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livre et lire - n° 259 - février 2011

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L'Arald publie chaque début de mois "livre & lire", journal d'information sur la vie du livre en Rhône-Alpes. Ce mensuel de douze pages est un supplément aux revues professionnelles Livres-Hebdo et Livres de France, publiées par le Cercle de la librairie.

Text of livre et lire - n° 259 - février 2011

  • Lentes heuresJe mabandonneaux lentes heures lucidesde ma solitude nourriede longues mditations

    Les mots fermententdans ma terreabsorbent un peude mon sangse chargent des sucsdistills par lalambicintrieur

    Ils cheminentdans mes veinesajoutent la gravitde mon regardassourdissentla sourdeurde ma voix

    Rassemblau cur de mon noyauje les tireau jourles gravesur la page

    Lettre MLlongue a t la routeet pendant longtempsentrav par le doutejai t empch davancer

    il y eut alors lenlisementla dtresse des jours mortscette attente qui nen finissait pas

    il y eut ensuite la ttonnanteexploration du labyrintheet je dsesprais de voir luire la lumire qui me tirerait de la nuit

    il y eut enfin longuement creuser poser de solides fondationspuis pierre pierre monter mes murset construire avec soin ma maisontoimon constant soutienma pierre dangletu nas jamais doutjamais failli

    quand je pense ce que tu es ce que tu mas donnau chemin parcouruje sens monter des larmes

    Charles Juliet

    n259 - fvrier 2011le mensuel du livre en Rhne-Alpes

    en + + + + + + + + +Cette anne, lopration vous de lire!,propose par le ministre de la Culture,aura lieu du 26 au 29 mai avec pour thmefdrateur de lensemble des manifesta-tions: La correspondance. Pour unedemande de subvention destine per-mettre la ralisation de manifestationsdenvergure et de qualit, centres sur le livreet sadressant au public le plus large pos-sible , la date limite de dpt des dossiersau Centre national du livre est fixe au11 fvrier. www.centrenationaldulivre.fr

    > www.arald.org

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    lace Ici Montral!

    Arrive la mi-janvier, lcrivainequbcoise Sylvie Massicote estla nouvelle invite de la RgionRhne-Alpes et de lArald, en rsi-dence Lyon pour trois mois, dansle cadre des changes Rhne-Alpes/Qubec. Auteur dune quinzainede livres rcits, romans pour lajeunesse, recueils de nouvelles,mais aussi parolire, Sylvie Massicoteexcelle dans la forme courte, creu-sant le quotidien avec beaucoupde finesse, la recherche de sa sub-stance et de sa fragilit. Partir del, Le Cri des coquillages, On neregarde pas les gens comme a...,ses nouvelles explorent le dtail,le dense . En attendant de dcou-vrir son portrait dans le prochainnumro de Livre & Lire, on peutretrouver Sylvie Massicote par lin-termdiaire de son site Internet(http://sylviemassicotte.qc.ca) oude lArald, qui transmettra L. B.

    entretien/p.2-3Lecture, annes 80Max Butlen est lauteur dunetude sur les politiques delecture entre 1980 et 2000 parueaux ditions de lInstitut nationalde recherche pdagogique.Retour avec cet universitaire surune priode o la lecture fut unepriorit politique nationale .

    ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! ! !Derrire les barreaux Bourg-en-Bresse, lesArchives dpartementales delAin proposent une plongedans la mmoire de ladmi-

    nistration pnitentiaire travers une expo-sition intitule Derrire les barreaux.Lettres, plans, statistiques, registres dcrou,mais aussi gravures et graffitis permettentde dcouvrir un nouveau pan de lhistoirede la justice ainsi que des lieux de dten-tion du pass. Archives dpartementalesde lAin - Jusquau 15 avril. www.ain.fr

    Ren Belletto en Revenant

    Prix Rhne-Alpes de ladapta-tion cinmatographique 2011:Le Revenant, de Ren Belletto.Parmi les livres en compti-tion: Sbastien, de Jean-PierreSpilmont, Cour Nord, dAntoine

    Choplin, Resplandy, dYves Bichet,et un premier roman dArthurDreyfus, La Synthse du camphre.

    Le jury, compos de personnali-ts du cinma et de la littrature,a choisi ce roman qui, trente ansaprs sa parution, reste lun desplus impressionnants et sansdoute lun des plus adaptablesde Ren Belletto. La Rgion soutientce prix organis par Rhne-AlpesCinma hauteur de 20000, dont5000 pour lauteur.

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    de A Z/p.6Prix des lycens 2010-2011Dbut du feuilleton Prix littrairedes lycens et apprentis rhnalpinsdans Livre & Lire, avec les lves etles professeurs de seconde de la Cit scolaire lie Vignal, Caluire,dans lagglomration de Lyon.

    rentre dhiver/p.7-8Un trio gagnantNos chroniqueurs ont aim MichaelJackson, de Pierric Bailly (P.O.L), LesLiaisons ferroviaires, de Jean-PierreMartin (Champ Vallon) et Pfff,dHlne Sturm (Jolle Losfeld).

    Un proltariat rv, un beau livre de photographies de Jean-Claude Seine sur la classeouvrire dans les annes 70, paru La Passe du vent (lire p. 11).

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  • 2Autour de ltude de Max Butlen sur lespolitiques de lecture entre 1980 et 2000

    Lecture,annes 80Cest une tude qui na pas fait tant de bruit etpourtant. Paru aux ditions de lInstitut natio-nal de recherche pdagogique en 2009, le livrede Max Butlen, Les Politiques de lecture et leursacteurs 1980-2000, relate en dtail comment, audbut des annes 80, la lecture est devenue enFrance ce quon a appel alors une priorit poli-tique nationale . Cest donc une longue priodedactivisme et de prolifration qui a rvolutionnles apprentissages, lincitation la lecture et ledveloppement des bibliothques, accompagnedimportantes mutations technologiques qui ontelles-mmes boulevers ldition, la productionet la diffusion des livres.Comment comprendre les spcificits et les rai-sons de cette effervescence autour de la lectureet cette rage doffrir lire, dans les deux der-nires dcennies du XXe sicle? , cest la ques-tion que pose Max Butlen dans son imposantetude de plus de six cents pages. Une questionqui tend son propre miroir notre prsent despolitiques culturelles en matire de livre et delecture, mais aussi labondance de loffre qui,non seulement, na pas eu tous les rsultatsescompts, mais a aussi gnr son lot deffetspervers. Ltude de Max Butlen ne rappelle pasun hypothtique ge dor des politiquespubliques, mais dmonte une mcanique desintentions politiques qui devraient, aujourdhuiplus que jamais, nous faire rflchir. L. B

    Lire et faire lire Tout le monde les bibliothcaires et les mili-tants de la lecture, lcole, lesinstitutions, les gouvernementset les politiques sest trouvdaccord au dbut des annes 80pour faire de la lecture unevaleur universelle syncrtique et inviter les Franais la lec-ture. Comment cela sest-il misen place et peut-on dire que cetemps-l est rvolu?La priorit donne la lecture setraduit effectivement dans lesannes 80 parlinscription surlagendapolitique et administra-tif dune politique nationale delecturepour rpondre une situa-tion de crise.Il semble y avoireu alorsprisede conscience col-lective de la ncessit dagirdurgence dans un domaine ocomme lavait dj notGeorges

    Pompidou, ds 1966,Tout reste faire.En fait, linscription sur agendarsultede la longue construction dun problmesocial et culturel par des faiseurs dopi-nion qui ont longtemps revendiqu etprch dans le dsert. Ce problme quilsont patiemment construit, cest celui delinsuffisance de loffre de lecture et celuide lingale appropriation de la culturede lcrit. Desbibliothcaires ont ainsirclam pendant des dcennies lam-lioration de la carte des bibliothques;desprofessionnels du livre et de la lectureont voulu largir les publics et repenserla cration artistique ; des enseignants, desacteursducatifs ont milit pour que soientreconsidrs les objectifs et dmarches defor-mation des lecteurs et que soit mise enplaceune pdagogie plus efficace. La gauchearrivant au pouvoir sest empare du problmeet a propos des solutions en sappuyant surle rapport Pingaud. Mais trs rapidement laquasi-totalit des forces politiques est inter-venue dans le champ pour des raisons liesau dveloppement conomique, la nces-saire adaptation des comptences des tra-vailleurs et des citoyens dans lunivers de lafin du XXe sicle,aux exigences nouvellesdaccs la culture et la formation et aussi,ce qui nest pas ngligeable, la volont deslus dtre visibles sur cecrneau face aux lec-teurs. Aujourdhui,on ne peut pas dire queces temps sont rvolus, il suffit de voir le reten-tissement de ladernire enqute internatio-nale PISA pour apprcier le degr de sensibilitpolitique la question, ce qui ne signifie pasncessairementque les politiques de lecturesedploient avec le mme volontarisme que dansles annes 80 et 90. Les plans de rigueur, les

    consquences des transferts de charge, les res-trictions des dpenses publiques et du nombredes fonctionnaires risquent davoir des cons-quences lourdes sur lefficience des politiquesde lecture tous les niveaux.

