Grammaire Port-Royal

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És l'edició facsímil de la Grammaire générale de Port-Royal, publicada originalment el 1660. Aquesta edició data de 1754 i porta les anotacions de Charles Duclos, Secretari de l’Académie Française. La font del document és la biblioteca digital Gallica, de la Bibliothèque nationale de France http://visualiseur.bnf.fr/Visualiseur?Destination=Gallica&O=NUMM-84320

Text of Grammaire Port-Royal

  • 1. GRiMMAIRE , 1 GENERALE, ET RAISONN; CONTENANTL Ji: S fondemens de lart de parler 1 expliqus dune maniere claire & naturelle;LE s rai Cons de ce qui dl: commun toutes les Langues t Be. des principales diffcences qui sy rencontrent ;E Tplulicurs remarques nouvelles (ur Ia Langu. Franoit. M., 1) C. L 1 V ..tfVte Applobat;oll PriviJge d. 1101.
  • 2. 1; PREFACE. E N GAG EM E NT o~ je me juis L trout , p!~tt par rencontre que par mon choix, de travailler aux Gram- maires de diverJs Langtfes) ma JOuvent port rec/,ercher les raifims de plufieurs chols aui font ou communes toutes les J l J Langues , ou particu/ieres quelques~ ,mes: mais y ayant quelqueftis trollv des difficNlts qui ma"toient , je les ai communiques, dans les rerlcontres, lm de mes amis) qui ne shant jtlmais.appJi~ ~ cette filrre dejiencc JI na pas laiJP de me donne/! beaucoup do~rvertur!s pour refludre nus doutes; & mes luejlians nme ont t cauft quil a fait diverfts rfieXlO1H.fr les vrais fondemens de fart de parler, dont m""ayam entretenu dans la umLerJtion, je ies trouvaififilides, que ie me fis conJience dt les la~!Jr perdre, Jr/ayant rien vi2 dans les anciens Gram- nh1tnem, ni dans lis nouvclZUX , qui f.
  • 3. P R ~ F ACE.Pl*s ~ri.U!f OH plus jujJe ftr cette,... t1ere. Ceft pourquQi jobfins encore de la homi ?Iu"in, po~ 11ifF, qul me les diElt Jes ~eureJ prc1ues;- i&inJi les ayant fecueiJ./jes&.,mifls,.en ordre, jen ai coin-pr{ ce petit Trmu. Ceux lui onttte tif ~ime pour les ouvrages d raiflnnement, t.~ou"Ueront p~I#.~itre en celui-ci que/qut {holt. lfli ies pourra [misfaire ) .(7 jjenmfprijeront pas le fujet , PUifltUl fi /4 Pth{ole fl un des plus gr~ds avt}Ytt4ges tk f~fm:ne ,~. ce ne doit paf ftr8 "pl; chQji ~epry~"e dt pfJjflder fIt W
  • 4. GRAJ!IMAIRE , 1 GENERALE ET RAI SON NE. A GRAMMAIRE ea lart de parler. Parler, eft expliquer fes pen- fes par des lignes, que les hom- mes ont invents ce detrein. On a trouv que les plus commodes de ces fignes , toient les fons & les voix. Mais parce que ces fons paffent, on 1 invent dautres fignes pour les rendre dura- bles & vifibles, qui fom les caralres de1criture, que les Grecs appellent }Pji.IJ.fi.Trl, do eU venu le mot de Grammaire. Ainu lon peut confidrer deux chofesdans ces fignes : La premiere ; ce quils fonepar teur namre , cefl--dire, en tant quefOns & caralres. La [econde; leur fignicatioD; teH",": A
  • 5. 7-dire, la maniere dont les hommes se:! fer-vent po.Jr lignifier leurs penfecs. . . NOljs traiterons de lune dans la premierePartie de cette Grammaire, & de lautredans la feconde.
  • 6. ) Ji P RElli lE RE PARTIE.,Ou il cft parl des Lettres & cn3.t1res de lEcriture. C II API T R E PRE 11 1ER.Des Lettrts comme JOns, & premiere- ment des I/oyel/es. ES cl ~ crs fons dom on ft [en po!!"lt , ...J Fr].cr, &: quon appelle Lettres, ont tiUUt5 (~une manere toute naturelle,0.:. quil dl utJlc de remarquer. Car cum;nc la bouche cft lorgane qui les furme , on a VCl quil y cn avoit de fi fim-rlcs, qulls navoicllt befoin gue de fa [cuje Uu ertLlre pOUf fe fire entendre & pour for- )~:er une voix difiinde, d0 vient quun les d. "ppells VoyeLleJ. Et u;} a auffi veu quil y en avait daurrei-JUI , dptndJ.lJt de lapplication parriculicree quelquune de is parties, comme des : . ;:"." C:C) ; . rc3, de la langu(~ , du palais, .. ij
