LES ENFANTS DU DIABLE - UFOmotion 2019. 2. 25.آ  Jean-Pierre PETIT Ancien Directeur de Recherche au

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  • Les Enfants du Diable 1/j/aa

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    LES ENFANTS DU DIABLE

    Jean-Pierre PETIT

    Ancien Directeur de Recherche au CNRS

    L'essentiel de ce livre a été écrit en 1986. Il avait été commandé par un

    grand éditeur Français qui, au dernier moment, refusa de le publier, sans doute pour deux raisons. Soit il ne crut pas aux révélations qu'il contenait, soit il fut effrayé par ce qu'il trouva dans ce manuscrit. Je l'ai complété par quelques informations récentes. En 1976 je connaissais les grandes lignes du projet Guerre des Etoiles, qui ne fut porté à la connaissance du grand public que quinze ans plus tard.

    Depuis l'effondrement de l'URSS le public a tendance à croire que le danger thermonucléaire s'est éloigné. Il n'en est rien, et, après lecture, le lecteur verra que les choses sont devenues pires encore. En tant que scientifique il est de mon devoir de tenter d'ouvrir les yeux du public.

    Les savants du monde entier ont vendu leur âme au diable, comme Faust,

    c'est tout. Ce livre est dédié à mon ami le scientifique Vladimir Alexandrov,

    assassiné à Madrid en 1985 par les services secrets, sur ordre du lobby militaro-scientifique.

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    PROLOGUE

    Troie devait disparaître, elle ne pouvait échapper à son destin. Dociles, les troyens travaillaient donc à leur propre perte. Ils avaient ainsi envisagé d'abattre un des pans de leur forteresse pour y faire entrer l'énorme cheval à roulettes abandonné par les grecs devant les portes de la ville. Tout se déroulait comme prévu.

    Mais Cassandre suspecta un coup fourré : - Timeo danaos et dona ferentes. Je crains les grecs, surtout quand ils font des présents, disait-elle. Cassandre, fille du troyen Priam, avait reçu d'Apollon le don de prédire

    l'avenir, à condition de se donner au dieu. Elle décrivait le futur de Troie, sans retenue, dans les rues de la cité, et les dieux en furent agacés. Quelqu'un voulait contrarier le plan, faire dérailler le destin, peser sur l'avenir de la ville. Impensable. ...

    - Aucune inquiétude, dit Apollon, cette idiote a refusé de coucher avec moi, aussi ai-je jeté sur elle une malédiction : personne ne la croît.

    Les dieux s'esclaffèrent. Il devenait fort divertissant de voir cette pauvre fille décrire dans une indifférence générale le perte des Troyens, hommes, femmes, enfants et la mise à sac de la ville. En la voyant certains haussaient les épaules ou pointaient leur index sur leur tempe en assortissant ce geste d'un mouvement de vissage. Certains, plus cultivés, disaient "qu'elle avait le syndrome de la catastrophe". Mais l'enchantement d'Apollon ne semblait cependant pas parfait. Zeus s'en inquiéta :

    Dis-donc, Apollon, Je suis désolé, mais cela ne marche pas à cent pour cent, ton truc. Elle a réussi à convaincre Laocoon, son frère, et le fils de celui-ci.

    Laocoon, prêtre au temple, était un intellectuel. En réfléchissant il avait fini par conclure que cette histoire de cheval n'était pas claire. Il le disait et, lui, on l'écoutait. C'était embêtant et ça risquait de tout flanquer par terre. Les dieux décidèrent d'employer les grands moyens. Sur leur ordre des serpents monstrueux sortirent de la mer toute proche, se jetèrent sur Laocoon et sur son fils, et les étouffèrent. On connaît la suite.

    Je dédie ce livre à toutes les Cassandres et à tous les Laocoons de la Terre.

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    LIVERMORE

    Au printemps 1976 les Etats-Unis vivaient le bicentenaire de leur

    indépendance. La Science était encore belle et bonne et de nombreux temples lui avaient été consacrés dans le pays où on s'apprêtait à célébrer l'événement avec faste.

    A cette époque j'arrondissais mes fins de mois au CNRS en faisant de temps en temps des articles pour la revue Science et Vie. Philippe Cousin, son rédacteur en chef, me dit un matin :

    - J'ai envie de faire quelque chose sur ce bicentenaire dans le numéro d'été. Si tu veux, je t'envois aux Etats-Unis. Tu essayes de me faire le point sur quelques réalisations scientifiques de pointe du moment. Je te laisse libre de tes points de chute là-bas.

    Je fis donc ma valise et m'envolais vers les Amériques. Avant de partir, un ami m'avait vivement conseillé d'aller voir les lasers du célèbre laboratoire de Livermore, en Californie.

    - Personne ne les a jamais vus. Ce sont, parait-il, les plus puissants du monde. Essaie de t'en approcher.

