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AUTRES NOUVELLES Une Grande guerre L’heure du récit L’heure privilégiée du récit, quand nous viendra-t-elle ? Si nous jetons un regard en arrière, vers le passé, nous derouvrirons que manifestement, le genre en question connait souvent un regain de vitalité et de vigueur aux grands tournants de la vie sociale, aux moment où les esprits sont animés d'un souffle nouveau, il est significatif d'utiliser le mot " récit ", le profond esprit démocratique de ce genre "mineur" qui explore les destinées peu ordinaires des personnages les plus communs, marque pratiquement toute notre prose nationale. Si on prend le début de notre siècle, on constate que le récit s'épanouit justement dans les années 20 avec leur enthousiasme et leur soif d'annoncer et d'expérimenter leurs idées, puis durant cette décennie, date où l'on porta un jugement objectif sur l'époque du culte de la personnalité, et lorsque la vérité austère et implacable de la vie se fit entendre à travers les personnages des récits. Rien de moins certain que les idées des puristes en matière de littérature, cependant, il semblerait possible de penser que nous nous trouvons à la veille d'une nouvelle " explosion " de genre " mineur " explosion qui serait conditionnée pour une large part une situation sociale toute nouvelle dans le pays qu'est la restructuration.

Une Grande Guerre Romantique

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Une grande guerre et un petit homme

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AUTRES NOUVELLES Une Grande guerre

Lheure du rcit Lheure privilgie du rcit, quand nous viendra-t-elle ? Si nous jetons un regard en arrire, vers le pass, nous derouvrirons que manifestement, le genre en question connait souvent un regain de vitalit et de vigueur aux grands tournants de la vie sociale, aux moment o les esprits sont anims d'un souffle nouveau, il est significatif d'utiliser le mot " rcit ", le profond esprit dmocratique de ce genre "mineur" qui explore les destines peu ordinaires des personnages les plus communs, marque pratiquement toute notre prose nationale. Si on prend le dbut de notre sicle, on constate que le rcit s'panouit justement dans les annes 20 avec leur enthousiasme et leur soif d'annoncer et d'exprimenter leurs ides, puis durant cette dcennie, date o l'on porta un jugement objectif sur l'poque du culte de la personnalit, et lorsque la vrit austre et implacable de la vie se fit entendre travers les personnages des rcits. Rien de moins certain que les ides des puristes en matire de littrature, cependant, il semblerait possible de penser que nous nous trouvons la veille d'une nouvelle " explosion " de genre " mineur " explosion qui serait conditionne pour une large part une situation sociale toute nouvelle dans le pays qu'est la restructuration.

Le monde en attente

Depuis la dclaration de certains penseurs anglais et amricains, le monde attend une religion sans rvlation, ou comme ils avaient dit : " la vision volutionniste nous permet de discerner les grandes lignes de la nouvelle religion qui, nous pouvons en tre srs, natra pour rpondre aux besoins de l're qui vient ". Aussi on se pose la question, le monde est-il entre dans un tat d'attente ? Et qu'attend-il ? Oui le monde attend, il discerne, plus ou moins clairement que l'humanit a reu une nouvelle rvlation, c'est dire que les sciences sont maintenant assez dveloppes pour que leur convergence produise une nouvelle image de l'univers, par cela, le processus d'volution, en la personne de l'homme commence tre conscient de lui-mme. D'autres eut acclr cette prise de conscience, ce sont des penseurs parmi les plus importants de notre poque, ils ont eu le sens de l'volution en tant que processus et c'est ce qui compte , trop de scientifiques se limitent des aspects fragmentaires de l'volution, leur tudes analytiques ont certes de l'intrt, mais il est ncessaire de considrer le phnomne dans son immense dure pour en tirer une leon valeur humaine gnrale, on a li volution et foi religieuse, est-ce que l'volution seule nous semble suffisante pour donner aux hommes un sens de leur vie ? La tentative de rconciliation entre la science et la foi chrtienne, l'ide du " point omga " semble fragile.

Lhyper-rationnalisme Une largeur de vue simpose qui serait saine et jeune par rapport au rationalisme franais dont certains rationalistes se sont jurer de ne jamais entrer dans une eglise ; quelle idiotie Et quelle confusion sur une synthse entre lvolutionnisme et le christianisme qui nest que relativement cohrente. Dautres penseurs prtendent que le marxisme na pas des intentions assez proches de celles de lhumanisme, ceci est d au fait que cette thorie a prit une vue scientifique des affaires humaines, mais ctait prmatur, les ides adquates nexistaient pas lpoque, et les conceptions restant sommaires concernant lvolutionnisme, et lessai sociologique et scientifique sest vite fig en systme dogmatique par rapport la science prsente, qui ignore les expriences mystiques, phnomnes humains incontestables, cest lintention dune forme suprieure de la ralit, sans absolutisme et si lon applique les connaissances modernes, la condition humaine peut tre change radicalement, dun point de vue scientifique ; lindividu est le plus haut phnomne observable, et cest par la construction de sa personnalit que lhomme peut jouer son rle cosmique, une religion humaniste na pas dautre fonction que daider, lhomme a se relier constamment lunivers, se dcouvrir Recul des religions traditionnelles On a dit que la science apportait une sorte de rvlation et on a lutter contre lide dune rvlation non humaine apporte de lextrieur, en soutenant la grande diffrence entre la religion de lre qui vient et les religions classiques est le postulat humaniste, pour certains lesprit scientifique moderne ne peut admettre

le surnaturel ; on ne peut considrer deux royaume, par contre, on conoit fort bien lextraordinaire, le transnaturel ; le rle humaniste serait de faire participer la masse des humains des tats de conscience hautement satisfaisant qui sont pour le moment limites quelques tres exceptionnels. On juge, une nouvelle religion est indispensable parce que les religions traditionnelles reculent ; on ne voit pas comment on peut nier ce fait dobservation, la conscience dun recul des religions classiques, cela provoque linnombrables controverses et des tentatives dsespres pour sauver des religions ce qui peut ltre. Des theologiens, essayent de construire une neotheologie sans employer le mot dieu ; le drame est que ce recul des religions laisse une place vide au scepticisme gnralis. Depuis surtout un sicle, la science a beaucoup lutt contre la religion ; car la religion, par la rvlation immuable ; par ses dogmes entrevoit les progrs de la connaissance ; mais cette action, de destruction de la science doit maintenant cesser, il faut que les hommes de science assument leur responsabilit pour fonder une pense humaniste constructive ; avec la participation aussi bien des scientifiques que des philosophes et d cclisiastiques. La forme transitoire l'immense se trouve en effet au seuil d'immenses possibilits qu'elle devine peine, nous devons encore dcouvrir comment vivre dans la noosphre, comment entrer dans les domaines inconnus des potentialits humaines, on cherche ce qui manque notre vie pour qu'elle ait un sens manifeste, la sant physique, bien sr, mais surtout la sant spirituelle, l'intgration de la personnalit, les tats suprieurs de conscience, les

grands mystiques ont atteint des tats de vie qui sont encore inaccessibles pour l'norme majorit des humains, mais que sont certainement d'une grande importance, nous avons tout dcouvrir, la science du XIX sicle considrait l'homme comme achev...curieux, n'est ce pas ? Alors que nous sommes des tres si neufs et si imparfaits. Par contre de nombreux philosophes et scientifiques contemporains imaginent que l'humanit actuelle est une forme transitoire, comme l'homme primitifs qui nous ont prcds, une ide moderne d'une mutation crant une humanit nouvelle ? Structure sociale

Toute socit cre l'intrieur de la socit est un danger dans la mesure o sa tendance naturelle est de se former pour accrotre ses pouvoirs, et, finalement usurper le pouvoir, toute culture qui se ferme sur ses possesseurs cesse d'tre une culture pour pour n'tre qu'une srie de signes de reconnaissance entre affils, elle ne prsente plus au-dehors qu'un mur de dfendre, orn de figurer propres dcourager, dcourager, voil le mot, quand on demandait Gide quelle conduite tenir envers un jeune crivain, le decouger. Dresser des barrires, notre enseignement mme n'y est appliqu, aujourd'hui encore, dans les sciences combien de matres tentent d'abord d'tendre en leur lever l'esprance ? Pas d'illusion, tout homme de grand savoir qui se fait vulgarisateur est bientt

dconsidr chez ses pairs, toute communication avec l'extrieur est vue comme trahison, il n'est d'accusation dont on n'accable celui qui tente de faire passer audehors les biens de la citadelle, que l'on songe au discrdit du journalisme, si gnralement impos dans ce pays, qui doit pour beaucoup sa grande rvolution des journalistes et des vulgarisation. Une socit qui est parvenue rendre injurieux le mot primaire, dans un monde o les notions fondamentales et le langage mme sont rexaminer et introduire comme neufs dans la conscience populaire est une socit parasite par ses lites. Une nouvelle civilisation nat avec sa morale ses modes de vie et de penser, des sciences et de techniques nouvelle, une vision renouvele des forces de la vie, des structures de la matire, des rapports du temps et de l'espace. Moralit et conscience sociale de lcrivain

Comme on sait, la littraire ne produit pas de valeurs matrielles la diffrence de la science, elle opre par catgories artistiques, notions thiques, sentiments raisonnables, mais ne produit pas moins de valeur que la technique la plus fconde, de sorte que si nous disons de lconomie la chair, lart peut-tre nomm lesprit de toute activit de lhomme, sa moralit, ainsi la chair et lesprit, lconomie et lartsont le fruit des efforts dploys par les esprits crateurs, celui qui crer des choses et celui qui cre des images vivent

dans la socit avec le sens de leur responsabilit devant lavenir, la cration de la valeur spirituelle quest le livre nest nullement un oisif plaisir, ni le jeu dune imagination capricieuse, ni le fruit dun lger engouement burlesque il sagit dun acte exigeant une grande tension de toutes les forces humaines, dune lente et jusqu la dernire heure obsdante confession dresse lhomme au sujet de lhomme, la vie des grands gnies, matres insurpasss , tout leur labeur de forat doivent nous inciter non pas limitation de leur style de leurs systme esthtique dimages mais une constante aspiration vers notre propre perfectionnement dans la ralisation de lide, ils doivent nous inspirer aussi un sentiment denthousiasme sublime pour la dvotion au verbe, tre passionnment dvou au verbe, cet instrument de haute sensibilit, signifie croire en sa predistination sur terre et en la communaut de la rpublique littraire des confrres de la plume, il ny a pas de meilleurs louanges pour notre littrature qui vit dans la ralit prsente et y prend sa pleine mesure de beaut, sa plein puissance de sage moralit. Moralit et passion

La moralit dans les conditions actuelles d'une civilisation dveloppe n'est pas un code de prescription didactiques bien qu'il y ait en elles un lment rationnel, mais la conscience vivante de chacun, le sens du beau et du bon dans dans la ralit,

la rsistance a ce qui se colore de tons sinistres de l'indiffrence de la froideur, de la cruaut, de l'antihumanisme. En posant le signe d'galit entre la moralit et la conscience sociale, je veux dire que cette catgorie de l'esprit humain s'est manifest, dans toute sa force irrsistible au sein de la constellation d'crivains qui vinrent la littrature aprs la guerre, l'ide de moralit devient conviction et la conviction...ide. Le beau est toujours mystrieux, il nous sduit toujours par ce charme intrigant de la beaut pas encore dvoile jusqu'au bout, comme la posie, la prose. Nous devons admettre que l'on avait connu l'homme par la catgorie du beau, qui est la vrit des sentiments, la vrit littraire rside dans la catgorie du tragique ou du cosmique, et il est impossible de la connaitre profondment travers ce ' quelque chose' cet " on ne sait quoi' ce milieu d'indiffrence tranquilles o ne rgne point l'ardeur des passions a cette exception prs, bien entendu, quand le milieu est le ct oppos de la passion.

