirmiers. Elle est aussijumele Anne depuis novembre dernierdans notre programme de jumelage.

    Ne au Burundi, Claudette quant ellea d quitter son paysnatal avec ses deuxenfants en 1997, suite des menaces pour savie, tant cible pourson origine ethnique.tablie en Gambie,elle a uvr pour la dfense des droitsdes femmes et est devenue directrice delorganisme Women Center for Educa-tion and Empowerment. Mais aprs avoirdnonc la situation des femmes enGambie, elle ne pouvait plus y vivre. Nepouvant non plus retourner au Burundi,elle a alors quitt pour le Canada o ellea revendiqu le statut de rfugie. Loindtre au bout de ses peines, Claudette

    a t dtenue sonarrive la frontirede Lacolle: Avec mesdeux enfants, alorsgs de 15 et 13 ans,nous avons t d-tenus la frontire

    pendant deux jours. Nous avons ensuitet transfrs au Centre de Prventionde lImmigration o nous avons tdtenus pendant environ 3 semaines.Motif de la dtention: identit, bien queClaudette ait prsent sa carte nationaledidentit ainsi que les certificats denaissance de ses enfants. Le gouverne-ment canadien a exig une vrificationde son document didentit auprs de

    son ambassade avant de les librer. Claudette a rpondu aux nombreusesquestions des visiteurs, la majorit por-tant sur les conditions de dtention, letravail quARM y effectue, commentlorganisme entre en contact avec lespersonnes dtenues, etc. Ce quelleretient de lvnement du 4 dcembredernier : a ma transforme. ARMrefuse dtre indiffrent sur cette tristeralit qui se passe au Canada. On te ditque tu es un danger. ARM reconnat queles rfugis ne sont pas des dangers maisEN danger.

    Claudette travaille prsentement tempspartiel. Elle est jumele Judy. Sesenfants sintgrent bien, tudient l-cole secondaire et sont membres d-quipes sportives. La famille est toujoursen attente de son audience devant laCISR2, audience qui dterminera si lestatut de rfugi leur sera accord etsils pourront demeurer au Canada. 18mois dattente, de questionnements etdinquitudes. n

    Pour en savoir plus sur ARM,

    tlphoner au 514-935-7799

    souligner la diversit culturelle au sein dela communaut universitaire et pro-mouvoir le mtissage et le rapproche-ment interculturel.Un kiosque offrait aux visiteurs une acti-vit interactive sous la forme dun jeuquestionnaire. On y faisait galement lapromotion du jumelage linguistique et dela sensibilisation aux apports positifs lis linteraction entre les cultures. Un ate-lier sur la communication interculturellea galement t offert.

    Jumelage linguistiqueCe programme consiste jumeler deuxpersonnes de langues diffrentes, parexemple un francophone et un hispa-nophone. Les participants sengagent serencontrer au minimum une fois parsemaine durant une heure au cours delaquelle la moiti du temps sera parle enfranais et lautre moiti en espagnol.Les participants sont donc la fois tu-diants et professeurs. Ce programme ren-contre un franc succs, autant auprsdes nouveaux arrivants que des gens diciqui veulent apprendre une autre langue.

    Son point fort concerne lintgration desnouveaux arrivants. Les personnes se rencontrent, scoutent, sapprivoisentet sentraident. Il y a un climat douver-ture, de tolrance, de bienveillance et derespect chez les participants. Par ailleursle nouvel arrivant se sent valoris enapprenant au Qubcois ou au fran-cophone sa langue et sa culture dori-gine. De son ct, le Qubcois souvre une autre culture grce la langue.

    Bien que ce soit principalement des tu-diants de lUQAM qui participent aujumelage linguistique, le projet estouvert toute personne dsireuse de syimpliquer. Lenthousiasme est presqueunanime, comme en tmoigne Karine :nos comptences linguistiques respec-tives se sont grandement amliores,ma jumelle intgrera bientt le marchdu travail qubcois et je participerai un change (organis par lUQAM) enArgentine. Nous sommes devenues degrandes amies. n

    Quand 150 pays se croisentLa diversit lUQAMSTELLA KUKULJANAccueil et intgration des nouveaux arrivantsCentre dcoute et de rfrence Halte AmiRcipiendaire du prix Mrite en francisation des nouveaux arrivants 2008

    eux seuls, les tudiants et profes-sionnels de lUQAM reprsentent plus de150 pays diffrents. Cest dans cet espritque le Centre dcoute et de rfrenceHalte-Ami organisait, le 4 dcembredernier, une activit spciale visant

    Pour en savoir plus visiter le www.ecoute.uqam.ca/ ou tlphoner au 514-987-8509

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    Une femme rfugie, se retrouvant seule dans un grand centre urbain,

    est trs vulnrable.

    1-Ministre de limmigration et des communauts culturelles

    2-Commission de limmigration et du statut de rfugi du Canada.

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    Agir pour intgrer,laction communautaire au cur de laccueil des immigrants.

    Le public au rendez-vousBENJAMIN VACHETL'auteur est journaliste indpendant.

    Malheur aux retardataires qui ont d se rabattre sur leurs seuls pieds poursuivre le dbat des panlistes chargs de rflchir au modle daccueil des immi-grants la sauce qubcoise: lauditorium de la Bibliothque nationale affichaitquasiment salle comble, le 5 dcembre dernier.

