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Abbé Jean-Louis Breuil Moingt pendant la Grande Guerre Soldats de Moingt Le 16 e dans la guerre Les monuments du souvenir Présentation et notes : Joseph Barou La Diana - Cahier de Village de Forez

Moingt pendant la Grande Guerre

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Text of Moingt pendant la Grande Guerre

  • Abb Jean-Louis Breuil

    Moingt pendant la Grande Guerre

    Soldats de Moingt

    Le 16e dans la guerre

    Les monuments du souvenir

    Prsentation et notes : Joseph Barou

    La Diana - Cahier de Village de Forez

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    La Guerre de 1914-1918 fut prpare et dclare avec la fiert toute gauloise de la Rpublique, le volontarisme et la certitude de la victoire. Nous en connaissons aujourd'hui le prix, et des dpartements entiers, comme la Haute-Loire, mettront trois gnrations pour parvenir s'en relever. Dans les villages, les vides laisss par les morts au champ d'honneur sont immenses.

    Nous avons dans les archives de la Diana quelques copies de lettres de soldats leur famille, notamment celles de Jean Abrial, natif de Boisset-les-Montrond. Il crit de l'Aisne puis de la Marne sa sur, Madame Boudol :

    Enfin il faut esprer qu'ils [les Allemands] s'ennuieront bientt car ils ont beaucoup plus de pertes que nous, esprons que ce soit bientt fini et qu'on fasse un bon dner l'arrive. (le 18 septembre 1914).

    Tu as d savoir que le cousin Claude avait t bless... l'autre officier qui a t bless avec lui est mort. Quant Claude on espre le sauver. Penses-tu qu'on sortira de cet enfer cette anne ? Hier soir, j'ai travaill prs de la tombe de Fayenet [de Boisset-les-Montrond lui aussi]. J'y ai fait une bordure avec des briques blanches que j'ai trouv... Si je puis la faire photographier, je ferai le ncessaire, ce sera un souvenir pour sa femme (le 2 mai 1916).

    Trois jours plus tard, ce soldat tlphoniste du 321e rgiment d'infanterie de Montluon succombait un obus longue porte.

    Nous pourrions malheureusement multiplier les exemples volont. Le travail de l'Abb Breuil est tout autre, donnant presque un diagnostic de la socit moingtaise au quotidien de cette poque. Il s'agit l d'un tmoignage complet et de la plus haute importance.

    Philippe Pouzols-Napolon

    secrtaire de la Diana

    Abb Jean-Louis Breuil (1852-1937) Cur de Moingt de 1904 1937

    inhum Montarcher

    (photo prise vers 1925)

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    Prsentation

    Pendant la guerre de 1914-1918, le cur de Moingt, l'abb Jean-Louis Breuil, recueille des notes concernant les jeunes gens de sa paroisse appels sous les drapeaux. Il s'intresse aussi beaucoup l'action du 16e rgiment d'infanterie. Aprs le conflit il rassemble des documents propos des monuments aux morts de Moingt.

    Le livre d'or de la paroisse de Moingt

    Son intention est de rdiger, ds qu'il le pourra, un "livre d'or" en l'honneur et la mmoire des soldats de sa paroisse. En 1919-1920, il commence la rdaction de cet ouvrage. Malheureusement il interrompt assez vite son travail. Il indique deux raisons cela : d'une part le cot de l'impression qui lui parat trop important, d'autre part le manque d'information sur plusieurs soldats. Il estime ses informations incompltes et, provisoirement, dit-il, range son manuscrit. Il ne le reprend jamais.

    Ces notes de l'abb Breuil ont t longtemps conserves la cure de Moingt. Depuis quelques annes, elles appartiennent aux archives de la Diana.

    Nous les prsentons in-extenso avec les documents divers qu'avait rassembls l'abb Breuil pour raliser son livre d'or de la paroisse de Moingt. Nous avons, l'aide de notes et d'encadrs, complt autant que possible les notices des soldats l'aide, notamment, du site officiel du ministre de la Dfense.

    Ce cahier d'histoire locale est une codition ralise par la Socit historique la Diana et la revue Village de Forez.

    L'abb Breuil avait lui-mme organis son Livre d'or en trois parties que nous avons conserves :

    - les soldats de Moingt ;

    - le 16e rgiment d'infanterie ;

    - les monuments aux morts moingtais, celui de l'glise et celui de la commune.

    Jean-Louis Breuil, cur de Moingt

    Jean-Louis Breuil est n dans une famille de paysans Montarcher le 23 novembre 1852. A 1 152 m d'altitude, Montarcher est la plus haute commune du dpartement de la Loire. Ce petit village du canton de Saint-Jean-Soleymieux a aujourd'hui moins de 100 habitants. Il en comptait 259 habitants en 1891.

    Jean-Louis Breuil est ordonn prtre le 25 dcembre 1876. Aprs avoir t cur de Lrigneux pendant neuf ans, il est install cur de Moingt le 8 novembre 1904. Il arrive dans ce village en sachant que sa tche ne sera pas facile.

    A Lrigneux, petite paroisse pourtant bien pratiquante, il s'tait heurt un conseil municipal influenc par un instituteur fortement anticlrical et quelques notables radicaux de Montbrison1.

    1 Cf. J. Barou, "Chronique villageoise, quand Lrigneux votait gauche", Village de Forez, n 30, avril 1987.

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    Une grande question agite alors les esprits : la sparation de l'Eglise et de l'Etat. De plus le village de Moingt a la rputation de ne pas tre trs fervent. Pendant des sicles, les chanoines du chapitre de Notre-Dame de Montbrison ont t seigneurs de Moingt ce qui a probablement donn aux Moingtais l'image d'une Eglise riche et dominatrice. Pendant la Rvolution, l'inverse des Montbrisonnais, les Moingtais se montrent favorables aux ides nouvelles. Il y a alors une forte flambe d'anticlricalisme2 qui laisse des traces. Il arrive encore, au dbut du XXe sicle, qu'au moment des priodes lectorales, des croix soient nuitamment dgrades.

    L'abb Breuil sait pourtant bien vite se faire accepter de la plupart des Moingtais. Plein de simplicit et sa bonhomie, c'est un homme de la campagne avec tout le bon sens paysan. Il accepte ses Moingtais et les aime tels qu'ils sont, sachant bien que tous ne sont pas des familiers de l'glise Saint-Julien. Ne dit-il pas pour les excuser du maigre rsultat d'une souscription : disons qu'un certain nombre de mes paroissiens vont ordinairement la messe Montbrison ou bien ne vont nulle part !

    Il se montre donc assez indulgent mme s'il a le temprament vif et qu'il lui arrive de traiter de bandits et d'anabaptistes des jeunes gens qui ont perturb l'inauguration du monument aux morts officiel. Il fait aussi souvent preuve d'humour mme envers lui. A Moingt, il relve les petits travers des membres du conseil municipal pour s'en moquer gentiment en priv. Il entretient toujours des relations courtoises avec tous les notables de la commune.

    Cependant on le sent beaucoup plus proche des vignerons et de jardiniers de sa paroisse que des petits bourgeois. Sa sympathie va particulirement aux gens modestes et trs pratiquants qu'il qualifie de "bonnes familles". Quelques-unes de ces familles sont parfois assez rcemment descendues des monts du Forez, comme les Nel du Cerizet auxquels il semble trs li. Cette catgorie sociale fournit la paroisse les chantres, les confrres de Saint-Vincent et ceux de Saint-Isidore, les chanteuses, les enfants de chur Quant aux jeunes gens ils adhrent aux P'tits Fifres Montbrisonnais puisque Moingt n'a pas de patronage.

    Quelques notables traditionnellement favorables l'Eglise forment le conseil de fabrique. Quand il y a appel de fonds, ils figurent aussi parmi les principaux souscripteurs avec la famille Baudot-Sirvanton qui possde alors le clos Sainte-Eugnie

    L'abb est un ardent patriote comme beaucoup de gens de son poque. Il avait tout juste 18 ans au moment de la guerre franco-prussienne de 1870. Cette priode l'a profondment marqu. Il porte un grand intrt aux questions militaires. Par exemple, il relve avec soin les faits d'armes du 16e rgiment d'infanterie, le rgiment chri des Montbrisonnais. Pour lui les grades, la hirarchie militaire, les dcorations ont une relle importance. Alors que les Moingtais morts pour la France figurent sur le monument civil avec simplement leur nom et prnom, le pre Breuil tient ce que celui de l'glise indique prcisment le grade de chacun. Ses allocutions et homlies mlent souvent l'exaltation du patriotisme au devoir de reconnaissance et au sentiment religieux. Il n'est pas tonnant qu'il ait, ds le dbut du conflit, commenc collecter notes et documents pour son "livre d'or".

    Les Moingtais victimes de la Grande Guerre

    Quel est le nombre exact de Moingtais qui ont perdu la vie cause de la Premire Guerre mondiale ? Il est bien difficile de le dire avec prcision. La liste figurant sur le monument aux morts communal comprend 51 noms, celle de l'glise seulement 41. Les critres retenus varient : soldats morts pendant le conflit ou aprs mais des suites de la guerre, ns Moingt ou habitants la commune au moment de la mobilisation Plusieurs d'entre eux n'ont pas de fiche dans les

    2 Cf. Jean Ducros, "Moingt pendant la Rvolution", Village de Forez, n 45, avril 1991.

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    archives officielles. Sans doute y a-t-il eu des omissions involontaires et des erreurs cause du nom mal orthographi ou du prnom usuel diffrent du premier prnom.

    Les morts sont tous des hommes jeunes. L'ge moyen des soldats tus est d'un peu plus de 27 ans3. Certaines classes paient un tribut particulirement lourd. Celle de 1914 compte 5 tus, celle de 1916, 4 tus

    Presque tous les soldats moingtais morts pour la France appartenaient l'infanterie, la "reine des batailles", dit-on, mais aussi la "chair canon" des armes. Parmi eux 29 servaient dans l'infanterie de ligne, dans 19 rgiments diffrents particulirement le 16e R.I. (5 Moingtais tus), le 216e (5 galement) et le 23e (2 tus). 4 appartenaient un rgiment d'infanterie coloniale et 1 au 2e rgiment de tirailleurs. 2 Moingtais taient chasseurs pied au 22e et au 52e bataillon de chasseurs pied. Enfin 1 servait au rgiment de marche de la Lgion trangre. Il s'agit d'un engag. Les autres armes sont reprsentes par le gnie (4 cas) et la cavalerie (un chasseur cheval).

    Pour les grades nous relevons 2 capitaines et 2 sous-lieutenants, ces officiers tant militaires de carrire ou, pour un cas, engag volontaire au dbut de la guerre. Ils se conduisent en hros et sont l'objet de multiples citations et dcorations. Au rang des sous-officiers figurent 1 adjudant (engag) et 4 sergents. Parmi les hommes de troupe, il y a 5 caporaux, 1 soldat de premire classe, 1 clairon et 26 soldats de deuxime classe. Leur souffrance, leur courage ont t indniables mais sont rests plus anonymes.

    L'examen de cette liste de victimes permet de dcouvrir des familles moingtaises particulirement touches. Le malheur frappe plusieurs fois aux mmes portes. Des fratries sont dcimes. Ainsi les Franois perdent trois fils comme les Epinat ; les Arthaud ont deux enfants tus, les Nel, deux galement Quatre-vingts ans ont pass, il nous est difficile aujourd'hui de nous rendre compte de ce que fut effectivement l'immensit des drames vcus.

    La difficile mission d'accompagner ces pauvres gens revenait aux autorits civiles et religieuses. Le maire avait la pnible obligation de prvenir la famille. Le cur organisait les funrailles essayant d'apporter aux proches sinon un peu de consolation du moins la compassion de l'ensemble de la population.

    Les allocutions prononces l'occasion de ces crmonies font minemment partie du lourd et long travail de deuil accomplir Les autorits civiles parlent de devoir, de patriotisme, d'honneur, et les autorits religieuses aussi en essayant d'apporter, en plus, une touche d'esprance. Dans ces moments difficiles, le cur Breuil semble trs prs de ses paroissiens prouvs.

