Kinshasa : l’abattage des arbres inquite les ... boulevard Lumumba, dans la commune de N’Djili, ... Kinshasa devient de moins en moins ... A longueur de journe,

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    Sommaire Patrick Mubenga : Celui qui plante un arbre pose une action citoyenne................................................P. 2

    Alain Huart : Si on veut prserver les arbres des savanes congolaises, il faut multiplier les projets agroforestiers.........................................P. 3

    Christine Tsala : une artiste engage dans la lutte pour la protection de lenvironnement................P. 4

    Sud-Kivu : Bukavu, il faut dtruire pour avoir une bonne route .....................................................P. 4

    JDC Journal-cole n24 - Semaine du 18 au 24 mai 20091

    Kinshasa : labattage des arbres inquite les environnementalistes

    Chaque anne, la plante c-lbre, le 21 mars et le 5 juin, les Journes internationales respec-tivement de la fort et de lenvi-ronnement. Apparemment, les choses tranent samliorer en RDC dans ces domaines. Lespa-ce vert disparat de plus en plus avec labattage des arbres de fa-on un peu dsordonne. Repor-tage.

    On aurait pu sabriter sous lar-bre si on ne lavait pas coup, sindigne un tudiant, ployant sous un soleil de plomb, dans un arrt de bus sur le boulevard du 30 juin. En qute dombrage, plusieurs pitons qui longent cette artre ont du mal trouver refuge. Satisfaits pourtant de voir la chausse slargir et devenir de plus en plus praticable, les Kinois dplorent labattage de plusieurs ar-bres le long des artres publiques, sans que dautres soient plants.

    Ces arbres ont vieilli, il faut pen-ser les remplacer, mais nous regret-tons le fait que lEtat nait pas pens cela, sindigne Jonas Lomono, oprateur immobilier, habitant non loin des Eucalyptus, aux abords du boulevard Lumumba, dans la commune de NDjili, o labattage est aussi au rendez-vous.

    Daprs lui, cest depuis 1952 que ces espces ont t plantes. Le but tait daider la radio natio-nale, alors sous le rgime colonial et mettant partir de la commune voisine de Masina, bien capter les ondes. Cest pourquoi les mmes espces ont t plantes au croise-ment des avenues Assossa et Vic-toire lorsque la radio fut transfre dans la commune de Lingwala, af-firme Jonas Lomono.

    Au terrain Eucalyptus, leffort fourni par le service denvironnement de la commune de NDjili ne semble pas suffisant, bien que les quelques pousses rcemment plantes offrent dj de lombre. Les souches dar-bres sont nombreuses et servent de sige aux badauds. Les boulangers les utilisent comme bois de chauf-fage.

    Le site sest transform en mar-ch o les gens profitent de lom-brage pour taler leurs articles. Les malewa, ces restaurants de fortune, ctoient des boutiques, des cordonneries et des vendeurs des tambours sous lil passif des agents de lordre, installs dans des conteneurs-bureaux. Deux autres conteneurs abritent les locaux du Syndicat national des travailleurs de la Regideso (Synatreg) qui les font louer.

    Sur place, les tablissements Tra-maco effectuent la vente des briques en ciment et du sable. Tout autour de ces locaux, des paves obstruent

    la voie. Fait curieux : lentre, une pancarte indique que le terrain est rserv pour lexploitation de la Re-gideso. Elle souligne, par ailleurs, que cet endroit est une parcelle ca-dastre sous le n2014.

    Ractions des dfenseurs de la nature

    Labattage en srie des arbres le long des artres publiques sus-cite des ractions particulirement dans les milieux des dfenseurs de la nature. Artistes, agriculteurs et en-vironnementalistes protestent contre cette pratique qui pourrait exposer la population la pollution si des me-sures de replantation dautres arbres ne sont pas prvues (lire textes en pages 2, 3 et 4).

    Patrick Mubenga, General mana-ger de lentreprise Dellions environ-ment, estime quil est ncessaire de garder des arbres sur la voie publique pour absorber le plomb et le manga-nse qui manent des vhicules afin de protger la population de certai-

    nes maladies comme la plomberie. Certains cologistes reconnaissent toutefois la ncessit de couper des vieux arbres qui provoquent souvent des dgts lors des pluies diluvien-nes. Mais, la protection de la flore savre ncessaire.

    Rgulation de loxygne Dans plusieurs contres de la

    ville, la nature est menace. Lair Kinshasa devient de moins en moins pur, clament certains observateurs. Face au rchauffement climatique qui menace la plante, la RDC dis-pose dune grande partie de la fort quatoriale: la deuxime fort tropi-cale humide du monde aprs lAma-zonie. Elle contribue ainsi la rgu-lation de loxygne atmosphrique et du gaz carbonique, deux molcules chimiques la base de la photosyn-thse.

    Mais, la dforestation sy porte bien. Interpelle, lAssemble natio-nale est en train dexaminer un pro-jet de loi pour sauver lcosystme congolais.

    Protger la verdureLarbre nest pas seulement le

    bois, le lieu de dtente, cest aussi une source dalimentation et de m-dication, un lment important de la prservation de lenvironnement.

