Ravel Sonate pour violon et piano Roland Pidoux ?· Sonate pour violon et piano Sonate pour violon et…

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    05-Sep-2018

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    RavelSonate pour violon et piano

    Sonate pour violon et violoncelleTzigane, rhapsodie de concert

    pour violon et pianoTrio pour piano, violon et violoncelle

    Rgis Pasquier violon

    Roland Pidoux violoncelle

    Jean-Claude Pennetierpiano

    RavelSonate pour violon et piano

    Sonate pour violon et violoncelleTzigane, rhapsodie de concert

    pour violon et pianoTrio pour piano, violon et violoncelleRgis Pasquier

    violon

    Roland Pidoux violoncelle

    Jean-Claude Pennetierpiano

    Sonate pour violon et piano1 Allegretto.............................................................................................................................. 8342 Blues ...................................................................................................................................... 5313 Perpetuum mobile .............................................................................................................. 350

    Rgis Pasquier (violon) - Jean-Claude Pennetier (piano) Sonate pour violon et violoncelle

    4 Allegro .................................................................................................................................. 4585 Trs vif .................................................................................................................................. 3136 Lent ........................................................................................................................................ 5347 Vif, avec entrain .................................................................................................................. 523

    Rgis Pasquier (violon) - Roland Pidoux (violoncelle)8 Tzigane, rhapsodie de concert pour violon et piano .................................. 939

    Rgis Pasquier (violon) - Jean-Claude Pennetier (piano)Trio pour piano, violon et violoncelle

    9 Modr ................................................................................................................................ 95110 Pantoum (assez vif) ............................................................................................................ 41611 Passacaille (trs large) ...................................................................................................... 72412 IV. Final (anim) .................................................................................................................. 535

    Jean-Claude Pennetier (piano) - Rgis Pasquier (violon) - Roland pidoux (violoncelle)

  • partout, tenant lieu de justification. Les modles proclams sont les Trios de Saint-Sans : qualit du son, mtier impeccable. Le rsultat sera tout autre : Ravel samuse une forme imprvue (pantoum), clame son isolement dans une hautaine et path-tique passacaille (longuement introduite par la seule main gauche du piano), se bat,de nouveau, avec un finale qui ne peut plus tre ce qui tait prvu : la guerre venaitdclater. Ravel, alors, prend conscience de lirresponsabilit de cet art pour lart jusquici prn par principe La conversion sopre dans ce finale boucl en temptele 29 aot 1914 : initi dans les sonorits impalpables des Mallarm, le discours, soudain,stait gripp, gonfl de colre et de vhmence. Luvre sachve dans un cri.

    En France, seul musicien dimportance, Ravel fit des pieds et des mains pour aller la guerre (sa faible constitution lavait fait rformer). Tandis que (aprs lArmistice)de jeunes nigauds affirment quil est fini (quarante-cinq ans en 1920 !), on devineque son silence annonce une radicale mutation. Stupeur, en effet, lorsque le 12 dcem-bre 1920, Camille Chevillard dchane La Valse aux Concerts Lamoureux. Ctait justeaprs la parution, dans la Revue musicale (dsormais dite par la NRF et dirige parHenri Prunires) dun Duo pour violon et violoncelle si crochu, dune sonorit si impr-vue, dune verve si amre et si batailleuse que les divertissements encanaills du Groupedes Six en prenaient un sale coup : la musique renaissait bel et bien l, chez Ravel, etdautant plus fracassante que cette esquisse tait publie en hommage la mmoire deDebussy. Bien sr y taient bannis debussysme et "art pour lart" : les Six taientbattus sur leur propre terrain par un ton soudain premptoire, autorit dfinitivementconfirme lorsquen fvrier 1922 la Sonate pour violon et violoncelle rcuprera ce Duoet le prolongera en renchrissant sur les recettes "populaires" prnes tourdiment parle Groupe des Six : ah, la frocit confre la ronde enfantine qui inspire le finale !