    Ils ntaient pas venus chercher des rponses, mais des lments de rponses. Des pistes,des arguments, des ides Rflchir ensemble pour agir, pour mieux agir plus exacte-ment. Car ce sont eux, ces centaines danonymes masss dans la Bibliothque nationalepour assister la rencontre de la Table de concertation des organismes au service despersonnes rfugies, immigrantes et sans statut, qui travaillent quotidiennement rendre le modle dintgration qubcois efficace et cohrent. Au total, plus de 270 personnes avaient fait le dplacement pour assister aux joutesverbales de lhistorien ric Bdard, du philosophe Daniel Weinstock, de lavocateJohanne Doyon et du directeur de la Maison internationale de la Rive Sud, Noured-dine Belhocine, sur le thme Lintgration des immigrants au Qubec: un modleavant-gardiste mais imparfait. Ce modle, ils en connaissent les forces et les faiblesses. Depuis longtemps, le gou-vernement provincial a dlgu au milieu communautaire la lourde responsabilit dassurer le vivre ensemble de notre socit pluri-culturelle. Vritable trait dunionentre la population accueillie et la socit daccueil, ils sont le visage de ce modleunique au monde. Et cest un peu leur travail qui est mis mal et remis en causelorsquclatent les bulles mdiatiques promptes faire vendre du papier. Voil pourquoi la question les intresse, les anime, les mobilise. Au dtour des petitessquences vidos tournes avec certains dentre eux, les doutes apparaissent que nesauraient effacer les succs. Tous savent quil reste du chemin faire.

    Annick Germain donne un carton rouge au publicAttentive pendant les dbats, la foule sanime quand vient le temps de participer. Sondpar le journaliste Lo Kalinda sur des questions aussi diverses que Est-il ralistepour un immigrant de travailler dans son domaine? ou encore, Les immigrants ont-ils tous les droits et aucune responsabilit, le public samuse devant lincongruit deces questions en agitant les cartons, ct vert pour le vrai , ct rouge pour lefaux. La ralit du terrain, ils la connaissent. Ici, rares sont les prjugs exprimsvoulant que les immigrants viennent voler le travail des pures laines ou sen-richir sur le dos de la socit qubcoise. La longueur du parcours, le courage pourtout quitter, tout recommencer, les difficults rencontres bien aprs larrive, toutcela, les auditeurs le savent. Mais ils savent galement que leur travail est essentielpour continuer davancer et construire chaque jour ce modle de qualit. Quand lanimateur prend le pouls du public pour savoir si les personnes immigrantesau Qubec ont modifi leurs habitudes de vie, la face rouge sagite. Annick Ger-main, professeur-chercheur lInstitut national de la recherche scientifique, nemanque pas de sen amuser. Vous tes gonfls! Et dans vos habitudes alimentaires,alors?, leur rtorque-t-elle. Amusant en effet, lorsquon vit Montral et jouis-sons des spcialits du monde entier. Mais nest-ce pas le signe que cet apport est jus-tement accept comme une douce vidence, une richesse intgre, preuve que lasocit se construit dans cette diversit positive?

    La faible prsence du public de la rue relativise, malheureusement, la porte deschanges. Ne prche-t-on que pour des convaincus?, sinterrogent certains. Poursr quil aurait eu bien des choses apprendre, ce public de la rue, et que lon peutregretter son absence. Pour sr aussi, que lannihilation des prjugs est une tapeincontournable pour permettre dintgrer. Trop souvent utilises des fins parti-sanes, les questions relatives limmigration et aux immigrants restent encore troppassionnes, loin dune ralit quil est de bon ton de rappeler : le pays a besoin deces immigrants. Mais gageons tout de mme que le travail des organismes communautaires permet-te de faire passer le message et de crer la rencontre afin de mieux se comprendreet cohabiter. Car au final, tout le monde aurait y gagner. n

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    Les travailleurs immigrantssont en moyenne plus jeuneset plus scolariss que lestravailleurs canadiens?

    VraiEn 2007, sept immigrants sur dix (72%)ont moins de 35 ans.28,9% ont 17 annes de scolarit et plus(2e cycle universitaire), contre 20,8 %pour la population qubcoise.

    Vrai ou faux?Les nouveaux arrivants qui ont dj comme langue maternellele franais sintgrent beaucoup plus rapidement que ceux quidoivent apprendre la langue?

    FauxSelon les donnes du SITO, les immigrants francophones ne sont pas ncessairementfavoriss car ils vivent quand mme des tapes difficiles dintgration et ne saccor-dent pas toujours suffisamment de temps pour vivre cette intgration et laccli-matation leur communaut daccueil. Les cours de francisation aident entre autre apprendre les coutumes, lhistoire, les valeurs et la culture de la socit daccueil.

    Quand les nouveaux arrivantsobtiennent la reconnaissancede leurs tudes effectuesdans leur pays dorigine, il leur est plus facile davoirun emploi au Qubec?

    FauxLa reconnaissance mise par immigra-tion Qubec ne donne pas ncessaire-ment accs un emploi puisque lesordres professionnels ont des exigencesbloquant souvent laccs lemploi.

    Le temps dattente pour lescours de francisation Gatineau est le mme quepour les cours danglicisation Ottawa?

    Faux Ottawa, les nouveaux arrivants ontaccs des cours de langue dans un dlaidune semaine alors que du ct deGatineau, il peuvent devoir attendrejusqu neuf mois avant de dbuter lescours.

    Daprs une ide originale de Accueil-Parrainage Outaouais

  • Le Jumel | Hiver 200910

    Agir pour intgrer, laction communautaire au cur de laccueil des immigrants.

    La rgionalisation, avec raison!

