Paraissant les Mardis t Jeudis et Samedis. JOURNAL D ... ?· Du reste, il montrait l e plus grand calme.…

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    21-Aug-2018

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  • SAMEDI 10 MARS. (N* 30 14E ANNE

    POLITIQUE, LITTRATURE, INDUSTRIE, COMMERCE.

    ON S'ABONNEAu bureau , place du March-Noir, et chez MM. DUBOSSE,JAVAUD, GODFROY , et M lle

    NIVERLET . libraires Saumur.

    Paraissant les Mardis t Jeudis et Samedis.

    JOURNAL D'ANNONCES, INSERTIONS LGALES ET AVIS DIVERS.

    Saumur. parfitpuste " ; ,

    Un an. . . 18 f. \ >if.>v ; de quatre heures,

    Les Russes , dit ce journal, ont bien choisi leur

    point d'attaque. L'endroit le plus faible de la place

    est celui qu'ils ont tent d'emporter ; ils avaient de

    plus l'avantage, en se dirigeant sur cette partie de

    nos dfenses, d'lre peu incommods par le feu des

    fortins Dans ce calcul ils avaient quitt la route

    qui vient de Potehelha et s'taient rapprochs du

    grand lac qui s'tend prs de la ville. Arrivs prs

    du foss, ils ont trouv un obstacle sur lequel ils n'a-

    vaient pas compt ; le foss tait plein d'eau ame-

    ne du lac par les officiers du gnie franais, qui

    avaient prsid l'tablissement des dfenses de la

    place. Lancs rsolument en avant, les Russes ontl

    reus par un feu terrible de mousquetterie auquel

    leurs tirailleurs et l'artillerie rpondaient de leur

    mieux. Les Egyptiens onl fait preuve de sang-froid;

    leurs coups taient admirablement bien ajusts. Ce-

    pendant les Russes sont arrivs jusqu'au bord du

    foss. Mais il leur a l impossible d'aller plus loin.

    Ils taient foudroys presqu' bout portant. Pour

    franchir le foss plein d'eau dont ils ne connaissaient

    pas la profondeur, il et fallu des ponts volants. Ils

    avaient bien apport des planches; mais par un de

    ces hasards qui se rencontrent, les planches laient

    trop courtes el n'arrivaient pas l'autre bord du

    foss. Il n'en fallait pas davantage pour dcourager

    le soldat. Ces Iroupes rappeles ontl remplaces

    mais si je trouble vos plaisirs, ce n'est pas loul-.i-fait ma

    faute ; je me suis prsent deux fois chez vous dans la

    journe , sans avoir pu vous rencontrer. H est vrai ,

    Monsieur , mes chevaux couraient aujourd'hui , et vous

    comprenez... Trs-bien ! reprit l'inconnu en l'interrom-

    pant. Je sais qu' vos yeux cet intrt passe avant tous

    les autres. Ces nobles btes sont bien dignes d'une

    telle prfrence , et si vous les connaissiez vous la trou-

    veriez tonte naturelle. C'est po-sible, et je n'ai rien

    dire cela. Je souhaiterais mme que vos chevaux vous

    occupassent si exclusivement qu'il ne vou restt pas de

    temps pour songer des hommes qui ne seraient pas

    contraints alors de venir vous demander compte des ju-

    gements que vous portez sur eux. Je ne vous com-

    prends pas , Monsieur. Un mot va vous mettre au

    fait : je me nomme le comte de Clavires. Ah ! j'y

    suis ! A merveille ! je n'aurai donc pas besoin de vous

    expliquer l'objet de ma visite. Vous venez pour ter-

    miner l'amiable la sotte querelle qui s'est leve entre

    monsieur votre fils et moi. Mon Dieu , j'aurais voulu que

    l'affaire pt s'arranger ainsi , mais j'en suis bien fch,

    Monsieur , il est trop tard. Votre intelligence , je le

    vois, n'est ni aussi prompte ni aussi sre que je l'avais

    espr d'abord. Que voulez-vous dire ? Je veux

    dire, Monsieur, que vous vous mprenez compltement

    sur mes intentions. Ah bah!11 n'est nullement ques-

    tion d'arrangement amiable. Cependant , dit le com-

    pagnon dn comte , il me semble que si Monsieur voulait

    on pouvait entendre la raison... Pardon , mon cher

    monsieur Brmont ! interrompit M. de Clavires. Veuil-

    lez ne pas oublier ce que vous m'avez promis en me pro-

    posant de m'accompagner auprs de monsieur : je n'ai

    accept votre offre qu' la condition que vous tiendriez

    votre promesse. C'est juste , et je me tais ! De quoi

    s'agit-il donc ? demanda d'Armentires. Vous allez le

    savoir. Je vous connais de rputation, Monsieur; je

    n'ignore point que vous tes de ces hommes qu'un duel

    n'effraie pas et qui sont mme bien aises de trouver de

    temps en temps cette occasion de faire parler d'eux.

    Soyez donc tranquille ! Vous aurez votre duel ; seule-

    ment ce ne sera pas avec mon fils que vous vous battrez.

    El avec qui , s'il vous plat ? Avec moi. Vous

    voulez plaisanter , sans doute , rpliqua d'Armentires

    en dirigeant vers le front chauve de son interlocuteur un

    regard o se peignait une impertinente surprise. Il

    me semble que je n'en ai pas l'air , rpondit le comte

    d'un ion calme et ferme. Mais , Monsieur , j'ai affaire

    monsieur votre fils et non pas vous. Eh bien ,

    Monsieur , je viens vous prier de ne pas me refuser

    l'honneur que vous vouliez bien faire mon fils.

