Maurice Chevalier

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    Pour les articles homonymes, voir Chevalier.Maurice Chevalier

    Maurice Chevalier en 1959.Maurice Chevalier, n Maurice Auguste Chevalier[3]le 12 septembre 1888 Paris 20e et mort le 1er janvier1972 Paris 15e, est un chanteur, acteur, crivain etparolier franais.D'abord chanteur de caf'conc' dans le quartier deMnilmontant, qu'il contribue populariser[4], MauriceChevalier devient, dans les annes folles, un des artistesles plus populaires du music hall franais[n 2],[5],[6], avantd'entamer une fructueuse carrire d'acteur Hollywooddans les annes 1930. Deux fois nomm l'Oscar dumeilleur acteur, il tourne notamment sous la directiond'Ernst Lubitsch et entame une liaison amoureuse avecMarlne Dietrich. De retour en France, il continue tra-vailler pendant la guerre ; il est brivement inquit en1945, sans pour autant perdre son succs. Alternant toursde chant et cinma, en France (Le silence est d'or en 1947,Ma pomme en 1950) et Hollywood (Ariane en 1957,Gigi en 1958), il fait ses adieux la scne en 1968.Souvent aubl d'un canotier, d'une canne et d'un nudpapillon, Maurice Chevalier reprsenta au long de sa car-rire une certaine image de la France et du Franais l'tranger, et notamment aux tats-Unis : celle du Parisientypique, gouailleur, souriant, dsinvolte et charmeur[7],[8].Star internationale de son vivant, il est aujourd'hui en-core l'un des chanteurs franais les plus connus dans lemonde[9]. Plusieurs de ses chansons furent de grands suc-cs populaires, telles Prosper (Yop la boum), Dans la viefaut pas sen faire, La Chanson du maon, Ma pomme,a sent si bon la France, a fait d'excellents Franais, saversion de Y'a d'la joie, Thank Heaven for Little Girls ouencore son dernier enregistrement, la chanson du lm LesAristochats.

    1 Biographie

    1.1 1888 - 1901 : Enfance et dbuts sc-niques

    Maurice Chevalier nat le 12 septembre 1888, au 29 ruedu Retrait, Paris, de l'union de Victor Chevalier (1854-19 ?), peintre en btiment, et de Josphine Van DenBossche (1852-1929)[n 3],[10],[11]. Il est le dernier d'unefratrie de trois enfants. Il a deux frres : Charles (1877-

    Maurice Chevalier, photographie de jeunesse ddicace.

    1938) et Paul (1884-1969)[11]. Peu de temps aprs sanaissance, ses parents emmnagent dans un minusculelogement de deux pices au 15 de la rue Julien-Lacroix,toujours Mnilmontant [12]. Il entre l'cole desFrres, au patronage, rue Boyer, pour y tre instruit[13].Alors que Maurice est encore trs jeune, son pre, hon-nte ouvrier mais alcoolique, quitte le domicile familialaprs une ultime scne, abandonnant sa femme et ses troisenfants. L'an de la famille, Charles, dcide d'assumer lerle de chef de famille mais se fait vite tyrannique. Il vajusqu' frapper Maurice, chose que ce dernier ne lui par-donnera jamais[14].

    partir de ce moment, le peu de senti-ment qu'il m'inspirait, car il n'avait jamais rienfait, rien dit, pour gagner mon aection, se dis-sipa pour laisser place je ne sais quel espoirde revanche, un jour, plus tard.

    Dans la vie faut pas sen faire (2012), page 21Trs vite, Charles, amoureux, quitte le domicile familialet se marie, abandonnant sa famille son tour. La famille

    1

  • 2 1 BIOGRAPHIE

    n'entendra plus parler de lui. Seuls restent Maurice, Paul,qui est apprenti graveur sur mtaux, et leur mre (sur-nomme la Louque) dont les nances sourent de cesdeux dparts soudains[15]. Cette dernire doit travaillerd'arrache-pied pour faire vivre sa famille, et, en plus dela passementerie, elle commence faire le mnage chezdes voisines. Mais le surmenage l'aaiblit et l'oblige tre hospitalise l'Htel-Dieu de Paris pour plusieurs se-maines. Alors que Paul est assez g pour se garder seul,Maurice, qui n'a que huit ans, est plac l'hospice desEnfants Assists rue Denfert-Rochereau. Finalement, samre sort de l'hpital et il est ramen chez lui[16].Quelques semaines aprs que la famille sest retrouve,Paul annonce que son patron avancera de trois mois sanomination d'ouvrier plein salaire. Il touchera dsor-mais sept francs par jour soit quarante-deux par semaine,ce qui permet la famille une petite aisance. Le nouveausalaire de Paul coupl celui de la Louque permet auxChevalier de dmnager du troisime tage de leur bti-ment vers le premier, dans un appartement avec une fe-ntre sur la rue. Maurice entre l'cole communale de larue Julien-Lacroix, dans laquelle il restera deux ans, jus-qu'au certicat d'tudes[17]. C'est le dbut de leurs sortiesen famille. Tous les trois vont, tous les samedis et souventle dimanche, soit au palais du Travail, soit au Cirqued'hiver, soit au concert du Commerce ou au Cirque M-drano [18]. L, il est fascin par les chanteurs et les en-fants acrobates. Dsireux de faire de mme et d'ainsi pou-voir ramener beaucoup d'argent au foyer, il se met en ttede devenir acrobate. Aprs l'cole et g de neuf ans, lui etdes enfants du quartier sessayent l'acrobatie sur des tasde sable de la rue Sorbier[19]. Et, force d'en parler avecenthousiasme table, Maurice convainc son frre Paul dele rejoindre dans son entreprise, et tous deux dcident demonter un duo d'acrobates : les Chevalier Brothers. Sanssavoir que brothers veut dire frres , Paul truque devieilles aches pour y acher le nom de leur duo[20]. Leduo d'acrobates va sentraner rgulirement au gymnaseArras, rue de Mnilmontant, mais la ralit les rattrapevite. Les deux frres manquent de force et de souplesse.Et ayant obtenu son certicat d'tudes, Maurice doit ap-prendre un mtier. Paul le fait engager chez son patronpour y apprendre la gravure sur mtaux mais Maurice estvite renvoy, ce dernier n'ayant que l'acrobatie en tte.Son frre dcide d'abandonner l'ide du duo d'acrobatesau vu des blessures et de la fatigue causes par cette acti-vit. Avant d'abandonner l'ide son tour, Maurice tentede savoir sil peut vraiment tre acrobate et se fait prendre l'essai, sans salaire, dans un trio acrobatique. Mais unexercice tourne mal et il nit le visage tum, en sang.Sa mre lui demande de changer de projet, sous peine denir inrme[21].D'abord dcourag, il pense ensuite devenir chanteur.Il ne dit rien la Louque concernant son nouveau pro-jet, attendant d'tre sr de lui, et nourrit le rve d'trechanteur comique, inspir par le comique paysan Car-los. Mais il doit maintenant trouver un patron qui accepte