    De la survie la vieLintgration des nouveaux arrivants en Outaouais SAID FENAOUI

    LAURA NOYERHAMILTON CIDADEPASCALE ROMAINLes auteurs travaillent depuis plusieurs annesauprs des personnes immigrantes et formentlquipe de rgionalisation du Collectif.

    Le 4 dcembre dernier, le Collectif atenu une activit sur le thme de largionalisation des immigrants dansle cadre de lvnement Agir pourintgrer, laction communautaire aucur de laccueil des immigrants .Lvnement a regroup une quaran-taine de participants composs de personnes immigrantes intresses sinstaller en rgion, de personnesimmigrantes dj installes en rgion,dorganismes de diffrentes rgionsqui travaillent lintgration des per-sonnes immigrantes et demployeursqui travaillent avec succs avec lamain-duvre immigrante.

    Aprs avoir bross un portrait de lim-migration au Qubec et de ses retombespositives, Guillaume Vaillancourt, du Mi-nistre de limmigration et des commu-nauts culturelles, a trait des enjeuxculturels en milieu de travail et donnquelques outils pour comprendre la cul-ture, et des moyens pour pouvoir com-poser avec cette diversit au travail : Secomprendre demi-mots en milieu inter-culturel, cest risqu. Il faut savoir ob-server pour comprendre et ne pas hsiter expliquer.Cette diversit, Jacques Munger en con-nat quelque chose. Celui-ci est venutmoigner de faon convaincante desexpriences enrichissantes vcues avecle personnel issu de limmigration ausein de son entreprise abitibienne.Oprant un laboratoire minral de py-roanalyse, lentreprise narrivait pas combler ses besoins de chimistes. Elle adonc choisi de se tourner vers la main-duvre immigrante qui compte des personnes fortement qualifies dans cedomaine. Monsieur Munger a dailleursprofit de son passage Montral pourorganiser une sance de recrutement dechimistes aprs lvnement.

    Un choix de vieFaire connatre aux nouveaux arrivantsloption de la rgionalisation ainsi queles diffrentes rgions du Qubec pourleur permettre deffectuer un choixclair est un des dfis auquel sattleLe Collectif depuis plusieurs annes. Pour

    cela, lorganisme sentoure de partenaireset reprsentants rgionaux dont certainstaient prsents le 4 dcembre dernier.Ainsi a-t-on pu dcouvrir par le biais duRegroupement interculturel de Drum-mondville que la rgion offre dexcel-lentes opportunits de travail aux per-sonnes uvrant en informatique et sessecteurs connexes ; que lorganismePortes ouvertes sur le Lac accompagneles personnes immigrantes au Lac-Saint-Jean ; ou encore que le Centre Saint-Michel de Sherbrooke dveloppe despartenariats spcifiques avec le milieuscolaire et russit daudacieux maillagesentre les immigrants et les entreprises.Finalement, comme le rsume une inter-venante: Vivre en rgion, ce nest pasune option par dfaut, cest un vritablechoix de vie!

    Plusieurs personnes immigrantes taientgalement venues tmoigner de la rus-site de leur intgration en rgion, y com-pris sociale et linguistique: Lorsquils sont arrivs au Qubec, ilsne parlaient pas un mot de franais, nidanglais. Nous devions communiqueren signes ! a partag Said Fenaoui,responsable de la rgionalisation au Col-lectif, en parlant de Svetlana et SergiuAndronic. Et cest avec assurance quemadame Svetlana Andronic a poursuivien racontant quelle avait t accueillie bras ouverts au Lac Saint-Jean et quonlavait accompagne dans toutes lestapes de linstallation de sa famille et deleur recherche demploi. Cest aussi avechumour quelle a fait allusion aux motset expressions qubcoises quelle necomprenait pas au dbut. Puis elle a tenu dmentir certains prjugs : On nesennuie jamais en rgion Nous rece-vons plusieurs invitations, le tlphonesonne tout le temps!.

    Concrtement, lactivit a permis deraliser que la rgionalisation de lim-migration est une option gagnante: lesemployeurs ont cruellement besoin demain-duvre qualifie et il existe parailleurs des organismes qui aident lespersonnes immigrantes faciliter leurintgration en rgion. Nul doute que lesdiffrents tmoignages ont donn lapiqre plusieurs participants qui con-sidreront plus que jamais cette optioncomme un vritable choix de vie.

    Pour en savoir plus, visiter le www.cfiq.ca

    ou tlphoner au 514-279-4226 n

    MANUELLE ANN BOISSONNEAULTLauteure est journaliste indpendante et membredAccueil parrainage Outaouais.

    Runissant plus dune soixantaine deGatinois provenant de sphres varieset impliqus dans lintgration desnouveaux arrivants, Accueil-ParrainageOutaouais (APO) tenait, le 4 dcembredernier, une soire de confrence et dediscussions sur les enjeux de lint-gration des nouveaux arrivants dans ledomaine de lemployabilit, de la fran-cisation et de laccs aux services desant. Une question centrale a guid ladiscussion: comment favoriser le pas-sage de la survie la vie pour les nou-veaux arrivants?

    Afin dencourager la discussion autourde trois enjeux principaux et de tenter detrouver des solutions pour dconstruireles prjugs, des groupes ont t formset la rflexion a t bonifie par la pr-sence de trois confrenciers invits.

