Nouvelles N° 2142

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Nouvelles N° 2142 du 17 mars

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  • POUR NOS DROITS AU TRAVAIL, CONTRE LE

    CHMAGE ET LA PRCARIT,

    TOUS MOBILISS !

    Jeudi 17 mars 2016 - N 2142 - Hebdomadaire - 15, rue Furtado - 33800 BORDEAUX - Prix : 0,80 euro

  • 2 Les Nouvelles 17 mars 2016

    ACTUALIT

    COMMISSION DPARTEMENTALE DE COOPRATION INTERCOMMUNALE

    Des arrangements sans projets et sans prise en compte des populations

    COUR DES COMPTES

    Relancer le Port en diminuant les effectifs

    Le lundi 7 mars, la Cdci se ru-nissait une deuxime fois pour amender le schma de coop-ration. Ainsi partout se met en place le volet intercommunal de la fameuse loi NOTRe (Nouvelle Organisation Territoriale de la Rpublique) qui est cense donner une rpartition plus efficace et plus conome du rseau des col-lectivits territoriales. En ralit, ce nouveau schma est le thtre darrangements, sans prise en compte des consquences pour les populations et surtout sans leur avis.

    Le 7 aot 2015, une cinquantaine de snateurs et dputs (dont le socialiste girondin Gilles Savary) votait la loi NOTRe. Parmi les mesures, il est instaur comme rgle quune Cdc (Communuat de communes) ne pourrait compter moins de 15 000 habitants au 1er janvier 2017. Un calendrier prcis et une mthode sont fixs pour atteindre cet objectif. Les prfets publient, en octobre 2015, sans consultation des maires, un projet de schma dpartemental de coopration intercommunal (Sdci). Ce projet dbattu par les communes et les intercommunalits est rejet massivement.Par deux fois, le 12 fvrier et le 7 mars 2016, la Commission dpartemen-tale de coopration intercommunale (Cdci) a vot des contrepropositions. La premire runion sest attaque au nouveau dcoupage du Nord gironde (Blayais, Cubzadais) et du Libour-nais. Le sort du Mdoc, des Cteaux macariens et de lEntre-deux-mers a t dcid la runion du 7 mars.

    Dans lEntre-deux-Mers

    Lavenir de ce vaste territoire, compris entre la Dordogne et la Garonne, est complexe. Il ne concerne pas moins de 5 Cdc, qui natteignaient pas le seuil des 15 000 habitants, et plu-sieurs autres Cdc qui pouvaient tre amenes fusionner avec certaines dentre elles.La dcision finale sest prise plus ou moins difficilement selon le cas o les lus des territoires taient unis ou diviss, portaient un projet commun ou non.Trs vite, par exemple, les lus de la Cdc de Targon ont exprim le souhait de rejoindre la Cdc de Sau-

    veterre-de-Guyenne pour garder une identit rurale et une proximit. La fusion en bloc a donc t facilement vote.Par contre, les lus de lArtolie comme ceux des Cteaux macariens taient trs diviss et les conseils municipaux avaient exprim des sou-haits de fusion trs divers et parfois contradictoires.Dans ces deux cas, les CDC vont finalement tre divises en trois et rejoindre trois CDC diffrentes ce qui ne manquera pas de poser des problmes de rpartition des qui-pements et du personnel dans les mois venir.Lionel Chollon, maire de Loupiac et membre de la Cdci, dplore quune loi vote en catimini impose un seuil et un calendrier pour fusionner. Plutt que la contrainte, la construc-tion de projets communs devraient tre le moteur des rapprochements entre communes, entre territoires, entre Cdc. Laugmentation de la taille minimale des CDC impose un nouveau modle de gestion des territoires, o le pouvoir de dcision s loigne de plus en plus du citoyen. Le plus souvent totalement exclus des dcisions, les citoyens vont d-couvrir dans quelques mois que toutes ces dcisions ont t prises, en gnral, sans leur avis. Ils vont apprendre dans quelques semaines que leurs enfants devront changer de centre de loisirs, de crche, de halte garderie, dcole de musique, dlus de rfrencePour mon secteur, je regrette que les maires du canton de lEntre-deux-Mers naient pas cherch sunir autour dun projet commun. Ils nont pas t aids par leurs conseillers dparte-mentaux qui ont t particulirement silencieux et absents des dbats. Cela a donc permis quelques fortes person-nalits locales de manuvrer en coulisse pour imposer leur choix. Le maire de Sauveterre-de-Guyenne tend son influence sur le Targonais, le maire de Langoiran, aid par une adjointe au maire de Bordeaux, renforce un axe Langoiran -Latresne, droite et pas quau bord de la Garonne. Pour le Cadillacais, la fusion avec le Poden-sacais est autant porteuse despoir dune chelle suffisante pour assurer son dveloppement que de risquer de perdre en singularit et en autonomie. Pour moi, la priorit aujourd hui est de faire en sorte qumerge, dans chaque commune, la voix des citoyens nacceptant plus quon dcide pour eux.

    Ils doivent prendre en mains leur destin et celui de leur commune.