    de lui apprendre un mtier. Les emplois vont et viennentcar Maurice est constamment renvoy. Menuisier : il estrenvoy pour cause de trop longs sjours aux toiletteso il chantait devant un public imaginaire. lectricien :renvoy car il prfrait faire du lche-vitrines devant lesboutiques vendant des chansons lorsqu'il tait envoy encourses. Peintre sur poupes : renvoy pour avoir peintles visages de Mayol, Polin, Dranem sur celles-ci. Puisimprimeur, commis marchand de couleurs, et nalementfabricant de punaises[22]. Pay au millier de punaises fa-briques, il gagne jusqu' dix francs par semaine. Maisde moins en moins attentif cause de son projet, il se faitmoins productif et ramne de moins en moins d'argentau foyer. Son manque d'attention nit par lui coter cher,car il scrase le doigt avec sa machine, ce qui l'oblige arrter le travail jusqu' sa gurison[23].Depuis plusieurs semaines, il a repr le Caf des TroisLions, au public essentiellement ouvrier, boulevard deMnilmontant. Lui et sa famille y sont alls un dimanche.Trois amateurs l'ont intress : Georgel, genre Mayol,Lon D., genre Polin et Brigham, genre Dranem. Mauricese rend chez un libraire, y achte deux partitions du genrecomique paysan intitules V'l les croquants et Youp YoupLaria qui font partie du rpertoire de Carlos, et achteun ensemble de vtements et accessoires que ce dernierporte sur scne[24]. Prenant son courage deux mains,Maurice se rend au Caf des Trois Lions et en demandele propritaire pour lui proposer de le laisser chanter sesdeux chansons sur scne le prochain samedi. D'abord in-terloqu, il consent laisser Maurice chanter, mais ajoutequ'en fait de salaire, il n'aura droit qu' un caf au lait. Ex-tatique, Maurice prvient sa mre et son frre et ces der-niers lui assurent, en riant, qu'ils seront l pour assister ses dbuts[24].Le soir venu, Maurice se rend en coulisses, enle son cos-tume, se maquille et se barbouille le nez et les joues derouge. Il donne ses deux chansons au pianiste du caf quilui demande dans quel ton il chantera. Maurice ne sachantpas de quoi il veut parler, lui dit : dans le ton que vousvoudrez !". Le pianiste commence jouer V'l les cro-quants et Maurice de chanter, dguis en paysan. Il xeun point du plafond et chante de plus en plus fort. Onlui crie des choses depuis la coulisse, et la salle toute en-tire commence se tordre de rire. Maurice chante alorsplus fort encore et termine la chanson dans une ovationgnrale. Il sort de scne et voit Georgel, Lon D. et Bri-gham rire aux larmes. Croyant avoir eu un succs colossal,il veut retourner sur scne mais on le retient. On lui ex-plique ensuite que si la salle a autant ri, c'est parce qu'il achant trois tons plus haut que le pianiste, et qu'il foraitbeaucoup trop sur sa voix. On lui conseille de rpter avecle pianiste l'avenir. Du car pensant avoir triomph, ilrentre chez lui accompagn de son frre et sa mre quien rient encore. Mais ils le rconfortent en l'assurant qu'ilsera bien meilleur quand il aura rpt l'avance. Noussommes en 1901 et Maurice a 12 ans[25].

  • 1.2 1901 - 1904 : Dbut de la carrire de chanteur 3

    1.2 1901 - 1904 : Dbut de la carrire dechanteur

    Le lendemain, Maurice est la coqueluche de la rue Julien-Lacroix. La nouvelle de sa chanson de la veille sest r-pandue comme une trane de poudre et il est sur toutesles lvres. Le soir, il retourne au Caf des Trois Lionset est pris sous l'aile de Georgel et Lon D., qui lui ex-pliquent qu'il est ncessaire que le chanteur et le pianosoient sur le mme ton, que le rire qu'il a provoqu laveille n'tait pas un bon rire (tant un rire ses d-pens) et que a ne faisait pas artiste. Ces trois mots lemarquent. Il veut con