L'Ecole valaisanne, avril 1966

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Text of L'Ecole valaisanne, avril 1966

  • J.A. SION 1

    L'ECOLE ---Sections primaire, commerciale (avec diplme de commerce reconnu par l'Universit de Ge-nve). Raccordement - Langues Enseignement par classe de 3 5 lves. Sports: ski - patinage - tennis -quitation - natation.

    CI) Cours de vacances en juillet et ~_ aot. 'Il

    Ecole pour ieunes gens ds l'ge de 8 ans

    BANOUE CANTONALE DU VALAIS Bons de eais8e

    L'argent que vous lui confiez travaille dans le Canton et pour le Canton

    Lavage chimique SION-SIERRE-MARTIGNY -MONTHEY

    Teinturerie Valaisanne Bureau Sion: Tlphone (027) 21464

    (]) C c ra Cf) .-

    ra ra > (]) -

    o '0) -

    Saint Pie~re aptre, Florence, glise de Orsammichele

    avril 1966 - dixime anne 8

  • C'est clair votre conomie est la Source

    Il.1 1 Fr. 285.- ~~~~

    Mme E. OLiVIER.ELSIG et MICHEL RUDAZ - SION

    Le bul de la teinturerie

    SION Vl Nettoyer vos vtements et vous les rendre comme neuf Angle Planta ~

    0..

    P 1518 S

    L'ECOLE f) AL,4ISAIYIYE Builetin mensuel du Personnel enseignant du Valais romand

    Avril 1966 No Xe anne 8

    --------------------------------._--------------------------------------.....

    SOMMAIRE

    Partie gnrale

    Le Roisoandale . ]. Folloniel' M. Veuthey Curdy F. Pralong B. Pellegrini

    La Liseuse . Henri MaJtis'8'e . Pourquoi 'tan!t de puMioirt . L'EgiliJS'e, lIJ'ewpl'e de DJ'eu Le crnma irt,al1len

    Partie corporative

    P. Bourban s.o.s. - ODIS . Retenue hahituel.l:1e ,sur ~e N'alJtement d'acvlrilll . V.acanoBS d't 'en familille .

    S.S.A.G. Curd)'

    PuMi1cat,ion ,d,es OO'll!l1S d'e gymtllas

  • _,Le 7
  • 4

    Donc, voil Kiki en possession d'une conduite. A quel prix l'a-t-il achete? Aux soldes ou aux prototypes? On verra cela l'usage 1

    Pour l'instant, il semble qu'on respire mieux dans son propre mnage, puisque a recommence tourner rond chez les idoles. Il n' y a donc plus aucun grain de sable dans la machine universelle. La grande question tait de savoir si elle aurait fait les malles, mais comme il s'est achet une conduite, tous les espoirs demeu-rent permis.

    Dans les jours qui vont suivre, on sera donc excusables si on n-glige un peu l'ducation de ses propres enfants ou si on bcle son travail. En sera-t-on profondment plus heureux pour autant? Les faibles ont de ces soulagements ...

    J'ai envie d'crire les intoxiqus . J'ai personnellement connu des intoxiqus, des vrais. Leur faux paradis leur suffisait. L'intoxi-cation morale est plus forte que celle de la vraie drogue. Morphine, hrone, cocane et consorts, on sait trop bien, hlas 1 que ces produits rduisent leurs victimes en un nant voisin du complet abrutissement.

    Mais l'autre drogue, plus subtile, plus imperceptible, celle des gros panneaux qui embouteillent la circulation sur les trottoirs appelle aussi notre rflexion. Les victimes de cette dernire intoxication ne manifestent aucun symptme alarmant de dchance, mais leur cur n'en est pas moins, pour autant, srieusement atteint.

    Intoxication orchestre, organise, programme, voulue. Il faut atteindre l'objectif-vente. Tout le reste importe peu. Le reste ressortit au sentiment, et que ferait le sentiment dans un monde si parfai-tement soumis au roi-scandale? Si la presse est destine duquer, lever. le niveau moral, laissons cette mission au bulletin paroissial. Ce qui nous intresse, nous, pour ne rien vous cacher, c'est l'argent.

    Ici, une explication complmentaire me parat s'imposer. C'est surprenant de voir avec quelle dsinvolture on se dbarrasse du franc en change de ce papier de mauvaise qualit. Par contre, quand le journal local auquel on est abonn - et dont on ne lit trop souvent que les annonces et les relations d'accidents - essaie d'apporter, par des ditoriaux de valeur, une certaine qualit intellectuelle la pu-blication, on ne manque pas de se plaindre que tout cela est bar-bant et indigeste. Naturellement, un ditorial ne traite pas nces-sairement, toujours, des sujets p, scandales ...

    Mais j'en arrive oublier bien facilement le fameux couple Kiki-Lulu qui a fait trembler tant de fans par son comportement (et surtout le grand Kiki, qu'on aime bien, mais qulle brute 1

    Ce qui n'empche pas qu'on achter~ son p,rochain, disque .. C~ qui n'empche pas que, si, par hasard, d publJ,e un lwre destme ~ux analphabtes, son tirage dpassera le million, car le monde groLHlle d'analphabtes qui savent lire).

    Donc, comme j'ai eu l' honneur de vous le dire, j'ai failli renverser le panneau rclame qui se devait d'occuper la moiti du trottoir. Pour me faire pardonner, j'ai donc achet le journal o Kiki battait Lulu. E t je l'ai parcouru.