Penses et mots

La pense n'existe et n'agit qu'exprime et formule, certes dans le langage parl le mot est pens, mais le mot a pour ainsi dire sa faade et son revtement intrieur, son avers et son revers, ses nuances de sens,

de sons et de couleurs, ses nuances olfactives le mot amasse et reflte toute l'nergie de nos sentiments, mais,hors de la forme, le mot est un incertain et ternel vagabond, il a besoin d'une maison commode et confortable si non il meurt strile, le langage littraire est le mouvement, la roue de la pense. la recherche de la forme commande et se trouve approprie, n'est-ce point l la perfection, de l'crivain exempt de soucis vulgaire et de vaine agitation, le suprme amour de la pense, enchane dans la forme, engendre les chefs-d'oeuvres, chacun n'est pas visit par cet amour, de mme que l'homme ou la femme par l'amour vritable, l'crivain cre son style, le style cre l'ecrivcain, plus les moyens d'expression sont naturels plus l'artiste est naturel, plus est fortement tendu, le ressort motionnel du sens dans la forme, et moins il est besoin de forcer la conscience pour passer de la raison aux sentiments, l'artiste agit en premier lieu sur les sentiments, dans l'ide qu'ils transmettent sans retard leur signal la raison, la raison n'a pas le droit de faire violence aux motions, ceci est pour moi la loi de la cration.

Arrivisme

De ces livres s'exhalaient l'acre odeur des capotes de soldats, la senteur de la poudre, l'odeur spcifique des salles de dessins et des amphithtres au matin, le

retentit des bottes macules de la boue rurale, celui du fumier et du lait frais, et de l'cre odeur et grossier tabac dans l'air compagnard sur la lisire d'un champ labour, et l'touffante chaleur de l'asphalte urbain surchauff, de la profondeur des livres surgissait la vaillance et tendresse des brefs instants avec une femme, et de furieux efforts pour rompre les barrires de fer de l'arrivisme, du conformisme et l'esprit petit bourgeois et bien que nous eussions dj rencontr auparavant dans beaucoup de romans des hros semblables par leur profession et leur condition, nous nous sentmes envelopps par l'odeur de quelque chose de trs neuf, de limpide, d'implacable et de bon, et il convient sans doute de se rappeler ici le clbre "tout petit peu" qui distingue le grand du petit, un rayon de lumire et l'analyse visuelle en tout petit peu modifie, un regard un peu plus perant dans l'me des hros, une analyse un peu plus audacieuse et hardie des contradictions de la vie,une infraction, ne serait-ce qu'un tout peu aux rgles canoniques, un tout petit peu d'aversion pour la logique superficielle des caractres, et la somme de ces "un tout petit peu" grandit, et constitue cette vrit artistique, qui n'est autre chose que le synonyme de la dcouverte, cette dcouverte a une valeur permanente, elle reste et s'imprime fortement dans la mmoire des gens Littrature et dcouvertes

Les dcouvertes collectives ne sont probablement possibles de nos jours que dans les sciences, alors

quon se fait une ide de lart de nimporte quel pays daprs s les artistes hors pair qui surent crer leur propre systme dimages nul autre pareil, leur propre perception de la ralit. Lultime slection est luvre du temps qui par monts et par vaux, visite les cimes illumins par le talent, et cest lui qui les lit. Dune faon ou dun autre, lart est crer par les individualits capables dimprimer nettement leur cachet personnel dans linterprtation des phnomnes de vie et de la nature humaine, le talent, cest le vent cause par la diffrence de pression, qui soulve une houle frache sur la grande mer de la littrature, le brusque appel dair dune excitation esthtique inconnue, cest enfin la dcouverte de quelque chose dencore irrel , aprs quoi commence une priode nouvelle dans lart, de mme qui dans la conscience des hommes apparut, dessous, un critre de comparaison encore inhabituelles la suite de la dcouverte scientifique. Naquit alors une littrature tonnante par sa fracheur et sa plnitude, par les tides et froides bouffes dair de la vie qui ne sarrte jamais, par les petites et grandes dcouvertes du pass et du prsent, par le sens raffin ou dlicat du beau, qui devient une catgorie de la vrit, de lauthenticit , sans laquelle lart nest plus quun dcor clair par les feux de la rampe. Lart et lactualit

Quand on parle de l'actualit d'une oeuvre littraire , de ses rapports avec les problmes brlants de notre temps, il n'est pas rare d'entendre dire qu'il existe divers types d'crivains, les uns suivent les vnements de prs, puisant leurs thmes dans la ralit ambiante, les autres runissent longtemps leur et pour reproduire la ralit il leur faut une certaine distance de leur sujet, on ajoute qu'au premier type appartiennent les auteurs pour ainsi dire de deuxime ordre, les journalistes, tandis que de vritables crivains appartiennent la seconde catgorie, ainsi, il faut toujours choisir en quelque sorte entre deux voies ou bien ragir efficacement une question du jour,crire un ouvrage d'actualit, donc le principal mrite serait une ide juste et formule temps, ou bien renonant cela, crer, sans se presser une oeuvre authentiquement littraires, exprimant certes, une ide mais sans rapport avec l'actualit, avec ce qui proccupe aujourd'hui mener des millions d'hommes. Certaines prtendent mme que ce delirium n'existe pas et estiment que l'actualit ne nuit nullement la valeur littraire de l'oeuvre.

Le pote

Quand le pote donne le nom son oeuvre, celui de la dure de son criture, " en quinze ans " c'est sec, mais a plait, cela fait songer un compte rendu et a plait, cela fait songer un compte rendu et a plait aussi, en somme qu'est ce qu'un recueil et de pomes slectionns dans tout ce que le pote a crit en quinze ans d'activit potique sinon son compte rendu aux lecteurs ? ceux qui ayant suivi d'assez prs sa production, peuvent remarquer ce qu'il a inclus dans son recueil et ce qu'il n'y a pas inclus, ceux aussi qui l'ayant lu au hasard des parutions et des poques diffrentes sont mme de dcouvrir ici, pour la premire fois sa personnalit. Donc, quarante ans de vie et quinze de posie, l'auteur fait slectionner des vers parus dans plusieurs de ses recueils successifs, plus neutres dans, de longs pomes et dit au lecteur : voil ce que j'ai fait, tel ft mon chemin, telle ft ma qute. Un choix ? Assurment a sacrifi plus d'une oeuvre rcente ou ancienne lire ce volume, on n'a cess de se surprendre penser qu'il manque ici et la, quelque textes qui me sont rests en mmoire et qu'on a aim y trouver. Parvenu la dernire page, on pense toutefois que c'est seulement de lgres frustrations, et c'est la rgle pour toute dition d'oeuvres choisies, o est le choix si le pote n'a rien mis en rserve, si tout ce qui pourrait remonter dans la mmoire du lecteur est l sous ses yeux ? Que reste-t-il ailleurs, dans ce cas ? Ce n'est plus un choix, ce sont ses oeuvres compltes. Le style le style lui-mme, pittoresque ou d'une secheresse graphique, independamment du fait qui'il vous plait ou ne vous plait pas, qu'il vous incite par la densit des

pithtes, des rythmes, par sa muscalit, ou vous inquiete, satur de verbes, ce style, il est inconcevable de le separer de l'ide de l'oeuvre, le temps de l'action, les caractres, les evenements et enfin l'ide maitrsse de tel ou tel roman, dictent le style, le choisissent longuement, capricieusement et douleureusement, mais ce n'est pas le style qui epouse l'ide, le style et l'ide sont ns par le mariage, et, dans cet amour conjugal qui fait le premier pas ? c'est tout de mme, la fian"e difficile, l'ide. la litterature est tout aussi harmonieuse pour le corps humain, on ne peut donc oublier tout ce qui est digne de remarque dans l'aspect d'un tre vivant, l'expression, les yeux , la couleur des cheveux, le sourire, le son, la voix, penser avec obsession que le principal c'est le squelette. il n'y a pas de principal sans le partiel, t rien de partiel sans le principal en retranchant une partie, nous detruirons l'ensemble en en retirant une brique aprs l'autre, nous reunions tout l'edifice, cependant le style, c'est l'ide materialise et l'incarnation artistique de l'individualit dans le temps, et c'est pourquoi, naturellement, il n'ya pas et ne peut y avoir un style unique pour notre littrature multinationale et multiforme. Le mot primaire

L'instituteur portait le chapeau larges bords des hommes dont le coeur dbordait, il appartenait la gnration des socialistes romantiques, qui avaient lu Hugo et Engels, Darwin et Flammarion et qui voyaient

la turbulence du monde avec un arrire-plan d'tudes, le feu de cette gnration, raille par des esprits qui se voulurent moins dups, le furent davantage et se duprent, se rallume en maints foyers de la pense et de la sensibilit moderne. Il avait pour jean Jaurs de la vnration, sa ferveur allait non seulement au rformateur social, mais au penseur, plus encore, je crois au pdagogue gnreux, de ce normalien suprieur, il me disait; " c'tait un des rares professeurs qui ait russi devenir instituteur" c'est communiquer, au nom d'une haute culture, l'apptit de culture tous, c'est dire le prcipiter, passionnment vers les livres. Il a fallu une bien profonde dviation du sentiment rvolutionnaire, il a fallu le couvert de l'idal dmocratique, l'tablissement d'un mandarinat bien puissant et insolent, pour qu'on en vienne imposer notre socit une image ridicule de l'autodidacte.