    A longueur de journe, les pas-sants qui longent le boulevard du 30 juin, prennent le temps dadmirer le terrain de golf. La verdure qui profile lhorizon suscite imagination, admi-ration... Ce site, voisin du cimetire de la Gombe, procure une quitude visuelle et baigne dans la fracheur. Les arbres reposent sur un vaste ta-pis vert, une pelouse rgulirement entretenue. Ce passage donne au cercle de golf des allures paradisia-ques.

    Nous voulons quon assainisse notre environnement, souhaite Ar-thur Maluma, agent de lONG Kin-Enviro qui plante de la pelouse sur la 15me rue, Limete. Ceux qui em-pruntent le boulevard Lumumba ap-prcient le travail de cette ONG qui plantent la pelouse entre la 14me et la 16me rues, Limete. Linitiatrice de cette ONG, Eulalie Makela, vise lembellissement de la capitale. En-vironnement, salubrit, hygine, pro-pret est, du reste, la devise de sa structure.

    Les six agents commis lam-nagement de cet endroit voient leur esprit patriotique menac par les conditions pnibles de leur travail. Sans salaire, ils font quasiment du bnvolat. Ils manquent de mat-riels. Vu leur ge avanc, la plupart dentre eux sont souvent malades, dcrit Arsne Mafolo Kititi, le chef dquipe. Malgr cela, nous sommes rsolus redonner la capitale sa beaut perdue. Ce serait notre ma-nire de contribuer aux cinq chan-tiers de la Rpublique.

    Il est alors dplorable que lEtat ne vienne pas en aide de telles ONG, conclut Arthur Maluma.

    Ricky KAPIAMBA

    Le boulevard du 30 juin dpouill des arbres et des monuments

    Le boulevard du 30 juin subit, depuis quelques semaines, une chirurgie de grande envergure, destine faire de cette artre une route moderne. Parsem jadis de pelouse sur la ber-me centrale, embelli des ronds-points et monuments, jalonn darbres et des poteaux lectriques, cet axe rou-tier sest vu dpouiller de ses parures pour permettre une bonne excution des travaux.

    De la gare centrale au rond-point Socimat, la berme a disparu du milieu du boulevard. Les panneaux publici-taires, les feux de signalisation... ne sont plus visibles. Seules des bran-ches coupes et quelques arbres qui persistent encore, dcorent les Champs-Elyses de Kinshasa.

    Le square Mandela nest plus un carrefour. La gante colombe de paix, faonne par le sculpteur congolais Meko, sest envole, en qute dune nouvelle destination. Le rond-point Socimat sest aussi vapor. Les en-gins chinois mobiliss pour la rfec-tion du boulevard ont tout dracin sur leurs passages, monuments et berme compris.

    Agrandie, la chausse devient si lisse que certains conducteurs roulent tombeau ouvert quand la circula-tion est dgage. Mais aux heures de pointe, bien qulargi, le boulevard est paralys par des embouteillages. Les vhicules rangs en file indienne sont contraints de ralentir avant demprun-ter laxe Socimat - Kintambo-Magasin.

    Lempreinte chinoiseActive sur terrain, lentreprise chi-

    noise CREC (China Railway Engen-nering Corporation) travaille darrache-pied pour renouveler et moderniser cet important axe routier de la capitale. Se-lon lun de ses ingnieurs, le Congolais Donat Musenga, le boulevard quitte la phase initiale dont la chausse tait de deux fois deux voies pour une nou-velle phase qui sera dune chausse de deux fois quatre voies.

    Ce travail, commente lingnieur congolais, a exig la dmolition de la berme centrale au milieu du boulevard, lvacuation des monuments retrouvs sur laxe de la route, labattage des ar-bres afin dlargir les chausses de part et dautre, en ajoutant les ouvra-

    ges dassainissement: les trottoirs et les caniveaux. Les arbres ont vieilli, ils doivent tre renouvels. Et pour lar-gir la chausse, il tait ncessaire de les couper. Le ministre de lEnviron-nement soccupera de la rimplanta-tion de ces arbres.

    Daprs Donat Musenga, les tra-vaux seront excuts sur deux tron-ons : le premier va de la Gare cen-trale au rond-point Socimat (deux fois quatre voies). Le deuxime part du rond-point Socimat Kintambo-Ma-gasin. Ici, lentreprise va construire un viaduc (un pont-route avec deux fois deux voies) et deux changeurs. Ensuite, il y aura une chausse de deux fois deux voies. Certaines ha-bitations seront touches 5%, mais il ny aura pas dexpropriation. En cas dexpropriation, les concerns seront avertis, prvient lingnieur.

    Le chantier du boulevard du 30 juin se ralise suivant un dlai dexcution bien dfini. Mais, compte tenu de certains paramtres, ce dlai pourra tre revu, signalent les ingnieurs trouvs sur le chantier.

    Isabelle KIBUNGU

  • JDC Journal-cole n24 - Semaine du 18 au 24 mai 2009

    Journal du Citoyen A laffiche

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    scurit. Lhomme trouve galement un bnfice gntique. En effet, de larbre, lon peut tirer des mdica-ments, de la baume, du papier, de lair Bref, il ny a rien dans larbre qui puisse tre jet. Pour ce faire, le dbat tant du cot naturaliste, lar-bre constitue, cet effet, un vivier qui garantit lhygine et une certa