PROGRAMME - OCL violon et la clarinette, mais se rend compte qu’il أ©prouve une passion croissante

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  • PROGRAMME DU CONCERT

    SÉRIE LES

    DOMINICALES

  • DIMANCHE 22 NOVEMBRE 2015, 11H15 SALLE MÉTROPOLE – LAUSANNE

    FRANCIS POULENC 1899–1963

    Sinfonietta (30’)

    1. Allegro con fuoco 2. Scherzo : molto vivace 3. Andante cantabile 4. Prestissimo

    SERGE KOUSSEVITZKY 1874–1951

    Concerto pour contrebasse et orchestre en fa dièse mineur, op. 3 (20’)

    1. Allegro 2. Andante 3. Allegro

    LORENZO VIOTTI DIRECTION

    DANIEL SPÖRRI CONTREBASSE

    ORCHESTRE DE CHAMBRE DE LAUSANNE

    FRANÇOIS SOCHARD, PREMIER VIOLON SOLO

    Serge Koussevitzky n’est pas facile à situer. Il fait partie des figures majeures de la musique du XXe siècle, mais on ne sait pas trop s’il fut compositeur comme Stravinsky, chef d’orchestre comme Stokowski ou impresario comme Diaghilev. En réalité, il fut à la fois l’un et l’autre. Contrebassiste virtuose de l’orchestre du Bolchoï, chef d’orchestre dans la Russie des derniers tsars, éditeur (de Prokofiev et Stravinsky), il préféra choisir l’exil que de subir les conséquences de la Révolution.

    On le retrouve à Paris, où il crée dans les an- nées 20 les Concerts symphoniques Koussevitzky, puis aux États-Unis où il devient en 1924 directeur du Boston Symphony Orchestra à la suite de Pierre Monteux. Poste qui lui permet de passer commande aux plus célèbres compositeurs de son époque, européens (on lui doit la Symphonie de psaumes de Stravinsky, la Troisième sym- phonie de Roussel, la Turangalîla-Symphonie de Messiaen, etc.) ou américains (Barber, Copland, Bernstein…). La Fondation Koussevitzky, à partir de 1942, poursuivra cette œuvre à une plus grande échelle et permettra ainsi à Britten de composer Peter Grimes.

    Compositeur, Koussevitzky ne laissa pas un grand nombre de partitions, soucieux qu’il était de promouvoir celles de ses contemporains. Il mit à profit toutefois sa formation de contrebas- siste, arrangea pour son instrument le Concerto pour basson K 191 de Mozart, et composa en 1902 un Concerto pour contrebasse et orchestre, permettant de disposer d’une œuvre pour soliste digne de ce nom, à la suite des rares concertos de Dragonetti ou Bottesini. L’œuvre fut créée le 25 février 1905 par la Société philharmonique de Moscou, avec le compositeur en soliste. Elle est écrite dans un style qu’on qualifiera, pour aller vite, de néo-romantique, et il semble que le

    compositeur Reinhold Gliere ait contribué à son achèvement. Koussevitzky n’était guère satisfait de son propre travail d’orchestration cependant, et ne laissa à la postérité qu’une version pour contrebasse et piano de son concerto, laquelle servit de base à une nouvelle orchestration qu’en- treprit le compositeur et clarinettiste Wolfgang Meyer-Tormin (1911—1988).

    Francis Poulenc n’avait pas la générosité d’un Koussevitzky, ce qui lui permit de se consacrer à son œuvre, dont on sait qu’elle est abondante et touche à tous les domaines. Poulenc écrivit de nombreuses pages pour orchestre mais ne com- posa jamais de symphonie, sans doute parce que son tempérament ne le portait pas aux grandes architectures. C’est pourquoi, pour répondre à une commande de la BBC, il composa à partir de l’été 1947 une partition d’une durée modeste, qu’il dédia à Georges Auric, et qui fut créée à Londres, le 24 octobre 1948, par le Philharmonia Orchestra dirigé par Roger Désormière.

    La Sinfonietta de Poulenc est en réalité une symphonie en miniature qui se souvient des sym- phonies de Haydn (modèle des modèles !), comme le fait la Symphonie classique de Prokofiev, et d’œuvres concises et légères comme la Symphonie en ut de Bizet.

    On retrouve là les caractéristiques de Poulenc : souci de plaire, facilité mélodique, orchestration tranchante, rythmes sautillants, ironie grinçante ici et là qui rend la musique plus amère qu’unifor- mément aimable. Les quatre mouvements suivent la progression habituelle, du premier Allegro plein d’allant au scherzo moqueur, de l’Andante chantant au Prestissimo plein de vigueur.

    CHRISTIAN WASSELIN

    UNE SONATE HABILLÉE EN CONCERTO, UNE SYMPHONIE DÉGUISÉE EN SINFONIETTA

  • LORENZO VIOTTI DIRECTION

    Né à Lausanne dans une famille de musiciens franco-italiens, Lorenzo Viotti étudie le piano, le chant et les percussions à Lyon jusqu’à l’âge de dix-neuf ans. En 2009, il part pour Vienne étudier la direction d’orchestre avec Georg Mark. Parallèlement, il est percussionniste au sein du Radio-Symphonieorchester Wien et du Wiener Philharmoniker. Lorenzo Viotti poursuit sa forma- tion de chef à Weimar au sein de la Hochschule für Musik Franz Liszt avec Nicolas Pasquet. Il fait ses débuts au pupitre en 2013, à Vienne, à la tête de l’Akademisches Symphonie Orchester,

    puis à Iéna, avec le Philharmonisches Orchester de la ville. Il dirige son premier opéra, Le nozze di Figaro, au Schlosstheater de Schönbrunn. La même année, il remporte, à l’âge de vingt-trois ans, le concours de la Mitteldeutscher Rundfunk (MDR) de Leipzig et celui de Cadaquès (Espagne). Deux victoires qui lui assurent des engagements à la tête des orchestres les plus prestigieux.