    Le 16e d'infanterie dans la guerre

    L'abb Breuil dcrit bien le climat qui rgne au dbut d'aot 1914. La Grande Guerre vient d'clater. Tout le pays frmit et s'enthousiasme. Mais les bruits de bottes et les dclarations martiales recouvrent mal l'motion et l'inquitude de la population.

    Le dimanche 2 aot 1914 le 16e rgiment d'infanterie se rassemble Montbrison. Le corps, aux ordres du colonel Pentel, a sa garnison principale Saint-Etienne mais son dpt se trouve Montbrison, dans la caserne de Vaux.

    La mobilisation a rappel les classes 1911, 1912 et 1913 et les hommes de la plus jeune rserve. Les mobiliss affluent dans la ville et ses environs. Ainsi, le lundi matin, 800 soldats arrivent Moingt o ils sont logs un peu partout.

    3 Moyenne obtenue pour les 43 soldats ayant fait l'objet d'une fiche du ministre de la Dfense.

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    Pour sa part, le cur Jean-Louis Breuil loge dans sa cure de Moingt le commandant Louis Hertz, un officier trs aimable, intelligent et plein de cur. C'est lui qui commande Montbrison.

    Pendant 3 jours, il y a une grande agitation dans toute l'agglomration montbrisonnaise. Les soldats se prparent au dpart.

    Le mercredi, la tombe du jour, un violent orage clate sur la rgion. Le ciel semble vouloir s'associer au branle-bas de la terre, se souvient l'abb Breuil. Le commandant Hertz rentre au presbytre, tremp et trs soucieux. Au souper, il confie au prtre son inquitude : Nous partons demain 12 heures. Les nouvelles ne sont pas rassurantes. Les Allemands viennent par la Belgique. Nous pensions aller du ct de Belfort ; probablement nous irons bien plus loin. O ? Je l'ignore. Le colonel nous a dit de prendre des vivres pour 9 jours.

    Le bon cur essaie de le rassurer : Si les Allemands n'ont pas os se heurter contre nos fortifications de l'Est, c'est dj un bon point ! Mais l'officier est lucide : L'artillerie allemande est bien plus forte qu'on ne le croit... Elle est terrible, il n'y a de fortifications qui puissent lui rsister longtemps.

    Et de sombres penses envahissent l'officier. Il pressent sa fin prochaine. Il parle avec attendrissement de sa famille, confie son portefeuille au prtre et lui demande de prier pour lui

    Le jeudi 6 aot est le jour de dpart. Ecoutons encore le tmoignage du cur de Moingt :

    Le commandant a consign tous les cafs, car il ne veut pas emmener des hommes ivres. Les derniers prparatifs, les adieux, se font rapidement, sans bruit, avec une motion contenue. A la gare les trains sont prts, on enguirlande les wagons de fleurs A 11 heures, tous les soldats quips sont sur les rangs ; toute la population est sur la route pour leur faire escorte. Le cheval du commandant est la porte de la cure A midi, 1 heure et 3 heures, les 3 trains emportent nos soldats la frontire.

    Le cur n'est pas sur le quai. Il a t retenu l'glise par un baptme, clbr in-extremis avant le dpart du papa, Louis Robert, un jeune boulanger moingtais mobilis

    Durant toute la guerre l'abb Breuil suit avec le plus grand intrt les campagnes du 16e rgiment. N'avait-il pas reu les confidences d'un de ses officiers suprieurs ? Ses notes ressemblent beaucoup au texte d'un opuscule publi en 1919 Montbrison et intitul Le 16e rgiment d'infanterie, historique du Rgiment pendant la guerre de 1914-1918. Ce petit ouvrage sorti des presses de l'imprimerie militaire n'a pas d'auteur connu4.

    Jeanne d'Arc

    Le cur de Moingt consacre de longs passages de ses notes la statue de Jeanne d'Arc de son glise. Jeanne d'Arc, batifie le 18 avril 1909, est selon son expression la sainte nationale. L'glise de Moingt, comme beaucoup d'autres, se doit d'avoir une reprsentation de la bonne Lorraine.

    La paroisse achte d'abord une grande image puis, aprs souscription, une statue de Jeanne d'Arc au sacre. Tout est prvu pour la grande et belle crmonie de bndiction qui doit se drouler le 9 aot 1914. Par malheur la guerre clate juste avant la fte promise.

    Elle est reporte jusqu'au 30 mai 1920. La statue est en place. Jeanne est ainsi, en quelque sorte, mobilise l'arrire pour soutenir le moral des soldats et de leurs familles. Notre

    4 Le 16e rgiment d'infanterie, historique du Rgiment pendant la guerre de 1914-1918, imprimerie militaire J.-L. Serre, Montbrison, sans indication d'auteur ; peut-tre est-ce l'abb Breuil lui-mme ?

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    statue, non encore bnite, reut bien des fleurs, des bougies et des prires pour ceux des ntres qui taient partis la frontire crit l'abb Breuil.

    Finalement travers ces bribes de la chronique paroissiale, transparat fortement l'lan patriotique qui domine alors Moingt comme dans l'ensemble du pays. Courant passionnel, irrflchi auquel l'Eglise participe en mettant en valeur le culte de Jeanne d'Arc, celle qui avait bout les ennemis hors de France.

    Les monuments du souvenir

    Le conflit peine achev, l'abb Breuil pense dj faire lever un petit monument pour commmorer le sacrifice de ses paroissiens. L'Eglise tant spare de l'Etat - au grand regret du cur - le monument ne pourra tre plac que dans l'glise. Les diles souhaitent aussi faire riger un monument sur la place publique. Une course de vitesse s'engage donc entre la municipalit et la paroisse. C'est qui ralisera le plus vite son projet. Le cur a un handicap, il lui faut d'abord achever la rfection intrieure de son glise, des travaux entrepris avant la guerre tant rests inachevs.

    Dans ses notes pleines d'humour, le cur relate bien le climat rgnant alors Moingt. La situation est un peu diffrente de celle de l'avant-guerre. L'affrontement des clricaux et des anti-clricaux est estomp. L'union sacre ralise dans les tranches a rapproch les deux camps, cependant reste une sourde lutte d'influence. La question des monuments du souvenir est un enjeu.

    Pour l'Eglise, reprsente par l'abb Breuil, il s'agit de prouver que, mme aprs la Sparation, son influence reste prpondrante sur l'ensemble de la population, que Moingt est toujours une terre de chrtient. Pour la Rpublique, et donc le conseil municipal de Moingt, il s'agit de faire prvaloir les rgles acquises au moment de la loi de 1905 : une nette sparation entre le domaine civil et le domaine religieux mme pour honorer les morts.

    Le cur fait diligence et gagne la course avec il est vrai un monument beaucoup plus modeste : une simple plaque appose dans l'glise. L'tude des listes de souscriptions qui ont t soigneusement releves permet d'intressantes comparaisons.

    Certes l'abb Breuil a russi sa souscription, en s'appuyant sur quelques familles aises. Il a men bien ses projets en ragissant plus vite que la municipalit. Les clbrations paroissiales qu'il organise paraissent triomphales. Et le monument civil a mme failli tre bnit. Cependant la qute municipale a t plus large et populaire : 3 familles sur 4 sont concernes alors que seulement 1 famille sur 3 participe la souscription paroissiale.

    L'incident qui marque l'inauguration officielle du monument aux morts de Moingt montre qu'il y a localement un anticlricalisme militant capable de s'afficher. L'extrme gauche politique, bien que trs minoritaire, est prsente dans le village.

    A l'vidence, tout cela traduit localement une baisse de l'influence de l'Eglise. Le glissement vers l'indiffrence se poursuit lentement. A la diffrence de beaucoup de villages des monts du Forez5, aprs la Grande Guerre, Moingt n'est plus, comme l'aurait souhait l'abb Breuil, une terre de chrtient mme si la population est encore largement de tradition catholique.

    5 On pourrait citer notamment Saint-Bonnet-le-Courreau tudi par Sophie Damon, "Saint-Bonnet-le-Courreau un village et son cur en 1939 daprs lagenda de labb Chanfray", Village de Forez, 2004.

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    Le projet de Livre d'or du cur de Moingt est rest inachev, cependant son travail n'a pas t inutile. Il nous apporte aujourd'hui encore un riche ensemble de documents sur une priode particulirement difficile de notre histoire.

    Bien qu'incomplte et l'tat d'bauche, cette premire rdaction prsente beaucoup d'intrt. Il s'agit d'un document de premire main qui donne de prcieuses informations non seulement sur les soldats moingtais et leurs familles mais aussi sur l'tat d'esprit et les mentalits d'une poque.

    Quatre-vingt-dix ans aprs, alors que meurent les derniers Poilus, tous centenaires, la Grande Guerre suscite un regain d'intrt pour les historiens. Le travail de l'abb Breuil permet de comprendre un peu mieux comment fut vcue cette priode terrible dans un village forzien. C'est aussi un hommage aux nombreuses victimes, particulirement aux sans grades qui sont mettre aussi au rang des hros.

    Joseph Barou

    Avertissement

    Nous publions l'intgralit des notes que l'abb Breuil avait rassembles pour prparer un ouvrage sur la paroisse de Moingt pendant la guerre de 1914-1918. Ces notes sont aujourd'hui dposes dans les archives de la Diana.

    La typographie est diffrente selon qu'il s'agit :

    o des notes manuscrites de l'abb Breuil : (arial 11)

    o des documents qu'il a joints son travail (lettres, coupures de journaux) : encadrs (antique olive 10)

    Les complments que nous apportons figurent entre [ ] ou dans les notes de bas de page.

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    Premire partie

    Les soldats de Moingt morts pour la France

    En 1919 nous avons commenc la notice : Livre d'or de la paroisse de Moingt. En 1920, nous avons suspendu ce travail cause de la hausse des prix du papier et de l'imprimerie (8 9 F la page) et parce qu'il nous manquait des renseignements sur une douzaine de nos soldats Notre intention est bien de reprendre sous peu ce travail.

    [note de l'abb Breuil qui, en fait, n'a jamais achev l'ouvrage projet]

    Guerre 1914-1918

    Soldats de Moingt

    morts pour la France

    Officiers Capitaine Laffay Hippolyte Capitaine Drutel Jean Sous-lieutenant Faverjon Jean Sous-lieutenant Rouvet Louis

    Sous-officiers et soldats Arthaud Jean Arthaud Jean-Marie Bardon Joanns Bal Henri Beaufort Adrien Berger Marius Berger Pierre Besson Jean Biton du Pernin Jean Dumay Antonin Dupr Jean Epinat Jean Epinat Marius

    Epinat Pierre Faure Antoine Franois Mathieu Franois Marius Franois Antoine Fuvel Mathieu Garnier Antoine Giroud Jacques Gualino Franois Gurin James Guillaumond Alexandre Juban Antoine Michalon Claudius

    Nel Antoine Nel Joanns Neyret Jean-Baptiste Noally Barthlemy Rechat Antoine Roussel Emile Thinet Germain Thinet Antoine Thiollire Jean Marie Vachez Etienne Vilvert Justin

    [La liste que donne l'abb Breuil diffre sensiblement de celle qui figure sur le monument de la commune. Elle comprend seulement 41 noms. Le monument communal porte 51 noms. 11 noms figurent seulement sur le monument civil :

    Namon Rmy (1914) Frry Jean (1915) Chtelard Jean (1917) Be Jean, (1917) Granger J. M., (1917) Bouchard Jean, (1918)

    Malcot C. (1918) Montet Emile (1919-20) Drutel Jean (1919-20) Metton Jean (1919-20) Bernard Joanns (1919-20)

    En revanche Rousset Emile qui figure sur la liste de l'abb Breuil n'apparat pas sur le monument de Moingt. Voir la liste complte du monument civil p. 95]

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    1 - Capitaine Hippolyte Laffay Cit l'ordre de l'arme

    Hippolyte Laffay, n Mcon, le 16 avril 1877, fils de Rmy Laffay et de Jeanne Louise Brun, poux de Jeanne Montaland. Neveu et hritier de Mme Farissier, il est un des principaux propritaires de Moingt. Il est donc bien un des ntres, d'ailleurs sa famille est originaire du Forez, des environs de Bon. Il tait aussi pour moi un paroissien dvou et bien gnreux pour les uvres.

