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1 LE LIVRE NOIR DE L’ENA HORS-SERIE SPECIAL 20 ANS

iFRAP le dossier noir de l'ENA

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    LE LIVRE NOIRDE

    LENA

    HORS-SERIE SPECIAL 20 ANS

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    SOMMAIRE

    Introduction gnrale : pour que la France survive, librons-nous de lnarchie en 2007..4

    I L'incomptence des narques : cause de l'chec franais6

    Prambule : Echec franais, chec de lnarchie..71 Les biographies de la Promotion Titanic...92 Incomptence : les simulacres des plans anti-chmage...323 Le chmage, enfant des narques de Bercy.35

    II Le toute puissance de la caste narchique.39

    Prambule : L'omnipotence des narques401 Organigrammes du pouvoir42 2 Parlement impuissant : vote et tais-toi463 Eviter le contrle de la dpense publique. L'affaire des rapporteurs spciaux...54

    III Une caste qui dtourne l'tat son profit..56

    Prambule : De la classe la caste..571 Le fromage des fondations632 Culture : les ravages de l'argent public orchestrs par les narques..73

    IV Les narques : une oligarchie autiste79

    Prambule : L'cole Nationale de l'Autisme ? 801 La formation l'ENA812 Extraits du rapport de la promotion Lopold Sdar Senghor853 Ceux qui ont demand une rforme ou la suppression de l'ENA 86

    Conclusion 89-Fermer l'ENA-Rendre la socit franaise un droit de regard sur les politiques publiques-Dvelopper massivement l'emploi priv-Mettre fin la tutelle de l'tat sur les activits non lucratives-Un changement fondamental de paradigme

    Annexes : Ouvrages sur l'ENA 94- Quelques repres sur l'ENA 95- Sondages BVA .96- L'interview de Villepin au Parisien du 28 juin 2005 ..99

    http://chmage...32

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    Introduction

    Pour que la France survive, librons-nous de lnarchie en 2007

    Depuis 1974, la France rgresse ; depuis 1974, la France se fait distancer par dautres nations et son influence internationale na cess de samoindrir.Les analyses se sont multiplies, les explications ou plutt les excuses, ont abond, mais le dclin continue inexorablement.Pourquoi ? Parce que personne na os tirer la conclusion qui simpose, encore moins os formuler ce que certains vont considrer comme sacrilge : si la France dcline, cest cause de sa classe dirigeante, celle que nous avons tous lhabitude de mettre sur un pidestal parce quelle reprsente la puissance, parce quelle tient la plupart des leviers de commande, parce quelle reoit honneurs et dcorations.1974 : cest le dbut de la monte du chmage mais aussi de larrive au fate du pouvoir des gnrations dnarques de laprs guerre, parvenues maturit.Cest une classe dont la plupart des membres, sils ont t brillants aux examens, sont incomptents une fois sur le terrain.Lorsque les petits gnies de cette classe saffrontent au march, lorsquils le font hors la protection de lEtat qui les a oints, cela se termine presque toujours par un dsastre (voir les biographies de Promotion Titanic).Trs peu sont ceux qui ont survcu une formation inadapte et au mandarinat, formule qui a dtruit la Chine mdivale et qui consiste donner le pouvoir et la puissance vie des jeunes gens de 25 ans sous lunique prtexte quils ont russi des concours difficiles.Pire encore, il ne sagit mme pas dune classe mais dune caste, cest dire dun petit groupe dhommes et de femmes, qui ont confisqu le pouvoir non pour servir la nation, ce qui tait leur raison premire, mais pour se servir eux-mmes et multiplier leurs privilges. En effet, si la grande majorit des narques sert l'tat avec comptence et dvouement, la centaine de carriristes qui dtient les postes cls la tte de l'tat ou des entreprises se caractrise quant elle par son incomptence, son irresponsabilit et le service de ses intrts personnels.Au sein de cette caste, il ny a plus gure dhommes dEtat, dhommes pour lesquels lintrt du pays passe avant lintrt personnel. Le plus dramatique est que cette caste, qui paralyse la France, est compose dun nombre trs faible de personnes. Les anciens lves de lENA, car cest essentiellement eux dont il sagit, sont peine plus de 5000. Mais ce sont seulement quelques centaines dnarques carriristes qui ont la mainmise sur la quasi-totalit des postes-cls de la haute administration et du pouvoir excutif, grce auxquels ils contrlent en fait le pouvoir lgislatif. Ainsi, prs de 80% des postes de directeur du ministre des Finances, 75% des directeurs des cabinets ministriels, et la prsidence de la Rpublique sont aux mains des narques.

    Depuis 30 ans, aucun ministre ne peut avoir une quelconque influence sil ne meuble pas son cabinet dnarques et surtout dinspecteurs des finances.Le drame est que ces inspecteurs des finances nont pas appris lENA comment crer des richesses et rsorber le chmage. Crer de la richesse suppose de savoir prendre des risques calculs, or cest tout linverse que lon apprend lENA. La russite dune carrire dans la fonction publique nexige aucune capacit de cration et dinvention, car, pour produire ses effets visibles, il faudrait rester au mme poste trs longtemps ; par contre, il est impratif

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    dviter les vagues et lon apprend vite que seuls ceux qui ne tentent rien ne se trompent pasLENA a donc peupl le sommet de lEtat dindividus intellectuellement brillants slectionns par une succession de concours dont la difficult est avre, mais incapables de prendre des mesures courageuses, incapables de rformer et incapable de crer.Ils ne savent que contrler, rglementer, distribuer.Ainsi depuis 30 ans ils ont multipli non seulement les impts et les prlvements, mais aussi les rglementations qui fragmentent notre socit et multiplient les obstacles toute volution. Lnarchie monopolise linformation, la strilise, elle touffe le Parlement, dont les initiatives sont bloques par les dcrets dapplication ou les dlais mis leur parution, elle gouverne de faon solitaire dans sa tour divoire technocratique, entoure dune administration plthorique. Dans cette dpravation du pouvoir, les narques se retrouvent avoir partie lie avec les syndicats dont le fonds de commerce sest tellement rduit quil ne rside plus aujourdhui que dans la dfense des privilges accumuls par la fonction publique et les services publics.Ceci permet, au nom du "partenariat social", de la protection du modle social franais de stopper toute volution, dviter en particulier dappliquer en France les solutions qui ont fait leurs preuves ltranger et dont la philosophie essentielle est de sappuyer sur les initiatives individuelles et non les choix faits par quelques individus brillants. Mais sen inspirer serait rduire le rle de lEtat-Providence, o cette caste trouve la justification de son existence. Le modle social franais reste donc celui du chmage de masse.Il ny aura pas de renaissance franaise tant que cette caste conservera le monopole du pouvoir.

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    PREMIERE PARTIE

    L'INCOMPETENCE DES ENARQUES : CAUSE DE L'ECHEC

    FRANCAIS

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    Prambule : L'chec franais, chec de l'narchie

    La liste des checs des grandes entreprises gres par des narques est crasante.Dans le systme bancaire en particulier o, de 1989 1999, la valeur ajoute du secteur des tablissements financiers recule de 27 % en francs constants alors quil augmente dans la plupart des autres pays (+ 39 % en Grande-Bretagne, + 50 % aux USA) et dans le reste des services marchands franais (+ 17 %).C'est le cas du dsastre du Lyonnais, du Crdit Foncier, de lAgence Franaise de Dveloppement, le trou que creuse la Banque de France, 900 milliards de francs de pertes de change dans les annes 1997-1998 dont les mdias nont jamais parl. La banque franaise seffondre devant ses concurrents trangers et de nombreux fleurons sont rachets par des concurrents europens plus performants.Ainsi en 2003, selon le palmars des 100 premires banques europennes ralis par l'agence Ficht Rating, la premire banque franaise en termes de rentabilit n'est que 22me.Dans le secteur des grandes entreprises non financires, ce sont les catastrophes de Michel Bon France Tlcom, de Jean-Marie Messier Vivendi Universal, de Pierre Bilger et Philippe Jaffr Alstom, tous narques, inspecteurs des finances.

    Face ces checs, le nombre de succs d des narques est infime : lorsquon a cit Schweitzer chez Renault, Spinetta chez Air France, on a cit la quasi-totalit des succs internationaux dentreprises diriges par des narques. On remarque une corrlation indniable entre une bonne gestion de lentreprise et la qualit de non-narque : ainsi dans son livre Les intouchables Ghislaine Ottenheimer citant Antoine Bernheim reprend la liste des plus grandes russites et leur qualification : Bernard Arnault(Polytechnique), Vincent Bollor (droit), Serge Kampf (Sciences-co, recal lEna), Martin Bouygues (rien). Il ny a pas beaucoup dinspecteurs des finances .Il ny a pas de raison que ces jeunes messieurs comme les appelait Pierre Mends-France soient meilleurs dans la gestion des entreprises publiques ou de ladministration, mais labsence de concurrence masque leur incapacit.

    Il faut alors ne pas stonner si chaque fois ou presque chaque fois quon aborde une institution publique ou une entreprise publique non soumise la comptition, elle soit mal gre.Les narques ont en effet envahi tous les secteurs o la concurrence ne svit pas, o donc les pertes ne sont pas visibles parce que lEtat comble le trou ou leur confre des prlvements forcs, vritables taxes parafiscales :

    - La SNCF (Louis Gallois, Guillaume Pepy)- La RATP (Anne-Marie Idrac, Jean-Marc Janaillac)- EDF (Franois Roussely)- La Caisse des Dpts et Consignation (Francis Mayer)- Une partie de la radio et tlvision publique- Mme le secteur de la Sant o ils se sont multiplis lAssistance Publique de Paris

    et dans les Agences Rgionales dHospitalisation o ils occupent plus de la moiti des postes de direction.

    Pourquoi seraient-ils meilleurs dans ces positions protges que quand ils sont dans des postes exposs ?Et dune faon gnrale, pourquoi seraient-ils meilleurs dans les postes de direction du gouvernement ?

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    Surtout, comme on le verra dans la deuxime partie, il ny a pas de vrai contrle de lefficacit de la dpense publique et le ministre des Finances, o ils occupent une position dominante, crase tout de sa puissance.Les consquences en sont les dsastres du chmage car ils ne comprennent pas comment se crent les emplois, le gchis dargent public car ils refusent que dautres que des narques aillent mettre leur nez dans leurs comptes, le non-dveloppement du mcnat car ils craignent que le mcnat priv leur fasse concurrence et mette en vidence linefficacit publique, notamment dans la Culture, devenu un fief narchique.

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    Chapitre I

    Promotion Titanic1 ou les dsastres des narques

    Banques et assurances

    1-Michel Albert : ENA, promotion Guy Desbos (1954-1956). Inspecteur des finances.Il fut prsident du groupe Assurances gnrales de France (AGF) de 1982 1993. Le chiffre daffaires est multipli par 4, le bnfice net aprs impt est multipli par 10 et la capitalisation boursire par 55.Il dcide alors de raliser 40% de son chiffre daffaires linternational ce qui lobligera accrotre ses fonds propres pour financer ses achats.En change dune participation croise avec Pechiney, il hritera dun vritable cadeau empoisonn : la Banque du crdit chimique fusionne avec la Banque du Phnix.Cette dernire gnrera plus de 2 milliards de francs de pertes (303 millions deuros).Dans le mme temps la participation minoritaire des AGF dans le Comptoir des entrepreneurs lui vaudra terme une ardoise de plus de 2 milliards de francs.Enfin, ses investissements en Italie et en Espagne avec la Banesto ne seront pas plus profitables et aboutiront galement une perte de prs de 2 milliards.Fin 1993, il quitte les AGF pour le Conseil de la politique montaire de la Banque de France.Un total de 6 milliards de francs de pertes.

