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CHAPITRE I : LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE (1914-1918) Documents à distribuer : Affiche collée dans toutes les communes de France en août 1914 L’avancée des troupes allemandes dans le Nord de la France, en août 1914 Discours d’Albert Sarraut, ministre de l’Instruction publique, prononcé à l’occasion de la rentrée des classes au lycée de Bordeaux, le 3 octobre 1914. Caricature parue dans un journal allemand en 1917 Photo aérienne du champ de bataille de Verdun en 1917 L’organisation des tranchées La mobilisation dans un village des Alpes Corrections d’activités : pages 14-15 sur le début de la guerre pages 16-17 sur les principales étapes de la guerre pages 18-19 sur la bataille de Verdun pages 24-25 sur la mobilisation des civils pages 26-27 sur le génocide des Arméniens pages 28-29 sur les révolutions russes pages 32-33 sur les traités de paix de 1919

CHAPITRE I : LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE (1914-1918)

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Page 1: CHAPITRE I : LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE (1914-1918)

CHAPITRE I :

LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE

(1914-1918)

Documents à distribuer :

Affiche collée dans toutes les communes de France en août 1914

L’avancée des troupes allemandes dans le Nord de la France, en août 1914

Discours d’Albert Sarraut, ministre de l’Instruction publique, prononcé à l’occasion de la rentrée des classes au lycée de Bordeaux, le 3 octobre 1914.

Caricature parue dans un journal allemand en 1917

Photo aérienne du champ de bataille de Verdun en 1917

L’organisation des tranchées

La mobilisation dans un village des Alpes

Corrections d’activités :

pages 14-15 sur le début de la guerre

pages 16-17 sur les principales étapes de la guerre

pages 18-19 sur la bataille de Verdun

pages 24-25 sur la mobilisation des civils

pages 26-27 sur le génocide des Arméniens

pages 28-29 sur les révolutions russes

pages 32-33 sur les traités de paix de 1919

Page 2: CHAPITRE I : LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE (1914-1918)

Correction de l'activité pages 14-15 sur le début de la guerre

1 – D'après le document 2 (rapport Moltke), les États qui s'opposent sont d'un côté la Triple-Alliance (Allemagne + Autriche-Hongrie + Italie) et de l'autre la Triple-Entente (France +Royaume-Uni + Russie). D'après Moltke, les rivalités sont à la fois territoriales (menaces de laFrance et de la Russie sur l'Allemagne et l'Autriche-Hongrie) et économiques (inquiétudesbritanniques face à la puissance commerciale allemande).

2 – Les deux grandes alliances militaires sont la Triple-Alliance et la Triple-Entente évoquées àla question précédente. Ce sont des alliances défensives car elles ont pour but de défendre un alliéseulement s'il est attaqué, non s'il attaque.

3 – Les dépenses d'armement augmentent sensiblement dans tous les grands États européens,particulièrement en Allemagne : les gouvernements se préparent à la guerre.

4 – Sarajevo est la grande ville de Bosnie, une province de l'empire d'Autriche-Hongrie, dans leSud-Est de l'Europe (montagnes des Balkans). L'attentat de Sarajevo est l'assassinat du princehéritier d'Autriche-Hongrie. La Serbie est accusée par l'Autriche d'être responsable : elle estmenacée puis attaquée par l'Autriche le 28 juillet 1914. En application des accords de la Triple-Entente, la Russie déclare la guerre à l'Autriche, puis l'Allemagne à la Russie, enfin la France etl'Angleterre à l'Allemagne : les troupes sont mobilisées, pour une guerre que chacun espère courteet rapide.

Document : La mobilisation dans un village des Alpes

« C’était la pleine moisson. Quand on a entendu les cloches sonner, on s’est tous demandé pourquoi elles sonnaient comme ça. C’est le garde-champêtre qui nous a annoncé la nouvelle. Il disait à tous ceux qu’il croisait : "C’est la guerre, c’est la guerre !" Vraiment, ça n’avait pas l’air vrai, le mot lui-même ne semblait pas réel [...].

Ce n’est que le lendemain, ou le surlendemain, que la guerre a commencé à montrer son vraivisage. Quand les ordres de mobilisation générale et les feuilles de route sont arrivés dans lesfamilles, les gens ont commencé à se rendre compte que la guerre était bien réelle. Tous les hommesvalides recevaient leur feuille, la guerre c’était d’abord ça, la séparation. Il y en avait qui prenait çaà la rigolade : "ça va nous faire des vacances en plein été." Mais il y avait les autres, les inquiets quivoyaient tout en noir. Pour ceux-là, la guerre, ou tout simplement s’en aller en quittant les moissons,c’était la fin de tout. Finalement, ils sont tous partis. En l’espace d’une semaine, le village avaitchangé du tout au tout, il n’y avait plus un homme entre vingt et trente ans, ils étaient tous à laguerre. »

Émilie Carles, Une Soupe aux herbes sauvages,J.-C. Simoën, 1977.

