Les Statues Miracles

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Pierre Manoury

Les Statues Miracles

TABLE DES MATIRES PREMIRE PARTIE Un peu de thorie. CHAPITRE I LES EGREGORES Anges, dmons et autres formations grgoriques mineures Les religions ftichistes Les Bethel ou btyles Egrgores laques et associatifs CHAPITRE II LES GNIES FAMILIERS OU ESPRITS SERVANTS Origine des gnies familiers. Catgories de familiers. Les gnies lmentaires. Les gnies plantaires Le golem CHAPITRE III LES ENTITS RELIGIEUSES. Ydam, dits, anges et dmons familiers Les dmons familiers Les anges et les archanges Les saints CHAPITRE IV LES ENTITS NATURELLES Devas et influences errantes Les bonsas Les arbres nains et les bonsas naturels Le bonsa en action Linstallation du bonsa et sa domestication Lducation. La nomination Le mot de pouvoir Mandragore et homoncules. DEUXIME PARTIE RALISATIONS PRATIQUES CHAPITRE V CHOIX DUN FAMILIER - TYPE DUN FAMILIER USUEL Familier gardien. Familier pour les transactions. Familier dinfluence. Familier divinatoire. Familier thrapeute. Familier pour la recherche dobjet ou de lieux. Familier pour les jeux. Familier pour la pousse des plantes et les levages. Familier pour la soumission des tres. Familier pour la comprhension et la dcouverte de textes rares. Familier pour favoriser les rencontres et les relations. Familier pour loigner les indsirables. Familier dvolution. Familier de russite sociale.

Familier de discorde et de rupture. Familier de retour daffection ou de sduction. CHAPITRE VI LES CONDENSATEURS - ACCUMULATEURS. Les substances accumulatrices. Le bois. La pierre. Les cristaux et pierres prcieuses. Les huiles. La cire. Les rsines. Leau. Les substances mettrices. Les substances spagiriques Les condensateurs plantaires. Composition du condensateur. Tableau des activits des vgtaux associs aux plantes. Prparation du condensateur. Les huiles essentielles. CHAPITRE VII LABORATION DU PROGRAMME DUN FAMILIER Concepts de base Dfinition de la sphre dactivit. Le nom de lentit. Les vocables simples Mode opratoire, fonctionnement et programme. Le mot de pouvoir symbole de reconnaissance. Dfinition des protocoles dactivit et des interdits. Procdure dentretien, alimentation nergtique, dveloppement et obissance, punition etc. Procdure de charge du programme. CHAPITRE VIII LES MARELLES Les marelles doprateur Conception dune marelle. Marelle de lettres, marelle de symboles. Marelle de familier CHAPITRE IX RALISATION PRATIQUE DE LA STATUE DUN FAMILIER. La forme structure de la statue. Les matriaux. Ralisation en matriaux contemporains. 1ere phase: le modelage. 2eme phase: fabrication dun moule Nomination ou baptme du familier. Charge par les lments. Les quama 1ere mditation: la terre 2e mditation : leau.

3e mditation : lair 4e mditation : le feu. Charge du condensateur. Lveil. Procdure dveil Destruction et mort du familier. CHAPITRE X LES STATUES S MIRACLES. Culte des anctres et christianisme les statues agissantes. tablissement dune statue miracles. Statue du saint condensateurs - accumulateurs la pierre.

PREMIRE PARTIE UN PEU DE THORIE CHAPITRE I LES EGREGORES. Dieu a cr lhomme son image, mais lhomme le lui a bien rendu. VOLTAIRE. La notion dgrgore appartient au fond traditionnel de lhumanit. Elle dsigne un phnomne nergtique subtil issu du potentiel psychique dun nombre plus ou moins grands dindividus interpells par un vnement, mobiliss par un dsir commun, une recherche collective ou une motion partage. Cet tat, provoqu ou spontan, occasionne une cristallisation dnergie programme par lintention, ou module par laffect, autour du thme ou sujet ayant induit le phnomne motionnel. Il se produit une accumulation nergtique, une charge , ayant pour origine la somme des apports nergtiques individuels. Ce type de phnomne est en gnral peu durable sil est spontan, mais peur tre entretenu, dvelopp et matris ds lors quil est organis, voire ritualis. Entendez par l programm par un matre doeuvre initi ou par un collge de prtres connaissant les clefs dutilisation de ses procdures. Le terme mme d grgore (par extension, magie grgorique ) est un nologisme parfois discut, form au XIXe sicle par labb Louis Constant, plus connu sous le nom dEliphas Levi. Le terme est form avec le radical latin gregarius, littralement le troupeau , ce qui implique la notion de charge collective, autrement dit laccumulation de certaines nergies caractre motionnel, accumules de manire constituer une entit collective consciente ou semi-consciente. Le cas le plus typique de phnomne grgorique spontan est celui dune runion sportive. Un match de football audience internationale induit ce genre de mcanisme. La foule des supporters excite par le jeu se laisse gagner par la passion, effaant durant quelques heures les individualits qui se fondent dans lanonymat motionnel du jeu. Chaque quipe est porte par lgrgore ainsi constitu et, outre la comptition sportive, il y a vritablement combat grgorique. Le match termin, lgrgore perdure quelques heures pour steindre avec les passions, le sommeil et les vapeurs dalcool. Le mme processus se produit lors des meetings politiques, les lections et dune manire gnrale pour tous les