    EmployabilitEn 2007, lOutaouais accueillait 1131nouveaux arrivants soit 3% de tous lesimmigrants au Qubec (Source MICC).Parmi les multiples enjeux auxquels fontface ces nouveaux arrivants, celui delemployabilit est sans contredit le plusdterminant. Malheureusement, il est encore difficilepour des nouveaux arrivants de sintgrercompltement au march du travail qu-bcois, notamment en raison des bar-rires de la langue et de la reconnaissancede la formation acquise dans le paysdorigine, mme si prs du tiers dentreeux dtiennent dix-sept annes de sco-larit et plus, soit lquivalent dun 1er

    cycle universitaire.Pourtant, comme le confirme RobertMayrand, directeur du Service intgra-tion travail Outaouais (SITO), lintgra-tion des nouveaux arrivants passe parlemploi.Il sagit l dun des enjeux primordiauxsoulev lors de la soire et les partici-pants mentionnent quune pression devratre exerce auprs des ordres profes-

    sionnels afin quils soient plus flexibles intgrer des professionnels provenantdes quatre coin du monde.

    FrancisationLe thme de lemployabilit est nces-sairement reli au thme de la francisa-tion. Il a t soulev qu Ottawa, lesnouveaux arrivants peuvent avoir accs des cours danglicisation dans un dlaidune semaine alors qu Gatineau lesdlais peuvent stendre neuf mois,selon APO. Il sagit l dun trs graveproblme puisquun nouvel arrivant quise retrouve isol par la langue ne peutsintgrer la socit et ne peut raliserles activits de bases ncessaires sasurvie en socit tel que les achats lpicerie, louverture dun compte debanque, la communication avec les pro-fesseurs des enfants, etc. Il faut ainsi prioritairement, comme le mentionnaitJean-Paul Perreault, prsident dImpratiffranais, augmenter les ressources enfrancisation afin daugmenter le nom-bre dheures ddies lapprentissage dufranais et rduire le temps dattentepour y avoir accs en faisant pressionsur le ministre.

    Par ailleurs, il faut noter que les coursde francisation aident apprendre lescoutumes, lhistoire, les valeurs et la cul-ture de la socit daccueil. Selon lesdonnes du SITO, les immigrants fran-cophones ne sont pas ncessairementfavoriss dans leur intgration car ilsvivent quand mme des tapes difficileset ne saccordent pas toujours suffisam-ment de temps pour vivre cette intgra-tion et lacclimatation leur commu-naut daccueil. Une conclusion souleveen ce sens lors des discussions est lim-portance de favoriser lintgration enmilieu de travail au mme titre que lesjeunes bnficient de classes daccueildans les coles.

    Accs aux services de santLa crise dans le systme de sant delOutaouais npargne pas les nouveauxarrivants. La difficult voir un profes-

    sionnel de la sant et consulter unmdecin est encore plus problmatiquechez les nouveaux arrivants, expliqueCecilia Ponce de la Maison de la famillede Gatineau qui a dj uvr la COOPde sant dAylmer comme travailleusesociale. Selon elle, certains nouveauximmigrants peuvent arriver avec des ma-ladies chroniques et des problmatiquesde sant lourdes qui ncessitent un suiviserr et constant. Or, si le systme accom-pagne les rfugis pendant un an, il en vatout autrement des immigrants co-nomiques laisss eux-mmes, ce quinest pas vident pour eux car ils ne con-naissent pas les rouages du systme desant.

    Parmi les suggestions proposes par lesparticipants, une infirmire du Centrede sant et des services sociaux deGatineau (CSSSG) mentionnait limpor-tance de faire de la sensibilisation auprsdes nouveaux arrivants. Elle donne enexemple lisolement que peut simposerun nouvel arrivant lors de son premierhiver qubcois en raison de la tem-prature rigoureuse. Si on lui expliquelimportance de sortir malgr le froid etquon lavise des consquences du man-que de lumire sur sa sant, il saura cer-tainement mieux faire face la saisonhivernale, affirmait-elle.

    Apprendre mieux se voir, connatrelautre et respecter la ralit de chacun,voil ce qui ressort de cette rencontreo les acteurs de lintgration des nou-veaux arrivants en Outaouais se sontconcerts pour voir comment favoriserlintgration afin de vivre ensemble enprofitant de nos diffrences. De nom-breuses actions sont encore ncessaireset les acteurs continueront de revendi-quer plus de ressources afin de rendreplus facile le passage de la survie la viepour les nouveaux arrivants.

    Pour en savoir plus, visiter le

    www.apo-qc.org/site/

    ou tlphoner au 819-777-2960 n

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  • Le Jumel | Hiver 2009 11

    Agir pour intgrer,laction communautaire au cur de laccueil des immigrants.

