Horlogerie Ancienneancienne- .Fig. 3 : Philippe DuBois 1738/1808. Horlogerie Ancienne 50 De brillants

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    Cet article est paru dans la revue Horlogerie ancienne n 63, dite par lAFAHA, parue en juin 2008.

    Il traite de recherches faites dans les archives de la Maison Dubois et Fils, du Locle, Suisse, et datant de la fin du XVIIIe sicle.Ces recherches avaient pour but de tenter de retrouver les contacts professionnels que cette Maison avait ventuellement eu avec dune part, Hubert Sarton horloger Lige, et dautre part Abraham Louis Perrelet, dit lancien, et si il tait possible de dire avec le plus de prcision possible qui il tait parmi les nombreux Perrelet existant cette poque.La conclusion de larticle vous donne le rsultat.

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    Prsentation

    C ette petite Maison si on ose dire, a une premire particularit, celle davoir t jusqu ces dernires annes, la plus ancienne fabrique suisse dhorlogerie, car malheureusement elle nexiste plus. Uniquement ce titre, il est bon den rappeler le souvenir.

    Par ailleurs il se trouve dans cette vieille demeure un lment qui, historiquement une grande importance : les archives des ses activits depuis le XVIIIe sicle.

    Cest videmment un lment capital pour tous les historiens, ou simplement amateurs dhistoire, qui tentent de reconstituer un pass horloger des plus crdible, et la crdibilit ne peut sappuyer que sur des documents dpoque, quil faut encore analyser avec objectivit, ce qui nest pas toujours le plus simple...

    Pour connatre un peu mieux cette Maison Ph. Du Bois et Fils, un petit fascicule, intitul Histoire de la plus ancienne fabrique suisse dhorlogerie a t dit en 1957.

    Il est dAlfred Chapuis, le grand historien suisse de lhorlogerie, dont une biographie est prsente page 61, pour le 50e anniversaire de sa mort.

    La Maison Ph. Dubois et Fils SA du Locle, Suisse et ses archivespar Joseph Flores et Charles-Andr Breguet

    Fig. 1 et 1a

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    Pourquoi Alfred Chapuis sest-il intress cette Maison ? Justement, pour ce qui vient dtre dit, lintrt des archives quelle dtient. Pour preuve, il est certainement peu de ses ouvrages qui ne comportent pas au moins un petit lment tir de celles-ci. Par exemple le livre intitul La montre automatique ancienne dit en 1952, aux ditions Griffon, Neuchtel, est particulirement construit sur ces bases, et de nombreuses conclusions et hypothses sont dues une lecture de ces archives.

    Donc, lessentiel de cet article est tir dune part, de ce fascicule dune cinquantaine de pages, au format 21 x 20, (fig. 1 et 1a) et dautre part des recherches que nous avons faites nous mmes dans les archives cette Maison Ph. Du Bois & fils SA (arbre gnalogique fig. 2), le 13 mai 2007.

    Fig. 2

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    Une norme activit...

    En avons nous fait la mme lecture quAlfred Chapuis ?

    Il faut dj remarquer que chacun de ceux qui se lance dans la fouille de telles archives, a certainement tendance y trouver un peu ce quil veut bien, car comme on dit : chacun de nous voit midi sa porte.

    Cest donc en toute simplicit que nous allons exposer ce que nous y avons trouv, et ne soyez pas tonn si cela ne correspond pas toujours ce que dautres ont pu tirer de cette passionnante plonge au cur du pass dune Maison, disons dun comptoir horloger, particulirement actif, fin XVIIIe sicle, par lexamen des traces abondantes quil a laisses.

    Dbut de ltablissage de la Maison Du Bois (Texte extrait du fascicule de Chapuis indiqu)

    C est en 1743 que nous trouvons pour la premire fois dans linventaire la mention de Trois montres de poche . En 1751 sont cits comme ayant des relations daffaires avec la Maison: M. Humbert, horloger; M. Humbert, orfvre . En 1757, on voit paratre, en plus des susdites, trois montres, un mouvement .

    On doit admettre, que cette ide dtablir des montres ntait point improvise et que ces Du Bois envisageaient, depuis quelques temps, de se mettre aussi lhorlogerie, lpoque ou elle accaparait de plus en plus lactivit des Loclois. En tous cas, ds 1758, la Maison installe son Grand-Livre n 1 pour lhorlogerie.

    Mose Du Bois avait fait entrer dans son association son fils Philippe (fig. 3) et sa fille Isabeau, auxquels il allait vendre son fonds en 1760, tandis quun autre fils, Guillaume, allait stablir Londres.

    Cest ds lors que la maison porta le nom Philippe Du Bois Et Soeur . Isabeau ayant pouse en 1764 D. Collin, notaire Corcelles, Philippe (1738 1808) devint alors le seul chef de lentreprise.

    Ce personnage, Philippe Du Bois, mrite dtre connu, car il se distingua la fois par son intelligence dans les affaires, sa perspicacit et sa probit. Le commerce des objets dhorlogerie nayant point suffi son activit, il entreprit lorganisation difficile dun tablissage tendu, produisant la montre dune manire souple et rationnelle.

