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Dr NZONGANG Joseph 1 Et Dr NZOMO Tcheunta Joseph C 2 ., Faculté des Sciences Economiques et de Gestion Université de Dschang (Cameroun). Une alternative interne pour le financement des investissements publics dans le cadre du Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP) au Cameroun. I- Introduction La Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International (FMI) ont lancé fin 1999 une initiative conjointe qui place la lutte contre la pauvreté au centre des politiques de développement. Tous les pays à bas revenu désireux de bénéficier d’une aide financière d’une des deux organisations, ou d’un allègement de la dette dans le cadre de l’Initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés), sont appelés à préparer un programme de lutte contre la 1 E -mail : [email protected] , téléphone (237) 998 01 90. 2 E – mail : [email protected] , téléphone (237) 751 49 46. 1

Nzongang Joseph

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I-

Dr NZONGANG Joseph

EtDr NZOMO Tcheunta Joseph C.,

Facult des Sciences Economiques et de Gestion

Universit de Dschang (Cameroun).

Une alternative interne pour le financement des investissements publics dans le cadre du Document de Stratgie de Rduction de la Pauvret (DSRP) au Cameroun.

I- Introduction La Banque Mondiale et le Fonds Montaire International (FMI) ont lanc fin 1999 une initiative conjointe qui place la lutte contre la pauvret au centre des politiques de dveloppement. Tous les pays bas revenu dsireux de bnficier dune aide financire dune des deux organisations, ou dun allgement de la dette dans le cadre de lInitiative PPTE (Pays Pauvres Trs Endetts), sont appels prparer un programme de lutte contre la pauvret, dsign sous le terme de Document Stratgique de Rduction de la Pauvret (DSRP).

Depuis lors, ces institutions ont mobilis des moyens humains et financiers considrables pour mettre en uvre cette Initiative et en assurer le succs. Les programmes daide de ces institutions ont dabord t modifis et rebaptiss pour inclure la lutte contre la pauvret parmi leurs objectifs. Les financements concessionnels de la Banque Mondiale en faveur des pays faible revenu, oprs par lAgence Internationale pour le Dveloppement (AID), sintgrent dsormais dans le cadre des Crdits de Soutien la Rduction de la Pauvret, ceux du FMI dans celui de la facilit de Rduction de la Pauvret et de Croissance. Paralllement, une intense rflexion a t engage afin de dfinir des orientations prcises susceptibles de guider les pays ligibles dans llaboration du DSRP. De plus, un effort considrable a t fait pour consulter les gouvernements des pays en dveloppement et de leur socit civile travers des sminaires internationaux et rgionaux. Rapidement, tous les autres donateurs ont embot le pas et dcid de placer leur politique daide sous lgide des DSRP.

Sous la pression de la campagne mondiale des organisations non gouvernementales les dirigeants du monde runis en septembre 2000 New York ont adopt la Dclaration du Millnaire pour le dveloppement international. Cette dclaration jetait les bases politiques de lutte plantaire contre la pauvret dans les pays en dveloppement.

En considrant la pauvret et la faim en particulier comme objet premier des objectifs du millnaire pour le dveloppement, ceux-ci devraient tre rduits de moiti de 2000 2015; et pour soutenir un tel effort, il faudrait que pendant cette priode, un taux de croissance conomique de plus de 7% par an. La croissance conomique constitue donc la base autour de laquelle sarticulent les rponses au dfi de rduction de la pauvret. Cette croissance est elle-mme tributaire dun certains nombres de facteurs cls qui en dterminent la dynamique et lamplitude parmi lesquels les investissements productifs et les infrastructures. La ralisation des investissements productifs et les infrastructures est subordonne la disponibilit des financements appropris. Autrement dit, cest de la disponibilit des ressources appropries pour le financement de lconomie que se dtermine le profil de croissance et partant lampleur de rduction de la pauvret. Ainsi, laptitude atteindre les objectifs de croissance, de relance de lconomie ou des secteurs particuliers de celle-ci dpend du niveau des investissements qui y sont raliss.

Les conomies les plus dynamiques et les plus performantes de par le monde sont celles dans lesquelles il y a plus dinvestissements, quils soient raliss par des nationaux ou par des trangers travers les investissements directs trangers (IDE). On constate que dans les pays o linvestissement priv a t le plus important, la croissance conomique a t rapide.

Le Cameroun dans lesprit de la dclaration du millnaire a adopt son DSRP qui sarticule autour des mmes objectifs, particulirement en ce qui concerne la rduction de la pauvret.

