La rentabilité réelle des actifs boursiers de 1950 à 1992

  • View
    214

  • Download
    0

Embed Size (px)

Text of La rentabilité réelle des actifs boursiers de 1950 à 1992

  • Monsieur Georges Gallais-HamonnoMonsieur Pedro Arbulu

    La rentabilit relle des actifs boursiers de 1950 1992In: Economie et statistique, N281, 1995. pp. 3-30.

    Citer ce document / Cite this document :

    Gallais-Hamonno Georges, Arbulu Pedro. La rentabilit relle des actifs boursiers de 1950 1992. In: Economie et statistique,N281, 1995. pp. 3-30.

    doi : 10.3406/estat.1995.5927

    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/estat_0336-1454_1995_num_281_1_5927

    http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/author/auteur_estat_1946http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/author/auteur_estat_1946http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/author/auteur_estat_1945http://dx.doi.org/10.3406/estat.1995.5927http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/estat_0336-1454_1995_num_281_1_5927

  • AbstractThe Actual Return on Stock Market Investments from 1950 to 1992The actual return on equity investments over the forty-three year period from 1950 to 1992 is evaluatedby transforming the stock market indices into portfolios. The study presented here uses a newmethodology for bond portfolios and is based on the strong hypothesis of reinvested annual income.Two results confirm the findings of previous studies: gold has provided a mediocre return while shareshave again proved to be the highest performing investment over a long period of time. However, for thefirst time since 1914, bond investments have maintained the purchasing power of the savings invested.Listed securities therefore emerge as profitable although the earnings on them are erratic, or risky, dueto sometimes severe stock market fluctuations. There is no alternative to this risk-return link. The onlystrategy is patience. The longer the investment is held, the more price volatility is smoothed and movestowards the lowest fluctuation rate, which nevertheless remains high at 15% for shares and 4% forbonds.

    RsumLa rentabilit relle des actifs boursiers de 1950 1992La rentabilit relle des placements entre 1 950 et 1 992, soit sur une priode longue de quarante-troisans, est value en transformant les indices boursiers en portefeuilles. Les travaux prsents ici, basssur une mthodologie nouvelle pour le portefeuille obligataire, sont raliss sous l'hypothse forte durinvestissement du revenu annuel. Deux rsultats confirment ceux des tudes antrieures : l'or a euune rentabilit mdiocre, alors que les actions s'avrent, une fois de plus, le placement le plusperformant sur le long terme. Par contre, pour la premire fois depuis 1914, le placement obligataire aprserv le pouvoir d'achat de l'pargne investie.Ainsi, d'une part, les actifs cots se rvlent rmunrateurs, d'autre part, leurs rsultats sont alatoiresou risqus car les fluctuations boursires sont parfois extrmement brutales. Il n'existe pas d'alternative ce lien rentabilit-risque, mais seulement une stratgie : la patience. Plus la dure de dtention estlongue, plus la volatilit des cours diminue et converge vers un degr incompressible de fluctuation quireste toutefois lev : 15 % pour les actions et 4 % pour les obligations.

    ResumenLa rentabilidad real de los activos burstiles de 1950 a 1992La rentabilidad real de las inversiones entre 1950 y 1992, o sea en un periodo largo de 43 ahos, sepondra aquf al cambiar los indices burstiles en carieras. Los estudios que publicamos, se basan enuna nueva metodologia en cuanto a la cariera de obligaciones y se realizan siguiendo la hiptesisfuerte de la reinversin de la renta anual. Dos resultados confirman los de los estudios anteriores : eloro tuvo una mediocre rentabilidad, pero las acciones resultan ser, una vez ms, la inversion quemayor rendimiento da a largo plazo. En cambio, por primera vez desde 1914, la inversion enobligaciones ha mantenido el poder adquisitivo del ahorro invertido.De este modo, los activos cotizados se revelan, por un lado, remuneradores, por otro lado, losresultados son aleatorios o arriesgados por ser a veces sumamente violentas las fluctuacionesburstiles.No existe alternativa al nexo rentabilidad-riesgo, sino tan solo una estrategia : la paciencia. Cuanto mslarga es la detencin, tanto ms disminuye la volatilidad de los cursos y converge hacia un gradoincompresible de fluctuacin, el cual permanece alto sin embargo : el 15 % en cuanto a acciones y el 4% en cuanto a obligaciones.

    ZusammenfassungDie tatschliche Rentabilitt der brsennotierten Vermgenswerte zwischen 1950 und 1992In diesem Artikel wird die tatschliche Rentabilitt der Anlagen zwischen 1950 und 1992, das heiBtwhrend eines Zeitraums von dreiundvierzig Jahren, durch die Umwandlung der Brsenindizes inPortefeuilles bewertet. Die hier vorgestellten Arbeiten, die auf einer neuen Mthode furSchuldverschreibungs-Portefeuilles beruhen, sind unter der starken Annahme durchgefhrt worden,da(3 der Jahresertrag wieder investiert wird. Zwei Ergebnisse besttigen diejenigen, die bei vorausge-gangenen Untersuchungen erzielt wurden: Gold hat eine mittelmBige Rentabilitt, whrend sich die

