Lige, Salle Philharmonique Stephen Hough - oprl.be P ianiste, pote, compositeur et auteur, Stephen Hough se mesure trois piliers de la littrature pour piano. L’Appassionata de Beethoven

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    1 Dimanche 25 fvrier 2018 | 16h Lige, Salle Philharmonique

    Stephen Hough PIANO 5 TOILESEn sus dtre lun des pianistes les plus extraordinaires de la plante (son de rve, sensualit de chat, doigts phnomnaux, sens de la ligne et de la clart polyphonique), StephenHough est un penseur. (Le Monde)

    DEBUSSY, Suite bergamasque (1890-1905) > env. 5 3. Clair de lune

    DEBUSSY, Images, LivreII (1907) > env. 15 1. Cloches travers les feuilles 2. Et la lune descend sur le temple qui fut 3. Poissons dor

    SCHUMANN, Fantaisie en do majeur op. 17 (1836-1838) > env. 25 1. Durchaus phantastisch und leidenschaftlich vorzutragen

    ( jouer dun bout lautre dune manire fantasque et passionne) 2. Mssig, durchaus energisch (Modr, toujours nergique) 3. Langsam getragen (Lent et soutenu)

    Pause

    DEBUSSY, Prludes, LivreII (1910-1912) > env. 5 7. La terrasse des audiences du clair de lune

    DEBUSSY, Images, Livre I (1901-1905) > env. 15 1. Reflets dans leau 2. Hommage Rameau 3. Mouvement

    BEETHOVEN, Sonate pour piano n23 en fa mineur Appassionata (1804-1806) > env. 22 1. Allegro assai 2. Andante con moto 3. Allegro ma non troppo

    Stephen Hough, pianoSur le lundi 19.03.2018, 13h

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    P ianiste, pote, compositeur et auteur, Stephen Hough se mesure trois piliers de la littrature pour piano. LAppassionata de Beethoven bouillonne de mille temptes intrieures sans saffranchir du genre de la sonate ; la Fantaisie de Schumann, elle, est une sonate qui ne dit pas son nom, et prend sa place au sommet, entre Beethoven et la Sonate de Liszt venir. Avec ses deux livres dImages, Debussy offre au XXe sicle naissant une nouvelle galaxie pianistique.

    Debussy Clair de lune (1890-1905)AVEC LA SUITE BERGAMASQUE, dont la rdaction premire remonte 1890 environ, Claude Debussy (1862-1918) sexprime, pour la premire fois au piano, dans un langage musical neuf et personnel, spcialement en ce qui concerne lharmonie. La suite demeura longtemps une uvre ouverte : il devait y avoir tout dabord un prlude, un menuet, une promenade sentimentale et une pavane. La promenade devint le Clair de lune, tandis que le Passepied remplaa la pavane. Debussy rvisa les quatre morceaux de 1890 juste avant la premire publication, assure par Fromont en juin 1905.

    ENSORCELANT. Avec le clbre Clair de lune (Andante trs expressif 9/8, en r bmol ma-jeur), nous pntrons dans un univers nouveau.

    Ce premier grand paysage musical debussyste constitue un digne pendant de la mlodie du mme nom figurant dans le premier recueil des Ftes galantes. Sa tendresse rveuse, sa posie vanescente, ensorcelante, ne renient point leurs sources, que lon trouvera dans lAndante de la Symphonie n1 de Borodine ou, davantage encore, dans le Nocturne de son Quatuor n2. Le jeune Debussy avait eu loc-casion dentendre des uvres de la nouvelle cole russe durant lExposition universelle de 1889. Cependant, Clair de lune annonce aussi lavenir, tant par sa thmatique on y entend mme fugitivement le fameux motif de cinq notes du Prlude laprs-midi dun faune et de Nuages que par son criture instrumen-tale, qui laisse prvoir celle des Estampes et des Images.

    Debussy Images, LivreII (1908)TROIS PORTES. Au premier recueil des Images, achev en aot 1905 (voir plus loin), succdent deux annes entirement striles. Ce nest quen octobre 1907 que Debussy se ressaisit enfin, rdigeant trois nouvelles Images pour le piano. Selon Marcel Dietschy, elles auraient t conues dans un ordre dif-frent de celui de la partition imprime (3.1.2), lquilibre de cette dernire tant plus satis-faisant sur le plan purement musical. Debussy y travailla encore jusquen janvier 1908. Ricardo Vies les prsenta pour la premire fois au Cercle musical Paris, le 21 fvrier, et Durand les fit paratre peu aprs. La complexit accrue de lcriture explique la ncessit de son ta-

    gement constant sur trois portes, qui rend plus sensible celui des divers plans, ainsi que lindividualisation des timbres, des volumes sonores et des rythmes.

    CLOCHES TRAVERS LES FEUILLES. Selon Louis Laloy, cette pice (Lent, sol mineur, 4/4), qui ralise de fort complexes rsonances dhar-moniques, aurait t inspire au compositeur par la description, faite par Laloy lui-mme, dune ancienne coutume des campagnes juras-siennes: Le glas qui sonne depuis les vpres de la Toussaint jusqu la Messe des Morts, traversant de village en village les forts jaunis-santes dans le silence du soir. Une prenante

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    atmosphre dautomne domine en effet ce mor-ceau, dont Vladimir Janklvitch dcle dans les dernires mesures la chute expressive de la fatigue amoureuse . De son ct, Marguerite Long dfinit opportunment lopposition sonore fondamentale sur quoi sdifie le morceau : Deux forces parses sont en prsence : le bronze, que nous sentons gronder dans les grosses cordes du piano, et une jungle harmo-nique, insondable souhait. Cest propos de cette pice que Debussy utilise le terme de chimie harmonique , qui semble cependant sappliquer mieux encore la suivante.