    Ravel nuP ianiste de formation, Ravel, inspir par les Russes et Richard Strauss, tait promis devenir lun des orchestrateurs les plus subtils de lhistoire de la musique. Parailleurs (chose mal repre) son catalogue rvle combien le chant loccupa rgulirement,dun bout lautre de sa carrire, quil sagisse de mlodies microscopiques (Rves, 1927 :1 minute !) o dun gigantesque projet dopra (La Cloche engloutie, 1906 1913).Outre une rgulire production pianistique (jusqu 1918 : Frontispice), force est doncde constater que sa musique de chambre semble relever de proccupations moinsprgnantes. Et pourtant Rien de plus loquent que ce catalogue quasi marginal,moins peut-tre au niveau des genres quil choisit que du fait que ces pages, moinsexpansives, nous entretiennent dun Ravel plus direct que nulle part ailleurs.

    Schnberg consacrait une grande partie de son activit lenseignement. Ravel, lui,ne savait que composer. Ds lors, quoi ? Stait-il risqu au "parler enfanon" cher nos potes pr-classiques ? la critique passait ct de la russite miraculeuse des cinqcontes de fes voqus par Ma Mre lOye (1908, complts en avril 1910), dnonantcomme indignes ces songes devenus savoir. Ravel pigera donc une opinion resteobtuse en ayant recours au pastiche (A la manire de ) et, bientt, un no-classicisme dlibr : ce sera le Trio.

    Ravel disait plaisamment quil en avait tabli le plan, dcid du caractre des diverspisodes et rparti les couleurs avant mme den avoir cherch les thmes : faon provocante de dnoncer nombre de musiques soumises une grammaire passe-

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  • partout, tenant lieu de justification. Les modles proclams sont les Trios de Saint-Sans : qualit du son, mtier impeccable. Le rsultat sera tout autre : Ravel samuse une forme imprvue (pantoum), clame son isolement dans une hautaine et path-tique passacaille (longuement introduite par la seule main gauche du piano), se bat,de nouveau, avec un finale qui ne peut plus tre ce qui tait prvu : la guerre venaitdclater. Ravel, alors, prend conscience de lirresponsabilit de cet art pour lart jusquici prn par principe La conversion sopre dans ce finale boucl en temptele 29 aot 1914 : initi dans les sonorits impalpables des Mallarm, le discours, soudain,stait gripp, gonfl de colre et de vhmence. Luvre sachve dans un cri.

    En France, seul musicien dimportance, Ravel fit des pieds et des mains pour aller la guerre (sa faible constitution lavait fait rformer). Tandis que (aprs lArmistice)de jeunes nigauds affirment quil est fini (quarante-cinq ans en 1920 !), on devineque son silence annonce une radicale mutation. Stupeur, en effet, lorsque le 12 dcem-bre 1920, Camille Chevillard dchane La Valse aux Concerts Lamoureux. Ctait justeaprs la parution, dans la Revue musicale (dsormais dite par la NRF et dirige parHenri Prunires) dun Duo pour violon et violoncelle si crochu, dune sonorit si impr-vue, dune verve si amre et si batailleuse que les divertissements encanaills du Groupedes Six en prenaient un sale coup : la musique renaissait bel et bien l, chez Ravel, etdautant plus fracassante que cette esquisse tait publie en hommage la mmoire deDebussy. Bien sr y taient bannis debussysme et "art pour lart" : les Six taientbattus sur leur propre terrain par un ton soudain premptoire, autorit dfinitivementconfirme lorsquen fvrier 1922 la Sonate pour violon et violoncelle rcuprera ce Duoet le prolongera en renchrissant sur les recettes "populaires" prnes tourdiment parle Groupe des Six : ah, la frocit confre la ronde enfantine qui inspire le finale !

