Fibromyalgie : vers une cyber psychothérapie ?

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    02-Jan-2017

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    ment augmentes, ce qui aboutira une sdation, puis audcs. Ces reprsentations sont communes aux patientset aux soignants, elles sont encore plus marques lorsquela morphine est dlivre par voie parentrale la seringuelectrique. Par ailleurs, la tolrance et le risque addictifrestent ancrs dans les mmoires collectives ;le bnficerisque : un certain nombre de patients consi-dre que la prise de morphiniques entrane des effetssecondaires qui sont encore plus difficiles suppor-ter que la douleur elle-mme, dans la mesure o ilsaltrent leur qualit de vie. Les deux craintes les plusfrquentes concernent ltat cognitif (sdation, somno-lence) et lautonomie : cela se traduit par une peurdatteinte sa dignit. Lintensit douloureuse influedirectement sur ces craintes : une fois vcue commesvre par le patient, la balance bnficerisque penchesouvent du ct des morphiniques, dont les effets secon-daires deviennent alors acceptables ;la signification existentielle du cancer : limage du can-cer qui saccompagnerait systmatiquement de douleursreste dactualit. La douleur est interprte comme unmarqueur de lvolution de la maladie : si la douleur aug-mente, cest que la maladie saggrave et que la mort seprofile. La morphine peut alors devenir lquivalent dune sentence de mort ;lintersubjectivit de la douleur : la douleur revt un sensdiffrent pour chacun. Les professionnels de sant, lesproches et les patients ne partagent pas les mmes pr-occupations. Les soignants semblent avant tout porterattention aux risques de la morphine et peuvent commu-niquer leurs craintes, explicitement ou implicitement. Lesproches rgissent surtout par projection, se mettent laplace du patient, peuvent tre tents de ressentir, doncde grer la douleur la place du patient. Ce dernier asa propre facon de sapproprier le traitement : la craintede prendre trop de morphine peut aboutir une ges-tion la demande , alors quun traitement de fond estprescrit.

    Les lments recueillis dans cette synthse sont pr-ieux : en comprenant mieux le contexte social derescription de la morphine, les professionnels de santeuvent anticiper, tudier puis franchir certaines barriresson utilisation et donc amliorer le soulagement de laouleur cancreuse.

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    1] Flemming K. The use of morphine to treat cancer-related pain: asynthesis of quantitative and qualitative research. J Pain Symp-tom Manage 2010;39:13954.

    Florentin ClreConsultation pluridisciplinaire de la douleur,centre hospitalier de Chteauroux, 216, avenuede Verdun, 36000 Chteauroux, France

    Adresse e-mail : florentin.clere@orange.fr

    oi:10.1016/j.douler.2011.01.003

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    Actualits

    ibromyalgie : vers une cybersychothrapie ?

    ibromyalgia: Towards a cyber psychotherapy?

    vec le dveloppement et la dmocratisation dinternet,e nombreux patients vont sur la toile pour accder desonnaissances mdicales qui, parfois, peuvent les mettren difficults sur le plan psychologique. De ce fait, la ten-ance diaboliser linternet mdical est frquente chezes professionnels de sant. Internet est souvent percu parux comme un vritable poil gratter dans la relationoignant/soign. Mais serait-il aussi possible dutiliser inter-et comme un des pivots de lalliance thrapeutique etonc du soin ? Lobjectif serait dexploiter au mieux lesombreux avantages de ce mdia tout en contrlant sesffets indsirables. Cest partir de ce constat que seont dvelopps depuis ces dix dernires annes des trai-ements psychologiques online pour la plupart dorientationognitivo-comportementale et orients vers plusieurs psy-hopathologies [1]. Williams et al. constatent que lesernires publications traitant des thrapies cognitives etomportementales (TCC) online auprs de patients porteurse fibromyalgie (FM) ne se sont pas attaches en va-uer lefficacit [2]. Il est vrai que la littrature actuellemontre de plus en plus lefficacit des approches nondicamenteuses en face--face (dont la TCC) dans la FMt lintrt de les associer aux approches mdicamenteuses3]. Cependant, les thrapies en ligne ont-elles la mme effi-acit ? Pour rpondre cette question, Williams et al. onten une tude chez 118 patients fibromyalgiques adresssar leur mdecin traitant ou spcialiste [2]. Le diagnostic deM rpondait aux critres diagnostiques de lEULAR et taitos depuis en moyenne neuf ans [4]. Les sujets navaientas recu de nouveaux traitements pharmacologiques depuisu moins trois mois et navaient jamais bnfici duneCC. taient exclus de ltude les patients porteurs dautresffections somatiques rendant linvestissement dans lerogramme thrapeutique difficile ou porteurs des carac-ristiques suivantes : troubles psychotiques, antcdentsabus mdicamenteux et/ou dantcdents de tentativese suicide sur les deux ans couls. Ces patients taientpartis alatoirement dans deux groupes exprimentauxur une priode de six mois. Le premier groupe (G1) rece-ait un traitement pharmacologique standard (celui quivait t dj institu par leur thrapeute habituel avantinclusion dans ltude). Le second (G2) recevait le mmeraitement associ une TCC online. Pour loccasion lesuteurs ont labor un site internet spcifique. Ce sitenternet se composait de 13modules thrapeutiques diff-ents reprenant les mthodes de la TCC (textes, tableauxobservation-exercices, vidos, musique pour relaxation,tc.) (Fig. 1). Les objectifs de la TCC prsents auxujets du G2 taient ladaptation la douleur chronique,a diminution de lintensit douloureuse et du handicap

    onctionnel associ. La consigne donne tait trs ouverte :l leur tait demand dutiliser le site en fonction desroblmatiques quils rencontraient dans leur quotidien.es deux groupes tmoignaient dune bonne homognittatistique. Deux valuations mdicopsychologiques furent

    mailto:florentin.clere@orange.fr

  • Actualits

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    Figure 1.