    Sa carrire militaire. Hippolyte Laffay aprs de brillantes tudes aux Chartreux Lyon, et la rue des Postes Paris, entra Saint-Cyr. Il sortit de cette cole en septembre 1900 et fut nomm sous-lieutenant au 86e d'infanterie au Puy. Il passa lieutenant au mme rgiment le 1er octobre 1902. En 1908, comme il tait licenci en droit, il est envoy substitut au conseil de guerre de Clermont-Ferrand. Son mandat termin, il rejoint son rgiment mais, peu aprs, en 1911, il passe au 38e Saint-Etienne.

    C'est l que le dcret de mobilisation vint le trouver. Parti ds les premiers jours avec son rgiment, il est bless le 14 aot 1914 la bataille d'Ancerviller6, prs de Blamont (Meurthe-et- Moselle). Il avait reu une blessure assez grave la jambe, une autre blessure au bras, une forte contusion au ct, son tui-revolver avait t dchir par un clat d'obus.

    Nous l'avons vu pendant sa convalescence Rigaud, il tait impatient de repartir pour le front. Au mois d'octobre, non encore rtabli, il rejoint son dpt. Il est nomm capitaine ; mais comme l'tat de sa jambe lui interdit encore les marches, il reste quelque temps au 38e o il fait l'instruction des lves caporaux. Enfin le 2 fvrier 1915, il quitte, plein d'enthousiasme, le dpt de Saint-Etienne. Il rejoint avec sa compagnie le 92e bataillon de marche. Ce bataillon ayant t dissous, il est nomm au 87e d'infanterie.

    Au mois d'avril, M. Laffay est Verdun. Le 23 et le 24 de ce mois, le 67e et le 309e ont flchi aux Eparges7. Les Allemands avancent dans la direction de Mouilly8.

    Le 87e qui est Verdun est appel d'urgence. Il arrive le 25 avril au matin, 9 heures et entre en ligne de bataille. A une heure le capitaine Laffay tombe gravement bless. Il a une jambe fracasse. Son caporal-fourrier veut le transporter l'arrire, il refuse ; bien que ne pouvant tenir debout il continue d'encourager ses hommes marcher droit sur l'ennemi mais bientt il succombe sous une rafale de balles.

    Le colonel du 87e, annonant Mme Laffay l'hroque mort du capitaine, s'exprime en ces termes :

    Il est tomb au champ d'honneur, en conduisant sa compagnie l'assaut. Il est mort en hros sublime. Honneur sa mmoire ! Je l'ai pleur et je le pleure encore, car j'avais pour votre mari la plus grande estime et la plus profonde admiration.

    Le capitaine Hippolyte Laffay a t cit l'ordre de l'arme en ces termes :

    Le 25 avril a t bless grivement en entranant sa compagnie l'attaque des tranches allemande. A refus l'aide de quelques hommes qui s'taient ports son secours en leur disant : "Laissez-moi, mes enfants" et en rptant diverses reprises le cri : "En avant !" A t ensuite bless mortellement.

    6 Ancerviller : commune de Meurthe-et-Moselle, canton de Blamont, arrondissement de Lunville, 566 h. en 1891. 7 Les Eparges : commune de la Meuse, canton de Fresnes-sur-Wovre, arrondissement de Verdun, 228 h. en 1891. 8 Mouilly : commune de la Meuse, canton de Fresnes-en-Wovre ,arrondissement de Verdun, 609 h. en 1891.

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    Le 18 juin 1915, M. Baudot-Sirvanton capitaine au 14e gnie et qui se trouvait aussi dans le secteur de Verdun, m'crivait :

    Je n'ai appris qu'avant-hier la mort de M. Hippolyte Laffay. Comme le 87e tait au repos Sommedieue9 6,7 km d'ici, je m'y suis rendu hier soir. J'ai su que M. Laffay s'est conduit en hros cette belle action o les ennemis ont t repousss par son rgiment. Il tait la tte et en avant de sa compagnie, et fut bless prs du calvaire qui est 200 m droite au sud du village de Mouilly. Les balles traversrent ses jambes et sa poitrine. Son corps ne put tre ramen et reste malgr tout entre les lignes, o il est encore 40 m des Allemands et 20 m des Franais. Le colonel avait donn l'ordre de ne pas se retirer avant que tous les corps des officiers aient t ramens. On fit des efforts considrables, trois nuits conscutives ; plusieurs soldats volontaires trs dvous furent blesss ou tus, il fallut s'arrter Si le corps de M. Laffay avait t inhum, je me serais fait un devoir d'entretenir sa tombe et d'y dposer une couronne. C'tait un excellent officier et il tait trs aim de ses hommes

    Dans cet officier le 87e se distingua et arrta l'ennemi mais il eut 550 hommes mis hors de combat. Nos ennemis eurent aussi des pertes excessivement srieuses, d'autant plus qu'ils avaient gris leurs hommes avec de l'ther pour faire cette attaque. Ceux qui furent pris ne voulaient pas se rendre ni marcher, on dut en fusiller en masse, sur place, puisqu'ils refusaient de marcher tant prisonniers

    Quand l'ennemi fut oblig de reculer le corps de M. Laffay fut retrouv et inhum honorablement en attendant son transfert dans un tombeau de la famille.

    [Laffay Hippolyte Franois, n le 16 avril 1872 Mcon, classe 1897, capitaine au 87e rgiment d'infanterie, mort pour la France aux Eparges le 25 avril 1815, suite de blessures de guerre, acte transcrit le 8 dcembre 1915 Montbrison]10

    Mmento du capitaine Laffay

    [dossier Abb Breuil]

    9 Sommedieue : commune de la Meuse, canton et arrondissement de Verdun, 1 126 h. en 1891. 10 Fiche du ministre de la Dfense.

  • 12

    [Lettre du capitaine Philibert Baudot-Sirvanton11 au cur de Moingt, d'aprs l'original conserv dans le dossier de l'abb Breuil]

    [cachet du 14e bataillon territorial du Gnie, 3e compagnie]

    Par Verdun, le 18 juin 1915

    Cher Monsieur le Cur,

    Je vous remercie bien sincrement de votre trs aimable lettre. Je suis toujours en trs bonne sant, grce la saison et l'excellent air des bois. Nous sommes en effet depuis le 26 avril dans les forts avoisinant les Eparges, forts traverses par de nombreuses routes et sentiers et entre autres par une voie superbe de 29 km de longueur qui fut trace au XVIIIe sicle par Calonne qui fut ministre des finances sous Louis XV, je crois.

    Le 25, ma compagnie avait t envoye G. 15 km au nord-est de H. o nous tions rests un mois. Mais le soir mme, nous tions rappels vers H. pour faire d'importants ouvrages de dfense pour barrer la route l'ennemi que l'on craignait de voir faire une avance sur V

    Les Allemands par suite d'une surprise et de la faiblesse du 67e et du 303e s'taient en effet avancs de 9 km et pris quelques-uns de nos canons qu'ils endommageaient avec des pics dont les coups avaient t frapps sur les pas de vis de la culasse.

    Le 87e qui est un de nos meilleurs rgiments tait au repos V. Il fut aussi rappel le 25, et avec d'autres, repoussa l'ennemi en lui infligeant d'normes pertes. Nos canons furent repris. L'affaire se passait vers Mouilly. Le 87e se distingua mais perdit 550 hommes qui furent mis hors de combat. M. Hippolyte Laffay fut tu. Il tait capitaine de la 4e compagnie. Je n'ai su ce malheur qu'avant hier par une lettre de Madame Baudot-Sirvanton qui joignait son courrier le faire-part du Mmorial, lequel indiquait le rgiment. J'ai su immdiatement que le 87e tait au repos Sommedieue 6,7 km d'ici. Je m'y suis rendu hier soir. J'ai su que M. Laffay s'est conduit en hros cette belle action o les ennemis ont t repousss par son rgiment. Il tait la tte et en avant de sa compagnie, et fut bless prs du calvaire qui est 200 m droite (au sud) du village. Les balles traversrent ses jambes et sa poitrine. Son corps ne put tre ramen et reste malgr tout entre les lignes, o il est encore 40 m des Allemands et 20 m des Franais. Le colonel donna l'ordre de ne pas se retirer avant que tous les corps des officiers soient ramens. C'est ainsi que plusieurs soldats volontaires, trs dvous, furent blesss encore et tus, il fallut s'arrter. 11 Philibert Baudot-Sirvanton, habitant le clos Sainte-Eugnie Moingt reoit la croix de guerre en 1915.

    Journal de Montbrison du 18 dcembre 1915 :

    Croix de guerre Nous apprenons avec plaisir que l'un de nos compatriotes M. Baudot-Sirvanton, ingnieur Moingt, et membre

    de la socit de la Diana, vient d'obtenir la croix de guerre, avec la citation suivante l'Ordre de la 132e Division.

    M. Baudot-Sirvanton, capitaine commandant la Cie 14/3 T du Gnie,

    a montr de grandes qualits techniques dans l'tude et l'organisation de divers ouvrages de dfense ;

    a dirig, en premire ligne, depuis un an, dans des rgions tout particulirement exposes au feu de l'ennemi, l'excution d'un ensemble de travaux importants.

    Officier actif, nergique et dvou.

    Nous adressons M. Baudot, ingnieur civil des Mines, qui compte vingt ans de grade, comme officier, nos bien sincres flicitations.

  • 13

    Le 26 avril je vis les canons ramens et endommags. Je ne pensais pas qu'un de mes compatriotes tait tomb au champ d'honneur pour les sauver et pour refouler cette attaque allemande. Nos ennemis eurent aussi des pertes excessivement srieuses, d'autant plus qu'ils avaient gris leurs hommes avec de l'ther pour faire cette attaque. Ceux qui furent pris ne voulaient pas se rendre ni marcher, on dut en fusiller en masses, sur place, puisqu'ils refusaient de marcher tant prisonniers.

    Le 87e est un rgiment d'lite comme plusieurs de ma rgion. On me disait rcemment le cas d'une compagnie qui tait son 17e capitaine. C'est vous dire combien cette guerre est terrible.

    A la compagnie de M. Laffay le mme jour, il y eut 1 lieutenant tu, 1 adjudant tu, 1 lieutenant bless. Elle est commande actuellement par un lieutenant de 24 ans venant d'une autre compagnie.

    Si le corps de M. Laffay avait t inhum, je me serais fait un devoir d'entretenir sa tombe et d'y dposer une couronne. C'tait un excellent officier et il tait trs aim de ses hommes.

    Ma compagnie continue les travaux importants de dfense : tranches renforces avec pare-clats, abris pour tireurs contre les balles et les bombardements d'artillerie, abris pour mitrailleurs, grillages, rseaux de fils de fer barbels, centres de rsistance organiss etc. Les ennemis n'avanceront pas, on peut avoir confiance, mais cette guerre n'est en rien comparable avec celle de 1870-71. Pour vous en donner une ide, il y a eu 1870-71, Verdun 150 soldats inhums, tandis que depuis aot 1914, il y en a dj 29 fois plus. Il y en a, en effet 4 300 et ce chiffre n'est que pour Verdun. Il faudrait ajouter ceux des petits cimetires, soit 15 km la ronde. On arriverait certainement dpasser 5 000 contre 150.

    Je me recommande toujours vos prires. Nous en avons tant besoin. Mes hommes travaillent partie de jour dans le bois, partie de nuit dcouvert, de nuit pour ne pas tre vus ni reprs par les aviateurs.

    Veuillez agrer, je vous prie, cher Monsieur le Cur l'expression de mes sentiments les plus respectueux.

    Capitaine [Philibert] Baudot-Sirvanton.

    2 - Capitaine Jean-Marie Imbert Drutel Chevalier de la Lgion d'honneur

    [Drutel Imbert Jean Marie, mort pour la France le 10 aot 1919 l'hpital n 7, Paris 14e, suite de blessures de guerre, acte transcrit Clomot, Cte-d'Or]12

    N Moingt le 18 mars 1875, fils de Jean-Marie Drutel et de Marie Poyet, propritaires au bourg de Moingt. Il appartenait une famille modeste et nombreuse dont tous les enfants ont su se crer une situation honorable. Lui-mme, jeune homme intelligent et srieux, il aurait pu se faire une honnte position dans le monde du travail mais il a un autre idal de la vie, il choisit la carrire militaire.