    C'est avec un vritable regret que je vous rsiste ,

    Monsieur , mais vous comprenez aisment que je ne

    peux pas me battre avec toute une famille. Voil que

    votre intelligence vous fait encore dfaut ! Il ne s'agit

    pas le moins du monde de vous battre avec tonte une fa-

    mille ; il ne s'agit pas non plus de deux duels ; c'est

    tout simplement une substitution que je vous propose ,

    et que je suis prt exiger au besoin. Ah ! vous tes

    prt l'exiger ? Parfaitement ! et j'en ai le droit.

    C'est devant mon fils que vous avez profr les injurieu-

    ses paroles qui ont provoqu son juste ressentiment ,

    mais ces paroles n'attaquaient que moi, vous n'en dis-

    par des troupes fraches qui ont rencontr les m-

    mes obstacles el ont cd de la mme faon. Cette

    fois le mouvement de retraite tait gnral. L'en-

    nemi, relevaut ses blesss, renonait enlever Eu-

    patoria.

    A ce moment, chacun pressait Omer-Pacha de

    faire sorlir ses troupes et de les lancer la pour-

    suite de l'ennemi. Mais le gnralissime, toujours

    matre de lui-mme, ne se laissa point emporter par

    l'ardeur de ses soldats. Les Egyptiens seuls furent

    chargs de suivre l'ennemi et de surveiller son

    mouvement de retraite sans s'loigner du canon des

    redoutes; ils coururent au derniers rangs des Rus-ses avec lesquels ils changrent encore une vive

    fusillade. C'est ce moment, me raconte-t on, queSlim-Pacha a t tu. Sa mort a t un deuil pour

    tous ses soldats. Orner- Pacha en parat profond-

    ment affect. Slim-Pacha tait nn des officiers de

    l'cole d'Ibrahim-Pacha ; il avait fait avec lui les

    campagnes d'Arabie et de la Haute-Egypte. Pen-

    dant Ion le l'anne dernire, il a t constamment au

    premier rang partout o l'arme a rencontr lesRusses. I '

    On a ramass, chiffre officiel, 500 morls rus-

    ses. On a pris un canon; d'autres, disent cinq et

    mme neuf; l'ennemi a abandonn des charriols

    chargs d'chelles. Je ne parle pas des fusils, sa-

    bres , etc. Omer-Pacha est enchant des fusens franais ;

    il a adress de chauds compliments l'officier qui

    commande leur batterie et au chef d'escadron Os-

    mont. On craignait un retour des Russes pour le 18 , et ,

    ds le 17, Omer-Pacha avait expdi le Viper Ka-

    miesch pour avertir les amiraux. Cinq frgates va-

    peur sont arrives le jour mme au soir; mais les

    Russes n'avaienl pas reparu a la date du 18.

    Les premires nouvelles du combat d'Eupatoria

    ont t apportes Constantinople par le Caradoc,

    venant de Kamiesch. Le Sneck, expdi le 19

    Varna avec une dpche tlgraphique , a chou

    le long de la cte ; il n'a pu se dgager qu'aprs de

    grands et Jongs efforts. De Varna , le Sneck s'est

    rendu Constantinople o il n'est arriv que le 24.

    Omer-Pacha , dit la Presse d'Orient , a dirig ,

    en personne, la dfense d'Eupatoria. Son sang-froid

    el son activit ont l hautement apprcis par les

    officiers franais et anglais prsents a celle brillante

    affaire. Voil bien l'homme , dit un de nos corres-

    pondants , qui , par sa prudente tactique , a su lenir

    les Russes en chec sur les bords du Danube ; ce

    sont bien l les soldats qui , par leur hroque con-

    duite Oltenitza , Citat, Kalafat , Giurgevvo . Silis

    trie, ont conquis l'admiration el l'estime de l'Europe

    entire. Le gnral Canrobert a adress une lettre de

    flicitations au sraskier. an sujet de la belle con-

    duite des troupes ottomanes Eupaloria.

    Une dpche du prince Menschikoff , que nous

    avons publie hier, portait que , dans la nuit du 24

    au 25 fvrier, deux rgiments russes avaient re-

    pouss une attaque des Franais , qui avaient perdu

    600 hommes.Lesdpches reues de Crime et qui vont jusqu'

    conviendrez pas. C'est donc moi qui suis insult par

    vous , et je ne permets personne, pas mme mon fils,

    de venger mes injures : j'aime faire mes affaires moi-

    mme. Et moi , Monsieur , j'aime faire mes affai-

    res comme j'ai dcid qu'elles seraient faites: je ne me

    soumets aux ordres ni aux caprices de personne. Oh !

    monsieur d'Armentires , rflchissez ! Vous ne voudrez

    pas me forcer changer avec vous de ton et de mani-

    res. Mais , Monsieur , rflchissez vous-mme , et

    vous verrez qu'il m'est impossible d'accepter votre pro-

    position. Ah ! je comprends ! Votre regard explique

    votre pense: ce sont mes cheveux gris qui vous arr-

    lent. U fallait y songer avant de m'insulter, Mousieur;

    maintenant il ne vous est plus permis de les voir. Sti n'eo

    suis pas moins touch de votre charitable compassion :

    monsi.ur d'Armentires daigne avoir piti de moi !

    C'est admirable en vrit ! Rassurez-vous pourtant et fai-

    tes taire vos scrupules. L'homme qui se place aujourd'hui

    devant vous, arm de son droit et

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