    Il a dirigé en juin 2015 La Belle Hélène au Théâtre du Châtelet à Paris.

    UN CONCERTO POUR CONTREBASSE : EH OUI, KOUSSEVITZKY EN A COMPOSÉ UN ! IL SERA CONFRONTÉ ICI À LA LÉGÈRE ET GRIN- ÇANTE SINFONIETTA DE POULENC.

    S’IL EXISTE DE NOMBREUX CONCERTOS POUR VIOLON ET QUELQUES-UNS POUR VIOLONCELLE, VOIRE POUR ALTO, LA CONTREBASSE EST BEAUCOUP MOINS BIEN POURVUE. SERGE KOUSSEVITZKY, QUI FUT VIRTUOSE DE L’INSTRUMENT, EN A ÉCRIT UN AU TOUT DÉBUT DU XX e SIÈCLE. IL SERA ICI INTERPRÉTÉ EN COMPAGNIE D'UNE BRÈVE SYMPHONIE QUE POULENC PRÉFÉRA PUDIQUEMENT BAPTISER « SINFONIETTA ».

    Daniel Spörri est issu d’une famille de musiciens du canton d’Argovie. Enfant, il apprend d’abord le violon et la clarinette, mais se rend compte qu’il éprouve une passion croissante pour les instruments à la tessiture grave. Il intègre alors des formations de jazz, et joue des musiques de tango, des musiques klezmer et des musiques populaires suisses. Au lycée, Ueli Lange lui ouvre la porte de la contrebasse classique.

    Daniel Spörri étudie avec Andreas Cincera et Harald Friedrich à la Hochschule der Künste de Zurich où il obtient ses masters en pédagogie

    musicale et en pratique orchestrale. Il continue d’étudier avec Johannes Auersperg, Piotr Stefaniak et Harald Friedrich. Depuis 1997, il est membre de l’Orchestre de Chambre de Lausanne. C’est aussi un chambriste passionné, qui interprète avec sa femme Yukiko Tanaka le répertoire de contrebasse. Il a interprété avec l’OCL des concer- tos pour contrebasse de Bottesini, Dittersorf et Sperger. Pour interpréter les concertos du XVIIIe siècle, il utilise « l’accord viennois » en ré majeur, qui lui permet d’être en phase avec la tradition historique.

    DANIEL SPÖRRI CONTREBASSE

  • Fondé en 1942 par le violoniste Victor Desarzens, l’Orchestre de Chambre de Lausanne (OCL) n’a cessé de déployer ses ailes pour devenir aujourd’hui l’une des phalanges de chambre les plus deman- dées d’Europe. La nomination à sa tête en 2015 de l’un des jeunes chefs les plus prometteurs de la nouvelle génération, l’Américain Joshua Weilerstein, en est la preuve éclatante. De formation Mannheim (soit une quarantaine d’instrumentistes), l’orchestre embrasse un vaste répertoire qui va des premiers baroques à la création contemporaine. Très vite convié à l’étranger — il participe au Festival d’Aix- en-Provence dès la deuxième édition, ses tournées en Allemagne puis aux États-Unis sont des succès retentissants, comme ses concerts plus récents au Théâtre des Champs-Élysées, au Musikverein de Vienne ou aux BBC Proms de Londres. Parmi ses dernières invitations, on citera le Théâtre

    Mariinski de Saint-Pétersbourg, le Festival Rostropovitch de Moscou et le Festival d’Istanbul.

    Ses concerts sont rythmés par l’engagement de solistes de premier plan : de Clara Haskil, Alfred Cortot, Walter Gieseking et Edwin Fischer à Murray Perahia, Radu Lupu, Martha Argerich et Nikolai Lugansky chez les pianistes, d’Arthur Grumiaux à Frank Peter Zimmermann chez les violonistes, de Paul Tortelier à Truls Mørk chez les violoncellistes, ou encore de Jean-Pierre Rampal à Emmanuel Pahud chez les flûtistes, les plus grands noms l’ont gratifié de leur concours et continuent plus que jamais à lui faire confiance. L’OCL a aussi toujours su attirer les baguettes les plus intéressantes du moment : de Günter Wand à Charles Dutoit, de Paul Hindemith à Ton Koopman, de Jeffrey Tate à Bertrand de Billy

    L’ORCHESTRE DE CHAMBRE DE LAUSANNE

    (actuel principal chef invité), il s’enrichit sous leur direction des influences les plus diverses. À l’instar du disque, qui offre un miroir pérenne de cet es- prit d’ouverture : de l’intégrale des opéras de Haydn dans les années 1970–1980 sous la direction d’Antal Dorati aux concertos de Beethoven avec Christian Zacharias (qui viennent de sortir en DVD chez Bel Air Media), en passant par les récentes gravures chez Alpha consacrées à Schönberg et Webern (avec Heinz Holliger) et à Spohr (avec Paul Meyer), à la faveur d’une nouvelle collabora- tion avec Outhere Music, la vitrine est séduisante et parfaitement en phase avec l’identité historique