    C'était excitant. Quatre jours plus tard, m'offrant une escale de vingt quatre heures pour digérer le décalage horaire, je déambulais dans les rues de San Francisco. C'était la seule grande ville qui exerçait sur le visiteur occidental un charme immédiat. Boston faisait bon chic bon genre. A New York on avait l'impression d'être dans une fosse à ours aux parois vertigineuses qui ne découvraient qu'une maigre bande de ciel. Mais Frisco évoquait encore le livre de Jules Vernes, vingt mille lieues sous les mers, ou Moby Dick. Les lions de mer s'entassaient sur les jetées. Sur les quais qui sentaient le poisson mouillaient des armadas de petits bateaux de pêche et avec un peu d'imagination on aurait pu s'attendre à croiser le capitaine Achab, martelant le sol de sa jambe de bois.

    La ville ressemblait à du papier gaufré tant son sol avait été travaillé par les tremblements de terre. Elle était pleine de trous et de bosses. Il était conseillé d'utiliser les célèbres tramways à câble qui étaient là-bas plus une nécessité qu'un attachement au folklore.

    Le port sentait l'iode et le poisson. Dans les boutiques des quais on trouvait encore des sirènes empaillées et des diseuses de bonne aventure. Il existait une échoppe où on vendait toutes sortes d'étrangetés. Son ancien propriétaire était un vieux chinois extrêmement maniaque qui, avant de mourir, avait voulu laisser au monde une image parfaite de lui-même, en cire. Afin d'accroître le réalisme il avait abandonné toute sa pilosité, s'arrachant dans ses derniers jours cheveux et poils de barbe pour les sceller dans la cire chaude.

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    A côté de cette représentation grandeur nature de l'ex-propriétaire se trouvait une diseuse de bonne aventure, également en cire. Habillée en gitane, elle plongeait un regard fixe dans une sphère de verre posée devant elle et dans cette boule s'agitait un petit personnage, sorte de Merlin l'enchanteur habillé d'un long manteau. Il semblait répéter à l'infini les mêmes gestes. On ne voyait ni écran, ni système optique apparent et l'image en relief du personnage ne se formait pas sur les parois de la boule mais carrément en plein milieu, comme si elle était suspendue dans l'air. Je voyais là mon premier hologramme.1

    Je rentrais dans la boutique pour connaître mon avenir mais la gitane avait cette fois laissé place à un ordinateur. Un préposé, visiblement dénué de tout pouvoir divinatoire, entrait machinalement son clavier quelques renseignements sur la date de naissance, le sexe, etc.. Puis, quelques secondes plus tard, une imprimante exprimait bruyamment l'oracle demandé, le tout pour un dollar. La poésie cédait le pas à l'efficacité.

    Dans un autre coin de la boutique une caméra à digitaliser permettait contre une somme modique de se faire tirer le portrait, toujours grâce à l'ordinateur, en reproduisant vos traits sur le papier à l'aide d'une adroite combinaison de caractères alphabétiques.

    Bien sûr, aujourd'hui toutes ces choses sont monnaie courante, mais à l'époque elles avaient de quoi surprendre le visiteur, même scientifique averti.

    Il existait aussi à San Francisco un célèbre magasin de verrerie. Dans la vitrine la lumière se réfléchissait à l'infini dans d'énormes blocs de verre brut subtilement teintés. L'un d'eux, mesurant un bon demi mètre de diamètre, semblait d'une homogénéité et d'une qualité parfaite. Un vendeur m'expliqua que la teinte rosâtre était due à la présence d'une impureté, d'une "terre rare", le néodyme.

    - Du verre dopé au néodyme ! n'est-ce pas le matériau qu'on utilise dans les lasers ?

    - Oui, et nous le fournissons en quantité appréciable aux gens du Lawrence Livermore Laboratory, nos voisins.

    Le lendemain soir un petit bimoteur blanc m'emmena vers ce laboratoire où fut mise au point et assemblée, sous la direction du Folamour américain, Edward Teller, la première bombe à hydrogène.. Il appartenait à une compagnie qui faisait avec cet unique appareil la navette entre Frisco et ce coin de désert. L'avion était si petit qu'il passait sans encombre sous les ailes de ses grands frères les Boeing 747. Après l'atterrissage d'un de ces géants nous dûmes attendre quelques minutes que s'apaise le puissant

    1 Hologramme : enregistrement sur une plaque photographique de l'image

    interférentielle d'un objet éclairé par laser. Ce même film, de nouveau éclairé par laser, produit une image "tridimensionnelle" qui semble flotter dans l'espace.

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    brassage d'air qu'il avait créé, précaution sage pour éviter de se retrouver sans crier gare cul par dessus tête au moment du décollage.

    Je couchais dans un motel triste proche du minuscule aéroport. Le lendemain le chargé des relations extérieures vint m'y cueillir et je lui tendis