Les paraboles de Jesus

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    01-Dec-2014

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Ellen White

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  • 1. 1 LLEESS PPAARRAABBOOLLEESS DDEE JJSSUUSS Ellen G. White
  • 2. 2 Prface Matre incomparable, le Christ donna la plus grande partie de son enseignement en paraboles. La nature est son temple prfr. O quil porte ses pas: dans les champs, les prairies, les valles ou sur les coteaux; quil ait devant lui la chane altire du Liban; quil sattarde sur les rives dlicieuses du lac de Gnsareth; quil longe le Jourdain ou traverse la Samarie pour se rendre dans la ville glorieuse de David, il sait tirer de tout ce qui lentoure une foule denseignements pour ses disciples et ses nombreux auditeurs. Les multitudes qui se pressent autour de lui reconnaissent que jamais homme na parl comme cet homme . Dautres avant lui des prophtes, des sages ont employ des symboles et des figures pour exprimer leur pense dune manire plus frappante; mais Jsus manie cette mthode avec une incomparable matrise et trouve les moyens les
  • 3. 3 plus appropris pour donner aux enseignements divins une forme trs attrayante. Il prsente avec une grande simplicit les vrits les plus profondes, rapproche de prcieuses penses dvnements familiers; puis il parle de lamour de Dieu, de la reconnaissance qui lui est due et de lamour du prochain qui en dcoule. Les paraboles du Christ respirent cette confiance enfantine qui permet aux hommes les plus simples davoir accs aux riches trsors des vrits divines. Le prsent ouvrage contient vingt-huit paraboles, divises en six groupes. Les enseignements qui sen dgagent sont mis en relief dune manire saisissante. Lexprience a prouv que les paraboles sont apprcies de tous ceux qui aiment ce qui est noble et vrai. Puisse ce livre trouver sa place dans bien des foyers et y apporter le salut et la paix! LES DITEURS
  • 4. 4 Chapitre 1 Lenseignement en paraboles Lenseignement du Christ en paraboles sinspire du principe mme qui le guidait dans sa mission en faveur de lhumanit. Afin de nous familiariser avec sa personne divine, le Sauveur revtit notre condition et habita parmi nous. La divinit sest rvle dans lhumanit et la gloire invisible sous une forme corporelle. Ainsi linconnu pourrait sapprendre par le connu, les choses clestes par les terrestres, Dieu stant rendu semblable aux hommes. Il en est de mme dans lenseignement du Christ: linconnu est illustr par les choses visibles et les vrits divines sont mises la porte de tous par des faits de la vie courante. Lcriture nous rapporte que Jsus dit la foule toutes ces choses en paraboles... afin que saccomplt ce qui avait t annonc par le prophte: jouvrirai ma bouche en paraboles, je
  • 5. 5 publierai des choses caches depuis la cration du monde. (Matthieu 13:34,35) Il se servait des scnes de la nature et de la vie ordinaire de ses auditeurs pour illustrer les vrits spirituelles de la parole crite. En reliant ainsi les rgnes animal et vgtal au domaine spirituel, les paraboles du Christ sont les anneaux dune chane de vrits qui unit lhomme Dieu et la terre au ciel. En empruntant ses instructions la nature, le Christ se servait de choses quil avait lui-mme cres et auxquelles il avait communiqu ses qualits et sa puissance. Dans sa perfection initiale, toute la cration tait lexpression de la pense de Dieu. Pour Adam et ve, en den, la nature o ils puisaient leur instruction tait remplie de la connaissance divine et la sagesse parlait aux yeux et pntrait le cur. Nos premiers parents communiaient ainsi avec Dieu dans ses uvres magnifiques. Mais ds quils eurent transgress la loi du Trs-Haut, la gloire qui rayonnait de la face de Dieu se retira de la nature; celle-ci perdit sa beaut et fut souille par le pch. Elle conserva nanmoins de nombreux vestiges de sa