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    Fais comme chez toi, mais noublie pas que tu es chez moiLes modles rpublicain et multiculturelont montr leurs limites dans plusieurscas et ne peuvent prtendre aujourdhuiau monopole en matire de gestion de ladiversit. Le Qubec confront la mmequestion cherche une position mdianeentre le forcing assimilationniste et lecommunautarisme ethnique. Le prag-matisme dont il fait preuve et le rejet detoute idologie intgrationniste linci-tent conjuguer ce quil y a de bon dansles modles tablis. En somme, la con-vergence culturelle prne avec linter-culturalisme qui la sous-tend commemode daction mis de lavant depuisquelques annes serait une forme hy-bride. Du modle assimilationniste lafranaise, elle emprunterait cette volontde niveler les diffrences culturelles parla convergence vers un noyau dur (coresociety) qui serait constitu des valeursfondamentales de la socit daccueil ;du multiculturalisme, elle emprunteraitcette capacit reconnatre et respec-ter les diffrences culturelles dans unesocit plurielle. En effet, les politiques dimmigration duQubec, tant dans la recherche dun minimum de contrle par rapport aupouvoir fdral que dans les stratgiesdintgration, obissent certaines con-sidrations lies au contexte historique etsocio-politique. Dabord, le Qubec saffiche non pascomme une socitmulticulturelle maisplutt comme unesocit francophone,ce qui nest pas for-cment antinomiquedune socit plurielle. La question estalors de savoir comment favoriser la con-vergence des immigrants vers cettesocit francophone dans un contextecanadien multiculturel, fort sduisantau demeurant pour les tenants de laprservation des identits respectives. Ensuite, la question nationale vientbrouiller quelque peu les cartes, plaantde facto limmigrant dans une positionpour le moins inconfortable. Cest ce quisest pass au rfrendum de 1995. Ceciexpliquant cela. La question serait alorsde savoir comment dans le contexte dumulticulturalisme national, proposer auQubec une dmarche susceptible dedvelopper un sentiment dappartenancetout en respectant la pluralit et les dif-frences culturelles. Cest l quintervientle concept dinterculturalit qui suggrede travailler sur la qualit des relations

    entre communauts par le dialogue etle dbat. Enfin et dans une moindre mesure, com-ment viter que limmigration puissecompromettre lvolution normale de lasocit vers une forme de lacit. Nousavons connu quelques pisodes mdia-tiques ou des moments lors du dbat surles accommodements raisonnables quilaissent croire que la proccupation estbien relle dans la socit. Les demandesdaccommodement connotationreligieuse taient perues comme unrecul de la lacit et un retour vers unQubec ante rvolution tranquille. La volont du gouvernement actuel defaire signer un contrat moral, aussi sym-bolique soit-il, au candidat immigrant,lui rappelant limportance de respecter lesvaleurs du Qubec traduit bien notresens le malaise.

    En fait, do vient le malaiseen question?La politisation soudaine de limmigra-tion et son instrumentalisation par unparti politique qui cherchait capitalisersur la question et le dbat qui sen estsuivi ont mis en lumire ces peurs col-lectives, au del de la surmdiatisationvidente et du jeu politique. Si la lgiti-mit de limmigration na pas t remiseen question, on a par contre questionnles capacits du Qubec intgrer les

    personnes immigrantesdans leur nombre etdans leur diversit. Leproblme est que dansla plupart des cas, lesinterventions se fai-

    saient sur la base de cas marginauxextrmes et mdiatiss qui ont conduit des gnralisations abusives. Or, commedans toute population, les immigrantscherchent dans leur majorit amliorerleur vie tout en respectant les rgles dujeu, avec dans les marges une faible pro-portion qui serait trs intgre (assimi-le ?) et une autre qui connatrait desrieux problmes dadaptation. Lacourbe de Gauss est impitoyable! Faut-il rappeler que partout ailleurs lim-migration est le cheval de bataille despartis radicaux et de leurs intellectuelsracistes. Le Qubec, dieu merci, en estdpourvu.

    Pour que la convergence se produise, leQubec mise sur les services publics engnral (sant, services sociaux, duca-tion, etc.) qui doivent jouer leurs rles

    intgrateurs, la fois dans leur accessi-bilit pour les personnes immigrantesmais aussi dans leur adaptation aux nou-velles clientles issues de limmigration.Dans ce domaine, et dans bien des cas, onen est aux balbutiements. Le modlechoisi suggre aussi par ailleurs de met-tre contribution plus largement la fonc-tion publique qui est cense rserver unereprsentation digne de ce nom auxcommunauts culturelles, eut gard son poids dans le march du travail maisaussi sa charge symbolique. cet gard,

    Conjuguer ce quil y a de bon dans les modles

    tablis.

    il y a encore loin de la coupe aux lvres!

    Au del du traditionnelpartenariatEnfin, pour mener bien sa politiquedintgration des immigrants, le Qubecsappuie sur un rseau relativement densedorganismes communautaires spcia-liss et financs qui compltent les ser-vices gouvernementaux. Il est indniableque ce partenariat est fructueux et sertla clientle. Cette dmarche est pour lemoins originale et intressante, pour

    autant que les deux partenaires se por-tent plutt bien. En raison de sa pro-ximit avec les besoins de la clientle,de sa capacit gnrer des projets, deson expertise, de sa philosophie, de sesfaibles cots dopration, etc., un orga-nisme communautaire reprsente unpartenaire de choix pour les services gou-vernementaux dans la perspective dof-frir des services daccompagnement auxpersonnes immigrantes. Un quelconqueaffaiblissement de lun ou lautre despartenaires risque fort bien de com-promettre srieusement les bnficesescompts. Outre ce partenariat traditionnel entreles services dimmigration et les orga-nismes dintgration, le gouvernementaffiche depuis quelque temps unevolont de partager plus largement lesresponsabilits en matire de gestion delimmigration en mettant contributionles autres ministres dans leurs champsrespectifs. Et, cest tant mieux. Si le Qubec russit faire de ses im-migrants-invits des copropritairesrespectueux, alors, il aura russit l oules autres ont chou. n

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    Lieu derencontre pour groupes et associationsafricaines

    Servicedaccueil,dorientation et derseautage

    Communautchrtienne les1er dimanchedu mois 10h30

    Activits interculturellesetinterreligieuse,animationsafricaines

    Heures debureau: lundiau vendredi9h00 17h00

    1644 rue St-Hubert, Montral (Qc) H2L 3Z3 ( 2 pas du mtro Berri-UQAM)