    Finalement, quels ont t les effets imm-diats de cette conjonction de forces et devolonts qui ont cr ce consensus enfaveur de llargissement de loffre publiquede lecture? Et quels ont t les effets pluslong terme?Leffet immdiat a t lamlioration de loffrecar les politiques qui se sont alors dployesont t avant tout des politiques doffre. Dece point de vue les rsultats sont manifestes.La multiplication des objets de loffre entmoigne: de1980 2000,la production delivres (en titres produits) doublepour dpasser50 000 units. Le chiffre daffaires de ldi-tion de livres triple dans la mme priode.La multiplication spectaculaire deslieux delecture illustre les succs de ces politiques :

    les bibliothques municipales passent pen-dant ces vingt annes de 930 2 886, lenombre dinscrits de 2 millions plus de 6,5millions, les collections de livres et dimpri-msde 45,2 millions 96,1 millions, le per-sonnel de ces bibliothques de 7 169 19 315.Dans les coles, les collges, les universits,se crent en nombre desbibliothques centresdocumentaires (BCD), des centres de docu-mentation et dinformation (CDI) ; les biblio-thques universitaires (BU)sont restructu-res.Dans les entreprises comme dans denombreux espaces oublis par loffre de lec-ture, des livres apparaissenten nombre :dans les prisons, les hpitaux, les crchesPourtant, du ct des bibliothques publiques,dans lespremires annes du XXIe sicle onassiste un effetseuil : le nombre des inscritsaprs avoir presque tripl semble stagnerautour de 20%de la population et celui desusagers autour de 30%. Bien que la carte fran-aise des bibliothques publiques se soit sen-siblement enrichie, on demeure distance desperformances des pays dEurope duNord. Parailleurs, on dcouvre que les politiques doffre

    entr

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    nMax Butlen est matre de confrences en littrature luniversit de Cergy-Pontoise(IUFM de Versailles). Il est membre du Centre de recherche textes et

    francophonies. Sa carrire lui a donn loccasion de partagerles expriences des acteurs dontil tudie les complmentaritsprofondes et les concurrencesconjoncturelles.

    premier plan /

  • 3ont leurs limites, que lamlioration de loffreest certes indispensable mais quellene suffitpas rgler les problmes de pratiques de lalecture. Il apparat que le rapprochement spa-tial des livres et des non lecteurs ne suffit paspour abolirmagiquementla distance culturelle lcrit. En consquence,il faut en venir sinterroger sur les manires doffrir, sur laformation des lecteurs et sur les nouvellespratiques sociales de la lecture.

    Vous situez clairement les diffrents profes-sionnels du livre, lune des grandes catgo-ries dacteurs que vous distinguez, avec lesthoriciens de la lecture, les dcideurs insti-tutionnels et les partenaires accrdits ouoccasionnels, dans une problmatique deconcurrence, avec des luttes de position-nement pour inflchir les politiques doffrepublique en fonction dintrts et doptionsconvergentes ou divergentes . Lexpressionde chane du livre, selon vous, a-t-elle unsensautre que mcanique?

    En fait, jinsiste tout autant sur la complmen-tarit manifestequi lie ces acteurs, de lauteurau lecteur, dans ce quon a appel mtaphori-quement la chane du livre et qui symboliseassez bien laction conscutive, conjointe, fina-lement solidaire des divers acteurs, quils soientprofessionnels, institutionnels ou militants pourcrer, fabriquer, diffuser le livre. Ceci tant, dansune mme quipe visant un mme but, concur-rence et complmentarit nous le savons biencoexistent souvent, lobjectif commun nliminepas les raisons spcifiques, particulires dagir.

    Et alors que les bibliothcaires furent, selonvous, les grands perdants de ce dbut desannes 80, durant lesquelles les consignes exi-geaient quon explore de nouveaux territoiresde lecture, quen tait-il finalement en 2000, la fin de votre priode dtude? Et quenest-il aujourdhui?Non, ce nest pas moi qui affirme cela,cestMarine de Lassalle, dans une autre thse,que je cite etdiscute dailleurs car je ne par-tage pas lide que les bibliothcaires aient tles grands perdants des nouvelles politiquesde lecture. En fait, lescartes ont t redistri-bues. Certes, au sein du ministre de la Culture,la direction des bibliothques sest efface auprofit dune direction du livre et de la lecturequi ne cite plus la bibliothque dans sonintitul,certes ceux qui, parmi les biblioth-caires rvaient que le paradigme de lalecturepublique en bibliothque municipalesoit la solution globale, universelle la crise dela lecture ont d convenir que, quels que soientses vertus et ses effets, la lecture publique

    a ses limites etne saurait elle seule rglerlensemble desquestions posespar la transfor-mation de loffreet des pratiquesde lecture, aumoment o lesacteurs des poli-tiques de lecture

    se multiplient et proposent dautres rf-rentiels. Cest pourquoi, au lieu dun checdes bibliothcaires, nous avons peru unemeilleure prise de conscience du rle de cha-cun,une centration enfin possible sur le curdu mtier ds lors quunoutil de qualit a tmis disposition, une recherche accrue de pro-fessionnalisme et de professionnalisation. Parailleurs, ce nest pas pour les bibliothcaires,une mince satisfaction que davoir vu les pou-voirs publics reprendre deux de leurs motsdordre dans un tonnant consensus discursif

    (Priorit la lecture / Tous les livres pourtous les publics).Enfin, les bibliothques sesont souvent transformes en mdiathquesqui figurent parmi les quipements culturelsles plus frquents. Ce nest pas selon moi lamarque dune dfaite.

    Dans votre tude, vous nabordez gurelvolution du rle jou par les collectivitslocales et territoriales dans cette politiquedextension. Ce rle nest-il pas pourtantdterminant ds le dbut des annes 90, etne lest-il pas aujourdhui plus encore?Cest exact, mais il me fallait limiter le champde mes recherches. Jai choisi de me centrersur les politiques nationales, je lai indiqu den-tre tout en mentionnant le rle dterminanteffectivement jou par les collectivits localeset territoriales autour des annes 75. Pour lesbibliothques ce rle a t tudi notammentpar Anne-Marie Bertrand (2002).Pour la priode venir, je partage lide dunrle ncessairement accru des politiques localesde lecture avec comme point dappui fonda-mental les bibliothques. Les politiques natio-nales doivent certainement conserver un rleimportant dans la circulation de linformation,des savoirs professionnels, des expriences, etune fonction de coordination, de liaison, dim-pulsion aussi avec des moyens consquents,mais cest au renforcement de la traductionlocale de ces politiques nationales quil fautmaintenant en venir. Lexpansion des politiquesdoffre nest-elle pas empche par une dis-tance persistante entre les offreurs et les publics,

    qui leur rsistent? De nouvelles avan-ces passeront probablement par unedconcentration et une dcentralisa-tion relles du pouvoir doffrir lire,cest--dire une prise en main des poli-tiques doffre au niveau local, au plusprs des besoins et des demandes despublics potentiels, ce qui appelle unerelance des actions conjointes de len-semble des acteurs concerns par lachane du livre et de la lecture.Propos recueillis par Laurent Bonzon

    Max ButlenLes Politiques de lecture et leurs acteurs. 1980-2000Institut national derecherche pdagogique616 p., 36 ISBN 978-2-7342-1086-3

    Les bibliothques de Lyon, Bourg-en-Bresse, Annecy, Valence et Saint-tienne.

  • 4auto devenu diteur sait de quoi ilparle On ne choisit pas toujoursun mtier pour de bonnes raisons ,explique Alain Franchella, et limagesociale pse souvent plus lourdque laralit de la vie que ce mtier faonne .Cest cette articulation entre limagedun mtier et les qualits quildemande, entre lide quon sen faitet la ralit du quotidien, quexplorecette nouvelle collection baptisetre, et non pas DevenirFaites un stage en entreprise sansquitter votre fauteuil , cest le prin-cipe de cette collection qui aide leslecteurs faire la part des choses partir des expriences transmises parles professionnels. Pour les recueillir,Lieux Dits a eu recours des socio-logues spcialiss dans les diffrents

    De la maison ddition lyonnaise, onconnaissait surtout les livres soignssur le patrimoine et les magnifiquesouvrages de photographies, dont celuidric Dessert sur Une autre Chine,signal dans ces pages (Livre & Lirefvrier 2009). Cette nouvelle collectionsur les mtiers, baptise tre, consti-tue donc la fois une ouverture impor-tante et un nouveau volet dactivitspour Lieux Dits, qui souhaite diversi-fier ses chemins ddition et souvrir un public plus large.Pour Alain Franchella, responsable dela maison, la question du travail et desmtiers sest impose, dans unepoque o nombreux sont ceux quidoivent rebondir (cest dsormaisle terme consacr) dans leur vie pro-fessionnelle. Lancien mcanicien

    mtiers: vtrinaire, secrtaire,ducateur de jeunes enfants, aide-soignant, organisateur dvne-ments sportifs, publicitaire. Il sagitde proposer une vision beaucoupplus large de chaque mtier et desparcours, parfois singuliers, qui yconduisent. Parmi les mtiers, onlaura remarqu, certains ne sontgure la mode , et cest l aussi unevolont de lditeur, qui souhaite aiderses lecteurs djouer les strotypeset dmystifier les mtiers dvalorissautant que survaloriss. Commentmettre son mtier au service de savie et ne pas se retrouver esclavedune carrire vitrine , cest aussicela la nouvelle collection tre,qui a dailleurs reu lagrment delONISEP, partenaire de lditeur pourle carnet dadresses des formations.Avec six titres par an tirs pour

    linstant 3000 exemplaires, lavolont de passer douze, et le pro-jet de crer une autre collection,Mtier Passion, destine cette fois valoriser des parcours singuliers depersonnes qui se sont engages tota-lement dans leur mtier et lui ont ainsiredonn un sens bien diffrent de celuignralement vhicul, Lieux Ditsentend dvelopper tout un secteur di-torial autour du travail, susceptible dese diversifier rapidement en directiondu numrique. Un nouveau position-nement et un vritable pari. L. B.

