Travail en espace clos Rapport d’enquête - ASP ?· Volume 26, numéro 4, hiver 2011-2012 Travail…

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  • Volume 26, numro 4,hiver 2011-2012

    Travail en espace clos

    La prudence est de mise

    Rapport denqute

    Un travailleur est gravementbless la tte

    Formation continue

    Le perfectionnement desconseillers en prvention

    http://www.asp-construction.org/

  • On se rfre larticle 1 du Rglement sur lasant et la scurit du travail (RSST) pour obtenirla dfinition dun espace clos. Cette dfinitionsapplique tous les secteurs dactivits, autantles tablissements que les chantiers de construc-tion, qui possdent des espaces clos ou qui ontdes travailleurs qui y pntrent.

    Le RSST sapplique lorsquun travailleur du sec-teur de la construction entre dans un espace closdtablissement (section XXVI). Quant lui, leCode de scurit pour les travaux de construc-tion sapplique lorsquun travailleur pntre dansun espace clos sur un chantier de construction(section 3.21 Travail dans un espace clos).

    Un grand nombre daccidents se produisent alorsque le travailleur ignore quil travaille dans un

    espace clos. Il nest pas conscientdes risques puisquil na pas

    reu la formation et lin-formation ncessai-

    res avant lentredans lespace

    clos.

    Chaque anne, au Qubec, prs de 40 tra-vailleurs sont victimes daccidents graves etmortels pendant quils travaillent en espaceclos. La plupart des dcs sont relis unedficience en oxygne ou la prsence de gaztoxiques ou inflammables. Par ailleurs, onestime que 60 % des victimes daccidents fatalssont des personnes ayant fait une tentative desauvetage, sans toutefois possder lesconnaissances ni les quipements ncessaires.

    Pour prvenir les accidents, il faut mettre enplace des mesures prventives avant mme ledbut des travaux en espace clos, signaleBernard Teasdale, conseiller en prvention lASP Construction. Ces mesures vont de liden-tification des dangers llaboration duneprocdure de sauvetage en cas daccident.Elles impliquent aussi linforma-tion, la formation et la coor-dination des diffrentsintervenants sur lechantier.

    La prudence est de miseESPACES CLOS

    Les espaces clos, selon leur emplacement, leur conception et leurcontenu, comportent des dangers importants pour la sant et la scu-rit des travailleurs.

    Prvenir aussi Volume 26, numro 4, hiver 2011-20122

    La dfinition

    Selon larticle 1 du Rglement sur la sant et lascurit du travail (RSST), on dfinit un espace clos

    comme suit :

    tout espace totalement ou partiellement ferm, notamment un rser-voir, un silo, une cuve, une trmie, une chambre, une vote, une fosse, y

    compris une fosse et une prfosse lisier, un gout, un tuyau, une chemi-ne, un puits daccs, une citerne de wagon ou de camion, qui possde les

    caractristiques suivantes :

    1 il nest pas conu pour tre occup par des personnes, ni destin ltre, mais qui loccasion peut tre occup pour lexcution dun travail;

    2 on ne peut y accder ou on ne peut en ressortir que par une voie restreinte;

    3 il peut prsenter des risques pour la sant, la scurit ou lintgrit physique pourquiconque y pntre, en raison de lun ou lautre des facteurs suivants :

    a) lemplacement, la conception ou la construction de lespace, exception faite de la voie prvue au paragraphe 2;

    b) latmosphre ou linsuffisance de ventilation naturelle ou mcanique qui y rgne;

    c) les matires ou les substances quil contient;d) les autres dangers qui y sont affrents.

    Pour tre considr comme un espace clos, lendroit doitrpondre aux deux premiers critres (1 et 2) de la

    dfinition et un des quatre facteurs (a, b,c ou d) du troisime critre.

    http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=3&file=/S_2_1/S2_1R13.HTMhttp://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=%2F%2FS_2_1%2FS2_1R4.htm

  • Voici dautres exemples despaceclos :

    digues;tunnels;autoclaves;regards dgouts;chaudires;conduits de ventilation;fosses septiques;dpoussireurs;racteurs;etc.

