Rapport annuel 2013 (Français)

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    10-Mar-2016

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Rapport annuel 2013 - Jardin botanique national de Belgique

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    Jardin botanique national de Belgique

    Rapport annuel 2013

  • Jardin botanique national de Belgique

    Rapport annuel 2013

  • Le nouvel nonc de la mission du Jardin : Explorer, tudier et dcrire le monde vgtal, le prserver et le faire connatre pour construire ensemble un avenir durable incarne merveille les valeurs que nous portons, tant en Belgique que dans le monde entier.

    De nos jours, les jardins botaniques tels que le ntre ont des missions plus exhaustives que dautres organisations axes sur les plantes. Ils combinent la recherche fondamentale, comme la taxonomie et la phylognie, avec des programmes concrets de conservation ex situ et in situ. Ils dif-fusent cette connaissance du monde vgtal afin de sensibiliser le grand public au rle vital jou par les plantes dans notre vie quotidienne.

    Notre quipe de spcialistes collabore quoti-diennement avec un large ventail de personnes ou dorganisations, tant en Belgique qu ltranger, en vue de faire voluer la socit et promouvoir un avenir plus durable. Notre rseau collaboratif inclut galement les coles primaires et secon-daires, les universits et dautres institutions lies la recherche en botanique et la conservation des plantes.

    Au cours de cette anne, les membres de notre quipe ont contribu de faon significative linventaire de la biodiversit mondiale. Ils ont pu y parvenir grce leur expertise et grce la somme de nos diffrentes collections scientifiques uniques, rassembles tout au long de lhistoire du Jardin. Les exemples mis en vidence dans ce rap-port annuel dmontrent comment les mthodes traditionnelles se combinent aux pratiques scien-tifiques modernes pour dcrire la diversit des plantes et en retracer lhistoire.

    tant donn quun tiers de la flore mondiale est menace dextinction, limportance dassocier la conservation des plantes in situ et ex situ ne fera que saccrotre. En 2013, le Jardin sest engag dans un grand projet financ par lEurope visant restau-rer cologiquement lun des cosystmes belges les plus fragiles. Plus loin, nous avons examin la valeur conomique des forts africaines en ma-tire de champignons sauvages comestibles afin de dmontrer combien la conservation des forts contribue rduire la pnurie alimentaire et la

    malnutrition. Voil un sujet important lheure o les responsables politiques du monde entier incorporent les modles conomiques dans leurs processus de dcision.

    2013 a galement t une anne passion-nante pour notre personnel travaillant sur des collections dhistoire naturelle qui avaient t jusqualors largement oublies . Ces collections ont enfin reu lattention quelles mritaient et sont maintenant soigneusement inventories et examines.

    Les collections vivantes intrieures et ext-rieures du Jardin ont t largies. Nombre dentre elles sont pertinentes pour la recherche, la conser-vation et les programmes ducatifs. Au cours de lanne, nous avons t heureux de renforcer leur valeur par lacquisition de nouvelles plantes fasci-nantes. Nous avons aussi tendu notre programme ducatif afin dinclure un groupe significatif de visiteurs, savoir les aveugles et les dficients visuels. Ce groupe peut maintenant bnficier de visites guides tenant compte de leurs besoins spcifiques.

    Ce rapport annuel marque la fin dune poque. Le premier janvier 2014, le Jardin a t officiel-lement transfr la Communaut flamande et rebaptis Jardin botanique Meise . Le person-nel a t transfr aux communauts flamande ou franaise, mais continuera travailler ensemble pour relever les dfis communs. La prparation de ce transfert a exig beaucoup dnergie et de bonne volont des administrations concernes : en premier lieu de la part du personnel du Jardin, mais galement de la part de nombreuses per-sonnes travaillant au niveau fdral ou dans les communauts flamande ou franaise. Grce vous tous, la transition a t soigneusement prpare et nous pouvons envisager un avenir positif.

    Pour conclure, je voudrais remercier tous les membres de notre quipe, les bnvoles, les guides, le gouvernement fdral, les gouverne-ments de la Communaut flamande et de la Com-munaut franaise et nos nombreux soutiens pour tout le travail accompli en 2013. Je suis convaincu quensemble, nous sommes prts relever les dfis qui nous attendent !

    Explorer, tudier et dcrire le monde vgtal, le prserver et le faire connatre pour construire ensemble un avenir durable.

    Avant-propos

    Steven DesseinAdministrateur gnral

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    Dcouvrir et inventorier la biodiversit

    Prserver le monde vgtal

    Comprendre les cosystmes

    (Re)connecter les plantes et les hommes

    Inspirer et informer

    Valoriser notre patrimoine

    Organisation

    Le Jardin botanique en chiffres

    lheure actuelle, le nombre total despces sur notre plante demeure inconnu. Beaucoup de ces espces restent dcouvrir, en particulier dans les rgions tropicales et au sein de groupes comme les champignons et les algues. Cela constitue une lacune scientifique importante vu que les espces sont les constituants de base des cosystmes et que leur connaissance est essentielle la compr-hension du fonctionnement de notre plante.