    514-843-4019 [email protected] www.centreafrika.com

  • Le Jumel | Hiver 200912

    Agir pour intgrer, laction communautaire au cur de laccueil des immigrants.

    poles, a transmis plusieurs notions im-portantes associes lintgration desnouveaux arrivants et quelques pistespouvant aider rpondre aux besoinsdune clientle diversifie. Quatre panlistes ont par ailleurs pris laparole pour montrer comment chacunde leurs organismes rpondait laprsence dune clientle diversifie:Pour Alain St-Pierre, il a dabord fallu

    que son organisme, le Centre JeunesseMontrgie, ralise que sa clientle dorigine trangre pouvait exprimerune certaine rsistance lendroit desintervenants, que cette rsistance pou-vait nuire la poursuite de la mission delorganisme et quelle ncessitait un

    nouveaux arrivants entre 2002 et 2006 etde la volont des instances de permettre tous ces nouveaux arrivants de maxi-miser leur contribution au dveloppe-ment de lconomie et de la dmographiedu Qubec.Lvnement a permis aux participantsde mieux connatre le portrait de la cli-entle immigrante de la Montrgie.Michle Vatz Laaroussi, professeure detravail social lUniversit de Sherbrookeet responsable du Rseau de recherchesur limmigration en dehors des mtro-

    Services publics et communautairesEnjeux et dfis en Montrgie

    ajustement. Cet ajustement sest exer-c par ltablissement dune entente decollaboration avec un organisme dumilieu, notamment la Maison Interna-tionale de la Rive-Sud qui offre desservices de mdiation culturelle.

    Mario Choquette, dEmploi-Qubec, aoffert une riche prsentation sur len-semble des programmes destins laclientle immigrante. Cette prsenta-tion a donn loccasion aux participantsde raliser que lajustement peut pren-dre diffrentes formes dont llaborationde programmes spcifiques.

    Enfin, Anyela Vergara et Danielle Lavi-gne, de lAssociation des familles soutiendes ans de Saint-Hubert et du Centrede bnvolat La Mosaque ont montrcomment leurs organismes respectifsrejoignaient trs diffremment la clien-tle immigrante.

    Comme les besoins des personnes immi-grantes ne diffrent pas de ceux desmembres de la communaut majoritaire,ce constat a permis lune de raliser lancessit dvaluer les causes de la faibleutilisation des services de son organismepar la clientle immigrante et lautrela dtresse et la prcarit des conditionsde vie des personnes immigrantes et ce,malgr les acquis de cette clientle (enloccurrence leur niveau de scolaritlev).

    En dfinitive, cette rencontre a fournilopportunit aux participants de rali-ser que les gestes poss pour ajuster lesservices aux personnes immigrantes etrfugies rpondent la demande duneclientle de plus en plus prsentes sur leterritoire. Cest l un objectif que nouspoursuivions et qui, nous croyons, a tatteint. Lvnement visait aussi per-mettre aux participants dexprimer leursopinions, de formuler des interrogationset de partager leurs expriences. Toute-fois, il aurait t intressant dentendredavantage les participants exprimer leursobservations quant la prsence de cetteclientle et de savoir si cette prsencesuscitait des difficults dans loffre deservice, si les participants cherchaient dessolutions pour mieux desservir cette clien-tle et sils souhaitaient partager davan-tage avec dautres organismes leursrussites et leurs difficults quant laprsence de cette clientle. La MIRS est soucieuse de travailler enpartenariat avec lensemble des inter-venants de la rgion pour que les per-sonnes immigrantes et rfugies puissentsintgrer le plus rapidement possible etquelles puissent agir sur le dveloppe-ment de la socit dans la mesure de leurcapacit. Elle croit que ces rsultats pour-ront tre plus facilement atteints si lesorganismes du territoire sinterrogent surleur apport et, quensemble, ils cherchent mieux adapter leurs services pour quela clientle immigrante et rfugies par-vienne sadapter. La MIRS considredonc la possibilit de donner suite cettepremire rencontre. n

    Pour en savoir plus, visiter le

    www.mirs.qc.ca

    ou tlphoner au 450-445-8777

    FRANOIS VAILLANCOURT

    Dans le cadre de sa participation laRencontre nationale, la Maison inter-nationale de la Rive-Sud a organisune demi-journe de rflexion sur lethme: Une clientle culturellementdiversifie, un enjeu et un dfi pourles services publics et les organismescommunautaires. Ralis en collabo-ration avec le ROC-4M, un regroupe-ment dorganismes communautairesde la rgion, lvnement visait

    fournir aux reprsentants des orga-nismes publics et communautaires, loccasion de rflchir sur les besoinsdes clientles immigrante et rfugie,sur les modes dintervention utilisspour rpondre ces besoins et sur lesdfis que la gestion de la demandepose aux services publics et aux orga-nismes communautaires.

    Cette rflexion sinscrit dans un con-texte de hausse du niveau dimmigrationau Qubec, de larrive de prs de 210000

  • Le Jumel | Hiver 2009 13

    Agir pour intgrer,laction communautaire au cur de laccueil des immigrants.

    Les jeunes de la MaisonneSLIM DAOUZLILauteur est intervenant social la Maisonne.

    La journe de Rencontre Nationalevisant traiter de laction commu-nautaire au cur de laccueil des immi-grants a t loccasion pour La Maison-ne (service daide et de liaison pourimmigrants) de prsenter deux de sesprincipaux programmes sous la formede tables rondes mettant en prsencedes partenaires et intervenants desmilieux communautaires, du rseau desCarrefours jeunesse emploi, de len-seignement et des tudiants.