    Lvaluation des risques doit se faireavant que les travailleurs ne senga-gent dans un espace clos. Vous pou-vez utiliser la Fiche de contrleannexe pour vous aider dans la pla-nification du travail en espace clos.

    Reconnatre les dangers

    La plupart des accidents qui sur-viennent en espace clos sont cau-ss par une atmosphre pauvre enoxygne, une explosion, un incen-die ou encore par la prsence degaz ou de vapeurs toxiques.

    La dficience en oxygne

    Lair contient normalement 21 %doxygne. Lorsque la concentrationen oxygne est infrieure 19,5 %, ilest interdit dentrer dans un espaceclos. mesure que le taux doxy-gne diminue, on observe diffrentseffets sur le corps humain. Par exem-ple, entre 14 % et 16 % doxygne, lejugement est altr, la personne peutse sentir euphorique ou fatigue, sarespiration devient saccade.

    un taux doxygne de moins de6 %, la perte de conscience et lamort surviennent en quelquesminutes. Entre ces deux extrmes,diffrents malaises sont rapports,comme une acclration de larespiration et du rythme cardiaque,des maux de tte, des nauses etdes vomissements. La personnepeut galement prouver de la diffi-cult excuter des mouvementset, la limite, perdre conscience(se rfrer lchelle doxygnation).

    3Prvenir aussi Volume 26, numro 4, hiver 2011-2012

    Plusieurs facteurs peuvent appauvrir latmos-phre doxygne dans un espace clos, entreautres :

    la prsence de rouille par oxydation de lacierdans un rservoir;

    laction de bactries arobies par dcompo-sition de matires organiques dans les eauxuses;

    la combustion lors de travaux de soudage oudoxycoupage et;

    ladsorption dans un silo o est entreposdu charbon activ et o lhumidit ambianteatteint un certain niveau.

    Aussi, certains gaz et vapeurs peuvent dpla-cer loxygne et en diminuer sa concentration.Cest le cas notamment des gaz inertes,comme largon et lazote utiliss lors du travail chaud, des gaz utiliss dans les extincteurs etdes gaz de rfrigration. De plus, les biogazdgags par des bactries anarobies (sansoxygne) lors de la dcomposition de lamatire organique et le dversement de subs-tances toxiques produisant des vapeurs, peu-vent tre en cause.

    Les explosions et les incendies

    Pour quune explosion ou un incendie sedclenche, trois facteurs doivent forcmenttre runis : un comburant comme loxygne,le chlore, le fluor ou lozone, une substanceinflammable ou combustible et une nergiedactivation. noter quil est interdit dentrerdans un espace clos lorsque le taux doxygneest suprieur 23 % (CS, art. 3.21.2 a)). Mmesi une telle concentration est sans effet sur lecorps humain, elle augmente le niveau din-flammabilit des matriaux.

    Parmi les substances inflammables ou com-bustibles, rappelons que les gaz ou vapeursdont la limite infrieure dexplosibilit (LIE) esttrs basse, sont les plus dangereux. Plusieursvapeurs produites par des solvants, commelactone, le tolune et la trbenthine, entrentdans cette catgorie. Les poussires combus-tibles prsentent galement des risques din-cendie ou dexplosion lorsque leur concentra-tion dpasse un certain seuil.

    Enfin, qui dit ignition, dit nergie. Les flammesnues, les arcs de soudage, les surfaces chau-des, les tincelles produites par contact entredeux mtaux, les arcs lectriques, les appareilsde chauffage et mme une dcharge dlectri-cit statique, peuvent suffire provoquer unincendie ou une explosion.