    Du 17 au 21 fvrier, Le Mondeappartient aux femmes la Foiredu livre de Bruxelles. Par cette affir-mation audacieuse, le thme choisipour cette 41e dition propose delever le voile sur la gent fminine.Quels rapports entretiennent lesfemmes avec le monde, avec leshommes, et bien sr, avec les livres?Si le monde appartient aux femmes,la Foire du livre, qui accueille et meten valeur ldition wallonne, bruxel-loise et francophone, appartient,quant elle, aux diteurs et aupublic. Cette anne, le stand de laRgion Rhne-Alpes sagrandit, avecune surface de 65 m pour accueillirdix maisons dditionparmi les-quelles Alzieu ditions, ditionsde lAstronome, Balivernes, ChampVallon, Chronique sociale, Critres,Fage ditions, Lieux Dits, ditionsJrme Millon et Tanibis. Pendant cinq jours, le public et lesprofessionnels pourront se nourrir

    actualits /dition

    Pour comprendrele mondeCe salon des Sciences humaines,qui se tiendra du 4 au 6 fvrier lEspace des Blancs-Manteaux Paris, a choisi cette anne dou-

    vrir ses dbats aux questions de socitet dinterroger le monde. Un riche pro-gramme est propos pour ce rendez-vous incontournable des scienceshumaines : des tables rondes auxthmes varis (LEurope a-t-elle encoreun sens?; Empathie et solidarit; LaFrance des villes ; Flaux et catas-trophes: que rvlent-ils de nos soci-ts?), des rendez-vous avec des per-sonnalits du monde scientifiquecomme Mireille Delmas-Marty, LucBoltanski, Yves Lacoste et Michel Zink,ainsi que des rencontres profession-nelles. Pour ce grand rassemblementdditeurs, comptons sur la prsencede ceux venus de Rhne-Alpes avec lesoutien de la Rgion: Champ Vallon,Chronique sociale, Craphis, ditionsDelatour France, Ellug, ENS ditions,Presses de lEnssib, Publications de laMaison de lOrient et de la Mditerrane,ditions Jrme Millon, Presses uni-versitaires de Lyon, Publications deluniversit de Saint-tienne. De quoirpondre aux attentes du public dsi-reux de sortir de lurgence mdiatiqueet de mieux comprendre le mondecontemporain. Marie-Hlne Boulanger

    www.salonshs.msh-paris.fr

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    Une nouvelle collection aux ditions Lieux Dits

    tre diteurAprs deux annes de prparation, les ditionsLieux Dits lancent une nouvelle collection surles mtiers, avec six titres qui paraissent en fvrier.tre vtrinaire, tre aide-soignant, tre orga-nisateur dvnements sportifs, une faondenvisager lorientation et le travail dans toutes leurs dimensions.

    Dix diteurs de Rhne-Alpes font la Foire!

    Lieux Dits17, rue Ren-Leynaud69001 LyonTl. 04 72 00 94 20 www.lieuxdits.fr

    Collection tre6 titres paratre en fvrierTirage: 3000 ex.96 pages, 12

    Projet du stand Rhne-Alpes pour la foire du livre de Bruxelles (conception : Agence Aya).

    de dbats, se rassa-sier de rencontres,se rgaler de livreset goter aux possi-bilits offertes par lenumrique. Pas decrise de la quaran-taine donc pour laFoire du livre deBruxelles. M.-H. B.www.flb.be

    Ego Tango : Prix Rossel

    Le Prix Victor Rossel 2010, premierprix littraire belge institu en1938 par le journal Le Soir, a tdcern Caroline de Mulderpour son premier roman EgoTango publi chez Champ Vallon.Lauteur sera la Foire du livrede Bruxelles, sur le stand Rhne-Alpes, pour ddicacer son livre lesamedi 19 fvrier de 14h 17h.

  • 5direction intrimaire de la BM, jai priles diffrents responsables et conser-vateurs de rflchir ce que nouspourrions faire en terme de manifes-tations culturelles. Lors de cette dis-cussion, jai demand si tout ce quiexistait dj tait ncessairement act.On ma rpondu par la ngative. Leprogramme pouvait donc tre repensdans sa globalit, la discussion taitouverte. Mais le lendemain, jai reuun courrier furieux de M. Dubost quien avait conclu que la Scne potiquetait supprime. Effar par lampleur

    Un triste feuilleton occupe lesesprits des amateurs lyonnaisde posie depuis deux mois : ladisparition de la Scne potique,le rendez-vous que composaitPatrick Dubost la Bibliothquemunicipale de Lyon. Rsum despisodes prcdents.

    En dcembre dernier, la Scne po-tique achevait son premier septen-nat dexistence en accueillant deuxmonuments bien vivants : BernardNol et Charles Juliet*. Hlas,quelques jours avant la tenue de cetvnement littraire, Patrick Dubostdiffusait un communiqu laconique:Jai appris, en fin de semaine der-nire, dans une totale surprise, la sup-pression du cycle de la Scne potiquesur une dcision du nouveau direc-teur de la Bibliothque : BertrandCalenge, que je nai jamais rencontret que je ne connais pas. Ce mes-sage laissait craindre le pire : le suc-cesseur par intrim de Patrick Bazinallait-il sonner le glas de la prsencede la posie parle et lue dans len-ceinte de la Bibliothque municipalede la capitale des Gaules exceptionfaite de la remise du Prix Kowalski,prix de posie de la Ville de Lyondcern durant le Printemps despotes ? Je suis constern, cest unregrettable malentendu se dfendBertrand Calenge. En prenant la

    prise par la missive de Patrick Dubost(suivi par le lancement dune ptition,lenvoi de mails de soutien), agacpar des propos peu aimables [son]gard , Bertrand Calenge se dfendde vouloir exclure la posie delenceinte de la Bibliothque :Elle y a sa place ! , martle-t-il,je ne vois pas comment la ques-tion de la posie pourrait tre va-cue, raye dun trait de plume. Ceserait aberrant de se priver dune desparties les plus importantes de la lit-trature. En outre, je naurais pas prisune telle dcision sans en discuterpralablement avec M. Dubost. Quiproquo, maladresse La ractionpidermique de Patrick Dubost

    tmoignait avant tout dela prcarit prouve parle monde de la posie,qui attaque bruyammentlorsquon le heurte, parcequil redoute de se dis-soudre dans le vacarmedu silence ordinaire.Toujours choqu de nepas avoir rencontr entte tte BertrandCalenge, Patrick Dubostconstate que son rendez-vous a fait les frais duneincomprhension totale ;sa disparition ntait pascorrecte . Mais le tohu-bohu caus par ses par-tisans lui apporte uneconsolation, un brinamre : la certitude quela posie ne passera

    pas la trappe la Bibliothque.Quant la Scne potique, il ajouteavoir bon espoir quelle renaisseailleurs, dans un lieu important, carelle a un public. Une rsolutionheureuse nest donc pas excluredans les prochains mois en vers,et avec tous Vincent Raymond

    * Voir Livre & Lire n257, dcembre 2010.

    loccasion de sa 25e dition, du 11au 13 fvrier, la Fte du livre de Bronpropose une journe de rflexionquelque peu singulire sur 25 ansde littrature franaise. Une sortede zoom arrire sur ce quart desicle de cration littraire, dont laFte du livre a t lun des observa-teurs avertis, amenant de plus enplus de public vers ces auteurs etcette littrature en train de scrire.Retour sur les uvres majeures deces annes, description dun paysagelittraire qui va de lautofiction auroman politique et social, rflexion

    sur la perception ltranger de lalittrature franaise, la table ronderunira un diteur, Jean-MarcRoberts (Stock), un crivain, MathiasEnard, un libraire, Michel Bazin(Lucioles, Vienne), et un critiquelittraire, Nathalie Crom (Tlrama).Une faon de revenir sur le cheminparcouru et les traces laisses parles quelque 1000 auteurs venus Bron rencontrer leurs lecteurs. la suite de cette table ronde, lesparticipants pourront visiter lalibrairie gante de la Fte du livre,puis assister un entretien avec