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Affiche collée dans toutes les communes de France en août 1914

L’avancée des troupes allemandes dans le Nord de la France, en août 1914

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Correction de l’activité pages 16-17 sur les principales étapes de la guerre

1 – Les deux camps en 1914 sont les puissances centrales (Allemagne, Autriche-Hongrie, c'est-à-direla Triple-Alliance sans l'Italie) et l'Entente (France, Royaume-Uni, Russie, Serbie). Les puissancescentrales sont rejointes par la Bulgarie et l'Empire ottoman en 1915. L'Entente est rejointe par le Portugal,l'Italie, la Grèce et la Roumanie en 1915 et 1916.

2 – Sur le front de l'Ouest, entre 1914 et 1917, c'est une guerre de tranchée, le front ne bouge presquepas, la situation est bloquée, malgré plusieurs grandes batailles qui font des centaines de milliers de morts(Somme et Verdun en 1916, Chemin des Dames en 1917).

3 – Sur les autres fronts européens, la situation évolue en faveur des puissances centrales : la Russieperd des territoires, la Roumanie et la Serbie sont envahies par l'Autriche, le débarquement desDardanelles est un échec pour l'Entente.

4 – Les deux événements qui changent les rapports de force sont d'une part les révolutions russes, quientraînent l'effondrement du front Est, la sortie de la Russie de la guerre, donc la possibilité pourl'Allemagne de concentrer ses forces à l'Ouest ; d'autre part l'entrée en guerre des Etats-Unis du côté del'Entente, donc l'espoir pour la France d'une supériorité industrielle, technique et numérique.

5 – En 1918, l'armée allemande progresse vers Paris jusqu'en juillet, mais est contrainte à une retraiterapide au cours de l'été, face à l'efficacité des chars Renault et aux renforts américains. En novembre1918, la frontière allemande est atteinte en plusieurs points et l'Allemagne demande l'armistice.

Correction de l'activité pages 18-19 sur la bataille de Verdun

1 – Verdun est une ville du Nord-Est de la France, à la limite de la Champagne et de la Lorraine. C'estune ville stratégique, sur la Meuse, dont le contrôle permet d'envoyer rapidement des troupes vers Paris.Les deux phases de la bataille sont l'attaque allemande (de février à juillet 1916), qui permet auxAllemands de progresser d'environ 10 km, puis la contre-attaque française (de juillet à décembre 1916),qui repousse un peu la menace allemande sur Verdun.

2 – La tranchée du document 2 est plus large et plus profonde que celle du document 4 : elle permet unpeu mieux le repos des soldats et des petites excavations ont été aménagées pour se protéger. La tranchéedu document 4 a été creusée à la hâte, sans idée d'y stationner quelques jours, plutôt comme un avant-poste duquel on va sortir rapidement pour attaquer les Allemands et reprendre Douaumont.

3 – Les armes citées dans ces témoignages sont les obus, les liquides enflammés, les gaz asphyxiants.Il est difficile de dire lesquelles sont les plus meurtrières, mais ce sont probablement les gaz.

4 – Dans les tranchées, les souffrances des soldats sont à la fois physiques – blessures, absence totaled'hygiène, parasites = rats et poux, faim, soif, absence de sommeil – et morales – proximité des cadavreset de la mort. Le contact avec l'arrière est maintenu par le courrier, les lettres reçues et envoyées, malgréla censure.

5 – Les conséquences des combats sont d'une part un nombre considérable de morts (plus de 300.000)et de blessés et mutilés de guerre (plus de 400.000), d'autre part la déshumanisation des combattants, quisont restés traumatisés par cette expérience abominable.

6 – Une bataille stratégique / Une violence exceptionnelle / Des morts pour rien

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Photo aérienne du champ de bataille de Verdun en 1917

L’organisation des tranchées

Page 6: CHAPITRE I : LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE (1914-1918)

Correction de l’activité pages 24-25 sur la mobilisation des civils

1 – Les principaux changements concernant les usines Renault sont d’une part la reconversiondes productions (diminution importante de la fabrication de voitures, très forte augmentation de laproduction de matériel de guerre, camions de transport des troupes, chars d’assaut, moteursd’avions, obus) et d’autre part l’augmentation du personnel (le nombre de travailleurs est multipliépar 3 et la proportion de femmes parmi les ouvriers passe de 4 % à plus de 30 %).

