Un monde, une santé - iaea.org ?· Les liens entre la santé animale et humaine apparaissent clairement…

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  • Les gouvernements, les organisations paysannes et des groupes de la socit civile sinquitent vivement de ce que trop de gens ne sont pas en mesure de jouir du droit lalimentation et la nutri-tion, de se nourrir eux-mmes et leur famille et de rsis-ter aux chocs conomiques, aux vnements clima-tiques ou aux actes de violence. Le Secrtaire gnral de lONU est profondment proccup par le fait que linscurit alimentaire et la faim sont le lot quotidien dau moins un milliard dhabitants de la plante, ce qui reprsente une personne sur six, soit 14 % de la popu-lation mondiale, un enfant dcdant de malnutrition toutes les six secondes.

    Amliorer les performances

    Des pratiques dlevage malsaines dans de petites et moyennes exploitations commerciales peuvent se rpercuter sur tous ceux qui vivent de llevage, en par-ticulier ceux qui lvent quelques animaux dans leur arrire-cour. Elles peuvent galement compromettre la prosprit de lensemble du secteur de llevage, qui connat une croissance extrmement rapide. Un dia-gnostic et un traitement prcoces des maladies ani-males sont vitaux tant pour lutter contre elles que pour dceler les pratiques les plus susceptibles dentraner des risques pour la sant animale. Cela est important son tour non seulement pour ceux qui lvent des

    animaux, mais aussi pour lensemble de la population vu limportance des maladies animales comme sources de nouvelles maladies chez les humains. Au moins deux nouveaux pathognes capables dinfecter les humains, qui proviennent du royaume animal dans 75 % des cas, apparaissent chaque anne. Souvent, nous ne connais-sons pas le pouvoir pathogne de ces organismes lorsquils se manifestent pour la premire fois.

    Au sein de lquipe spciale de haut niveau des Nations Unies sur la scurit alimentaire mondiale, nous uvrons avec les nations qui contribuent aux partena-riats nationaux, rgionaux et mondiaux pour lagricul-ture, la scurit alimentaire et la nutrition. Nous nous eff orons daider les exploitants et les utilisateurs fi nals se mobiliser et amliorer laccs aux ressources ncessaires pour lancer et perptuer une amlioration de la production, avec des mcanismes de coordination fi nancire grce auxquels ils ont davantage de chances daccder de manire intgre et non pas fragmentaire aux investissements dont ils ont besoin.

    Nous serons guids dans nos travaux par notre capacit dapporter la preuve dune rduction de la faim et de la pauvret grce des amliorations de la production, des revenus lis lagriculture et de la contribution des systmes agricoles lattnuation des changements cli-matiques et ladaptation ces changements.

    Les liens entre la sant animale et humaine apparaissent clairement

    IAEA Bulletin 51-1 | Septembre 2009 | 27

    David NabarroUn monde, une sant

    P. Pavlicek/AIEA

  • Virus grippaux

    Ces dernires annes, des normes importantes pour la sant animale et humaine ont t convenues et appliques en ce qui concerne les menaces transfron-tires poses par les maladies, savoir les normes de sant animale de lOrganisation mondiale de la sant animale (OIE) et le Rglement sanitaire international rvis (RSI 2005) de lOrganisation mondiale de la sant. Le RSI, par exemple, off re un cadre et un rglement intergouvernementaux importants pour les actions collectives contre les maladies infectieuses. La bonne application du RSI 2005 est subordonne la pleine participation des autorits nationales et dautres parties prenantes. Certains se demandent dans quelle mesure des systmes de gouvernance mondiale en matire de sant tiennent compte des intrts des pauvres et de leurs nations : ils sinterrogent sur lintrt de la pense et de laction globalises.

    En 2005, les bases scientifi ques des travaux consacrs la grippe aviaire et pandmique ont fait lobjet dun large accord ; on avait galement une ide claire des questions de recherche en suspens. Il sagit notam-ment de mieux comprendre les risques lis la circu-lation de la grippe aviaire hautement pathogne parmi les volailles (en particulier les canards) et les rles rela-tifs des oiseaux sauvages, du commerce et des mou-vements transfrontires dans la propagation de H5N1 chez les oiseaux ; par ailleurs, il faut encore eff ec-tuer certaines tudes sur les types de comportement qui accroissent les risques dinfection humaine.

    LOMS, lOrganisation pour lalimentation et lagriculture (FAO) et lOIE ont tabli des stratgies claires pour les mesures prendre au niveau national : radiquer la grippe aviaire hautement pathogne (GAHP) lorsquelle est dtecte grce des mesures rapides et radicales ; rduire la menace pour la volaille en recourant la bioscurit ; surveiller les oiseaux sauvages et cartographier leurs dplacements de manire pouvoir, si possible, sparer les oiseaux domestiques des oiseaux sauvages qui pourraient tre infects par le virus ; rduire le risque de cas humains sporadiques en limitant les contacts des humains avec les oiseaux infects ; et se prparer endiguer et attnuer la pandmie de grippe suivante quand elle se produit.