    Ravel nuP ianiste de formation, Ravel, inspir par les Russes et Richard Strauss, tait promis devenir lun des orchestrateurs les plus subtils de lhistoire de la musique. Parailleurs (chose mal repre) son catalogue rvle combien le chant loccupa rgulirement,dun bout lautre de sa carrire, quil sagisse de mlodies microscopiques (Rves, 1927 :1 minute !) o dun gigantesque projet dopra (La Cloche engloutie, 1906 1913).Outre une rgulire production pianistique (jusqu 1918 : Frontispice), force est doncde constater que sa musique de chambre semble relever de proccupations moinsprgnantes. Et pourtant Rien de plus loquent que ce catalogue quasi marginal,moins peut-tre au niveau des genres quil choisit que du fait que ces pages, moinsexpansives, nous entretiennent dun Ravel plus direct que nulle part ailleurs.

    Schnberg consacrait une grande partie de son activit lenseignement. Ravel, lui,ne savait que composer. Ds lors, quoi ? Stait-il risqu au "parler enfanon" cher nos potes pr-classiques ? la critique passait ct de la russite miraculeuse des cinqcontes de fes voqus par Ma Mre lOye (1908, complts en avril 1910), dnonantcomme indignes ces songes devenus savoir. Ravel pigera donc une opinion resteobtuse en ayant recours au pastiche (A la manire de ) et, bientt, un no-classicisme dlibr : ce sera le Trio.

    Ravel disait plaisamment quil en avait tabli le plan, dcid du caractre des diverspisodes et rparti les couleurs avant mme den avoir cherch les thmes : faon provocante de dnoncer nombre de musiques soumises une grammaire passe-

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  • RGIS PASQUIER ViolonRgis Pasquier est berc par la musique ds son plus jeune ge. A lgede 12 ans il remporte ses Premiers Prix de violon et de musique de chambreau Conservatoire National Suprieur de Musique de Paris et senvole, deuxans aprs, aux Etats-Unis.Le voyage sera dcisif : il rencontre Isaac Stern, David Ostrakh, Pierre Fournieret Nadia Boulanger. Sduit par son jeu, Zino Francescatti linvitera,quelques annes plus tard, enregistrer avec lui chez DeutscheGrammophone, le Concerto pour deux violons de Bach.

    En 1991 il est nomm Meilleur soliste de lanne des Victoires de la Musique et obtient le prixSpcial de la Nouvelle Acadmie du Disque.Il multiplie, depuis 1990, ses enregistrements : aprs des oeuvres concertantes avec lOrchestreNational de Bordeaux Aquitaine sous la direction dAlain Lombard, les Concertos de Berg et Bartkavec lOrchestre de la Radio Hongroise, il grave les uvres de Prokofiev, Brahms, Ravel. Il a galementenregistr lintgrale des Caprices de Paganini (Auvidis).Son enregistrement des Concertos de Mozart avec lOrchestre Philharmonique de Lige prcde celui desSonates pour violon et piano de Beethoven, enregistres avec Jean-Claude Pennetier, et rcompensesdune Victoire de la Musique.2003 a t une anne de tournes internationales avec orchestres et en musique de chambre :Allemagne, Espagne, Italie, Japon, Australie, Etats Unis, Amrique du Sud Depuis 1998, Rgis Pasquier joue un magnifique violon Joseph Guarnerius (Del Gesu) Cremona 1734.

    Si le Duo sinscrivit, demble, parmi les uvres les plus fortes de Ravel, le compositeur ne se fit pas faute de pasticher selon les prceptes la mode les procds les plus suspects dun rpertoire jug pendable. Paradoxalement, cest le purBla Bartk (qui hassait tout folklore corrompu !) qui suggra Tzigane, compos(1924) lintention de Jelly dAranyi, interprte fervente des deux Sonates que lefarouche hongrois venait de composer son intention La comparaison sarrte lmais, par ses malices (et le grain quelle donne moudre tout virtuose chevronn),cette uvre de demi-caractre na jamais quitt le rpertoire.