Le DSRP prconise un taux de croissance conomique au moins gal 7%. Cet objectif de croissance ncessite de raliser entre autres un taux dinvestissement productif compris entre 25 et 30% pendant la priode de mise en uvre du DSRP. Au Cameroun, depuis lexercice 1994/1995, le taux de croissance conomique se situe autour dune moyenne de 4% par an et le taux brut dinvestissement moyen pour les annes 2001-2004 est denviron 18,9% dont 16,7% pour le secteur priv (entreprises et mnages) et 2,2% pour le secteur public.

Pour atteindre les objectifs de croissance du DSRP, compatibles avec ceux des Objectifs du Millnaire pour le Dveloppement (OMD), il faut: que le volume global des investissements atteigne le seuil de 25 30% du PIB sinon- cest le cas actuellement- le niveau des investissements publics indispensable pour soutenir la performance des investissements privs ne permettrait pas de soutenir la croissance conomique;

et que les investissements productifs soient raliss prioritairement dans le secteur des micro/petites entreprises (MPE) fort potentiel de cration demplois.

Lobjet de cette tude est de montrer que le financement des investissements publics est conditionn par laccroissement du niveau des investissements productifs (privs) dterminants de la croissance conomique. En dautres termes latteinte des objectifs de croissance dans lesprit des objectifs du millnaire pour le dveloppement est subordonne la rallocation des ressources issues de linitiative PPTE au profit du secteur productif. La premire partie de ltude prsente la stratgie de rduction de la pauvret et met laccent sur le financement des investissements publics et la rallocation des ressources PPTE. Elle met en vidence la ncessit dinclure des micro/petites entreprises lligibilit des ressources PPTE. La deuxime partie est consacre au financement des micro/petites entreprises. Elle identifie les principales contraintes lexpansion de celles-ci. La troisime partie propose un modle alternatif de financement pour la cration et le renforcement des MPE et analyse leur contribution pour le financement des investissements publics.

II- Linitiative PPTE et la lutte contre la pauvret au Cameroun.Lance en 1996, par la Banque Mondiale et le Fonds Montaire International, linitiative PPTE a pour objectif de rendre soutenable la dette des pays pauvres trs endetts, dans une dynamique de redploiement des dpenses publiques en faveur des secteurs sociaux, et de cration des conditions favorables la croissance conomique. Lobjectif fondamental est de reconstituer la capacit productive des pays traits dans une logique de dveloppement durable.

La rdaction dun document de stratgie de rduction de la pauvret (DSRP) est alors devenue une condition dligibilit pour les pays candidats lInitiative. La Cameroun a atteint le point de dcision en octobre 2000 et le point dachvement pendant la priode octobre -dcembre 2004.II-1. Les objectifs du millnaire pour le dveloppement (OMD).La prise de conscience du problme de pauvret dans les pays en dveloppement est laboutissement dun long processus de maturation initi ds la fin des annes quatre vingt. Les Nations Unies, notamment lUNICEF et le PNUD, ont jou un rle prcurseur dans ce domaine. En effet, lUNICEF a ainsi publi un ouvrage retentissant intitul lajustement visage humain, cet ouvrage alertait sur les consquences sociales nfastes des politiques dajustement structurel et proposait des pistes pour y remdier.Tout au long des annes 1990, plusieurs confrences internationales des Nations Unies ont par la suite contribu une prise de conscience dans ce domaine. Le Sommet mondial pour le dveloppement humain, qui sest tenu Copenhague en 1995, reprsente sans doute la plus importante de ces confrences. La Dclaration et le Programme daction ratifis lissue de ce sommet ont fait de la rduction de la pauvret une priorit du dveloppement. Dans la foule, lAssemble Gnrale des Nations Unies a proclam 1996, Anne internationale de lradication de la pauvret et la dcennie 1997-2006 Premire dcennie des Nations Unies pour llimination de la pauvret. Toujours en 1996, le Comit daide au dveloppement (CAD) de lOCDE a mis la pauvret au centre de ses proccupations ce qui a conduit la dfinition des Objectifs Internationaux du Dveloppement. Ceux-ci ont t largis et rebaptiss Objectifs de Dveloppement du Millnaire par les Nations Unies en 2000. Le premier de ces huit objectifs se propose de diviser par deux la population mondiale vivant dans une situation dextrme pauvret entre 1990-2015.II-2. La stratgie camerounaise de rduction de la pauvret .

II-2.1 Le contexte conomique.Lconomie camerounaise a connu un dveloppement en progression forte et soutenue de 1970 1985; priode au cours de laquelle elle a enregistr un taux de croissance moyen de prs de 8% en terme rel par an et un taux dinvestissement de prs de 25% du PIB.

