Les grands paysages entre dense et léger, intégration et résilience

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    Les grands paysages entre dense et lger, intgration et rsilience

    AIGP

    Atelier international du Grand Paris

    LIN

    Architecture Urbanisme

    JOSEPH HANIMANN

    Philosophe

    MICHAEL KLEYER

    cologue

    KAYE GEIPEL

    Historien de la ville et de l'architecture

    PAN

    L2

    Juin 2015

  • LIN, Finn Geipel + Giulia Andi

    Membre du Conseil scientifique de lAtelier International du Grand Paristude ralise pour lAtelier International du Grand Paris Commande Habiter le Grand Paris / mars 2013

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  • Avant Propos

    Rsilience-Rsistance-Rmanence

    ABSTRACT

    Objet de la dmonstration: Ville dense ville lgre : prcisions

    Rponses aux enjeux du drglement climatique

    1. Le Grand Berlin1.1. Ce que Berlin peut apprendre du Grand Paris ?

    1.2. Transformation d Grand Berlin,quelle densification?

    2.Sevran territoire de destination2.1.Lexprience Grand Paris Sevran depuis 6 ans

    2.2. Ce que le grand Paris a apprendre de Sevran.

    2.3. Les habitants face au changement du Grand Paris

    2.4.Les formes de rsilience de la transformation de Sevran

    ENTRETIENS

    le Grand BerlinAli Saad, architecte urbaniste, TU Berlin

    Holger Lippman, responsable du dveloppement et de la rutilisation de

    l'aroport de Tegel.

    Sevran territoire de destinationBruno Dumond, responsable Grand Paris, ville de Sevran

    Linda Damouche, chef de projet ANRU Beaudotte, ville de Sevran

    Lara Belkind, architecte urbaniste, doctorante MIT

    Thierry Maytraud, hydrologue,urbaniste, directeur Agence ATM

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    Sommaire

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  • La consultation du Grand Paris lance en 2008 devait permettre de

    donner voir les applications du protocole de Kyoto (sign en 1997)

    lchelle mtropolitaine. Les reprsentations furent nombreuses mais

    lobjectif tait commun : trouver la combinaison entre des objectifs

    conomiques nationaux, locaux, dans un systme rsilient.

    Tandis que le cycle annuel des confrences des parties (COP) rappelle les

    principes environnementaux lmentaires suivre, les terminologies se

    prcisent, ltat durgence est, lui, de plus en plus fond. Poser de

    nouveau la question de la transformation de la mtropole au regard des

    enjeux climatiques (7 ans aprs la premire consultation du Grand Paris)

    nest donc pas anodin.

    La notion de rsilience est fortement prouve et son champ dactions est

    vaste.

    Dans ce cadre, lquipe LIN reviendra sur le sens de sa posture initiale au

    vu de la prcision des terminologies relatives aux enjeux climatiques et

    au vu de la transformation structurelle de la mtropole.

    Avant-propos

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  • Depuis maintenant vingt ans, le concept de rsilience vogue entre nouvelles perspectives danalyse et possibles malentendus. Pour le rendre vraiment oprant, Il convient de linterroger sur ses prsupposs et ses implications. Dans tous les contextes auxquels il sapplique (contexte cologique, conomique, technologique, social, psycholo-gique), le principe de la rsilience rompt avec un des fondements de la pense moderne. Depuis le 18e sicle europen, le programme de la modernit tait la promesse du passage dun rgne de lincertitude et de la prcarit vers un rgime de la stabilit et de la prvisibilit. Le prvi-sible et le planifiable sont la norme selon ce programme, la perturbation et linstabilit sont lexception. La rsilience, prise la lettre, renverse cet ordre et renoue avec une situation pr-moderne, sans tre un retour en arrire. La perturbation cause par une inondation ou un stress social cesse dtre un accident ou une catastrophe viter absolument et devient un lment constitutif dans la variation incessante du rel.

    Les consquences de ce renversement de perspective sont universelles sur le plan thorique, trs spcifiques sur le plan pratique des diffrentes situations mtropolitaines comme le montrera une comparaison entre le Grand Paris et le Grand Berlin propose ci-aprs. Si Berlin la perturba-tion majeure du sicle pass perturbation dramatique de la guerre a laiss des espaces vides qui venaient amplifier la capacit de rsilience cologique et sociale des espaces naturels dj prsents dans cette ville et augmenter le potentiel dinnovation sociale et artistique, la situation est bien diffrente Paris. Dans son tissu urbain organis en cercles autour dun unique centre dense, les espaces servant de rserves pour la rsilience taient successivement pousss la priphrie. Ils reviennent aujourdhui vers le centre sous la forme de micro-paysages, alors que dans la capitale allemande les espaces libres au centre se remplissent peu peu. Ces diffrences locales nannuleront cependant pas les caractris-tiques universelles propres au phnomne de la rsilience. Le terme de rsilience dsigne, selon la dfinition classique, la capacit dun systme perturb par une action extrieure ou une raison intrieure de rtablir spontanment lquilibre ncessaire pour sa prennit. quilibre retrouve ne signifie pas retour en arrire. Lvolution inces-