    Philippe Forest, De la littraturecomme exprience du rel (17h)ainsi qu une rencontre entreRgis Jauffret et Patrick Lapeyreautour des Fragments dun discoursamoureux (18h30). L. B.

    actualits /bibliothquesPosie hors ScneDcembre 2010. Photo de une de Livre& Lire : un pote en pleine profration la Scne potique. Une image de po-sie vivante cueillie la Bibliothquede la Part-Dieu. Image mettre aupanier. Fin de partie, baisser de rideau.La Scne potique sarrte.Depuis 2003, prenant la suite de Lcrit-Parade quavait anim des annesdurant Patrick Beurard-Valdoye, ontt reus et couts dans ce cadre desdizaines et des dizaines de potes.Diversit des styles, des origines, desmanires de vivre aujourdhui la posie:Patrick Dubost avait su runir, dansun esprit daccueil et de curiosit, unbouquet dexpriences et de potes(deux chaque fois, dont un rhnalpin)unique en son genre.Sy retrouvaient pour une heure horsdes sentiers battus, de vie autre de lalangue et de limaginaire, fidles etpassagers dune rencontre, passion-ns et amateurs. Quelques-uns parfois,une salle comble dautres fois.La posie a aujourdhui la voix faible.Bien peu lcoutent. Esprons que laBibliothque de la Part-Dieu sauravite trouver de nouvelles maniresde faire entendre les voix de la posiedevenues pour tant et tant si tranges,si trangres. Claude Burgelin

    Bron: une journe particulire

    Quelle place pour la posie la Bibliothque municipale de Lyon?

    La Scne potique, acte 2 ?

    + + + + + + + + dactualits sur www.arald.org

    /manifestations

    25e Fte du livre de Bron25 ans de littrature franaiseJourne de rflexion vendredi 11 fvrier14h30-20h, salle des parieursHippodrome de Parilly4-6, avenue Pierre Mends-France69500 BronAssociation Lire Bron : Tl. 04 78 26 09 29 www.fetedulivredebron.com

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    Claudio Pozzani en lecture la Scne potique

  • Premier pisode: une visite la Cit scolairelie Vignal

    Avant la rencontreIl y a de la mobilisation dans lair la Citscolaire lie Vignal, Caluire, qui accueilledes lves malades ou en situation de han-dicap. Deux professeurs de lettres et undocumentaliste ont inscrit la classe deseconde la troisime dition du Prix litt-raire des lycens et apprentis rhnalpins,organis par la Rgion avec le concours delArald. Le dbut dune aventure.

    Cest un lieu accueillant et ouvert. Le btimentdate des annes 80 et on a eu la bonne ide dyimplanter en plein milieu le Centre de documen-tation. Les portes ne sont jamais fermes et leslarges couloirs tournent autour. O quon aille, ilfaut longer ce vaste espace, ou mieux, le traver-ser. Jean-Pierre Ducher, matre du lieu, sen fli-cite. Les lves entrent et sortent, pied ou enfauteuil, travaillent, lisent un moment, ont accsaux ordinateurs. Ils sont accompagns ou non.Ce collge-lyce qui dpend administrativementdu lyce Antoine de Saint-Exupry, dans le 4e

    arrondissement de Lyon, rassemble une cen-taine dlves, tous orients par la Maisondpartementale des personnes handicapes.Lambition du lieu, dirig par ric Subtil, est dvi-ter une rupture scolaire aux collgiens et auxlycens pour des raisons de sant, et leur offrirles meilleures conditions afin davancer dansun parcours personnalis de scolarisation. Leshandicaps sont htrognes: autisme, infirmitmotrice crbrale, maladies orphelines, maisaussi de plus en plus de jeunes victimes de pho-bie scolaire. Autant dlves qui ne peuvent plussuivre leur scolarit dans leur tablissement desecteur en raison de leur fragilit, de leur fati-gabilit ou de leurs souffrances. Lenseignementest adapt mais suit le cursus ordinaire de laSixime la Terminale.Cette anne, seize lves sont en seconde. Toussuivent le cours de franais avec leur professeur,Blandine Ray, et quelques-uns ont choisi unenseignement dexploration intitul Littratureet socit, conduit par Laurence Bossy et leprofesseur dhistoire Ronald Abribacht autourde la dcouverte de la littrature contemporaine.Cette collaboration est mene notammentautour dun travail sur la Guerre dAlgrie, toilede fond de Sbastien, le roman de Jean-PierreSpilmont, bientt reu ici.Forte mobilisation des enseignants et du docu-mentaliste Un investissement indispensablepour Blandine Ray, dont les lves, ados parmidautres, ne sont pas de gros lecteurs, mis partquelques-uns. Pas question pour autant demettre la pression sur les lves , explique le

    professeur de franais, les lves de secondesont trs fatigables et fontpreuve dune lenteur par-ticulire face un pro-gramme lourd. Je privil-gie la lecture plaisir et lesdiscussions avec les lvesqui ont lu les livres, afin demotiver ceux qui ne sesont pas encore lancs.

    Lire avant tout

    Ici, on laura compris, les enseignants ne sontpas dans une dmarche scolaire. Il sagit bienplutt de se servir du Prix pour btir des pontsdans le paysage de la culture et de la littrature,et permettre aux lves dentrer dans la littra-ture contemporaine . Pour aider cela, Jean-PierreDucher le dit, il est mme prt faire la lecture voix haute au centre de documentation En attendant, plusieurs partenariats ont djt lancs. Le premier avec la librairie VivementDimanche, la Croix-Rousse, que les lves ontvisite et o ils installeront prochainement unevitrine grce leurs travaux. Le second avec laBibliothque municipale de Caluire, qui feralobjet dune visite en fvrier et pour laquelleils raliseront galement une vitrine, en colla-boration avec le lyce professionnel Andr Cuzinparticipant lui aussi au Prix. Enfin, les lvesdlie Vignal rencontreront galement lditeurStphane Bachs. Un programme chargauquel sajoutent les travaux en cours enattendant la venue de lauteur-illustrateurMaximilien Le Roy en chair et en os: prpara-tion des questions centres sur luvre,recherche biobibliographique, slection dundessin de Hosni par chaque lve avec expli-cation du choix et commentaire, ralisation

    dun bandeau pour les livres duPrix mis disposition au Centrede documentation, rdaction dequatrimes de couvertures attrac-tives et exposition dans ltablis-sement pour inciter lensembledes lves, travail sur les incipit enclasse de franaisMais avant tout cela, il aura fallulire Une lecture qui rserve sou-vent des surprises, y compris pourles enseignants. Ainsi, dans cette

    classe dlie Vignal, les bandes dessines nontpas t les plus faciles aborder, en raison duneaustrit des contenus qui a quelque peu dso-rient certains jeunes lecteurs parfois loignsdes ralits sociales. Ct romans, on sest heurtgalement des problmes, plus matriels ceux-l: la classe comptant un lve malvoyant et unautre dans lincapacit de tourner les pages dunlivre, ltablissement a d faire appel au Centretechnique rgional pour la dficience visuelle, Villeurbanne, afin dadapter les documents dansune version numrique. Une adaptation qui ademand plusieurs semaines et retard dau-tant le dmarrage du travail. Car pour BlandineRay, il ntait pas question de commencer avantque tous les lves aient la possibilit de lire leslivres . Une vidence qui, lie Vignal, prendune rsonnance toute particulire. Laurent Bonzon

    Suite au prochain pisode Un face--face avecMaximilien Le Roy

    6

    de A Z /prix des lycens

    Romans :Zola Jackson de GillesLeroy (Mercure de France),Jsus et Tito de VliborColic (Gaa), Sbastien deJean-Pierre Spilmont (LaFosse aux ours), Les TreizeDesserts de Camille Bordas(Jolle Losfeld).

    Bande dessine :LHomme Bonsa de FredBernard (Delcourt), La Maison dEther deChristian Durieux et DenisLarue (Futuropolis), Hosnide Maximilien Le Roy (La Bote bulles), Hlasde Rudy Spiessert et Herv Bourhis (Dupuis).

    Cit scolaire lie Vignal18, rue de Margnolles69300 CaluireTl. 04 78 29 72 40www.elie-vignal.fr

    Date douverture: 1984Ltablissement assure galementun suivi de scolarit du secondairedans onze services hospitaliers duGrand Lyon et une assistance pda-gogique domicile pour le seconddegr dans le Rhne (SAPAD)

    Les livres en comptition

    Hosni, la bande dessine de Maximilien Le Roy, vue par les lves.

    rep

    res

  • 7

    romanesque peut commencer.Parmi les hommes prts prendrece postulat au srieux, il y a Walter,mais il lui faudra faire un long che-min pour vaincre ses nvroses et lapage 218 pour enfin apporter sonoreiller chez Anna, qui sest dabordappele Jeanne puis Rose et enfinAlegria, et qui tient un des deuxcafs servant de lieux de rendez-vous aux protagonistes.