  • 6. 6 magnificence dantan. Les leons de choses offertes par le Seigneur ne sont pas entirement supprimes, car la nature parle encore de son Auteur celui qui sapplique comprendre son langage. Au temps du Christ, on avait perdu de vue cet enseignement, et lhomme discernait peine Dieu dans ses uvres. Le pch avait voil les merveilles de la cration; les uvres de Dieu taient devenues lobstacle qui drobait celui-ci aux regards des hommes au lieu de le rvler. Ils ont ador et servi la crature au lieu du Crateur , tel point que les paens se sont gars dans leurs penses et leur cur sans intelligence a t plong dans les tnbres. (Romains 1:25,21) Ainsi, en Isral, lenseignement humain avait pris la place de lenseignement rvl. Non seulement les choses de la nature, mais tout ce qui avait t donn aux hommes pour leur faire connatre Dieu le service du culte et les critures elles-mmes avait t perverti au point den voiler sa face. Le Christ seffora dcarter ce qui
  • 7. 7 obscurcissait la vrit et il dchira le voile que le pch avait jet sur la nature, afin de mettre en vidence la gloire spirituelle quelle devait rflchir. Par ses paraboles, il remit en honneur les enseignements de la nature et des critures et en fit une rvlation nouvelle. Jsus cueillait le lis clatant pour le placer dans la main des enfants et des adolescents, et tandis que ceux-ci considraient son jeune et frais visage empreint de la gloire de son Pre, il leur inculquait une leon de confiance: Considrez comment croissent les lis des champs: ils ne travaillent ni ne filent; cependant je vous dis que Salomon mme, dans toute sa gloire, na pas t vtu comme lun deux. Si Dieu revt ainsi lherbe des champs, qui existe aujourdhui et qui demain sera jete au four, ne vous vtira-t-il pas plus forte raison, gens de peu de foi? (Matthieu 6:28-30) Mais dans le sermon sur la montagne, Jsus ne sadressa pas seulement aux enfants et aux adolescents. Il avait l devant lui toute une foule compose dhommes et de femmes accabls et
  • 8. 8 angoisss, dus et troubls. Jsus leur dit: Ne vous inquitez donc point, et ne dites pas: Que mangerons-nous? que boirons-nous? de quoi serons-nous vtus? car toutes ces choses, ce sont les paens qui les recherchent. Votre Pre cleste sait que vous en avez besoin. Puis, tendant les mains sur la foule qui lentourait, il ajouta: Cherchez premirement le royaume et la justice de Dieu; et toutes ces choses vous seront donnes par- dessus. (Matthieu 6:31-33) Le Christ dgageait ainsi le message quil avait lui-mme plac dans les lis et lherbe des champs. Il dsire que nous le lisions sur chaque lis et sur chaque brin dherbe. Les conceptions de Jsus sur la vrit et son enseignement taient si vastes que le moindre dtail de la nature lui servait dillustration. Toutes les scnes de la vie journalire taient relies quelque vrit essentielle, si bien que la nature entire se trouvait revtue des paraboles du Matre. Dans la premire partie de son ministre, Jsus
  • 9. 9 avait parl dune manire si claire que tous ses auditeurs pouvaient comprendre la vrit divine qui conduit au salut. Mais malheureusement, dans beaucoup de curs, elle navait pas pris racine. Cest pourquoi je leur parle en paraboles, disait-il, parce quen voyant ils ne voient point, et quen entendant ils nentendent ni ne comprennent... car le cur de ce peuple est devenu insensible; ils ont endurci leurs oreilles, et ils ont ferm leurs yeux. (Matthieu 13:13-15) Jsus voulait veiller la curiosit de ses auditeurs et secouer les indolents pour faire pntrer la vrit dans leur cur. Lenseignement en paraboles tait populaire; il attirait lattention et forait le respect non seulement des Juifs, mais encore des gens dautres nations. Aucune mthode ntait plus efficace que celle-l. Si les auditeurs de Jsus avaient eu vraiment le dsir de connatre les choses divines, ils auraient pu saisir les enseignements du Matre, car il tait toujours dispos les expliquer ceux qui en cherchaient sincrement le sens.
