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Nouvelles N° 2108

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Nouvelles N° 2108 du 23 juillet

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  • R E M E T T R E E N C AUS E L E T E M PS D E T R AVA I L ?

    Jeudi 23 juillet 2015 - N 2108 - Hebdomadaire - 15, rue Furtado - 33800 BORDEAUX Prix : 0,80 euro

  • 2 Les Nouvelles 23 juillet 2015

    REMETTRE EN CAUSE LE TEMPS DE TRAVAIL ? OUI, ALLER VERS LES 32 HEURES.

    Aprs avoir voqu la loi Macron, adopte lAssemble grce un nouveau recours de Manuel Valls larticle 49-3, la garde des Sceaux a dit rver dun monde o on ne travaille ni le samedi, ni le di-manche o on peut travailler 32 heures () dans une semaine , afin de prserver la vie person-nelle et la vie familiale, pour avoir du temps consacrer aux autres dans des associations, pour aller au muse, sur la plage, de dambuler, de marcher, de parler ses voisins, daller en librairie, au cinma, au thtre, etc. Voil la socit dont on peut rver confiait-elle, avant toutefois de distinguer son rve de la ralit .

    ILS ONT DIT :

    Manuel Valls a recadr publique-ment lintresse le matin-mme : Je pense que les Franais veulent travailler aujourdhui. Il y a un temps de travail qui existe, vous savez, il y a les 35 heures. Mais le temps effectif est de 39 heures. Ce que les Franais veulent, cest du boulot. Et le travail, cest une valeur. Et le mrite, cest une va-leur , a-t-il martel.

    Ct Front national, on sest empress de tacler la sortie de la ministre sur les rseaux sociaux : En proposant 32 heures par se-maine, Christiane Taubira montre sa mconnaissance totale des rali-ts conomiques et un mpris pro-fond pour leffort lanait Marine Le Pen.

    Pour Luc Chatel, conseiller poli-tique de Nicolas Sarkozy et dput Les Rpublicains (ex UMP) de la Haute-Marne, cest le retour des vieux dmons de la gauche, cest dire penser que le travail se par-tage et quon va le rpartir entre les Franais .De nouvelles formes demploi se dveloppent partout en Europe, sous couvert dune rponse

    aux difficults que rencontrent tout particuli-rement les jeunes dans une conomie en sta-gnation et la priorit est donne aux action-naires et non aux investissements productifs.

    Cest linstitution, en Italie, dun Contrat de travail unique mettant fin au CDD au profit dune libert totale de licenciement accorde aux employeurs. Cest la cration, en Grande Bretagne, du Contrat Zro heure qui permet une entreprise davoir en permanence sa disposition un salari, sans lui garantir la moindre heure de travail et donc la moindre rmunration. Cest, partout en Europe, la multiplication - notamment dans la livraison de colis, la vente au porte porte et chez les opra-teurs de tlphonie - des auto-entrepreneurs, r-munrs la course ou la commission mais qui nont le choix, ni de leurs horaires, ni des endroits quils dmarchent.

    Ces nouvelles formes demploi prcaire entrent dans le champ des rformes structurelles du march du travail rclames par la Commission

    europenne. Selon lidologie martele par la plu-part des mdias, elles permettraient, en rduisant le cot des licenciements pour les employeurs, de faciliter les embauches. La multiplication des emplois prcaires est sans doute lorigine du taux demploi lev constat au Royaume-Uni. Elle est en revanche aussi lorigine dun taux de rotation de la main duvre sans prcdent sur un mme poste de travail, empchant tout rattrapage dun niveau de diplme suffisant par lexprience professionnelle et les comptences acquises dans lemploi. Elle est enfin la source de la multitude de travailleurs pauvres dans ce pays.

    Avec lintroduction de ces nouvelles formes demploi, comme avec la remise en cause des 35 heures, lobjectif vis est bien le contournement, sinon la casse du code du travail, et un march du travail o les relations entre employeurs et salaris ne soient plus rgules par une lgislation prenant en compte le lien de subordination qui les caractrise.

    Vronique Sandovaldans Au travail, revue de la commission

    Travail-Emploi du PCF

    Mois aprs mois, le gouvernement ne cesse en effet de bugger avec des mesures de rduction du cot du travail, au nom de la comptitivit, censes permettre aux entreprises dembau-cher : loi de scurisation, Pacte de responsabi-lit, lois Macron et Rebsamen, plan PME

    Autant de mesures gouvernementales qui permet-tront dici 2017 de rduire de lordre de 70 Mds deuros les charges fiscales et sociales des en-treprises, comme lexige le Medef, et de renforcer le pouvoir des patrons de licencier, de rduire les salaires, de flexibiliser au gr de la conjoncture et des exigences des actionnaires...

    En ralit, ces baisses de cots du travail, comme les diminutions des dpenses publiques et sociales qui servent les financer, freinent la demande et brident lefficacit de loffre. Elles servent laugmentation des profits des grands groupes et les marchs financiers, mais en aucun cas la cration demplois.

    Selon lINSEE, entre le 1er trimestre 2014 et le 1er trimestre 2015, le secteur marchand aura encore perdu 18 400 postes, lindustrie - 36 400 postes et la construction -48 300 postes. Et si le tertiaire tire son pingle du jeu (+66 300 postes), cest au prix de la cration demplois prcaires.

