Hesitation, stephenie meyer

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Tome 3 de la série Twilight en francais

Text of Hesitation, stephenie meyer

  • 1. PrologueTous nos subterfuges staient rvls vains.Le cur glac, je le regardai se prparer me dfendre. Son intenseconcentration trahissait une assurance absolue, en dpit du surnombre denos ennemis. Inutile desprer de laide en ce moment mme, les siensluttaient pour leur vie, linstar de ce que lui sapprtait faire pour nous.Saurais-je jamais comment cet autre combat se terminerait ?Dcouvrirais-je qui avait gagn, qui perdu ?Les chances taient minces.Des prunelles noires que le dsir forcens de me voir mortes teintaitdun froce clat guettaient linstant o faiblirait lattention de monprotecteur ; linstant qui marquerait coup sr mon trpas.Quelque part au loin, dans les trfonds de la fort glace un louphurla.

2. 1. UltimatumBella, Je ne comprends pas pourquoi tu obliges Charlie porter des notes Billy, comme si nous tions encore lcole primaire. Si javais envie dete parler, je rpondrais aux Tu as fait un choix, daccord ? Tu ne peux pas gagner sur les deuxtableaux, alors que Dans ennemis mortels , quel mot est trop compliqu pour que tu Ecoute, je sais que je suis nul, mais il ny a pas dautre solutionIl nous est impossible dtre amis quand tu passes ton temps avec unebande de Penser toi trop souvent ne fait quaggraver la situation, alors ncrisplus Oui, tu me manques aussi. Beaucoup. a ne change rien. Dsol. Jacob. Mes doigts caressrent la feuille, sarrtant sur les mots o il avaitappuy si fort sa plume que le papier avait failli se dchirer. Je limaginaisrdigeant cette missive, traant maladroitement de son criture grossireles mots furieux, barrant ligne aprs ligne les phrases insatisfaisantes,jusqu briser de ses mains puissantes, peut tre, son stylo, ce qui 3. expliquerait les taches dencre. Je devinais ses sourcils sombres se fronaitsous leffet de la frustration, les rides de son front. Aurais-je t l-bas, jeme serais esclaffe : Pas la peine de te coller la migraine, Jacob. Crachele morceau. Rire tait cependant la dernire chose dont javais envie, tandis queje relisais ces mots que je connaissais par cur. Sa rponse masupplication transmise par lintermdiaire de Charlie et de Billy,exactement comme des lves de primaire, ainsi quil lavait soulign neme surprenait pas. Javais pressenti la teneur du pli avant de lavoir ouvert.Mtonnait toutefois la force avec laquelle chacune de ses lignesratures me blessait, croire que les pointes des lettres taient tranchantes.Et puis, tous ces dbuts rageurs cachaient mal locan de douleur ; lasouffrance de Jacob me tailladait plus que ma propre peine.Fourrant la page froisse dans ma poche arrire, je descendis toutesjambes au rez-de-chausse. Juste temps ! Le bocal de sauce tomate queCharlie avait flanqu dans le micro-ondes navait effectu quun tourlorsque jinterrompis vivement les oprations.- Quest-ce que jai encore fait ? grommela mon pre.- Tu es cens retirer le couvercle avant, papa. Le mtal bousille les micro-ondes.Tout en parlant, jouvris le bocal, en vidai la moiti dans un bol queje plaai au four avant de ranger le restant de sauce dans le rfrigrateur.Jenclenchai la minuterie et appuyai sur le bouton.- Men suis-je mieux tir avec les ptes ? senquit Charlie.Il mavait observe agir, les lvres pinces. Je regardai, la cuisinire,la casserole source de lodeur qui mavait alerte.- Remuer aide, lui rpondis-je gentiment.Dnichant une cuiller, jentrepris de dcoller le tas gluant qui avaitattach au fond. Il soupira.- Explique-moi un peu ce quil tarrive, lanai-je.Mon pre croisa les bras sur son torse et fixa la pluie qui, derrire lesfentres, tombait a seaux.- Je ne vois pas de quoi tu parles, marmonna-t-il. Charlie aux fourneaux ? Jtais perplexe. Ajoutons-y son attituderevche. Edward ntait pas encore l ; dordinaire, mon pre rservait cegenre de comportement mon petit ami, dployant des trsorsdimagination tant dans ses paroles que dans ses postures afin de lui fairesentir quel point il ntait pas le bienvenue. Ces efforts taient dailleurs 4. inutiles Edward savait trs prcisment ce que pensait Charlie sans avoirbesoin de ces reprsentations. Petit ami Je me surpris mordiller lintrieur de ma joue, en proie une tension familire. Ces mots ntaient pas les bons, nexprimant en rienlengagement ternel qui tait le ntre. Certes, les termes destine ou sort sonnaient ridicules dans une conversation courante. Edward enavait un autre lesprit, origine de ma tension. Rien que dy songer, jtaisnerveuse. Fiance . Pouah ! Jen frissonnai.- Aurais-tu quelque chose mannoncer ? repris-je. Depuis quandprpares-tu le dner ? Ou, du moins, ty essayes-tu ? ajoutai-je enenfonant dans leau les spaghettis amalgams.- Nulle loi ninterdit que je cuisine dans ma propre maison, rtorquaCharlie avec un haussement dpaules.- Tu serais en effet au courant, rpliquai-je avec bonne humeur enregardant le badge de shrif pingl sur son blouson de cuir.