Caricatures

Lecteur assidu de longue date, je sais par exprience qu'on cherche les caricatures, elles plaisent pour deux raisons, elles sont brlantes d'actualit, elles sont d'une drlerie irrsistible et donc percutantes, soit dit ce propos, les lgendes sont souvent aussi bien varies que les caricatures mmes parce qu'il s'agit d'aphorisme l'emporte-pice. N'ayant pas l'honneur de rencontrer l'crivain idal,

j'essayais de me le reprsenter, j'tais certain que mme imagination m'en brosserait un portail fidle, quand j'eus l'occasion de voir les auto caricatures d'autres crivains, mes doutes se dissiprent, il est bien tel que tu l'as cr en ton fort intrieur, me dis-je; gai , tincelant d'esprit, plein d'entrain dans ses propos et artiste impure, qui est parvenu ensorcellera son crayon au point de le rendre capable de crer spontanment une personnalit ". Le matre du dessin satirique et de la plaisanterie tait devenu l'incarnation mme d'une patience toute preuve, tait-il possible qu'il y et la quelque chose capable de dtruire l'unit traditionnelle entre la vie et l'oeuvre de l'artiste ? Ou plus encore l'unit de l'homme et de l'artiste ? Nai-je pas dit que les dessins qui ressemblaient beaucoup l'artiste ? Mais que se passait-il alors ? En prenant la plume, le peintre avait-il cess d'tre lui-mme ? Tout cela mrite rflexion, mais une chose est certaine, l'artiste fidle au prcepte selon lequel le talent vit de travail, d'un travail souvent plain d'abngation le fait est que quels que soient les dons d'un artiste, il se peut qu' au moment o il se met l'oeuvre il paraisse ne plus en plus se ressembler, avec une pointe d'humour, on peut dire que par la mme son manque de ressemblance lui-mme, n'est que la mesure de conscience, qu'il a de sa responsabilit, mme si des annes rparent le dbut de la fin de travail. Le profil dun ami Parler de lui avec objectivit et en toutes nuances nest sans doute pas, bien des gardsn une tche aise, tout le personnage est discret, introverti et silencieux, la dmarche chaloupe mlanfge de parodie et de natuel, un superbe rire appuy, le visage lisse et presque juvnile sil navait pas cette barbe en collier, cette calvitie dbutante et ces trempes grisonnantes

dans son regard lumineux, il a le charme profond de lintelligence mais aussi une expression de retenue, presque de mfiance, ce sourire un peu distant, cet aspect de grande non chalence, sont constamment dmentis par un besoin incessant de communiquer, il ya aussi un ct glac dans son silence, concert par son dpouillement, immuable dans sa rigureur, en fait ce ct trop dlicat, faussement scrupuleux et cet air nigmatique qui droute, ne sont quune apparence, une convivence cache, une complicit avec le diable, mais aussi une sorte de dedain, son attitude pose plus que toute autre singularit personnelle, accroche, dans cette attitude, dans cette pose il semble nargue le monde, dfier les autres....

Le grand roman Linspiration du grand roman est peut-tre dans la dimension universelle quon semble chercher, cela vient aussi du desir dcrire sur la condition existentielle, on doit entrevoir que le veritable but est ce qui sert avant tout mieux faire comprendre les autres, quel beau engagement ? mais quel prix, que de nuits de veille, de fatigue, dexaltation et dexcitation..... Vivant de sa plume et la mode de son temps, et habit par cette obssesion engage, il se prte aux jeux de la littrature spectacle, il aurait du saluer linstauration dune reellle librt dexpression et penser que le moment est peut-tre venu doser crire un vrai roman engag, le roman il faut sy rsigner, un rle hautement plus adapt pour refleter son poque et en faire ressentir tous les frsnies politicoculturelles, la politique est souvent nfaste pour lcrivain , les politiques ont si peu dimagination, laspect humain dois rester primordial devant des

procs injurieux, sanglants la justice...une ignominie dont on ne se conselera jamais et le traumatisme caus amne lhomme une sorte de resignation stoque et le roman se retrouver tout naturellement dans une attitude mystique.

Lyrisme psychologique Chacun des ecrivains suit sa propre voie pour joindre la vrit ce qui prove une de plus qu'il n'est d'autres moyens d'attendre celle-ci que d'galiser democratiquement toutes les approches si varies soient elles et de laisser evoluer en toute libert les styles les plus dissemblables pour ce qui est de laqute thematique, esthetique et linguistique, les recits en presentatnt aujourd'hui une grande verit, la nouvelleparabole en constitue l'un des axes, les plus remarquables sur ce plan, se sont les oeuvres des crivains qui y cernent nettement et explorent certains modeles de comportement bien concrets qui se sont forgs au cours des dernires annes. Un autre courant, fort different du precedent, le recit lyrico-psychologique o se distingue un ecrivain aussi fecond qu'intrssant, chez qui se marient avec bonheur les accents eligiaques et intimistes de la prose avec le style concis incesif de la prose, quiu depent avec une bont sincere ses heros honntes et integres, il est mme sentimental parfois dans le bon sens du terme, mais l'ecrivain se montrera implacable s'il s'agit de bureaucrates, de personnage, oisifs et cynique imbus de leur pouvoir, chacun de ses recits est une analyse muticuleuse des conditions sociales qui empchent les hommes dignes de s'affirmer pleinement mais presentent un terrain favorable pour ceux qui menent une existence parasitaire dans le domaine du social et spirituel.

Modus vivendi Pour peu que l'on merdite sur la filiation des poques, l'on en vient au problme des liens entre les gnrations dans la socit contemporaine, il semblerait que traditionnellement les relations parentsenfants sont de la competence du roman et les investigations pousses dont elles font l'objet ne concernent que que ce genre " majeur', toutefois, le recit aurait aussi son mot dire, il cherche a cerner le phenomene, dgager les noeuds douteux, les conditions, et les desaccords, avec les veterants de notre prose, ou le modus vivendi, le pragmatisme et le cynisme qui contaminent les mes, bref comme on disait jadis " audiatur et altera pars : " dans la vie sociale, semblable attitude respectueuse envers ' l'autre partie ' est la condition indispensable d'une " glasnost " authentique , pour ce qui est de la creation litteraire, elle est le gage d'une vraie reussite artistique de l'oeuvre. Certains maitres du recit conferent leur investigations litteraire de la realit une ampleur historique bien visible, et ont en depuis longtemps un penchant pour des cycles de recits qui formaient ensemble un tableau cohents de vaste envergure, ces roamns constitus de recits autonomes, sont regis par une logique esthetique interieur, a travers les liens, qui unissent les recits, transposant les rapports des diverses poques et evenements de l'histoire. Mditations avec Pascal : la science et la foi Parce que les savants sont des intellectuels pris avant tout de vrit, suffit-il pour les convertir, de leur apporter les preuves de la religion ? Non et pour deux raisons, d'abord ces preuves ne sont pas dcisives, la science n'est pas certaine, et puis les savants sont des hommes comme les autres, ce n'est pas la seule raison

qui les engage dans leur tude, c'est le coeur puisqu' l'origine de leur effort, il y a le dsir, la curiosit inquite. Le premier argument de pascal est que la science n'est pas certaine, dans l'esprit gomtrique, c'est par le coeur que nous connaissons les premiers principes, pascal semble avoir song dans le mme ordre d'ides nier les principes naturels, bien qu'il prouve que les principes naturels ne sont pas des principes de coutume. Il est possible que pascal ait pressentit la rvolution que devaient apporter le non-euclidisme, la relativit, le quantinisme et qu'il ait song en tirer parti contre la science ait pens l'univers entre l'in finement grand et l'in finement petit et que signifient ces deux pages si justement admires pour la splendeur exacte de la forme ? Pascal disait que l'univers est infini et homogne. Enfin pour pascal il faut renoncer la science, car tout ce qu'on peut savoir, on le sait d'avance. la dfaite de pascal est que l'ide de l'univers homogne sur laquelle repose toute son argumentation logique, tout son effort psychologique n'a pas rsist aux conqutes de la physique moderne, l'hypothse pascalienne s'est avre trop simpliste pour s'adapter au monde des fines structures, pascal dans l'ordre humain est beaucoup plus prs des relativistes modernes que Descartes, selon lui la science la plus haute n'est absolument certaine et les principes de la raison pourraient bien n'tre que coutume, mais dans l'ordre religieux, il croit la vrit absolue.

Mditation sur le hasard et la ncessit

Dieu joue-t-il aux ds ? Ou bien tel un grand horloger ordonne-t-il les phnomnes physiques selon un enchanement rigoureux des causes et des effets, que seule l'imperfection de nos moyens d'observation nous empcheraient de connaitre ? ce dbat oppose les scientifiques, un rayon lumineux est constitu de photons " grains" lmentaires d'nergie, un photon comme toutes les particules de la physique quantique possde des proprits qui l'apparente une onde et d'autres qui le font ressembler un corpuscule, si l'on accepte l'interprtation donne la physique quantique par Niels Bohr et ses disciples, il n'est jamais les deux la fois, mais se manifeste sous l'une ou l'autre des formes selon linstrument avec lequel on l'observe, au contraire pour Einstein comme pour louis de Broglie, onde et corpuscule existent simultanment et possdent tous deux une ralit physique indpendante de l'instrument d'observation. Einstein n'tait pas homme se contenter de cette attitude pragmatique, tout en admirant la fcondit de la physique quantique, il a maintenu jusqu' la fin de sa vie que si l'on tire de cette physique des consquences aussi inadmissibles que l'indtermination des phnomnes naturels, cela prouve qu'elle ne peut prtendre constituer une reprsentation totale exhaustive de la ralit, il faudra chercher au del, Pour sa part louis de Broglie n'a cess d'encourager les tentatives d'expliquer le caractre probabiliste des phnomnes quantiques par l'existence de variables caches. le dterminisme et le hasard de ce qui est de la cause matrielle ou formelle, cause efficiente ou cause finale, le sujet ouvre discussion, pour ce qui est de la loi, la loi est le rapport ncessaire entre des phnomnes, le principe du dterminisme qui revient dire que l'apparition d'un phnomne est strictement dtermine par des conditions d'existence bien

dfinies, aussi peut-on parler de concomitances constantes ou de la constante des concomitants, on parlera alors du hasard pour dsigner un fait qui chappe tout pouvoir humain de le dterminer d'avance, un fait imprvisible sans pour cela vouloir dire que le fait attribu au hasard est un fait sans cause, et il n'y a aucune contingence au sens mtaphysique du terme et un phnomne fortuit n'est pas dpourvu de causes dterminantes, et une somme de contingences ne se traduirait pas par une loi statistique globale, le hasard serait le point de rencontre de deux sries de phnomnes dont chacune est dtermine, mais qui sont indpendantes l'une de l'autre, et affirmer le hasard c'est nier la solidarit des sries causales, mais il reste qu' partir d'un intrt humain que l'on parle de hasard., ce nous laisse mditer !

Mditation sur lattention et la fascination Le philosophe empiriste, pour lui l'esprit n'a aucune activit propre et se contente de recevoir passivement ce que l'exprience extrieure lui apporte, il conoit ainsi toute attention sur le modle de l'attention passive, celle que nous portons invinciblement et en quelque sorte malgr nous un bruit violent, une couleur vive, toute impression sensorielle, plus intense que les autres et qui par l mme s'impose. Bien loin de se diriger vers l'objet, notre attention serait dirige par lui, l'attention serait l'invasion de la conscience par un objet auquel nous nous bondonnons, on peut parler alors de monodisme puisque l'attention se rduit la prsence d'une ide fixe unique impose la conscience par le monde extrieur, il dclare expressment " une sensation devient attention, soit parce qu'elle est seule, soit parce que elle est plus vive

que toutes les autres sans qu'il soit ncessaire de supposer rien de plus dans l'me" cette formule est sans quivoque, il refuse de reconnatre sous le nom d'attention une activit relle de la conscience , ce n'est plus la conscience qui fait attention, la conscience subit seulement l'invasion d'un objet.