Au cours de lanne 1986 des chocs exognes consquence de la chute drastique des cours des produits de base:(caf, cacao, banane, ptrole, bois) et endognes (contraction des revenus de lEtat, poids importants des charges des socits dEtat sur les finances publiques, mauvais rsultats des politiques conomiques) ont eu pour effet de casser cette dynamique et mettre en exergue les faiblesses structurelles de lconomie camerounaise.

La baisse continue des revenus induits une chute de 40% de la consommation par habitant entre 1985/1986 et 1992/1993. Lencours de la dette extrieure passe de moins de 1/ 3 plus de du PIB entre 1984/1985 et 1992/1993. Le taux dinvestissement quant lui passe de 27% moins de 11% du PIB.La dcennie 1986- 1995 a t marque par une rcession svre qui va profondment affecter les fondements de cette conomie et la plonger partir de 1986 dans une crise conomique aigue se traduisant par un taux de croissance ngatif tout au long de cette priode.

Pour faire face cette situation difficile, les pouvoirs publics laborent une politique de sortie de crise articule sur un programme dajustement structurel dont le premier plan est adopt et mis en uvre partir de septembre 1988. Ce programme dajustement va permettre, avec limpulsion de la dvaluation intervenue en janvier 1994, de replacer lconomie camerounaise sur le chemin de la croissance ds 1995, situation qui sera consolide par les diffrents programmes conomiques post dvaluation, faisant de la dcennie 1995-2005 celle de la croissance de lconomie nationale.

Cependant, on note que le taux de croissance qui est de 3,8% en 2004 na volu depuis lors que confine dans une bande comprise entre 5,5% et 3,3% contredisant ainsi la conviction qui a sous-tendu lesprit du programme dajustement structurel et selon laquelle la stabilit macroconomique engendrerait terme le dcollage conomique.

La croissance conomique quoique positive depuis lexercice 1994/1995, avec un taux se situant autour dune moyenne de 4% lan, est reste faible et structurellement inapte gnrer un niveau suffisant de ressources pour stabiliser et rduire le phnomne de pauvret.

II-2.2.Le Document de Stratgie de Rduction de la Pauvret. Conue dans lesprit des OMD, les autorits camerounaises ont souscrits la nouvelle approche de rduction de la pauvret adopte par la communaut internationale et apprcient le lien entre cette nouvelle stratgie et la rduction de la dette au titre de linitiative PPTE, dont le bnfice effectif permettra au Cameroun de renforcer ses moyens de lutte contre la pauvret.La stratgie camerounaise de rduction de la pauvret a t labore partir des enseignements de consultations participatives menes travers lensemble du territoire national. Il expose les caractristiques et dterminants de la pauvret au Cameroun , avec leurs disparits rgionales, ainsi que les grands axes stratgiques retenus pour asseoir une croissance conomique forte, durable et quitable dune part et rduire progressivement le niveau de pauvret dautre part. la stratgie retenue par les autorits camerounaises est sous-tendue par la recherche dune adhsion totale et dune contribution forte de lensemble des acteurs sociaux au programme de rduction de la pauvret. Elle fait galement du soutien des partenaires au dveloppement un lment cl de russite de ce vaste programme. Dans ce domaine, les autorits entendent mettre en uvre un programme de rformes crdibles et bien cibles, permettant de bnficier pleinement de lallgement de dette au titre de linitiative PPTE renforce, en utilisant efficacement les ressources additionnelles ainsi obtenues pour agir sur les principaux axes de rduction de la pauvret relevs par les populations lors de la phase des consultations participatives notamment:

renforcer loffre des services sociaux essentiels que sont la sant et lducation;

amliorer lapprovisionnement en eau potable des populations;

et rhabiliter linfrastructure de communication, notamment les routes et pistes rurales.Il est noter que la promotion de la bonne gouvernance et la lutte contre la corruption constituent des facteurs essentiels de la russite du programme de rduction de la pauvret car la corruption et plus gnralement les manquements la bonne gestion des affaires publiques ont t relevs comme des dterminants importants de la pauvret au Cameroun. Cependant il se pose le problme de financement de cette stratgie.II-2.3.Le financement du DSRP.Le DSRP prconise un taux de croissance conomique au moins gal 7%. Or ces objectifs de croissance ncessitent de raliser entre autres, un taux dinvestissement compris entre 25 et 30% pendant la priode de mise en uvre du DSRP; investissements qui doivent tre de surcrot de qualit, cest--dire raliss principalement dans les secteurs ou filires de production qui contribuent efficacement la lutte contre la pauvret montaire.