    12 Fiche du ministre de la Dfense.

  • 14

    A l'ge de 19 ans, en 1894, il s'engagea au 159e rgiment d'infanterie Brianon. Aprs 2 ans de service, il entre l'cole militaire de Saint-Maixent o sont admis les sous-officiers d'infanterie jugs susceptibles d'tre nomms sous-lieutenants. A la sortie de cette cole, il est nomm sous-lieutenant au 56e d'infanterie Chalon-sur-Sane. Deux ans aprs il est promu lieutenant au mme rgiment. En juin 1914, il est nomm capitaine, au choix, au 170e rgiment d'infanterie Epinal.

    Le vendredi 31 juillet, la guerre n'est pas encore dclare mais elle est invitable. En moins de 3 heures la mobilisation est faite Epinal, et le capitaine Drutel part avec sa compagnie pour le fort de Longchamp, 9 km de cette ville.

    Vers la fin aot, il est en Alsace. L quelques escarmouches mais point d'action importante.

    En octobre, son rgiment part pour l'Aisne. On forme une division volante ; son rgiment, le 170e, est alors divis, on forme le 174e compos en partie de Marocains. Il reste capitaine ce nouveau rgiment. Sur ce nouveau thtre de la guerre il n'y a pas encore lieu combattre.

    Mais, en fvrier 1915, il est en Champagne o la campagne devient trs dure. Le 17 mars, il est bless Menil13. Une balle effleure l'il gauche, traverse le nez et emporte l'il droit.

    Il est vacu Chalon-sur-Marne, o il ne fait que passer. Il est transfr l'hpital des Quinze-Vingts Paris o il reste presque deux mois en traitement.

    En mai 1915, il est envoy dans le Midi, en convalescence, au mont des Oiseaux prs d'Hyres. Au commencement de juillet, on lui donne un cong de convalescence de 2 mois. Il revient Moingt. Et le 14 juillet, Montbrison, il est dcor de la croix de guerre avec palme et toile, et de la Lgion d'honneur.

    Au mois de septembre, bien que non encore rtabli, il insiste pour repartir. Au commencement d'octobre 1915, il rejoint son dpt d'Epinal mais sa carrire de combattant est finie. Son tat de sant ne lui permet plus de retourner au front. On l'emploie l'arrire pour d'autres fonctions importantes. D'octobre 1915 octobre 1917, il reste Epinal o il dirige l'instruction des jeunes classes 1916-1917.

    D'octobre 1917 juin 1918 il est capitaine instructeur l'cole militaire de Saint-Cyr. L sa blessure non encore gurie s'envenime, il tombe malade ; il entre au Val-de-Grce o il subit une nouvelle opration. Pendant tout l't il est convalescent, il habite tantt Saint-Cyr tantt la Bourgogne, le pays de son pouse. C'est en Bourgogne que lui parvient la nouvelle de l'Armistice. Cette nouvelle le comble de joie, mais sa joie se mle le regret de n'tre plus la tte de sa compagnie pour entrer en Allemagne.

    A Pques 1919, son tat semble bien amlior. Il entre au Val-de-Grce pour subir un dernier pansement, se faire mettre un il factice.

    En mme temps il est dtach de Saint-Cyr pour tre attach la direction de l'Intendance Paris. Il passe les examens requis et finalement le jeudi 7 aot il est reu Mais hlas le surlendemain une crise grave se dclare. On le porte l'hpital Saint-Joseph o il expire presque subitement le 10 aot 1919.

    Il n'est pas tomb au champ d'honneur, il est cependant mort pour la France puisqu'il est mort des suites d'une blessure et de maladie contractes au front.

    13 Il y a deux villages nomms Mnil :

    Mnil-Annelles : commune des Ardennes, canton de Juniville, arrondissement de Rethel, 265 h. en 1891.

    Mnil-Lepinois : commune des Ardennes, canton de Juniville, arrondissement de Rethel, 185 h. en 1891.

  • 15

    [Carte de l'pouse du capitaine Drutel adresse au cur de Moingt]

    Saint-Romain le 20 dcembre

    Monsieur le Cur,

    Je n'ai pas pu rechercher encore le carnet de guerre de mon mari, le capitaine Drutel. Je vous adresse sa citation l'ordre de l'arme :

    Trs bon capitaine, a fait preuve le 15 mars [1915] de beaucoup de courage, en prenant une tranche ennemie la tte de sa compagnie, a reu une blessure qui lui a occasionn la perte de l'il droit.

    Veuillez agrer, Monsieur le Cur, l'expression de mes profonds sentiments de respect.

    Mme M. Drutel

    3 - Sous-lieutenant Jean Faverjon Sous-lieutenant mitrailleur au 411e d'infanterie

    dcor de la croix de guerre avec palme de la mdaille militaire de la Lgion d'honneur

    de la fourragre, 6 citations.

    [Favergeon (et non Faverjon) Jean, n Mornant, Rhne (l'abb Breuil dit : Mornand, Loire) le 26 octobre 1896, classe 1916, sous-lieutenant au 411e rgiment d'infanterie, mort pour la France le 14 novembre 1918 aux hpitaux 10-11 Chartres (Eure-et-Loir), blessure par balle, extrait adress la mairie de Moingt le 19 novembre 1918]14

    N Mornand le 25 octobre 1896, fils de Victor Faverjon et de Maria Lyonnet, propritaires Moingt, route de Saint-Anthme.

    Il tait le fils an d'une famille de cultivateurs ; et il semblait destin suivre la mme profession. Je l'ai connu bien jeune ; si au catchisme la rcitation laissait parfois dsirer, il tait cependant un des enfants les plus intelligents. Jeune homme, il fut le modle des fils : aimable et respectueux envers ses parents, ardent au travail et d'une conduite irrprochable. Il tait aim et estim de tout le monde. Il consacrait tous ses moments de loisir des lectures srieuses. Par ses lectures et ses prdispositions naturelles, il s'tait fait de la vie un idal suprieur l'idal des jeunes gens de son ge et de sa condition. La guerre devait faire clater tout ce qu'il y avait dans cette me de droiture, de gnrosit et de patriotisme.

    A la dclaration de guerre, il n'avait que 18 ans. Le 8 septembre il s'engage au 118e rgiment d'infanterie Quimper et le 20 octobre il est nomm caporal. Le 8 mars 1915 il est vers au 421e rgiment d'infanterie, rgiment de formation qui sera dsormais le rgiment o il va combattre.

    Ses campagnes. - Le 11 avril 1915 il part pour la zone des combats. Il dbute en Champagne o, peu aprs, le 25 mai, il est nomm sergent. Le 25 septembre, dans une reconnaissance, il est bless d'un coup de crosse. Comme la blessure n'est pas grave, il refuse de se laisser vacuer. Aprs quelques jours de repos, il retourne son poste. 14 Fiche du ministre de la Dfense.

  • 16

    Le 26 janvier 1916, il mrite sa 1re citation que voici :

    Sous-officier trs brave, toujours volontaire depuis la formation du rgiment pour les missions prilleuses. Belle conduite au cours des vnements des 9, 10 et 11 janvier 1916.

    Le 1er avril 1916 il est encore bless au genou par un clat d'obus. Il refuse encore d'tre vacu et il est assez rtabli le 27 avril pour passer avec son rgiment dans le secteur de Verdun.

    Dans l'Oise secteur de Verdun

    Il reste dans ce secteur du 27 avril 1916 au 28 octobre 1917.

    Le 4 aot 1916, il mrite sa 2e citation :

    Citation l'ordre de la brigade

    Excellent chef de section de mitrailleuses, a fait preuve pendant son sjour aux tranches d'une bravoure et d'une dcision remarquables, notamment le 8 juin lors d'une attaque, la tranche tant bouleverse n'a pas hsit placer sa section en avant de la 1re ligne, a arrt net par son feu une attaque la grenade.

    Cette citation comportait la croix de guerre.

    Le 8 octobre 1916 il est nomm adjudant.

    Le 10 septembre 1917, il mrite sa 3e citation.

    Citation l'ordre de l'arme :

    A l'attaque du 20 aot 1917 l'adjudant Jean Faverjon a brillamment entran sa section et, malgr les pertes, a russi amener sur la position assigne son matriel et ses munitions ; par une mise en batterie trs rapide a enray toute tentative de contre-attaque.

    Le 17 septembre 1917 il est encore bless dans une reconnaissance volontaire et prilleuse. Comme la blessure n'est pas trs grosse, il refuse encore d'tre vacu

    Comme ce rgiment avait t prouv par 17 mois de combats dans le secteur de Verdun, il est envoy le 27 octobre 1917 dans le secteur d'Alsace-Lorraine o la campagne sera moins dure.

    Secteur d'Alsace-Lorraine (28 octobre 1917-19 juin 1918)

    Sur ce nouveau thtre de la guerre l'adjudant Jean Faverjon reoit le 7 juin 1918 la mdaille militaire avec la 4e citation suivante :

    Vaillant sous-officier d'une bravoure magnifique, volontaire pour toutes les oprations difficiles et dangereuses. Au cours d'une reconnaissance a dcid de la capture de quatre Allemands par son audace et son intrpidit dans une manuvre dlicate. Une blessure, quatre citations.

    Mais les Allemands ont avanc du ct de Chteau-Thierry, il faut les arrter et la grande offensive se prpare. Le 411e rgiment est envoy dans l'Oise du 19 juin 1918 au 20 septembre 1918.

    Le 26 juin l'adjudant Faverjon est nomm sous-lieutenant.

    A Saint-Quentin

    Les Allemands reculent. Le 20 septembre le sous-lieutenant Faverjon est dans la rgion de Saint-Quentin. Le 17 octobre il est cit une 5e fois l'ordre de l'arme :

    Jeune officier, engag volontaire depuis le 1er trimestre de 1914, a toujours dans son pass et prsent fait preuve d'une haute bravoure au cours des oprations, particulirement en dernier lieu au cours des oprations de Saint-Quentin l'attaque du 27 septembre.

  • 17

    Mais hlas le mme jour o paraissait cette citation le 14 octobre 1918 le sous-lieutenant Faverjon est gravement bless ; il a la cuisse droite brise par une balle explosive. Il est transport l'ambulance 2/13 secteur 234, o on lui fait un premier pansement ; on extrait des clats de la balle et des esquilles d'os, et on l'vacue l'hpital de Chartres (Eure-et-Loir). Cette blessure infecte par les gaz s'envenime et l'amputation de la jambe est juge ncessaire. Vu la gravit de son tat, la famille est prvenue. Son pre va le voir ; il le trouve toujours bien courageux, toujours anim des sentiments les plus affectueux pour sa famille et bien chrtiens. Le 14 novembre 1918, l'opration a lieu, et le soir du mme jour ce brave jeune homme expire. Son frre Claudius, soldat au 263e d'artillerie, accourt aussi pour le voir, mais hlas ! il arrive trop tard.

    Les funrailles eurent lieu Moingt, le 20 novembre 1918. L'assistance fut trs nombreuse, on peut dire que toutes les familles de la paroisse taient reprsentes. Cinq officiers, 30 soldats rendaient les honneurs militaires. Il a t inhum dans le caveau de la famille de M. Verney Jean.

    Nous avons signal 5 citations l'actif de ce jeune hros. Il en est une autre sinon deux qui n'ont pas t signales au Bureau de l'effectif. Il nous en avait parl, mais nous ne nous rappelons plus au juste quelle date et en quelles circonstances elles furent mrites.

    Pour complter toutes ces belles citations, aprs sa mort, le sous-lieutenant Faverjon a t nomm dans l'ordre de la Lgion d'honneur, au grade de chevalier. Voici cette nomination :

    16 dcembre 1918. Jean Faverjon sous-lieutenant la 2e compagnie de mitrailleuses du 411e d'infanterie a t nomm dans l'ordre de la Lgion d'honneur, au grade de chevalier ; officier d'une haute valeur morale dont la vaillance et l'ardeur au combat sont lgendaires au rgiment ; engag volontaire pour la dure de la guerre s'est toujours distingu dans les combats auxquels il a pris part, a t grivement bless, le 17 octobre 1918 en se portant l'attaque de positions prement dfendues par l'ennemi ; amput de la cuisse droite ; mdaille militaire pour fait de guerre. 6 citations.