    AGF : 6 milliards de francs de pertes (910 millions deuros)

    Dcorations : Officier de la Lgion dhonneur, Grand officier de lordre national du Mrite.

    2-Jacques Attali : ENA, promotion Robespierre (1968-1970). Matre des requtes au Conseil dEtat.Cet ancien conseiller spcial de Franois Mitterrand quitte lElyse pendant le second septennat et prend la tte de la BERD (Banque Europenne pour la Reconstruction et le Dveloppement) en 1991. Il dmissionnera en 1993.La BERD est une organisation internationale situe Londres qui fut cr le 29 mai 1990 et inaugure le 15 avril 1991.Son but est de favoriser la transition vers une conomie de march dans les pays dEurope centrale et orientale et dans lex-URSS.La gestion de Jacques Attali fut dabord mise en cause du fait de ses dpenses fastueuses.Par exemple le cot de la construction du sige de la banque bas Londres a trs largement dpass le plan de financement initial et sest lev 560 millions de francs (85 millions deuros), dont un hall dentre somptueux en marbre de Carrare.Les dpassements de budgets pour la construction du sige auraient t suprieurs la totalit des prts consentis par la BERD aux pays de lEst !Ont galement t recenss une quarantaine de voyages en jet priv de Jacques Attali, des rmunrations (interdites par la rglement de la Banque) pour des confrences, des repas londoniens cotant 170.000 francs, ainsi que des dpenses personnelles sur le compte de la BERD rembourses de manire tardive.

    1 Nom donn par le Canard Enchan une promotion fictive de l'ENA

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    Au-del de ces dpenses inconsidres, sa gestion de la BERD a t fortement mise en cause par un rapport accablant effectu par la firme Coopers and Lybrand dmontrant un gaspillage social et humain gigantesque.Jacques Attali dmissionnera suite ce rapport le 25 juin 1993. Jacques de Larosire prendra sa suite en 1994.Jacques Attali est actuellement la tte de PlaNet Finance, administrateur de Keeboo depuis 2000 et de Siebel Systems.

    3-Jean-Michel Bloch-Lain : ENA, promotion Saint-Just (1961-1963), Inspecteur des finances. Cet ancien directeur des Impts fut Prsident du Conseil dadministration de la Banque Worms, filiale bancaire de lUAP, de 1984 1992.Comme la plupart de ses amis narques, il mise sur limmobilier pour dvelopper la banque.Comme l'nonce Le nouvel conomiste dans son dossier (n 1071) consacr aux pantouflards, cette stratgie sera un chec total : 14,9 milliards de francs de pertes, soit prs de 8 fois les fonds propres de ltablissement, qui canalise une grande partie des aides franaises au tiers-monde et notamment l'Afrique. Il donna sa dmission en 1992 la demande de Jean Peyrelevade, alors patron de lUAP. Il se recasera sans aucune difficult la prsidence du Conseil de surveillance de la Caisse franaise de dveloppement.Il avoue lui-mme dans le livre Les intouchables de Ghislaine Ottenheimer je ne connaissais rien la gestion dune banque , je ntais pas fait pour les affaires .

    Worms : 14,9 milliards de francs de pertes (2,29 milliards deuros)

    Dcorations : Commandeur de la Lgion dhonneur et de lordre national du Mrite.

    4-Georges Bonin : ENA, promotion Guy Desbos (1954-1956).Il fut gouverneur du Crdit foncier (CFF) de 1982 1994 et l'a conduit la liquidation.Comme le rappelle LExpansion dans un article du 20 fvrier 1997 Georges Bonin s'tait fait donner par le Conseil dadministration l'autorisation de dcider seul d'importantes oprations. Le seuil au-dessous duquel il pouvait autoriser un achat d'immeuble avait t relev 15 millions en 1991, et celui des acquisitions et cessions de titres, 40 millions en 1993. De plus, des "prts avantageux" des "clients privilgis" auraient t octroys, comme le note le rapport ralis par la Comit central dentreprise dans le cadre du droit dalerte. Devant ce dsastre gnral, chacun a rejet la responsabilit sur les dysfonctionnements du systme. Mais la gestion dsastreuse est bien luvre de Georges Bonin. Les principales ardoises proviennent des activits de promotion en propre et du financement de promoteurs et de marchands de biens. Convaincu de son insubmersibilit, le Foncier a investi contre-temps dans limmobilier, un entrelacs de 170 filiales, notamment lImmobilire foncier Madeleine. Faute dun provisionnement suffisant en temps voulu, les comptes de 1995 se sont solds par une perte nette consolide de 10,8 milliards de francs ; les fonds propres sont devenus ngatifs de 2,4 milliards de francs.En 1995, le Crdit Foncier a d passer des provisions immobilires record de 13,5 milliards de francs. La perte de 1995 a rduit les fonds propres nant : le Crdit foncier est virtuellement mort.En deux ans, laction perd prs de 95% de sa valeur.En 1994, le gouvernement avait nomm un autre inspecteur des Finances (Jean-Claude Colli) la tte de cette institution en perdition. Ce dernier pas plus que son prdcesseur na

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    eu le courage de faire une opration vrit sur les comptes ; il sera limog 14 mois aprs son arrive et remplac par Jrme Meyssonnier, PDG de la Banque Hnin.Le 26 juillet 1996, lEtat nationalise le CFF pour le liquider.

    Crdit Foncier de France : 10,8 milliards de francs de pertes (1,6 milliard deuros)

    5-Patrick Careil : ENA, Promotion Simone Weil (1972-1974), Inspecteur des finances.Patrick Careil fut directeur de cabinet de Charles Hernu pendant laffaire du Rainbow Warrior puis de Paul Quils (ministres de la Dfense). Il fut ensuite collaborateur de Pierre Brgovoy au ministre des finances. Il fut galement la pice matresse du raid manqu sur la Socit Gnrale. Nomm en 1989 la tte de la Banque Hervet (tablissement bancaire nationalis en 1982) grce linfluence de certains amis politiques, il nen partira quen 2004.Lui non plus na pas su viter les piges de limmobilier. En 1992, la Banque Hervet affiche sa premire perte : 186 millions de francs. Mais ce nest rien a ct des pertes affiches en 1993 : 1,2 milliard de francs.Lampleur des pertes va dailleurs stopper la privatisation de cet tablissement bancaire et il faudra attendre le mois de mars 2001 et des plans dconomies drastiques pour que celle-ci ait lieu. La privatisation de la Banque Hervet sest finalement effectue au profit du CCF (Crdit commercial de France).Il est noter que malgr ces pertes, qui taient les premires dans lhistoire de la Banque Hervet, qui a toujours t reconnue pour sa rentabilit, Patrick Careil sest vu proposer en 1997 la prsidence de la Socit marseillaise de crdit. Il fut dailleurs nomm sa tte le 2 dcembre 1997 la place de M. Habib-Deloncle, tout en conservant ses fonctions la Banque Hervet.

    Banque Hervet : 1,2 milliard de francs de pertes (180 millions deuros)

    Dcorations : Chevalier de la Lgion dhonneur et de lordre national du Mrite

    6-Patrice Chevallier : ENA, promotion Thomas More (1969-1971). Administrateur civil.Aprs avoir travaill avec Roger Quilliot, Patrice Chevallier devient directeur de cabinet de Paul Quils. En 1990, il est choisi par Georges Bonin, Gouverneur du Crdit Foncier de France (CFF), pour prendre la tte de la Compagnie financire de crdit, filiale du CFF.Il va se lancer dans des oprations aussi hasardeuses que dsastreuses sans que Georges Bonin ne dise mot et sans tenir compte du retournement du march de limmobilier.Le Monde dans un article du 16 avril 1996 numre les dysfonctionnements : Pas de comptes consolids pour les 170 filiales qui se sont dveloppes la fin des annes 80. Prises de dcisions souvent discrtionnaires. Conseils dadministration formels et mondains. La maison fonctionne sans aucune corde de rappel. Le coup de grce sera port en 1995 par le gouvernement Jupp qui signe la fin des prts daccession la proprit (PAP) et leur remplacement par le prt taux zro que toutes les banques peuvent distribuer. Le monopole du Crdit Foncier sur la distribution du PAP constituait une vritable rente qui lui permettait de masquer les pertes de ses autres activits. Le Crdit Foncier perd tout rle particulier (Le Monde).Patrice Chevallier a donc une part importante de responsabilit dans les 10,8 milliards de francs de pertes du CFF (1,6 milliard deuros).

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    Limog en 1994, il reoit une indemnit de 2,15 millions de francs.M. Arthuis, ministre de lEconomie et des Finances du gouvernement Jupp avait dcid de sanctionner Chevallier en suspendant son traitement partir du premier novembre 1996. Le but de cette sanction tait de protester contre cette indemnit scandaleuse.Cependant cette sanction sera annule par le Conseil dEtat pour manque de base lgale.A la suite de son renvoi Patrice Chevallier retourne au Trsor. Depuis 2001, il est directeur financier et Membre du Comit Excutif du groupe Elior.

    Crdit Foncier de France : 10,8 milliards de francs de pertes (1,6 milliard deuros)

    7-Jean Dromer : ENA, promotion France-Afrique (1955-1957). Inspecteur des finances.Cet ami de Jacques Chirac et de Michel Rocard a succd, en 1967, Pierre Ledoux la tte de la BNP. Puis il quittera la BNP pour diriger la BIAO (Banque Internationale pour lAfrique de lOuest), une banque moyenne implante en Afrique. Des prts inconsidrs aux pays du tiers-monde amorcent la crise de la banque. Quelques mois avant son dpart pour le CIC (Crdit Industriel et Commercial), Dromer prend le risque dintroduire en bourse les certificats dinvestissements de la BIAO. Cette erreur amne la banque au bord de la faillite. En 1988, lEtat appelle la BNP, dirige par Ren Thomas, reprendre la BIAO ; celle-ci sexcutera et deviendra actionnaire majoritaire la fin de lanne 1988. Ce sauvetage cotera quelques 3,5 milliards de francs (530 millions deuros) la BNP. Lexercice 1988 se soldera par un dficit de 393 millions de francs (60 millions deuros).Jean Dromer sen tirera pourtant plutt bien puisquil prend la direction du groupe LVMH(Louis Vuitton-Mot-Henessy) en 1990.

    BIAO : 393 millions de francs de dficit (60 millions deuros)

    8-Jacques Friedmann : ENA, promotion Vauban (1957-1959). Inspecteur des finances.Ce grand commis de lEtat qui symbolise le capitalisme politis et administr ne doit sa carrire qu des forts appuis de J. Chirac et dE. Balladur.Il assura la prsidence de lUAP (Union des Assurances de Paris) entre 1993 et 1997 et pour la premire fois de son histoire celle-ci afficha 2 milliards de francs de pertes, le cours de la Bourse a perdu 30% et lUAP a t absorbe par Axa.Comme le souligne Le nouvel conomiste dans son numro 1071 Friedmann nen tait pourtant pas son coup dessai puisque sa gestion la prsidence de la Compagnie Gnrale Maritime donna lieu ce qui fut reconnu par tous comme un naufrage.En tant que Prsident dAir France, il na pas eu le courage de rformer, laissant la compagnie senfoncer dans une spirale descendante.