Pour malreaux en sen souvient de ses antimmoires quand il raconta ; .....un sous officier me fit signe, je pouvais faire quelques pas, il me tourna vers le mur, les amins appuyes sur les pierres au-dessus de ma tte, jentendis un commandement achtung , le me retounai, jtais en face dun peloton dexecution... .

Les antimmoires et les noyers de laltenburg, cest la tentation de loccident, la voie royale ou la condition humaine.....

Parler de la grce avec uncur qui baptise dans lodeur dun village nocturne, et parler de ce qui reste ou de ce qui advient aprs le baptme, devenons-nous autres ou il reste toujours queque chose..... Mais reflechir sur la vie, en face de la mort, ce nest quapprofondir les interrogations, pour malreauw le fait dtre tu ne pose aucube question ceux qui ont la chance quil considre banale dtre courageux, mais la mort dans la viellesse et la metamorphose de la terre suggere la mort par sa torpeur, mme si sa metamorphose est loeuvre de lhomme et surtout la question quil avait lhabitude de formuler en la considrant comme lirrmediable dire ; tu ne sauras jamais ce que tout cela veut dire...

Malreaux se repprochait le fait quil ne savait pas se creer pendant son enfance il ne sut saccommoder la vie, son action et son intrt slevait lhistoire tant dans ce lon fait et dans dans ce que lon dit, et lamiti qui a jouer un grand rle dans sa vie ne sest pas accomoder de la curiosit. Parce que, ayant vecu dans le domaine incertain de lesprit et de la fictionqui est celui des artistes, puis dans celui du combat et dans celui de lhistoire, ayant connu une asie dans lagonie, mettait encore en lumire ce que signifiat loccident, il a rencontr maintes fois, tantt humbles et tantt clatants, ces moments o lnigme fondamentale de la vie apparait chacun de nous comme elle apparait presque toutes les femmes devant un visage denfant, presque tous les hommes devant un visage de mort.... Dans toute forme de ce qui nous entraine, dans tout ce que lon a vu lutter contre lhumiliation et mme en toi, douceur o se demande ce que u fais sur la terre, la vie semblalble au dieu des religions disparues, qui aparait comme le livret dune musiqu inconnue, en fait ou peut dire que la mort, evenement le plus naturel pour lhomme, est aussi le plus culturel, celui do naissent mythes et religions. Pour comprendre ce phenomne on a definit une anthropologie qui sinscrit en continuit, mais aussi en rupture dans lvolution biologique, puis, partir de ltude des attitudes fondamentales des hommes devant la mort, on en dgage les deuw mythes originaires qui sont aprs meditation sur la crise contemporaine de la mort et sur la mort du point de vue biologique, la consecration de certains penseurs envisageant pour un avenir proche une reforme de la conception de la mort humaine la mort se situe ewactement dans la charnire bio-anthropologique,

cest le trait le plus humain, le plus culturel de lanthropos...cest dans ses attitudes et croyances devant la mort que lhomme ewprime ce que la vie a de plus fondamental .........Malreaux ewprima ses antimmoires devant le pleton dexcution.......... . Malreaux raconta, bien que ma jeunesse ai connu lorient semblalble vieil arabe sur son ne dans linvincible sommeil de lislam, les deux cent mille habitants du caire sont devenus quatre millions, Bagdad remplace par les canots auromobiles, les nasses de roseaux et de birtume om pechaient ses paysans babyloniens et les portes en mosaique de Rehran se perdent dans la ville comme la porte saint denis... . Pour lui ces changements naffectant pas une autre civilisation, ne symbolosaient pas le metamorphise de lhomme. Aller en Asie nagure, ctair penetrer avec lenteur dans lspace et dans le temps conjugus, lInde aprs mIslam, la chine aprs lInde, lxrme-orient aprs morient, les vaisseaux de Sinbad abo,donns lcart dun port des Indes dans le soir qui tombe et apres singapourn lentre de la mer de chine, les premieres jonquires comme des srntininelles Il reprends par ordre des medecinsn cette lente penetrationn et regarde le boulversement qui a empli sa vie sanglante et vaine, comme il a boulverser lAsie, et avant de retouver, audel de locean, Tokyo or il envoya la venus de moli, kyoto meconnaisable, Nara presque intacte malgr son temple incendi, retrouve nagure aprs un jour davion et la chine quil na pas revue jusqu lhorizon, locean glac, sans sillage...lengoufra

Lindivudu a pris dans les mmoires, la place que lon sait, losqu elles sont devenues des confessionsn celles de saint augustin ne sont nullement des confusions et sachevent en traite de metamrphose,nul ne songerait nommer confession, les memoires de saint-simon : quand il parle de lui, cest pour tre admor, on avait cherch lhomme dans les grandes actions des grands hommes, on le chercha dans les scretes actions des individus. Concernant les actions des grands hommes, et les temoignages par lintrospection-aveu charg on note que que les aveux des memorialostes les plus provoquants sont puerils en face des monstres quappirte lexplication psychanalytique, mme ceux qui en constatent les conclusions de laction aux secrets, ma nevrose ramne danavrage et avec plus daccent. Si nul ne croit plus que lautoprtrait, voir le portrait, nest dautre source que dimiter son modle, depuis les ffigies des sculpteurs egyptiens judquaux toiles cubistes ou coutume le croire du pirtratit litteraire, il serait donc dautant meilleur quil serait plus ressemblant, et dautant plus ressemblant quil serait moins conventionnel, cest la definitions que suggere les realismes, qui se sont presque toujours labor contre les idalismes.

Philo et philo Il aimait le jazz peut-tre parce que dans sa jeunesse il avait jou dans un Dixieland (o tes-vous mes belles annes?) ou peut-tre, encore parce que en plus de son amour pour le jazz et sa dilection devant le langage humain de ses instruments, la poignante tristesse du

blues et le dchanement du rock, il profitait de l'occasion pour montrer ses connaissances du jazz, et surtout de son histoire, jusqu' l il savait ce qu'tait le jazz, du moins, il le pensait mais il ne lui viendrait pas l"ide de tirer une philosophie de la musique, non seulement il en tirait une, mais encore il vivait selon ses lois et s"expliquait, beaucoup de chose par elle, la vieille poque, o tout ne faisait que commencer quand parmi les musiciens rgnait l'esprit de fraternit, de camaraderie, d"mulation, d'adoration de la matrise, il semblait voir l la philosophie d'une existence libre car il n"y avait pas de bche , faite de canons, pas d'exercice fatigants de solfge, mais chaque interprte assimilait seulement ce qu"il lui fallait pour jouer son air prfr, et chacun tait libre d"improviser dans son solo lui, chacun estimait que la volont devine lui commandait de se donner libre cours dans la passion, les sanglots et la vie, dans l"expression de sentiments puissants et irrpressible Jefferson, aveugle, avec son guide leadbetter, et le fougueux sidnez Bechet , Joplin timide concentr et ce garon, aux mchoires de fer et ayant un sens absolu de la mlodie du petit fils d"esclaves, qui a grandit sur les dcharges de la nouvelle orle ans, le meilleur chanteur et trompettiste de tous les temps, le gnie du jazz, louis Armstrong....., il pouvait en parler pendant des heures entiers, et quand un jour, au cours d"une runion commande, cdent son humeur et au souvenir de sa jeunesse, il s'assit au piano et, en swinganat en trissant aisment le fil infini de la mlodie, en harmonisant, joua sa partie magistrale, la seule puissance abstraite de la philosophie et de la philharmonie. Du Jazz Dans les dessertations d'un critique, une chose proccupait particulirement, ayant un jour voqu

les chants de travail des noirs, qui ont servi, avec les spirituals de fondation au jazz, imperceptiblement, passa des parallles, chanta plusieurs chansons, dont certaines sont clbres et puis soudain, il parla de la conscience sociale des africains chez qui le personnel et le social sont insparables et tout aussi imprompte, mais fort logiquement, il passa des considerations sur un phnomne analogue, il s'agissait de la conscience sociale qui ne s'tait pas encore grce dieu, replie sur son ' moi ' venant de cet homme de jazz, swinguant un refrain et pendant des instants d'excitation, riait avec des accents de ' septime de dominante avec rsolution ' d'un rire emprunt, affecte, form au possible, cet intellectuel parfait arborant devant des inconnus un superbe snobisme, avait l"me d"un gars de la campagne, et donc il ne faut pas craindre qu"elle soit perdue, si elle existe , elle existe, un point c'est tout, on ne peut pas l"inventer on dcida ainsi pour un violon d'Ingres lieu ,tout s'merveillait de voir combien le monde de ces notions et de ces penses s'tait compliqu et combien de ce fait il s"tait ennobli. Herbe et neige L'herbe scintillante de rose semblait, briller de sa lumire propre haute entre les ornires profondes, elle craquait sous les pas avec un bruit croustillant et savoureux, au travers du brouillard, le pote vit ponter dans le lointain l'imperceptible tache pourpre d'un feu de camps, il devait y avoir un ravin devant lui n"importe, on le passera, a n"en sera que plus intressant ! Lhivers, il faisait froid, fonant travers la haie pineuse en lisire du champ, il fit halte au bord de la pente du ravin o^rgnait les tnbres et le silence, comme au fond d'une gorge, eh, advienne qui pourra ! Il se mit descendre, tout en retenant sa lourde et incommode sacoche, la pente devenait sous

les semelles humides, forant prendre le trot, il cartait les pieds pour ne pas tomber, en essayant de glisser sur les semelles comme ils le faisaient sur la neige des montagnes. Neige tide Vers l'aube au vent du printemps tide et dru qui venait di sud et qui gifla la valle, sur les chemins, les flaques prises par le gel nocturne se mirent scintiller, la dernire neige, une neige spongieuse que la nuit avait glace, se tassa en craquant dans les ravins, chasse vers le nord, la noire voilure des nuages dfilait sous le vent, lent cortge majestueux qui dpassait avec des sifflements et des sonorits de chanterelle, fendant l'air humide qu'ils emplissaient d'un brouhaha de joie contenue, les vols innombrables de canards, de bernaches et d'ores en route vers la chaleur et qui fonait vers le lieu sculaire de leurs migrations. Le pote se rveilla bien avant le jour, les volets gmissaient aux fentres, dans la chemine, le vent chantait une complainte, grle, une feuille d'arbre dclare grondait sur les toitures. Couch sur le dos, les mains jointes derrire la nuque et le cerveau vide de pense, il contemplait le bleu crepescule du petit jour, prtant l'oreille tour tour aux gicles de vent battant les murs et au souffle gal, passible, presque puril de sa femme endormie contre son flanc Lyrisme psychologique Chacun des crivains suit sa propre voie pour joindre la vrit ce qui prouve une de plus qu'il n'est d'autres moyens d'attendre celle-ci que d'galiser dmocratiquement toutes les approches si varies soient elles et de laisser voluer en toute libert les styles les plus dissemblables pour ce qui est de la