    Pour prendre rang du 18 novembre 1918.

    Le marchal de France

    commandant en chef des armes franaises de l'Est

    Ptain

    Toutes les citations susdites signalent la bravoure de notre hros. Il ne tirait cependant aucune gloire de ses hauts faits. Il vitait d'en parler ; il fallait le forcer parler, alors, il tait vraiment intressant. Comme je lui disais un jour : "Sois courageux mais ne soit pas tmraire", il me rpondit : "Je ne fais que mon devoir d'ailleurs les Boches n'ont pas encore fabriqu le boulet qui doit m'emporter".

    Il tait aussi trs aim de ses soldats et il le mritait. Plus d'une fois, aux tranches, par des nuits glaciales, faisant, comme sous-officier, sa ronde de surveillance, il a remplac un soldat de garde grelottant de froid. Nous le savons, non par lui-mme mais par ses camarades.

    Le moral tait aussi chez lui trs lev ; jamais il n'a dout de la victoire. Lors de sa dernire permission, quelques semaines avant sa mort, il me disait encore : C'est sr, nous les aurons et bientt mais il y aura de la casse Il me dit ces dernires paroles avec un air de tristesse. Avait-il un pressentiment de sa fin prochaine ?

    Tel fut le sous-lieutenant Faverjon que nous regrettons amrement. Il fait la gloire de Moingt, nous conserverons donc tous fidlement son souvenir.

  • 18

    Faire-part pour les funrailles de Jean Faverjon

    [dossier Abb Breuil]

    4 - Sous-lieutenant Louis Rouvet

    Sous-lieutenant au 16e rgiment d'infanterie, 7e compagnie dcor de la croix de guerre avec toile d'argent

    cit l'ordre de la division chevalier de la Lgion d'honneur (dcoration posthume)

    [Rouvet Louis, n le 19 aot 1880 Issoire, classe 1900, sous-lieutenant au 16e rgiment d'infanterie, mort pour la France le 9 septembre 1914 Xaffeviller (Vosges), tu l'ennemi, acte transcrit le 6 novembre 1915 Moingt]15

    15 Fiche du ministre de la Dfense.

  • 19

    Il tait n Issoire (Puy-de-Dme) le 19 aot 1880. Il tait fils de Jean Rouvet et de Marie Montel. Nous le considrons comme un des ntres car il a habit Moingt ; il tait l'poux d'Emilie Schmitt, institutrice Moingt qui, par son dvouement, a acquis parmi nous droit de cit et gagn bien des sympathies.

    Avant la guerre, Louis Rouvet tait sous-officier au 16e rgiment d'infanterie, en garnison Montbrison : sergent en 1904, sergent fourrier en 1907, sergent major en 1912, adjudant en avril 1913.

    Le 1er aot, vers les 4 heures du soir (samedi) arrive l'ordre de mobilisation.

    Les 2, 3, 4, 5 et 6 aot le 16e rgiment se rassemble et se mobilise Montbrison, sige de son dpart. Ds le lundi matin, 3 aot, plus de 800 soldats arrivent Moingt. Le commandant Hertz est log la cure (voir article le 16e rgiment d'infanterie).

    Le jeudi, 6 aot, est le jour du dpart. A 10 h , tous les soldats sont quips et sur les rangs ; toute la population est sur la route pour leur faire escorte. En gare, les trains sont prts, on enguirlande les wagons de fleurs Les adieux se font rapidement avec une motion contenue. Si les inquitudes sont grandes, l'enthousiasme est bien grand aussi.

    Voici d'aprs une lettre de Madame Rouvet quels taient en ce moment les beaux et nobles sentiments de son mari :

    Il est parti plein de courage et de bravoure, ne faisant pas connatre la peine qu'il ressentait de laisser sa fille et sa femme. "Les enfants trouveront plus tard ce que nous aurons fait pour eux, disait-il. C'est dur de partir mais il faut faire son devoir Si je meurs, me disait-il, sache que ce ne sera pas derrire mes soldats ; tu pourras lever la tte et tre fire de ton Louis". Au moment de partir de la maison, il me dit : "C'est l'heure de vous quitter, je suis soldat, il ne faut plus songer qu'au devoir remplir. Adieu ! Soigne bien la petite, soignez-vous bien toutes deux Je reviendrai !"

    A midi, 1 h et 3 h, nous voyons dfiler les trois trains qui emportaient nos soldats la frontire.

    Le lendemain, vendredi soir, 7 aot, le rgiment arrive Harol (Vosges) o il cantonne pendant 3 jours.

    [Le sous-lieutenant Rouvet participe la campagne de Lorraine avec le 16e rgiment d'infanterie du 7 aot au 9 septembre 1914, voir les notes sur le 16e rgiment d'infanterie.]

    Le 1er septembre 1914, l'adjudant Rouvet est nomm sous-lieutenant. Le lendemain, il crivait Mme Rouvet : Je suis nomm sous-lieutenant la 7e compagnie, je pense que cela te fera plaisir et que tu seras contente de ton Louis qui a gagn ses galons sur un champ de bataille. Je serai plus tranquille maintenant, tu auras une pension en cas de dcs, mais j'espre bien te revenir Je le dis bien vite

    Le 9 septembre, combat de Doncires et du bois de la Horne.

    Voici d'aprs les documents que nous possdons le rcit de cette affaire. Le 9 septembre, 1 h du matin le rgiment part pour attaquer l'ennemi cantonn aux bois de la Horne, au nord de Doncires. Les bataillons sont chelonns les uns derrire les autres en vue d'une action prolonge. La fusillade commence 4 heures du matin, elle est trs vive du ct des Boches qui avaient dj des tranches o on ne les voyait pas. Les obus ne tardent pas tomber. C'est par un clat d'un de ces obus que fut bless le sergent Claude Solle de Moingt. Malgr tout le rgiment avance toujours, et dpasse Doncires. Le 2e bataillon, sous les ordres du capitaine Gay

  • 20

    (capitaine depuis 5 jours) prend pied dans le bois de la Horne mais, il se trouve en pointe par rapport ses voisins, il est oblig de s'arrter.

    C'est dans cette bataille qu'est tomb le sous-lieutenant Rouvet. Il est tomb l'attaque du bois de la Horne prs de Xaffvillers, mais non Xaffvillers, comme on l'avait d'abord [cru]16. Et il est tomb en hros. Les documents qui suivent prouvent notre assertion.

    Extraits de lettres :

    Le capitaine Bellorge du 16e, bless lui aussi dans cette affaire, crivit Mme Rouvet : Le sous-lieutenant Rouvet est mort en hros, face l'ennemi, de la jolie mort d'un soldat. Je suis heureux et fier d'avoir eu un pareil soldat sous mes ordres Il tait toujours gai et plein d'entrain Il ajoutait : J'ai pleur quand j'ai vu que le rgiment tait oblig de partir, que j'tais oblig de laisser votre mari sans avoir pu lui prendre quelque chose pour vous le faire parvenir

    Dans une autre lettre, le mme capitaine disait : Pendant toute la campagne de Lorraine, Rouvet a fait sous mes yeux plus que son devoir. Si grande que soit votre douleur, votre fiert, Madame, peut tre plus grande encore. Votre mari est mort comme il a combattu en hros. Payant de sa personne sans compter, il n'a cess de donner ses hommes le plus bel exemple du mpris du danger, jusqu'au jour enfin, o bless une premire fois, il s'est fait tuer pour avoir voulu assurer jusqu'au bout et malgr tout le commandement de ma vaillante 7e compagnie.

    Citation l'ordre de la division :

    Officier d'une grande bravoure, s'est distingu particulirement, le 9 septembre 1914 au bois de la Horne, en prenant spontanment le commandement d'une compagnie prive de ses officiers tus ou blesss, et maintenant sous un feu violent le terrain gagn. Bless une premire fois, a gard son commandement, et peu aprs a t tu d'une balle en plein front.

    Sign Blanchard, chef de bataillon

    Cette citation comporte la croix de guerre avec toile d'argent.

    16 La fiche du ministre de la Dfense indique "tu l'ennemi Xaffvillers (Vosges)".

  • 21

    Lgion d'honneur :

    Dans une lettre du 11 novembre 1914, Mme Rouvet nous disait : On parle de lui faire avoir la croix de la Lgion d'honneur ; mais je n'ai plus rien su.

    Or, dans les journaux de 29 du mme mois nous lisons : Le sous-lieutenant Rouvet a t inscrit au tableau spcial de la Lgion d'honneur pour le grade de chevalier (dcoration posthume).

    *

    * *

    C'est une consolation pour les siens de savoir que sa tombe n'est pas ignore et perdue. Il a t inhum prs du lieu o il est tomb, sur le flanc d'un coteau, au milieu de ses soldats prs de 300 dit-on ?

    Une autre statistique que nous avons concernant ce rgiment donne seulement comme tus l'ennemi du 21 aot au 10 septembre :

    Officiers : MM. Ferdinand, capitaine ; Miraillet Etienne : id. ; . Alphonse : lieutenant ; Rouvet Louis : sous-lieutenant ; Sous-officiers : 11 ; soldats : 255.

    [Le Montbrisonnais du 7 novembre 1914]

    [carte adresse par Mme Rouvet l'abb Breuil, verso]

    Roanne le 5/11/18 Monsieur le cur de Moingt,

    J'ai l'honneur de vous crire pour vous demander, s'il vous plat, un acte de baptme de ma fillette Lucette baptise en 1911 au mois de mars ou avril, on lui rclame cet acte pour le catchisme. Elle a beaucoup de got pour l'apprendre et a de bonnes notes. Ci-joint 5 F pour l'abonnement d'un an pour mon mari au ncrologe. J'espre que vous tes, Monsieur le cur en bonne sant. Recevez, Monsieur le cur, mes plus vifs remerciements et mes vux de bonne sant. Bien respectueusement vous. E. Rouvet

    Roanne, 13, place des Promenades.

  • 22

    [carte adresse par Mme Rouvet l'abb Breuil] Roanne le 30 mai 1919

    Monsieur le Cur, Je m'empresse de vous donner les renseignements demands par votre carte de ce matin. Mon mari tait n Issoire le 19 aot 1880 et est tomb Xaffevillers le 9 septembre 1914. Je serai heureuse de voir le nom de mon pauvre Louis inscrit sur la pierre de votre beau monument. Je vous flicite de votre bonne inspiration Bonne sant, Monsieur le Cur, ne m'oubliez pas dans vos prires ainsi que Lucette. Merci et respectueux sentiments. Emilie Rouvet

    Sous-officiers et soldats

    Les deux fils Arthaud :

    1 - Jean Arthaud

    N Saint-Bonnet-le-Courreau en 1878, fils de Jacques Guillaume Arthaud et de Agathe Alligier, rsidant et dcds Moingt ; poux de Louise Chapot (mari en 1900).

    Il fit son service Saint-Etienne au 16e rgiment d'infanterie.

    Mobilis le 2 aot 1914, il va rejoindre son rgiment, le 16e d'infanterie Saint-Etienne. Vers la mi-septembre il est vers au 216e rgiment et part pour le front pour renforcer le 216e dcim la bataille de la Marne. L il apprend la mort de son frre, du 216e rgiment, tomb Confrecourt le 20 septembre 1914.

    En 1915 il est vers au 158e rgiment. Il est fait prisonnier en juin la bataille de la Maisonnette.

    Mort en Allemagne le 9 novembre 1918 Iserbahn (Westphalie) ; atteint de la grippe le 1er novembre. En captivit : jardinier dans une grosse ferme.

    [Arthaud Jean-Marie, n le 16 janvier 1878, classe 1898, 2e classe au 362e rgiment d'infanterie, mort pour la France le 9 novembre 1918 au lazaret de Iserbahn (Allemagne) des suites de maladie contracte en captivit, acte transmis Moingt le 20 aot 1920]17

    2 - Sergent Jean Marie Arthaud

    N Saint-Bonnet-le-Courreau en 1880, fils de Jacques Guillaume Arthaud et de Agathe Alligier, rsidant et dcds Moingt.