  • 10. 10 Le Christ devait aussi prsenter des vrits que le peuple ntait pas prpar recevoir ni mme comprendre. Cest lune des raisons pour lesquelles il enseignait en paraboles. En tirant ses instructions des scnes de la vie ordinaire ou de la nature, il captait lattention et impressionnait les curs. Plus tard, ceux qui lavaient entendu illustrer ainsi ses enseignements par les objets qui leur taient familiers pouvaient se rappeler les exhortations du divin Matre. Ses paroles devenaient alors de plus en plus claires dans la pense de ceux qui avaient ouvert leur cur laction du Saint-Esprit. Les mystres sclaircissaient et ce qui avait dabord t difficile saisir devenait vident. Jsus sefforait de trouver le chemin de tous les curs. Grce un choix dillustrations varies, il nexposait pas seulement la vrit sous ses aspects divers, mais il ladaptait aux diffrentes classes de ses auditeurs. Il attirait leur attention par des images prises dans la vie quotidienne. Personne ne pouvait dire quil avait t oubli ou laiss de ct. Les plus humbles et les plus grands pcheurs entendaient une voix qui leur parlait avec tendresse
  • 11. 11 et sympathie. Une autre raison poussait Jsus sexprimer en paraboles. Dans cette multitude rassemble autour de lui, il y avait des sacrificateurs, des rabbins, des scribes et des anciens, des hrodiens et des magistrats, des mondains, des bigots et des ambitieux qui navaient quun seul dsir: dcouvrir un motif quelconque pour laccuser. Ils le suivaient pas pas chaque jour pour surprendre une parole qui pourrait faire condamner et rduire au silence celui qui semblait entraner le monde sa suite. Le Sauveur ntait pas dupe de leurs secrtes intentions, aussi prsentait-il la vrit de telle manire quils ne pouvaient rien trouver qui leur permt de laccuser devant le sanhdrin. Dans ses paraboles, il censurait leur hypocrisie et leur mchancet. Sous un langage imag, il enseignait des vrits qui, exposes de faon directe, les auraient loigns et pousss mettre fin immdiatement son ministre. Tandis quil chappait ainsi aux piges des espions, il dveloppait la vrit de faon si claire que lerreur tait dmasque et que les curs sincres
  • 12. 12 profitaient de ses leons. Il utilisait la nature et les expriences de la vie pour enseigner aux hommes la sagesse et la bont de Dieu. Les perfections invisibles de Dieu, sa puissance ternelle et sa divinit, se voient comme lil, depuis la cration du monde, quand on les considre dans ses ouvrages. (Romains 1:20) Dans lenseignement en paraboles, le Sauveur donne une conception exacte de la vritable ducation. Il aurait pu amener les hommes sonder les vrits scientifiques les plus profondes, leur faire saisir des mystres dont la comprhension a exig des sicles de recherches; il aurait pu clairer la voie des savants venir et stimuler lesprit dinvention jusqu la fin des temps. Il ne le fit pas, car il ne voulait pas satisfaire la curiosit ou lambition des hommes ni leur frayer la voie des grandeurs terrestres. Dans tout son enseignement, le Christ mettait lintelligence humaine en contact avec lEsprit infini. Il ne poussait jamais ses auditeurs tudier les thories en cours au sujet de Dieu, de ses oracles ou de ses uvres. Il leur apprenait le discerner dans sa parole, ses
  • 13. 13 ouvrages et les interventions de sa providence. Jsus ne sexprimait jamais en thories abstraites, mais il insistait sur les principes fondamentaux ncessaires au dveloppement du caractre, et qui permettent lhomme de mieux connatre Dieu et daugmenter sa capacit de faire le bien. Il annonait des vrits pratiques et aux consquences ternelles. Cest le Christ qui avait dirig lducation dIsral. Voici ce quil avait dclar au sujet des commandements et des prceptes de lternel: Tu les inculqueras tes enfants, tu en parleras quand tu seras dans ta maison, quand tu iras en voyage, quand tu te coucheras et quand tu te lveras. Tu les lieras comme un signe sur tes mains et ils seront comme des fronteaux entre tes yeux. Tu les criras sur les poteaux de ta maison et sur tes portes. (Deutronome 6:7-9) Jsus dmontra, dans son enseignement, comment ce commandement devait tre accompli, comment les lois et les principes du royaume de Dieu pouvaient tre prsents pour que lon voie leur valeur et leur beaut. Quand lternel
  • 14. 14 forma Isral pour faire de lui son reprsentant sur la terre, il le fit habiter dans un pays de collines et de valles. Sa vie familiale et religieuse devait tre en perptuel contact avec la nature et la parole de Dieu. Cest ainsi que le Christ enseigna tantt sur les rives du lac ou sur le versant des coteaux, tantt dans les champs ou les jardins, l o ses disciples pouvaient contempler la nature dans laquelle il puisait les illustrations de son enseignement; et mesure quils recevaient celui-ci, ils faisaient usage des connaissances acquises en cooprant avec lui dans son uvre. Cest ainsi que la cration nous familiarise avec son Auteur. La nature est le prcieux manuel que nous devons utiliser avec les critures pour faire connatre le Seigneur et ramener la bergerie les brebis gares. Par ltude des uvres du Tout- Puissant, le Saint-Esprit cre en nous une conviction qui nest pas le rsultat de la logique humaine. Si lintelligence reste encore capable de connatre Dieu, si les yeux ne sont pas trop obscurcis pour voir et si les oreilles ne sont pas devenues sourdes sa voix, les vrits divines
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