    Au 1er trimestre 2015, 87,1% des dclarations dembauche sont des CDD, parmi lesquels 70% sont des CDD de moins de 1 mois. En un an, les dclarations dembauche en CDD de moins dun mois croissent de 3,6%, celles en CDD de plus dun mois stagnent (-0,2%), alors que les dclara-tions dembauche en CDI reculent de 1,6%.

    Certains voudraient croire au retour de lembellie pour 2016 porte par la croissance. Rien nest moins sr, car laction gouvernementale ne rpond pas aux difficults des entreprises, elle les ampli-fie.

    Les entreprises franaises, et notamment les PME, ont besoin daccrotre leurs dbouchs et la qualification de leurs salaris ; mais le gouver-nement contribue la prcarisation des emplois et aux politiques de bas salaires, ce qui affaiblit la demande des mnages, en mme temps que ses politiques daustrit dpriment la demande publique.

    Les entreprises franaises ont besoin de condi-tions de financement de leurs investissements qui rduisent les cots du capital quelles supportent. Mais le gouvernement refuse de mobiliser les banques pour le financement de ces investisse-ments et de sappuyer sur le rseau dinstitutions financires publiques pour amorcer la rponse. Il prfre ouvrir grand la porte au crdit inter-entreprises, aux financements non bancaires, lpargne salariale

    Au final, cest moins de dbouchs et moins dinvestissement matriels et de recherches dve-loppant lemploi, cest une perte defficacit du capital des entreprises franaises qui alimentera le chmage.

    Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF

    Aprs un mois davril avec 3 536 millions de ch-meurs de catgorie A* (+26 200 en 1 mois) et un total 5 344 personnes inscrites de catgories A, B et C, tenues de faire des actes de recherche demploi, (+ 54 100 en 1 mois) le mois de mai enregistre 3 552 200 chmeurs (+16 200) et 5 414 200 pour les 3 catgories confondues. Le ministre du travail, de lemploi, de la formation professionnelle et du dialogue social voque un nouveau bug pour expliquer la hausse vertigi-neuse pour les catgories B et C (+ 69 600).

    * - catgorie A : demandeurs demploi sans emploi tenus de faire des actes positifs de recherche demploi ;

    - catgorie B : demandeurs demploi ayant exerc une activit rduite courte (-78 h/mois) tenus de faire des actes positifs de recherche demploi ;

    - catgorie C : demandeurs demploi ayant exerc une activit rduite longue (+78 h/mois) tenus de faire des actes positifs de recherche demploi ;

    - catgorie D : demandeurs demploi sans emplois mais en stage, en formation, en maladie), non tenus de faire des actes positifs de recherche demploi ;

    - catgorie E : demandeurs demploi, en emploi, bnficiaires de contrats aids par exemple) non tenus de faire des actes posi-tifs de recherche demploi.

    TEMPS DE TRAVAIL

    Un peu dhistoire

    PETIT HISTORIQUE

    1841 : Le travail des enfants de moins de 12 ans est limit 8 heures par jour et 12 heures pour ceux de moins de 16 ans.

    1848 : Dure maximale de la journe de travail fixe 12 heures. (84 heures hebdomadaire).

    1892 : Dure quotidienne du travail rduite 11 heures pour les femmes et les enfants, interdiction du travail de nuit dans lindustrie.

    1900 : Journe de travail ramene 10 heures dans lindustrie, soit 70 heures par semaine.

    1906 : La loi institue pour la premire fois un jour de repos hebdomadaire obligatoire : le dimanche.

    1919 : Dure lgale du travail fixe 8 heures par jour raison de 6 jours par semaine, soit 48 heures hebdoma-daires.

    1936 : Le gouvernement du Front popu-laire ramne la dure hebdomadaire du travail 40 heures. Premiers congs pays obligatoires de deux semaines.

    1969 : Quatre semaines de congs pays obligatoires.

    1982 : La dure lgale du travail passe 39 heures par semaine, sans perte de salaire, et la cinquime semaine de congs pays est tendue.

    1999 : Vote final de la loi Aubry sur les 35 heures par semaine.

    Janvier 2000 : Les entreprises de plus de 20 salaris doivent appliquer les 35 heures.

    Janvier 2002 : Passage aux 35 heures pour les entreprises de moins de 20 salaris.

    32 H

    Utopie daujourdhui, ralit de demainLe 19 juin, la ministre de la Justice Christiane Taubira a livr sa vision de lutopie.

    CHMAGE/PRCARIT

    Le gros BUG du quinquennat

    Nouvelles formes demploi

    Chaque tape de la rduction du temps de travail a t un crve-cur pour le patronat. Pour autant, du fait de lvolution des techniques, cela na empch, ni laugmentation de la productivit et de la produc-tion, ni la constitution des grandes fortunes, financires, industrielles et commerciales.

    Nen dplaise Valls, les 32 heures, en quatre jours, lutopie daujourdhui, sera ralit de demain.Cette utopie raliste est tout fait concevable, pour ne pas dire urgente, dans un pays ou ceux qui travail