    Il avait fait son service Riom au 162e rgiment d'infanterie. Caporal clairon.

    17 Fiche du ministre de la Dfense.

  • 23

    Mobilis le 2 aot 1914 au 216e avec son grade. Il part au front le 10 septembre 1914. Cit et nomm sergent le 19 septembre. Tomb Confrecourt le 20 septembre. Dcd le 27 septembre.

    [Arthaud Jean-Marie, n le 31 dcembre 1880 Saint-Bonnet-le-Courreau, classe 1900, caporal 216e rgiment d'infanterie, mort pour la France Confrecourt (Aisne), tu l'ennemi, acte transcrit le 29 juin 1915 Moingt]18

    3 - Jean-Marie Bardon dit Joanns

    N Moingt le 11 fvrier 1884, fils de Jean Bardon et de Catherine Verdier. Soldat de 2e classe au 216e rgiment d'infanterie. Tomb Confrecourt (Aisne) le 6 octobre 1914.

    [Bardon Jean Marie, classe 1904, tu l'ennemi, jugement rendu le 20 juillet 1917 par le tribunal de Montbrison, transmis Moingt le 10 octobre 1917]19

    4 - Jean-Baptiste Bal dit Henri

    N Saint-Anthme en 1885, fils de Joseph Bal et de Jeanne Marie Chautard, mari le 15 aot 1909 avec Josphine Virginie Rimbaud.

    Il avait fait son service militaire au 8e rgiment de dragons Lunville. A la mobilisation il va rejoindre le 14e dragons Saint-Etienne et part pour le camp de Chalons. Il est ensuite vers au 12e et au 52e bataillon de chasseurs alpins. Il fait la campagne d'Italie. Le 52e chasseurs est envoy sur l'Aisne.

    Le 7 juillet 1918, il est gravement bless au lieu-dit Montmafroid prs de Chteau-Thierry (Aisne) et aussitt vacu l'ambulance de Le Gir, commune de Congis, prs de Lezy-sur-Ourq (Seine-et-Marne).

    Il meurt le lendemain cette ambulance. Sa veuve l'a fait ramener Moingt o il avait t lev et il a t inhum dans le caveau o reposent ses parents. A l'occasion de ce transfert un office religieux a t clbr le 12 juin 1921 (assistance nombreuse et sympathique).

    [Bal Jean-Baptiste, n le 14 septembre 1885 Saint-Anthme, classe 1905, chasseur au 52e bataillon de chasseurs pied, mort le 8 juillet 1918 l'ambulance 6-17 de blessures de guerre, acte transcrit le 7 novembre 1918 Sury-le-Comtal]20

    5 - Sergent Adrien Beaufort

    N Moingt le 2 novembre 1893, fils de Pierre Beaufort, tonnelier, et de Cline Lachat ; l'poque de la mobilisation instituteur Saint-Julien-d'Odde.

    Sergent au 416e rgiment d'infanterie, dcor de la croix de guerre, 2 citations et mdaille militaire. Tomb le 29 avril 1918 au mont Kemmel [Belgique].

    18 Fiche du ministre de la Dfense. 19 Fiche du ministre de la Dfense. 20 Fiche du ministre de la Dfense.

  • 24

    [Beaufort Adrien Marius, n Moingt le 24 novembre 1893, classe 1913, tu l'ennemi, acte transcrit le 14 dcembre 1918 Moingt]21

    [Rappel du souvenir du sergent Beaufort : invitation au service de Quarantaine clbr pour sa sur Marie Beaufort le 9 janvier 1919, dossier de l'abb Breuil]

    21 Fiche du ministre de la Dfense.

  • 25

    6 - Adjudant Marius Berger

    N Moingt le 22 novembre 1882, fils de Jean Marie Berger et de Marguerite Viallette. Engag en 1914 la dclaration de guerre, sergent au 16e d'infanterie Montbrison.

    Tu le 20 aot sur le plateau de Schneckenbusch vers les 5 heures.

    [Berger Marius, n le 21 novembre 1882, classe 1902, mort pour la France le 3 septembre 1914 l'hpital de Karlsruhe (Allemagne) des suites de blessures de guerre, acte transcrit le 10 juin 1917 Clermont-Ferrand (Puy-de-Dme)]22

    7 - Caporal Pierre Marius Berger N Moingt le 4 janvier 1889, fils de Jean Marie Berger et de Marguerite Viallette. [Berger Pierre Marius, classe 1909, caporal au 26e rgiment d'infanterie, mort pour la France le 1er juillet 1917 Beaumont23 (Meurthe-en-Moselle), tu l'ennemi, acte transcrit le 21 septembre 1917 Saint-Genest-Lerpt (Loire)]24

    8 - Jean Besson

    N Moingt le 14 dcembre 1894, fils de Franois Besson et de Benote Monzy. Parti en dcembre 1914. Montpellier : 5 mois ; bless dans la Somme ; 152e rgiment d'infanterie.

    Tomb le 24 juillet 1917 au Chemin des Dames (?)

    [Besson Jean, classe 1914, mort pour la France le 24 juillet 1917 Vauclerc25 (Aisne), tu l'ennemi, jugement rendu le 5 octobre 1921 par le tribunal de Montbrison, transmis Moingt le 12 dcembre 1921]26

    9 - Jean Biton Dupernin

    N ; poux de Franoise Dupernin ; gendre de Jean-Baptiste Dupernin, cantonnier, et de Anne Jacquet rsidant Moingt.

    [Bitton Jean-Marie Bienvenu, n le 29 juin 1886 Saint-Bonnet-le-Courreau, classe 1906, caporal au 216e rgiment d'infanterie, dcd des suites de ses blessures, acte transcrit le 5 avril 1916 Lyon, 1er arrondissement, (Rhne)]

    22 Fiche du ministre de la Dfense. 23 Beaumont : village de Meurthe-et-Moselle, canton de Domvre-en-Haye, arrondissement de Toul, 137 h. en 1891. 24 Fiche du ministre de la Dfense. 25 Vauclerc-et-la-Valle-Foulon : village de l'Aisne, canton de Craonne , arrondissement de Laon, 63 h. en 1891. 26 Fiche du ministre de la Dfense.

  • 26

    Avis de dcs

    Les familles BITTON, DUPERNIN, ROUFFAUX, BAROUX, SEMET et DUIVON, ont la douleur de vous faire part de la perte cruelle qu'elles viennent d'prouver en la personne de

    Monsieur Jean BITTON

    Caporal au 216e Rgiment d'Infanterie

    Bless mortellement le 7 septembre 1914 et dcd le mme jour Fosse-Martin, l'ambulance n 6 du 7e corps d'arme des suites de sa blessure reue au Champ d'honneur l'ge de 28 ans.

    Et prient leurs amis et connaissances de vouloir bien assister la messe qui sera clbre pour le repos de son me le mardi 13 octobre, 8 heures du matin, en l'glise de Moingt.

    [Journal de Montbrison du 10 octobre 1914]

    10 - Jean Antoine Dumay dit Antonin

    N Moingt le 6 septembre 1886, fils de Martin Dumay et de Catherine Perache, mari Saint-Etienne en 1911 avec Anne Dumas.

    [Dumay Jean Antoine, n Moingt le 4 septembre 1886, classe 1906, 3e rgiment de chasseurs, mort pour la France le 19 septembre 1914 Pontoise27 (Oise), tu l'ennemi, jugement rendu le 18 dcembre 1919 par le tribunal de Saint-Etienne, transmis le 22 janvier 1920 Saint-Etienne]28

    11 - Jean Dupr

    N Moingt le 23 novembre 1888, fils de Louis Dupr et de Eugnie Dussapt ; tomb le 25 septembre 1914 Fresnires (Oise) entre Compigne et Lassigny ( 5 km).

    [Dupr Jean, classe 1908, 2e classe au 16e rgiment d'infanterie, mort pour la France le 25 septembre 1914 Canny-sur-Matz29 (Oise), tu l'ennemi, jugement rendu le 5 avril 1919 par le tribunal de Montbrison, transmis le 30 juin 1919 Moingt]30

    27 Pontoise : village de l'Oise, canton de Noyon , arrondissement de Compigne, 322 h. en 1891. 28 Fiche du ministre de la Dfense. 29 Canny-sur-Matz : village de l'Oise, canton de Lassigny , arrondissement de Compigne, 364 h. en 1891. 30 Fiche du ministre de la Dfense

  • 27

    Avis de dcs

    Madame veuve BAYLE-DUSSAPT ;

    Mademoiselle Jeanne DUPRE ; Mlles Marie et Maria DUPRE ;

    Messieurs Joanns et Louis BAYLE Les familles DUPRE, DUSSAPT, MARTIN, BESSON et BRIANT

    Ont la douleur de vous faire part de la perte cruelle

    qu'ils viennent d'prouver en la personne de

    Monsieur Jean DUPRE

    Soldat au 16e Rgiment d'Infanterie,

    mort au Champ d'honneur le 25 septembre 1914, dans sa 26e anne,

    leur fils, frre, neveu et cousin.

    Et vous prient de bien vouloir assister au Service Religieux qui sera clbr pour le repos de son me le mardi 1er juin 1915, 9 heures du matin, en l'glise de Moingt.

    Il ne sera pas envoy de lettres de faire-part.

    [Journal de Montbrison]

    [Le Montbrisonnais du 29 mai 1915]

    Les trois fils Epinat :

    12 - Jean Epinat

    Fils de Michel Epinat et de Marie Rousset n Moingt (Bruchet) le 20 janvier 1883, mari

    en 1909 avec Marie-Louise Bouchet ; 16e rgiment d'infanterie.

    Tomb Chattancourt (Meuse) prs de la ferme la Claire et Bois Bourru, arrondissement de Verdun, canton de Charny le 10 mars 1916 ; tu par un obus. Dtach dans une compagnie

  • 28

    auxiliaire de gnie, donc trs l'arrire pendant que son rgiment combattait sur les pentes du mont Homme, 2 ou 3 km en avant ; 29 tus par l'obus.

    [Epinat Jean, sapeur mineur, classe 1903, 4e rgiment du gnie, mort pour la France le 10 mars 1916 Germonville31 (Meuse), tu l'ennemi, acte transcrit Moingt le 13 juillet 1916]32

    13 - Pierre Epinat

    N Moingt, le Bruchet le 4 aot 1886.

    [Epinat Pierre, n Moingt le 28 juillet 1914, classe 1906, soldat de 2e classe au 216e rgiment d'infanterie, mort pour la France le 8 octobre 1914 au Plateau de Mouroy Vingr (Aisne), tu l'ennemi, jugement rendu le 16 octobre 1920, transcrit le 30 dcembre 1920 Moingt]33

    14 - Marius Jean-Baptiste Epinat

    N Moingt, le Bruchet, le 5 octobre 1891.

    [Epinat Jean, classe 1911, 2e classe, 23e rgiment d'infanterie, mort pour la France le 2 aot 1916 Curlu34 (Somme), tu, acte transcrit le 8 novembre 1916 Moingt]35

    15 - Antoine Faure

    N Moingt le 25 janvier 1892, fils de Mathieu Faure et de Claudine Faucon ; tomb Barrenhopf (Alsace) le 20 juillet 1915.

    [Faure Antoine, n Moingt le 15 fvrier 1892, classe 1912, 2e classe, 22e bataillon de chasseurs pied, mort pour la France, tu l'ennemi, acte transcrit le 19 janvier 1917]36

    31 Germonville : village de Meurthe-et-Moselle (en non de la Meuse), canton de Harou, arrondissement de Nancy, 170 h. en 1891. 32 Fiche du ministre de la Dfense. 33 Fiche du ministre de la Dfense. 34 Curlu : village de la Somme, canton de Combles, arrondissement de Pronne, 352 h. en 1891. 35 Fiche du ministre de la Dfense. 36 Fiche du ministre de la Dfense.