    Le problme consistait faire en sorte que les gou-vernements impriment leurs stratgies limpulsion ncessaire pour les appliquer en vue de matriser la GAHP et de se prparer en prvision dune pand-mie grippale. Il fallait faire progresser les travaux tech-niques au rythme de lvolution du contexte politique. linstar de lANASE, les tats-Unis, lUE, le Canada et le Japon ont pris des initiatives politiques.

    Au sein du Bureau de coordination de laction des Nations Unies contre la grippe, nous avons aid har-moniser les activits des diff rentes institutions interna-tionales Banque mondiale, organismes des Nations

    Unies, banques rgionales de dveloppement, orga-nismes de recherche rgionaux et locaux, etc. et encourag les activits relatives aux rgles et normes internationales avec des organismes spcialiss (OMS, FAO et OIE) en traant la voie pour le reste du systme des Nations Unies et les trs nombreuses autres orga-nisations qui entreprennent des travaux sur la grippe aviaire et les pandmies grippales.

    Ds le dpart, lunit de but et la synergie dans laction ont caractris la plupart des participants ces tra-vaux. Dune manire gnrale, une solide coordination a t assure entre les donateurs bilatraux, les fonda-tions, les gouvernements, les organismes rgionaux et les groupes internationaux non gouvernementaux (y compris la Croix-Rouge).

    Nous nous sommes eff orcs ensuite de dterminer ce qui incitait de nombreux groupes disparates tra-vailler ensemble. Laspect fi nancier tait important, et le partenariat a mobilis plus de 3 milliards de dollars dassistance pour les actions contre la grippe aviaire et pandmique entre 2005 et 2009. Mais cela, en soi, nex-plique pas ltendue de la coopration entre les autori-ts nationales sur ces questions. Les fonds promis sont alls principalement aux gouvernements : or, ceux-ci ont ragi relativement lentement.

    Un Partenariat international sur la grippe aviaire et les pandmies grippales a t instaur pour servir de base cette coopration. Dautres partenariats ont t tablis au niveau rgional par lintermdiaire de lUE, de la CEAP, de lANASE et dautres groupements rgionaux. Peu de ces partenariats avaient un caractre purement formel : la plupart ont rellement infl u sur lharmoni-sation des travaux et les mthodes de travail de leurs membres.

    Nous sommes parvenus la conclusion que la plu-part des groupes qui collaboraient sur cette question avaient conscience de lintrt de travailler ensemble, en synergie. Ils ont constat que ctait la fois utile sur le plan oprationnel et rassurant dans une situation o lurgence politique et la ncessit dune action concer-te des institutions taient considrables. Les parties prenantes des secteurs public, priv et volontaire ont beaucoup apprci cette possibilit dassurer la coh-rence, de travailler ensemble et de participer. Ils ont col-labor dans les domaines de la surveillance des mala-dies, de leur notifi cation et des interventions. Ils ont conjugu leurs eff orts pour soutenir le dveloppement dun mouvement inclusif permettant des centaines de parties prenantes diff rentes de se sentir laise au sein de ce mouvement.

    Les travaux de prparation aux pandmies ont pro-gress au cours des quatre dernires annes grce aux eff orts de ce vaste mouvement, eff orts qui ont fait lobjet dun suivi travers des rapports dactivit annuels mondiaux tablis laide des informations communiques par les pays participants. Ces rapports, qui ont fait intervenir lensemble des organismes des

    Le royaume animal | Un monde, une sant

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  • Nations Unies et la Banque mondiale, ont servi comme base de la responsabilit collective. Ils ont fait ressor-tir quau cours de la priode quadriennale considre la GAHP avait t notifi e plus rapidement et que lon stait attaqu de manire plus effi cace et plus soute-nue aux pousses de la maladie chez la volaille. LOIE va maintenant seff orcer dliminer H5N1 au cours des quelques annes venir. En outre, des eff orts massifs ont t dploys pour lancer les activits de prpara-tion aux pandmies, eff orts qui, notre avis, nous ont bien aids un moment o la plante aff ronte ce qui pourrait constituer la premire pandmie dun nou-veau virus de la grippe de ce sicle.

    Nos rapports annuels recensent les sept facteurs dci-sifs de succs suivants :

    engagement politique soutenu ;

    ressources et moyens ncessaires pour rgir rapide-ment et effi cacement une menace ;

    interdisciplinarit (en particulier dans les domaines de la sant animale et de la sant humaine) lintrieur des pays et par-del les frontires ;

    schmas dindemnisation clairs, rapides, qui-tables et durables pour ceux qui ont perdu des biens ou des animaux cause des mesures de lutte ;

    participation active des secteurs public et priv ainsi que des organismes bnvoles ;

    communicat