    Rsilience, Rsistance, Rmanence

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  • sante des systmes allant dun tat incertain vers un autre (et rappelant

    davantage lternel devenir du monde chez Hraclite que le rgne

    immuable des ides chez Platon ou des catgories dAristote) ne connat

    pas de retour un stade antrieur et lide dun tat initial lui est

    trangre. Cette vision conduit dvelopper le principe dune culture

    du risque telle quelle ressort de ltude du sociologue Ulrich Beck sur la

    socit du risque 1 . Elle rend vain lespoir de pouvoir supprimer le

    risque (en abattant p. ex. les platanes au bord de la route) et elle encou-

    rage accepter de vivre avec lui, en rduisant la vulnrabilit face lui

    par des dispositifs techniques et des modifications de comportement.

    Mais le malin gnie promthen de la modernit mrite son nom : il est

    malin. Il a su rcuprer lide de la rsilience pour la retourner parfois

    son avantage. Au lieu dinspirer de nouveaux comportements et de

    nouvelles manires de faire en tentant par exemple dattnuer les

    possibles dommages en zone inondable, le principe de la rsilience a pu

    servir dalibi pour pousser le risque, comme la montr Helga-Jane

    Scarwell2 puisque les systmes sauront si bien rtablir leur quilibre,

    on multiplie les projets hasardeux, avec quelques amnagements

    techniques. Cette tentation est grande l surtout o le besoin de loge-

    ments ou de bureaux est urgent et o la pression foncire est forte. Le

    risque peut faire projet et relguer le souci du danger au rang des

    priorits secondaires , crivent Alexandre Brun et Frdric Gache3 . Cest

    mconnatre la force stimulante que le risque peut effectivement avoir,

    quand il encourage par exemple dvelopper des stratgies de rduction

    de la vulnrabilit pour engager un processus de transformation urbaine,

    comme cela a t tent, daprs les auteurs, avec le projet Seine-Ardoines

    Vitry-sur-Seine en 2010. Rsilience ne peut vouloir dire calculer le

    risque et chiffrer les dommages (ils sont imprvisibles). Il sagit

    dapprivoiser le risque dans sa constante mutation, de rvaluer en

    permanence non seulement les donnes objectives, mais aussi la perti-

    nence du regard port sur elles, questionner le bien-fond des attentes,

    du comportement et des faons de faire.

    Peut-tre faut-il pour cela largir le cadre avec une catgorie nouvelle.

    La logique de la rsilience est souvent prsente comme un modle

    alternatif la rsistance : Au lieu de vouloir sopposer aux risques par

    endiguement, canalisation, scurisation du rel, il sagirait dassouplir

    les mthodes, dallger les dispositifs techniques et lgislatifs, de

    dynamiser la ractivit, de responsabiliser plus directement les acteurs.

    Ce nest pas faux, mais les deux modles sont loin dtre exclusifs lun par

    1 Ulrich Beck: Risikogesellschaft. Auf dem Weg in eine andere Moderne.

    Frankfurt am Main, 1986 (La socit du risque. Sur la voie dune autre modernit)

    2 Helga-Jane Scarwell: Dconstruire les logiques de gestion du risque

    dinondagion. In: Air Pur, No. 72, 2007

    3 Alexandre Brun/Frdric Gache: Risque inondation dans le Grand Paris:

    la rsilience est-elle un concept opratoire? In: Regards/Terrain, 2013

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  • rapport lautre. La rsilience contient une part de rsistance et appelle

    peut-tre un troisime terme : celui de la rmanence.

    Est dit rmanent ce qui subsiste aprs la disparition de la cause qui

    la provoqu on parle dimages rmanentes que lon continue voir

    pendant un temps alors que lobjet qui les a fait natre a disparu. Ce

    phnomne prsente deux versants : il sagit dune illusion, mais aussi

    dun effet de la mmoire bien rel. Notre hypothse est la suivante : Un

    systme ne peut tre vritablement rsilient que lorsquil y a un effet de

    rmanence, cest--dire lorsquil y a survivance de ltat antrieur avec

    une force dinertie, une certaine masse critique qui ralentit le change-

    ment. Lintroduction de cette catgorie de la dure dsigne lendroit

    logique o la rsilience sinscrit dans la perspective de la durabilit. Le

    rsilient nadmet pas la dure, il la prsuppose. Cest lternel balance-

    ment autour dun prcaire point dquilibre garanti par leffet retarda-

    taire de lancien qui subsiste sous le nouveau comme une rmanence, la

    fois fantasm et rel.

    Considre sous la dimension politique et sociale, ce p