qute thmatique, esthtique et linguistique, les rcits en presentatnt aujourd'hui une grande vrit, la nouvelle parabole en constitue l'un des axes, les plus remarquables sur ce plan, se sont les oeuvres des crivains qui y cernent nettement et explorent certains modles de comportement bien concrets qui se sont forgs au cours des dernires annes. Un autre courant, fort diffrent du prcdent, le rcit lyrico psychologique o se distingue un crivain aussi fcond qu'intressant, chez qui se marient avec bonheur les accents eligiaques et intimistes de la prose avec le style concis incesif de la prose, qui dpens avec une bont sincre ses hros honntes et intgres, il est mme sentimental parfois dans le bon sens du terme, mais l'crivain se montrera implacable s'il s'agit de bureaucrates, de personnage, oisifs et cynique imbus de leur pouvoir, chacun de ses rcits est une analyse muticuleuse des conditions sociales qui empchent les hommes dignes de s'affirmer pleinement mais prsentent un terrain favorable pour ceux qui mnent une existence parasitaire dans le domaine du social et spirituel. Modus vivendi Pour peu que l'on mrite sur la filiation des poques, l'on en vient au problme des liens entre les gnrations dans la socit contemporaine, il semblerait que traditionnellement les relations parents enfants sont de la comptence du roman et les investigations pousses dont elles font l'objet ne concernent que ce genre " majeur', toutefois, le rcit aurait aussi son mot dire, il cherche a cerner le phnomne, dgager les noeuds douteux, les conditions, et les dsaccords, avec les veterants de notre prose, ou le modus vivendi, le pragmatisme et le cynisme qui contaminent les mes, bref comme on

disait jadis " audiatur et altera pars : " dans la vie sociale, semblable attitude respectueuse envers ' l'autre partie ' est la condition indispensable d'une " glasnost " authentique , pour ce qui est de la cration littraire, elle est le gage d'une vraie russite artistique de l'oeuvre. Certains matres du rcit confrent leur investigations littraire de la ralit une ampleur historique bien visible, et ont en depuis longtemps un penchant pour des cycles de rcits qui formaient ensemble un tableau cohrents de vaste envergure, ces romans constitus de rcits autonomes, sont rgis par une logique esthtique intrieur, a travers les liens, qui unissent les rcits, transposant les rapports des diverses poques et vnements de l'histoire.

Futurisme

Sur les cltures, l'ombre des acacias brode son vivant ornement, de derrire les toits le soleil clair et chaud, le monde entier aura sommeil les tuiles brillantes comme du verre, une bicyclette passa dans un battement silencieux d'ailes d'oiseau ; fourgon allemand charg de glace roulait brique ballant... Il s'avrait que tout cela relevait de la plus pure posie; condition toutefois de dcouvrir l'me de la chose ou du phnomne, l'me de la bicyclette, par exemple, qui " passera " dans un

battement silencieux dans lequel le crissement des pneus tait quand mme sensible , il m'affairait par sa diabolique exactitude. Je me relis et me dis, que tout est juste, mais pas tout fait; il n'est pas sans intrt ou sans utilit, pour soi-mme et pour les autres d'voquer l'histoire de ce que l'on a soi-mme tenu de nous rappeler toute notre vie; toutes nos annes sont pour nous violement colores et inoubliables, hlas ! Leurs couleurs sont ni dlabres si bien que " chaque" millsime semble crit au sang, ces chiffres, nous ne pouvons les oublier, ils sont tracs sur nos visages, c'est la crise des symbolismes, dont il tait beaucoup question aussi bien parmi les symbolismes que dans le camps adresses, c'est dand l'arme o se manifeste avec nettet la tendance hostile au symbolisme et les unes aux autres; " l'egofautisme" et premiers embryons du "futurisme".

Aleph, nun et cendrier En fumant ma cigarette, je faisait tomber dans mon cendrier les cendres...au fond de ce cendrier aucun n'tait le mystre des mystres; aleph, nun et il se mirait dans la table ronde., je ne sais pas pourquoi ce cendrier me plaisait enormement, il ne semblait le comble de la splendeur, presque un muse de muse, l'objet d'un culte injurieux dans la beaut tait rehausse par la surface glace de la table vide et implacablement polie, au milieu de cette chambre superbe o rgnait le parfum d'un coteux tabac turc et un silence de qualit qu'isolait du reste du monde des doubles aux

vitres paisses. Je pense aujourd'hui que ce cendrier tait un souvenir de pacotille que rapportait par centaine d'Asie mineure les passagers des paquebots, mais j'en tais proprement amoureux, et par une habitude enfante je me promettais, pour quand je serai grand, de possder un cendrier exactement pareil o je ferais tomber les cendres de cigarettes faites avec le meilleur des tabacs turcs. A l'poque, ce cendrier tait tout neuf, resplendissant, quoique l'intrieur ft quelque peu terni et peu prs d'une couleur violace sous l'effet de la cendre de tabacs et des ttes d'allumettes consumes penser l'eu ai je vu pour la premire fois que je n'ai pu m'empcher d'voquer mes rcents pomes. Sans aleph nun.dans le cendrier?

Sirnes Le silence remplissait l'univers, voila pourquoi les sirnes des bateaux s'accroissaient toujours au silence qui enveloppait soudainement le port d'une nudit universelle et crasante. Jai compris que les paquebots sourds taient non point un raffinement futuriste, mais un visage tonnement raliste, une inversion, procd tout neuf l'poque, qui consistait transposer de l'homme la chose, la sensation de surdit, les paquebots se miraient en tres vivants, en femmes d'acier, avec des anciens voyageurs.pour amants. Quand l'amour et au dsir lubrique qu'elles dversaient, en hurlant affreusement de leur chemines c'tait l une observation gniale du

pote qui atteignait aux profondeurs les plus secrtes du subconscient la mme rverie, suscitant quelque chose d'affectif comparable au dsir sexuel, qui faisait frmir le port avec les vedettes de la douane, les remorques, les pniches, les canots, les drapeaux, le phare blanc dont le reflet s'parpillait comme une lettre dchire sur le miroir bleu, comme un pressentiment de la nuit morte du sud, je ne retiens pas le nom du futuriste, auteur de ces vers, mais le tableau du port, cr par sa puissante imagination, s'est jamais imprim dans ma mmoire; la loi de la mouette.....!

A la mmoire de lcrivain Il est encore difficile de s'habituer l'ide que l'crivain prfr n'est plus parmi nous, au dclin de son ge, il avait su conserver la jeunesse du cur, la vivacit de l'esprit et un civisme passionn, on aurait dit que les annes n'avaient fait que renforcer en lui le sentiment de sa responsabilit d'crivain envers son temps, ses livres restant comme autant de tmoignages o l'intelligence va de pair avec le talent et la diversit et essentiellement ses mmoires, en cela quand il interrompt l'auteur parce qu'il fallait le loisir de mieux vouloir et de mieux saisir, selon les changements intervenus dans sa vie intrieure et aussi dans celle du monde, il a son mot dire et le lecteur aurait raison d'interprter son silence comme volont de faire silence, comme une faon de prendre sa retraite d'tre pensant. Aprs qu'il eut crit dans les livres prcdents de ces mmoires, on trouvait beaucoup , j'avais

mme l'impression qu'il ne s'arrtait jamais d'crire quelle que ft l'heure o je venais, je voyais toujours, par la porte de son cabinet de travail entrouverte sur la pnombre du corridor, les fentres donnant sur une ruelle vide, un bureau de modeste dimension, il crivait l'encre verte avec un stylographe " titre", si j'ai bonne mmoire, chaque fin de page au lieu d'employer un buvard, il mettait de ct le feuillet, d'un geste impartit comme s'il prenait ses mots dans un clapin, il l'agitait pour que la page sche plus vite...!

Matre et posie J'apportais au matre des posies et des crits toujours nouveaux : Mon cahier la main, en me dsignant d'un mouvement de la tte, comme tous les dbutants on s'imagine que la littrature nous apporterait la gloire, l'argent, le luxe, avouons que nous rvons de voir nos portraits dans les journaux et les revues, des critiques logieuses dans la presse, on prtend que l'art pur est notre unique ambition, on ne va pas imaginer que tous les crivains clbres soient ncessairement riches, avant de s'assurer un train de vie plus ou moins convenable presque tous ont connu une gne affreuse, sinon la misre noire, plutt que la vie dans une demeure seigneuriale, avec ses portes monumentales et polies, ses parquets superbement cirs, ses fentres vnitiennes appui de marbre tide, ses espagnolettes flamboyantes force d'tre astiques, ses profonds hauts o se refltaient en t les

feuillages des acacias blancs qui bordaient cette vue tranquille et artistique, et en hiver, les arbres bleus au tas de neige , les silhouettes imprcises du traneau avec la quantit strictement ncessaire d'excellent mobilier, sans tagres, consoles , bibelots , napperons et dessus de table des intrieurs petits bourgeois, cette vie cadrait ou ne pouvait mieux avec l'ide que je me faisait d'un aristocrate, gentilhomme de vieille souche, acadmicien, dot d'un got irrprochable. Le mtier dcrivain En gnral, j'cris vite, mais je publie lentement, la premire partie de mon livre me prend une quinzaine de jours environ, videmment, je l'avais longtemps mijote d'abord, mais ensuite je l'ai crite d'une seule traite, j'ai apport de petites corrections quand le texte a t au propre, prit dans les preuves, mais cela, c'est la routine. Jusqu' alors, j'tait persuad que j'crivais lentement, avec enormement de brouillant, de corrections et de variantes, polissant et repolissant chaque phrase, changeant les pithtes par dizaine. Jai l'impression que ces genres de " flaubertisme" trs rpandu aujourd'hui encore parmi certains auteurs qui croient dur comme fer qu'il existe un " mtier" de l'crivain comparable celui de l'orfvre et capable de faire de l'artisan un artiste, qui tait parfaitement tranger encore qu'il lui arrivait de parler de "polissage, " fignolage" et autres sornettes qui, en notre poque de "mauvisme", font sourire. Ce qui faisait la force du plasticien, c'tait sa raction extraordinairement prompte quasi

fulgurante, tous les excitants, et sa capacit de la matrialiser instantanment dans les mots exacts. Fleur rouge Fleur et fourmis , Tout entier jusqu' la dernire fibre , j'tais absorb par la contemplation de la fleur rouge mre, marque par les premires stigmates de pourrissage, les dentelures jaunes barraient une gepe l'accs du coeur carlate de la fleur moribonde o se consumaient sombrement les charbons de la guerre , de la rvolution future, encore hors de porte de ma conscience, l'autre fleur tait fane, et sur sa chair morte, rampaient les petites fourmis rousses qui escaladaient en chanette, la balustrade de pltre. Je revois ces fourmis, menues et frles et il me semble que ce sont les mmes, au fait, ce sont peut tre bien les mmes, les fourmis ternelles, sans signification, si phmres qui cherchent instinctivement dans l'univers immense et inconnaissable, le corps de la fleur en dcomposition, comment l'appelle-t-on ? Maintenant je sais, alors que je lignorais il ya un instant....... Ophlie, paraissait et chantait, elle chantait, elle chantait en tressant des couronnes, la rivire l'engloutit avec ses fleurs, ses couronnes et ses chants....oh comme, ils ont fini, les jours radieux de longueur insense, depuis longtemps le bonheur est noy, seuls voguent encore les chants et les fleurs.... Le pote dautomne