    Posons dabord les bases peu prsfiables de ce roman damour, de lin-gerie et dinformatique. Celle autourde qui tournent bien des dsirs sap-pelle Odile. De cela au moins on enest sr, ce qui nest pas vrai dautrespersonnages, qui changent de nomcomme on change de pull cache-mire. Tout dbute quand Odiledcide quelle a cess dtre mocheet vieille dans sa tte: le feu dartifice

    Et les autres prtendants ? Ilsforment un des duos qui pars-ment cette histoire comme lesfleurs dun pot-pourri la vio-lette : ils sappellent Beaufils etLegendre, sont tueurs gages,et la mtamorphose de Beaufilsen amoureux bta est un desclous du roman. Suivant des filsnarratifs qui convergent vers unebelle fte damour, le lecteurcroise sur sa route Yolande, audestin tragique et entre-temps

    marie Jacob, lautre tueur convertidans limport de vtements encachemire. Il y a aussi le coupledamis-amants terribles, tous deuxauteurs-compositeurs, qui se conso-lent du quotidien lun avec le phar-macien au pyjama en pilou, lautreavec le garon coiffeur Boucle dOr.

    Avec des ingrdients pareils, cepremier roman, on laura compris,ne tient que par lcriture, le style,le panache. Chaque phrase tient unepromesse, quelle soit de lgret,dhumour noir ou rose, de conni-vence, de clin dil. Bourr de blaguespotaches, de rfrences lches dansun grand rire muet (la maison ddi-tion cre par Odile et Walter sap-pelle buvard-et-ricochet), Pfff glisseaussi de petits signes discrets demlancolie. Mais si lamour ne durepas, ou pas comme on lavait rv,notre plaisir aura tenu bien plus que240 pages. Danielle Maurel

    Hlne SturmPfffditions Jolle Losfeld240 p., 18 ISBN 978-2-0707-8890-3

    livres & lectures /romans

    crire justeDe formation littraire, Hlne Sturma notamment travaill comme rdac-trice pour Arte, enseign en cole dart,

    et beaucoup crit. Elle publie chez JolleLosfeld un premier roman rjouissant.

    On imagine en arrire-plan de ce premierroman une grande pratique dcriture, etsurtout une dlectation dans linventionOui, jprouve beaucoup de plaisir inventerdes vies. Cela renvoie par exemple une pre-mire publication tlvisuelle, aussi trangeque cela paraisse. Au dbut des annes 2000,Arte avait fait paratre en feuilleton sur sontltexte une srie de micro-fictions Toutle monde sen fout. Deux personnages parsemaine, au final plus de 70 biographies ima-ginaires et chaque fois les mmes squences:la naissance, lducation, le premier amour,le travail et la mort. Le titre de lpisode, ctaitle prnom du personnage. Tout partait de l.Cest important le prnom, a peut aider vivreou presque vous condamner. Do la propen-sion de mes personnages dans Pfff changerdidentit. Changer pour se trouver

    Votre roman a tout dune construction ludique,mais quelle en est la pice matresse ?Ludique, mais pas forcment drle crire !La premire pice du mcano, cest Odile, ettout part dune ide toute simple : elle a djchang ds le premier paragraphe. Tout de suite

    elle est ce vide qui faittourner la roue autourdelle. Que va-t-il sepasser, qui va-t-ellerencontrer ? Aprs, cestce quon appelle lima-gination, un person-nage en appelle unautre, etc. Mais leslieux aussi ont leurpoids dans cette his-toire, les deux bistrotsnotamment. Jaimeces lieux de passage,ces rsidences momentanes, les terrasses, lescafs, je vois bien que des choses sy trament

    La roue tourne en effet, le centre de gravit estinstable, les lignes des personnages bougent :quaviez-vous prvu de cette drive narrative ? Je ne savais pas tout, loin de l. Je ne savais pas quel point Walter, par exemple, deviendrait lepersonnage central du roman, ce Walter qui nefait la paire avec personne, toujours un peu isol,si peu sr de lui et tellement arrogant. Ce qui metouche chez lui, cest son ct je prfrerais nepas, qui me ressemble tellement. Et aussi sonrapport hypocondriaque la perfection, sa peurde ne pas tre la hauteur, de sentir mauvais.Do les crevettes dcortiques, ce trivial qui min-tresse tant Je ne savais pas tout cela, au dbut.Le cahier des charges des personnages nestablit qu la fin. Mais la fin, ce quicompte, cest que le personnage sonne juste.

    Votre roman est riche de rfrences, certainesinsistantes, est-ce lenvie davancer en bonnecompagnie ?Cela fait sans doute partie de mes jeux, maiscertaines de ces figures tutlaires font partiede Walter, elles sont venues par le personnage.Beckett, Kafka, Flaubert, Godard Ils sont enlui. Ils sont en moi aussi, mais je suis bien plusclectique. Ayant beaucoup voyag, jai beau-coup lu de tout, notamment du polar, ce gottant li quelque chose de lordre de lnigme.Je voue une vnration un auteur commeFrdric Dard, tellement du ct des mots, etqui se donnait la libert den rajouter une louche.Mais plus largement, jaime la littrature qui medonne cette jouissance de la reconnaissance :quelque chose que je ne connaissais pas a sutrouver en moi un cho que je ne souponnaispas. Quant celle que jcris, je nen attendsrien, je fais. Propos recueillis par D. M.

    Hlne Sturm: le (premier) roman du plaisir

    Feu dartificeSi ce roman tait un nom de cheval, personnene parierait un centime sur lui, et tout le mondeaurait tort. Si ctait un film, ce serait peut-trele Rivette de Va savoir ou un Godard, en pluspolisson. Si enfin le lecteur avoue avoir perdu et l quelques boulons de ce mcano atypique,il lui sera beaucoup pardonn sil reconnatin petto avoir beaucoup ri. Pfff

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  • 8chanteur est finale-ment peu voqu embrasse en effettoute une poque,celles des annes2000, travers le par-cours dun jeunehomme, Luc, tu-diant temps partiel,qui pourrait tre lehros de Polichinelle, ou son frre.Fermement rsolu lirrsolution, lejeune homme atterrit Montpellierpour mener des tudes de cinma,ou les oublier.Il est encore lge o lon chasse enmeute, mme sil se complat la soli-tude, ce qui ne va pas sans une cer-taine propension lonanisme, intel-lectuel ou non. Il frquente aussiplusieurs bars il faut bien quelquesendroits o samarrer lorsque lon sedispense des cours Et puis, surtout,il tombera amoureux de Maud, dansune lente et dlicieuse chute, mmesi celle-ci ne va pas sans secousses.Pour cerner son personnage, PierricBailly a choisi dcrire en trois

    Le deuxime roman de PierricBailly, Michael Jackson, se penchesur la jeunesse dun hros lafois banal et singulier. Une rus-site littraire, entre roman deformation et roman damour.

    On se souvient que Pierric Baillyavait situ son premier roman,Polichinelle, dans le vritable fou-toirdune petite ville du Jura peufavorise socialement. L, une poi-gne damis luttait contre un ennuircurrent coups de cachets, defumettes et dalcool. La langue deBailly se mettait au diapason desoccupations de la bande: chao-tiques et dsordonnes. Elle consti-tuait le principal atout dun premierroman prometteur, mais dont onperdait parfois de vue le propos.Deux ans plus tard, lcriture deBailly a gard sa force de percussionmais gagn en matrise. Le projet,plus vaste, plus ambitieux, de cedeuxime roman y est sans doutepour quelque chose. MichaelJackson titre factieux puisque le

    dimensions. Luc est en effet appr-hend dans trois parties distinctes:la premire est celle de la prime jeu-nesse et des dcouvertes que lon faiten prenant la pose. Luc a 18 ans. Ladeuxime plonge au cur de cettepriode o tout commence se dci-der. Luc a 22 ans. Enfin, dans la troi-sime partie, la jeunesse devient unepeau dont il faut se dpouiller. Luc a26 ans. Il est chaque fois le mmeet chaque fois un autre. Dailleursles lecteurs dous de sagacit, ou

    desprit mal plac, aurontnotamment remarquque son regard sur lesseins de Maud se trans-forme, ceux-ci rapetissantselon les poques Mais cela nempchenullement Luc dtre unobservateur drle et pers-picace, non seulementde lui-mme mais ausside ceux qui lentourent,notamment un coupledont la russite dans lin-

    dustrie du porno marque bien notrepoque. Pierric Bailly est lui-mmeen train de boucler sa jeunesse, etdevient un crivain. Nicolas Blondeau

    Pierric Bailly Michael JacksonP.O.L416 p., 19,90 ISBN978-2-84682-303-6

    profonde sur nos murs contem-poraines, comme si la pratique delamour et de la cour tait elleseule un baromtre de nos soci-ts et du monde dans lequel on vit.Une ode lamour courtois, la rela-tion humaine, lattrait des corpset des esprits, une poque o toutest vitesse, y compris le langage etle voyage. Il semblerait quau tempsdes TGV et des tlphones portables,lamour soit toujours aussi compli-qu. Et cela nous a tout lair dtre unebonne nouvelle Yann Nicol

    Jean-PierreMartinLes LiaisonsferroviairesChamp Vallon215 p., 17 ISBN 978-2-876-735446