    UAP : 2 milliards de francs de pertes (303 millions deuros)

    Dcorations : Commandeur de la Lgion dhonneur, Chevalier de lordre national du Mrite.

    9-Michel Gallot : ENA, promotion France-Afrique (1955-1957). Inspecteur des finances.Il entre au Crdit Lyonnais en 1962, en devient directeur gnral adjoint en 1973, puis directeur gnral honoraire en 1991.Dans le mme temps il exercera, entre 1975 et 1994, les fonctions de prsident de la SDBO (Socit de banque occidentale), lune des principales filiales bancaires du Crdit Lyonnais, spcialise dans le rachat dentreprises en difficult. Cet tablissement, dont le directeur gnral est Pierre Despesailles, sera bnficiaire jusquen 1990.

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    A partir de 1992, la descente aux enfers commence en raison de la gestion dsastreuse de Gallot et Despesailles : absence totale de stratgie densemble, clientle douteuse, dveloppement boulimique du secteur immobilier et du financement des entreprises en difficultDautre part, la SDBO na cess de cder aux caprices de Bernard Tapie qui en tait le principal client. Ce dernier obtenait des crdits sur simple autorisation de dcouverts et ne payait pas ses agios. Le train de vie du couple Tapie fut financ par la SDBO.Comme le souligne Ghislaine Ottenheimer dans son livre Les Intouchables, juste avant la revente dAdidas, les prts consentis par la SDBO B. Tapie reprsentaient deux fois et demi les fonds propres de la Banque !!! .Ces dysfonctionnements plongeront ltablissement dans labme avec une perte cumule proche de 4 milliards de francs (610 millions deuros).Vinrent ensuite ce que lon a appel les affaires cannoises :Lune dentre elles concernait lachat pour 44 millions de francs, en 1989, dun terrain de 5,7 hectares Cannes par une socit constitue pour loccasion. Cet achat avait t financ par un prt de la SDBO. En 1991, Michel Mouillot, maire de Cannes, avait class la municipalit cannoise en zone damnagement concert (ZAC), permettant la revente du terrain pour 165 millions de francs, soit une plus-value de 121 millions. Qui avait financ lachat du terrain ? La SDBOLhistoire de la SDBO prendra fin en 1996 lorsque la partie saine de la banque est rachete par le Crdit Lyonnais au prix de 50 millions de francs. Tous les actifs douteux, environ 10 milliards de francs, restent la charge du CDR (Consortium de ralisation) et donc du contribuable.En septembre 1997, Michel Gallot, ex-prsident, est mis en examen et crou pour abus de confiance.

    SDBO : 4 milliards de francs (610 millions deuros) de pertes cumules

    Dcorations : Officier de la Lgion dhonneur et de lordre national du Mrite

    10-Jean-Yves Haberer : ENA, promotion Vauban (1957-1959), major. Inspecteur des finances.Pierre Brgovoy le nomme en 1988 prsident du Crdit Lyonnais. Sa stratgie est la suivante : il multiplie les acquisitions bancaires et gonfle son portefeuille de participations industrielles, une stratgie dlibrment offensive en dpit dune conjoncture conomique dfavorable. Les mauvaises surprises ne vont pas tarder se faire sentir, avec les dossiers du financement de Bernard Tapie et de la socit financire Sasea, par exemple, ou celui du rachat de la Metro Goldwin Mayer qui lui cotera finalement 12 milliards de francs (1,8 milliard deuros).En mars 1994, le Crdit Lyonnais annonce une perte nette de 6,8 milliards de francs (1 milliard deuros) au titre de lexercice 1993. Lentreprise sera menace de mise en faillite par la Commission europenne en 1998.En novembre 1993, M. Haberer est remerci et nomm prsident du Crdit national, o il ne restera pas longtemps. Le Lyonnais ne cessera plus de dfrayer la chronique, absorbant quelque 15 milliards d'euros d'aides de l'Etat. Longtemps silencieux, Jean-Yves Haberer a publi, en 1999, un livre plaidoyer, Cinq ans de Crdit lyonnais (Ramsay). Les critiques qui lui sont adresses sont regroupes dans un chapitre intitul : "Diabolisation du bouc missaire".Dautre part, le juge s'est pench sur les dpenses somptuaires du PDG. Sous sa prsidence, d'importants travaux de rfection du sige ont t entrepris, et 3,8 millions

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    de francs (environ 600 000 euros) de meubles anciens et d'objets d'art ont t achets auprs d'antiquaires parisiens, parfois mme par Jean-Yves Haberer lui-mme , note le juge. Ces dpenses somptuaires apparaissent totalement inopportunes au regard des difficults rencontres par la banque entre 1991 et 1993. Elles rvlent cet gard une certaine mgalomanie , conclut le juge.Haberer a t condamn le 23 fvrier 2005 18 mois de prison avec sursis et 1 euro de dommages-intrts au Crdit Lyonnais, en raison de faux bilans remontant aux annes 1991 et 1992. Ces faux bilans taient destins masquer lampleur de la catastrophe financire en cours, conscutive la stratgie expansionniste de Haberer. En effet, en 1992, il avait affich une perte limite 1,8 milliard de francs (275 millions deuros) alors que lardoise tablie des annes plus tard sera proche des 50 milliards de francs (7,5 milliards deuros). Dans le mme temps, sur la priode 1988-1993, deux banques comparables, la BNP, alors publique, et la Socit gnrale, dj prive, sont restes mesures dans leurs investissements, nont pas adopt une stratgie haut risque et n'ont jamais cess d'tre bnficiaires.Ce grand commis de lEtat est aujourdhui la retraite. Comme le note un ancien financier cit par Le Monde, Jean-Yves Haberer a jou, entre 1988 et 1993, 30 40 milliards de francs au poker avec la complicit du gouvernement... et il a perdu .

    Crdit Lyonnais : environ 100 milliards de francs de pertes (15 milliards deuros)

    11-Jean-Maxime Lvque : ENA, promotion Union franaise (1946-1948). Inspecteur des finances.Il reprsente la France au FMI et la Banque internationale pour la reconstruction et le dveloppement. Il fut conseiller conomique lElyse jusquen 1964 et quitta ce poste pour le Crdit commercial de France (CCF) dont il devint prsident en 1976.A la fin des annes 70, il avait dj men le CCF au bord du gouffre cause notamment de prts accords au Brsil. A la veille de sa privatisation, en 1987, il faudra une recapitalisation de 2 milliards de francs par lEtat pour sauver le CCF de la faillite.En 1982, il cre une petite banque (IBI : International Bankers Incorporated) maison-mre dIBSA, sa filiale franaise. LIBI est domicilie dans les Antilles nerlandaises et IBSA au Luxembourg.Les erreurs de gestion saccumulent, la clientle est peu nombreuse et douteuse, et peu peu la banque senfonce. En 1986, Lvque est nomm la prsidence du Crdit Lyonnais, ce qui lui permet de donner un peu doxygne lIBI. Lembellie ne durera pas car ce proche du RPR est limog la suite de la dfaite de la droite aux lections lgislatives de 1988. Il regagne alors le sige de prsident de lIBI et cherche des investisseurs.Jean-Yves Haberer, qui la remplac la tte du Crdit Lyonnais, finit par cder la demande daide de Lvque et les titres IBI sont achets 30% au-dessus de leur valeur. Le Crdit Lyonnais a pris 25% du capital dIBI en 1990. IBSA et sa maison-mre deviennent des filiales du Crdit Lyonnais. En achetant les titres IBI largement au-dessus de leur valeur, il semble en fait que Haberer ait voulu renvoyer lascenseur Lvque qui lavait chaudement recommand au nouveau gouvernement et qui tait intervenu auprs de ses amis RPR pour quune commission denqute parlementaire sur le Lyonnais ne soit pas constitue.En 1991, la ralisation dune plus-value fictive de lordre de 100 millions de francs permet IBSA dafficher un rsultat bnficiaire au lieu dune perte de 80 millions. Mais ce nest pas tout : des commissions occultes furent verses lors de transactions immobilires ralises la fin des annes 80.

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    En 1994, les pertes de lIBI se chiffrent dj plusieurs milliards de francs et le Crdit Lyonnais, actionnaire majoritaire, paie seul laddition sur largent du contribuable.En 1997, les pertes se chiffrent 8 milliards de francs et lensemble du groupe se trouve entre les mains du Consortium de ralisation, structure charge de vendre les actifs compromis du Crdit Lyonnais. Entre 1993 et 1997, plus de vingt procdures ont t lances contre IBI et IBSA.Jean-Maxime Lvque est mis en examen le 29 mai 1997 pour complicit dabus de confiance, recel, complicit de prsentation de comptes inexacts pour IBSA et pour IBI, et complicit de distribution de dividendes fictifs .Il sera incarcr la prison de la Sant du 29 mai au 26 septembre 1997.On a dcouvert par la suite que lorsquil tait patron du Lyonnais il aurait fortement aid unesocit de location de matriel informatique, Econocom, proprit du frre de son gendre. La banque se serait engage hauteur de 1,3 milliard de francs

    CCF : lEta dboursera 2 milliards de francs (300 millions deuros) IBI : 8 milliards de francs de pertes (1,2 milliard deuros)

    12-Robert Lion : ENA, promotion Lazare Carnot (1959-1961). Inspecteur des finances.Robert Lion fut, comme le souligne Ghislaine Ottenheimer dans son ouvrage Les intouchables, le bras arm dans le raid rat contre la Socit Gnrale .Aprs avoir t directeur de cabinet du Premier ministre Pierre Mauroy en 1981-1982, il sera directeur de la Caisse des dpts et consignations de 1982 1992.Toujours selon lauteur des Intouchables, un rapport de la Cour des comptes a point du doigt les conditions dans lesquelles il a effectu la cession des Wagons-Lits.Dautre part, Robert Lion a fait construire un restaurant sur le toit du Thtre des Champs-lyses, appartenant la Caisse des dpts. Les plans de ce restaurant ont t confis sa seconde femme qui est architecte . Aprs son dpart, les snateurs ont exig une rforme en profondeur de la Caisse avec une redfinition de ses missions . Comme le souligne Ghislaine Ottenheimer dcidment pour des hommes forms contrler, veiller la lgalit de la dpense publique, on patauge dans les privilges .

    Dcorations : Officier de la Lgion dhonneur et de lordre national du Mrite

    13-Pierre Moussa : Diplm de lEcole Normale Suprieure, il est reu premier lInspection des finances en 1946.En 1982, il cre Finance and Development Inc (USA) dont il fut prsident jusquen 1987. En 1984 il cre Pallas group, ultrieurement Pallas holding (Luxembourg) dont il demeure PDG jusqu sa fusion avec la Compagnie industrielle de Paris (COMIPAR) en 1992.Sous sa prsidence, la banque Pallas-Stern sest lance dans des engagements immobiliers hasardeux et a connu la premire grande faillite enregistre par une banque prive : 8 milliards de francs de pertes.Pierre Moussa a d cder la place Grard Eskenazi, dont la holding Comipar a inject 600 millions de fonds propres dans la banque Pallas-Stern.La journaliste Irne Inchaups a montr dans son livre Une faillite si convenable que leffondrement de la banque Pallas Stern tait en germe depuis 1991. Le responsable principal de cette gigantesque faillite est donc bien Pierre Moussa. La banque Pallas-Stern a dpos son bilan lt 1995. Banque Pallas-Stern : 8 milliards de francs de pertes (1,2 milliard deuros)

    Dcorations : Officier de la Lgion dhonneur, officier de lordre national du Mrite

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    14-Roger Prain : ENA, promotion Paul Cambon (1951-1953). Inspecteur des finances.Comme lexplique Le nouvel conomiste dans son dossier du 17 janvier 1997, lancien directeur gnral du CCF (Crdit commercial de France) devenu prsident du conseil dadministration de sa filiale lEuropenne de banque na pas su freiner la drive de ltablissement dans limmobilier.Rachete 1,6 milliard en dcembre 1990 par le groupe britannique Barclays, lex-Europenne cotera au moins 4 milliards de francs ses acqureurs.Roger Prain devient ensuite directeur gnral de la Banque Vernes en 1992 mais l non plus il ne parviendra pas viter la catastrophe : fin 1993 une escroquerie aurait cot prs de 2 milliards de francs Eurobail et Pyramides Bail, deux filiales de ltablissement. (Lenouvel conomiste n 1071).Cette perte fut suffisante pour imposer aux actionnaires de la banque une recapitalisation de 300 millions de francs en septembre 1996.