Le pote d'automne, l'auteur de cette chute des feuilles que je ne me lassait pas d'admirer, tel un palais peint d'or, de pourpre, de violet, le bois dress au dessus de la clairire, sa muraille riante et tachete, qui n'est pas moins la plus brillante apothose de toute une poque en posie, chacun de ses vers librait un chapelet d'ides chres _ toutes au coeur humaniste. Tel un veuf esseul, l'automne pntre en sa demeure colore...lentement le croissant monte vers le ciel, il raccourcis les ombres et met un voile transparent sur la fort et le voil, qui du haut des cieux embrums me regarde droit dans les yeux.... Tel un palais peint d'or, de pourpre, de violet le bois dress au dessus de la clairire sa muraille riante et tachete...la lune embrume monte comme un fantme au-dessus des pins, drap dans sa cape d'hermine, le visage ple et pur, l'automne vient sur le pas de sa porte saluer son dernier jour dans la fort. Des palais de glace illuminaient le ciel bleu de cristal et d'argent, dans la nuit blanche de leur clat, brillant des lumires des votes clestes, le bouclier toil du sagittaire, l'heure o flambe, dans le silence, l'incendie glac, l'blouissement de l'aurore borale. Une baie et un pome J'tais sidr, le tout simple mystre de la posie que jusqu prsent m'chappait et me vouait au desepoir, venait soudain de m'tre rvl. depuis longtemps dj, j'avais compris, confessant, mme , il est vrai que savoir faire des vers, on n'est pas encore prt tre pote, l'aisance de la vrification ne me leurrait plus, la figure du pome si diffrente de la prose, avec

sa quatraine, avec l'lgance spciale de la typographie, avec ses points de suspension et autres raffirment quoique quxcercait toujours sur moi un pouvoir hypnotique, commenait m'agacer parfois, l'ide ridicule m'tais venue de rpertori dans un vulgaire cahier d'colier, toutes les paires de rimes imaginables, puis d'apprendre par coeur, comme la table de multiplication, toutes les mtriques existantes, lambes, amphibraques, ce qui, somme toutes, n'taient pas tellement difficiles comprendre, et hop l..: fouette cocher. Quant la terreur des pomes elle est universellement connue et la porte de toutes les intelligences. Rves, tendresses, mlancolie, angoisse, arrosant le jardin au clair de lune, rivire, passion, fleur d'automne, printemps, hivers, plus rarement l't, baisers enflamms, nuit, aube, crepescule, plus rarement midi, coeur infidle, aussi destin, adversit.... le reste l'avenant, et bien entendu, mers, ocans, vagues cumantes, golfes temptes.... mais en gnral une baie ? Pourquoi pas ? Mais une baie en gnral, pas la vrai baie, mais celle qui est dans les livres et qui ne fait pas natre dans l'esprit une image tant soit peu prcise. Rserve de mots Il faut crire des vers tous les jours, de mme que le violoniste ou le pianiste doit travailler son instrument plusieurs fois chaque jour sans faute, autrement votre savoir finira par se trler, par se desecch comme un puits d'o l'on ne tire plus d'eau depuis longtemps, mais sur quoi crire ?

Sur une fleur ? Sur les fourmis ternelles sans signification si phmre, qui cherchent instinctivement dans l'univers immense et inconnaissable, le corps de la fleur en dcomposition, comment l'appelle-t-on ? maintenant, je sais alors, je l'ignorait, j'ai remarqu que la vue d'un objet est triplement obsdante si vous n'en connaissez pas le nom, donner des noms aux choses, il n'y a peut- tre que cela qui distingue l'homme de tous les tres vivants, seulement je ne dispose pas d'une rserve de mots suffisante pour nommer les millions d'tres, de nations et de choses qui m'environnent, c'est une torture, plus terrible encore, assurment que celle que subit l'objet dpouill de son nom, son existence est dvalorise. Des nues d'objets sans nom souffrent le martyre autour de moi et me martyrisent en me faisant comprendre que je ne suis pas un dieu, les choses de l'ternit, comme les figurines d'or, toutes neuves des bouddhas non encore encaisses dans les recoins d'ombre des temples, au milieu des pierres surchauffes sous le ciel o ils respirent la fume expiatrice des plantes brles, le parfum des pavots jaunes de l'absinthe, les bouddhas se ressemblent tous et leur longs sourires n'expriment aucune ide, ils attendent leur incarnation, qui ne peut s'accepter que lorsque surgira au monde une nation absolument nouvelle exigeant d'tre exprime plastiquement...couleur rouge, Bouddhas, juges d'or des sacrifices. Train et sifflet Un croissant de lune effil guindaillait par la fentre, quand des nuages le masquairent, la

salle paraissait humide et inacceuillante, une sourde rumeur parvenait de loin, elle s'amplifiait lentement, se changeait en un grondement distinct et dcroissant peu peu..... Drle de chose que la vie, tant qu'elle ne vous a pas coinc on ny pense jamais, on vit le jour le jour...on se rejouait de toucher sa paye, on boit pour tre gai, on a le cafard aprs s'tre chamaill avec sa femme, on gaspille sa vie tant qu'on peut...elle est pourtant sans prix, mais nous le reconnaissons trop tard , c'est comme pour l'me qui va prendre l'express tant qu'il n'est pas parti, on bavarde de ceci et de cela, mais quand le train a dmarr quand la voiture de queue a disparu, on s'avise qu'on a oublier de dire l'essentiel, trop tard un dernier coup de sifflet et adieu......on reste avec la chanson ; et j'entend sifflet le train, j'entendrais sifflet ce train toute ma vie.......!

Les toiles fripes Dans un pichet, les fleurs de l'automne, le pote les a sauv de l'orage, elles vivent, vestiges de la beaut dans un rve de bonheur perdu. Sur la table, les fleurs de l'automne, le pote les a sauv d'une mort prcoce, des boites de couleurs, des toiles fripes et un chapeau pendu au chevalet. Je revis avec saisissante nettet, l'encombrant chevalet macul de couleurs, o pendait ngligemment un chapeau de velours aux bords artistement recourbs la tyrolienne, l'un en haut, l'autre en bas, ce qui rendait avec une rare justesse le caractre humaniste, l'lgant dilettantisme et les naves veillts de

bohme...... Souvent, par la suite, il m'est venu l'ide qu'un chapeau de velours olive, aux bords en courbes la tyrolienne, devant coiffer autrefois le critique et l'este tait sur ma tte...... Les toiles fripes, il est vrai, ne lassaient pas de me troubler, il est bien rare que les toiles, chez les peintres, soient fripes, ou bien elles sont tendues sur chssis, ou bien enroules dans un coin, allez donc les froisser...! Aujourdhui encore, elles m'obsdent, ces toiles fripes, attestant que les meilleurs potes ont parfois de ces pithtes faciles, exactes premire vue, mais fondamentalement fausses, conues selon le principe du dj vu...o on naccepte pas d'admettre les toiles fripes, je les voyais en rouleaux, lourdes d'huile, ceci dit, l n'est pas l'essentiel .

Lettres et humanit

Certaines personnes cherchent denier notre droit inalinables l'humanit et oublient que notre bien qui traversant des chemins diffrents, n'en est pas moins glorieux. si nous revenons notre pense, si nous ne prenons pas nous pas nous mme d'initiative de faire part un monde extrieur de ce que nous possdons dans notre propre terre, le monde occidental n'apprcieras vraisemblablement d'aucune manire les valeurs que nous

possdons, notre musique peut tre trangres seulement pour des oreilles inexceres de la mme faon que d'autre langues nous la paratrons nous, avant que nous n'ayons eu l'occasion de les apprendre, nous devons reconnatre, cependant que la valeur de notre musique et nos langages en tant qu'hritage universel dpend beaucoup de notre aptitude les interprter pour le monde extrieur, c'est ainsi que nous pouvons transformer des trsors rgionaux en un hritage mondial que nous serions fiers de partager librement avec nos voisins. Le respect pour le pouvoir politique est grand, il en est de mme pour des dcouvertes scientifiques et pour de grands exploits d'endurance physique comme la traverse de l'atlantique mais il n'y a aucun doute que le monde tient galement en grand estimes les efforts des individus pour rvler les trots complexes de l'esprit au bnfice de l'humanit. Les rsultats en ce domaine conduisent une comprhension plus grande de nos problmes et crent l'harmonie et le respect mutuel sans lesquels nous ne pouvons pas goter les dcouvertes de la science, ni appreier le plaisir de la ralisation qui doit venir de l'escalade des sommets de l'Himalaya. Route et monde

C'est notre devoir d'ouvrir autour de nous les grands trsors de l'esprit au monde, d'escalader les verests de l'me africaine jusqu'ici encore cachs dans les croyances de l'oubli et c'est pourquoi je chante sur l'Afrique, l'Afrique que je connais et que j'aime si tendrement. Laissez-moi terminer sur une note capitale de matrialisme, nous en tant que race, avons souffert d'une grande privation physique occasionnelle par l'esclavage, l'imprialisme et toute les autres formes obissantes de la contrainte physique. mais les inaptitudes physiques rsultent de ces formes d'agression ne sont rien par rapport aux normes pertes intellectuelles et morales que nous avons subies au cours des annes, en vrit de mauvaises conditions physique, tel que le travail forc. il doit tre clair pour nous cependant que les choses contre lesquelles en tant que race, nous devons rsister sans compromis sont les derniers vestiges de l'agression intellectuelle et culturelle qui existe de notre temps, ceux-ci sont plus insidieux parce que leurs preuves sont peut-tre encore plus paralysante que l'imprialisme et le colonialisme, nous pouvons voir l'imprialisme politique parce que l'aspect de ses chanes est vident, mais l'imprialisme culturel qui comporte les restes dvastateurs de la subordination politique est une force aveugle qui dprcie nos trsors traditionnels et mme quelque fois nous rend honteux d'tre trouvs associes avec eux en fois des cultures soi-disant lgantes de l'ouest, bien des gens, exasprs par les ingalits apparentes qui existent entre les deux cultures africaines et europens ont souvent jet leur armes en dsespoir de cause et dclar que nous ne devons rien avoir faire avec notre pass parce qu'il apparat relativement arrir et parce que cela prendrait des sicles pour le hausser au niveau des modles occidentaux, ils saisissent toute

occasion d'extraire notre riche culture des toutes puissantes du pass et balayant les poussires grises des sicles, d'exposer celle-ci sous sa splendeur nouvellement retrouve pour que le monde la voie et l'admire.