  • 29

    Monsieur et Madame Mathieu FAURE ;

    Mademoiselle Pierrette FAURE ; Mademoiselle Marie FAURE ;

    Monsieur Antonin FAURE ; Mademoiselle Antonia FAURE ;

    Madame Veuve FAURE, ses enfants et petits-enfants ; Madame Veuve FAUCON, ses enfants et petits enfants ;

    Les familles FAURE, FAUCON, MAISONNEUVE, VIAL, LAJOIE, CHAUVE, FUVEL, DRUTEL, BARRIER ont la douleur de faire part leurs amis et connaissances de la perte cruelle qu'ils viennent d'prouver en la personne de

    Antoine FAURE

    Caporal au ...e bataillon de chasseurs alpins, mort pour la France, le 20 juillet 1915, l'ge de 23 ans, au combat de B (Alsace).

    Ils vous prient de leur faire l'honneur d'assister au service religieux qui sera clbr pour le repos de son me le jeudi 30 septembre 1915, 9 heures du matin, en l'glise de Moingt.

    Il ne sera pas envoy de lettres de faire-part.

    [Journal de Montbrison du 25 septembre 1915]

    Les trois fils Franois :

    16 - Mathieu Franois

    Fils de Antoine Franois et de Jeannette Gauvin rsidant Moingt, lieu des Granges depuis 1906 ; n Prcieux en 1888.

    Tomb le 26 septembre 1914 Lihons37, arrondissement de Pronne, canton de Chaulnes (Somme).

    [Franois Mathieu Antoine, n le 12 juillet 1888 Prtieux, classe 1908, 2e classe, 75e rgiment d'infanterie, mort pour la France, tu l'ennemi, acte transcrit le 20 aot 1915 Moingt]38

    17 - Antoine Franois N Prtieux en 1890.

    Au 99e rgiment d'infanterie ; fait prisonnier le 11 septembre 1914 ; le 11 dcembre 1918, le mme jour o ses compagnons de captivit partaient pour revenir en France, il fut atteint de la grippe et d'une congestion pulmonaire.

    Il fut port l'hpital de Srstenfeldbrck (en Saxe) o il est dcd 5 jours aprs le 16 dcembre 1918.

    [Franois Antoine, n Prtieux le 20 juin 1890, classe 1910, 2e classe, mort pour la France Srstenfeldbrck de maladie contracte, acte transcrit le 16 avril 1921 Moingt]39

    37 Lihons : commune de la Somme, canton de Chaulnes, arrondissement de Pronne, 1 040 h. en 1891. 38 Fiche du ministre de la Dfense 39 Fiche du ministre de la Dfense.

  • 30

    18 - Marius Franois

    N Prtieux en 1895.

    Tomb le 17 janvier 1915 Bois-le-Prtre en Woevre prs de Thiaumont et la fort d'Apremont (Meurthe-et-Moselle).

    [Franois Marius, n Prtieux le 17 novembre 1894, classe 1914, 2e classe, 169e rgiment d'infanterie, mort pour la France, tu l'ennemi au combat du Bois-le-Prtre, acte transcrit le 22 aot 1915 Moingt]40

    19 - Mathieu Fuvel

    N Moingt le 20 juin 1896, fils d'Antoine Fuvel et de Mariette Faucon.

    D'abord au 55e rgiment d'infanterie Pont-Saint-Esprit ; vers son dpart pour le front au 5e rgiment d'infanterie Douaumont (avant d'aller en ligne Douaumont le rgiment tait Verdun, vers le 26 parti en ligne), disparu, manque l'appel le 1er juin 1916 ; dernire lettre ses parents le 26 mai.

    [Fuvel Mathieu, 2e classe, classe 1916, 5e rgiment d'infanterie, mort pour la France le 1er juin 1916 Douaumont41 (Meuse), tu l'ennemi, jugement rendu le 11 mars 1922 par le tribunal de Montbrison, jugement transcrit le 7 juin 1922 Moingt]42

    20 - Antoine Garnier

    N Ecotay ; fils de Joanns Garnier et d'Antonia Girard rsidant Rigaud.

    Soldat de la clase de 1914 ; il est affect au 169e rgiment Montargis. Aprs quelques semaines de prparation, il est dirig du ct de Toul et Pont- Mousson. Pendant 3 ans il combat Bois-le-Prtre et en Argonne.

    En mai 1918, il est affect au 6e rgiment de tirailleurs. Le 18 juillet 1918, Noyon il part pour une attaque ; il tait avec un camarade de Lzigneux qui depuis ce jour ne l'a plus revu ; c'est l tout ce que sa famille a pu savoir.

    [Garnier Antoine, n le 17 dcembre 1894 Ecotay-l'Olme (Loire), classe 1914, 2e rgiment de tirailleurs de marche, mort pour la France le 21 juillet 1918 aux environs de Craonne43 (Aisne), disparu, jugement rendu le 6 mai 1922 par le tribunal de Montbrison, transcrit Moingt le 6 juin 1922]44

    40 Fiche du ministre de la Dfense. 41 Douaumont : commune de la Meuse, canton de Charny, arrondissement de Verdun, 216 h. en 1891. 42 Fiche du ministre de la Dfense. 43 Craonne : commune de l'Aisne, canton de Saint-Erme, arrondissement de Laon, 665 h. en 1891. 44 Fiche du ministre de la Dfense.

  • 31

    21 - Jacques Giroud

    N Saint-Etienne-le-Molard le 10 janvier 1878, picier Moingt, poux de Marie Surieux.

    Soldat au 7e bataillon du gnie, titulaire de la mdaille coloniale. Il avait donc 36 ans en 1914.

    Tomb Haute-Avesne (Pas-de-Calais), 31 mars 1916, frapp d'une balle la tte dans la nuit vers 11 heures, minuit ; il meurt quelques heures aprs ; inhum au cimetire militaire de Haute-Avesne, quelques km l'ouest d'Arras ; ramen Moingt le 26 juillet 1922. Office et inhumation Moingt le 30 juillet 1922.

    Il avait fait son service dans les colonies en Afrique. Il avait mrit la mdaille coloniale (Sahara). En 1915 il est mobilis le 29 juin et il va rejoindre son rgiment Besanon. Il est peu aprs transport sur le front ouest-Somme et Pas-de-Calais.

    A la fin de septembre, il est dans la Somme Bray. Il crivait sa famille une lettre pleine de courage. Il disait : J'ai travaill 400 mtres des Boches au labyrinthe. Il n'y faisait pas bon mais moi a ne fait rien, je ne suis pas peureux Nous sommes au village de Bray 20 km d'Arras, nous sommes assez bien. J'ai une jolie chambre. Je couche dans un abri dans la terre avec un peu de paille, malgr cela nous sommes tous contents. On se rjouit de notre malheur, car mon rgiment est le rgiment heureux ct de l'infanterie. Le 25 septembre la nuit a t dure dans mon secteur, nous avons fait environ 2 000 prisonniers Boches. Le canon ne cesse de gronder jour et nuit, c'est un joli feu d'artifice. Nous allons avoir repos Lignereuil

    Certificat de bonne conduite :

    La commission spciale du 7e rgiment du gnie institue en excution du rglement du 20 octobre 1892 sur le service intrieur des troupes :

    Certifie que le nomm Giroud Jacques Franois sapeur mineur de 2e classe n le 10 janvier 1878 Saint-Etienne-le-Molard (Loire), taille : 1 m 74, cheveux chtains, sourcils chtains, yeux gris, front ordinaire, nez large, bouche grande, menton rond, visage ovale a tenu une bonne conduite pendant tout le temps qu'il est rest sous les drapeaux et qu'il a constamment servi avec honneur et fidlit.

    Punitions : nant.

    Fait Oran le 15 janvier 1901.

    Mdaille coloniale :

    Les membres du conseil d'administration du 7e rgiment du gnie certifient que M. Jacques Giroud sapeur mineur la 4e compagnie du 19e bataillon du 7e rgiment du gnie a obtenu la mdaille coloniale militaire institue par la loi du 26 juillet 1893, avec l'agrafe "Sahara".

    A Avignon le 7 juin 1901.

    Livret militaire :

    o Giroud Jacques Franois, o n le 10 janvier 1878, o Saint-Etienne-le-Molard (Loire), o rsidant Chenay-le-Chtel (Sane-et-Loire), o profession : bniste charpentier o fils de feu Jean Giroud et de Gorand Marie, o domicili Montbrison. o Classe 1898, n du tirage 105.

  • 32

    o Passage dans la rserve de l'arme active : 1er novembre 1902. dans l'arme territoriale : 1er novembre 1912 dans la rserve de l'arme territoriale : 1er novembre 1918

    o Libration dfinitive : 1er novembre 1924. Dsignations des corps et dtail des services

    o 7e rgiment du gnie o Incorpor compter du 1er novembre 1899 ; affect la compagnie 19

    (4e corps, bataillon 19) Oran, o Embarqu Port-Vendres le 19 novembre 1899, dbarqu Alger le

    22 novembre 1899, o En subsistance ledit jour la compagnie 17/4 au 2e rgiment de gnie, o A l'hpital militaire d'Oran du 1er aot au 22 septembre 1900, o En convalescence Montbrison du 2 octobre au 22 novembre 1900, o Rform temporairement par la commission spciale de Montbrison le

    22 novembre 1900, ray de contrle le dit jour, o Se retire Saint-Germain-Laval.

    *

    * *

    o Class service arm (dcret du 9 septembre 1914), o Affect au 7e rgiment du gnie Besanon, o Parti en campagne le 29 juin 1915. o Campagnes :

    En Algrie du 19 novembre 1899 au 28 septembre 1900, Allemagne Autriche du 29 juin au

    o Dcorations : a obtenu la mdaille coloniale (agrafe Sahara) par application du dcret du 26 septembre 1900 pour avoir pris part aux oprations dans la rgion de l'Oued Zousfana en 1900.

    o Sa rforme temporaire renouvele : le 28 aot 1901 le 13 oct. 1902 le 25 aot 1905

    [allocution du cur de Moingt lors du transfert de sa dpouille]

    30 juillet 1922

    Transfert du soldat Jacques Giroud

    Mes Frres,

    Dimanche dernier, en assistant trs nombreux l'office que nous clbrions pour nos soldats morts pour la patrie vous avez fait preuve de sentiments bien chrtiens. De plus, par votre attitude, en cette journe, vous avez montr combien tait grand votre patriotisme, combien tait sincre votre reconnaissance. Nous vous en flicitons.

    Nous vous flicitons aussi d'tre venus encore aujourd'hui assister nombreux l'office de transfert du soldat Jacques Giroud, un des ntres tomb aussi glorieusement au champ d'honneur.

    Pendant son service militaire et pendant la guerre, il a toujours fait preuve d'une grande bravoure. Jeune soldat, en 1899, il est incorpor au 7e rgiment du gnie. En 1900, il est en Algrie o il prend part une expdition dans le sud Oranais et o par sa belle conduite il mrite la mdaille coloniale dite mdaille du Sahara.

  • 33

    En 1914, quand la guerre clate, il a 36 ans, il est pre de famille et la tte d'un commerce mais quand son tour la France l'appelle, il quitte tout lui aussi pour aller rejoindre Besanon son rgiment, le 7e rgiment du gnie. C'tait le 18 mars 1915. Le 30 juin il part en campagne sur le front ouest.

    A la fin septembre il est Bray dans la Somme, d'o, pour rassurer sa famille, il crit une lettre admirable de bravoure et d'entrain : "J'ai travaill, dit-il, 400 mtres des Boches, au labyrinthe. Il n'y faisait pas bon Mais moi a ne m'a fait rien, je n'ai pas peu Ici Bray, 20 km d'Arras, le canon gronde jour et nuit Malgr cela on est content Notre rgiment est un rgiment heureux, ses pertes sont lgres" Et il dcrivait son abri souterrain qu'il appelait une jolie chambre.

    A la fin mars, il est toujours dans le mme secteur. Mais les Allemands viennent de dclencher leurs terribles assauts sur Verdun Sur le front ouest les Allis prparent une offensive pour faire diversion. On travaille donc fivreusement. On trace, on rpare les chemins d'accs. On creuse de nouvelles tranches. On renforce les lignes de fils de fer barbels. On creuse des casemates, des abris, des sapes, des portes d'coute. Tout cela est surtout le travail du gnie. Le soldat Giroud est donc l, son poste.

