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PEC ETAT LIMITE

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Travail de fin dtudes - Diplme dEtat Infirmier

Prise en charge dun patient Etat Limite : de la pathologie du lien la relation thrapeutiquePhylicia Chan Po Woo

____________________________________________________________ Institut de formation en soins infirmiers Charles Perrens 121, Rue de la Bchade - 33076 Bordeaux Cedex Promotion 2006-2009

Prise en charge dun patient Etat Limite : de la pathologie du lien la relation thrapeutique

Remerciements

Jadresse mes remerciements aux diffrentes personnes qui mont aid tout au long de ce travail, en particulier : - Mme Alice Marmion, cadre de sant et enseignante lInstitut de Formation en Soins Infirmiers Charles Perrens, qui en tant que formatrice rfrente pour ce travail, ma apport conseils et soutien tout au long de sa ralisation, -Tous les formateurs qui mont encadre tout au long de ces 3 annes de formation : Mme Prier, Mme Galand Bernet, Mme Hourdebaigt, Mme Toulouse, Mme Leyrat, Mr Osmond, Mme Lafont, Mme Alice Marmion, -Madame Massard, bibliothcaire de lIFSI Charles Perrens, qui nous a aid dans la mise en forme de lcrit, - Le personnel des diffrents services de psychiatrie Pons , Rgis et UICA au sein desquels jai effectu un stage trs formateur en terme de soins infirmiers en Psychiatrie, - Mon entourage personnel, - Mes collgues de promotion pour leur soutien et leurs encouragements.

Borderline tre construit de dualits, Prcarit du bien et du mal, Du positif ou ngatif de ses cts, Rsultante d'une survie animale... Le cur battant fleur de peau, L'amour et le rejet qui dansent, L'abandon, mre de tous les maux, Boucle infinie de la mme souffrance... Idalisation de l'autre par le bon, Dvalorisant celui-ci du mauvais, L'objet d'amour tournant en rond, Cicatrices d'une peau panse de plaies Comment accoucher de cette douleur? Comment choisir la renaissance? Comment teinter cette vie de mille couleurs? Voil le beau dfi de la borderline !!!

Benot, Borderline 1 Membre de lassociation daide aux personnes avec un tat limite (AAPEL), http://www.aapel.org/temoignages/poemes.html1

SommaireINTRODUCTION..p.2

1-Prsentation de la situation..p.3 1-1-Situation de soins..p.3 1-2-Questionnementp.4 1-3-Problmatique...p.5

2-Cadre thorique.............................................p.6 2-1-Comprendre la relation du sujet Etat Limite....p.6 2-1-1) Un arrt du dveloppement au stade anal.p.6 2-1-2) Dpendance lie une difficult au cours du processus de sparationp.7 2-1-3) La relation anaclitique chez ltat limite..p.8 2-1-4) Langoisse dpressive lie une relation anaclitique menace.p.10 2-1-5) Besoin, demande, dsir..p.10 2-2-Le passage lactep.11 2-2-1) Le passage lacte issu une absence dlaborationp.11 2-2-2) Dfaut de symbolisation lorigine dune incapacit mentaliser...p.12

2-2-3) Recours aux passages lacte sur le corps.p.13 2-2-4) Le passage lacte comme dfense..p.13

3-Analyse.....................................................................................................................p.15

4-Perspectives professionnelles..p.19 CONCLUSION...........................................................................................................p.23

BIBLIOGRAPHIEp.24

INTRODUCTIONEn entrant dans la formation, jtais consciente du fait que le mtier dinfirmier ncessitait de grandes capacits relationnelles que je pensais possder et pouvoir matriser. Par ailleurs, jtais persuade que la construction de la relation soignantsoign coulait de source . A ma grande surprise, mon premier stage de premire anne en psychiatrie, je me suis trs vite sentie dmunie face aux patients. Je me suis rendue compte que la relation soignante constitue un lment fondamental du soin, particulirement en psychiatrie. Lanalyse de la situation de soins et de la relation avec Melle CF, patiente diagnostique Etat Limite dont je me suis occupe en service dadmission en Psychiatrie, va me permettre dapprofondir des notions trs importantes dans la relation soignant-soigne telle que la rencontre, louverture lautre, le travail sur soi, laccueil de la souffrance de lautre, le maternage, la fonction de contenance, de par excitation, de transfert et de contre-transfert. Llaboration de ce mmoire me permettra de progresser dans la relation envers les patients selon leurs capacits relationnelles. Par ailleurs, au travers de ce travail, je comprends mieux la notion de relation thrapeutique, comme relation qui, non seulement tient compte, mais sadresse la problmatique relationnelle de la personne pour produire des effets thrapeutiques.