Lune des faiblesses du DSRP et qui en constitue en mme temps un dfi se situe au niveau de son plan de financement. En effet, si le cadrage global de cette stratgie ne pose aucun problme, il en va autrement pour la cohrence interne et sectorielle. Il se pose un problme au niveau du financement des investissements ncessaires la ralisation des objectifs de croissance projets. Linvestissement suppose la disponibilit de financement. Autrement dit, pour que le plan de financement se ralise, il doit tre assorti dun plan de son financement.

Le bouclage du plan de financement est donc la condition ncessaire majeure de ralisation dun plan dinvestissement. Si tel nest pas le cas, il nat des incertitudes sur les projets dinvestissements qui affectent mcaniquement les ambitions de croissance, et donc la stratgie de rduction de la pauvret.

De ce qui prcde, il faut retenir que le taux brut dinvestissement au Cameroun est infrieur ce quil devrait tre pour que lon puisse raliser les objectifs de croissance du DSRP, compatible avec ceux des OMD. Linvestissement priv reprsente certes 86,7% de linvestissement total, mais sa structure cache une ralit moins flatteuse notamment par rapport lobjectif de rduction de la pauvret.

Le bouclage du financement du DSRP simpose ds lors comme pralable pour que lquation du financement des investissements compatibles avec les objectifs de croissance soit rsolue.

En dautres termes, il faut:

porter le taux brut dinvestissement de 16 % environ en 2005 25 ou 30 % ds 2006,

et le maintenir ce niveau sur une priode relativement longue (2006-2020) en veillant ce que cet investissement soit de qualit, cest--dire prsente une structure compatible avec les objectifs de rduction de la pauvret. Do la ncessit de la rallocation des ressources PPTE au profit des micro/petites entreprises.

II-2.4. La rallocation des ressources PPTE

L atteindre les objectifs prconiss dans le DSRP qui constitue aujourdhui le cadre de rfrence de la mise en uvre de la politique nationale de dveloppement, est subordonne au niveau global et la structure des investissements qui seront raliss au cours des annes venir et sappuie sue la disponibilit des ressources issues de linitiative PPTE

La rduction de la pauvret humaine est conditionne par la rduction de la pauvret montaire. Il faut dabord crer les richesses et ensuite les rpartir avec en perspective les objectifs de la lutte contre la pauvret.

Pour que la croissance sinscrive dans un processus continu, le volume des richesses crer doit tre compatible avec les dfis relever et sinscrire dans un processus continu, pour que la dynamique de rduction de la pauvret soit entretenue. Ce qui suppose un taux de croissance rel suffisant et soutenu.Rpartition sectorielle actuelle des fonds PPTE (en milliards de FCFA)en 2005SecteurCot des projetsMontant validspourcentage

SantEducation

Dveloppement social

Dveloppement rural

Infrastructures

Gouvernance27,90453,828

25,612

42,21

63,213

1,34927,90540, 871

10,887

34,415

27,107

1,34919,628,7

7,6

24,1

19

1

Total 214,117142, 535

Source: Cellule de gestion des fonds PPTE.Nous constatons que la rpartition actuelle des fonds PPTE est exclusivement affecte aux investissements publics;

Il est important de revoir lallocation des ressources PPTE qui vont constituer la partie la plus importante et la plus sre du budget dinvestissement public dans les prochaines annes pour une prise en compte optimale des infrastructures et des moyens de production (MPE) dans la rpartition des ressources ddies au financement du DSRP.

Aussi, tout en veillant amliorer constamment loffre et la qualit des infrastructures, il importe de sassurer en mme temps que leur fonctionnement et la solvabilit suivront; cest--dire que non seulement la variable qui dtermine leur accessibilit nest pas rprime, mais aussi que la taille de celle-ci sera telle quil soit possible de reconstituer les moyens qui prendront le relais de leur financement lpuisement des ressources PPTE savoir les investissements privs travers les MPE. Des tudes ont montr quavec la tendance actuelle (taux de croissance moyen de 5% et taux dinvestissement brut de 18,1%du PIB), il sera difficile de rsoudre lquation du financement des investissements compatible avec les objectifs de rduction de la pauvret. Cependant en portant le taux de croissance 10% jusquen 2015, il faut un taux dinvestissement brut annuel de 25 30% du PIB, ce qui ncessite de porter linvestissement brut de 2400 milliards de FCFA en 2006 5659 milliards en 2015. Le gap de financement par rapport la tendance actuelle atteindra plus de 3300 milliards de FCFA en 2015. Ainsi, se pose le problme de la cohrence de la stratgie du DSRP et de la structure des investissements. Face cette situation, il faut revoir la rpartition des ressources PPTE en donnant priorit aux infrastructure de production car il faut il faut largir lopportunit offerte au plus grand nombre de citoyen davoir du travail et donc un revenu salarial ou de capital, pour pouvoir avoir accs un minimum de services sociaux et amliorer ainsi durablement leur bien tre conomique et social.