    Insaisissable Jean-Pierre Martin qui,aprs nous avoir donn un trssrieux essai sur les vertus de lapo-stasie, revient avec un court romanjubilatoire sur Les Liaisons ferro-viaires que nouent les passagersdun train de Nice-Bruxelles. Un livreenlev, ptillant dintelligence etdhumour, o lon voit dfiler unegalerie de personnages hauts encouleur et finement tracs. Parmieux, une universitaire, un jeunesaxophoniste, une psychiatre esseu-le, un sociologue venu dArdche,mais aussi lcrivain (Jean-PierreMartin lui-mme?), qui profite deson voyage pour crire un romansur la sduction. En dautrestermes, sur la drague. Ou encore,dune certaine faon, sur lamour.Lamour au sens trs large du terme.Lattention lautre. La charit libi-dinale. Lger, drle, parfois vau-devillesque, ce roman volue petit petit vers une interrogation plus

    livres & lectures /romans

    La collection Ekphrasis (du grecancien, expliquer jusquau bout; lpoque moderne, figure de style

    dsignant lvocation dun objet ou duneuvre dart) des ditions Invenit proposedes lectures de peintures remarquablesconserves dans les collections publiquesde la rgion Nord - Pas-de-Calais.Jean-Pierre Spilmont sest vu confier le soindcrire propos de LExcision de la pierrede folie, copie ancienne dun original dis-paru de Pieter Bruegel lAncien (Muse-Htel Sandelin, Saint-Omer) et MichelMnach propos de La Tentation deSaint-Antoine, une copie daprs JrmeBosch (Muse des Augustins, Hazebrouck).Michel Mnach raconte comment, aucamp de Dora, Franois Le Lionnais recons-tituait par le verbe des peintures clbrespour un autre captif. Ici, auteurs et lecteurssont soutenus dans cet exercice par dex-cellentes reproductions de dtails en regarddu texte et par une couverture rabats ofigure la peinture dans sa totalit.Le type dapproche de Mnach et celui deSpilmont sont diffrents. Le premier recons-titue peu, renforce le titre du tableau parun autre titre, Le Moulin des tentations, quirappelle la prsence dun moulin desFlandres au fond du paysage. Il fait souf-fler dans lesprit de son lecteur un grandvent de rfrences disparates destines souligner les nigmes de ce chef duvreen forme de rbus. Aussi est-ce un oxy-morequi conclut son texte : le geste cra-teur jette une obscure lumire . Et legeste de lauteur redouble celui du peintre.Le second fonde sa lecture de LExcision

    la reprsentation dun autre Enfer, certesmoins secret et chevel sur lhistoiretemptueuse de la fin du Moyen ge etsur la gense du tableau, sans sautori-ser trancher: cette scne relve-t-ellede la mdecine? dune supercherie? dela sorcellerie? de lsotrisme? Mais savision dun Bruegel humaniste, dnonantce dont il a t tmoin, le dcervelagedu peuple par les Puissants, quils soienthommes dglise, juges ou magistrats,convainc.Deux titres qui incitent aller dcouvrirles paratre et les dj parusde cette collection. Catherine Goffaux

    Jean-PierreSpilmontLExcision de la pierrede folieInvenitcollection Ekphrasis 33 p., 8 ISBN 978-2-918-6980-36

    MichelMnachLe MoulindestentationsInvenitcollection Ekphrasis 34 p., 9 ISBN 978-2-918-6980-98

    Ceux qui aiment prendront le train

    Pierric Bailly: un deuxime roman en trois dimensions

    Michael Jackson juste

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    ts En regardant, en crivant

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  • MOSQUITO

    Masquesde CasiniAvec cet album polar, noiret nerveux, construit surdes flash-backs en noir etblanc, Stefano Casini nousentrane dans les bas-fondsdun gang ultra-violent des tats-Unis, o un jeuneadolescent en rupture de ban tente de se faire une place.

    56 p., 13 ISBN 2-35283-060-5

    livres & lectures /posie

    9

    mle prose et vers, chronologie cla-te et repres prcis, quilibre etvrille, entranant le lecteur-auteurdans un lacis de rfrences tour tourclairant et vertigineux. La notion delecture pure et simple se diffracte.On progresse en long, en large, parsaccades, en colonnes, par chelles deparoles, sur la piste, paradoxalementtrs libre, des rgles et des codes. Lemiracle, cest quen dpit dune aussisavante dcomposition, lexercicedadmiration de JLB est communi-catif. La complexe machine parolesnous transporte, entre exaltation ettrouble. Nous voici notre tourenfants, toisant les arbres et la langue.Ou juchs sur la plus insolite desmachines lire. Et quimporte lanature du dplacement. Et quimportelaforme de la roue. Ce qui compte ici,cest le rayonnementdun territoiremultiple quon atteint, selon lemot de Paul Otchakovsky-Laurens,dans sa prface, par le seul mouve-ment dune criture-lecture, dansla lumire nigmatique dune uvremajeure. Didier Pobel

    Au cur (au moyeu?) de cet ouvragebizarre dingnieur s-Lettres, il y ananmoins une scne fondamentale.Lblouissement face une fort debouleaux un dimanche. Toute labeaut du monde, et sa nudit verte,tremblaient dans la lumire. Le nar-rateur mais est-ce bien le terme? tait alors enfant. Ce fut pour lui unervlation. Un deuxime moment,plus dcisif encore, a lieu le lundi 9mars 81. Ce jour-l, rappelle Jean-Luc Bayard, une lecture Valence fixele dbut de ma relation amicale avecles livres de BN, son uvre.BN? Lesprnom et nom ne sont jamais men-tionns ensemble au fil des pages. Leprocessus de reconnaissance est autre.Cest uniquementpar les titres de seslivres, par des bris de biographie, pardes citations en abyme quon esthapp par lunivers que lon saittrecelui de Bernard Nol. Quon syfond ou quon sy corche. Quon y dis-parat avant de resurgir. Droutanteet passionnante dmarche que cellede Jean-Luc Bayard qui, dans ce livrehlicodal qualifi dessai-pome,

    sont passes la loupe parce JurisExpert . Louvrageprsente le droit commundu travail et de la scuritsociale, ainsi que les statutsparticuliers et les spcialitsconventionnelles desorganismes sans but lucratif(sport, animation, formation,spectacle vivant, etc.).

    collection Le JurisExpert1080 p., 64 ISBN 978-2-35-8 00012-3

    PUG (PRESSESUNIVERSITAIRES DE GRENOBLE)

    La Police et lesLyonnais au XIXe sicledAlexandre Nugues-BourchatCet ouvrage, adapt duntravail de thse, tudie lesrapports de force qui ont puopposer les Lyonnais et lesreprsentants du pouvoir auXIXe sicle, lheure o ltattentait de lutter contre ledsordre urbain et dacheverla normalisation de la socit franaise.

    collection La pierre et lcrit512 p., 29 ISBN 978-2-7061-1601-8

    LES MOUTONSLECTRIQUES

    Gographie deSherlock HolmesdAndr-Franois Ruaudet Xavier MaumjeanLes deux spcialistes de Sherlock Holmesrcidivent. Avec cetouvrage rassemblant plus de 300 documents

    (photographies, plans,gravures), ils nousemmnent sur les lieuxmythiques du clbredtective anglais: de BakerStreet la gare dePaddington, de lEast End Hyde Park en passant parles landes de Dartmoor.

    126 p., 23 ISBN 978-2-36183-044-1

    Jean-Luc Bayard: essai sur Bernard Nol en forme de pome

    JLB/BN: un dfi lagravitation de la lecture Ceux qui aiment les livres qui tournent rond passeront leurchemin. Ds le titre, on le sait, Les Roues carres, de Jean-LucBayard, dfie la plus lmentaire loi de la gravitation.

    JURIS DITIONS

    Droit social des associations et autres organismes sans but lucratifSous la directiondEmmanuel DocksParce quelles ne sont pasdes entreprises comme lesautres, les associations etles fondations employeurs

    En toute libertLa Rumeur du monde, Figures dutemps pour une eau courante, TerraNostra, Chants : relire simplementles titres des prcdents recueilsdAnnie Salager, cest dj pn-trer dans celui-ci, le dernier,Travaux de lumire, tant elle estune pote fidle elle-mme.Elle sait bien que ce peut tre lthmes banals: Ce nest rien /cest la mer / on connat . Elle saitbien que Gaa nest pas contente ,que les humains sont obtus lachane du vivant . Alors elle res-taure, elle rnove (neuf , nou-veau , renaissant sont desmots qui reviennent constam-ment), elle claire (le lumineux,lumire en sont dautres), parceque linstant du vivre/ tient enhaleine .

    Jean-Luc BayardLes Roues carresYpsilon, Fragile123 p., 15

    Nourrie de Notes de chevet, de pen-se chinoise, de pense franciscaine,elle opte pour la brivet (du vers, dela strophe, dans les morceaux deprose) et pour un vers libre trs libr.Cest la constance de sa recherche quiautorise lappellation de Travaux. Brodsky crit que la seule vritablebiographie dun pote est dans sesvoyelles et ses sifflantes et ses mta-phores. Annie Salager ne parvien-dra jamais tre une femme-oiseau,mais aprs nous avoir fait regarderle monde avec lil du pigeon, elle nous le montre avec celui du

    martinet. C. G.