    Banque Vernes : recapitalisation de 300 millions de francs (45 millions deuros)

    Dcorations : Officier de la Lgion dhonneur, Chevalier de lordre national du Mrite..15-Jean-Claude Trichet : ENA, promotion Thomas More (1969-1971). Inspecteur des finances. En 1978, il devient conseiller technique de Valery Giscard dEstaing puis, en 1986, conseiller dEdouard Balladur aux finances. En 1987, il devient directeur du Trsor.Il fut gouverneur de la Banque de France de 1993 2003.Durant sa prsidence, Jean-Claude Trichet na rien fait pour rduire les dpenses de la Banque de France ni pour en empcher les dysfonctionnements et les gaspillages.Une tude de lIFRAP publie en 1999 dresse un bilan dsastreux : la Banque de France gaspille 10 milliards de francs (1,5 milliard deuros) par an.La Banque de France o le salaire moyen est suprieur 18.000 francs par mois emploie 6 fois plus de personnel que celle dAngleterre et 10 fois plus que celle du Canada : 1700 personnes et 5 succursales au Canada, 2660 personnes et 12 succursales en Grande-Bretagne, 17239 personnes et 211 succursales en France. Mme lAllemagne, qui a plus dhabitants que la France, na que 125 succursales.De plus, imprimer un billet cote trois fois plus cher dans lhexagone : 1 franc par billet pour la Banque de France, 29 centimes pour la Banque dAngleterre. Sans compter le comit dentreprise qui est encore plus avantageux que celui dEDF...Et pourtant depuis le 1er janvier 1999, la dfinition de la politique montaire franaise appartient la Banque Centrale Europenne. La Banque de France est donc prive de sa mission principale et aurait d tre restructure par Jean-Claude Trichet. Pourtant celui-ci na pas pris les mesures ncessaires la modernisation de la Banque de France. Celle-ci conserve ses privilges et ses avantages.Plusieurs rapports ont mis en vidence la ncessit imprieuse de restructurer la Banque de France. La Cour des comptes dans un rapport rendu en 2003 affirme : le format de la Banque de France est aujourdhui trs suprieur au souhaitable ; elle plaide pour une rduction drastique du nombre des succursales. Une tude dYves Barroux, secrtaire gnral de la Banque de France allait dans le mme sens.Il faudra attendre le dpart de Jean-Claude Trichet pour quune timide rforme soit engage.

    Dcorations : Officier de la Lgion dhonneur et de lordre national du Mrite

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    Entreprises publiques

    16-Bernard Attali : ENA, promotion Turgot (1966-1968). Auditeur puis conseiller rfrendaire la Cour des comptes.Cet ami de Franois Mitterrand fut parachut la prsidence dAir France en 1988 et assurera une gestion dsastreuse jusqu ce quil quitte ses fonctions en 1993.Bernard Attali a men une politique dinvestissements douteuse : il a rachet la compagnie UTA Jrme Seydoux en payant les actions UTA plus de 4000 francs, alors quelles taient cotes en bourse moins de 2900 francs. Cette surprime avait-elle pour but damliorer les finances de Jrme Seydoux, proche de Franois Mitterrand et fragilis par les pertes gnres par ses investissements dans la 5me chane de tlvision ?Air France a ensuite pris une participation dans la compagnie Sabena, participation quil a fallu vendre quelques annes plus tard.Enfin, Bernard Attali a trouv quAir France manquait davions et de pilotes et a lanc un vaste programme de formation de pilotes. Au cours de la formation de ces jeunes pilotes, la direction sest aperue quAir France avait trop de pilotes et a suspendu la formation de ces jeunes pour leur attribuer des emplois subalternes du type bagagiste.Selon lavis numro 87 de 1997-1998 de la Commission des affaires conomiques du plan du Snat, la situation financire sest dgrade partir de 1989 pour devenir catastrophique en 1992 et 1993 : le dficit tait de 8 milliards de francs en 1993, avant la mise en place du plan de redressement intitul projet pour lentreprise . En effet, en 1992 dj, le dficit atteint 3,2 milliards de francs (500 millions deuros), et atteindra 8 milliards (1,2 milliard) un an plus tard.Dans le mme temps, British Airways et Lufthansa, les deux grandes concurrentes

    europennes dAir France, voluent dans le mme paysage mais la premire reste bnficiaire et la seconde se redresse.Le 15 septembre 1993, au conseil dadministration, est annonce une suppression de 4300 postes dici 1994, dont 1000 emplois de navigants. Cest la premire fois que les pilotes seront touchs.Ces mesures seront accompagnes dun coup de pouce financier de lEtat proche de 4 milliards de francs (600 millions deuros).En 1993, la compagnie arienne est inscrite par E. Balladur sur la liste des entreprises privatisables. Les difficults dAir France ont commenc avec Bernard Attali et se termineront grce son dpart. En effet, partir de 1995 la situation va samliorer.Christian Blanc remplacera Bernard Attali au poste de Prsident dAir France en 1993.Bernard Attali devient prsident du conseil de surveillance puis prsident du collge des associs-grants de la banque Arjil.

    Air France : 8 milliards de francs de dficit (1,2 milliard deuros) Aide de lEtat : 4 milliards de francs (600 millions deuros)

    Dcorations : Officier de la Lgion dhonneur, Commandeur de lordre national du Mrite.

    17-Michel Bon : ENA, promotion Thomas More (1969-1971), Inspecteur des finances.Aprs avoir t PDG de Carrefour et remerci par les actionnaires, puis directeur gnral de lANPE (nomm ce poste par Edouard Balladur grce lintervention dAlain Minc, autre inspecteur des finances), il prit la tte de France-Tlcom en 1995 pour y rester jusquen 2002.

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    Il a prsent pour lanne 2001 une perte nette denviron 8,5 milliards deuros, alors que le groupe revendiquait un bnfice de 3,6 milliards deuros pour lexercice prcdent.Axe sur une stratgie de croissance externe et dinvestissements considrables dans les technologies mergentes, France Tlcom a vu sa dette exploser : lendettement net de lentreprise est pass de 14,6 milliards deuros fin 1999 61 milliards deuros fin 2000, 63,4 milliards deuros en 2001 et 68 milliards deuros en 2002, tandis que les capitaux propres consolids seffondraient de 33,2 milliards deuros en 2000 9,9 milliards deuros en 2002. France Tlcom : 68 milliards deuros de pertes

    Dcorations : officier de la Lgion dhonneur et de lordre national du mrite, Chevalier du Mrite agricole.

    18-Jean-Franois Cirelli : ENA, promotion Lonard de Vinci (1983-1985). Administrateur civil la direction du Trsor du ministre de l'Economie et des Finances de 1985 1989, il fut conseiller conomique la Prsidence de la Rpublique de 1997 2002, puis directeur adjoint au cabinet de Jean-Pierre Raffarin, en charge des questions conomiques, industrielles et sociales, de 2002 2004.Le 15 septembre 2004, Jean-Franois Cirelli prend la tte de GDF (Gaz de France) en remplacement de Pierre Gadonneix.On peut s'tonner que l'on ait choisi un membre du cabinet de Jean-Pierre Raffarin pour prendre la tte de GDF et que juste aprs on ait cr une "usine gaz monumentale qui camoufle une dette d'une douzaine de milliards d'euros" comme l'crit l'conomiste Jean-Pierre Chevallier. "En effet, les charges de retraite de GDF vis--vis de ses salaris se montent 2,571 milliards d'euros seulement alors qu'elles devraient tre de 14,854 milliards d'euros comme le rvle le rapport annuel (comptes consolids).""12,253 milliards d'euros de dettes ont donc disparu du patrimoine de GDF grce la loi du 9 aot 2004! Comme l'explique Jean-Pierre Chevallier, ces dettes "ont t reprises par ce que les Franais appellent des organismes sociaux : des caisses de retraite, par l'intermdiaire de montages financier complexes difficilement comprhensibles".Les charges de retraite des salaris d'une entreprise s'analysent comme des dettes venant en diminution de ses capitaux propres qui sont affichs 10,337 milliards d'euros pour GDF; en ralit avec 12,253 milliards d'euros de charges de retraites, ils devraient tre ngatifs hauteur de 1,876 milliards d'euros.Avec des dettes long terme de 4,793 milliards d'euros, la situation nette de GDF devrait donc tre ngative de 6,669 milliards.GDF est cens rembourser en 20 ans cette dette aux organismes sociaux mais utilise un artifice qui transforme cette dette en avance remboursable.La situation relle est en fait savamment cache aux investisseurs non avertis. Et le pire est que ces comptes non conformes aux rgles ont t tablis et contrls par les reprsentants de l'tat qui sont chargs par ailleurs de vrifier la rgularit des comptes des socits.GDF tait considr comme un service public et n'tait donc pas oblig de publier ses comptes selon les rgles que doivent respecter les socits. De ce fait l'exercice 2003 pouvait lgitimement ne pas faire apparatre les charges de retraites du bilan.Mais tant cot en bourse depuis juillet 2005, GDF aurait d prsenter dans ces comptes 2004 ces charges de retraite.Cependant, la loi du 9 aot 2004 est venue fort opportunment soustraire de son patrimoine cette dette de 12 milliards d'euros (sur l'exercice 2004) qui n'a donc jamais figur son bilan."narques et arnaques semblent bien aller de pair

    GDF : dette de 12 milliards d'euros

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    19-Louis Gallois : ENA, promotion Charles de Gaulle (1970-1972). Administrateur civil.Il est la tte de la SNCF depuis 1996.