    La ralit vcue par les jeunes immi-grants de 12 35 ans dans leur parcoursdintgration la socit qubcoise a putre revisite la lumire des sujets quiproccupent les nouveaux arrivantsdune manire gnrale : ladaptationfonctionnelle, ladaptation sociale etenfin ladaptation culturelle. Cest ainsi que La Maisonne a mis surpieds deux programmes spcifiques : Lun concerne la lutte au dcrochage

    scolaire. Il se droule auprs des lvesde lcole Marie-Mdiatrice et consis-te en un mentorat proactif entre un

    tudiant et un bnvole. Lobjectif estde permettre au jeune dcrocheur dese construire un projet de carrireet/ou de vie en lui apportant une aideet un accompagnement autant sur leplan scolaire que sur le plan psy-chologique, afin de lui redonner con-fiance.

    Lautre programme offre de laide auxdevoirs aux lves des classes dac-cueil de lcole Pre-Marquette des-tines aux lves nouvellement arrivsau Qubec et qui ne matrisent pasencore suffisamment le franais pourpouvoir intgrer les classes rgulires.Ce programme, qui entre dans le cadre

    de la prvention de la dlinquance,permet aux jeunes de bnficier dunsoutien scolaire et psychosocial et deles aider bien sintgrer au Qubec.Ils sont accompagns tout au long delanne par des intervenants, des tu-diants stagiaires et des bnvoles.Parmi les outils dvelopps, on relvedes activits socioculturelles, des ate-liers, des sorties, le camp de jour et lesupport aux parents.

    Mais une fois intgrs au systme sco-laire, ces jeunes se maintiennent-ils auxtudes ? Quand vient le temps de seplacer sur le march du travail, quelle est

    la situation vcue par les jeunes desminorits visibles?La question est vaste, bien entendu, eta ncessit des participants aux tablesrondes quils rflchissent et dbattentautour des questions du placement desjeunes des minorits visibles Montralet de la ralit des difficults et desrussites pour rester attractif sur lemarch du travail. n

    Pour en savoir plus, visiter le

    www.lamaisonneeinc.org

    ou tlphoner au 514-271-3533

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    Famille immigranteLa ralit des pres, quen savons-nous?PAOLINA ROMANLauteure est coordonnatrice service emploi lHirondelle.

    Bien quau Qubec la paternit soit un sujet de plus en plus dactualit, ilexiste peu de donnes sur la paternit des immigrants et peu de modles din-terventions sociales qui leurs soient spcifiques. Pourtant, la croissance de ladiversit culturelle a ncessairement un impact sur les services sociaux et desant qui y sont dispenss, plus encore dans la mtropole o le dernier recense-ment de 2006 tablissait environ 30% la population montralaise issue delimmigration.

    Cest dans ce contexte quune trentainedintervenant-e-s des organismes et desinstitutions de larrondissement Plateau-Mont-Royal/Centre-Sud se sont runisle 4 dcembre dernier: un midi-causerieorganis par lHirondelle (Services dac-cueil et dintgration des immigrants),en collaboration avec le CSSS Jeanne-Mance. Objectif : traiter du thme de lafamille immigrante et rflchir au vcudes pres immigrants. Ces pres, vivent-ils des situations par-ticulires ? Quels sont les impacts et les consquences de la migration sur leur rle de pre ? Et sur la relationpres/enfants ? Quelles seraient fina-lement les pistes dintervention favo-riser auprs deux?

    Voil dj plus de cinq ans que lHiron-delle a mis en place un projet dans ce sens,faisant suite une rflexion des inter-venants impliqus dans une dmarche derelation daide auprs des pres immi-grants. Stphane de Busscher, agent decoordination du service de soutien auxhommes et pres immigrants de lHiron-delle explique : Ces pres vivent unegrande perte de repres culturels et so-ciaux, une grande dsillusion entre le rvede limmigration et la ralit une foisarrive au pays daccueil. () Face auxdifficults dintgration professionnelle, ils vivent un grand sentiment de culpa-bilit de ne pas pouvoir soutenir et pro-tger leur famille.De leur ct, les enfants sadaptent plusrapidement aux valeurs de la nouvellesocit, ce qui amne parfois des incom-prhensions, voire des tensions, notam-ment quand les enfants arrivent lado-lescence. Labsence de la famille largie,

    qui jouait autrefois un rle de rgulateurdes valeurs culturelles, vient accentuer cesentiment de perte de contrle du rleparental. Ces difficults font vivre auxpres immigrants une grande dtresseet de la souffrance.

    Le projet men par lHirondelle vise accompagner ces pres afin quils retrou-vent un quilibre et un bien-tre mo-tionnel par lcoute, la comprhension, laformation et des rencontres interculturellesavec des pres qubcois dorigine.

    Conscients que la problmatique est com-plexe et quil reste beaucoup faire dansleurs milieux respectifs, les participants ce midi-causerie ont tenu ragir demanire trs collgiale. Avec les annes,ils ont constat que ce contexte de lim-migration est venu changer leurs pra-tiques et faons de faire, y compris dansla composition de leurs quipes de travail,dornavant plus multi-ethniques.

    Parmi les rflexions souleves, on relvenotamment celles-ci :Le sentiment que les familles immi-

    grantes ont une certaine mfiance faceaux institutions et quelles ne per-oivent pas toujours les intervenantscomme un soutien;

    Le besoin de traducteurs pour treassur que les gens comprennent cequi est dit ;

    Au del de la langue, il y a souvent desincomprhensions quant aux sens desvaleurs ;

    Limportance de sensibiliser davantagelquipe de son organisme cette ra-lit de la dtresse psychologique despres: une meilleure comprhension

    du vcu des pres change ma percep-tion et donc va influencer mes inter-ventions auprs deux.