  • 7. " GRAMMAIlU! QNRALJf Q~ pouvaient nanmoins faire un fon parfait,ue par louverture mme de la bouche,c cll:fl-dire, par leur union avec ces premiersfons J & caure de cela on les appelle Con-..[onef. Lon compte dordinaire cinq de ees voyel- les J a, e , i, IJ, ~; mais outre que hacune de ceUes-I peut tre brve ou longue, ce qui caufe une varit affez confldrabie dans le fon; Ufembl~ qu~ conijderer la ~ifIlreQce de9 fons fimpies, felon les diverfes ouvertu-res d~ la bouche, on auroit encore pLJ ajoih-ter quatre ou cinq voyelles aux cinq prce-denres. Car le ouvert & le ferm font deux fons afl"ez diifrens pour faire deux diffren-teS voyelles, eomme mer, abifmer., commele premier & le derpier 1 Qans 7Iettlrt. dansjeTrJ J &c. Et de mme 10 ouvert &: }o ferm, ct, " co tu hau & hott,~ Car quoique le ou-vert & 10 ouvert tiennent quelque chore dulong, &. le &. r(} ferm quelque choCe du bref, nanmoins ces deux voyeUes f varient iavantage , par tre ouverts &. fermes J quun Il ou un i ne varient par tre longs ()u brefs; &. cell: une des raifons pourquoi les Grecs ont ptr invent deux figures ~ chacune de ces deux voyelles ~ quaux tro~ iutres.
  • 8. E T R A J SON N ! .!. S _ be plus ru , prononc ou, commle fai- [oient les Latins, & comme font encore les italiens & les Efpagnols, a un fon trs-dif- frent de ru, commE: le prononoient lea Grecs, & comme le prononcent les Fran- . - OIS. _ Eu comme il dl daos ftU, peu , fajt en" core un fon fimple, quoique DOQS 1crivieal avec deux voyelles. Il refie 1e muet ou fminin , qui neft dans fon origine quun fon fourd, conjoint aux comones_ lonqu-OI11 les veut prononcer r r. 1 1 fans voyelle, comme lorfquelles font faivies immdiatement dautres coofcnes, ainli que dans ce mot, ftamnum: ceft ce que les He- breux appellent fcheva, fau-tout lorfquilcommence la fyUabe. Et ceftheva fe trouvenceffairement en toutes lf~s langues, quoi-quon ny prenne pas garde, parce quil ny POInt de caralre pour le marquer. MaisGuelques Langues vulgaires, comme lAlle--mand & le Franois, root marqu par lavoyelle e, ajotant ce fc)n aux autres qutelleavoit dja : & de plus ils ont fait que cetFeminin fait une fvllabe avec fa c:onLOne,comme cff: la fecondc dans nettet ,jaimeraidonnerai, &c. ce que ne fairoit pas lefchevttdans les autres Langues, quoique plLlfieursfalfem cette faute en prononant le fchevtl A iilj
  • 9. ~ GR!1,4UtAIRJ! GiNRALEdes Hebn."Ux. ,E,[ ce qui dl encore plus remal"quabb~. ceft que (ete muet mit {ouve nttOut fuul en Franois une fyUahe, ou plttune demie fyUahe.9 comme vie, vu, aimle. Ainft (anseonlidrer la diffrence qui Cefait entre les vO}l:elles dun mme fon, par 13lenguur oU7brt:vet, on en Eurroit difiin-tuel! juftuesi dflt, en ne s arrtant quauxfons fimples , & non aux carateres : a, ;;J .. ~1. , 1,, ) > (1 JO, f!N , l i t ft, e muet. R lE /II .A R QUE s. Ls Gtammairiens rtconoHtnt plus ou moins(le COI:1S dans une Langue, Celon quils ont loreilleplus ou moins ren6bJe , & quils font plus ou moinecapables de .afranchir du prjug. Ramus avoit dja remarqu 10 voyles dans laLangue Franoife , & MM. de P. R. ne difrentJe lui fur cet article, quen ce quils ont fenti que~ n1rpit.autre choCe quun 0 crit avec deus ca ra~res.; ~u &. bref dans Paul, grave" long d,msb4uttlU. Ce.mme (on Gmple scrit avec trois oatuafl:e carattres ,dont aucun nen ellie ligne pro-pre ,tombe., berceaur. Notre onografe ell plei.ne de ces combinaifons fauffes & inutiles. Il eftaffis 1ingulier que lAb d~ Dangeau qui avoit r-flchi avecefprit furIes fons de la langue, & quicOboiHoit bien la Grammaire de P. R. ait fait la.
  • 10. ET RJ.ISONNBE~ mme mprife que Ramus fur le fan llfl, tandis que IV... !!iJ, un tranger, ne sy dl pas mpris. Cel que I-vall ne jugeait les fons que doreille, Be lon nen doit juge, que de cte manire, en 0u"- bliant ab(o!umenl cle dom ils scrive"t. MM. de P. R. nont FIlS marqu toute des voyl. les quils ponvoient aiCmellt reconotre dans notie bngue ; ils npnt rien dit des nafates. Les Latifts en avaient 4. qui terminent les mots Romam, urbetw~ firim , tN11plllm, & autres femblables. Ils les regar- daient fi bien come des Voy1es, que dans1es-vers ils en f:liroient Ptillon devant la voyle initiale du mm (uiV"2nt. La ltre m qui fuit une -voyNe avec laqule le sunit, efl: tOujours la ltre caraariffi- :lue des nafales latines. Nous Jions auffi quatre nafales , quoiqules ne foient pas todement les mmes gue cles des La- tins,