    La SNCF a t longtemps une des gloires franaises ; haut lieu de la Rsistance pendant la deuxime guerre mondiale, la SNCF sous la houlette du grand ingnieur que fut Louis Armand devint lun des rseaux les plus performants tant que la ponctualit lgendaire des trains que par les grandes perces technologiques associes au dveloppement de la traction lectrique (thyristors de puissance, etc.) qui remplaa les locomotives vapeur et une grande partie des machines diesel lectrique. A lpoque dArmand, le sige central occupait une centaine de personnes.Aujourdhui la SNCF nest plus que lombre delle-mme. Elle dtient le record des grves avec par salari environ 18 fois plus de jours de grve que dans lindustrie prive et six fois plus que dans la moyenne de la fonction publique. Simultanment elle tient le ruban rouge de la sous-productivit avec un nombre de voyageurs transports par agent (ou de kilomtre-voyageur par agent) le plus faible de tous les rseaux occidentaux. Il sy associe un dficit considrable puisque moins de la moiti des dpenses sont couvertes par les recettes commerciales (billets, fret) , les 10 milliards restants tant couverts par les budgets publics sous des prtextes divers. Et la socit devient clbre par ses retards. Y a-t-il un lien entre grves et productivit ? Cette dernire provient essentiellement non du personnel roulant mais du personnel administratif ; 10.000 personnes au sige contre 2.500 laDeutsche Bahn Allemande. Ecrass sous la bureaucratie, les personnels productifs sont devenus des numros dont les revendications souvent lgitimes sont ignores ou traits par une machine. Louis Gallois, promotion ENA 1972 a pris la direction de la SNCF en 1996. Il a t rejoint en 1997 par Guillaume Pepy, ENA 1984, membre du Conseil dtat et ancien directeur de cabinet de Martine Aubry, ministre du travail. Que vient faire le Conseil dEtat dans la traction ferroviaire ? Lun et lautre sont habiles naviguer dans la caste dirigeante car ils ont su demeurer au pouvoir malgr les rsultats catastrophiques rappels ci-dessus.Augmentant le personnel employ sous le rgime socialiste, le rduisant du bout des doigts depuis 2002, le personnel total employ a peu vari sous leur rgne.Quand la SNCF aura-t-elle de vrais patrons qui rendent au personnel de notre socit nationale le fiert dune grande tradition et, avec elle, le got de la performance ? Et la prparer louverture la concurrence qui, compte tenu de limmobilisme de Gallois et de Pepy, va tre terrible ?

    Dcorations :-Louis Gallois : Chevalier de la Lgion dhonneur et officier de lordre national du Mrite-Guillaume Pepy : Chevalier de la Lgion dhonneur

    20-Alain Minc : ENA, major de la promotion Lon Blum (1973-1975). Inspecteur des finances.Aprs un passage controvers la direction financire de Saint-Gobain, il devient administrateur-directeur gnral de Cerus en 1986 et y restera jusquen 1991.Si pendant prs de 2 ans tout lui russit, tout va basculer en 1988 : lchec du raid sur la Socit gnrale de Belgique lui sera fatal.Ses actionnaires en seront pour leur frais : une addition de plus de 4 milliards de francs au total quil laissera Carlo de Benedetti.Cela ne lempchera pas dtre Prsident de la Socit des lecteurs du Monde de 1985 2003 et de devenir en 1994 Prsident du Conseil de surveillance de la SA Le Monde.Il cre galement sa propre socit compose de 3 personnes (AM Conseil) en 1991.

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    Comme le rappelle Le Canard enchan cet ancien inspecteur des finances (...) vit de ses conseils et de ses " jetons " dadministrateur. Outre Valeo (45 000 euros par an), il occupe un fauteuil dans le groupe PPR, que dirige Franois Pinault (37 600 euros par an), et dans deux de ses filiales, Yves Saint Laurent et la Fnac. Minc sige aussi au conseil dadministration de Vinci, numro un mondial du bton (18 000 euros par an), et chez lamricain Westinghouse, champion, entre autres, de la construction de centrales nuclaires .

    Cerus : laddition sera de plus de 4 milliards de francs (600 millions deuros)

    Dcoration : Officier de la Lgion dhonneur

    21-Yves Roland-Billecart : ENA, promotion Jean Giraudoux (1950-1952). Inspecteur des finances.Il fut directeur de la Caisse Franaise de dveloppement (CFD) devenue l'Agence Franaise de dveloppement (AFD) depuis 1998, avant de devenir PDG de la compagnie Air-Afrique de 1989 1997 et sa gestion fut dsastreuse. Il a fait appel la CFD pour redresser la situation de la compagnie.La CFD a pour rle de distribuer une partie importante de laide publique franaise au dveloppement. Cest un lment central de la politique de coopration de la France vis vis de lAfrique et des Dom-Tom.Le statut de la CFD en fait une institution financire spcialise et elle fonctionne comme une banque de dveloppement. La crise de la dette dans le tiers-monde la place en situation de faillite virtuelle.En 1989 dj la CFD connat des difficults financires importantes, elle octroie pourtant un prt de 20 millions de francs (3 millions deuros) chacun des 10 pays actionnaires pour mettre en place un plan de redressement de la compagnie Air-Afrique.Ce prt semblant insuffisant, en1992, la CFD accorde un nouveau prt la restructuration de la compagnie arienne qui souscrit cette fois directement hauteur de 50 millions de francs (7,6 millions deuros).En 1993, elle finance lacquisition des pices de rechanges pour les avions de la socit ainsi que la rfection dun hangar.En 1994, elle prte de nouveau pour la rnovation des installations de la compagnie Cotonou.La dette dAir-Afrique slve en 1997 183 milliards de francs CFA (environ 279 millions deuros).Or cest Yves Roland-Billecart (ancien directeur de la CFD) qui a dirig Air-Afrique sur toute la priode jusqu ce que le conseil dadministration dAir-Afrique constate le 12 septembre 1996 la situation de faillite virtuelle de la compagnie arienne.Cette compagnie, ne le 28 mars 1961, fut finalement dclare en faillite le 7 fvrier 2002.

    Air Afrique : dette de 183 milliards de francs CFA (environ 279 millions deuros)

    Dcorations : Officier de la Lgion dhonneur, Commandeur de lordre national du Mrite.

    22-Franois Roussely : ENA, promotion Pierre Mends-France (1976-1978). Il devient auditeur en 1978 puis conseiller rfrendaire la Cour des comptes en 1982.Franois Roussely, ancien directeur de cabinet de Pierre Joxe et ancien directeur de la police, fut la tte dEDF pendant 6 ans : de 1998 2004.

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    Sa mauvaise gestion provient du fait quil sest lanc dans de nombreux investissements hasardeux ltranger. Un lectricien concurrent nhsitera dailleurs pas dire : Il tait boulimique et nhsitait pas surpayer. Sur bien des dossiers nous avions calcul un prix garantissant un retour sur investissement. Il na jamais hsit aller bien au-del .Son but tait le dveloppement international dEDF en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Italie et en Amrique latine.En Italie, la participation minoritaire dans Montedison a cot plus de 7 milliards deuros en six ans. En Allemagne, EnBW affiche une perte de 1,1 milliard deuros. Quant lentreprise Brsil Light, elle est dans une situation plus que dlicate avec une perte de prs de 1 milliard deuros.Tous ces investissements catastrophiques ont t raliss par des emprunts sous la tutelle du ministre des Finances qui couvrait ces oprations en contentant avec largent du contribuable franais lapptit de M. Roussely.Indpendamment de ces mauvais investissements, lendettement net dEDF est pass en seulement deux ans, sous la gestion de Franois Roussely, de 17,6 milliards deuros en 2000 25,8 milliards deuros en 2002.Comme le rappelle un article de Challenges (n231 septembre 2004), "depuis huit ans, le ratio de l'excdent brut d'exploitation (ou Ebitda) sur le chiffres d'affaires a rgulirement diminu EDF, traduisant une baisse rgulire de rentabilit. Compar ses concurrents europens et malgr sa taille, le groupe franais est en queue de peloton en termes de performances financires".

    EDF : 25,8 milliards deuros dendettement

    Dcorations : Officier de la Lgion dhonneur, de lordre national du Mrite et des Arts et des Lettres

    Entreprises prives

    23-Pierre Bilger : ENA, promotion Marcel Proust (1965-1967). Inspecteur des finances.Il fut le PDG dAlstom de 1991 2003. Ses erreurs de management, un dsastre industriel dans le domaine des turbines et des erreurs multiples de gestion ont amen Alstom au bord du dpt de bilan. Larticle de Libration du 6 aot 2003 rsume bien lhistoire de ce dsastre.Le 22 juin 1998, les deux actionnaires dAlsthom, GEC et Alcatel, mettent en bourse 52% du capital de leur filiale. Alsthom devient alors Alstom. Juste avant dabandonner le contrle, le deux actionnaires sapproprient 1,2 milliards deuros dans les caisses du groupe, sous forme de dividendes exceptionnels.Pierre Bilger russit ensuite convaincre le gant helvtico-sudois ABB de crer ensemble le leader mondial des centrales lectriques. Un an plus tard, il rachte la part de ABB pour 1,25 milliards deuros.Un mois aprs, les investisseurs perdent confiance et laction perd 15% en une journe.Bilger reconnat que les 79 machines dj livres ou commandes prsentent toutes de gros dysfonctionnements. Il dclare que 1,6 milliards deuros sera dbours sur 3 ans pour rgler ce problme.La confiance revient et le cours de laction remonte pendant tout le premier semestre 2001.Profitant de ce regain, GEC et Alcatel cdent chacun leur part de 24% dans le capital dAlstom.

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    Finalement en novembre le groupe est contraint dannoncer des pertes. Premier plan social et revente de Cgelec que lui avait revendue Alcatel. A partir de l, le cours de Bourse va plonger sans interruption. Endett jusquau cou, le groupe multiplie les plans de rduction des cots en vain. Esprant regagner en crdibilit, il embauche Philippe Jaffr, autre inspecteur des finances, ancien patron dElf.Mais en mars 2003, Pierre Bilger est remplac par Patrick Kran.Alstom est alors tellement proche du dpt de bilan que lEtat se voit contraint de renationaliser partiellement cette entreprise et dentreprendre des licenciements massifs.Malgr le scandale qui a entour son dpart, lassemble des actionnaires vote le 2 juillet 2003, 5 millions deuros dindemnit Pierre Bilger. Celui-ci renoncera finalement cette indemnit.

    Une renationalisation partielle sera ncessaire

    Dcoration : Officier de la Lgion dhonneur, Commandeur de lordre national du Mrite

    24-Pierre Blayau : ENA, promotion Pierre Mends France (1976-1978). Inspecteur des finances.Ce proche des milieux socialistes, aprs tre entr Saint-Gobain en 1982, devient patron du groupe Printemps-Pinault-Redoute. Il quitte la Redoute en 1994 suite des divergences avec Franois Pinault. Pierre Blayau devient PDG du groupe Moulinex en 1996 et en partira en 2000, au moment de la fusion avec Brandt. Lune des techniques intressantes rappele dailleurs par Le Monde propos de M. Blayau est la pratique des socits crans pour rmunrer les dirigeants. Ainsi le Comit directeur de Moulinex se versait de plantureuses indemnits via la socit Cocexaid . Aprs le dpt de bilan de Moulinex en 2001 qui met au chmage quelques 5 200 personnes, Pierre Blayau empoche deux millions deuros pour services rendus Moulinex. Il est ensuite nomm PDG du Geodis, filiale transport et logistique de la SNCF. Il occupe toujours ce poste aujourdhui.Le 22 octobre 2001, le tribunal de commerce de Nanterre cde pour quelques centaines de milliers deuros Moulinex son concurrent Seb.Une information judiciaire fut ouverte le 27 novembre 2003. Pierre Blayau a t mis en examen en juillet 2004 pour banqueroute par emploi de moyens ruineux et banqueroute par dtournements dactifs dans le cadre de la faillite du groupe.

    Moulinex sera rachet par Seb

    Dcorations : Chevalier de la Lgion dhonneur, Officier de lordre national du Mrite.