    Annie SalagerTravaux delumireLa Rumeur libre104 p., 13 ISBN 978-2-35577-017-3

    nouveauts des diteurs

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  • PRESSES DE LENSSIB

    Communiquer! Les bibliothcaires, les dcideurs et les journalistessous la direction de Jean-Philippe AccartComme le titre lindique, la communication estdevenue un enjeuimpratif pour les bibliothques. Proposant des conseilsmthodologiques illustrsdexemples, cet ouvrage se veut une vritable bote outils pour apprendre communiquer en direction des lus, des dcideurs mais aussides journalistes.

    176 p., 22 ISBN 978-2-910227-84-5

    LA FONTAINE DE SILO

    Haute-Savoie baroquecollectifExiste-t-il un baroquehaut-savoyard? Cet ouvrage richementillustr rpond parlaffirmative en prsentantplus de cent glises,abbayes, monastres,chapelles, oratoires et lieux saints, o lon peutdcouvrir les ornements du flamboyant baroque.

    318 p., 39,90 / 50 ISBN 978-2-8420-6489-1

    PR#CARR

    Boston, cape cod, new YorkdEmmanuel MerleLe Carr 67 est arriv !Ce petit livret, cousumain, compos de textesdu pote EmmanuelMerle (Prix Rhne-Alpesdu livre 2008), vientenrichir la belle collectiondu Pr#Carr.

    ISBN 978-2-915773-46-0

    CRAPHIS DITIONS

    AfricainedAndr Lejarre etBoubacar Boris DiopLoin des imagespittoresques duneAfrique enferme dans la tradition ou

    en proie la violence, la soixantaine dephotographies runies ici et le texte du SngalaisBoubacar Boris Diop nous donnent voir le(s) visage(s) ordinaire(s) de Ndioum, village du Sahel au borddu fleuve Sngal.

    100 p., 25 ISBN 978-2-3542-8038-3

    PRESSES UNIVERSITAIRESDE LYON

    Autofiction(s)Colloque de Cerisy-la-Sallesous la direction de Claude Burgelin, IsabelleGrell et Roger-Yves RocheCe volume reprend etrecompose les contributionset les dbats du clbrerendez-vous estival de Cerisy-la-Salle. travers cet ouvrage,des analyses des pratiques delcriture de soi, du NouveauRoman lOulipo, deMarguerite Duras Modiano,mais aussi des voixcontemporaines, rvlent la richesse dun genre qui scrit au pluriel.

    536 p., 25 ISBN 978-2-7297-0834-4

    10

    regard /

    Chaque mois, retrouvez Graldine Kosiak, en texte et en image, pour un regard singulier, graphique, tendre et impertinent sur l'univers des livres, des lectures et des crivains...

    Au travailLinstinct paternelOn souhaite toujours le meilleur pour lavenirde ses enfants, mais il est assez rare de trouverdes parents rvant que leur progniture nedevienne crivain. Si, notre poque, la respectabilit et la considra-tion au sein de la socit ne passent que par un tra-vail voquant puissance et argent, il en est dj demme en 1800 et bien avant; beaucoup de parents,surtout bourgeois et aristocrates, ne considraient pasla littrature comme une activit digne de ce nom. En 1825, Pierre Verne fait partie de ce milieu bour-geois, fils de magistrat, acqureur dune tudedavou Nantes. Personnage austreet profondment croyant, ilentend que ses fils, Jules etPaul, fassent honneur leurnom en embrassant descarrires irrprochableset utiles.Cest seulement en 1852 quePierre comprend que rien ne ferarevenir son fils Jules sur sa dcision. vingt-quatre ans, alors quil est Paris pour achever ses tudes dedroit, Jules refuse dfinitivement de reprendre la charge paternelle.Il assiste des soires mondaines parisiennes, o il noue des relationslittraires et tente dj de rassurer son pre dans sa lettre de mars 1951:

    Mon but est degagner de largent,

    et non pas de mecrer un autre

    avenirPendant

    plusieursa n n e s ,

    Pierre Verneaide et attend.

    Il aimerait voirson fils gagner de

    quoi vivre de sescrits plutt que

    de miser surson soutien

    financier. Son vu seralise partirdu dbut desannes 1860,lorsque lagloire surgitavec la publi-cation des

    trois premierssuccs de Jules

    Verne, Cinq semainesen ballon,Voyage au centre

    de la terre et De la terre la Lune. regarder la carrire de Jules, on se dit que les enfants

    ont parfois bien raison de ne pas couter les conseils de leurs parents.

    Anne Boquel et tienne KernUne histoire des parents dcrivainsFlammarion

    chronique Graldine Kosiak 19 /

    JACQUES ANDR DITEUR

    Un lphant dans la poussirede Jean-Franois BraunDans ce thriller, lauteur racontequelques pages parmi les plustroubles de lhistoire russe, dont il est un spcialiste.

    324 p., 22 ISBN : 978-2-7570-0194-3

  • 11

    REVUES

    GLNAT

    LAlpe n51Ce numro hivernal de larevue trimestrielle LAlpeconsacre un dossier ...lhiver, bien sr! Au sommaire, des articles et des tmoignages sur cequa t hier et ce questaujourdhui lhiver pour leshabitants des Alpes. Le toutillustr dune trs belleiconographie en partie tiredes collections du museDauphinois de Grenoble.

    98 p., 15 ISSN 1626-7397

    DITIONS DES CAHIERSINTEMPESTIFS

    Les Cahiers intempestifsn25 Made in Britain n26 English spoken hereCes vingt-cinquime et vingt-sixime cahiers offrent leurspages la jeune gnrationdartistes anglais qui rvleles tendances dun artsingulier papillonnantentre histoire naturelleet gographie.

    56 p., 53 ISSN 1250-5013

    HumanismeUn proltariat rv. Un beau livre de photogra-phies de Jean-Claude Seine sur la classe ouvrire.Pour mieux se souvenir des luttes dhier et detoujours.

    Qui a dit que la photographie ntait pas un art, toutjuste un succdan dimage pour un ersatz dpoque?Personne. Et surtout pas Jean-Claude Seine, qui nousmontre en quelque quatre-vingt clichs le mondeouvrier tel quil la vu, vcu pourrait-on dire. Annessoixante-dix. Images douces dun monde dur. Annesdhier et de toujours.Collaborateur de journaux tels que LHumanit, Le Matinde Paris, France Nouvelle, Jean-Claude Seine a su sai-sir les paysages dusines dans leur beaut de dsola-tion simple, les visages qui soffrent et les mains quisouffrent, les corps qui luttent presque contre eux-mmes. Ce quon appelle le poids de la vie. Il y a dansces images quelque chose de touchant qui rappellebien sr les photographies humanistes des plus grands(on pense au monde du travail photographi par Kollardans les annes trente), et qui nous fait prouver deprs les luttes, les joies ou les renoncements dungroupe douvriers qui manifestent Tous ensemble!ou dun couple qui se retrouve aprs une journede labeur tout ensemble Le noir et blanc, legris aussi, leur vont si bien. Un beau texte de Lionel Bourg accompagne les pho-tos de Jean-Claude Seine et raconte avec justesse com-ment lcrivain fut enfant de ce monde. Puis ne le futplus. Puis encore. Elles sont toujours l ces annesrudes. clatantes. Douloureuses. Irrvocables. Commele jour se lve tous les jours. Comme un dur rveveill qui dure. Roger-Yves Roche

    dassurance maladie (mai 2008-aot 2010).Soit 828 jours doccupation, 24 nationalits,3000 personnes concernes, de trs prs etjamais de trop loin. Certains ont t rgula-

    riss, dautres non. Ils attendent. On espre.Et voici le rsultat si lon peut dire: un vivantjournal ou album de bord, qui raconte en 328dessins spia de Laura Genz le dessein des SansPapiers. Un vrai livre dhistoire qui se dcline auprsent, avance au jour le jour, avec ses attentes,ses peines, ses espoirs et chagrins. De petits textesexplicatifs augmentent le volume des images,leur donnent ici une teinte plus festive, l unecoloration plus dceptive. Exposs la Biennale dart contemporain de Lyonde 2009, les dessins de Laura Genz ont la fran-

    chise de la photographiesans en avoir la gnanteexactitude. Le trait mou-vant, la distance mou-vante. On sent quelle estavec ces visages, quelleaime ces corps qui se fon-dent dans les dcors succes-sifs. Mais jamais ne dispa-raissent. Et mme si un jour de 2010le dernier jour se lve, lerve veill dure. Dur rvede rgularisation pour tous.Tous sans exception: ay est. Cest fini. Rendez-vousmercredi prochain .R.-Y. R.

    images /

    HumanitHier coloniss Aujourdhui exploits Demainrgulariss Un beau livre de dessins deLaura Genz sur les Sans Papiers. Pourmieux se souvenir dune lutte dhier etde tous les jours.