- Trs drle. Il retira le vtement, comme si, avant mon coup dil, il avait oubliquil le portait encore, et alla le suspendre la patre. La ceinture et ltuide son pistolet sy trouvaient dj. Il navait pas jug ncessaire de lesemporter au commissariat depuis plusieurs semaines. Les disparitionssusceptibles de troubler la petite ville de Forks, dans ltat de Washington,avaient cess. Plus aucun tmoin ne venait jurer avoir aperu demystrieux loups gants dans les bois de cette rgion ternellementhumide.Je ninsistai pas, sachant que Charlie finirait par mavouer en tempsvoulu ce qui le proccupait. Il tait dun naturel taciturne; ses tentativesmalheureuses pour orchestrer le dner ma place laissaient supposer quilavait nombre de choses dire ce soir-l. Par habitude, je jetai un coupdoeil la pendule, geste que javais tendance rpter frquemment cette heure. Plus que trente minutes.Les aprs-midi constituaient ltape la plus difficile de mes journes.Depuis que mon ancien et meilleur ami (loup-garou de surcrot) JacobBlack avait cri haut et fort que je faisais de la moto en douce - trahisondestine ce que je sois punie et prive de la compagnie de monamoureux (et vampire) Edward Cullen -, ce dernier navait lautorisation deme frquenter que de dix-neuf vingt et une heures trente, dans leconfinement de ma maison et sous la surveillance rapproche, rprobatriceet grincheuse de mon pre. Ce chtiment sajoutait aux mesures de 5. rtorsion que javais rcoltes pour avoir disparu sans explication duranttrois jours et mtre amuse sauter dans la mer du haut dune falaise.Certes, je continuais ctoyer Edward au lyce, Charlie ne pouvantdcemment sy opposer. Par ailleurs, Edward passait presque toutes sesnuits dans ma chambre, ce dont mon gniteur ntait toutefois pas averti.La facult quavait mon ami de se hisser sans bruit jusqu ma fentre, ltage, tait aussi utile que sa capacit dchiffrer les penses de monpre.Bref, les aprs-midi avaient beau tre les seuls moments o jtais sparedEdward, ils me pesaient, interminables. Jendurais pourtant macondamnation sans protester : et dune, je lavais amplement mrite ; et dedeux, je naurais pas support de heurter Charlie en dmnageant (jtaismajeure, aprs tout), alors quune sparation beaucoup plus dfinitive sedessinait lhorizon, ce quil ignorait.Bougon, il sattabla et dplia le journal humide ; quelques secondes aprs,il mettait des claquements de langue mcontents.- Je ne comprends pas pourquoi tu lis les nouvelles si a doit te mettredans cet tat, papa.- Voil pourquoi tout le monde souhaite habiter de petites villes, luda-t-ilen plissant le nez.- Allons bon ! Que reproches-tu aux grandes, prsent ?- Seatle est en bonne position pour dcrocher le titre de capitale dumeurtre. Cinq homicides non lucids ces deux dernires semaines. Tu tevois vivre dans pareille ambiance ?- Il me semble que Phoenix est plus dangereuse, or jy ai vcu des annes.Et je navais jamais autant risqu dtre victime dun assassinat quedepuis mon installation dans la charmante bourgade de Forks quil croyaitsi sre. Plusieurs tueurs taient encore mes trousses, du reste. Dans mamain, la cuiller trembla, dclenchant les frissons de leau.- Eh bien moi, on me paierait que je refuserais dy emmnager, dcrtaCharlie.Renonant sauver notre repas, je le servis. Je dus recourir uncouteau viande pour couper les spaghettis.Mon pre affichait une mine penaude. Il recouvrit sa part de sauce etsy attaqua. Je suivis son exemple sans grand enthousiasme. Nousmangemes en silence pendant quelques instants. Charlie tant retourn ses articles, je memparai de mon exemplaire dfrachi des Hauts de 6. Hurlevent et tentai de me perdre dans lAngleterre de la fin du XIXe sicleen attendant quil daigne madresser la parole. Jen tais au moment o Heathcliff revient, lorsque Charlie se racla lagorge et jeta le journal par terre.- Cest vrai, dit-il, javais une raison de prparer... Va. (Il brandit safourchette en direction de son assiette.) Je voulais te parler. Je reposai mon livre ; la reliure en tait si abme quil scrasa platsur la table.- Il suffisait de le dire, rpondis-je. Il acquiesa, sourcils froncs. Je tcherai de men souvenir, la prochaine fois. Je pensais que tedbarrasser de la corve de cuisine te mettrait de meilleure humeur.- Et a marche ! ris-je. Tes talents de chef mont ramollie comme uneguimauve. Allez, je tcoute.- a concerne Jacob.- Quest-ce quil a, Jacob ? ripostai-je, lvres serres, en me fermantcomme une hutre.- Du calme, Bella. Je sais que tu ne lui as pas pardonn son mouchardage,mais il a eu raison. Il sest comport de manire responsable.- Pardon ? moffusquai-je en levant les yeux au ciel. Enfin, passons. Alors,quen est-il ? Cette question anodine rsonna dans mon esprit, rien moins quebanale. Quen tait-il de Jacob, en effet ? Quallais-je faire son sujet ? Mon ancien ami tai dsormais... quoi? Mon ennemi ?- Ne tnerve pas, daccord ? plaida Charlie, les traits soudain soucieux.- Pourquoi mnerverais-je ?- Eh bien... Edward est galement concern.Je grimaai.- Je lui permets de venir ici, non ? se dfendit mon pre.- Oui. Pour des visites chronomtres la seconde prs. propos, nepourrais-tu pas mautoriser sortir dici ? Jai t plutt sage, non ? L