    L'histoire de ce couple fabriqu par les serviteurs du dieu-scandale n'y occupait que peu de place. Une tren~aine de . lignes, et mme en trs petit caractres. Comme on dement sub"tement avare ... Par contre, le journal contenait quantit d'autres rvlations: la starIet X qui fait scandale Y; le beau matador qui en veut mort - pas au taureau, mais son rival - les secrets d'alcve, vrais ou imagins, du fameux couple Z. Et si vous en voulez davan-tage, achetez et lisez le journal. Je ne vous le conseille pas, cepen-dant, car j'en garde une certaine nause.

    J'ai naturellement achet les numros suivants, o Lulu pleu-rait , o elle prpara.it ses valises et o Kiki s'achetait une conduite . Trs peu de texte pour cette tragdie antique: une fois le titre trouv, ces plumitifs se trouvaient quasiment vides de substance.

    J'ai donc lu ces numros - drles de numros 1 - par acquit de conscience bien plus que par' plaisir. Et, mesure que le drame se nouait, ma 'nause n'en diminua pas pour autant. L'important tait qu'on et trouv, avec Kiki et Lulu, l'appt-choc. Le reste 1 .. :

    Ainsi pour l'histoire de ce pauvre couple. On en fabnque par douzaines dans les laboratoires secrets o se font et se dfont les idoles proposes aux millions de cerveaux qu,i ont p~rdu la facul~ de rflexion et de discernement. Que nous n en tasswns pas l!a~t~e une fois ou l'autre, que cette dmence collectwe, cette frenesJ,e de participer au banquet des ragots, des racontards et des sca,!,dales ne nous atteigne pas, il serait bien prsomptueux de l'affJ,rmer. Car tout est si adroitement mont et prsent qu'il faudrait possder un cur insensible pour ne pas frmir tant de malheurs dont cette pauvre humanit est le thtre chaque jour.

    Par tellement d'artifices publicitaires, le roi-scandale conquiert ainsi, chaque jour, du terrain. Partout o l'on sait lire, ou peu p!'s, on devient participant ou complice. Les peuplades analphabetes possdent un trange avantage sur nous, celui d'chapper cet empoisonnement quotidien dispens par une presse sans scrupules.

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    Ces dieux nous tant devenus familiers, en connaissant tous les heur~s et malheurs, par un phnomne psychologique absolument exphcable, on cherche les imiter: dans leur coiffure leur dmarch leur comportement, leurs hurlements et, ce qui est 'bien plus grav~

    e~~,OI~e, ~ans leur vie prive. Et i~ suffi,t de si peu de choses, tant a~l wes a ce stade, pour que certams pnncipes sacrs soient consid_ l'es comm b' d' , 'bd' ~ e len esuets et, amSl a lquer a une lmentaire notion de mOl',al,e et d: dce,!ce, Si la so~it moderne est souvent ce qu'elle r:e deV1 alt pa! etre, Sl tant de grams de sable grippent ses engrenages, ~l faut peut-eu'e chercher une des causes de cette dcadence ces lmmenses par:,,:eaux des trottoirs, qui, en lettres gigantesques, di f-fusent le p,lalsu' du scandale. Certains drames de notre quartier ou de ~otre vlZlage nous laissent la plupart du temps indiffrents, mais alOI s, quand le bonheur de Lulu est en cause .. , Malsain et dangeureux tout cela... '

    On 'pourrait appeler d'autres exemples, mais est-ce bien u tile Tou~ Vlendraient jz;stifier n?s ,crai~2tes, Et ces craintes, cette grand~ pell1 , pe,uvent se resumer alnSl: ou nous entranera-t-on? Je n e dis p'as Ol~ ~ro,,:s:nous, car cela comporte encore une certaine notion de hberte mchvlduelle, mais, au contraire: o nous entranera-t-on car nous ne sommes, ou ne serons, bientt plus qu'un lment anony';'e du tro,upeau, et ceux chez qui l'histoire du mouton de PanurGe demeure presente comprendront cette inquitude. 0

    , Je l'ai main tes fois crit : on ne s'attroupe pas devant un chef-d ~uvre. Cela se confirme ici comme en tant d'autres circonstances. ?u n?us ~ntranera-t-on, sinon vers les srs nants du cur et de l espnt Sl ' t d l' ~ 1

    , " " ce n es en es Leux ou es robots seront rois? Une cw~llsatLO": d; culture, tout a? Culture de l'incurable btise hu-mame, OUl, d accord !

    , fine croisade s'impose s,ur une chelle bien plus vaste que notre mlZler: local ou notre petu pays, Elle s'impose dans le cadre de cer~ame~ organisations internationales prcisment institues pour m~~'!tenlr et sauver les valeurs essentielles qui font que l' humanit mel Ue er:core de porter ce nom ... Qu'on fasse un immense bcher d~ ces ~lsques de mar:vais got, antithses de la musique, de cette ]JI esse a scandales qUl nous cure et nous dmolit, et qu'on brle

    tou~ ,c~la au nom de l'homme. Sinon,_ i} quoi bon se dire fier d'appar-t;nu a ce~ temps de grandes conquetes, car si la civilisation perd l homme, a quoi peut-elle servir encore?

    Jean Follonier

    Henri Matisse

    La liseuse

    Le Fauvisme

    L'Im pressionnisme est, en lui-mme, une cole d'une importance excep-tionnelle. Mais, comme nous l'avons dj remarqu, il trouve une seconde grandeur dans l'influence qu'il a exerce sur toute la peinture occidentale du dbut du XXe sic1e, que ce soit dans ses propres prolongements ou dans les ractions qu'il a suscites.

    Le F auvisme appartient cette seconde catgorie. n constitue en effet la raction de la couleur pure et franche contre la recherche subtile des peintres impressionnistes