    Besoin dune plus grande souplessedans nos interventions;

    Beaucoup de sparations chez les cou-ples immigrants, source de grandedouleur.

    Limportance et la richesse de continuer partager nos savoirs, nos pratiques etdfis dintervention auprs des presimmigrants et de leurs familles et de voir des collaborations possibles se doiventdtre la hauteur de la grande richesseapporte par les immigrants lorsque nousnous donnons les moyens de nous int-

    resser ces personnes venant dautrescultures. n

    Pour en savoir plus, visiter le

    www.hirondelle.qc.ca

    ou tlphoner au 514-281-5628

  • Le Jumel | Hiver 200914

    Agir pour intgrer, laction communautaire au cur de laccueil des immigrants.

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    Embaucher un immigrant, pourquoi,comment ? tel tait le thme dudjeuner-confrence organis parlAMPE-CITI en dcembre dernier.Lvnement runissait les tudiantsen ressources humaines et les jeunesprofessionnels de la dotation autourdes dfis que constitue ladaptationdes pratiques de recrutement de lamain-duvre immigrante. Comme entmoignait Yann Hairaud, directeurde lAMPE-CITI, le but de notre con-frence est avant tout de permettreaux futurs gestionnaires des ressourceshumaines de connatre les pratiquesnovatrices en matire de slection depersonnel immigrant.

    Parmi les intervenants, Yves Jutras dela Direction rgionale dEmploi-Qubeca dress le portrait de lvolution prvi-sible du march du travail au cours desprochaines annes, mettant notammenten vidence lcart parfois importantentre les niveaux demploi des personnesimmigrantes et ceux de la populationqubcoise en gnral. Paradoxalement,les nouveaux arrivants sont en moyennedavantage diplms que le reste de lapopulation. Selon lui, la situation dmo-graphique actuelle du Qubec rend indis-

    Lembauche dimmigrantsUn choix dinvestissement durableMALLE BOURGUIGNATFABIEN CORNULes auteurs sont conseillers en emploi AMPE-CITI

    pensable la prise en compte de la richessede la main-duvre immigrante afin de combler les besoins futurs des em-ployeurs qubcois. Ce constat a tsoulign par Robert Vyncke, consultanten gestion de la diversit auprs desentreprises depuis plus de quinze ans.Celui-ci a particulirement insist sur lefait que les entreprises proactives enmatire de diversit, tant dans leur ges-tion des ressources humaines que dansleur processus de dotation font un choixdinvestissement durable. Ce choix lesavantagera terme face leurs concur-rents. Il a galement soulign que lechemin restant parcourir par les insti-tutions publiques dans ce domaine taitmalheureusement encore long.Des employeurs prsents, certains ontdtaill leurs pratiques en la matire.Vronique Biron, conseillre en ressourceshumaines, a tmoign des contraintesparticulires vcues avec des chefs d-quipe: Les gestionnaires ont en gnralbien assimil la dmarche de gestion dela diversit; ce sont les superviseurs quisemblent parfois plus difficiles con-vaincre. Dimitri Girier, reprsentant unefirme de gnie-conseil reconnue pourles rsultats de sa politique dintgra-tion des personnes immigrantes, a pr-sent les initiatives originales mises enplace auprs du personnel, constitu prs de 20% dingnieurs et techniciensissus de limmigration.

    La contribution du milieu communau-taire a t souligne par Ahmed Sahboun,conseiller en emploi pour AMPE-CITI, travers la prsentation des diffrentsservices que propose lorganisme, notam-ment pour la sensibilisation des em-ployeurs qubcois la gestion de ladiversit en emploi. Les nombreuses ques-tions de lauditoire ont mis en videncele grand intrt que suscite la mise jour des outils et des pratiques derecrutement auprs de la relve, quidplorait par exemple lcart parfoisimportant entre les thories dispensesen cours et les gestes concrets sur le ter-rain. cet gard, Yves Jutras remarquaitque le dpart programm des baby-boomers nallait pas ncessairement setraduire par une refonte brutale des pra-tiques : certaines habitudes sont assezprofondment ancres au sein des entre-prises et des institutions. Au final, leschanges ont permis dtablir un paral-lle intressant entre la lutte pour lin-tgration des femmes au march dutravail qubcois voil un quart de sicleet celle des immigrants aujourdhui: ona limpression davoir dj vcu a auQubec. , constatait une consultantesenior en ressources humaines. n

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    www.ampe.ca

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  • Le Jumel | Hiver 2009 15

    Agir pour intgrer,laction communautaire au cur de laccueil des immigrants.

    Marathon dcriture et confrenceIci, je mancre en franais !

    Soixante personnes staient runies le 4 dcembre dernier au Centre des congrsde Rimouski sous la prsidence dhonneur de monsieur Irvin Pelletier, dput deRimouski, dans le cadre dun colloque visant sensibiliser des employeurs de largion lembauche des personnes immigrantes. Main-duvre immigrante, des comptences dcouvrir tait le thme choisipar Accueil et intgration Bas-Saint-Laurent pour cette activit qui sinscrivait dansle cadre plus large de la Rencontre nationale Agir pour intgrer, laction commu-nautaire au cur de laccueil des immigrants.Dcouvrir les comptences de