    ET LA LUNE DESCEND SUR LE TEMPLE QUI FUT. Ddie Louis Laloy, cette pice dinspi-ration exotique, plus prcisment orientale, et lunaire la fois, montre Debussy sous son jour mconnu de gnial mlodiste. Le sommeil dun vaste paysage, que les rayons intermittents de la lune semblent consoler de leur caresse, est en effet voqu par le miracle dune musique entirement mlodique, dont lample courbe en chanes daccords donne la mlodie le volume de la dimension spatiale. Si Marcel Dietschy, guid par des considrations biogra-phiques (la lassitude, la saturation du bonheur domestique, la hantise de la strilit cratrice) y voit lvocation du nant, limage glace et blafarde des espaces sidraux o toute souf-france sengloutit , Alfred Cortot vante surtout la beaut mditative dun site lentement com-

    pos par le temps, qui poursuit dans la nuit vaporeuse le rve de ses ruines . Et Marguerite Long, soulignant le paradoxe dune musique donnant limpression du silence par le moyen de loppression , fait un rapprochement dune tonnante pntration lorsquelle parle de ce temps qui merge de la fort comme la cath-drale engloutie de lOcan .

    POISSONS DOR. Ricardo Vies, ddicataire de cette pice, rappelle les circonstances de cette ddicace, le 26 novembre 1907 : Je le voyais nerveux, gn, faisant des signes sa femme. Ctait un ami exquis, mais dhumeur difficile. Je mattendais une algarade amicale et me demandais ce qui allait marriver. Debussy se mit au piano et joua sa faon souple et ve-loute Poissons dor. Puis, il me montra en riant la ddicace. Je len remerciai, profondment mu et troubl Debussy possdait dans son bureau un somptueux panneau japonais de laque noire, rehauss de poissons de nacre et dor, et cest lui qui inspira cet tincelant sche-rzo pianistique, digne de son ddicataire en son tourdissante virtuosit. En ses zigzags ra-pides et capricieux, en ses traits insaisissables et en lclaboussement de ses groupes-fuses, la musique amplifie et exalte le mouvement scintillant du vif modle, pourtant immobilis par lartiste dExtrme-Orient . (Lon Vallas.)

    HARRY HALBREICH

    Ricardo Vies.

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    Schumann Fantaisie op. 17 (1836-1838)

    HOMMAGE BEETHOVEN, la Fantaisie op. 17 de Robert Schumann (1810-1856) est aussi une obole (le terme est de Schumann) au monument que la Ville de Bonn entendait lever son hros, et dont la souscription lance par Liszt ntait pas bien avance (le monument ne sera dvoil quen 1845). Luvre de Schumann allait tre, selon ce quil crit lditeur Kistner, une Grande Sonate , avec

    ce titre correspondant aux trois mouvements: Ruines. Trophes. Palmes. Et de caresser lide dune couverture somptueuse, en carac-tres dor sur fond noir. Cependant, cette lettre (et ce projet) ne date que de dcembre 1836. La Fantaisie est ne dans lt qui prcde, ce malheureux t (crira plus tard Robert Clara) o je devais renoncer toi . Des ruines aux palmes , ces mots dtourns conviennent mieux encore lpoque pnible que traverse alors le compositeur : Friedrich Wieck sagite et menace de plus belle, il barricade sa fille, lui interdit toute correspondance. Clara et Robert ne se verront pas durant prs de 15 mois ; pour-tant, quand luvre, abandonne et reprise, sera acheve au dbut de 1838, elle traduira autant les alarmes que lesprance.

    TROIS MOUVEMENTS. Le premier mou-vement remue par ses cris, ses clats, ses sursauts de flamme sombre, ses plaintes la bien-aime, ses retombes moroses. Le deuxime est une marche au pas scand, au rythme point, aux accords pompeux. Sa coda est clbre pour la terreur quelle cause aux pianistes, avec des sauts insenss, parmi les plus prilleux du rpertoire romantique. Ce nest sans doute pas dans ces pages que se retrouve le schumannien fervent ; mais il baissera la tte, conviendra quun crateur ne peut se borner jouer du pipeau, et doit par-fois emboucher la trompette. Il acquiescera, nosant savouer que dans ces cuivres immo-destes, cest le Teuton qui reprend le dessus Le troisime mouvement est un pilogue lent, inopin, une des inspirations les plus sublimes de Schumann. Dans sa rverie indolore, son oubli des vicissitudes du monde, il meut plus fort et plus durablement. La coda, de plus en plus anime, brasse des arpges aux deux mains, dans une exaltation croissante ; la fin est pourtant trs douce, et ralentie.

    GUY SACR

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    Debussy La terrasse des audiences du clair de lune (1912)PAGE SUBLIME, sans doute lun des plus beaux des 24Prludes de Debussy (le dernier compos aussi, en dcembre 1912), La ter-rasse des audiences du clair de lune propose la vision dune Inde de rve, qui a profond-ment influenc Olivier Messiaen. Debussy en a trouv le titre dans LInde s

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