La musique africaine

Le gnie musical des africains n'a pas t aussi unanimement reconnu, que leur genie dans la sclpture et l'invention du motif malg l'influence trs rpandue qu'ils ont xerce sur la musique dans le monde. Aux USA, la musique des sclaves africains a t la seule musique folklorique americaine et c'est ce jour la contribution artistique la plus belle et la plus typique qu'elle ait offrir au monde. La musique africaine n'a pas encore acquis une grande renomme, peut-tre parceque la manire africaine de conevoir la musique diffre de celle des peuples de l'europe occidentale et des USA, on peut dire en general que la coneption europeenne de la musique repose sur la mlodie et la conception africaine sur le rythme. Des trois lments utilises en musique , la mlodie, l'harmonie et le rythme, le premier n'a relativement qu'une trs petite place dans la musique africaine, mais une fois aux USA peu

peu le sens de la mlodie se developpa dans la musique des sclaves africains. De l'harmonie on doit dire que l'africain a une connaissance et une intuition instinctive et quand ils commencent chanter plusieurs voix , leurs refrains typiques se sont forms en general en quartots des " barber-shop" chords des tats americains du sud et c'est l ou naquit la vogue des accords dit " l'choppe du barbier" et contituent la methode de la stricte harmonie pour les arrangements pour des voix d'hommes, accompagns d'accords parfaits composs de la tonique mise en mme temps que sa tirce et sa quinte. D'autre part le negro spirituals et le "ring shout" est un vestige d'une antique danse africaine, le "deep river" et l"hallelujah" ont une qualit rythmique remarquable et le jazz est une revolution dans la nature mme de la creation musicale, comme l'a montr Count Basie devant un auditoire choisi parmi l'aristochratie au royal festival halles de Londres,

POESIE

Une grande guerre

Sur la terre terriblement petite, Vivait une fois un petit homme Il avait un tout petit emploi Et une sacoche trs petite Son salaire aussi tait petit Et un jour, Par un fort beau matin, A sa fentre frappa Une guerre A premire une Assez petite On lui donna un PM pas assez grand On lui donna une paire de bottes lavnement Et un petit Casque Et une capote

De la petite Taille ..et quand il est tomb Trs emprunt. Non-conformit. La bouche dforme Par la clameur de lattaque Il n'y eut dans le monde Assez de marbre Pour tailler leffigie en pied Du bonhomme. Tout est printemps

Boulevards et rhumes Et le vent Humant lherbe dhier J y crois, au sourire Cach dans le vent J'y crois, la caresse, la force Du courant dair. A largent, soudain rouge Jy crois aussi Seule la neige bleue, je refuse d 'y croire, Dj les raies du soleil la prennent parti. : Un petit astre Vibre chaque vitre Les ruisseaux, jouant les jeunes rivires Slancent pour rejoindre les flaques Cest leur nature ocanique Tout se presse, se bouscule gargouille

Rattrape Concde du terrain. Quelque chose Quelque chose, cest sr Quelque chose dessentiel Va se produire. Monologue pour un printemps

Pass le seuil des gouffres affolants Pour lun deux, mamuser Je prends un ticket Quelque 'un, cette nuit, Chanta sous sa fentre Un voyou, probablement Ou un pote, Une goutte dingue toque au carreau La descente teint une bile. : Comme une paix inconcevable, lazur. Monde immense, Qui aujourdhui avoue, ne comptez pas Quelles vous pargnent Ou tes-vous, les grands orchestres ; Voici des jours bien faits Pour jouer sur les places. : Tout est printemps. Les actes Les signes : Et les pas allongs, sans y penser sur le pav.

Le feu de bois

Le feu se mourrait, comme un humain Tantt il sapaisait, a bout de force. Tantt Il tressaillait Et ses longues, jaunes, transporte mains Battait lair. Mais il tressaillait encore, Il attaque un mince filet de fume On eut dit quil voulait empter avec soi Ltouffante, limmobile foret. Zbre du jaune qui tremble, Les oiseaux et leur confus langage La longue trane de brouillard duveteux Et les herbes, et la jonche dtoiles blanches Qu peine cachaient les nuages.

Averse

attends : le silence et puis, attends

Plaque, lobscurit rebelle, Contre la terre assombrie La pluie frappe les bourgeons gorgs Comme vrit droite Des oiseaux ruisselants Frissonnant sur les rameaux crouis Laverse est folie. Nimporte Derrire le mont noir lorage vite la longue injure attends. : oublie tout a : oublie : moi attends ; j ai oubli enfin pour, pour cette fois tu veux, je sche les oiseaux je me fais sur les bois sirocco ?

A la guerre

Baroudeur, au bout du monde

Que memplisse la haine ou lamour Lessentiel. crucifiez-moi Si a vous chante Pas question. De men ddier - Fusillez-moi Je ne serai pas flon Au drapeau Couleur de mon sang Ceci est ma seule conviction Tous mes neuf mille jours dexistant Ceci est ma conviction Depuis mon premier souffle Depuis mon premier lait maternel et tant que le vent de la route Me cingle la face Tant que je vais, dun pas gal Sur un soi qui nest pas duvet Tant que jai de bons De vrais camarades, Et que je noublie pas le mal Et sur le bch je me brle pas Ce credo, restera aussi fort Pour le dtruire en moi Il faudra tuer mon cur dabord.

Fleur bleue

Tu veux Je tapporte la fleur bue du bout de la terre ? Tu veux Je toffre demain Laurore, jcris Ceci, pour elle Elle Laverse, cartant les branches Dans la nuit sa dandine Tu veux A linstant, je supprime Ce poisson gris ? Non, attends : Pourquoi tu ne dis rien ? : Tu ne me crois pas ? Crois : Il faudra bien me croire Quand, La pluie cessera de gronder : Le monde se taira surpris Tel quen lui-mme Tu lveras une paupire Doucement, un regard par le carreau Et tu le verras Sur la terre, sur la terre norme Mon cur, Mon cur dj haut La nuit de var laine

Tout est puis, ressaisi tout est vieux,tout est vain tout est rature, dchire et la plume leur tombe des mains front o de rares mches collent, coeur teint qui dit mi-voix -que peuvent pour toi tu sais tout mieux que moi dehors, le temps finit sur son aile que tu sois d'humeur sombre en tches sache bien qu"en vain tu m'appelle je n'ai rien t'apprendre...." comme enchan sur une claie sur son grabat il est pench ds minuit raviraient les plaies de son dsempare... mais le premier rayon pntre. Meurt la nuit....... c'est comme une porte entrouverte l'aube tout ! La lumire jaillit ! clate ! Et tombent les chanes et rgne a nouveau sur Montmartre le mage Verlaine sur ses passions et ses doutes ses jardins, ses rues, ses traits c'est l'heure, Verlaine, et l'coute tout Paris Soudain Qu'il est trompeur, le mort soudain il touche au tour de nous sans fin

et chaque instant chaque coup transforme tout ! Le monde et nous soudain l'hivers devient printemps l'ide banale- un trait piquant soudain des fleurs nat du bouton l'amour se mue en trahison soudain la fuse alunit soudain on oublie un vieil ami, l'auteur de vus sans queue ni tte s'est rvl soudain port "soudain" par et par l " soudain". Nen crois rien, c'est une terre de l'aube soudain est l'oeuvre et non moins de nos penses, de nos discours. Mrir en nous de jour en jour tu n'as qu' regarder autour de toi..... Et mme en pote aux vers jadis sans queue ni tte scrutait les coeurs et les esprits tout est si bien qu'il a compris pour ceux-l seuls qui ne voient rien ce pote a surgit soudain.

Constellation Entre la mort, la vie et la mort nouveau entre zro et tout, et nous zro cette toile fend l'ombre dans le bourbillon des systmes stellaires marqus d'explosions par les cieux, les rivires qui sillonnent l'espace face aux astres levants et aux astres mouvants inextinguible grain de poussire , elle passe

vif clate de raison, fulgure au firmament je ne me mle pas de rfuter les hommes de science, et ne sais ce qu'ils lui ont prdit je voudrais seulement la prendre dans un pome pour l'abriter du vent ainsi qu'une bougie. Lartiste A travers les tnbres et la corruption le bien se fera pour, j" y crois du coeur du fer, le talent est semblable la rvolution qui fait brche aux barrires Il a beau tre en bulle au rire, aux vexation du clan des ignorants, des rats, des receptible le talent est pareil la rvolution, sa victoire est invitable par sa vrit vraie, sans falsification par son inaltrable essence le talent est semblable la rvolution prts poursuivre son avance. Un grain de quotidien un grain de sable un instant bref et presque insaisissable. Le coup de vent qui l'avait emport ta croise ouverte la jet. Les grains de sable du quotidien... sable infini sans bornes, sans limites............ il vole en sens oblique du destin sur nos chemins des tourbillons l'agitent.

Il nous frappe au visage et nous mentit ce flot de grain de sable de la mer monte sans bruit autour d'un frle arbuste au front duquel l"inspiration fleurit l'aide ! Crie la voix de la victime les branches pendent, le feuillage est sec... le sable couvre l'arbre avec le cime, le monde disparat sous les aregs o gisent enfouis les derniers brins d'herbe et de notre sang l'ultime jaillie. Prend garde lorsque vole sur la route le grain de sable du quotidien Mon coeur languissant Je lai port dabord dans mon cur languissant ; Puis dans mes yeux dcents qui dcernaient leurs corps ; Dans mes bras velus en fantmes puissants ; Sur le beau dos, les reciproques tordaient, cest contestant ; Je lai nourri dun mirage vanescent Dun brin de sagesse, clam par ce beau corps Je lai nier, avant ; pendant et toujours Renier ma libert et sans gmir sur mon sort Ecoutant au loin leur messages stressants Tel un vieux chevalier toujours adolescent Qui prend aux pieds fragiles de ces dames tout son lan Se perdant dans leurs seins divins, leur sexes dor tout effervescent Le pote et lautre

Le pote est celui qui comprend Lautre ; Lautre admire le pote Mais ne le comprend pas Le pote est cur, vivant de perfection Le savant nest quesprit qui joue la perfection Quand les savants et les potes font une ronde La perfection peut-tre serait de ce monde ! Le pote est le martyr de la vrit Le journaliste vit en elle de multiples faons Pourvu que lopinion morde lhameon Le pote ne peut sadapter Qua la vrit Quand le pote aime ; Il sloigne du rgne animal Quand la femme devenue fidle L'homme se substitue au mal Le pote nest jamais de son temps Cest un prophte qui attend Le diplomate fait attendre Dans lanti-chambre Que le pass hante Se mlant l'actualit brlante Le pote mprise largent Et quand il la, ne peut sen satisfaire On dit quil est ngligeant Ce qui lintresse cest la richesse des vers Il travaille dans lhumilit Menant une existence prcaire Parfois il est lu maire Mais pas pour lternit Le pote espre la reconversion

Sociale, dans la mditation Le syndicaliste est militant De naissance, de lhivers au printemps Si le syndicaliste est pote Vos revendications seront-elles satisfaites ? Le pote est celui qui comprend Lautre Lautre admire le pote Mais ne le comprend pas Et tant mieux !

Mort dun pote Le portrait d'un jeune pote aux cheveux onds comme une toison apparut devant moi, ses yeux, son nez, ses sourcils, ses oreilles semblaient tous ordinaires, mais pris ensembles, ils lui prtaient l'aspect le plus merveilleux, en effet, on ne pouvait expliquer son aspect extraordinaire en le dtaillant trait par trait, mais tout en lui tait vritablement humain : dans le silence de la nuit ta face pure m'apparat les charmes des chants de jadis ensorcellent mon coeur muet L'une ensorcellent l'autre ces lignes transpercent mon coeur, non, l'homme ne pouvait se passer de cette clart, de cette puret et de ce bonheur inconcevable, quoi qu'on dise cette autre vrit apparue dans le silence de la nuit et n'exigeant aucune preuve existait, l'"homme devait vrit ce bonheur mme au prix de sa propre perte, celui qui ne l'a jamais prouv est un homme si malheureux,

si misrables que lorsqu"il retournera en terre, son empreinte transparente immatrielle resta, dans l'espace de cet au*del que son me avait jadis habit.....son fantme restera a planer au-dessus de l"endroit o il est tomb sous toutes les pluies qui s'y dverseront, il restera au milieu de la bruyante place publique, si une ville y aura^t rige, il tendait ses mains, sol interrogera les gnrations passant devant lui pour savoir pourquoi il avait et pourquoi il tait mort.....