    Fig. 3 : Philippe DuBois 1738/1808

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    De brillants rsultats nallaient point tarder sannoncer car son comptoir, le plus ancien des comptoirs suisses dhorlogerie, nous le rptons , devint pour la montre, un des plus importants des Montagnes. Il tablit aussi des pendules, dont on trouve la mention dans divers inventaires de 1767 1791.

    Ce sont en gnral des pices simples (Neuchteloises classiques), en juger par les prix indiqus; elles taient peintes de diverses couleurs avec des cadrans de 7 11 pouces; ces pendules taient exportes principalement Francfort. Mais ce furent surtout les montres qui lintressrent. En 1765, la dernire quil vendit cette anne l porte le numro 1368; ce sera en 1774 le numro 4612.

    Chose remarquable, bien avant ces dernires dates, les chefs de la Maison Du Bois, vcurent et travaillrent dans le mme btiment que Mose avait reu en hritage, et o nous les rencontrons aujourdhui.

    Linventaire de 1764, le mentionne comme suit: Parmi les bien-fonds appartenant Philippe, une maison au village du Locle, quartier du Bas des Ctes qui ma t lgue par mon pre Mose Du Bois, selon acte de 1764 . Et un autre document de 1864 la dcrit comme tant situe au centre du village, dans la Grande rue, sur le quartier du Bas des Ctes.

    Cette maison de style original, avec son retrait vot du rez-de-chausse a beaucoup dattrait. Son amnagement intrieur trs soign, est encore pareil celui dil y a cent cinquante ans, on y voit des ornements de lpoque, des peintures et une horloge double face, le tout dun beau style Louis XVI. Les escaliers un peu resserrs, montent rapidement, mais les vestibules sont vastes avec cet aspect chaud des vieux lambris. Celui den haut contient des coffres de fer et que remplissent danciens parchemins de famille.

    Y trouve-t-on la correspondance que Philippe Du Bois avait laisse et qui se rapportait plus dun demi-sicle ? Toutes les lettres avaient t recopies par lui mme; beaucoup taient adresses des parents en Suisse et en Angleterre, et certaines taient imprgnes dun charme qui est rest dans le souvenir des aprs-venants.

    Nous pouvons juger de tout ce que lhistoire horlogre aurait pu y puiser si elles existaient encore, mais hlas, un conseil de famille, dans sa trop grande sagesse avait dcid de les dtruire et lautodaf eut lieu. Cest donc en vain quon les rechercherait dans les coffres et les armoires de la vieille maison.

    Par contre, on rencontre dans une chambre du rez-de-chausse, une imposante range de grands-livres et dinventaires des sicles passs, volumes monumentaux, capables dpouvanter et de ravir la fois le chercheur, car travers tant de noms schement indiqus, et tant de chiffres rbarbatifs, que de souvenirs il est possible dvoquer !

    Fig. 4 : Trois vues de la salle des archives

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    Notre visite

    Nous vous avons reproduit le texte prcdent dAlfred Chapuis, simultanment une prsentation de la naissance de la Maison, car il reflte trs exactement ce que nous avons ressenti lors de notre visite le 12 mai 2007, pratiquement 50 ans aprs Chapuis.

    Tout semble tre rest dans ltat dcrit par son texte.

    Concernant ces fameux grands livres, nous ajoutons des photos qui devraient un peu mieux vous traduire lambiance qui rgne dans cette pice, ainsi que toute limpression de vcu que dgagent ces ouvrages, encore en tat relativement bon, mais on ne peut sempcher de penser aux mains qui ont noirci toutes ces pages, aux penses qui traversaient lesprit de celui ou celle qui crivait...

    La premire chose qui ressort pour nous de ces livres, dont le plus ancien, le n 1 date du dbut de la Maison Philippe Du Bois, cest lventail particulirement tendu des contacts que la Maison eut avec de trs nombreux horlogers.

    Les noms salignent sur des pages et des pages, en Suisse comme ltranger .

    Maintenant il est certain que pour les analyser plus profondment il faudrait plusieurs jours dexamen, et nous navons pass quune seule journe, cela semble nanmoins dj suffisant pour pouvoir tirer certaines conclusions, videmment personnelles, sur les points qui nous concernent plus particulirement et qui ont fait lhistoire.

    Une norme activit...

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    Fig. 5 : Les grands livres

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    Quelques pays trangers

    La Maison Ph. Du Bois et Fils SA avait des reprsentants dans de nombreux pays, voici les principaux cits.

    LAllemage, o le centre des relations tait Francfort sur le Main, mais o une trentaine de villes tait concerne et o se tenait des foires annuelles

    Les Pays-Bas, o les relations taient entretenues en passant par les reprsentants en Allemagne, particulirement la Maison Du Bois et Lucas de Francfort

    La France, bien sr avec Paris, Marseille, Nancy sans parler des villes doutre-Jura

    LItalie, o les relations dbutrent peu avant 1800, principalement Milan et Naples, mais aussi dans toutes les autres villes de ce pays, Rome, Bologne, Vrone, Florence,