    25-26-Jean-Marie Messier et Guillaume Hannezo : ENA, promotion Henri-Franois dAguesseau (1980-1982), il devient inspecteur des finances en 1982. ENA, promotion Lonard de Vinci (1983-1985), il devient inspecteur des finances en 1985.Ce couple infernal, compos de deux minents anciens du corps le plus prestigieux de Bercy, a fait perdre 72 milliards deuros aux actionnaires du groupe Vivendi Universaldont ils taient la tte.Ces anciens hauts fonctionnaires ont men Vivendi Universal au bord de la faillite.Michel Prada, galement inspecteur des finances, issu de la promotion de 1966, alors prsident de la COB (Commission des Oprations de Bourse) na rien vu ni rien entendu. La COB nouvrira une enqute officielle que le lendemain du limogeage de Jean-Marie Messier.

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    Pris dans le tourbillon de la bulle Internet, Vivendi Universal investit prs de 2 milliards d'euros en pure perte dans ces activits en 2000 et 2001 : l'investissement dans Vizzavi pour prs de 500 millions d'euros, l'investissement dans Scoot, les activits de capital-risque, l'investissement dans iFrance, l'acquisition de MP3.com, le dveloppement de filiales propres (musique, rgies). Le 10 mars 2000, le cours de l'action Vivendi atteint 150 euros la Bourse de Paris. En juin 2002, il ne vaut plus que 20 euros.Pourtant, Vivendi et ses deux dirigeants Jean-Marie Messier et Guillaume Hannezo,

    respectivement PDG et Directeur Financier de lentreprise, ont, pendant un an et demi, tout mis en uvre pour viter de faire connatre les problmes de trsorerie de la socit et ses difficults raliser ses objectifs d'Ebitda (ratios financiers imposs par les autorits financires amricaines), et priver ainsi les actionnaires d'une information prcise. Selon lautorit des marchs financiers (AMF), durant la priode d'octobre 2000 avril 2002, o les difficults financires du groupe augmentaient au rythme de ses acquisitions et se traduisaient par une incapacit croissante gnrer la trsorerie indispensable sa comptitivit, M. Jean-Marie Messier, prsident directeur gnral de VU, a dlibrment diffus au nom de cette socit, propos des dettes, des cash-flow et des perspectives d'avenir du groupe, des informations inexactes et abusivement optimistes; il a tromp le public, surpris la confiance du march et port prjudice aux actionnaires .Edgar Bronfman, ancien associ de Vivendi, dira par la suite : cest une mauvaise gestion des comptes, une dmonstration massive dincomptence .Jean-Marie Messier dmissionne en juillet 2002 et les indemnits prvues pour son dpart se montaient 20 millions deuros. Aprs de longues ngociations, Messier a fini par y renoncer.Il fut condamn par la SEC (Security and Exchange Commission, quivalent amricain de la Commission des oprations de Bourse (COB) franaise) payer une amende de 1 million de dollars et sest vu interdire doccuper tout sige dadministrateur pour une dure de 10 ans aux Etats-Unis, interdiction faite galement Guillaume Hannezo pour une dure de 5 ans.

    Vivendi Universal : 72 milliards deuros de pertes

    27-Guy de Panafieu : ENA, promotion Turgot (1966-1968). Inspecteur des finances.En lespace de cinq ans, de 1997 2001, cet ancien inspecteur des finances va vendre plus de la moiti de lentreprise Bull, alors fleuron de lindustrie informatique franaise. Devenu prsident-directeur gnral de Bull en 1997, Guy de Panafieu va dmanteler lentreprise, faute de recapitalisation. A partir de dcembre 1999, il commence par vendre la participation de la socit dans Ingenico, puis les imprimantes et les automates bancaires. Du cash rentre dansles caisses de Bull. Mais cet afflux de capitaux nest pas suffisant. En 1999, Bull prend une provision de 272 millions deuros pour supprimer sa part dans le capital du fabricant amricain Znith-Packart Bell. Cette opration ne suffit toujours pas combler les dficits existants. Alors Guy de Panafieu va vendre successivement les diffrentes filiales de Bull : vente de lusine Bull Electronics dAngers en 2000, cessation de la filiale CP8, de la filiale irlandaise Cara, de la filiale indienne PSI Data Systems en 2001. Fin 2001, Pierre Bonelli succde Guy de Panafieu devenu quant lui prsident de la commission internationale du Medef en 1998. Bull : Perte annuelle en 2001 de 253 millions deuros (chiffres du JDN Solution), les effectifs

    de lentreprise passent de 21 267 en 1997 6 000 en 2001 (selon les estimations de lExpansion)

    Dcorations : Chevalier de la Lgion dHonneur et de lOrdre National du Mrite.

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    28-Andr Tarallo : ENA, promotion Vauban (1955-1957), Andr Tarallo est un camarade de promotion de Jacques Chirac. Nomm en 1970 la tte de la filiale Elf-Congo, l'ancien fonctionnaire du budget sera vite appel la prsidence d'Elf-Gabon sur l'insistance personnelle du prsident gabonais, Omar Bongo. Il est ensuite dsign Directeur de l'exploration-production puis des hydrocarbures dElf Aquitaine de 1989 1993 - titre qui faisait de lui le vritable numro deux du groupe -sous la prsidence de Lok Le Floch-Prigent. Souponn de recel d'abus de biens sociaux hauteur de 300 millions de francs (45,73 million d'euros), l'ancien "M. Afrique" dElf a mis en place la pratique des " abonnements " pour le compte du groupe ptrolier, permettant de prlever trois francs sur chaque baril de brut achet par Elf. Soit chaque anne quelque 420 millions de francs verss des socits offshore et atterrissant presque toujours au Liechtenstein. On peut valuer le cot pour les usagers du prlvement opr par Elf-Trading environ deux centimes la pompe. En tant que " financier occulte ", celui que ses subordonns surnommaient le " parrain ", assurait la redistribution des fonds dlictueux aux chefs dtat, ministres et familles rgnantes des pays producteurs. Andr Tarallo a galement rvl, lors de linterrogatoire auquel lont soumis les juges Eva Joly et Renaud Van Ruymbeke que llyse, sous la prsidence de Franois Mitterrand, aurait avalis le versement de commissions, en marge du rachat de la raffinerie allemande de Leuna, qui auraient aliment les caisses de la CDU. Par ailleurs, dans un rapport de synthse remis aux juges d'instruction le 27 mai 1997, les enquteurs de la brigade financire de Paris chiffraient 32 millions deuros la somme des dpenses de M. Tarallo, recenses pour la priode comprise entre 1991 et 1997, pour les acquisitions ou la construction de biens immobiliers, les travaux d'amnagement, de dcoration et les achats de mobiliers divers... . Au total, indique la synthse policire, les dpenses identifies ralises par M. Tarallo pour l'acquisition, la construction et l'amnagement des jardins de sa villa Cala Longa en Corse peuvent tre chiffres 89 437 366 francs (environ 13,5 millions deuros) Les pices fournies aux juges par M. Tarallo tablissent par ailleurs que celui-ci, depuis son dpart du groupe Elf, en octobre 1991, a peru des honoraires de plusieurs chefs d'Etat africains, au titre de conseiller, pour un montant global avoisinant les 20 millions deuros.Andr Tarallo a t condamn le 12 novembre 2003 quatre ans de prison ferme et deux

    millions d'euros d'amende. A la diffrence de l'ancien PDG d'Elf Lok Le Floch-Prigent (1989-1993) et son bras droit Alfred Sirven, il n'a pas effectu un seul jour de dtention provisoire. Il est aujourd'hui sorti de prison pour raisons mdicales.

    Hauts fonctionnaires des finances

    29-Jean-Pierre Lieb : Elve lENA, promotion Libert-Egalit-Fraternit (1987-1989). Inspecteur des finances.Il est des personnages qui apparaissent rarement au grand jour mais dont linfluence sur lavenir ou en loccurrence sur le dclin dune socit est essentielleJean-Pierre Lieb est de ceux-l.Charg au ministre des Finances dans le saint des saints quest la Direction de la Lgislation Fiscale (DLF), de la fiscalit des entreprises, cest lui qui a dfendu contre vents et mares lISF (Impt de solidarit sur la Fortune) contre toute atteinte cet impt justicier.Est-ce une tradition lgue par un pre lui-mme inspecteur des impts, est-ce lesprit de corps du saint des saints, la DLF dont on a pu dire que ce sont les hussards de la Rpublique,

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    qui se sentent investis de la dfense des valeurs dgalit de la Rpublique, on voit donc trs peu J. P. Lieb dans les manifestations ou les discours.Pourtant il est l et veille ce que cet impt, qui fait fuir les riches et donc les personnes capables dinvestir et de relancer la comptitivit, ne soit pas attaqu.Il vient dtre nomm la sous-direction charge du contentieuxLe personnel qui travaille la DLF est, dans une certaine mesure, remarquable, sinon admirable. Certains d'entre eux sont sortis par les concours dans les rangs les plus levs et les corps de fonctionnaires les plus prestigieux et on pourrait s'attendre les voir, comme leurs condisciples, briguer les revenus les plus levs, les honneurs les plus grands ou la publicit mdiatique qui accompagne les personnages influents de notre Rpublique.Pourtant, tout est fait comme pour les faire disparatre du devant de la scne. On n'en trouve pas trace dans les annuaires des clbrits cites dans le Who's Who dans lesquels tous leurs camarades se voient lever des statues ds leur plus jeune ge ; il est presque impossible de trouver des articles crits par eux, ou des colloques auxquels ils ont particip et qui permettraient de connatre leurs penses profondes.Comme semble mme en tmoigner leur tenue vestimentaire, ils sont entrs en DLF comme on entre en religion, leur seul triomphe public tant celui o devant les assembles parlementaires, ils viennent seconder le ministre sur les questions fiscalesCar leur raison d'tre, c'est de reprsenter les valeurs profondes de ce qu'ils pensent devoir tre celles de la Rpublique. La fiscalit est l'outil le plus puissant pour faonner une socit, l'orienter, la crer ou la dtruire, et eux sont les hussards noirs, ou les moines de l'Inquisition dont personne ne connat les noms mais qui faonnent ce modle. Sans tre ami avec eux, il est difficile de connatre leur pense intime ; mais on imagine que la ranon de leur existence secrte, ils la trouvent dans leurs moments de triomphe lorsqu'ils arrivent faire voter par le Parlement des textes qui torpillent et dtruisent les infmes qui s'enrichissent, pensent-ils, au dtriment de la collectivit ; et cette jouissance est exacerbe lorsque ces textes sont vots par des parlementaires de droite, qui devraient dfendre ces infmes, mais sont pris par surprise, dsinforms ou mieux, viols par un gouvernement tout puissant dans le dbat parlementaire.

    30-Bruno Parent : ENA, promotion Droits de lHomme (1979-1981) Administrateur civil. Directeur gnral adjoint de la DGI depuis 2000 puis directeur de la DGI (Direction Gnrale des Impts) depuis 2003 (o il a succd Villeroy de Galhau) a donn dans Dbats et Opinions du Figaro du 20 novembre 2004 la mesure de l'ignorance qui caractrise nos hauts fonctionnaires l'gard des ralits de leurs propres services.Ce qui est grave lorsque l'on est la tte dune direction qui tant par l'inefficacit dnonce par le rapport Lpine de l'Inspection des Finances (il y a autant d'agents pour contrler et collecter l'impt, hors impts des collectivits locales qu'aux USA, pays 5 fois plus peupl) que par les dvastations qu'elle cre dans l'conomie franaise.Tous les poncifs y passent : les "petits" ne seraient pas les plus viss, le choix des contribuables soumis contrle serait dict par les directeurs parce que des incohrences ou des discordances auraient attir l'attention du service les redressements sont accepts 90 % sans conflit, la charge de la preuve incombe la DGI, etcIl est rare de voir autant de contre-vrits hypocrites rassembles en un seul document lorsqu'on sait que : -Il suffit un inspecteur de rejeter une comptabilit pour que la charge de la preuve incombe au contribuable et l'inspecteur est souverain pour effectuer ce rejet, aucun juge ne vient la valider.-Tous les inspecteurs passs dans le secteur priv le disent : le premier objectif d'un contrleur, c'est de faire du chiffre et l'on choisit de pigeon parce qu'on peut le plumer plus facilement.