vnements mobilisant les passions. On retrouve ce genre de phnomne dans les concepts populaires, o le chanteur, voire le groupe, animant le spectacle cristallise un phnomne grgorique qui se juxtapose au charisme de linterprte. Ce dernier mcanisme senrichit dune dimension supplmentaire en ce sens quil est interactif; le bnficiaire, dont la potentialit charismatique est dcuple, induit son tout un motionnel accru pouvant produire des phnomnes de transe hystrique chez des sujets fragiles. Ce genre de processus est assez difficile supporter pour les artistes qui en font lobjet, car le phnomne grgorique identifi une personne influe et interfre parfois de manire importante sur le comportement et la personnalit de lintress. Celui-ci est prisonnier de son personnage et il peut se produire dans certains cas des phnomnes didentification la persona ainsi constitue par les passions du public. Ds lors que la victime essaye de ragir ou modifie son image , il y a risque de rejet, vritable excommunication, pouvant dtruire la carrire de celui qui en fait lobjet. Il existe dautres types de mcanismes grgoriques, ceux-l plus durables car entretenus des processus de fixation plus solides assurant un certain dveloppement et permettant une plus grande stabilit. Cette dernire catgorie est rarement spontane, elle est le plus souvent consciemment organise, ou du moins rcupre par des personnes conscientes de lintrt pratique de ce type de phnomne. Les dveloppements de ce genre de manipulation obissent des lois parfaitement identifies et font lobjet denseignements discrets dans des cercles trs ferms. Avant daborder des aspects plus pratiques, voici ce que dit sur le sujet la trs consciencieuse Enciclopaedia Universalis au chapitre Magie : La persistance extraordinaire de ces formes rituelles et de ces images dans les temps et dans les pays les plus divers suppose une continuit des rites initiatiques depuis la prhistoire et, avec elle, une transmission orale de lenseignement traditionnel de la magie. Comment de telles pratiques auraient-elle pu durer pendant des millnaires si elles navaient jamais produit le moindre rsultat positif, vrifi dans les faits de la vie quotidienne par des hommes qui ne se nourrissaient pas dabstraction? On stonne de voir que les mmes spcialistes qui saccordent reconnatre limportance sociologique, psychologique et esthtique de la magie refusent dadmettre sa ralit exprimentale. Il y a la une vidente contradiction. Aussi convient-il de rechercher comment et pourquoi les oprations magiques pouvaient atteindre effectivement les buts quelles staient fixs. Malgr les apparences, en effet, ces pratiques mimtiques taient efficaces, senses et clairement explicables. Quel sportif, en effet, ignore lefficacit de lentranement par la simulation dun combat? Tout amateur du noble art a pratiqu le shadow-boxing, cette escrime contre un adversaire figur par lombre du boxeur lui mme, ce double imaginaire dune rencontre relle. Le tireur sexerce dabord sur une silhouette afin de mieux atteindre ensuite une cible humaine. Nul acteur ne se produit sur une scne de thtre avant davoir rpt son rle face une salle vide. Il nest pas jusqu lart de la guerre qui nexige des manoeuvres simules prparatoires et un Kriegspiel, indispensables toute stratgie. De mme, les chasseurs prhistorique ne pouvaient-ils affronter des animaux souvent terrifiants sans une simulation rituelle capable la fois de les aider dominer leur peur instinctive des fauves quils devaient combattre et de leur enseigner les gestes et les attitudes les plus favorables lapproche et lattaque de ces monstres. En contractant le temps rel de laction future sur le gibier dans le cercle imaginaire du temps rel, les magiciens concentraient prospectivement lattention des chasseurs sur le but atteindre. En animant le groupe par des cris, des danses, des travestis, en exaltant le sentiment de la force dune communaut troitement unie par des pratiques orgiastiques, la magie mimtique mettait les chasseurs dans un tat de transe collective, et cette surexcitation permettait chacun de dpasser le seuil de son angoisse et mme les bornes de ses perceptions individuelles. Alors se

rassemblaient en un seul faisceau dnergie psychique oriente par le magicien sur lanimal figur, tous les dsirs de la communaut et se constituait ce que lon nomme un grgore , cest dire non seulement une somme dexpriences individuelles mais aussi lunit vivante dune conscience commune. Ainsi la magie a-t-elle t la forme premire de la pdagogie. La prhistoire le prouve: linitiation tait un apprentissage des motions du chasseur tout autant que des technique de la chasse, un entranement intrieur et extrieur des nophytes que lon habituait se vaincre eux-mmes et soublier afin de se souvenir de leur but et de leur mission au service de la