2 – Les pénuries à Berlin s’expliquent à la fois par le blocus anglais des côtes allemandes(problème de ravitaillement), par la réquisition d’une grande partie des productions pour lesbesoins de l’armée, enfin par la diminution des volumes de productions (beaucoup d’hommes sontsur le front et ne travaillent plus dans les champs ou les usines). Les conséquences de ces pénuriessont la misère, la sous-alimentation et le développement des maladies (grippe espagnole).

3 – L’affiche montre des mains portant une pleine poignée de pièces de monnaie : les piècesdébordent et en tombant, se transforment en munitions. Derrière cette pluie de pièces, on voit unesorte de récépissé d’emprunt (reconnaissance d’emprunt de l’Etat), dont le taux d’intérêt, en haut àgauche est 4,5 %. Au dessus, on lit en anglais « Transformez votre argent en balles ». L’objectif del’affiche est d’inciter la population à prêter de l’argent à l’Etat, à la fois pour payer les dépensesmilitaires et pour s’enrichir.

4 – L’école mobilise les enfants par des discours à la fois patriotiques (aimer son pays),nationalistes (notre pays est le meilleur) et militaristes (il faut se battre contre cet ennemi « sansconscience »). C’est une forme de propagande pour éviter la diffusion d’idées pacifistes.

5 – Dans Lille, occupée par les Allemands depuis septembre 1914, les principales difficultéssont l’approvisionnement, l’augmentation des prix, les réquisitions allemandes, à la fois en matérielet en main d’œuvre (hommes et femmes contraints de partir travailler en Allemagne). Un acte derésistance est le refus, le 14 août, à Lille, Roubaix et Tourcoing, de déclarer certainesmarchandises, pour ne pas être obligé de les donner aux Allemands.

Correction de l’activité pages 26-27 sur le génocide des Arméniens

1 – En 1915, l’empire Ottoman est gouverné par un nouveau parti politique, les « Jeunes-Turcs », dont l’objectif est de moderniser l’empire et de lui redonner son prestige, après les pertesde territoires en Europe au XIXème siècle. Mais l’armée turque subit, au début de 1915, plusieursdéfaites face à l’armée russe et le gouvernement est bien embêté.

2 – Le ministre de l’Intérieur Talaat Pacha et le gouvernement ottoman donnent les ordresd’extermination des Arméniens. Les fonctionnaires qui refusent d’obéir perdent leur emploi.

3 – Les Arméniens vivent dans l’Est de l’Empire, dans le Caucase, en Haute-Mésopotamie, et enAnatolie. Il y a également une importante communauté arménienne à Constantinople (Istanbul).D’après la carte, le massacre se fait par la déportation forcée des populations en direction du désertde Syrie, où les Arméniens sont enfermés dans des camps.

4 – D’après ce tableau, environ les deux-tiers des Arméniens de l’empire Ottoman ont étémassacrés, c’est-à-dire plus d’un million de personnes sur une population d’1,8 million. Lesrescapés sont ceux qui ont pu fuir vers le Caucase (dans les montagnes) ou se cacher (chez eux,chez des amis).

5 – a/ Ce texte est une lettre d’un Arménien témoin des massacres. b/ Le massacre évoqué a eulieu en juillet 1915 près de la ville de Kharput (Harpout), dans le centre de l’Arménie. c/ Lesauteurs du massacre sont les gendarmes turcs et les victimes sont les femmes, les enfants et lesvieillards arméniens. d/ D’après ce texte, les Arméniens sont massacrés à l’arme blanche (haches,sabres). e/ « nos pauvres compatriotes arméniens (…) un de nos frères, une de nos soeurs ».

Page 7: CHAPITRE I : LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE (1914-1918)

LA PROPAGANDE ENTRE 1914 ET 1918, EN FRANCE ET EN ALLEMAGNE

Discours d’Albert Sarraut, ministre de l’Instruction publique, prononcé à l’occasion de larentrée des classes au lycée de Bordeaux, le 3 octobre 1914.