    Cest pourtant la Sonate pour violon et piano, compose simultanment (1923-27),qui remporte aujourdhui une adhsion unanime. Par le lyrisme panoui de son premier mouvement, par la frocit qui rapparat dans le Blues (expression intriorisedes fureurs de "Aouah" plutt que jazz menteur) Luvre tait nouveau destine Georges Enesco qui la dtesta si fort (spcialement le Blues !) quaprs une premireorageuse, salle Erard, Ravel dtruisit un premier finale, plus apaisant, pour lui substituer, crnement, laffolante course labme que suggre le perpetuum mobile quenous connaissons aujourdhui

    Beaucoup de choses taient dites, dsormais, violentes et dsenchantes. Ravelconstate alors quen dehors de La Valse, son uvre dorchestre, trop capiteuse, nuit aumessage de ces musiques urgentes et engages Bolro et le Concerto pour la main gauche (mmes profils expressifs que le Blues !) remettront les pendules lheure

    Marcel MARNAT

    JEAN-CLAUDE PENNETIER PianoRiche dun parcours musical vari : musique contemporaine, thtremusical, composition, direction dorchestre, pianoforte, enseignement,pratique assidue de la musique de chambre, JEAN-CLAUDE PENNETIERtrouve son expression privilgie dans ses activits de pianiste soliste etrcitaliste.Aprs avoir fait ses tudes musicales au C.N.S.M. de Paris, il se distinguebrillamment dans les concours internationaux : Premier Prix GabrielFaur, Deuxime Prix Marguerite Long, premier nomm du Concours

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  • RGIS PASQUIER ViolonRgis Pasquier est berc par la musique ds son plus jeune ge. A lgede 12 ans il remporte ses Premiers Prix de violon et de musique de chambreau Conservatoire National Suprieur de Musique de Paris et senvole, deuxans aprs, aux Etats-Unis.Le voyage sera dcisif : il rencontre Isaac Stern, David Ostrakh, Pierre Fournieret Nadia Boulanger. Sduit par son jeu, Zino Francescatti linvitera,quelques annes plus tard, enregistrer avec lui chez DeutscheGrammophone, le Concerto pour deux violons de Bach.

    En 1991 il est nomm Meilleur soliste de lanne des Victoires de la Musique et obtient le prixSpcial de la Nouvelle Acadmie du Disque.Il multiplie, depuis 1990, ses enregistrements : aprs des oeuvres concertantes avec lOrchestreNational de Bordeaux Aquitaine sous la direction dAlain Lombard, les Concertos de Berg et Bartkavec lOrchestre de la Radio Hongroise, il grave les uvres de Prokofiev, Brahms, Ravel. Il a galementenregistr lintgrale des Caprices de Paganini (Auvidis).Son enregistrement des Concertos de Mozart avec lOrchestre Philharmonique de Lige prcde celui desSonates pour violon et piano de Beethoven, enregistres avec Jean-Claude Pennetier, et rcompensesdune Victoire de la Musique.2003 a t une anne de tournes internationales avec orchestres et en musique de chambre :Allemagne, Espagne, Italie, Japon, Australie, Etats Unis, Amrique du Sud Depuis 1998, Rgis Pasquier joue un magnifique violon Joseph Guarnerius (Del Gesu) Cremona 1734.

    Si le Duo sinscrivit, demble, parmi les uvres les plus fortes de Ravel, le compositeur ne se fit pas faute de pasticher selon les prceptes la mode les procds les plus suspects dun rpertoire jug pendable. Paradoxalement, cest le purBla Bartk (qui hassait tout folklore corrompu !) qui suggra Tzigane, compos(1924) lintention de Jelly dAranyi, interprte fervente des deux Sonates que lefarouche hongrois venait de composer son intention La comparaison sarrte lmais, par ses malices (et le grain quelle donne moudre tout virt...