Do la ncessit dagir directement sur le petit entrepreneur, crateur des richesses et utilisateur des technologies qui donnent aux pays modernes les moyens de leur prosprit.La rallocation des ressources PPTE en faveur des MPE dbouchera au desserrement de la contrainte daccs au crdit de ces structures et contribuera amliorer le taux global dinvestissement et le ratio de linvestissement priv.III- Le financement des MPE.

Parmi les principaux problmes et contraintes qui inhibent la croissance de lconomie et la comptitivit des entreprises camerounaises, le manque de financement et de crdit constitue et de loin la principale difficult qui affecte toutes les catgories dentreprises et de toutes les filires de production. Le rationnement de crdit, les cots levs de transactions et le manque de sret ont des effets ngatifs sur laccs des entreprises au crdit long et moyen termes.

Dans ce contexte de rationnement, les tablissements de crdit sont enclins accorder les crdit aux grandes entreprises quaux Pme: lesquelles sont obliges de faire recours dautres sources de financement souvent inadapt, aussi alatoires les unes que les autres.

Cest dire que dans ltat actuel des choses, le financement bancaire est loin de satisfaire la demande des entreprises bien que les banques affichent ostensiblement leur sur liquiditCet environnement fortement dficitaire en offres de financement adapt lactivit de lentreprise et notamment ddi aux investissements long terme cre des rigidits structurelles qui ne permettent pas de porter le taux dinvestissement un niveau compatible avec les objectifs vises de croissance deux chiffres. La problmatique du financement de lconomie en ce qui concerne le secteur priv tant ainsi pose il est propos ci-dessous, aprs avoir pass en revue les offres disponibles, une palette dinstruments compatibles, avec le profil du gap actuel de financement des MPE dont la mise en place nous semble de nature amliorer sensiblement le niveau de loffre actuelle.

III-1. Les besoins en financement.

Ils sont de deux types: dune part les besoins en financement pour la couverture de linvestissement initial, et dautre part ceux qui sont requis pour les activits de production et de dveloppement de lentreprise.

Les besoins en financement des activits de production et de dveloppement des MPE fonds de roulement (FR), investissement de renouvellement ou de renforcement des capacits sont estims en moyenne 82 millions F cfa par entreprise en 2002 contre 79 millions F cfa en 2000, soit une agression de 38% par an. Contrairement 2000 les besoins en Fonds de roulement (besoins de court terme sont plus importants que ceux en investissement de renouvellement et de renforcement des capacits (moyen et long termes).

Besoins financiers des PME en 2002 ( en millions de F CFA)

Branches Besoins en FRBesoins en investissement Ensemble

Boulangerie

Agro-industrie

Textile et cuirTransformation du bois

Industrie du papierIndustrie chimique

Transformations des matires plastiques

Fabrication mcanique et lectrique

BTP

Htel et restaurant

Transport

Services aux entreprises

Services aux mnages

24111

19

17

10

71

123

81

59

19

59

29

23

1519

7

90

11

133

60

31

32

43

59

76

2239130

26

107

21

204

183

112

91

62

118

105

45

Ensemble 394382

Source: Enqute du CRETES, 2002.Comme en 2000, le niveau des besoins en FR est plus important dans le secteur industriel que dans celui des BTP et services.

Quand aux besoins en investissement de renouvellement et ou de renforcement des capacits, la moyenne par PME est plus lev dans le secteur industriel que dans celui des BTP et des services: 49 millions F cfa contre 38 millions de F cfa respectivement.

En ce qui concerne les trs petites entreprises urbaines (TPE), les entrepreneurs de ce secteur expriment des besoins de financement pourrsoudre des problmes de trsorerie,renforcer leurs fonds de roulement, financer lachat doutillage ou du petit quipement, complter les ressources propres pour raliser un investissement important en quipement, ou une extension dactivit.

Pour les TPE de haut de gamme, le besoin de financement du fonds de roulement, en gnral consacr lachat de matires premires.

Pour les TPE de petite taille, les besoins de financement portent sur le renforcement des moyens de production (outillage, petit quipement) et du fonds de roulement.