    proposes aux deux groupes : lune au moment de linclusiondans ltude et une seconde au terme des six mois departicipation. Les auteurs ont galement valu pendantltude la compliance thrapeutique du G2en se basant surle nombre de tableaux dobservation/exercice complts(enregistrs sur le site). Entre ces deux valuations aucuncontact ntait propos lensemble des sujets. Les patientsde G2dcrivaient une amlioration significativement sup-rieure ceux de G1pour les critres suivants : intensitdouloureuse, capacits fonctionnelles et situation globale.Le pourcentage de sujets prsentant un soulagement moyensuprieur 30% tait galement significativement plus levdans le G2 par rapport au G1. Enfin aucune diffrence signifi-cative na t dmontre entre les groupes pour les troublesdu sommeil, lasthnie et lhumeur. Environ 90% des sujetsdu G2 ont utilis au moins un module chaque mois. Enmoyenne, les sujets de ce groupe ont utilis quatre stra-tgies de coping (techniques, exercices, etc.). Les plusutilises taient des copings comportementaux : relaxationet exercices physiques/activits de loisir. Les copings cog-nitifs (rsolution de problme et restructuration cognitive)taient bien moins investis par les sujets. Les patients pr-sentant les amliorations les plus importantes sur le planfonctionnel taient ceux qui associaient les exercices phy-siques/activits de loisir aux mthodes de rsolution deproblme. Loin de rpondre toutes les problmatiques,la TCC online peut toutefois savrer tre une allie pourles patients porteurs de FM, bien sr, mais aussi pour leursthrapeutes. Pour ceux qui veulent aller plus loin, Williamset al. ont labor un site internet similaire celui utilisdans leur tude1. On y retrouve notamment plusieurs docu-ments tlcharger pouvant tre aussi utiliss dans le cadredune TCC en face--face.Conflit dintrt

    Aucun.

    1 http://www.fibroguide.com.

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    frence

    1] Hohl E, Berger T, Bergstrom J, Andersson G, Caspar F. Caractris-tiques et vidences empiriques des traitements psychologiquesbass sur internet. J Ther Comportement Cogn 2010;20:210.

    2] Williams DA, Kuper D, Segar M, Mohan N, Sheth M, Clauw DJ.Internet-enhanced management of fibromyalgia: a randomizedcontrolled trial. Pain 2010;151:694702.

    3] Goldenberg DL, Burckhardt C, Crofford L. Management of fibro-myalgia syndrome. JAMA 2004;292:238895.

    4] Wolfe F, Smythe HA, Yunus MB, Bennett RM, BombardierC, Goldenberg DL, et al. The American college of rheu-matology 1990 criteria for the classification of fibromyalgia.Report of the Multicenter Criteria Committee. Arthritis Rheum1990;33:16072.

    Franck HenryConsultation pluridisciplinaire de la douleur, 216,

    avenue de Verdun, 36000 Chteauroux, France

    Adresse e-mail : franck.henry16@gmail.com

    Disponible sur Internet le 25 fevrier 2011

    oi:10.1016/j.douler.2011.01.008

    ecommandations de lIASP pourvaluation de la douleur neuropathique

    europathic pain assessment: IASP recommendations

    a Socit internationale dtude et de traitement de laouleur (IASP) dispose de nombreux groupes de travail :un dentre eux sintresse spcifiquement lvaluationes douleurs neuropathiques (DP), et a publi dans Paines recommandations rcentes [1]. En effet, les derniresecommandations sur ce sujet dataient de 2004 et nces-itaient une mise jour [2]. Il sest agi pour ce groupee travail danalyser la riche littrature internationalela bibliographie dpasse les 500 rfrences) et dmettrees recommandations accompagnes (pour certaines) duniveau de preuve.

    pidmiologie

    e dveloppement doutils valides, faisables et acceptablesst ncessaire pour la ralisation dtudes pidmiolo-iques. En effet, les outils de dpistages (tels que leN4 en France) ne sont pas en ltat suffisant pour ta-lir une prvalence prcise de la douleur neuropathique.examen clinique tant ncessaire, une meilleure forma-ion de lensemble du corps mdical lidentification desN est essentielle pour alimenter des registres.

    pistage

    n labsence de consensus sur lapproche diagnostique de

    a DN, les outils de dpistages servent uniquement iden-ifier des patients qui pourraient prsenter une DN : ils neeuvent suffire tablir un diagnostic certain. En effet leombre de faux positifs et de faux ngatifs reste important10 20%).

    http://www.fibroguide.com/mailto:franck.henry16@gmail.com

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