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    -Plus de la moiti des redressements ne rentreront jamais dans les caisses du Trsor, le premier poste tant constitu par les dgrvements : Thierry Bert directeur de l'Inspection des Finances a pu ainsi tmoigner ("... vous avez des gens qui affichent des statistiques extraordinaires de contrle fiscal mais sans aucun recouvrement derrire... ).En fait si Bruno Parent veut laisser la marque d'un grand patron et non d'un narque aux ordres du trs puissant syndicat SNUI, il devrait proposer qu' l'exemple de la Sude, du Canada, de la Grande Bretagne, des USA, le privilge exorbitant qu'a la DGI de faire excuter ses crances puisse tre soumis la dcision pralable d'un juge.Des quelques cinquante mille entreprises soumises chaque anne des contrles sur place, cela permettrait de sauver les quelques milliers actuellement victimes de cette mcanique inhumaine et destructrice de nos emplois.

    31-Franois Villeroy de Galhau : X, ENA (1982-1984, Promotion Louise Michel). Inspecteur des Finances n le 24 fvrier 1959.Direction du Trsor, conseiller technique de Pierre Brgovoy, puis retour la Direction du Trsor, au service des Affaires internationale, puis auprs de lUnion Europenne. En 1997, il devient directeur de cabinet de Dominique Strauss-Kahn, puis de Christian Sautter. En 2000, il prend les rnes de la Direction Gnrale des Impts, au moment de la fameuse rforme de Bercy qui restera comme un chec ayant entran la chute de Christian Sautter.Il participe au groupe de rflexion En temps rel, association fonde par les anciens de la Fondation Saint-Simon, o il publiera plus tard sa vision de la rforme de Bercy sous le titre Bercy : la rforme sans le grand soir ? . Une vision plutt positive o il est persuad que malgr le dpart de Christian Sautter, la rforme a russi se poursuivre en douceur et ce jusqu Francis Mer qui en aura repris les grandes lignes. Des rformes pourtant bien timides par rapport aux nombreuses critiques rencontres par la DGI. Il met certes en place le contrat dobjectifs ou certains rapprochements entre les impts et la comptabilit publique mais passe sous silence les travers de ladministration fiscale comme labsence de statistiques relles du contrle fiscal (redressements rels aprs dgrvements, procdures contentieuses abandonnes par la DGI). Une opacit qui conduit repousser toute tentative de rformes relles cette fois comme la mise en place dune responsabilit pour faute de ladministration et dun droit gnral dindemnisation des contribuables.Il est galement interrog dans le cadre de la mission commune d'information charge d'tudier l'ensemble des questions lies l'expatriation des comptences, des capitaux et des entreprises organise par le Snat o il minimise les effets de lISF et de lIR sur les expatriations.Prsent en 2000 dans un article du Nouvel Observateur sur le pantouflage comme un haut fonctionnaire qui veut rhabiliter lEtat, qui senflamme pour le service des citoyens et qui, contrairement certains de ces camarades de lENA, na pas fait le choix du priv , il part tout de mme en 2003 pour le Cetelem, rpondant une proposition sduisante de Michel Pbereau et Baudoin Prot

    Prsidents de la Rpublique et ministres

    32-33-Valry Giscard dEstaing et Jacques ChiracA eux deux, Valry Giscard dEstaing ENA 1951, Inspection des Finances, et Jacques Chirac ENA 1959, Cour des comptes, ont couvert comme prsidents de la Rpublique 17 des 31 annes qui se sont coules depuis la mort de Georges Pompidou.Avec Pompidou se sont termin les 30 glorieuses avec un chmage inexistant 2 %, des croissances de PIB 5 %, et commence lre du chmage, de la bureaucratie galopante et

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    lapoge de lENA dont les premires promotions, formes aprs la guerre, arrivent enfin au fate du pouvoir.Giscard dEstaing symbolise ce que le mandarinat franais a pu produire de plus brillant, mais aussi de plus destructeur en absence dune vision, dune croyance des vrits qui font lhomme dtat et le distinguent de celui qui ne vit que pour sa carrire. Polytechnicien, entr lENA par une botte que lui avait fait ouvrir son pre, lui-mme inspecteur des finances, par un dcret2 ; sa prsidence a t marque par un conflit avec un autre ego, Jacques Chirac, de multiples scandales (diamants, Bokassa, les avions renifleurs) mais surtout une incomprhension des ralits conomiques et de lentreprise et un laxisme de la gestion publique qui a fait passer les prlvements obligatoires de 35 % du PIB plus de 40 % ce qui a cur ses partisans et permis le succs de lunion de la gauche.Autant Valry Giscard dEstaing tait glacial dapproche (ses camarades de promotion se rappellent encore une rception lElyse qui donnait raison Jean-Edern Hallier pour son pamphlet lettre ouverte au colin froid ), autant Jacques Chirac est chaleureux dans son abord mais applique la lettre le dicton : les promesses nengagent que ceux qui y croient .A ct des dcisions dsastreuses comme celle de la dissolution de 95, lhistoire se rappellera de Jacques Chirac comme lhomme proccup de sa seule survie au pouvoir, dun tueur pour ses concurrents, mais dun prsident ayant aussi une totale absence de vision (sauf peut-tre dans le domaine militaire).Cdant devant le premier mouvement ou la premire grogne syndicale, son dernier mandat prsidentiel sest caractris par une srie de rformes en trompe lil : sur les retraites, sur la sant, sur les crations dentreprises qui nont en fait rien rsolu et ont laiss la France continuer de senfoncer (en particulier, les rgimes privilgis des services publics Gaz de France, RATP, SNCF, EDF nont pas t touchs et ont t mme renforcs ; ils mettent la charge du rgime gnral des dizaines de milliards deuros de charges supplmentaires). Le dficit du rgime de sant ne fait que se creuser et se creusera tant que le gouvernement naura pas le courage daborder le vrai problme : lexcs de personnel dans les hpitaux publics d leur dsorganisation et aux syndicats, soit 15 % du budget sant national. Enfin le rgime sest targu davoir fait crotre le nombre de cration dentreprises. Mais ces crations supplmentaires ont eu lieu seulement pour les entreprises cres sans salaris dont limpact sur lemploi est ngligeable ; le chmage continue donc de s'panouir de plus belle.

    34-Martine Aubry : ENA, promotion Lon Blum (1973-1975). Administrateur civil au ministre du travail, dtache au Conseil d'Etat en 1980 puis nomme matre des requtes en 1977. Fille de Jacques Delors

    Cest Martine Aubry que nous devons la loi instaurant les 35 heures. "La Dame des 35 heures" comme la nomme le pamphlet talentueux crit par Philippe Alexandre et Batrix de l'Aulnot (Robert Laffont 2002) est le modle des dsastres auxquels conduit l'ENA.C'est non seulement elle qui a mis en place les 35 heures auxquelles elle avait pourtant dit ne pas croire (pour crer des emplois), mais c'est aussi elle qui, la premire, fait crer par l'Etat des entreprises en inventant de nouveaux besoins par simple dcret avec les emplois-jeunes sans comprendre qu'une cration d'entreprise russie est un miracle3. Elle a ainsi strilis des gnrations de jeunes attirs par des faux mtiers sans avenir et sans lendemain (orienteur dans le mtro, agent d'information, mdiateur, etc.) dans les norias subventions des missions locales, des programmes Trace, des emplois-jeunes, des entreprises d'insertion. Toutes

    2 Qui ouvrait lentre directe lENA sans le concours - et ses risques deux lves de lX (un seul aurait t trop voyant) rests dans le premier cinquime de leur promo (Valry sest en effet class dans les 20 % dlves en tte de sa promotion)3 Son exemple a t largement suivi par Jean-Louis Borloo

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    crations exploitant la misre des jeunes au chmage pour conforter la bureaucratie qui vit de la distribution des aides.Mais typique des dsastres du dirigisme, c'est elle qui fait fermer des coles d'infirmires au moment o elle prpare la RTT, ce qui se traduit deux ans plus tard par l'asphyxie dans les hpitaux et le recrutement l'tranger des milliers d'infirmires manquantes.Fermer aux jeunes Franais l'accs des mtiers indispensables (infirmiers, mdecins) et au mme moment cr des emplois bidons et sans avenir d'orienteurs de mtro : bravo Martine Aubry, pur produit du dirigisme et de l'narchie.

    35-Renaud Dutreil : ENA, promotion Libert-Egalit-Fraternit (1987-1989). Matre des Requtes au Conseil d'tat Dput de l'Aisne (1997) puis secrtaire d'tat aux PME en 2002, ministre de la Fonction publique puis de nouveau ministre des PME depuis juin 2005."Le trs auto-satisfait ministre de la Fonction publique est persuad que quand Renaud ternue la France s'enrhume" crivait le Canard Enchan dans un article intitul "Renaud Dutreil : Raff' m'a infatu".En fait, le plus grave, ce n'est pas que Renaud Dutreil fasse sa pub, c'est qu'il la fasse en cherchant l'effet qui brille et pas les rformes qui font l'emploi. C'est de son rgne comme secrtaire d'tat aux PME que date une kyrielle de mesures toutes pratiquement sans effet sur l'emploi.C'est l'intress lui-mme qui avait dclar au signataire de ces lignes tentant de lui expliquer 15 jours aprs son intronisation en 2002 que la cl de l'emploi se situait dans le dveloppement des Business Angels, insignifiants en France : "vous ne voulez pas rduire la porte de mon ministre une seule mesure !".Ce sont donc toute une srie de mesures qui ont t mises en place en fanfare par Dutreil qui, peu prs toutes, ont t des fours :- les FIP qui peinent ajouter une centaine de millions l'investissement dans les PME-PMI

    alors que les FCPI injectent dj 500 millions et que ces interventions, coteuses pour l'tat, sont drisoires ct des 5 milliards d'euros investis par les fonds de capital-risque sans aucune aide tatique.- La socit 1 euro qui a fait disparatre en pratique la distinction entre entreprises personnes morales et entreprises individuelles personnes physiques. Cela a "boost" le nombre de socits cres et gonfl ces crations de plusieurs dizaines de mille ; d'o les flicitations de Jacques Chirac son ministre pour avoir atteint l'objectif d'un million de crations d'entreprises, fix lors de la campagne lectorale. Mais cette croissance est purement fictive car le supplment des crations porte uniquement sur des socits cres dans salaris dont l'effet sur l'emploi est ngligeable. Le nombre de socits cres avec salaris, qui est le seul qui compte, est lui rest invariant et au plus bas.En bref, comme le suggrait le Canard, un ministre qui brille pour le succs de sa carrire, mais est l'un des premiers responsables de l'aggravation du chmage.