    Les substances toxiques

    Une ventilation naturelle dficiente ou un faiblevolume dair dans lespace clos peuvent exposerles travailleurs des concentrations importantesde contaminants. Leffet toxique de ces contami-nants ne dpend aucunement de la concentra-tion doxygne dans lair. Certains gaz, commelargon (Ar) et le monoxyde de carbone (CO),sont bien connus pour leur effet asphyxiant.Dautres, comme le chlore (Cl ) et lozone (O ),sont des irritants svres et corrosifs pour lesyeux, la peau et les voies respiratoires.

    Pour valuer le risque, il faut tenir comptedes valeurs dexposition admissibles, dont lavaleur dexposition moyenne pondre pourune priode de 8 heures, prcise BernardTeasdale. Aussi appele VEMP, cette valeurdoit tre considre linstant o elle est luepar le dtecteur de gaz et elle ne doit jamaisdpasser une certaine limite. En aucun cas,lodeur du contaminant ne peut tre considrecomme un indice de danger : il faut utiliser ledtecteur de gaz en tout temps.

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  • Mesures prventives gnrales

    Il est primordial didentifier les dangers et lesrisques et de prendre les moyens pour contr-ler la situation avant de permettre un tra-vailleur de pntrer dans un espace clos desfins dinspection, de nettoyage ou dentretien.

    Seuls les travailleurs ayant reu la formation etpossdant les connaissances requises poureffectuer un travail dans un espace clos sonthabilits y entrer.*

    Il faut donc se poser la question suivante : est-il absolument ncessaire que le travail soiteffectu lintrieur de lespace clos ? Si oui,voici quelques mesures prventives appliquerafin de sassurer que le travail en espace clossera effectu de faon scuritaire.

    La prparation des intervenants pour lentreen espace clos (la personne qualifie**, le sur-veillant et le(s) travailleur(s)) :

    dlimiter un primtre de travail et mettreen place la signalisation ncessaire (cnes,dossards, autres);

    remplir progressivement les sections de laFiche de contrle;procder lobturation des conduits et aucadenassage des sources dnergie ext-rieures, et faire un essai de dmarrage delquipement cadenass pour sassurer quetoutes les nergies soient zro;

    talonner les dtecteurs de gaz et effectuerla mise zro;

    analyser la qualit de lair de lespace closavec un dtecteur de gaz muni dunesonde;

    4 Prvenir aussi Volume 26, numro 4, hiver 2011-2012Convention du service Poste-publications 40064867 Retourner les articles non distribuables ASP Construction, 7905, boul. Louis-H.-Lafontaine, bureau 301, Anjou QC H1K 4E4

    Les risques biologiques

    La contamination biologique peuttre illustre au moyen dun trianglede prolifration compos deau, dematriel organique (bois, poussires,terre, etc.) et de micro-organismes(virus, bactries, moisissures, etc.).Llimination dune de ces compo-santes empche la prolifrationmicrobienne.

    Par ailleurs, le corps humain offrede nombreuses portes dentre auxmicro-organismes : une plaie malcicatrise, une coupure frache, uneclaboussure au visage, tout commele fait de manger ou de fumer sansstre dabord convenablement lavles mains. Ceux-ci peuvent causer demultiples effets sur la sant, entreautres :

    des nauses et des diarrhes;

    lhpatite A;

    des infections respiratoires (his-toplasmose, aspergillose, etc.);

    le cancer.

    Les autres risques

    Plusieurs autres dangers, commela noyade, lensevelissement, lcra-sement, la chute de hauteur ou lechoc lectrique, menacent le tra-vailleur en espace clos et ceux-cidoivent galement tre pris enconsidration lors de llaborationde la procdure de travail et lors dutravail, rappelle Bernard Teasdale.

    consulter la fiche signaltique (SIMDUT)des contaminants connus;

    calculer le temps de purge selon les carac-tristiques du ventilateur et la dimension delespace clos;

    installer et mettre en marche la ventilationmcanique pour le temps requis de purge;

    effectuer la purge et le nettoyage delespace clos;

    rassembler et inspecter le matriel et lqui-pement ncessaires pour louvrage danslespace clos (ex. : soudage);

    inspecter et porter lquipement de protec-tion individuelle ncessaire selon la rgle-mentation (survtement, gants, lunettes,harnais de scurit, etc.);

    rviser avec le(s) travailleur(s) le rle dechaque intervenant et louvrage en question;

    faire une vrification finale de la Fiche decontrle, et lapprouver avec la signature du(des) travailleur(s), du surveillant et de lapersonne qualifie.