    Dans les Cteaux macariens

    Dans les Cteaux macariens, dont la Commission dpartementale de coo-pration intercommunale navait pas rgl le cas, dans un premier temps, le sous-prfet a runi en suivant les prsidents des 3 Cdc et les maires pour essayer de trouver une solution. Le Prsident de la Cdc des Cteaux Macariens a initi une ptition pour que la Cdc reste entire car il tait question dclatement. Devant labsence de consensus et de solution, Philippe Plagnol (prsident de la Cdc de Langon et membre de la Cdci) a prsent un amendement prvoyant le rattachement de 5 communes La Role (St-Pierre-dAurillac, St-Martin-de-Sescas, Caudrot, Ste-Foy-la-Longue et St-Laurent-du-Plan), le rattachement de St-Laurent-du-Bois (qui lavait demand) la CDC de Sauveterre-de-Guyenne et le ratta-chement des 8 autres communes Langon (Le Pian, St-Macaire, St-Maixant, Verdelais, Semens, St-Martial, St-Germain-de-Graves, St-Andr-du-Bois). Cest la dcision qua prise la CDCI et quentrinera certainement le Prfet dans le schma dfinitif. Cette explosion nest pas rjouissante, commentent les militants communistes de la commune, car les gens ne vont rien comprendre une dcision prise en dehors deux, et des lus communaux aussi dailleurs, mais qui va avoir des consquences sur leur vie quotidienne et certainement la compliquer. Les communes devraient pouvoir choisir le plus librement possible leur regrou-pement mais le systme cr par la Loi NOTRe ne prvoit pas quon tienne compte de leur avis ni quon demande son avis la population. Cet tat de fait est une cause mais aussi une consquence du ras-le-bol des lus de terrain qui ont un rle de plus en plus compliqu et difficile tenir, sans en avoir les moyens. La commune de St Pierre dAurillac a t trs claire et a exprim des positions nettes au cours des runions du conseil municipal et de l information la population. Mais la gestion de ce dossier de fusion de la CDC des Cteaux Macariens met en vidence aussi les contradictions de certains maires. Mme dans les petites communes, le foss se creuse entre les politiques et la ralit des gens.

    La Cour des comptes sest fendue dun rapport de 66 pages sur la gestion du Grand Port Maritime de Bordeaux entre 2008 et 2014. Ce rapport sacharne chercher de la rentabilit dans les chiffres quil manipule pour leur faire dire ce quil veut, sans tenir compte de la situation cono-mique, sociale et gographique du port de Bordeaux.

    La principale conclusion du rapport de la Cour des comptes est de pr-coniser la baisse des effectifs pour relancer le Grand Port maritime de Bordeaux. On peut faire un parallle avec la loi travail qui, en facilitant les licenciements, veut inverser la courbe du chmage !

    La variable dajustement reste tou-jours les salaris. Ceux-ci reprsen-teraient une charge trop lourde pour faire des profits !

    Ainsi, le rapport sappui sur une priode (2008-2014) o les ports franais ont t frapps de plein fouet par la rforme portuaire consistant cder des opra-teurs privs les outillages (grues, portiques) et les salaris attachs ces outillages. Un long bras de fer entre les personnels du port et le ministre des transports a paralys les ports, occasionnant des baisses de trafic important. Ce rapport sarrte en 2014 alors que le CPER 2015-2020 prvoit 116 millions dinvestissements pour le GPMB et que le port sapprte annoncer un plan stratgique ambitieux, avec notamment le redmarrage de lavant port du Verdon.

    La Cour des comptes singnue ensuite comparer diffrents ports pour tayer lide quil y a trop de salaris au port de Bordeaux par rapport son trafic portuaire.

    Cyril Mauran, secrtaire gnral de la CGT du port de Bordeaux et J-rmy Barbedette, secrtaire gnral de la CGT des ouvriers dockers de Bordeaux, que nous avons rencon-trs, dnoncent cette manipulation. Comment comparer La Rochelle un port face la mer et un port au fond dun estuaire ? Le port de Bordeaux s tend sur 2 600 hectares avec 7 sites (Le Verdon, Pauillac, Blaye, Ambs, Gratequina, et Bordeaux) et il ncessite d importantes oprations de dragage afin de maintenir un chenal de navigation suffisamment profond pour permettre aux cargos de grande capacit de remonter lestuaire . Les deux responsables CGT rappellent que ces oprations sont la charge de ltat qui, en ne payant pas ce quil doit au Port, se dsengage de ces oprations pourtant vitales pour le bon fonctionnement. Prs de 100 personnes au Port sont affectes ces oprations de dragage. Doit-on sup-primer ces postes ? Interrogent-ils.

    Les 7 sites sont prsents comme une dispersion non rentable du port, pour-tant ils sont des atouts non ngligeables puisqu ils permettent daccueillir tout type de marchandises et de bateaux.

    Aujourdhui le port redmarre lente-ment et lconomie aquitaine a tout intrt se tourner vers lui comme dbouch plutt que la route. Mais nous touchons ici des choix poli-tiques qui favorisent la route plutt que le rail ou nos voies fluviales.

    Ce nest pas en diminuant les effec-tifs que le port sera plus efficace ou plus rentable. Cest en utilisant cet outil qui existe tout au long de notre estuaire, en le dveloppant au quotidien avec le trafic voyageurs, marchandises et pourquoi pas dchets, que nous le ferons vivre.

    Stphane Le Bot

    Sud Gironde : les Cdc du Vallon de l'Artolie et des Cteaux macariens vont tre clates.