    La plupart de ces travaux ne peuvent se faire que la nuit et souvent sous le feu des balles et des rafales de la mitraille.

    Dans la nuit du 31 mars 1916, vers minuit, notre soldat Giroud et ses compagnons de travail sont relevs, ils reviennent tranquillement l'arrire. Mais ce brave soldat, trop habitu au danger et insouciant du pril se gare plus ou moins bien dans le boyau d'vacuation. Il est frapp d'une balle la tte et meurt quelques heures aprs, au poste de secours.

    Le lendemain il est inhum par les Anglais dans le cimetire militaire de Haute-Avesnes, quelques km au nord-ouest d'Arras.

    Il est donc bien tomb au champ d'honneur. Honorons sa mmoire. Accordons nos sympathies sa famille en deuil. Et prions pour lui car il tait chrtien. Prions pour lui, car pour tout chrtien, la prire, encore plus que les honneurs, peut, au-del de la tombe, lui tmoigner, d'une manire effective, notre reconnaissance.

    Jean-Louis Breuil

    [Giroud Jacques Franois, classe 1898, sapeur-mineur au 7e bataillon du gnie Cie 7/1, mort pour la France le 1er avril 1916 Haute-Avesnes45 (Pas-de-Calais), suites de blessures]46

    22 - Franois Gualino

    N Moingt le 24 mai 1892, fils d'Etienne Gualino, pltrier, et de Marie Darneyre. [Gualino Franois, classe 1913, recrutement de Marseille, caporal au Rgiment de marche de la

    Lgion trangre, mort pour la France le 26 avril 1918 au Bois de Hangard47 (Somme), tu l'ennemi, jugement rend le 11 mars 1922 par le tribunal de Montbrison, transcrit le 7 juin 1922 Moingt]48

    45 Haute-Avesnes : commune du Pas-de-Calais, canton de Beaumetz-ls-Loges, arrondissement d'Arras, 261 h. en 1891. 46 Fiche du ministre de la Dfense. 47 Hangard, commune de la Somme, canton de Marcelcave, arrondissement de Montdidier, 232 h. en 1891. 48 Fiche du ministre de la Dfense.

  • 34

    23 - James-Marie Gurin

    N Moingt le 26 juin 1886, fils de Germain Gurin et de Jenny Thinet.

    Tomb le 7 septembre 1914 Nogent (?) (Oise).

    [Ne figure pas dans la base de donnes du ministre de la Dfense]

    24 - Alexandre Marius Sbastien Guillaumond

    Fils de Jean Guillaumond et de Antoinette Marnat.

    Adjudant au 288e rgiment d'infanterie.

    Tomb Soissons le 7 janvier 1916, 1 citation au corps d'arme.

    [Ne figure pas dans la base de donnes du ministre de la Dfense]

    25 - Sergent Antoine Juban

    N Saint-Georges-Haute-Ville en 1884. Fils de Jean-Marie Juban et de Mariette Pont, rsidant Moingt (lieu-dit du Bruchet) depuis au moins 1892.

    A l'ge de 20 ans, il s'tait engag au 23e rgiment d'infanterie. A la dclaration de la guerre, il tait sergent au mme rgiment Bourg (Ain).

    Le 9 et le 10 aot, ce rgiment se battit courageusement, contre des forces allemandes bien suprieures dans les environs de Mulhouse. Le lendemain le sergent Juban crivait sa mre.

    46 soldats et officiers de ce rgiment tus dans ce combat sont inhums dans une spulture commune, ct du chur de l'glise de Saint-Antoine de Boutzwiller prs Mulhouse.

    Parmi ces 46 soldats, 9 sont de la rgion montbrisonnaise :

    Micollon Benot Loire Joanny Micollon Paul Damon Jean-Pierre Chirat Paul Giraud Benot Chazelle Antoine Lombardin Claudius Equy Paul (voir Mmorial de la Loire 10 aot 1919)

    Le sergent Juban sortit sain et sauf du combat. Il tomba au champ d'honneur le 21 septembre au soir 1914 Ban-de-Sapt, arrondissement de Saint-Di (Vosges).

    Gravement bless, perdant beaucoup de sang, il ne put tre relev et vacu le mme jour car les Allemands avanaient toujours. Des camarades le portrent dans un champ de betteraves o le lendemain matin il fut trouv mort et fut relev par des soldats franais.

    [Juban Antoine, n Saint-Georges-Haute-Ville le 25 mars 1884, classe 1904, sergent, 23e rgiment d'infanterie, mort pour la France la Cme (Vosges) le 22 septembre 1914, tu l'ennemi, acte transcrit le 25 mai 1915 Moingt]49

    49 Fiche du ministre de la Dfense.

  • 35

    [allocution du cur de Moingt lors du transfert de sa dpouille]

    5 fvrier 1922

    Transfert du sergent Juban

    Vous tes venus nombreux cet office. Nous vous en flicitons. Vous avez compris votre devoir.

    Nous devons, en effet, honorer nos soldats morts pour la France, car ils ont fait preuve d'une rare vaillance. Ils avaient lutter contre un ennemi bien suprieur en nombre et depuis longtemps prpar Nos allis n'arrivaient pas, se faisaient attendre. Et pourtant il fallait tenir ! Ils ont tenu !! C'est dans cette rsistance hroque des premiers mois de la guerre qu'est tomb le sergent Juban.

    Cette mme vaillance de nos soldats s'est perptue pendant toute la guerre. Sur tous les fronts ils ont jet l'ennemi ce fier dfi : non tu ne passeras pas tant que nous serons debout et que nous serons l.

    Nous devons donc honorer nos morts glorieux.

    Et non seulement nous devons les honorer, nous devons aussi leur tmoigner notre reconnaissance car si nos barbares ennemis avaient t victorieux o en serions-nous ? Dans quel tat de misre se trouverait notre pauvre France !!!

    Et comme tous nos soldats de Moingt avaient des sentiments chrtiens, tmoignons-leur notre reconnaissance en priant pour eux.

    Honorons donc et prions pour nos soldats, morts pour la dfense de notre territoire et de nos liberts

    [Le Montbrisonnais du 28 novembre 1914]

    26 - Claudius Michalon

    Dans nos registres nous ne trouvons pas un Claudius mais un Franois Michalon. C'est probablement le mme. Il serait n Moingt le 5 avril 1891, fils de Pierre Michalon et d'Antoinette Lyonnet.

    Dcd le 24 septembre 1914 l'hpital Bizet (Paris).

  • 36

    [Michalon Claudius, n le 9 fvrier 1890 Sury-le-Comtal, classe 1910, 2e classe, e rgiment de chasseurs cheval, mort pour la France le 29 septembre 1914 au Val-de-Grce (Paris 16e) des suites de blessure de guerre, extrait du registre des dcs adress au maire de Moingt le 27 septembre 1914]50

    Les deux fils Nel :

    27 - Pierre Antoine Nel

    N Moingt (Surizet) le 14 dcembre 1892, fils de Jean Nel et de Catherine Nel.

    Clairon au 4e rgiment de gnie.

    Gravement bless le soir du 11 avril 1918 Gournay-sur-Aronde51 (Oise) au nord de Compigne prs de Ressons-sur-Matz. Il est dcd le lendemain l'ambulance du front. Inhum dans le cimetire communal de Gournay-sur-Aronde ; exhumation le 15 fvrier 1921. Re-inhumation au cimetire de Moingt le 27 mars 1922 (jour de Pques).

    [Nel Pierre, classe 1912, clairon au 4e rgiment du gnie, mort pour la France l'ambulance 5/8 Gournay-sur-Aronde (Aisne) le 11 avril 1918, suites de blessures, acte transcrit le 30 dcembre 1919 Moingt]52

    [brouillon d'une lettre adresse par le cur Breuil au cur de Gournay-sur-Aronde]

    9 fvrier 1922

    Monsieur le cur,

    Permettez un confrre de vous demander un service.

    Le 15 fvrier 7 heures du matin doit avoir lieu l'exhumation et transfert du soldat Nel Pierre Antoine, inhum le 12 ou 13 avril 1918 dans le cimetire de votre paroisse. La famille, son grand regret, ne peut pas aller assister cette exhumation. Ne pourriez-vous pas la remplacer et faire tout ce qui serait bon de faire. La famille saura vous rcompenser de votre peine et de la dpense que vous aurez cru bon de faire.

    Vous nous feriez aussi le plus grand plaisir de nous donner quelques dtails sur cette exhumation. Dans quel tat se trouvait cette tombe ? Le corps de ce soldat a-t-il t bien srement reconnu ?

    Ce soldat appartient une des familles les plus chrtiennes de ma paroisse. Je l'aimais beaucoup car il tait trs aimable et trs gentil, et un des jeunes gens les plus dvous aux uvres de jeunesse de ma paroisse.

    Il a un autre de ses frres tomb au Grand-Rozay.

    En attendant votre rponse, veuillez agrer, Monsieur le cur, avec l'assurance de ma reconnaissance, mes sentiments respectueux.

    Jean-Louis Breuil

    cur de Moingt

    50 Fiche du ministre de la Dfense. 51 Gournay-sur-Aronde : village de l'Oise, canton de Ressons-sur-Matz, arrondissement de Compigne, 813 h. en 1891 52 Fiche du ministre de la Dfense.

  • 37

    28 - Joanns Benot Nel

    N Moingt (Surizet) le 8 juillet 1895 fils de Jean Nel et de Catherine Nel.

    Clairon au 15e rgiment d'infanterie.

    Tomb au champ d'honneur le 29 juillet 1918 Grand-Rozoy53 (Aisne), canton de Soissons, 4 km d'Oulchy-le-Chteau.

    Ramen au pays natal : re-inhumation Moingt, le 16 avril (jour de Pques) 1922.

    [Nel Benot Joanns, classe 1915, 2e classe, 15e rgiment d'infanterie, mort Grand-Rozoy (Aisne), tu l'ennemi, acte transcrit le 5 aot 1918 Moingt]54

    [double mmento pour les frres Nel, dossier abb Breuil]

    53 Rozoy (Grand) : village de l'Aisne, canton d'Oulchy-le-Chteau, arrondissement, arrondissement de Soissons, 384 h. en 1891. 54 Fiche du ministre de la Dfense.

  • 38

    29 - Jean-Baptiste Neyret

    N Moingt, lieu de Montagneux le 12 juillet 1890, fils de Claude Neyret et de Marie Palle.

    Caporal fourrier au 16e d'infanterie. En subsistance au 36e d'artillerie Moulins.

    Dcd dans un hpital Moulins le 16 octobre 1918.

    Inhum Moingt avec tous les honneurs militaires, le 21 octobre 1918.

    [mort pour la France ; la fiche comportant des informations caractre mdical ne peut tre communique]55

    [dossier abb Breuil]

    55 Fiche du ministre de la Dfense.

  • 39

    30 - Barthlemy Noally

    N Moingt (Montagneux) le 25 juillet 1896, fils de Pierre Noally et de Benote Palle.

    Soldat au 53e rgiment d'infanterie.

    Disparu le 12 juillet 1916 Ville-sur-Tourbe56, arrondissement de Sainte-Menehould (Marne) prs de l'Argonne.

    Service religieux pour le repos de son me le lundi 14 avril 1919 9 h en l'glise paroissiale de Moingt.

    [Noally Barthlemy, classe 1916, mort pour la France le 11 juillet 1916 en avant de Ville-sur-Tourbe (Marne), tu l'ennemi, jugement rendu le 15 octobre 1921 par le tribunal de Montbrison, transcrit le 12 dcembre 1921 Moingt]57

    [dossier abb Breuil]

    56 Ville-sur-Tourbe : chef-lieu de canton de la Marne, arrondissement de Sainte-Menehould, 541 h. en 1891. 57 Fiche du ministre de la Dfense.

  • 40

    31 - Antoine Rechat

    N Moingt le 22 dcembre 1894, fils de Jean-Baptiste Rochat et de Marie Moulager. [Rechat Antoine, classe 1