Pour les TPE du monde rural, les agriculteurs, leveurs, pcheurs et leurs organisations se consacrent aux activits de production. Et accessoirement de transformation et/ou de commercialisation. Les performances des activits du monde rural seraient meilleures si le problme de leurs financements tait rsolu.

Les financements pour les investissements initiaux sont ceux ncessaires la cration de lentreprise. Ils regroupent les apports personnels des associs et les emprunts.

Une enqute ralise en 1994 par CRETES rvle que globalement, ces financements taient en moyenne de 86 millions F CFA par petite et moyenne industrie (PMI); une moyenne qui cache cependant une trs grande dispersion dun secteur lautre, au sein dun mme secteur, et parfois dans une mme filire.

III-2. Sources de financement

Les sources de financement concernent aussi bien le financement des activits de production et de dveloppement de lentreprise et le financement des investissements

Pour le financement des activits de production, , les PME ont gnralement recours plusieurs sources de financement dont principalement: les institutions de crdit (banques), les tontines, les crdits fournisseurs, les institutions internationales, etc. Le montant des crdits sollicits auprs des banques est de 50 millions en moyenne par PME en 2002 contre 18 millions des autres sources de fonctionnement.Pour les sources de financement des investissements initiaux les ressources propres et lemprunt constituent donc les principales sources de financement de linvestissement initial des petites et moyenne entreprises. Les fonds propres initiaux moyens reprsentent 57% des financements initiaux moyens alors que les emprunts initiaux couvrent le reste soit 43%. En 2002, environ 35% des besoins financiers PME pour leur dveloppement ne sont pas financs.

Les PME ont reu un appui financier moyen de 53 millions F cfa par entreprise, alors que le niveau moyen de leurs besoins est 82 millions F cfa, soit un gap de 29 millions F cfa en moyenne. Ceci est d linadaptation du systme de financement existantIII-3. Le systme actuel de financement des MPE au Cameroun.Le dispositif actuel de financement des entreprises au Cameroun se structure autour des banques commerciales, les institutions de micro finance, les institutions trangres, les crdits fournisseurs et les autres sources locales de financement (pargne personnelle,tontines).

Les banques commerciales ne sont pas outills pour financer les besoins dinvestissement des MPE auxquels sont associs les risques levs. Ces banques prtextent quelles ne disposent pas des ressources appropris cet effet et justifient souvent cela par le mauvais montage des dossiers de demande de crdit et labsence des garanties. Pour les promoteurs des MPE, les critres doctroi des crdits par les banques sont plus axs sur les garanties que sur la rentabilit des projets.Pour les institutions de micro finance ( IMF), leur rle est marginal dans le financement des MPE. Cependant elles jouent un rle non ngligeable dans le financement des MPE. Leur poids saccrotra au fur et mesure que le rseau se densifiera.

Quant aux institutions publiques de financement des MPE, le dispositif qui existait antrieurement la crise conomique est inoprant parce que ses institutions sont , soit mises en veilleuse (Fogape), soit dmanteles ( Crdit agricole, Fonader, Capme, BCD,).

Les autres sources locales de financement sont lpargne personnelle qui est souvent insuffisante et les crdits fournisseurs.

Le dispositif dintervention des bailleurs de fonds se focalise sur des programmes de financement appuys principalement par lUnion Europenne, la France, le Canada et la Belgique.

Le dispositif actuel de financement des MPE est insuffisant pour leur assurer une croissance optimale. Do la ncessit de mettre en place une structure spcialise pour leur financement.IV- Pour un modle de financement des investissements publics travers les MPE.

Nous constatons que le manque de financement et de crdit constitue la principale difficult qui affecte les MPE et freine la comptitivit des entreprises et travers la croissance conomique. Do la ncessit de crer des institutions de financement des MPE et inclure ces dernires dans le processus dvaluation et de contrle des investissements publics.IV-1.Favoriser laccs des MPE au crdit formel.Laccs un financement conventionnel est une condition ncessaire la croissance conomique car il permet de rationaliser les activits et permet de planifier lexpansion des entreprises. Lorsque les conditions de crdit sont souples et connues davance, elles permettent aux entreprises de mieux grer les cycles saisonniers et conomiques et favorisent le dveloppement de tous les secteurs de lconomie.

Au Cameroun nous constatons que le dispositif actuel de financement des entreprises et plus particulirement les MPE se satisfait que trs partiellement aux besoins exprim par ces entreprises. Le dispositif de financement actuel privilgie les crdits court terme au dtriment des crdits moyen et long terme. De plus il y a une absence totale de systme de garantie et de capital investissement complments indispensable un systme de financement des entreprises. Face cette situation nous proposons la cration dune structure dappui au MPE qui bnficiera des ressources PPTE pour sa cration et des taxes lgres pour son fonctionnement efficace.