    Rappel : la Loi sur la sant et la scurit dutravail (LSST) a pour objet llimination lasource mme des dangers.

    * Travailleurs habilits : Seuls les travailleurs ayant les connaissances, la formation ou lexprience requise pour effectuer un travail dans un espace clossont habilits y effectuer un travail (RSST, art. 298)

    ** Personne qualifie : Une personne qui, en raison de ses connaissances, de sa formation ou de son exprience, est en mesure didentifier, dvaluer et de contrler les dangers relatifs un espace clos. (RSST, art. 297)

    http://www2.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/dynamicSearch/telecharge.php?type=2&file=/S_2_1/S2_1.html

  • Lentre en espace clos :

    valuer progressivement laqualit de lair aux diffrentspaliers de lespace clos etinscrire les valeurs pour chacundes contaminants connus;

    amorcer la descente et mettreen place lclairage gnral, sincessaire;

    maintenir une communicationcontinue entre le surveillant etle(s) travailleur(s). Comme pr-caution supplmentaire, le sur-veillant peut avoir un dtecteurde gaz muni dune sonde et com-muniquer tout changement de laqualit de lair au(x) travailleur(s);

    dans le cas o lquipement cadenasser est lintrieur delespace clos, procder au cade-nassage de celui-ci et faire unessai de dmarrage pour sassu-rer que toutes les nergiessoient zro;

    procder louvrage danslespace clos et demeurer atten-tif au dclenchement de lalarmedu dtecteur de gaz et toutsignal du surveillant.

    La sortie de lespace clos :

    sortir de lespace clos tout lematriel et lquipement utilisspour louvrage;

    procder au dcadenassagedes sources dnergie.

    Le Code prcise larticle 3.21.1 f) :avant le dbut des travaux dans unespace clos, le matre duvre,conjointement avec lemployeur,identifie par crit les moyens etquipements de sauvetage appro-pris ainsi que les mesures pren-dre en cas durgence. Une proc-dure de sauvetage interne doit trelabore et prouve par du per-sonnel qualifi, cest--dire unequipe de sauvetage, afin de portersecours rapidement un travailleuren difficult.

    Lappel au 911 nest pas considr commeune procdure de sauvetage, il sagit dunetape possible seulement. Lemployeur doitprvoir sur les lieux du matriel de secoursappropri, par exemple, un quipement dercupration, un systme de communication,une civire, une perche de sauvetage, unechelle de secours et une trousse de premierssecours.

    Le travail en espace clos ne simprovise pas,rappelle Bernard Teasdale, conseiller en prven-tion. LAssociation canadienne de normalisation(CSA) a publi en 2010, la premire dition de lanorme Z1006-10 Gestion du travail dans lesespaces clos. Bien que cette norme nait pasforce de loi, elle peut vous aider grer effica-cement le travail et les interventions durgence.galement, lASP Construction offre la forma-tion Procdure de travail scuritaire dans unespace clos. Visitez notre site Internet oucontactez-nous pour obtenir plus de dtails.

    Nous remercions la compagnie GASTIER et plusparticulirement madame Tina Deosaran, coor-donatrice sant scurit environnement etformation, pour la session de photos.

    5Prvenir aussi Volume 26, numro 4, hiver 2011-2012

    Pour obtenir la norme CSA Z1006-10 : http://shop.csa.ca/fr/canada/gestion-de-la-sante-et-securite-au-travail/z1006-10/invt/27030562010/

    http://shop.csa.ca/fr/canada/gestion-de-la-sante-et-securite-au-travail/z1006-10/invt/27030562010/http://www.asp-construction.org/default.aspx?page=36

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