Charmante petite station balneaire, o l'on visite surtout la medina, l'une des plus pittoresque ville de la cte atlantique et o on admirera la forteresse de style Vauban construite par les portugais, qui avoisine le port, la skala du port, avec sa grosse tour carre et la porte de la marine est encore arme de ses vieux canons points sur la mer qui deferle au pied de ses remparts. La ville s'tend sur une presqu'le, etroite et basse, dont le rivage est largement expos aux fortes mares d'hiver. Dote de muraille divisant la vieille cit en plusieurs quartiers, kasbah, mellah ,et medina, cette ville tonnera un peu les visiteurs avec ses rues rectilignes qui lui rappelleront qu'Essaouira ft conue, dans la seconde moiti du XVII siecle, par un franais Theodore Cornut. Sous l'influence des vents alizs, Essaouira jouit d'un climat egal et tempr, doux en toutes saisons. Le littoral est bord de dunes et de plantations de pins, au sud se bousculent des collines et des monts dont chacun constitue un belvedere d'o l'on discerne la cte. Toute la contre est plante en arganiers et en thuyas,

c'est le verdoyant pays HaHa qui est domin par le mont amisiltene. Au nord, le terrain est moins accident, seul le jebel Habid, la montagne de fer domine le pays qui est un vaste plateau inclin, aux arrtes rocheuses et rectilignes. au-del, s'tend la plaine alluvionnaire sillone par l'oued tensif, c'est le pays chiadma, marqu par l'histoire legendaire des sept saints Regraga dont les tombeaux sont repartis sidi Wasin, au Nord-Est du mont Habid Akermoud, l'Ouest du mont, et a moulay Bou zerkoun au nord d'Essaouira l'une des plus interessante consiste se rendre dans les les de la baie identifie avec les les Purpunaires o le roi Juba II difie vers la fin du 1 sicle avant J-C, une fabrique de pourpre, on y mit au jour une villa trs luxueuse, pourvue de thermes et quelques vestiges d'ateliers. La contre qui s'etend entre Essaouira et Agadir o finissent les dernieres pentes du Haut Atlas occidental, est sans conteste trange, c'est un plateau monstrueux, sans sources, bien que profondment ravin, par de nombreux oueds, o les eaux de pluie sont methodiquement recueillies dans des citernes, dans un pays aussi sec, l'arganier est une ressource providentielle tant pour son bois, ses fruits, que son feuillage reserv au paturage pour le baeetail des gens qui s'adonnent quelques cultures....qui aident les habitants pour leurs ressources provenant de la pche pratique sur la cte par des pcheurs utilisant un matriel et des procds anciens, ceux des gens d'antan , ceux de l'Atlantide.........! voir le voyage du R II.

SIGNES DU PRESENT ET PHILOSOPHIEFEUILLETS LITTERAIRES

Lisez dans uvres et rflexions , les dernires nouveauts du roman, du rcit, de la posie et du thtre national et international, des tudes, des commentaires, des tmoignages, des dbats sur les uvres et les problmes, les livres, les spectacles, la musique, les beaux arts, les films. Un forum idal Ce forum serait consacr principalement la musique sereine et srieuse contemporaine ou la littrature ou la politique, en raison du nombre considrable de personnes, de tendances et dbats associs la musique de notre temps, elle ne saurait naturellement prtendre une numration complte, labsence de certains thmes ou lomission de telle rfrence ne constitue donc nullement un jugement de valeur. Signes du prsent Chaque uvre est consacre une problmatique une thmatique qui concerne un champ de savoir suffisamment cohrent pour que chaque culture tienne sa promesse, obissent une certaine rigueur tout fait ouverte, comme une petite fentre sur le monde, coder, dcoder les signes du prsent qui soit autant dindicateurs une mmoire en devient. Savoir et dsir Lapprenti sorcier, ce nest pas celui qui acquis la connaissance, cest celui qui utilise cette connaissance, je vois que le scientifique ne peut pas atteindre grandchose dautre que de produire du savoir et vis--vis de la socit de dsir et voil ce que nous savons, voil ce que nous pouvons faire avec, ce nest pas au scientifique de dcider si ou le fait ou si on le fait, cest la socit de choisir.

Pour Jean Cocteau A force de vivre au milieu de travail des tonnantes usines de ferie du cinmatographe, jai constat que le film tait le seul vhicule possible pour russir lquilibre entre le rel et lirrel, pour hausser une histoire moderne jusqu la lgende. Le cinmatographe lumire avait peine attir quelques dizaines de curieux dans le sous sol du grand caf, quon lui reprochait davoir prsent un spectacle incomplet ses personnages tant muets, manquait la phonoscope, plu tard la rvolution provoque par le parlant navait pas seulement affect la vie matrielle des studios, elle avait eu une influence considrable, artistiquement parlant, mais reste que les hros de lcran parlait en symbole. Parlait de vrais studios, les halls de verre o se fabriquent les films, nont pas dautre vritable originalit que de sintituler les thtres de prises de vue . Le cin studio est un ensemble harmonieux de champs, de vergers, de roseraies o se promnent les mondaines, des demi-mondaines et des intellectuels. Evacuez un salon qui avait une vocation principalement littraire runira dsormais en son sein, littrature et autres formes de cration artistiques, o des discussions sur laudela des uvres, on discute propos de la cration artistique dans toute sa richesse et sa diversit quelle soit plastique, cinmatographique ou musicale, des artistes, des crivains et intellectuels venus de tous pays pour dbattre de tables rondes et de confrences de littrature mise en parallle avec des rserves proches de la cration littraire. Ecritures engages

Comment dfinir ou circonscrire ce que sont aujourdhui au Maroc les critures engages ? Multiformes, elles peuvent tre plus ou moins fiction ou autobiographie expression dune communaut de pense ou dune exprience individuelle, voix multiples ou parole unique, uvres littraire ou tmoignage. Vers la fin des annes 60, beaucoup dintellectuels et dartistes marocains inscrivent leur travail dans un mouvement de contestation et de prises de position sur des questions politiques et culturelles. Des revenus, des romans et des manifestes potiques dnoncent les oppressions et les travaux de leur univers social et politique, proposent une vision de la socit et de lhistoire susceptible de modifier les consciences, affichent la rbellion ou la rvolte. Au cours de la dcennie 90, enfin la situation politique au Maroc volue en valeur dune plus grande libert dexpression, le besoin de dmystification du pass, de reoit et de faits entrane la publication dcrits danciens dtenus politiques et de militants des droits de lhomme, mouvement qui saccentue au cours des deux dernires annes.

Crise de la philosophie thoritique Si le paradoxe de la philosophie thoritique est clairci il nen reste pas moins du point de vue central de science actuelle et puisque linanit laquelle la philosophie theoritique est rduite porte en soi linanit profonde de la recherche philosophique en tant que discipline exclusivement spcialise cen est une contradiction et une absurdit irrmdiable et puisque linanit de la science , ds lors quelle est totalement spcialise et de ce fait inapte dfinir le savoir scientifique et lide mme de lirrationalit scientifique est , son tour contradiction thorique et pratique insoluble et ds lors la crise de la philosophie

thoritique porte emblmatique en soi , les motifs et les causes de la crise des sciences et de la civilisation mondiale, la crise de la philosophie et de son paradoxe constitutif est donc bien autre chose quune pisode marginale et ngligeable de la culture, dont on viendrait bout par quelque forme en rorganisant les tudes universitaires ou autrement. Cette crise, bien au contraire, concerne notre vie et la signification de vie de chacun, exile dans sa discipline, exil aussi absurde quinvitable, le philosophe thortique ( qui aux yeux de beaucoup, serait lincarnation rsiduelle dun type de savoir obsolte, sans actualit et donc inutile) coupe en ralit sur la ligne la plus avance des contradictions des difficults et des paradoxes caractristiques des vnements contemporains, dans sa relative solitude et son impression sociale, il peroit pour tous et sans doute mieux que personne lorigine de la crise telle quelle se profile au seuil des socits technologiquement et matriellement avance. Cahier philosophique Naissance de lhumanisme volutionnaire. Une certaine activit philosophique marque une certaine rvoltions thique, dont les consciencieuse peuvent rapidement dpasser celles de la reforme, les deux ples en sont le dveloppement de lhumanisme volutionnaire et la transformation de la religion. Plusieurs mouvements rationalistes se sont runis pour fonder une union internationale thique et humaniste dont le programme se rsumait en cinq principes fondamentaux. 1-le principe dmocratique peut-tre appliqu toute les relations humaines et nest pas limit aux mthodes de gouvernement 2-lhumanisme moderne cherche utiliser la science pour des fins cratrices et non destructrices.

3-lhumanisme est thique, il affirme la dignit de lhomme t le droit de lindividu la plus grande libert possible de dveloppement compatible avec les droits dautrui. 4-la libert personnelle est une fin qui doit tre combine avec la responsabilit sociale, afin quelle ne soit pas sacrifice lamlioration des conditions matrielles. 5-un mode de vie visant au maximum daccomplissement grce la culture dune attitude thique et crative. Cette association ramifie et puissante, association humaniste dune importance considrable et est en lieu rapide croissance et qui dfend des ides forces telles : -les problmes humains doivent tre affronts grce aux ressources intellectuelles et morales de lhomme, sans invoquer une autorit sur naturelle. - la vie peut-tre facile digne dtre vcue et suffisante en elle-mme sans quelle ait besoin dtre ternelle. - la science et lorganisation fournissent des conditions meilleures pour crer lenvironnement dans lequel ltre humain peut dvelopper ses potentialits. -la libert de penser et les liberts civiles dfinies par a dclaration des droits de lONU doivent tre la base de la socit. Comme lassociation est sous pour une bonne part constitue de scientifiques, ces ides ne sont pas prsentes comme des vrits dmontrable, elles sont des actes de foi, de nature religieuse ce qui remet les humanistes nest pas une srie de propositions croire aveuglement, mais de valeurs morales choisir en toute libert, lhumanisme est une nouvelle faon de vivre plutt quun systme philosophique, les humanistes peuvent appartenir diffrentes coles philosophiques, mais ils soccupent plus de changer le monde que de le dcrire..

Une vision de la mythologie Baltman avait dmontr quil fallait abondonner la mythologie chrtienne, compltement dpass pour lhomme daujourdhui pour exprimer le caractre trans-historique de lvnement historique qui fait de Nazareth, les auteurs du nouveau testament utilisrent le langage mythologique de la pr-xistence, de lincarnation, de lascension et de la descente, de