    Qui a dit que lart ne servait rien, peine remplir les dimanches de nos vies, et encore?Personne. Et surtout pas lesauteurs de Hier coloniss,et moins encore ceux quien furent les premiers lec-teurs, les acteurs, cur et ciel ouvert, dedans etdehors. Car ils ont dabordachet un mouton avec lespremiers dessins vendus.Puis du riz, quantit de riz.Et pour un peu, leur liberttout entire.Bref rappel des faits: pourobtenir leur rgularisation,les Sans Papiers travailleursisols de la Coordination 75occupent une annexe de laBourse du travail Paris,puis des locaux dsaffectsde la Caisse primaire

    Un proltariat rvPhotographies deJean-Claude SeineTextes de LionelBourg et MichelOnfrayLa Passe du vent125 p., 20 ISBN 978-2-84562-170-1

    Slection des nouveauts desditeurs de Rhne-Alpes ralise par Marie-Hlne Boulanger

    1er octobre 2008. Les Convocations. 153e jour de loccupation.

    21 mars 2009. Le petit chemin travers la mer.313e jour de loccupation.

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    Hier colonissAujourdhui exploitsDemain rgulariss Dessins de Laura GenzTextes de Mamadou Diallo etVazoumana FofanaFage ditions366 p., 28 ISBN 978-2-84975-215-9

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    Avant dtre le titre dun futur rcit de voyage deJean-Yves Loude, crire puis paratre aux di-tions Actes Sud, Ppites brsiliennes fut le nomde code de son expdition au Brsil: trois moisde nomadisme acharn, doubl dune rsidencedauteur dans ce pays dmesur: du 7septembre au7 dcembre 2010, de Rio de Janeiro So Luis doMaranho. Une aventure de quatre mille kilomtresen bus pour une rcolte dinformations et des ren-contres littraires tout au long du parcours, dansdes universits et alliances franaises. Un projetsoutenu par la Rgion Rhne-Alpes et le Bureaudu livre franais de Rio de Janeiro.

    Personne ne pourra nous reprocher de manquer desuite dans les ides. Depuis vingt ans, ma compagne,Viviane Livre, ethnologue connue au sud du Saharasous le nom de Leuk, et moi-mme, surnommMonsieur Lion dans la brousse sahlienne, nous par-courons les pistes chaotiques et pineuses dune Afrique la mmoire ronge par les termites de lHistoire offi-cielle. Nous cherchons approcher puis raconter lesmodes de rsistance loquents de peuples billonnspar la volont ou lindiffrence de dominants venusdailleurs: des savanes de loralit malienne aux vaguesmlodiques du Cap-Vert, des quartiers noirs de Lisbonneaux rivages de So Tom et Prncipe. De cette bour-lingue littraire est ne une srie de quatre livres, touspublis chez Actes Sud, dont le mot-cl seraitenqute, terme en usage aussi bien dans les terri-toires des sciences humaines que dans les bas-fondsdes romans policiers. Il tait prvoir que la suite desaventures de Leuk et Lion se droulerait au Brsil, paysmarqu par la ngritude, puisquen nombre, il est lesecond pays noir au monde (aprs le Nigeria) enraison dun afflux constant desclaves entre le XVIe etle XIXe sicle, soit quatre millions cinq cent mille dpor-ts, arrivs aprs un voyage atlantique sans retour.Dautres, presquautant, perdus en route, eurent pourlinceul lcume des vagues.Cette nouvelle enqute sinspire des expditions menesau XIXe sicle par des savants et des artistes pour repous-ser les limites de linconnu et recenser les ressourcesfabuleuses du Brsil. Nous avons voulu conduire, nousdeux, notre propre expdition en qute de ppites.Quelles ppites? On sait que le Brsil subit par le passune rue vers lor, mais aujourdhui, on peut penserque les paillettes prcieuses seraient plutt extrairede limaginaire de cette socit mtisse et notammentdes expressions afro-brsiliennes. Ainsi, nous sommesdevenus chercheurs dor suivant le filon de la prsencenoire, de Rio So Luis, en passant par le Minas Geraisbaroque, Salvador, Aracaju, Recife, les tats du Nordeste,Pernambouc, Ceara, Piaui, pour atteindre enfin leMaranho, prs de lAmazonie.

    musicale de Recife Tous partagentle feu de la rsistance, force clandes-tine qui nourrit lardente vitalit duBrsil contemporain. Les figuresmodernes, croises en route, perp-tuent cette posture: ditrices, mresde saints, femmes en lutte pour lareconnaissance de la terre des descen-dants danciens ngres marrons, oupour lapplication de la loi qui rendobligatoire lenseignement de lhis-toire de lAfrique et des Afro-Brsiliens. Partout, grce la nature de cette rsi-dence, jai pu clbrer avec un galbonheur le principe dchange desavoirs, troquant des confrences surle parcours africain dun crivainfranais en route vers le Brsil contrehbergement et connaissances. Untotal de 25 rencontres offertes contreune calebasse pleine ras bord de des-tins brillants traduire en rcit, patiem-ment durant toute lanne venir.Jean-Yves Loude

    Une chose est certaine,le Brsil souffre de la per-sistance de prjugs col-ls son nom, imagesfutiles fabriques par le cinma etlindustrie touristique. Cette rduc-tion permanente irrite les espritsqui refusent de voir le gnie plu-riel du pays, en perptuelle cra-tion, dfini par les seules voca-tions du carnaval, de Copacabana,du foot et des feuilletons tlviss.De fait, dissimuls par ces cransgants, survit au Brsil une infinitde talents populaires, contenusdans le mot figuras. Nous sommes donc alls dbusquerderrire le dcor des clichs ces personnalits peu visibles.Nos figures noires rsident dans les zones portuaires,les favelas, les anciens refuges desclaves fugitifs, quilom-bos, les confrries religieuses du Rosaire Elles ont puhanter les asiles, les prisons, la bohme ou les lieux dedvotion populaire en marge de la foi officielle. La premire ppite, qui mrite elle seule une traverseatlantique, dort dans un muse de Rio et se nomme Luzia.Elle est morte ge de vingt-cinq ans, il y a plus de dixmillnaires. Limage de son crne reconstitu a fait le tourdu monde en crant sensation: la plus vieille anctreconnue des Amriques, arrache au sol du Minas Gerais,prsente des caractres ngrodes, tout comme la cen-taine de chasseurs cueilleurs trouvs ses cts! Rio,ds la premire heure, le voyage commence par un coupde gong: une femme haute dun mtre cinquante remeten cause les thories ancres du peuplement desAmriques par le dtroit de Bring.Ensuite, il ny eut plus de cesse la rcolte. Voici des bribesdinventaire. Vous trouverez le souvenir de ppites morteset vivantes. Zumbi, roi phmre dune enclave desclavesfugitifs; Joo Candido Felizberto, lAmiral Noir, chef de larvolte des marins de 1909; Santa Anastacia, princesserebelle la peau sombre et la bouche musele par unmasque de fer; Artur Bispo do Rosario, pauvre, ngre etfou, aujourdhui reconnu comme un gant de lart brut;Chico Rey, captif dorigine royale devenu propritaire demines; Xica da Silva, crole adore dun intendant portu-gais; Aleijadinho, fils desclave considr comme le MichelAnge du Minas Graistout comme Lobo de Mesquita,appel le Mozart noir; Beato Jos Loureno, charisma-tique meneur dune communaut autarcique de paysansaffams, massacrs par larme de la Rpublique jusquaudernier; Maria Firmina dos Reis, multresse btarde, auteurdu premier roman abolitionniste du Brsil; Negro Cosme,empereur autoproclam des victimes de lesclavage; ChicoScience, regrett crateur du Manguebeat, la furie

    la recherche de la prsence noire : une enqute au Brsil de Jean-Yves Loude

    Ppites brsiliennes

    Livre & Lire : journal mensuel, supplment rgional LivresHebdo et Livres de France, publi par l'Agence Rhne-Alpespour le livre et la documentation.

    nous crire >>>> [email protected]

    Directeur de la publication : Genevive Dalbin

    Rdacteur en chef : Laurent Bonzon

    Assistante de rdaction : Fabienne Hyvert

    Ont particip ce numro : Marie-Hlne Boulanger,Claude Burgelin, AntoineFauchi, Catherine Goffaux,Charles Juliet, GraldineKosiak, Jean-YvesLoude,Danielle Maurel, Yann Nicol, Didier Pobel,Vincent Raymond, Roger-Yves Roche.

    Livre & Lire / Arald 25, rue Chazire - 69004 Lyon tl. 04 78 39 58 87 fax 04 78 39 57 46 ml. [email protected] www.arald.org

    Sige social / Arald1, rue Jean-Jaurs - 74000 Annecy tl. 04 50 51 64 63 - fax 04 50 51 82 05

    Conception : PerluetteImpression : ImprimerieFerrol (Imprim'Vert). Livre & Lire est imprim sur papier 100% recycl avec des encres vgtales

    ISSN 1626-1331

    correspondance /

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