IV-2. La cration dune banque spcialise des MPE. La promotion de lentreprise et en particulier les MPE est une mission de dveloppement de part sa contribution au bien-tre conomique et social au mme titre que lducation, la sant, les infrastructures. Cet esprit a prvalu aprs lindpendance mais progressivement les structures dappuis financiers aux MPE ont t dmanteles du fait de la mauvaise gestion. Cependant, on se rend compte aujourdhui que ces structures sont indispensables et quil faut les rhabiliter en tenant compte des erreurs du pass et du contexte. Plusieurs propositions ont t faites dans ce sens sans toutefois intgrer les ressources PPTE dans les fonds de cration de ces structures.

Loriginalit de notre dmarche ici est quil faut crer une banque de dveloppement des MPE qui assurera les services financiers classiques, de fonds de garantie et de capital risque et de conseils la gestion. Cette structure sinspira de lexprience russie de certains pays notamment la France avec la BDPME (Banque de Dveloppement des PME), initiative de lEtat et de la Caisse des Dpts et Consignations, qui est un dispositif dappuis et daides publics aux PME/PMI et lartisanat de production trs vaste et diversifi avec des dmembrements aux niveaux national, rgional et dpartemental; des appuis spcifiques la cration des entreprises. Au Gabon, il existe aussi un dispositif dappui et de financement des PME sur lequel on peut se rfrer. Ce dispositif comprend: un fonds de dveloppement et dexpansion des PME(FODEX), le fonds gabonais dinvestissement (FGI), la banque national de crdit rural (BNCR), le fonds daide et de garantie(FAG), et la banque gabonaise de dveloppement ( BGD).

De mme le douloureux exemple des faillites dans la gestion du Fonader ( Fonds National de Dveloppement Rural),de la BCD ( Banque Camerounaise de Dveloppement), et du Fogape (Fonds de Garantie aux Petites Entreprises) devrait tre source dinspiration dans la rflexion sur sa gestion et peut tre suggrer la sparation des institutions elles-mmes de leur gestion.

Les ressources de cette institution proviendraient dun prlvement sur les ressources PPTE. Pour son administration, et pour ne pas tomber dans les erreurs du pass, sa gestion devra tre confie, linstar du Fonds routier, des professionnels choisis pour leurs comptences et soumis un contrle et une valuation rguliers et permanents, conformment leurs cahiers de charges et au cadre logique de banque.

Cette structure constituera aussi un fonds de garantie et de capital risque pour les MPE en sinspirant des expriences en cours au Cameroun comme CENA INVEST et FAMCA S.A. De plus les objectifs de promotion et de dveloppement des MPE ne peuvent tre atteints que si les services dappuis financiers sont complts par un rseau efficace de services dappuis non financiers. Dans cette approche la formation la gestion et laide au dveloppement des services juridiques, fiscaux et comptables des oprateurs privs et surtout des plus jeunes sont des appuis indispensables lclosion des MPE viables.

Il faut aussi renforcer les cabinets dappui conseils qui sont comptents pour tablir un diagnostic appropri de lentreprise, du projet, du dossier de crdit. Il en est de mme des associations professionnelles des MPE. Toutefois il faudra instituer un taxe lgre sur le rsultat des MPE bnficiaire des financements de cette nouvelle structure.IV-3. Instituer une taxe PPTEPour accrotre les possibilits de la nouvelle structure, on pourrait par exemple instituer une taxe PPTE sur le rsultat annuel des MPE bnficiaires du soutien de cette structure. Cependant cette taxe doit tre trs faible (environ 1% du rsultat net) pour ne accrotre les charges de fonctionnement des jeunes entreprises. Cette taxe devant prendre fin ds que lentreprise aura rembours entirement les fonds reus. Aussi, cette taxe doit tre indexe sur le montant du financement reu.

Dautres taxes peuvent tre institues sous dautres formes pour financer les activits de cette structure de financement des MPE.

IV-4. Participer au choix des projets sociaux financer.

Dans une autre approche, on devrait associer les associations professionnelles et organisations patronales des MPE au choix des projets dinvestissement public qui doivent bnficier des ressources PPTE en association avec les collectivits territoriales dcentralises. En effet, dans lobjectif de renforcer la transparence, la responsabilisation et lamlioration des services sociaux de base, il est impratif que les populations bnficiaires participent la slection des projets sociaux financer dans lintrt du plus grand nombre.V- Conclusion.