Prsentation de la situationSituation de soinsIl sagit de mon troisime stage de 2me anne. Je suis dans une unit dadmission en hpital psychiatrique. Jai charge 4 patients dont Melle CF, ge de 21 ans, hospitalise depuis trois mois dans le service en hospitalisation libre. Melle CF est venue volontairement dans le but dallger son traitement en neuroleptiques. Elle est connue du service, le diagnostic pos est celui dtat limite. Melle CF prsente principalement un sentiment de vide intrieur intense et des ractions impulsives, auto-agressives se traduisant par de frquentes automutilations type de scarifications. Il y a deux ans, Melle CF a fait une tentative de suicide en percutant un mur moto. Melle CF comprend que je la prends en charge rgulirement. La situation dbute ds la deuxime semaine de mon stage. Progressivement et rapidement, elle me sollicite pour de multiples demandes. Elle veut, par exemple, que je laccompagne trs rgulirement dans la cour intrieure du service pour fumer car elle a des envies irrpressibles de se brler avec sa cigarette dit-elle. Un jour, que jaccepte de ly accompagner, tout en fumant, elle me pose de nombreuses questions sur ma vie personnelle auxquelles je ne rponds pas. Au mme instant, elle veut savoir si elle peut mappeler par mon prnom. Je rponds ngativement et lui explique que je ne suis pas l pour construire une relation damiti avec les patients. Le mme jour, Melle CF et moi, seules dans la salle de soins pour un soin de dsinfection de ses avant-bras (nombreuses brlures la cigarette quelle stait infliges il y a 1 mois), elle me tutoie et mappelle par mon prnom. Je lui fais immdiatement part de la ncessit de nous vouvoyer. Mais Melle CF ignore totalement ma recommandation. Jen parle alors avec une soignante qui me dit de laisser Melle CF mappeler par mon prnom, que cela ne reprsente pas un danger . Par contre, elle me conseille aussi de reprendre la question du tutoiement avec Melle CF. Ce que je mapplique faire mais en vain. Je ressens alors un sentiment dapprhension et dinconfort sur les consquences que pourraient engendrer leffondrement de cette barrire thrapeutique que reprsente le tutoiement. Une situation, qui apparemment ne choquait point dautres soignants car nombreux dentres eux taient tutoys par les patients. Pendant une semaine, tous les jours, Melle CF demande ce que ce soit absolument moi qui lui fasse ses soins. Elle me rclame pour les moindres demandes, minterpelle et me monopolise chaque fois que je passe dans le salon ou le couloir. Plus les jours passent, plus mon sentiment de gne se majore. Et pourtant, jadhre compltement cette relation trs particulire. Je me laisse entraner malgr moi.

Cette situation dure 2 semaines. A la 4me semaine de mon stage, lors dun entretien informel, je parviens difficilement mener la discussion car je me suis surprise tutoyer Melle CF. A cela sajoute un autre facteur de difficult : elle prsente ce moment l un tel vide intrieur que jai la sensation dtre envahie, happe par cette patiente qui cherche sidentifier moi, me dit-elle lors de lentretien. Avant mme que jen parle lquipe soignante, une infirmire me fait remarquer que Melle CF me manipule . Elle me dit aussi que Melle CF me phagocyte trop . Ainsi, je dois cesser de moccuper de Melle CF et ne plus rpondre ses demandes. Sur ce, je prends difficilement mes distances avec la patiente et passe le relais mes collgues ds le lendemain. Lillustration suivante sest droule le premier jour o jai cess de la prendre en charge la demande de lquipe. Il est 7h30, lheure habituelle de la distribution des mdicaments. Melle CF entre dans la salle de soins, se prsente au niveau du chariot et me dit Bonjour . Elle sattend ce que je lui administre son traitement mais cest ma collgue qui le fait. Melle CF refuse alors de prendre ses comprims et demande ma collgue ce que ce soit moi qui les lui donne. Ma collgue refuse catgoriquement daccder sa demande et lui dit que dornavant si elle a des demandes, elle doit les formuler aux infirmiers et non la stagiaire. Melle CF me regarde alors fixement et repart sans son traitement (quelle prendra plus tard, au petit djeuner). Au niveau de la porte, elle se retourne soudainement et nous dit quelle nous dteste . Par la suite, elle ne madresse plus la parole. Elle utilise des mots trs agressifs quand elle me fait part de ses rares demandes. Elle ne me regarde plus et ne minterpelle plus dans le couloir. Les jours suivants, Melle CF recommence se scarifier et se brler la cigarette. Je suis envahie par deux sentiments contradictoires. En effet, je ressens de la satisfaction (davoir pu mettre de la distance dans cette relation) et de la culpabilit. Ces passages lacte sont-ils un aprs-coup de mon nouveau positionnement ? Quen penser ? Le dernier jour de mon stage, avant de quitter le service, je salue lensemble des patients se trouvant dans la cour intrieure. Melle CF vient vers moi, me serre la main et me dit calmement que de toute faon elle me reverra lIFSI car y viendra intentionnellement pour prendre son caf. Sur ce, je quitte le service avec un sentiment ineffable, celui peut-tre de lchec et de la culpabilit. Due de navoir pas su grer une distance thrapeutique ncessaire en psychiatrie, de navoir pas su me positionner dans cette relation. Coupable de navoir pas aid Melle CF dans sa p

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