  • Aktien einmal mehr als die Anlagen mit der langfristig hchsten Ertragskraft erweisen. Dagegen habendie Anlagen inSchuldverschreibungen zum ersten Mal seit 1914 die Kaufkraft der investierten Spargelder bewahrt.Einerseits erweisen sich die brsennotierten Vermgenswerte somit als recht rentabel, und andererseitssind ihre Ertrge aufgrund der manchmal extrem gro3en Brsenschwankungen mit Unsicherheiten oderRisiken behaftet. Zu dieser Verbindung zwischen Rentabilitt und Risiko gibt es keine Alternative,sondern lediglich eine Stratgie, und zwar die der Geduld. Je langer die Laufzeit ist, desto mehr nimmtdie Volatilitat der Kurse ab und nhert sich einem nicht reduzierbaren Schwankungsgrad, der jedochhoch bleibt: 1 5% bei den Aktien und 4% bei den Schuldverschreibungen.

  • PATRIMOINE

    La rentabilit relle

    des actifs boursiers

    de 1950 1992

    Georges Gallais-Hamonno et Pedro Arbulu*

    * Georges Gallais- Hamonno est Professeur l'Universit d'Orlans et directeur- adjoint de l'Institut Orlanais de Finance (IOF) et Pedro Arbulu est doctorant l'IOF.

    Les auteurs remercient pour leurs critiques cons- tructives : un rapporteur anonyme et Roselyne Kerjosse de la revue, le Professeur Anne Lavigne, Jean Berthon, Grard Athias et Andr Le Saux, respectivement prsident et trsorier de l'Association franaise d'pargne et de retraite (AFER), et les membres du groupe de travail de l'Insee runis autour de Jean-Marie Callis, tout spcialement Paul Le Filltre, Jean-Jacques Malpot et Madeleine Dangu.

    Les noms et dates entre parenthses renvoient la bibliographie en fin d'article.

    La rentabilit relle des placements entre 1950 et 1992, soit sur une priode longue de quarante-trois ans, est value en transformant les indices boursiers en portefeuilles. Les travaux prsents ici, bass sur des calculs nouveaux pour le portefeuille obligataire, sont raliss sous l'hypothse forte du rinvestissement du revenu annuel. Deux rsultats confirment ceux des tudes antrieures : l'or a eu une rentabilit mdiocre, alors que les actions s'avrent, une fois de plus, le placement le plus performant sur le long terme. Par contre, pour la premire fois depuis 1914, le placement obligataire a prserv le pouvoir d'achat de l'pargne investie.

    Ainsi, d'une part les actifs cots se rvlent rmunrateurs, de l'autre, leurs rsultats sont alatoires ou risqus car les fluctuations boursires sont parfois extrmement brutales. Il n'existe pas d'alternative ce lien rentabilit-risque, mais seulement une stratgie : la patience. Plus la dure de dtention est longue, plus la volatilit des cours diminue et converge vers un degr incompressible de fluctuation qui reste toutefois lev : 15 % pour les actions et 4 % pour les obligations.

    Cet article prsente une vision d'ensemble des volutions boursires de la priode de

    quarante-trois ans qui nous spare de la fin de la reconstruction d'aprs-guerre et met jour la dernire tude de l'Insee sur ce thme qui s'arrtait en 1980 (Fabre, 1981) (1). Un panorama de l'volution des cours est ralis pour les trois actifs cots Paris : les actions, les obligations et l'or.

    Pour savoir si les diffrents placements boursiers ont prserv le pouvoir d'achat du capital investi, les indices Insee ont t transforms en portefeuilles indiciels (parfois appels indices de performance ) par le

    ment du revenu annuel et de son avoir fiscal (ou crdit d'impt) (2). Les sries de portefeuilles indiciels utilises ici sont donc originales, tout spcialement dans le cas du placement obligataire.

    1. tude qui, elle-mme, mettait jour les recherches antrieures de l'Insee faites par Laforest (1969, 1971, 1973 et 1974) et par Laforest et Salle (1977). 2. Les lments de base de cette recherche doivent tre publis sous la forme d'un document technique et d'une disquette comprenant les sries mensuelles collectes ou construites pour cette tude.

    ECONOMIE ET STATISTIQUE N 281, 1995 -1

  • 3. Les taux prsents sont systmatiquement (sauf indication contraire) des taux d'intrt composs. Les taux et les indices sont arrondis.

    L'volution boursire depuis 1950

    Les volutions des indices nominaux reprsentatifs des actions, des obligations,

    de l'or et des prix sur cette priode de quarante-quatre ans peuvent tre expliques, au moins partiellement, par le contexte politique ou conomique. Quatre volutions trs contrastes se dessinent (cf. graphique I).

    Les prix : de l'inflation la stabilisation

    L'volution de l'indice des prix de l'Insee (base 1980 ramene 100 au 31 dcembre 1949) indique six phases.

    De 1950 1952, une trs forte inflation est induite par les guerres d'Indochine et surtout de Core. L'indice passe de 100 142 en vingt- six mois (dcembre 1949-fvrier 1952), soit au taux de 17,5 % par an (3).