Cette tude sinscrit dans le cadre des suggestions visant traduire dans les faits la volont de sattaquer au problme de la pauvret. Elle pose la problmatique du financement du DSRP comme condition sans laquelle il ny aura point datteinte des objectifs de rduction de la pauvret conformment aux Objectifs du Millnaire pour le Dveloppement.Aprs avoir atteint le point de dcision de linitiative PPTE en 2000, tabli son Document de Stratgie de Rduction de la Pauvret adopt en 2003, le Cameroun a atteint le point dachvement en avril 2006.

Le bouclage et la cohrence du Document de Stratgie de Rduction de la Pauvret imposent en effet au Cameroun de porter le taux brut dinvestissement de 18% actuel 25-30%. Pour y parvenir, il faut accrotre les possibilits daccs au financement des Micro/Petites Entreprises qui accumulent des besoins de financement importants non satisfaits. Do la ncessit daffecter une partie des ressources dgages dans le cadre de linitiative PPTE au financement direct des MPE travers la cration dune structure de financement de ces dernires et partant, de la croissance.

Cette approche permettra de faire de la MPE le vecteur de la cration de la richesse, de consolidation de la croissance pourvoyeuse des moyens de lutte contre la pauvret. Cependant la russite de ce projet ncessite la recherche de ladhsion totale et la contribution forte de lensemble des acteurs sociaux au programme de rduction de la pauvret.BIBLIOGRAPHIE

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E -mail: HYPERLINK "mailto:[email protected]" [email protected] , tlphone (237) 998 01 90.

E mail: HYPERLINK "mailto:[email protected]" [email protected], tlphone (237) 751 49 46.

Les exemples les plus rcents en matire dattrait des investissements sont ceux des pays dAsie du Sud Est, et principalement de la Chine; les taux dinvestissement global y ont t de 30% du PIB durant les annes 1980, dont 18% en moyenne pour linvestissement priv, soit 60% de linvestissement total. De mme dans les pays les moins dvelopps dAsie de lEst Philippines, Sri Lanka, Indonsie la part de linvestissement priv sest situe gnralement 70, 60 et 58% de linvestissement total respectivement au long des annes 1990. plus proche de nous, il y a lieu de citer le cas du Tchad et surtout de la Guine Equatoriale. Ce dernier pays ralise depuis plus de cinq ans un taux de croissance annuel deux chiffres, rsultat de limportance et du soutien des investissements principalement dans le secteur ptrolier et des infrastructures. Au Tchad, le taux de croissance est suprieur 20% en 2004, consquence de la manne tire de lexploitation ptrolire des champs de Doba, et des investissements de prs de 4 milliards de US$ raliss par les compagnies ptrolires.

Voir Institut National de la Statistique

Au Cameroun, les MPE contribuent plus de 30% du PNB, 70% la consommation totale des mnages, regroupent prs de 34% de lensemble des mnages du pays, emploient prs de 46% de la population active et 60% des jeunes urbains, soient 80% de la population active si lon inclue les secteurs de lagriculture, de llevage et de la pche.( BOMDA, 2006)

Le point de dcision dcrte de manire irrvocable lligibilit d un pays linitiative et dclenche une assistance intrimaire qui permet de rduire le service de la dette.

Le point dachvement est le niveau o les performances satisfaisantes du pays dans la lutte contre la pauvret permettent dengager les mesures de rduction portant sur lensemble du stock de la dette.

Pour plus de dtail voir CLING J.P., RAZAFINDRAKOTO M., et ROUBAUD F, (2003).

Le PIB est pass de 1000 milliards de FCFA en 1978/1979 2172 milliards en 1981/1982 et 4135 milliards en 1985/1986. voir Institut .National de la .Statistique.

Une enqute mene sur les conditions de vie des mnages en 1996 a rvl que la pauvret touchait 50, 5% de la population camerounaise soit plus de six millions et demi de personnes. Lindice de dveloppement humain (IDH) se situe 0, 536 plaant le Cameroun au 134me rang sur 174 pays en 1997, lindice de la pauvret humaine (IPH) atteint 38, 1%. Voir Cameroun, Document de Stratgie de Rduction de la Pauvret, Document intrimaire, 2000, Page 8.

Voir par exemple CCIMA, Quelle stratgie de financement de lconomie camerounaise? le cas des micro, petites et moyennes entreprises(MPME), Note de Conjoncture de lObservatoire Economique, n7, 2005.

Voir, CRETES, Enqute sur les besoins de financement des PME, 1994.

Voir par exemple CCMIA, art. cit. qui propose quon institue une taxe lexportation des ressources naturelles du pays et une taxe sur la distribution des crdits.

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