    Dcouvrir, dcrire, nommer et classer les espces est au cur de notre recherche scienti-fique. Nos taxonomistes combinent des mthodes classiques, comme la morphologie, lhistologie et lanatomie avec des techniques modernes, no-tamment la microscopie lectronique balayage, limagerie numrique et le barcoding de lADN. Le rsultat vise ordonner, dune manire accepte lchelle mondiale, stable et scientifique, toutes les formes de vie dans un systme qui reflte leur ori-gine et leur volution. Les donnes taxonomiques et les outils didentification, comme les Flores, dvelopps par nos spcialistes sont dune impor-tance cruciale dans de nombreux autres domaines de recherche et pour des activits but commer-cial.

    Dcouvrir et inventorier la biodiversit

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    La Flore dAfrique centrale en voie dachvement

    Une Flore est un ouvrage destin permettre lidentification des plantes. Cest un outil essentiel, non seulement pour les spcialistes de la taxonomie, mais aussi pour les cologistes, les forestiers, tous ceux qui uvrent la conservation de lenvironnement, les ethno-botanistes, ou mme les zoologistes qui sintressent par exemple au rgime alimentaire des animaux.

    Une Flore complte est disponible pour lEst et pour lOuest de lAfrique tropicale, mais pas pour la rgion centrale dont la couver-ture systmatique nest encore que partielle. Cette lacune reprsente une srieuse entrave au travail des scientifiques et des cologistes de la rgion, qui doivent faire appel un rseau de spcialistes pour identifier les espces et pointer les plus rares ou les plus menaces. Depuis 1948, le Jardin botanique sest investi dans la production de la Flore dAfrique centrale, qui, terme, doit comprendre toutes les plantes connues en Rpublique dmocratique du Congo, au Rwanda et au Burundi. ce jour, cet ouvrage comporte une centaine de volumes traitant plus de 6000 espces appartenant 180 familles. Malgr cet immense effort, ce travail ne couvre encore que 60% de la flore.

    Durant les deux dernires dcennies, le rythme de travail sest considrablement ralenti, mais en 2013 le Jardin botanique a dcid de replacer cet ambitieux projet parmi ses priorits et de lui donner un nouvel essor. Le 1er octobre 2013, un nouveau collaborateur scien-tifique a t engag tout spcialement pour coordonner les efforts en vue de terminer le traitement des 40% restants. Sa tche est de crer un solide rseau de spcialistes prts contribuer la prparation de la Flore. Ces spcialistes devront lire avec un regard critique des mil-liers darticles, tudier des centaines de milliers de spcimens dher-biers et organiser la ralisation de plusieurs milliers de dessins.

    ct de la version imprime, un environnement digital intelli-gent sera cr pour rassembler les donnes collectes. Cette version en ligne facilitera grandement laccs linformation, elle simpli-fiera la mise jour par lentre de nouvelles observations (voire de nouvelles espces) et permettra le dveloppement doutils connexes comme des applications pour tlphones mobiles. En outre, notre jardin va essayer dobtenir les fonds ncessaires pour assurer la for-mation dune quipe de botanistes locaux, capables de contribuer la production de la Flore et sa mise jour permanente en ligne. Le but est dachever la Flore dAfrique centrale et sa version lectronique dans les quinze annes venir. Cest un grand dfi relever !

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    Dcouvrir et inventorier la biodiversit

    Nouveau pour la science

    Chaque anne, nos chercheurs effectuent des missions de terrain travers le monde et dcouvrent de nouvelles espces de plantes et de champignons. De retour au laboratoire, les chantillons collects avec soin sont tudis en dtail grce divers outils et techniques scientifiques, comme le microscope optique ou le microscope ba-layage, lanalyse chimique et ltude de lADN. En 2013, 18 diatomes, 13 lichens, 1 champignon et 21 plantes fleurs, tous nouveaux pour la science, ont t dcrits par nos scientifiques.

    Grce leurs tudes, nos taxonomistes sont des acteurs-cls pour linventaire de la biodiversit mondiale. Occasionnellement, des d-couvertes peuvent mme tre faites trs prs de chez nous. Lhybride Magnolia nooteboomiana Geerinck, plante ornementale jusquici non dcrite et qui a t dcouverte le long dune avenue dIxelles dans la banlieue de Bruxelles, en est un exemple. Cest le cas galement de Cantharomyces elongatus Haelewaters & De Kesel, un champignon ec-toparasite associ un insecte et qui a t dcouvert pour la premire fois dans une fort de frnes aux Pays-Bas.