    36-Laurent Fabius : ENA 1973, promotion Franois Rabelais. Matre des requtes au Conseil d'tat.Laurent Fabius est l'un des narques les plus reprsentatifs du systme narchique. Il est entr au PS non par conviction mais parce qu'il n'y avait pas de place droite : les convictions ne comptent pas, seule compte son ascension personnelle. Dans ce "panthon", il se place au mme niveau que Giscard et Chirac. Parmi les dsastres auxquels il a prsid, retenons-en trois :- L'affaire du sang contamin tant suffisamment connue, il n'est pas ncessaire d'y revenir.

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    - Il a introduit dans l'ISF l'exemption pour les uvres d'art et les collections, ce qui a bien servi ses parents antiquaires, mais a pouss les Franais investir dans les uvres d'art plutt que dans les entreprises.- Dsastre peu connu du grand public : Laurent Fabius a lanc la LOLF (Loi Organique relative aux Lois de Finances) alors qu'il tait prsident de l'Assemble Nationale. Remarquablement intelligent, il avait bien compris que la principale dficience de l'tat franais est l'absence de contrle de la dpense publique. Avec Didier Migaud, dput de l'Isre, il a organis en 1999 une srie d'audition traitant de l'efficacit de la dpense publique.La conclusion objective qui se dgage de ses propositions est la suivante : l'exemple de la Grande-Bretagne, il faudrait doter le Parlement d'un organisme d'audit de la dpense publique.Mais pour Fabius et Migaud, une telle mesure serait revenue attaquer ce qui constitue l'une de leur principale base lectorale : les fonctionnaires de l'Administration.Un organisme de contrle de la dpense publique n'aurait, en effet, pu que dvoiler les magouilles et les gchis qui sont monnaie courante.Ainsi Fabius a-t-il bott en touche en proposant de modifier la prsentation du budget, ce qui est devenu la LOLF vot en juillet 2001.La LOLF se propose d'organiser le budget autour d'objectifs et d'indices de performance ce qui est excellent condition qu'ils soient la consquence d'un audit pralable ayant dcel les dysfonctionnements et non pas simple " relooking" par les administrations elles-mmes d'un systme de dpense totalement inefficace.

    Tour extrieur

    36-Jacques-Henri David : Polytechnique. Ensae (Ecole normale suprieure de la statistique et de l'administration conomique). Il devient inspecteur des finances en 1975. Il fut conseiller technique puis directeur du cabinet de Ren Monory jusquen 1984 o il part pour Saint-Gobain, puis en 1989 pour la banque Stern et en 1993 pour la Compagnie Gnrale des Eaux.En 1995, il arrive au CEPME - Crdit d'quipement des petites et moyennes entreprises, qui subit de plein fouet la crise bancaire, il devient ensuite prsident de la SOFARIS, et organise le mariage des deux tablissements sous le nom de BDPME Banque de Dveloppement des PME, dont il prendra la tte la barbe de Philippe Jurgensen, lpoque patron de lANVAR (Agence Nationale de Valorisation de la Recherche) et qui nourrit les mmes ambitions.Ltablissement est alors la cible de toutes les critiques. Des banques tout dabord, qui voient dans le nouvel tablissement public un concurrent dloyal survivance de lre de lconomie mixte dont la justification ne peut sexpliquer que par les problmes sociaux que pourrait poser le reclassement du personnel du CEPME. Des entrepreneurs qui constatent quune fois encore lintervention de l'Etat est faite par des bureaucrates et des banquiers .Jacques Henri David justifiera cependant le choix de linterventionnisme tatique en matire de financement des entreprises au travers de deux rapports, lun pour le Conseil Economique et Social, lautre en participant au rapport du snateur Grignon, intitul Aider les PME : lexemple amricain qui prend pour modle la SBA amricaine. Il quitte la BDPME en 1999 pour le priv alors que la cration dentreprises est au plus bas et que ltablissement reoit prs dun milliard de francs de dotation. Il rejoint la Deutsche Bank France.Avec la cration de la BDPME, les pouvoirs publics se sont encore lancs dans un nime plan PME, engloutissant des fonds publics, faisant perdre beaucoup de temps la France en matire de soutien la cration dentreprises

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    Dcorations : Officier de la Lgion dhonneur, Commandeur de lordre national du Mrite.

    37-Jack Lang : Les Franais manquent encore de ractivit lgard de leurs hommes ou femmes politiques. Dans quel tat dmocratique autre que la France faudrait-il attendre la 5me page des citations de Google pour voir apparatre la premire critique dun homme qui a t et reste lune des personnalits les plus discutables de la 5me Rpublique, le ministre qui a fait de la Culture le monstre qui est dcrit dans La Culture : le dsastre de largent public ?Grce auquel lart est devenu lart officiel et a disparu de la scne internationale comme la soulign Hilton Kramer, le grand critique dart du New-York Times, en mme temps que son budget tait multipli par 5 ? Qui a t le patron de Claude Mollard (voir 3me Partie P.57) ? Qui, professeur de droit public et avec une pouse sans profession sest retrouv un magnifique appartement place des Vosges que Sophie Coignard et Alexandre Wickham dans LOmerta Franaise (Albin Michel) valuaient en 1999 plus de 5 millions de francs (762.245 euros), sans compter une maison avec piscine dans le LubronQui retrouve-t-on comme lun des sponsors du CNAC, le Conseil National de lArt Culinaire ? Revenons la fin de l'anne 1989 lorsque Jack Lang tait ministre de la Culture, de la Communication et des Grands Travaux. C'est alors que l'ide lui vient de crer le CNAC. On connat le got de Jack Lang pour le chocolat. Le CNAC, peine cr, va organiser dans sa ville, il est maire de Blois depuis 1989, "les premires assises Chocolat noir".De plus dans les statuts du CNAC, est prvue ds l'origine "la mise en place d'un Conservatoire National des Arts culinaires". Ce centre du got, cher au cur de Jack Lang, est une opration de grande ampleur. Il doit comprendre, d'aprs le rapport d'activit du CNAC de 1991 :-le centre du rayonnement du programme de l'ducation du got avec la formation sur place des animateurs et des instituteurs-un parcours d'initiation du grand public au got avec mur d'odeurs, passage par un laboratoire d'analyse sensoriel et profil individualis type "gusto-flash"-la premire antenne universitaire du got-le centre mondial du chocolat noirLe CNAC va dpenser pour ce centre, en 1992, 61 000 , et plus de 2 400 en frais de rception, plus de 4 500 en frais de dplacement sur cette seule anne. Tout cela pour un projet qui ne verra jamais le jour! Et il ne s'agit l que d'une petite partie des gaspillages auxquels aura donn lieu cette opration. Selon les calculs de la chambre rgionale des comptes, plus de 960 000 ont t dpenss en pure perte, de 1992 1994.En effet, pour loger ce Centre, la socit d'amnagement de Blois-SEMADEB se charge en 1992 de racheter un immeuble class. Cot : 548 816 alors qu'on est en pleine crise immobilire et que l'immeuble en question, la Capitainerie, appartenait auparavant la ville de Blois, qui l'avait vendu l'poque une socit immobilire prive moiti moins cher. 275000 sont alors partis en fume sur une simple transaction immobilire. A cela, il faut ajouter prs de 305 000 dpenss en simple frais d'tudes pour ce projet.La viabilit du centre est dj largement entame avant mme d'avoir vu rellement le jour. En 1994, le projet sera dfinitivement abandonn, le "Centre du got" enterr.Rsultat deee l'opration : des tudes menes fonds perdus pour la CNAC et l'argent des contribuables parti en fume pour satisfaire le projet d'un ministre.Mais comme le notent Coignard et Wickham, Lang soccupe personnellement des journalistes qui font de linvestigation. Autrement dit qui sintressent largent et plus spcialement au sien .

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    Et Lang connat son histoire : il sait que la meilleure faon de faire oublier ses affaires et dtre adul par la foule, cest, comme les empereurs romains, de lui donner du pain et des jeux, des subventions et des ftes.Mais mme ceux qui ladulent savent que, sorti des ftes et de la dpense de largent public, tant comme ministre que comme maire de Blois, ce nest pas lui qui leur assurera un travail et un avenir.

    38-Dominique Strauss-Kahn : Strauss-Kahn appartient de droit la Promotion Titanic au tour extrieur.Cest en effet lui qui a fait inscrire dans le programme lectoral du PS de 1997, l'occasion des lections lgislatives provoques par la dissolution de lAssemble Nationale par Chirac, les 35 heures alors que Martine Aubry avait auparavant dclar que ctait un non-sens.Quand on mesure les crations demploi de 1997 2002 y compris les crations artificielles des 35 heures, elles sont trs en dessous de la moyenne europenne et si on enlve les emplois 35 heures qui ne peuvent tre rpts, ces crations sont en dessous de laccroissement de la population capable de travailler. Sous la gauche comme sous les rgimes antrieurs ou lactuelle prsidence de Chirac, le chmage na cess en fait de saggraver car ils savrent tous incapables de crer des emplois.Strauss-Kahn, appartient ce groupe dconomistes qui formulent leurs diagnostics ou leurs tudes pour servir leur carrire politique. Dans sa dernire rincarnation formule sous lgide de la Fondation Jean-Jaurs, une fondation alimente par largent public mais au service du Parti socialiste, il sest fait laptre dune nouvelle lutte contre les ingalits (alors quil faudrait dabord crer et produire car il ny a plus grand chose distribuer).Ministre des finances de 1997 1999 jusqu ce quil soit rattrap par le scandale de la MNEF, il a offici dans une des priodes les plus fastes o la croissance conomique internationale a t maximum mais pas plus que ses prdcesseurs ou ses successeurs il na t capable de voir les erreurs conomiques dans lesquelles lont entran la bureaucratie du ministre, en particulier celle de croire que la prosprit conomique amricaine dcoulait des crations dentreprises par le capital-risque.Il na jamais vu que le capital-risque nexiste que si en amont les Business Angels crent des entreprises et personne ne lui a jamais dit que les sommes investies par les Business Angels sont dun ordre de grandeur suprieur celui du capital-risque ou de la Small Business Administration.Il faut lui dire que les conseillers conomiques des reprsentations franaises aux Etats-Unis nen savaient rien eux-mmes.

    Les records

    Nom Entreprise PertesMessier Hannezo Vivendi Universal 72 milliards deurosBon France Telecom 68 milliards deurosHaberer Lvque Gallot Crdit Lyonnais 15 milliards deurosBloch-Lain Banque Worms 14,9 milliards deuros

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    Chapitre II

    Incomptence de la caste dirigeante : les simulacres de plans anti-chmage

    Lnarchie est devenue impriale avec larrive de Giscard dEstaing (ENA 51) la prsidence de la Rpublique en 1974 ; il est accompagn de cohortes dnarques des promotions daprs-guerre, parvenues maturit, notamment ceux issus du corps de lInspection des Finances auxquels appartient Giscard ; ces cohortes vont envahir tous les postes les plus importants de lAdministration, notamment ceux de Bercy, et nen partiront plus. Mais -ce nest pas une concidence-, cest aussi cette date que le chmage apparat et ne cessera de saggraver.Cest que, malgr leurs diplmes, leur mconnaissance de lconomie et de lentreprise, pour ne pas dire leur mpris, est sans limite.Les prlvements obligatoires ne vont cesser de saggraver et dpasser le seuil de 40% du PIB dont pourtant Giscard avait affirm que ctait le seuil des rgimes socialo-communistes ; cela paralyse la croissance des entreprises ; elles deviennent simultanment une institution qui lEtat ne demande plus de