« C’est bien, cette fois encore, contre la bête humaine en arrêt d’évolution, contre le vandalerester le même après quinze siècles de progrès humain que, comme le chevalier étincelant de jadis, laFrance latine a tiré l’épée. C’est, de nouveau, le choc violent de la civilisation et de la barbarie, lalutte de la lumière et de l’ombre. (…) . La haine allemande pour la France est celle de la chose quirampe contre la chose qui éblouit, la haine du reptile pour l’étoile. Elle hait, d’une férocité jalouse,sa science, sa culture, son esprit, son cœur, sa tradition. Sa tradition avant tout ! Car elle sait que laFrance est la Nation-lumière. (…). Toutes les grandes idées qui ont transfiguré l’âme et le visage dumonde ont jaillit sur son sol. La France est la terre classique de l’idéalisme, de la chevalerie, de labonté, de l’altruisme. Etc … »

Caricature parue dans un journal allemand en 1917

Page 8: CHAPITRE I : LA PREMIÈRE GUERRE MONDIALE (1914-1918)

Correction de l'activité pages 28-29 sur les révolutions russes

1 – Les conditions de vie des civils, en Russie, pendant l’hiver 1917 sont particulièrement misérableset expliquent en grande partie le mécontentement de la population. Les prix des marchandises depremière nécessité ont beaucoup augmenté, la misère accable des millions de Russes, les ouvriers sontmal payés, les désastres militaires s’accumulent, le rôle de Raspoutine est particulièrement trouble. Onpeut aussi penser que les chefs de l’armée russe n’ont pas les compétences suffisantes pour être respectépar leurs propres troupes.

2 – Les conséquences politiques de la grève générale des ouvriers, puis des soldats, en février 1917sont l’abdication du tsar Nicolas II, et la formation d’un gouvernement provisoire modéré, dirigé parKerenski, qui choisit de poursuivre l’effort de guerre.

3 – Le programme des bolcheviks est simple : paix immédiate, partage des richesses, démocratieéconomique et politique (« Tout le pouvoir aux soviet »). Les bolcheviks accusent le gouvernement deKerenski (révolution de février) et la bourgeoisie russe de s’enrichir aux dépens du peuple sacrifié.

4 – Ce célèbre tableau de Vladimir Serov (1947, pour les trente ans de la Révolution) montre Lénines’adressant à une foule enthousiaste, exclusivement masculine, composée de soldats, marins et ouvriersde Petrograd. Le titre indique que Lénine tient ce discours après la prise du palais d’hiver, probablementle 26 octobre 1917, probablement pour justifier les événements et donner des ordres. Lénine est habillé àl’occidentale, tend le bras et regarde au loin, pour indiquer quelle direction doit prendre la Révolution.

5 – Les deux décrets sur la paix et sur la terre écrits et signés par Lénine le 26 octobre 1917 sontsymboliques de la rupture avec l'ancien régime tsariste. Par le décret sur la paix, le gouvernementbolchevik s’affirme représentant des ouvriers, paysans et soldats, c’est-à-dire des « classes ouvrières etlaborieuses épuisées par la guerre ». La propriété privée de la terre est abolie et les champs sont misgratuitement à disposition des paysans. Une demande de paix immédiate est faite aux pays en guerre. Legouvernement bolchevik espère ainsi être soutenu par la population pour consolider son autorité.

Correction de l'activité pages 32-33 sur les traités de paix de 1919

1 – Les nouveaux Etats créés sur le territoire de l’empire russe sont l’URSS, la Finlande, les paysbaltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) et la Pologne. Les nouveaux Etats créés sur le territoire de l’empired’Autriche-Hongrie sont l’Autriche, la Hongrie, la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie et la Pologne. LaRoumanie est agrandie par les annexions de la Moldavie (Est) et de la Transylvanie (Ouest).

2 – a/ Les signataires du traité de Versailles sont l'Allemagne (pays vaincu) et les pays vainqueurs :France, Royaume-Uni, Italie, États-Unis.

2 – b/ D'après ces extraits du traité de Versailles (1919), l'Allemagne perd des territoires à la fois enEurope (au profit de la France et de la Pologne, art. 42, 43, 51, 87) et dans le reste du monde (colonies enAfrique, notamment : Cameroun, Tanzanie, art. 119).

2 – c/ De plus les articles 160 à 198 précisent les limites imposées à la puissance militaire allemande :moins de 100.000 hommes, pas de tanks, pas d'avions.

2 – d/ Les articles 231 et 232 précisent que l'Allemagne doit payer pour les destructions provoquéespar la guerre (132 milliards de francs-or), parce qu’elle a perdu et qu’elle est désignée commeresponsable de la guerre.

3 – D’après l’article 16 du pacte de la SDN (Société des Nations), les moyens disponibles pourmaintenir la paix dans le monde sont à la fois économiques (rupture des relations commerciales etfinancières) et militaires (forces armées destinées à faire respecter les engagements de la Société).

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