    LAfrique centrale est connue comme un hotspot de biodiversi-t et a toujours prsent un intrt particulier pour nos chercheurs. Parmi les nouvelles espces de diatomes de 2013, Cavinula lilandae Cocquyt, M.de Haan & J.C.Taylor mrite dtre mentionne, car elle est la premire algue dcrite avoir t collecte lors de lexpdition Boyekoli Ebale Congo 2010. Quasiment rien nest connu de la diver-sit des algues en Rpublique dmocratique du Congo et la descrip-tion de nombreux autres taxons est donc prvoir dans les annes venir. La mme expdition scientifique a dcouvert le lichen Piccollia congolensis Van den Broeck, Aptroot & Ertz, inconnu jusqu ce jour.

    Les tudes morphologiques et les analyses molculaires sont complmentaires dans le cadre des travaux en lichnologie. En 2013, les recherches menes au Jardin botanique ont permis la descrip-tion de trois nouveaux genres du Chili, de Madagascar et du Brsil (Austroroccella Tehler & Ertz, Savoronala Ertz, Eb.Fisch., Killmann, Razafin. & Srus. et Sergipea M.Cceres, Ertz & Aptroot).

    LHerbier du Jardin botanique abrite de nombreux spcimens non identifis de plantes fleurs dont certains, collects il y a plusieurs dizaines dannes, attendent dtre dcrits. En 2013, la recherche sur la flore africaine sest principalement oriente vers les genres Justicia (Acanthaceae) et Psychotria (Rubiaceae). De ces deux genres, res-pectivement 11 et 8 espces ont t dcrites comme nouvelles pour la science, et plusieurs sont endmiques et menaces dans la nature. Les observations de terrain sont souvent importantes pour rsoudre les problmes taxonomiques, comme dans le cas de Kalaharia schaijesii Bamps (Lamiaceae), une nouvelle espce africaine. Elle tait aupara-vant confondue avec la seule autre reprsentante du genre, mais des observations de son port et de ses caractres floraux ont dmontr quil sagissait bien dune espce distincte.

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    Avancement de la Flore d'Afrique centrale (Spermatophytes)

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    1960

    1964

    1968

    1972

    1976

    1980

    1984

    1988

    1992

    1996

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    2004

    2008

    2012

    2016

    2020

    2024

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    Les amibes protostlodes en Rpublique dmocratique du Congo

    Les amibes protostlodes sont des microorganismes bact-riophages quon trouve sur la matire vgtale morte et dont 33 espces seulement sont connues. Elles sont traditionnellement re-groupes avec les Myxomyctes et les Dictyostlides au sein des Eumyctozoaires. Lidentification des taxons est base sur les caract-ristiques morphologiques de leurs fructifications qui consistent en un pied translucide supportant une ou plusieurs spores.

    La prsence damibes protostlodes en Rpublique dmocratique du Congo a t tudie sur base de cultures de substrats collects entre Kisangani et Bumba au cours de lexpdition Boyekoli Ebale Congo 2010 . Cet inventaire est le premier ralis en Afrique cen-trale, mais des amibes protostlodes avaient dj t recenses sur le continent africain, notamment en gypte, au Kenya, au Malawi, en Ouganda et en Tanzanie.

    Des cultures ralises partir de litire arienne (ou de feuilles mortes encore attaches aux arbres), ont rvl 23 espces, soit 70% du nombre total despces dcrites de par le monde. Deux de ces taxons, Schizoplasmodiopsis reticulata et Schizoplasmodium seychellarum, sont signals pour la premire fois en Afrique. Par ailleurs, la souche LHI05 est observe pour la premire fois ailleurs que sur lle dHawa. La dcouverte de cinq taxons inconnus est dun intrt tout parti-culier. La diversit spcifique leve observe partir dun nombre limit dchantillons suggre que la rgion tudie est, tout comme Hawa, un des hotspots des amibes protostlodes en rgion tropicale.

    Rvision de quelques noms de Cyanobactries

    Pour tre publis validement, les noms scientifiques des plantes doivent respecter les rgles du Code International de Nomenclature Botanique (ICBN). Ceci permet une comprhension claire et uni-voque des noms valides par la communaut scientifique et vite, no-tamment, dutiliser un seul et mme nom pour deux taxons diffrents. Il arrive cependant que des noms ne soient pas validement publis et, dans ce cas, il faut corriger les manquements aux rgles. Ainsi par exemple Gloeobacter violaceus Rippka et al. est le nom donn, en 1974, une cyanobactrie (Cyanophyte) primitive caractrise par labsence de thylakodes, organites porteurs des pigments photosynthtiques, prsents chez toutes les autres Cyanophytes. Ce caractre unique en fait un taxon dune grande importance phylogntique.

    Bien que Gloeobacter violaceus soit abondamment cit dans la lit-trature phylogntique, taxonomique ou exprimentale, on a r-cemment remarqu que le nom de genre Gloeobacter avait t publi invalidement et quil navait donc pas dexistence pour le Code Inter-national de Nomenclature Botaniqu...

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